Artisanat : Un secteur en plein mal-être

La première entreprise de France, c’est ainsi que l’on surnomme l’artisanat. Et pour cause : les artisans et commerçants représentent 3,1 millions de personnes pour un million d’entreprises. S’ils ont été de longues décennies durant au coeur de la vie économique et sociale, ils se sentent aujourd’hui marginalisés.

Des charges trop lourdes qui pèsent sur le marché de l’artisanat. En France, une centaine d’entreprises artisanales baisse le rideau chaque jour.

L’artisanat monastique a le vent en poupe

Six heures par jour, les 23 religieuses de l’abbaye de Rosans (Hautes-Alpes), travaillent au champ. Cet après-midi, sœur Véronique-Marie sème de l’épeautre, sous le regard bienveillant de la communauté. Sept hectares de terres cultivables et partout des sœurs qui débroussaillent ou s’activent autour des ruches. Ces nones vendent le produit de leur récolte pour entretenir leur bâtiment et vivre au quotidien.

Plus au sud, au monastère de Ganagobie, en dehors de leurs heures de prières, les moines élaborent des produits de soin pour le corps comme l’eau de toilette à la verveine ou à la lavande.

Aucune des deux communautés ne veut communiquer sur les sommes gagnées avec leurs productions. Seul un moine a accepté de donner quelques indices. “Faut pouvoir faire face à l’entretien de la communauté, des bâtiments et puis on donne en moyenne à peu près 10% de nos revenus“, explique le frère Robert. Une chaine de magasins spécialisée en artisanat monastique est implantée à Paris. Elle réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires d’1,5 million d’euros avec les produits d’une centaine de monastères en France.

L’essor de l’artisanat au Moyen Âge

Découverte de nombreuses inventions résultantes d’avancées déterminantes dans l’artisanat et l’artisanat d’art à cette époque.

L’horloge, les lunettes, le miroir, la boussole ont été mis au point au Moyen Âge. Ces inventions sont le fruit d’avancées déterminantes dans l’artisanat et l’artisanat d’art à cette époque. Les présentateurs de X:enius donnent un coup de main aux artisans qui travaillent sur le chantier médiéval de Guédelon. Ils les aident à construire un volet pour la fenêtre de la cuisine du château.

Crayons de couleur : De l’industriel à l’artisanal

Dans les trousses, il est en bonne place. Le crayon de couleur accompagne les élèves de la maternelle à la terminale. Des crayons à la gamme de prix très étendue.

Faits de manière artisanale ou industrielle, la qualité et le prix des crayons de couleur varie beaucoup. Chez Bic, le leader français des articles de papeterie, la matière première pour les fabriquer n’est pas le bois, mais le plastique y compris pour les mines. Les pigments eux viennent du Brésil. Ici le secret pour être compétitif sur le prix, c’est de produire en grande quantité. La boite de crayons coûte moins de deux euros pour douze crayons.

Patrick Tourre est artisan. Il crée les crayons “L’île aux crayons”. Lui aussi produit beaucoup, mais seul, de 4.000 à 5.000 crayons en Auvergne. La matière première c’est le bois de saule qu’il récupère l’hiver. Ses crayons, il les vend 3 à 4 euros l’unité. Françoise Baume est illustratrice. Pour elle inutile d’acheter des crayons faits de manière artisanale aux petits enfants, mais pour dessiner, il faut des crayons à mine plus grasse et donc là “il faudra monter en gamme“, note-t-elle.

Quand le terroir se rebiffe

Champagne de vigneron, charcuterie corse, camembert ou viande régionale, les produits du terroir ont le vent en poupe.

Face à la lassitude de la «malbouffe» industrielle, la suspicion ambiante autour des plats à réchauffer et l’uniformisation du goût, des hommes et des femmes défendent des choix culinaires différents et cherchent à sauvegarder des procédés de fabrication qui tendent à disparaître.

Certains éleveurs et producteurs ont même ouvert une guerre de résistance contre les grands distributeurs qui plagient leurs produits sans scrupule.

Réalisé par Olivier de Vellis (France 2014)

Camargue : A la découverte du métier de sagneur

Depuis les années 60, on ne coupe plus les roseaux pour les paillassons, mais pour la toiture de chaume. 100% camarguais, le roseau est récolté en novembre, il est épais, isolant et écologique. Cette année, la récolte du roseau a chuté de moitié à cause des ragondins et de la pollution des marais.

Monténégro : Aventures avec les radeliers de la Tara

Forêts inaccessibles, canyons escarpés, hauts plateaux isolés… Dans le nord du Monténégro, la rivière Tara traverse cent quarante kilomètres de massifs montagneux. Depuis des générations, des radeliers ((bateliers conducteurs de radeaux) s’aventurent sur ses rapides.

Guédelon : Renaissance d’un château médiéval

Depuis 1997, à Treigny, dans l’Yonne, l’aventure mobilise chaque année 70 professionnels. Passionnés par leur métier, ils sont tailleurs de pierre, maçons, ferronniers, charpentiers, cordiers, vanniers ou tuiliers. Leur défi? N’employer que des techniques, outils et matériaux semblables à ceux utilisés au XIIIe siècle, sous le règne de Philippe Auguste.

De mars à octobre, sous l’œil avisé des 300.000 curieux qui viennent les observer en plein travail, mais aussi des historiens et des archéologues – notamment ceux de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) –, les artisans chevronnés de Guédelon construisent un vrai château fort.

Suivant, au fil des semaines, les étapes de la construction de la chapelle seigneuriale, d’un nouveau four à tuiles et d’un moulin hydraulique, ce film met en perspective les interactions quotidiennes entre les scientifiques et les différents corps de métier engagés sur le chantier.

Nourri des explications des multiples acteurs impliqués sur ce chantier exceptionnel, ce documentaire pédagogique apporte un éclairage fascinant sur le génie des bâtisseurs du Moyen Âge.

L’usure prématurée d’une tige de bois, nécessaire au mécanisme du moulin, ou la manière dont la fenêtre à meneaux de la chapelle va être taillée et posée apportent leur lot d’informations concrètes aux archéologues. Ces derniers transmettent à leur tour leurs connaissances pour guider sur le terrain la conception et la réalisation des divers éléments du site.

Glaces, tous givrés !

Dessert préféré des Français, la glace est incontournable en été. Associée aux vacances ou encore aux souvenirs d’enfance, elle pèse plus de 920 millions d’euros. Le marché est en plein essor et séduit aujourd’hui les adultes autant que les plus jeunes.

Les publicitaires ont trouvé la parade pour attirer une tranche d’âge plus large : faire rimer crème glacée avec sensualité. La glace se déguste désormais à la maison et les industriels se taillent la part du lion.

Pour booster les saveurs et les couleurs, ils n’hésitent pas à gonfler les produits avec de l’air ou à utiliser des additifs. Les faux artisans ne sont pas plus scrupuleux.

Réalisé par Céline Crespy

Les secrets de fabrication des pâtes

Faciles à préparer, les pâtes existent de toutes les tailles et de toutes les formes. 16 paquets sont achetés chaque seconde en France. Et chacun à ses critères : le prix, la qualité ou le temps de cuisson. Les Français en consomment 8 kilos par an.

Reportage à la rencontre d’un industriel, d’un céréalier et d’un artisan pour connaître leurs secrets de fabrication. Trois plats venant de chacun d’eux ont ensuite été testés à l’aveugle par des consommateurs.

Dans l’assiette, les testeurs remarquent la différence. Les plus chères, artisanales sont bien les plus savoureuses. Les variations de prix s’expliquent par les différences de qualité des blés utilisés.

 

Concours Lépine : L’écologie récompensée

A quelques heures de la fermeture de la Foire de Paris, porte de Versailles, le lauréat du Concours Lépine a été dévoilé samedi 9 mai dans la soirée. Trois artisans alsaciens ont été décorés pour leur invention. Dans un camion, 42 tonnes de machines capables de transformer des déchets agricoles en granulés pour les chaudières à bois.

Ces inventeurs alsaciens repartent avec le prix du président de la République, la plus prestigieuse récompense du concours.

Au concours Lépine chaque année, les récompenses pleuvent. Sur 600 inventions en lice cette année, une sur trois est repartie avec une récompense.

« Le métier rend libre »

Daniel Testard est un boulanger atypique. Il ne travaille que deux jours par semaine pour pouvoir s’occuper de son jardin, pratiquer le chant et la musique, écrire et s’exercer à la méditation. Il ne vend pas lui-même son pain : il fait confiance à ses clients qui paient directement leurs achats, dans une corbeille.

Il récupère l’eau de pluie, qu’il filtre et incorpore aux farines de blé anciens, biologiques, qu’il se procure illégalement. « J’ai toujours résisté à l’idée que soit on augmente son chiffre d’affaires, soit on disparaît. » Une pratique construite depuis 30 ans, à Quily, dans le Morbihan, qui vise à bâtir une vie harmonieuse où le travail n’aliène pas mais rend libre.

Un petit livret à la couverture orange, une impression ancienne, un objet que l’on a envie de garder précieusement. Il l’a écrit il y a quelques années, après avoir réinventé son métier. Parce que la formule vaut le coup d’être dupliquée, il voulait la partager… Avec son idée, il est possible de retrouver des commerces dans les villages, de la vie dans les campagnes. Des artisans qui sont heureux et qui ne manquent de rien.

À la base, il y a beaucoup d’envies : être proche de sa famille, produire sa nourriture, avoir du temps pour soi, écrire, avoir deux mois de congé l’été pour partir. La solution, il l’a inventée à partir de ces idées-là. Et au final, cela correspondait bien à son métier passion, à son métier d’origine, la boulange.
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Thiers (63) : Laguiole montre son savoir-faire en jouant du couteau

Le fameux couteau pliant “Laguiole” d’Auvergne doit lutter contre les imitations à bas prix venues d’Asie.

Fait à la main, inusable et désormais produit de grande consommation, le couteau pliant Laguiole est né dans le centre du pays, avant de s’exporter dans le monde entier.

Entre le village qui lui donne son nom et la ville de Thiers, la concurrence a parfois tourné à l’aigre, jusqu’à ce que la région unisse ses forces contre les imitations à bas prix venues d’Asie.

Hermès : Les petites mains du cuir

C’est l’une des plus anciennes institutions françaises. Connue pour ses carrés de soie et ses sacs à main, la vénérable maison Hermès façonne aussi, depuis 170 ans, le nec plus ultra des harnais et selles d’équitation.

Sept kilos de cuir finement ouvragé. Chez Hermès, la selle est taillée et cousue sur mesure pour s’adapter à la morphologie du cheval. Et ce sont des artisans d’exception qui sont derrière ce petit miracle d’artisanat.

Appellation d’origine immigrée

Tous trois natifs d’Afrique, Laetitia, Djibril et Abderrahim sont devenus des références dans la fabrication de produits emblématiques de la gastronomie française.

Vigneronne au nord de Montpellier, Laetitia Masson est née au Cameroun et est arrivée en France à l’âge de 15 ans. Elle s’est alors découvert une passion pour le vin. Aujourd’hui, celui qu’elle produit est distingué par le guide Hachette.

De son côté, Abderrahim Iaich a vécu au Maroc jusqu’à 18 ans avant de venir en France, où il est devenu un artisan fromager réputé pour son reblochon savoureux, médaillé d’or au Concours général agricole du Salon de l’agriculture. Quant à Djibril Bodian, né au Sénégal et arrivé en banlieue parisienne à l’âge de 5 ans, il est passé maître dans la fabrication du pain. Sa baguette a été servie sur les tables de l’Elysée.

Réalisé par Olivier Bonnet et Fanny Pernoud

Pâtisserie, l’arrière-goût des gâteaux

En 2012, l’UFC-Que Choisir a dévoilé une enquête intitulée “Roulés dans la farine” ! En ligne de mire de l’association de consommateurs, les boulangeries et pâtisseries françaises qui vendent la promesse du “fait-maison”.

Éclairs, tartelettes, mille-feuilles ou macarons, autant de gâteaux qui donnent envie de les croquer. Mais de ces délices, quelle est la proportion réelle de produits fabriqués en usine ? Certaines boulangeries dites artisanales utilisent des fonds de tarte surgelés, d’autres font cuire des viennoiseries congelées.

Il suffit de passer commande auprès des géants de l’agro-alimentaire. Les industriels proposent un catalogue allant de la livraison de matières premières (pâte à choux, meringue…) aux produits finis congelés. On trouve de tout ! Même des produits qui donnent l’illusion du fait-maison en créant de toutes pièces des irrégularités.

Le phénomène n’est évidemment pas nouveau, mais il a tendance à s’accentuer, tout en leurrant le consommateur.

Envoyé Spécial (19/02/2015)

Allo, j’ai faim : Repas à domicile

Menus concoctés par des chefs, petits plats «maison» à domicile pour parents surmenés, pizzas industrielles produites et livrées à la chaîne, recettes spéciales : se faire livrer un repas ou un en-cas est devenu banal.

Le temps consacré au déjeuner et au dîner diminue : 33 minutes pour le déjeuner, le plus souvent au bureau,et 38 minutes pour le dîner. Avec pour corollaire l’essor du «prêt à manger».

Les offres se multiplient. Mais quelles sont les recettes des professionnels de la livraison de repas pour tenir leurs engagements de qualité et de rapidité ? Qui sont les leaders et les plus innovants ? Petits artisans aux abois, livreurs exploités, qui paie les pots cassés du «toujours plus vite, toujours moins cher» ? Comment ce nouveau business est-il encadré par la loi ?

Réalisé par Céline Chassé (Février 2015)

Le dernier roi des orfèvres

A l’heure de la conception par ordinateur et de la fabrication assistée par la robotique, Gian-Maria Buccelatti fait encore tout à la main. Certaines pièces créées par ce joaillier italien demandent plusieurs années de travail.

De ses ateliers milanais à sa boutique de la Place Vendôme, cet artisan du luxe perpétue la tradition de ses ancêtres qui ont fait la réputation de la maison Buccelatti dès la fin du XIXème siècle.

Noël, une bûche à tout prix !

A l’heure du dessert, chaque année, la bûche trône sur la table du réveillon. Sans elle, le soir de Noël aurait-il la même saveur ? Son succès est tel qu’elle est devenue une star à l’étranger, s’exportant même au pays du Soleil-Levant.

Classique dans sa version crème au beurre ou plus légère en mousse de fruits, il s’est vendu sept millions de bûches glacées en 2013.

De la pâtisserie haute couture élaborée par des orfèvres à la bûche low cost vendue à moins de quatre euros, ce document invite à découvrir les coulisses de ce dessert festif.

Réalisé par Elisa Hélain (France 5 – 14/12/2014)

Le suicide chez les artisans, une réalité méconnue

Deux chefs d’entreprises se suicident chaque jour en France. Les patrons du sud Vendée lèvent le tabou sur leur mal être. Pression administrative, financière, en 18 mois, 3 de leurs collègues se sont donnés la mort. Pour tenter d’éviter un nouveau drame, certains d’entre eux ont décidé de se réunir.

Une cinquantaine d’artisans et petits chefs d’entreprises se sont retrouvés ce vendredi 14 novembre à Foussais-Payré en Vendée. Cette rencontre est la seconde depuis le mois d’avril.

Ces entrepreneurs veulent briser le silence autour de leur mal être comme Christian Royer, maçon. Selon lui, “l’artisan est seul, fier parce qu’il a créé ou reprit une entreprise. Et lorsque survient le mal-être, il en parle très peu, car il a peur d’être montré du doigt.”

France 3

Meisenthal (88) : L’art des maîtres verriers

Le centre international d’art verrier de Meisenthal (Vosges) reçoit mardi 21 octobre le prix d’excellence de l’intelligence de la main. Une récompense prestigieuse pour son savoir-faire et sa créativité.

Meisenthal est un village de tradition verrière depuis 1704. Le verre est du sable porté à plus de 1 200 degrés dans le four. “Chez moi dans la famille, c’est de père en fils, j’avais deux grands-pères souffleurs et mon papa était tailleur sur verre, j’adore mon métier, c’est même une passion” explique Jean-Marc Schild, maître verrier à Meisenthal.

Sept verriers travaillent dans cet atelier. Des étudiants étrangers viennent même y apprendre les richesses de l’artisanat français. Une profession qui commence aussi à se féminiser. Les mentalités commencent à évoluer raconte Marie-Anne Baccichet, qui a quitté le dessin pour devenir souffleur de verre. “Dans les pays scandinaves et aux USA, elles sont très bien accueillies et ça commence à changer un peu en France.

Appel lecteurs : Solidarité – Urgent

L’un de nos fidèles lecteurs souhaite passer un CAP d’ébénisterie dans le cadre d’une reconversion professionnelle.

L’accès à cette formation nécessite impérativement une évaluation en milieu du travail (EMT) d’au moins 5 jours au mois de septembre.

Le candidat recherche donc, si possible en Loire-Atlantique ou en Vendée, un menuisier ou un ébéniste susceptible de l’accueillir dans son entreprise lors de ce court “stage” non rémunéré.

Merci d’avance à celles et ceux qui répondront à l’appel ! Pour nous contacter: eric_fortune@hushmail.com

Paris Baguette, la boulangerie coréenne met un premier pied dans la capitale

Cette chaîne de boulangerie sud-coréenne, qui surfe sur le savoir-faire à la française, compte 3.000 magasins dans le monde. Elle vient d’ouvrir une première enseigne à deux pas du métro Châtelet…

Le commerce a ouvert le 21 juillet dernier, en toute discrétion, à l’angle des rues Jean-Lantier et de la rue des Lavandières (1er arrondissement). Rien ne distingue Paris Baguette d’une autre boulangerie parisienne. La devanture est sobre et au comptoir, on retrouve les grands classiques de ce type de commerces: du pain, des viennoiseries, des sandwichs, des tartes, des salades…

226 m² près du métro Châtelet

Pourtant, Paris Baguette n’est pas tout à fait une boulangerie comme les autres. Il s’agit de la première enseigne en France du groupe coréen SPC qui compte près de 3.000 Paris Baguette à travers le monde. Le commerce, idéalement placé à deux pas du métro Châtelet, s’étend sur 226 m² et compte une quarantaine de places assises, précise le site snacking.fr.
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L’Auvergne, la guerre des couteaux (vidéo)

Fait à la main, inusable et désormais produit de grande consommation, le couteau pliant Laguiole est né dans le centre du pays, avant de s’exporter dans le monde entier. Entre le village qui lui donne son nom et la ville de Thiers, la concurrence a parfois tourné à l’aigre, jusqu’à ce que la région unisse ses forces contre les imitations à bas prix venues d’Asie.

360° géo (Arte – Allemagne 2011)

Cadre sup hier, artisan aujourd’hui (audio)

C’est un phénomène difficile à quantifier, cela dit, et qui ne se limite pas bien entendu au milieu de la finance. A en croire une étude, 74% des salariés européens rêveraient de se reconvertir.

Dans les faits, d’après le Cereq, le Centre d’Etudes et de Recherches sur les qualifications, 13% des hommes et 17% des femmes changent radicalement de parcours professionnel au cours des 7 premières années de leur vie au travail.

Le magazine de la rédaction – France Culture 27/06/14

Pâtisserie : Le beurre et L’argent du beurre

Avec plus de dix millions de clients par jour, les boulangeries-pâtisseries figurent parmi les commerces les plus fréquentés en France. Mais si l’appellation « boulangerie » est très strictement encadrée, pour la pâtisserie, c’est tout le contraire.

L’activité n’est en effet régie par aucune loi. Beaucoup de commerçants profitent de ce vide juridique pour vendre dans leurs rayons des produits fabriqués en usine, souvent sans le préciser, séduits par le faible coût de ces articles et la variété des catalogues des industriels.

Peu à peu, le secteur se restructure au détriment de l’artisanat. Quels sont les secrets de fabrication de ces usines à pâtisseries ? Quelques boutiques poussent à l’inverse la qualité de leurs gâteaux jusqu’à l’extrême, mais à quel prix ? Enquête.

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
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“Le plan Sarkozy pour l’agriculture ? De simples mesures pansement”

Le président de la République a annoncé un plan d’aide de 1,65 milliard d’euros en faveur des agriculteurs.

Réactions et analyses de Jean-Christophe Bureau, professeur d’économie à AgroParisTech, chercheur associé au CEPII, et de Nicolas-Jean Brehon, économiste à la fondation européenne Robert Schumann.

Les difficultés actuelles que connaissent les agriculteurs sont-elles conjoncturelles, comme l’affirme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire liées à la crise ?

Jean-Christophe Bureau. Oui, indiscutablement, les difficultés actuelles du secteur sont liées à la crise qui a fait chuter les prix des matières premières, de même que la demande mondiale de produits agricoles. La baisse généralisée du prix des produits agricoles est également liée à la faiblesse du dollar.

Nicolas-Jean Brehon. Effectivement, cette baisse accentue leurs difficultés. En réalité, le fond du problème du secteur vient de la volonté européenne et mondiale de dérégulation de ce secteur.

Que pensez-vous des mesures d’aides annoncées par Nicolas Sarkozy ? Lire la suite

(25.09.2009)

  • Face à la dette, Nicolas Sarkozy cherche à gagner du temps

Un pays, endetté à hauteur de 1 500 milliards d’euros, et qui aura emprunté 700 millions d’euros par jour sur les marchés financiers en 2009, peut-il, sans dommage, s’endetter davantage ? Selon les prévisions de la Commission européenne, l’endettement public français passerait de 63,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2007 à 81,5 % en 2010. Soit une hausse de près de 18 points. La France ferait mieux que l’Italie, la Belgique ou la Grèce, et un peu moins bien que l’Allemagne (78,1 %). Chaque année, les dépenses publiques absorbent la moitié de la richesse produite par l’économie française. “Je suis conscient qu’il faut s’attaquer à la dette, mais en période de crise, on ne peut pas réduire le déficit”, fait valoir le Chef de l’Etat. “C’est vrai que le pays est endetté, mais la réponse à la crise, ce sont les projets, pas l’immobilisme”, a-t-il ajouté. Le Monde

  • L’activité de l’artisanat a baissé de 5% en volume au premier semestre de 2009

Cette baisse a été constatée par rapport au semestre correspondant de 2008, selon une étude de la Capeb. Elle affecte beaucoup plus le secteur neuf (-7% au premier semestre mais surtout -9% au deuxième trimestre) que l’entretien-rénovation (-2,5%), qui représente près de 60% du chiffre d’affaires des entreprises artisanales. Pour l’ensemble de l’année 2009, Jean Lardin, le président de la Capeb, avait prédit le 13 avril un recul d’activité compris “entre 4% et 6%”, menaçant 15.000 à 20.000 emplois sur un total de 725.000 dans l’artisanat du bâtiment. Le Moniteur

  • Les défaillances d’entreprises augmentent dans le BTP

Selon Euler Hermès Sfac, les défaillances dans la construction avaient augmenté, à fin août 2009, de 23,7% par rapport à août 2008. Ce chiffre, qui était à 16,4% à fin juin, montre bien “une accélération dans la dernière période”. Chaque mois, ce sont désormais, en moyenne, entre 1500 et 1700 entreprises du secteur qui déposent le bilan. Chaque mois, ce sont désormais, en moyenne, entre 1500 et 1700 entreprises du secteur qui déposent le bilan. Les analystes notent désormais une représentativité de plus en plus forte des PME de plus de 50 salariés parmi les sociétés défaillantes. Une tendance qui n’est pas sans conséquence en termes d’emplois : ainsi, selon Euler, à fin juin 2009, 254.500 salariés étaient concernés sur les douze mois précédents, par la défaillance de leur entreprise, la construction représentant 20% de ces emplois. Le Moniteur

  • 18.000 chômeurs de plus en août

Le nombre d’inscrits a augmenté de 0,7% en août sur un mois et de 25,8% sur août 2008, pour s’établir à 2,553 millions en métropole, selon le ministère de l’Emploi. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi a crû de 18.100 en août en métropole, à 2,55 millions, pour les personnes n’ayant pas du tout travaillé, et de 32.200, à 3,7 millions, si l’on inclut les demandeurs d’emploi avec une activité réduite, a annoncé jeudi le ministère de l’Emploi. Les économistes s’attendent à voir le taux de chômage grimper à 10% à la fin de l’année (contre 8,7% au premier trimestre, et 9,1% au deuxième), ce qui ne s’était plus vu dans le pays depuis la récession de 1993. Et l’assurance chômage (UNEDIC) a maintenu la semaine dernière son pronostic d’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en 2009 à + 639.000. Les Echos