Artisanat : Un secteur en plein mal-être

La première entreprise de France, c’est ainsi que l’on surnomme l’artisanat. Et pour cause : les artisans et commerçants représentent 3,1 millions de personnes pour un million d’entreprises. S’ils ont été de longues décennies durant au coeur de la vie économique et sociale, ils se sentent aujourd’hui marginalisés.

Des charges trop lourdes qui pèsent sur le marché de l’artisanat. En France, une centaine d’entreprises artisanales baisse le rideau chaque jour.

La région Centre : Un concentré de raffinement et de verdure

En Touraine, Xavier le maraîcher est le chantre de la biodiversité végétale et alimentaire, qu’il célèbre jour après jour dans son “champ de pagaille”, où il cultive des plantes aux goûts surprenants.

« Le métier rend libre »

Daniel Testard est un boulanger atypique. Il ne travaille que deux jours par semaine pour pouvoir s’occuper de son jardin, pratiquer le chant et la musique, écrire et s’exercer à la méditation. Il ne vend pas lui-même son pain : il fait confiance à ses clients qui paient directement leurs achats, dans une corbeille.

Il récupère l’eau de pluie, qu’il filtre et incorpore aux farines de blé anciens, biologiques, qu’il se procure illégalement. « J’ai toujours résisté à l’idée que soit on augmente son chiffre d’affaires, soit on disparaît. » Une pratique construite depuis 30 ans, à Quily, dans le Morbihan, qui vise à bâtir une vie harmonieuse où le travail n’aliène pas mais rend libre.

Un petit livret à la couverture orange, une impression ancienne, un objet que l’on a envie de garder précieusement. Il l’a écrit il y a quelques années, après avoir réinventé son métier. Parce que la formule vaut le coup d’être dupliquée, il voulait la partager… Avec son idée, il est possible de retrouver des commerces dans les villages, de la vie dans les campagnes. Des artisans qui sont heureux et qui ne manquent de rien.

À la base, il y a beaucoup d’envies : être proche de sa famille, produire sa nourriture, avoir du temps pour soi, écrire, avoir deux mois de congé l’été pour partir. La solution, il l’a inventée à partir de ces idées-là. Et au final, cela correspondait bien à son métier passion, à son métier d’origine, la boulange.
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Hermès : Les petites mains du cuir

C’est l’une des plus anciennes institutions françaises. Connue pour ses carrés de soie et ses sacs à main, la vénérable maison Hermès façonne aussi, depuis 170 ans, le nec plus ultra des harnais et selles d’équitation.

Sept kilos de cuir finement ouvragé. Chez Hermès, la selle est taillée et cousue sur mesure pour s’adapter à la morphologie du cheval. Et ce sont des artisans d’exception qui sont derrière ce petit miracle d’artisanat.

La crise menace les commerces de proximité

Le boulanger, le coiffeur, le pharmacien… Nous avons affaire à eux tous les jours. Épargnés jusqu’alors, ces artisans-commerçants subissent aujourd’hui les effets de la crise. Avec, à la clé, un placement en redressement judiciaire ou une liquidation.

En 2014, ce sont 63 254 entreprises qui ont mis la clé sous la porte. Parmi ces fermetures, une forte hausse des faillites pour les très petites entreprises. Le constat est amer : les dépôts de bilan des entreprises de proximité ont augmenté de presque 18 % l’an dernier. Du jamais vu !

Envoyé spécial (05/03/2015)

Le suicide chez les artisans, une réalité méconnue

Deux chefs d’entreprises se suicident chaque jour en France. Les patrons du sud Vendée lèvent le tabou sur leur mal être. Pression administrative, financière, en 18 mois, 3 de leurs collègues se sont donnés la mort. Pour tenter d’éviter un nouveau drame, certains d’entre eux ont décidé de se réunir.

Une cinquantaine d’artisans et petits chefs d’entreprises se sont retrouvés ce vendredi 14 novembre à Foussais-Payré en Vendée. Cette rencontre est la seconde depuis le mois d’avril.

Ces entrepreneurs veulent briser le silence autour de leur mal être comme Christian Royer, maçon. Selon lui, “l’artisan est seul, fier parce qu’il a créé ou reprit une entreprise. Et lorsque survient le mal-être, il en parle très peu, car il a peur d’être montré du doigt.”

France 3

Une heure avec.. mon boucher !

Au cours de ce reportage, nous avons pu discuter avec Romain Leboeuf, le charcutier de mon quartier, à propos de son métier d’artisan, qui résiste face à l’extension des grandes surfaces.

Prix, poids, aspect, goût de la viande, sont analysés au cours d’un test comparatif entre un steak de charcutier et un steak “industriel” vendu en barquette en super-marché…

Entorses à la réglementation, habitudes des consommateurs, labels de qualités, conditions d’élevages… Tous ces sujets sont abordés sans langue de bois par M. Leboeuf, que nous remercions au passage pour son accueil.

Reportage réalisé par Jean-Patrick Bettini et Mathis Altiery

Artisans au bord de l’asphyxie

Souvent, ils ont investi toutes leurs économies dans leur affaire et se doivent d’être performants, quels que soient les aléas de la vie, pour faire face aux cadences de travail comme à la concurrence.

Assommés par les impôts, les charges ou encore les banques, les petits patrons, premiers employeurs de France, redoutent en permanence le grain de sable qui conduira leur entreprise vers la faillite.

Pendant un an, Géraud Burin des Roziers a suivi le quotidien de David, boulanger au bord de l’épuisement, Frédéric, marin pêcheur qui se bat pour permettre à son fils de prendre la relève dans un secteur difficile, et Véronique, esthéticienne qui a choisi d’embaucher.

Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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