« Au bonheur des riches »

Leur vie fait rêver. Ils sont riches et n’ont plus besoin de travailler pour subvenir à leurs besoins. Si l’argent ne fait pas le bonheur, il fait du moins le leur. C’est le cas de Paul Dubrule. A 79 ans, ce papy dandy prend un infini plaisir à tirer sur son cigare cubain. Il aime clamer à qui veut l’entendre qu’il est à la retraite, même s’il continue à présider le conseil de surveillance du groupe hôtelier Accor, dont il est le cofondateur.

Il ne s’en cache pas: Paul Dubrule aime tout ce qui est mécanique (les montres, les vélos, les voitures), le bon vin et qu’on lui “cire les pompes“. Depuis quelques années, cet ancien sénateur et maire UMP de Fontainebleau (Seine-et-Marne) est résident suisse. Il a trouvé refuge à Genève pour fuir la fiscalité française. Avec honnêteté et une pointe de cynisme, l’homme d’affaires raconte, dans le long documentaire Au bonheur des riches, pourquoi ce choix de l’exil.

La faute de la France, devenue un pays “insupportable”, dont il vaut mieux “divorcer” plutôt que de la supporter. Il dit avoir largement contribué à la richesse nationale et payé un “paquet d’impôts” : son groupe n’emploie-t-il pas, après tout, 160 000 personnes à travers le monde, dont la moitié en France ? “Sans les riches, une nation n’existe pas vraiment”, lance Paul Dubrule. D’ailleurs, qui sont vraiment “les riches” ? Que sait-on vraiment d’eux ?

Rapport à l’argent
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Qui finance l’Etat islamique ? Vous et moi

Les missiles tirés du ciel ne suffiront pas à stopper ou à faire reculer l’Etat islamique. C’est le Pentagone qui le dit. Alors, que faire contre ces bataillons brutaux et fanatisés qui contrôlent maintenant, sous la houlette du nouveau calife, un gros morceau de l’Irak et de la Syrie ? Il y a de la panique dans l’air. La preuve ? On cherche des coupables.

Hillary Clinton s’en prend ainsi à Barack Obama (et c’est bien la preuve qu’elle est déjà candidate, sans le dire, à sa succession). Elle reproche à son ancien patron de ne pas l’avoir écoutée, il y a deux ans, quand elle proposait d’armer la résistance syrienne modérée contre Bachar el-Assad. Le refus américain, dit-elle, a créé un vide que d’autres ont rempli. L’argent et les armes qui ont afflué par ces canaux-là sont allés aux groupes islamistes les plus extrémistes, assurant leur suprématie, d’abord en Syrie, maintenant en Irak.

Quels canaux ? Hillary Clinton ne le dit pas. Mais Dominique de Villepin casse le morceau. L’ancien premier ministre français, qui n’est pas le plus mal informé sur ces questions, dénonce le «jeu destructeur» de «l’Arabie saoudite et des monarchies conservatrices» du Golfe.

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Inde : Comment le revenu de base change la vie

Une expérience de versement d’un revenu de base modeste aux habitants de certains villages les plus pauvres de l’Inde a transformé leurs vies. Cela pourrait fournir un programme anti-pauvreté efficace pour tous les pauvres de l’Inde. Mais quelle sera la réaction du gouvernement de Narendra Modi ?

L’idée d’un revenu de base soulève des questions bien au delà de la province de Madhya Pradesh en Inde. Historiquement, des personnalités comme Bertrand Russell, André Gorz, Martin Luther King, et JK Galbraith se sont tous exprimées en faveur d’un revenu de base.

Le revenu de base n’était pas seulement une réforme souhaitable dans le nord et le sud pendant les années 1970 et 1980, sa mise en place est devenue indispensable depuis la crise financière de 2008, pour apporter stabilité et dignité à une nouvelle classe de travailleurs, pour répondre aux exigences du capitalisme mondial, qui créent un état d’insécurité chronique pour de nombreuses vies humaines, balancées entre inactivité professionnelle intermittente et des emplois précaires pour des salaires incertains dans un marché néo-libéral « flexible ».

Pour eux, le monde de l’après-1945 de démocratie sociale, sécurité de l’emploi et des avantages sociaux est un passé révolu.

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Bernard Charbonneau : « Repenser notre civilisation »

Bernard Charbonneau (1910-1996) est l’auteur qui, en 1973, a écrit “Triste campagnes”. Dans cet essai, il examine comment ce que l’on appelait à l’époque la modernisation agricole a favorisé le déclin et la décomposition des sociétés paysannes du Béarn, dans le Sud-Ouest de la France, où il avait choisi de s’établir au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Ce faisant, à travers l’examen méthodique de l’évolution d’une région donnée, il mettait à nu de manière prémonitoire la logique d’une évolution technique et économique qui n’a fait que s’accélérer et qui aujourd’hui, partout dans le monde, dissout le lien qui associe les sociétés paysannes à leurs terroirs et détruit leur identité.

Charbonneau a porté sur son siècle un regard à la fois critique et exigeant. Dès sa jeunesse, il acquiert la conviction que ce siècle serait – et pour les mêmes raisons – à la fois celui des totalitarismes et du saccage de la nature. Du Jardin de Babylone, à La planète et le canton, en passant par Tristes Campagnes et La fin du Paysage, c’est cette conviction, qui oriente sa manière de décrire l’évolution du monde et des paysages qui l’entourent ; c’est le fil rouge de sa carrière de penseur qui fut celle d’un géographe et d’un professeur.

Toute son œuvre est marquée par l’idée que « le lien qui attache l’individu à la société est tellement puissant que, même dans la soi-disant “société des individus”, ces derniers sont si peu capables de prendre leurs distances avec les entraînements collectifs que, spontanément, ils consentent à l’anéantissement de ce à quoi ils tiennent le plus : la liberté. »

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Quand l’argent fait sécession

Après avoir connu une phase de repli entre la fin de la Première Guerre mondiale et les années 1960, les inégalités sont de nouveau en hausse. Jusqu’où les plus riches peuvent-ils creuser l’écart? Est-on condamné à revivre une fin de 19e siècle où les 10 % les plus riches détenaient 90 % des richesses? Quels sont les instruments de cohésion sociale à notre portée?

Dialogue entre Thomas Piketty, économiste et Thierry Pech, journaliste, dans le cadre du cycle de films “L’argent ne fait pas le bonheur (!)” au Forum des images, le 23 janvier 2014 à Paris.

Quand un éditorialiste demande la suppression du défilé militaire du 14 juillet avec de mauvais arguments…

La modestie n’est pas la qualité la plus souvent partagée. Surtout chez ceux qui ont des avis sur tout comme s’ils avaient la science infuse… Ainsi, comme souvent  à l’approche du 14 Juillet, il se trouve quelques voix pour remettre en cause le défilé militaire sur les Champs-Elysées et balancer (il n’y a pas d’autre mots) des idées reçues sur la politique de défense. Il n’y aurait pas de mal à cela si de tels propos tenus étaient le fruit d’une réflexion, basée sur des faits et des réalités. Et cela ne serait pas si important s’il n’y avait de grands médias pour les relayer (étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait eu encore l’idée de placer un micro dans un bistro…).

Les déclarations d’Hervé Gattegno, sur les ondes de RMC/BFM TV, le 11 juillet, entrent dans cette catégories. Pour son dernier « coup de gueule » avant les vacances (c’est dire si elles seront les bienvenues), le rédacteur en chef de la cellule investigation au Point, n’a pas été très inspiré, au point que ces propos sont teintés de démagogie.

Qu’a-t-il dit ? Selon lui, il faut « supprimer le défilé militaire du 14 Juillet » car c’est une « une idée qui irait dans le sens d’une meilleure défense de la patrie puisque notre bataille principale, elle se mène sur le front des déficits publics et de la dette extérieure ». Or, « à côté de cette menace-là, la parade annuelle de nos armées est inutile et anachronique – il n’y a plus que les dictatures qui le font. C’est un déplacement de force déplacé. Et une démonstration de force gratuite qui est plutôt coûteuse (en argent, en temps et en carburant – sans parler de l’empreinte carbone). Donc on pourrait s’en dispenser sans transformer la fête nationale en défaite nationale ».

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Le vrai coût des Coupes du monde de football

Avant d’être un événément médiatiquement rentable, le Mondial est d’abord un événement… ruineux pour ses organisateurs. La preuve…

Lors de la première Coupe du monde en Uruguay, en 1930, la Fifa (fédération internationale de football association) n’était pas assez riche pour fournir des ballons aux équipes.

Le 30 juillet 1930, lors de la finale entre l’Uruguay, le pays d’accueil, et l’Argentine, l’arbitre dut recourir au tirage au sort pour trancher entre le ballon uruguayen et le ballon argentin. L’histoire ne dit pas quel ballon fut choisi, toujours est-il qu’il permit à l’Uruguay de l’emporter par 4 buts à 1. A l’époque, les dépenses du pays organisateur se sont limitées à la construction d’un nouveau stade et au remboursement des frais de transport et d’hébergement des équipes.

Vingt ans plus tard, la situation a changé du tout au tout: après le match final entre le Brésil et l’Uruguay, la Fifa comprend que l’argent va couler à flots sur le football. Les pays organisateurs comprennent tout l’intérêt d’accueillir cette compétition.

Du coup, un jeu à sommes non nulles se met en place: dans l’espoir de retombées économiques appréciables, les pays hôtes se mettent à investir des sommes considérables dans leurs infrastructures. Les investissements évoquent une fusée à trois étages: d’abord, l’organisation de l’événement, généralement gérée par un Comité d’organisation. Ce Comité est chargé par la Fifa de la billetterie des stades, du recrutement des personnels, et de l’animation des enceintes sportives.

Les pays émergents plus dépensiers
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L’exploitation des terres rares en eaux profondes risque d’affecter l’écosystème

Les ressources minérales marines profondes offrent une capacité importante d’exploration, notamment dans le Pacifique. Mais leur exploitation pourrait impacter la biodiversité.

Une étude intitulée « Impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes » menée pendant deux ans par le CNRS et l’Ifremer à la demande du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, souligne les impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes.

Avec l’épuisement de certains métaux, les compagnies privées, et les États s’intéressent de plus en plus aux ressources minérales des grands fonds marins, et plus précisément à leur potentielle exploitation. Mais avant de pouvoir exploiter ces ressources, encore faut-il explorer les fonds océaniques pour déterminer les zones riches en terres rares. Et déterminer quel peut être l’impact sur l’environnement.

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Paris : La chasse aux billets dans les parcs a été interdite

L’événement a été interdit mercredi 25 juin par la Préfecture de police de Paris. Le directeur de cabinet du préfet de police, Laurent Nunez, rappelle que “la distribution d’argent dans l’espace public est interdite par la loi pénale française” et que “les auteurs du délit sont passibles d’une peine de six mois d’emprisonnement et à une amende de 30.000 euros“.

Des débordements lors d’un précédent en 2009

Laurent Nunez ajoute qu’”une précédente distribution gratuite d’argent dans l’espace public organisée à Paris par une société privée en novembre 2009″ a donné lieu à des “troubles à l’ordre public (…) qui ont conduit à l’annulation de cette opération le jour même”. Le riche Américain a lancé le 26 mai une chasse au trésor sur le réseau social Twitter, sur lequel il donne des indices menant à des sommes d’argent qu’il distribue.

Fête de la musique sur Fortune

Petit florilège rock’n'roll consacré à l’argent.

De l’ “Argent trop cher” de la bande à Aubert à “Money” de Pink Floyd, l’argent est devenu un thème cher aux rockeurs ! Justement, quand elles traitent de l’argent, les rockstars louent parfois son pouvoir mais déplorent le plus souvent son manque, jusqu’à en devenir un thème privilégié du blues.

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L’âme humaine sous le régime socialiste selon Oscar Wilde

Dans cet essai écrit en 1891, Oscar Wilde avait prévu que les moutons se nourriraient de leur propre méchoui et que les cyniques survivraient à leur électorat.

(…) Quand Jésus parle de pauvres, il entend simplement par là des personnalités, tout comme sa mention de riches s’applique à des hommes qui n’ont pas développé leurs personnalités.
Jésus se mouvait au milieu d’un peuple qui admettait l’accumulation de la propriété tout comme on l’admet parmi nous. L’Évangile qu’il prêchait ne tendait point à faire regarder comme avantageux à l’homme un genre de vie où l’on se nourrirait chichement d’aliments malsains, où l’on se vêtirait de haillons malsains, où l’on coucherait dans des chambres horribles et malsaines. Il ne trouvait point désavantageux pour l’homme de vivre dans des conditions salubres, agréables et décentes.

Une telle manière de voir eût été faussée en ce pays, en ce temps-là et le serait bien davantage de nos jours et en Angleterre, car plus l’homme remonte vers le nord, plus les nécessités matérielles de la vie prennent une importance vitale ; notre société est infiniment plus compliquée, et recule bien plus loin les extrêmes du luxe et du paupérisme, qu’aucune autre société du monde ancien.

Ce que Jésus voulait dire, c’était ceci :
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Le pape vole au secours des exclus

Le pape François confirme son hostilité vis-à-vis des marchés et de [leurs] dérives. Une prise de position assumée en faveur des exclus du système économique.

Une nouvelle fois, le pape met en garde contre les dérives du système et ses effets pervers. Dans un entretien donné au journal catalan “La Vanguardia” le Saint-Père critique le modèle économique actuel.

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Le Foot et son business : Fifa, du foot et du fric

Un journaliste britannique, Andrew Jennings, mène ici une enquête sur les réseaux de financement de la Fifa, et les résultats sont assez troublants.Tourné en toute discrétion, ce documentaire s’attaque aux membres de la toute puissante Fédération internationale de football, et notamment à Sepp Blatter. Il dénonce des pratiques douteuses et de nombreux dysfonctionnements dans certaines divisions régionales.Tourné en collaboration avec la BBC, Arte et la ZDF, il avait été publié pour la première fois en 2006, lors de la Coupe du Monde en Allemagne.

Le Brésil ne croit pas à l’effet Coupe du Monde

La Coupe du Monde de football pour doper l’économie : l’argument est servi par les dirigeants brésiliens mais la population n’y croit pas selon une enquête du Pew Research Center, rendue publique mercredi 4 juin.

A une semaine du match d’ouverture, le pessimisme est de mise au Brésil au sujet de la Coupe du Monde. Pas tellement au sujet des chances de la Seleçao de décrocher un sixième titre mondial. Mais pour l’impact de l’événement sur l’économie nationale.

Alors que les dirigeants, la présidente Dilma Rousseff en tête, ont toujours vanté l’effet positif d’une telle compétition sur la croissance brésilienne, leurs concitoyens n’y croient pas.

Une enquête publiée mercredi 4 juin par le Pew Research Center révèle que 61% des Brésiliens interrogés pensent que le Mondial aura un effet néfaste sur l’économie du pays car «une mauvaise chose parce que cela fait de l’argent en moins pour les services publics».

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Ils sont retraités et leurs fins de mois sont difficiles

Boucler les fins de mois devient difficile pour certains retraités, comme Joël et Marie-Josée, cadres à la retraite, qui ont vu leurs revenus dégringoler. Le couple dénonce le gel des pensions jusqu’en octobre 2015, l’une des nombreuses mesures du plan de 50 milliards d’euros d’économies annoncé par le Premier ministre.

Boxe Thaï, le salaire des coups

L’ancien royaume de Siam n’offre que peu d’alternatives à ses fils issus de longues lignées de paysans ou d’ouvriers. S’ils ne deviennent pas moines, militaires ou fonctionnaires, ces enfants n’auront d’autre choix que de sortir les poings s’ils souhaitent gravir un à un les échelons de la société Thaïe. Ici, pas d’assistante sociale ou de RMI, l’ascenseur social passe par la salle de boxe. On combat pour vivre, pour survivre, c’est sur le ring qu’on devra montrer sa valeur, empocher les bourses qui feront vivre sa famille.

L’affaire Supernotes

C’est l’his­toire d’un agent qui aurait dû mourir pour avoir décou­vert l’un des secrets les mieux gardés du monde : L’affaire super­no­tes.

Depuis trente ans, Kasper tra­vaille pour dif­fé­ren­tes agen­ces de ren­sei­gne­ments  : les ser­vi­ces secrets ita­liens, la CIA. À chaque mis­sion, il change d’iden­tité. Formé au manie­ment des armes, expert en arts mar­tiaux, il est, sous la cou­ver­ture d’un pilote de ligne, espion dans les réseaux néo­fas­cis­tes, puis infil­tré chez les nar­co­tra­fi­quants, ce qui fait de lui l’un des plus brillants agents secrets des ser­vi­ces occi­den­taux.

Mais en mars 2008, son enquête sur les super­no­tes l’entraîne dans un véri­ta­ble cau­che­mar. Les super­no­tes sont des faux billets de banque de cent dol­lars, impri­més en mil­lions d’exem­plai­res hors du ter­ri­toire amé­ri­cain. Par qui ? Pour qui ? Kasper décou­vre la vérité sur cette ahu­ris­sante machine.

Arrêté par des mili­ciens cam­bod­giens, il est séques­tré et tor­turé pen­dant 373 jours dans des camps pro­ches de Phnom Penh. Ni son pays ni la CIA n’inter­vien­nent. Son destin est sciem­ment caché aux yeux de tous, y com­pris des médias. Ses décou­ver­tes l’ont condamné à mort : il doit dis­pa­raî­tre.

Réchappé in extre­mis de l’enfer, Kasper veut briser le silence pour se pro­té­ger. Son his­toire dépasse, en rythme et en inten­sité, le plus fort des romans d’espion­nage, et nous plonge dans un monde que per­sonne, avant lui, n’avait osé dévoi­ler.