OCDE : l’«ascenseur social» bloqué

L’organisation internationale insiste sur le lien entre mobilité entre générations et croissance économique.

Quel est le poids de l’environnement familial et social sur la réussite des enfants ? La question de «l’ascenseur social» mérite l’attention et se pose avec encore plus d’acuité en période de crise économique.

Dans une étude publiée cette semaine portant sur l’ensemble des pays de l’OCDE, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques souligne le lien existant entre la mobilité entre générations et le développement économique. «L’absence d’égalité des chances joue sur la motivation, ce qui influe sur la productivité et au bout du compte peut peser sur la croissance», précise l’OCDE.

Première conclusion : il existe un lien direct dans la quasi-totalité des pays entre le milieu socio-économique et les résultats des enfants, en termes d’éducation et de salaire. Une fois encore, l’Europe du Nord, qui est souvent citée en exemple pour ses avancées sociales, témoigne de la plus grande mobilité.

À l’inverse, l’ascenseur social fonctionne moins bien dans les pays anglo-saxons. Le rêve américain ne serait-il plus qu’un mythe ? «99 % des études parlent de l’immobilisme des États-Unis», indique Orsetta Causa, l’un des auteurs du rapport OCDE. Le rapport entre le salaire du père et celui du fils reste en effet très persistant en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Irlande et dans les pays d’Europe méridionale.

«Aux États-Unis,c’est encore plus vrai dans le haut et le bas de l’échelle sociale», précise Orsetta Causa. Dans ces pays, l’avantage salarial dépasse les 20 %. Autrement dit, une personne qui a grandi dans une famille instruite peut gagner en moyenne 20 % de plus que si elle vient d’un milieu au niveau d’instruction moyen.
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Le malaise résidentiel croît dans la classe moyenne

Ils sont techniciens, infirmiers ou instituteurs… Ils appartiennent à la partie la plus modeste de la classe moyenne et souffrent d’un “malaise résidentiel”. 40 % d’entre eux aspirent à déménager, mais plus d’un tiers (34,8 %) pensent qu’ils ne pourront pas le faire.

Au moment même où est rendu public le 15ème rapport annuel sur le mal-logement, réalisé par la Fondation Abbé-Pierre, cette étude inédite met au jour les conditions de logement, le parcours résidentiel, les motifs d’insatisfaction et les aspirations des classes moyennes.

Intitulée “Le logement, facteur d’éclatement des classes moyennes ?”, cette recherche, menée en 2009 auprès de 4.000 actifs âgés de moins de 65 ans par deux chercheurs de l’université Paris-Dauphine, a été réalisée pour le compte de la Confédération française de l’encadrement-CGC. Elle montre que le logement est désormais un élément de clivage au sein même des classes moyennes et de “décrochage” d’environ un tiers d’entre elles.
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