Grèce : La Mer Noire et l’or des Scythes

Historienne, spécialiste de prospection archéologique et d’histoire de la Grèce romaine, Christel Müller est ancienne élève de l’École normale supérieure et ancien membre de l’École française d’Athènes. Depuis 1997, Christel Müller est Maître de conférences d’histoire grecque à l’Université de Paris X Nanterre.

Cette conférence, à visée pédagogique pour les lycéens et étudiants, porte sur les transferts culturels entre la Grèce et l’Orient, dans une perspective historique, archéologique et anthropologique.

Estonie : Un robot-tortue explorateur des mers

L’archéologie subaquatique est un domaine d’études riche, mais aussi risqué. Peut-on utiliser des robots en renfort? A Rummu en Estonie, des scientifiques en sont persuadés: ils testent un nouvel appareil conçu pour prêter main forte aux archéologues sur des sites immergés.

Leur U-CAT peut se rendre sur des épaves ou des vestiges comme dans le cas de ce site, les ruines d’une prison et d’une carrière utilisées du temps des Soviétiques, aujourd’hui enfouies sous les eaux d’un lac.

Morlaix (29) : À la recherche de trésors dans les fonds marins

Un métier méconnu. Leur mission; retracer l’histoire des épaves oubliées et découvrir des trésors. Ils font de l’archéologie sous-marine. Dans la baie de Morlaix (dans le Finistère), au fil des siècles, des dizaines d’épaves ont été englouties par les flots formant ainsi un véritable cimetière sous-marin.

Toujours à la recherche de nouvelles découvertes, les archéologues s’intéressent à une épave vieille de plus de 2.000 ans dont le naufrage remonterait à l’Antiquité. “C’est quelque chose de très rare. On a une seule épave romaine sur l’arc atlantique“, décrit Olivia Hulot, archéologue.

Corse : Les énigmes du trésor romain

En 1985, trois pêcheurs d’oursins découvrent des pièces d’or romaines alors qu’ils nagent dans les eaux d’un golfe corse. Rapidement, des pillards, parmi lesquels des numismates, des voyous et même quelques nationalistes corses, grappillent leur part du butin… Une enquête haletante où se croisent archéologues, policiers et trafiquants.

Égypte : Le secret des hiéroglyphes

1798. Savants, linguistes et érudits participent à la campagne d’Égypte de Napoléon. En marge des opérations militaires, ils dessinent, cartographient, fouillent et redécouvrent les splendeurs longtemps oubliés de la civilisation égyptienne antique.

Mais les plus grands secrets des pharaons sont enfermés dans l’indéchiffrable écriture hiéroglyphique. Les Français mettent au jour un objet qui va fournir une des clés du mystère: la pierre de Rosette, sur laquelle est gravée une proclamation du pharaon Ptolémée V rédigée en trois langues: grec, démotique et hiéroglyphique.

Sa traduction devra attendre 1822, date à laquelle le jeune linguiste Jean-François Champollion a un éclair de génie qui lui permet de percer le mystère de ces signes.

Mexique : Le royaume perdu des Mayas

Au nord du Mexique, deux archéologues tentent d’atteindre la salle du trône d’un roi maya dont on sait fort peu de choses. George Bey et Tomas Gallareta sont équipés des dernières technologies. Un scanner révèle que la pièce dans laquelle ils sont sur le point d’entrer se trouve au centre d’un vaste complexe.

S’agit-il d’un temple ? Longtemps considérés comme les parents pauvres de l’histoire précolombienne, ils vivaient dans une région connue sous le nom de «Puuc». Des analyses menées sur des poteries montrent que certains quartiers des villes du nord datent de 600 avant Jésus Christ.

Comment expliquer la disparition des Mayas du nord? George Bey s’interroge sur la raison qui aurait poussé ceux-ci à abandonner en masse leurs cités.

Les Celtes ont-ils découvert l’Amérique 1.500 ans avant Colomb ?

Aux confins des Andes et de l’Amazonie, des archéologues ont trouvé les traces d’un peuple depuis longtemps disparu, plus ancien que les Incas et dont l’origine reste un mystère : les Chachapoyas.

De leur passage restent quelques vestiges, notamment des nécropoles et la plus grande citadelle connue du continent américain, à Kuelap, au Pérou.

Depuis des années, le chercheur allemand Hans Giffhorn collecte des indices tendant à prouver que les Chachapoyas descendaient des Celtes. D’étonnantes analogies lient en effet les deux civilisations : constructions en pierre de forme ronde, symboles religieux, représentation des divinités, techniques de trépanation médicales ou cultuelles, ou même certaines armes comme les lance-pierres.

Une thèse étayée par les écrits de l’historien grec Diodore de Sicile, au Ier siècle avant J.-C., affirmant que les Carthaginois connaissaient des terres mystérieuses très loin à l’ouest de l’Atlantique. Auraient-ils affrété des navires dans cette direction en embarquant des Celtes dont ils prisaient les qualités de soldats d’élite ?

De nombreux descendants des Chachapoyas du Pérou ont aujourd’hui la peau claire et les cheveux blonds : seraient-ils des Celtes arrivés avec les Carthaginois ?

Il y a 3500 ans en Crète, une invention provoque l’exode d’une civilisation

Des palais détruits, puis reconstruits, puis à nouveau détruits. Des habitations abandonnées par dizaines. Qu’est-il donc arrivé aux Minoens, brillante civilisation crétoise il y a plus de trois mille ans ? Une étude lève un coin du voile.

Pendant longtemps, l’histoire était simple. Précédant la Grèce antique, une merveilleuse et impressionnante civilisation crétoise établie aux III-IIe millénaires av. J.-C., celle des Minoens, aurait été balayée par une éruption terrifiante : celle du Santorin, supervolcan dont l’effondrement a envoyé un tsunami meurtrier dans l’est de la Méditerranée.

Mais avec l’affinement progressif des datations, il a fallu se rendre à l’évidence : cela n’avait rien à voir. Le volcan a explosé au moins soixante-dix ans après la toute première destruction des palais minoens, survenue vers 1700 av. J.-C. Reconstruits entre-temps, les palais sont cette fois définitivement détruits autour de 1450 ans av. J.-C. Seule exception, le plus gros d’entre eux, celui de Cnossos sur la côte nord de l’île, qui se maintient encore quatre-vingt ans. Puis il tombe à son tour.

Pour retracer cette mystérieuse histoire, impossible de se passer de l’archéologie. Car les Minoens ont beau avoir laissé des inscriptions, celles qui datent d’avant la destruction des palais sont rédigées dans une langue à ce jour toujours inconnue. Pas de trace non plus d’éventuels souverains dans les splendides fresques et décorations de cette époque.
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Géorgie : La Kakhétie, berceau du vin

Voyage à la découverte de la Kakhétie, dans l’est de la Géorgie, première région viticole du pays. Les archéologues estiment que l’on y produit du vin depuis 8.000 ans. Ce qui ferait de ce territoire, “l’un des foyers historiques de la viticulture“.

Plus d’une centaine de variétés de vignes sont cultivées dans le monastère Saint-Georges d’Alaverdi qui date du VIe siècle. Une production qui a été pendant très longtemps, l’affaire des moines orthodoxes.

Il y a 3.000 ans le mondialisme entraînait déjà la fin d’une civilisation

Vers - 1177, la civilisation de l’âge de bronze moderne autour de la Méditerranée s’est brutalement effondrée. Il faudra attendre plusieurs siècles pour que la Grèce connaisse une renaissance culturelle. Que s’est-il donc passé il y a un peu plus de trois mille ans? C’est à cette question que répond le professeur d’histoire et d’anthropologie américain Eric H. Cline dans “1177 av. J.-C. Le jour où la civilisation s’est effondrée“, un livre fascinant.

Federico Barocci, La fuite d’Enée (1598)

L’auteur propose dans son ouvrage une exploration des différentes cultures du bassin méditerranéen de l’âge du bronze, en s’interrogeant en particulier sur la raison de leur rapide effondrement vers la fin du premier millénaire avant JC. Dès la préface et l’introduction, il pose clairement la question inscrite au cœur de son enquête: pourquoi des civilisations vieilles de plusieurs centaines d’années, organisées dans des empires stables et puissants, se sont-elles rapidement effondrées ? Quels facteurs faut-il incriminer ?

Ce monde formait un système, interconnecté, interdépendant, alimenté par un dense réseau. Les crises traversées par ces formations politiques se sont donc nourries les unes des autres, leurs effets se sont cumulés, et, quand les routes commerciales se sont effondrées, c’est l’ensemble de ce monde global qui a suivi.

La réponse à la question s’articule en quatre chapitres, allant du XIVe siècle au XIIe siècle avant notre ère. D’emblée, l’auteur s’attache à présenter le monde dans lequel on s’inscrit: si certaines civilisations sont relativement bien connues des lecteurs contemporains, comme l’Égypte du Nouvel Empire, d’autres le sont moins, et l’empire hittite, la Crète, la Grèce de Mycènes, sont ici fort bien présentées, au fil des sources.
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Italie : Les mystérieuses catacombes de Rome

L’historien Michael Scott enquête sur un mystérieux caveau récemment découvert à Rome après un effondrement. Plus de 2000 squelettes sont empilés de manière très inhabituelle pour les catacombes de Rome. Avec l’aide d’archéologues et de spécialistes, ce film passe en revue les différentes hypothèses qui pourraient expliquer la présence de ces corps.

Les premiers indices suggèrent que ces ossements appartiendraient à des martyrs chrétiens. Mais l’étude approfondie des os contredit cette première hypothèse. D’autres résultats laissent à penser que de grandes épidémies seraient la cause de ces multiples décès…

Chine : Les derniers secrets de l’armée de terre cuite

La légion de terre cuite enterrée avec le premier empereur de Chine Qin Shi Huangdi a été découverte en 1974. Les neuf mille guerriers modelés devaient assurer la protection du souverain dans l’au-delà et l’aider à régner depuis son tombeau.

Cette impressionnante armée comprenait des unités de cavalerie et d’infanterie, équipées de chevaux, de chars et d’armes, mais aussi des fonctionnaires, des acrobates, des lutteurs, des concubines.

Jusqu’à présent, près de mille statues ont été mises au jour, mais la majeure partie du site reste inexplorée. Quatre opérations de fouilles en cours révèlent des informations inédites sur le mausolée et ses occupants

Syrie : Sur les routes du trafic d’antiquités

Avec la guerre qui dure depuis plus de quatre ans en Syrie, de nombreuses pièces d’antiquité sont volées dans les musées ou sur des sites archéologiques. Elles passent ensuite la frontière vers la Turquie, pour être vendues après à des collectionneurs internationaux. Reportage en Syrie et en Turquie, sur les traces de ces trésors volés.

L’Unesco a beau tirer la sonnette d’alarme depuis trois ans, les exportations illégales de biens culturels syriens continuent. En Syrie, nous avons rencontré les “petites mains” de ce trafic international. Sans emploi, des Syriens creusent la terre à la recherche de trésors antiques ensevelis : des pièces de monnaies de l’époque romaine, des lampes à huile, des statuettes en or ou d’autres objets en céramique datant parfois de plus de 3.000 ans. Leur valeur peut être inestimable.

En lien avec des trafiquants côté turc, ils doivent ensuite passer clandestinement la frontière pour livrer leur marchandise et empocher quelques dollars. Nous les avons suivis en caméra cachée lors du passage de la frontière turque, une véritable passoire. Nous avons pu voir que des passeurs les laissent facilement entrer sur le territoire – en échange d’une liasse de billets -, tout en évitant de fouiller leur sac…

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Les archéologues du futur (2/2) : Des trésors aux rayons X

Second volet sur le nouvel Eldorado des archéologues : l’Europe de l’Est. Dans la région de Saxe, la rénovation d’une route a permis aux archéologues de découvrir des trésors.

À la hauteur de Marsleben, centre politique et économique majeur au Moyen Âge, des fouilles ont révélé les fondations de grandes maisons mais aussi des objets remontant au Néolithique, laissant présumer l’existence d’un observatoire solaire. Un autre mystère, celui du trésor d’Erfurt daté du XIVe siècle, est en revanche complètement élucidé.

Les archéologues du futur (1/2) : High-tech sur fonds sous-marins

L’archéologie se tourne de plus en plus vers l’Europe de l’Est. Un voyage en deux volets en compagnie des chercheurs, entre pinceau et laser. Sur les côtes de la mer Baltique, des archéologues découvrent l’épave d’un navire du XVIIIe siècle.

C’est grâce à des photographies aériennes que l’ensemble de la flotte pu être repérée. Un mini sous-marin, équipé d’un sonar, photographie les bâtiments, puis des morceaux de bois sont prélevés pour être analysés en laboratoire.

Le capitalisme serait né il y a 4000 ans

Sociétés, investissements, prêts bancaires, chèques au porteur, bénéfices, dividendes,… Ces notions semblent liées au capitalisme libéral et à l’économie de marché, soit aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Pourtant, c’est près de 2000 ans avant notre ère et en plein cœur de l’Anatolie que ces principes étaient appliqués: les archéologues qui fouillent le site de Kültepe, où se trouvent les ruines de la cité antique de Kanesh, ont établi que le système économique était déjà très complexe.

Voici près de 4000 ans, Kanesh était un comptoir de la cité d’Assur: à plusieurs centaines de kilomètres de la future capitale des Assyriens, ce poste commercial se situait au cœur de l’Anatolie, là où les Hittites allaient former l’un des royaumes les plus puissants du Moyen-Orient antique.

Or, contrairement à de nombreux autres sites fouillés par des archéologues au Proche et au Moyen-Orient, ce ne sont pas des dirigeants politiques (rois, princes, chefs de guerre, diplomates) ou religieux que sont issus la grande majorité des documents écrits, mais des milieux économiques. Et en particulier des marchands paléo-assyriens installés dans cette cité hittite: plus de 90% des 22.000 tablettes viennent de ces commerçants et révèlent la complexité inouïe du système économique de l’époque.

Dans cette agglomération de plusieurs milliers d’habitants, les archéologues ont mis au jour des tablettes d’argile sur lesquelles figurent des textes en caractères cunéiformes, cette première forme d’écriture inventée en Mésopotamie.
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Propagande : paléonthologie et biologie moléculaire au service de l’idéologie

Depuis deux décennies, la génétique a bouleversé nos connaissances sur l’apparition et le peuplement de l’espèce Homo. En cinq questions clefs, voici ce qu’elle nous apprend.

1. Le scénario des origines

Jusqu’à présent, deux théories à propos de l’apparition de l’homme moderne s’opposaient. La première, dite “multirégionaliste”, soutient que les populations ancestrales auraient quitté l’Afrique voilà 2 millions d’années, engendrant simultanément diverses espèces locales comme Homo neanderthalensis en Europe ou Homo erectus. Toutes auraient évolué de façons différentes avant de donner naissance à Homo sapiens sapiens. La seconde, dite “Out of Africa”, se situant il y a environ 200 000 ans, affirme qu’une seule et même espèce (la nôtre) serait apparue en Afrique, avant de migrer dans le reste du monde en supplantant toutes les autres sans se mélanger.

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Iran : Les jardins suspendus de Babylone

Babylone est réputée pour avoir été l’une des plus belles villes antiques jamais bâties. Située au milieu du désert, elle possédait jadis des murailles impressionnantes et a notamment abrité des jardins suspendus qui sont considérés comme la seconde merveille du monde.

Les recherches d’un archéologue allemand au début du XXe siècle les situent dans le sud de la ville. Une autre théorie les placerait dans la ville assyrienne de Ninive, conquise par les Babyloniens avec l’alliance des Mèdes.

Cet édifice fut construit au VI° siècle avant Jésus Christ par le roi de Perse, Nabuchodonosor II, qui régnait alors à Babylone (dans l’Irak actuel.). Ce dernier fit construire les jardins suspendus pour rappeler à son épouse, Amytis, la végétation des montagnes de son pays d’origine (la Médie, une région se trouvant aujourd’hui en Iran.).

Selon d’autres sources, se rapprochant plus de la légende que de la réalité, les jardins auraient été construits par la reine Sémiramis, épouse de Ninus, roi de Ninive. Il se pourrait, selon une nouvelle hypothèse, que les Grecs aient confondus Babylone et Ninive, cette dernière étant la capitale de l’Empire assyrien, qui précéda l’Empire perse.

Hauts de 23 à 92 mètres, les Jardins de Babylone étaient composés de plusieurs étages en terrasses, reliés par un grand escalier de marbre. L’édifice était soutenu par des voûtes et des piliers de brique. L’eau était ramenée de l’Euphrate, et remontait jusqu’au étages à l’aide d’un savant montage hydraulique.

Les pilleurs et autres chercheurs de trésors

L’homme est friand de trésors et beaucoup sont ceux qui en ont dégotés par pur hasard. Mais certains n’hésitent pas à en faire un business juteux et passent leurs journées à en chercher, à l’aide de divers matériels. La France compte plus de quarante mille chercheurs de trésors et tous sont relativement bien équipés pour cette quête passionnante, bien que cela soit formellement interdit. En effet, seuls les archéologues sont autorisés à effectuer ce genre de fouilles.

Si quelques-uns font ça uniquement pour l’argent, d’autres prospecteurs sont de purs passionnés. Ils cherchent des trésors à des fins personnelles mais les restituent à l’état sans sourciller. Certains même fouillent nos plages et agrémentent leur site des divers objets qu’ils ont trouvé afin que leurs propriétaires puissent se manifester afin de récupérer leur bien. C’est un pur acte de bonté.

En France :

Ailleurs:

Documentaire – Le crépuscule des Celtes

Dans le canton de Vaud, en Suisse, le plus grand sanctuaire celte d’Europe vient d’être mis au jour au sommet de la colline du Mormont. Il y a 2 000 ans, les Helvètes ont creusé des centaines de puits dans ce lieu isolé pour déposer des offrandes à leurs dieux. Objets, fragments de corps humains et animaux…

Ce vaste site devrait permettre aux archéologues de progresser dans la connaissance de pratiques religieuses qui n’ont cessé au cours des siècles d’inspirer des légendes. Même si, depuis une vingtaine d’années, une série de fouilles successives a montré que les peuples celtes avaient développé une civilisation raffinée et complexe.

Le trésor des Nibelungen

Dans la légende germanique, Hagen tue Siegfried, enfouit le trésor des Nibelungen au fond du Rhin et bannit de la cour la veuve du héros, Kriemhild, dans la crainte qu’elle ne tente de le venger. Quel est le fondement historique de cette saga où se mêlent fidélité, trahison, pouvoir et vengeance, et qui a notamment inspiré l’oeuvre de Richard Wagner et, indirectement, celle de J.R.R. Tolkien ? Qui étaient les Burgondes qui ont servi de modèle aux Nibelungen ? Que sait-on sur Siegfried, celui que la légende fait triompher du dragon ? Historiens, linguistes et spécialistes de la culture germanique se penchent sur les sources et débusquent les faits historiques réels cachés sous la trame littéraire de la Chanson des Nibelungen.


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Grèce : La fabuleuse machine d’Anticythère

Deux tempêtes au même endroit, à deux mille ans d’écart, ont forcé les chercheurs à changer leur regard sur le développement technologique de la Grèce antique. En 1901, des plongeurs surpris par une tempête se réfugient sur l’île d’Anticythère, entre le Péloponnèse et la Crète.

L’alerte passée, ils explorent les eaux autour de l’île et découvrent, dans l’épave d’un navire naufragé un siècle avant notre ère, un formidable trésor archéologique. Parmi les statues et les pièces, un mystérieux objet de bronze de la taille d’un ordinateur portable, présentant sur ses deux faces des cadrans gradués et mobiles.

Les Grecs connaissaient-ils déjà le calculateur analogique ? Une mystérieuse machine, découverte près de l’île d’Anticythère, commence à livrer ses secrets.

Très vite on comprend que ce mécanisme permettait de présenter divers phénomènes astronomiques et de calculer les dates d’éclipses de Soleil et de Lune, ainsi que celles des Jeux olympiques. Patiemment reconstituée ces dernières années à partir des quatre-vingt-deux fragments de roues dentées, d’aiguilles, d’axes et de tambours éparpillés dans la cargaison, la fabuleuse machine d’Anticythère fait apparaître une somme de savoirs et de savoir-faire dont on n’imaginait guère capables les mathématiciens de la Grèce antique.

Mais si le mécanisme a été créé à Syracuse, comme semblent l’indiquer les dernières études de l’équipe de chercheurs internationale qui a exploré les mystères de cette machine, il n’est pas interdit d’y voir l’héritage du grand Archimède, né dans cette ville une centaine d’années plus tôt.

Le Mans/Angers : A la rencontre de chercheurs d’or

Cu, Zn, Pb, Au, Ag…. cuivre, zinc, plomb, or, argent… Nos sous-sols en seraient gorgés mais personne pour toucher le pactole. L’ex-ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait dit vouloir “donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines“. Dont acte.

En juillet dernier, quelques sociétés dont Variscan, obtiennent des permis de recherches sur 17 communes de la Sarthe, de la Mayenne et du Maine-et-Loire. Mais des associations invoquent un leurre façon gaz de schiste, avec les mêmes promesses d’emplois sur le dos de l’écologie.


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Égypte : Louxor, ville fantôme

L’activité touristique aurait chuté de 70% à Louxor et dans les sites historiques de haute Égypte. L’instabilité politique fait fuir les visiteurs, et les islamistes au pouvoir n’ont jamais encouragé le tourisme, jugé porteur de valeurs immorales.

Les rues de Louxor sont presque désertes. Ce sont les vacances de Pâques, la ville devrait grouiller de touristes venus visiter les temples et les tombeaux, ou en croisière sur le Nil. Au lieu de cela, on dirait une ville fantôme. Le long des rues, les cafés sont vides, les grands bateaux fluviaux restent à quai, comme abandonnés ; sur la Corniche, les conducteurs de calèches attendent des passagers qui ne viennent jamais.

Louxor dépend totalement du tourisme, et elle a été durement touchée par la baisse catastrophique du nombre de visiteurs en Égypte depuis le début de la révolution en 2011.

C’est la période la plus difficile qu’a connu le tourisme en Égypte depuis que l’on a commencé à établir des statistiques, il y a vingt-cinq ans, explique Amr Abdel Ghaffar, directeur régional pour le Moyen-Orient à l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies. C’est la conséquence du changement politique, et bien sûr, cela engendre une grande incertitude en termes économiques, en particulier dans le tourisme.
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Irak : Trafic d’oeuvres d’art, le trésor de guerre des terroristes

L’Irak est le berceau de l’une des plus anciennes civilisations du monde : la civilisation mésopotamienne, vieille de 5.000 ans. Cette région est une véritable mine d’or pour les archéologues : le sous-sol irakien regorge de vestiges qui se négocient très chers dans les salles des ventes occidentales les plus prestigieuses. Seul problème, certains des objets précieux qui circulent sont issus de fouilles illégales.

Après la chute de Saddam Hussein, des trafiquants ont aussi profité du chaos pour piller le musée de Bagdad. Et parfois, ce trafic est directement opéré par des organisations terroristes : Al Qaïda ou l’armée du Mahdi, une milice chiite irakienne particulièrement violente. Au Liban, berceau de la prestigieuse civilisation phénicienne, le trafic d’art finance des caciques du Hezbollah, une milice chiite intégriste financée par l’Iran et responsable d’attentats aveugles il y a une vingtaine d’années.

Ironie de l’histoire, les acheteurs américains financent indirectement sans le savoir un mouvement armé violemment opposé à leur pays et classé comme terroriste par Washington !

Romain Bolzinger a enquêté plusieurs mois dans le monde très fermé des collectionneurs d’art. Un monde où l’on croise des milliardaires passionnés, des galeristes prestigieux et des antiquaires de haut vol, mais aussi des intermédiaires sans scrupules et des trafiquants notoirement proches des islamistes radicaux…

L’austérité ruine le patrimoine

Le patrimoine culturel est l’une des premières victimes des mesures d’austérité adoptées par les États européens. Et si nous voulons sauver Pompéi et d’autres sites et monuments du sud de l’Europe, il est grand temps de changer la gestion de la politique culturelle.

La porte cintrée du XIIe siècle est le seul vestige encore intact de l’église Saint-Pierre de Becerril del Campo, dans la province de Palencia, dans le centre de l’Espagne. Le toit a pratiquement disparu. L’eau s’infiltre partout et l’intérieur déborde de déchets. “La nef se détériore de jour en jour, nous avons déjà perdu presque tous les stucs et les voûtes baroques”, signale Hispania Nostra, association de défense du patrimoine.

On a toujours attribué les manquements dans le secteur de la conservation au déséquilibre existant entre le fabuleux patrimoine culturel du Sud de l’Europe et les ressources comparativement limitées dont disposent les gouvernements de la région. L’Italie compte plus de sites inclus dans le patrimoine mondial de l’Unesco que tout autre pays, et l’Espagne est la suivante sur la liste.

Plus tôt cette année, à l’autre bout de la Méditerranée, sur l’île grecque de Kea, une tour du IVe siècle av. J.C. s’est en partie effondrée sous les yeux des habitants, en dépit des avertissements répétés du département local d’archéologie.

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