François Hollande court à l’échec en désespérant le peuple qui l’a élu

François Hollande et son gouvernement ont capitulé face à toute perspective de transformation sociale et de refondation démocratique. Tel est le constat que dresse Laurent Mauduit, journaliste et fondateur de Médiapart dans son livre L’étrange capitulation. Pire, il trace un parallèle entre les abdications d’aujourd’hui et les renoncements des élites avant-guerre, qui ont mené à l’effondrement de la République. Que reste-t-il du socialisme et de la gauche?

Nous vivons une crise politique, sociale, économique, éthique sans qu’il n’y ait vraiment de débat, à gauche, notamment sur la réorientation de l’économie. Aucune grande voix ne s’élève pour proposer d’autres solutions.

Votre livre a pour fil conducteur « L’étrange défaite  », rédigé par l’historien Marc Bloch pendant la seconde guerre mondiale. Il y dénonce la trahison des dirigeants français dans la débâcle. Pourquoi tracer un tel parallèle ?

Laurent Mauduit : Dans « L’étrange défaite », Marc Bloch établit que la débâcle de juin 40 n’est pas une victoire des armées allemandes mais d’abord une défaite des Français sur eux-mêmes. C’est la nullité et l’arrogance de l’état-major. Surtout, les élites françaises et la bourgeoisie d’affaires sont idéologiquement du côté des vainqueurs avant même la défaite.
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ArcelorMittal Florange : Quand Hollande, candidat, promettait une loi

En visite sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal de Florange le 24 février 2012, François Hollande, en campagne présidentielle, promet une loi obligeant ArcelorMittal à céder à un repreneur toute unité de production destinée à être fermée.

Revoir également : Goodyear, quand Hollande, candidat, promettait une loi

États-Unis : La crise immobilière est loin d’être terminée

Ni Barack Obama ni Mitt Romney n’en ont parlé pendant la campagne. Pourtant, les saisies de maisons continuent. Exemple à Cleveland, dans l’Ohio, un des fameux États clés de l’élection du 6 novembre.

Pendant la campagne présidentielle qui s’achève aux États-Unis, il aura beaucoup été question d’emploi et d’impôts, de déficit et de dette. Barack Obama et Mitt Romney ont également souvent parlé de santé, de commerce, de Chine…

Un mot a en revanche disparu de leur discours, quatre ans après avoir tenu le haut de l’affiche : l’immobilier. En 2007, la crise des « subprimes » – ces crédits boiteux qui conduiront plusieurs millions de familles à la perte de leur toit – frappait durement le pays.

[...] Pendant les trois débats télévisés, ni le président sortant ni son challenger n’ont évoqué le dossier immobilier. [...] Pourtant, des millions de familles jonglent toujours avec des dettes supérieures à la valeur estimée de leur bien. Elles sont encore trois fois plus nombreuses qu’avant 2007 à perdre leur maison (30 000 saisies par mois en moyenne en 2005).

Que le sujet ait été absent de la campagne ne signifie donc pas que l’Amérique a digéré la crise des « subprimes ». Pourquoi ce silence, alors ? Anthony Brancatelli, conseiller municipal à Cleveland, dans l’Ohio, a sa petite idée.
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Les marchés carbone, ou comment gagner des millions grâce à la pollution

C’est encore mieux que de transformer le plomb en or. Une poignée d’industries très polluantes ont réussi un tour de force : convertir des millions de tonnes de CO2 en dizaines de millions d’euros, grâce aux systèmes d’échanges des « droits à polluer » mis en place dans l’Union européenne. Un pervers effet d’aubaine que dénonce un rapport listant ces nouvelles grandes fortunes du marché carbone. Et une belle arnaque à venir pour les consommateurs. Explications.

Certains rêvaient de transformer le plomb en or. C’est désormais le CO2 qui fait figure d’Eldorado. Une poignée d’industries très polluantes ont réussi à métamorphoser le volatile gaz carbonique en pièces sonnantes et trébuchantes, convertir des millions de tonnes de CO2 en dizaines de millions d’euros. Ainsi, le champion de la métallurgie ArcelorMittal, l’entreprise la plus polluante de France, a engrangé en 2008 l’équivalent de 202 millions d’euros grâce à ses « droits à polluer, » et s’apprêterait à capter en 2009 à nouveau 42 millions d’euros. Comment cette étrange et lucrative alchimie est-elle possible ? Grâce au marché carbone mis en place par l’Union européenne.
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Patrons voyous graciés pour cause de… crise !

De 575 millions d’euros, l’amende record infligée au “Cartel de la sidérurgie” par l’Autorité de la Concurrence a lamentablement fondu à 72 millions. La Cour d’appel de Paris a en effet estimé qu’il ne fallait pas stigmatiser les entreprises délinquantes… en période de crise ! Par ailleurs, la ministre de l’Économie renonce discrètement à se pourvoir en cassation après cette forte réduction des amendes. Mais une commission va réfléchir à la politique de sanction pour les entreprises.

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Fin 2008, l’Autorité de la concurrence, le gendarme de l’économie avait condamné onze entreprises de la sidérurgie à verser 575 millions d’euros pour s’être entendues sur les prix. Une amende “record”, que l’Autorité qualifiait toutefois de “minimum” au regard des infractions constatées. Si elle avait appliqué les barèmes de la Commission européenne, la douloureuse aurait atteint 1,5 milliard d’euros. Ce cartel a fonctionné pendant au moins cinq ans, de 1999 à 2004, faisant perdre entre 360 et 720 millions d’euros à ses pigeons (en premier lieu : les collectivités locales et les consommateurs, donc… nous, dans les deux cas).

S’il est un concept fondamental de notre culture économique libérale, c’est bien celui de la concurrence libre et non faussée. A tel point que feu le TCE l’avait élevé au rang d’objectif principal de l’Union Européenne, devant même les Droits de l’Homme. En France, c’est l’Autorité de la concurrence qui veille au respect de ce principe absolu, “pour la sauvegarde de l’ordre public économique“.

Christine Lagarde avait jusqu’à samedi pour renvoyer devant la Cour de cassation la décision de la cour d’appel de Paris, qui avait divisé par huit, à 73 millions d’euros contre – un record – 575 millions le montant des amendes contre le cartel de l’acier. Elle ne formera pas de pourvoi. « Ce dossier est assez clair. La cour d’appel a validé l’enquête de l’Autorité de la concurrence. Nous ne nous prononçons pas sur le niveau de la sanction et nous ne sommes pas sûrs, au vu des expertises que nous avons réalisées, que l’arrêt soulève un point de droit », justifie l’entourage de la ministre de l’Economie.

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La taxe carbone engraisse les milliardaires et les mafieux

Par Marc Mayor

En marge de la conférence de Copenhague, s’est tenu un minisommet permettant à des scientifiques de confronter leurs données à celles, du moins en partie manipulées, sur lesquelles reposent les décisions de nos dirigeants. Le professeur Henrik Svensmark, physicien du Centre national spatial danois à Copenhague, a expliqué que le réchauffement récent est causé par l’activité solaire.

Pour Nils-Axel Mörner, géologue à l’université de Stockholm, la montée du niveau des eaux a été grandement exagérée par des pseudoscientifiques alarmistes ; l’observation des sédiments, des côtes et des arbres le démontrerait.

Pour le professeur Cliff Ollier, géologue à l’université d’Australie-Occidentale, la fonte de la calotte glaciaire est liée à la géothermie, non à la température de l’air.

Enfin, le professeur Ian Plimer, de l’université d’Adélaïde, estime que le dioxyde de carbone rejeté par les volcans a plus d’impact que celui généré par l’activité humaine.

Malheureusement, l’un des organisateurs de la contre-conférence admet que son lobby a accepté de l’argent d’Exxon Mobil dans le passé, ce qui entame la crédibilité de l’entreprise.

Loin de ces considérations, le rendez-vous officiel avait pour but d’étendre le système communautaire d’échange de quotas d’émission à la planète tout entière, vous y compris.

En effet, le député travailliste britannique Collin Challen a imaginé taxer chaque individu en fonction du carbone qu’il est censé émettre.

En pratique, il se pourrait que, d’ici quelques années, nous obtenions tous une carte de “crédit personnel de carbone”, sorte de permis à points version CO2. Vous faites le plein : un point passe à la trappe. Votre facture d’électricité augmente ? Deux points de moins. Vous prenez l’avion pour Nice pour aller bronzer sur la Côte ? Cela vous fera trois points.

Tout comme les autorités peuvent aujourd’hui ponctionner tout détenteur de véhicule plus ou moins à volonté en réduisant le nombre de places de parking tout en augmentant le montant des amendes, ce nouveau permis pseudo-écolo donnera à nos dirigeants un chèque en blanc pour nous taxer jusqu’à l’os.
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Salaires des patrons : la dérive continue

On a assisté ces dernières années à une explosion des revenus des dirigeants d’entreprise. Aboutissant à des niveaux d’inégalités incompatibles avec une quelconque « responsabilité sociale ». Même si les salaires des patrons ont un peu baissé l’an dernier avec la crise, la question est loin d’être réglée.
Si l’Américain à haut revenu vers 1905 était par essence un baron de l’industrie qui possédait des usines, son homologue cent ans plus tard est un cadre supérieur immensément récompensé de ses efforts par des primes et des stock-options », rappelle Paul Krugman, le prix « Nobel » d’économie 2008, dans L’Amérique que nous voulons (Ed. Flammarion, 2008).

Même si les niveaux atteints en France restent inférieurs à ceux des Etats-Unis, la même dérive s’observe de ce côté-ci de l’Atlantique. Rien d’étonnant puisqu’à travers la mondialisation, les normes sociales et les modes de rémunération inventés aux Etats-Unis se sont progressivement répandus sur toute la planète.

Les entreprises ne pourront évidemment pas se prétendre responsables tant que les rémunérations de leurs dirigeants mettront en cause à ce point la cohésion des sociétés où elles sont actives.

La récession a entraîné l’année dernière une petite baisse des rémunérations des patrons, mais on constate toujours des hausses et les niveaux atteints restent d’autant plus choquants que la crise est passée par là. Elle a démontré en effet tous les effets pervers des modes de rémunération qui aboutissent à ces niveaux indécents.

Le jackpot des stock-options

Les Etats-Unis ont beaucoup de défauts, mais ils présentent au moins un avantage : ils ont une tradition ancienne d’information statistique. C’est ce qui a permis de reconstituer l’évolution des rémunérations des dirigeants des plus grandes entreprises du pays depuis 1936. Les résultats sont spectaculaires.

Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen.

Entre 1960 et 1969, ce ratio était tombé à 39.

Mais, après l’élection de Ronald Reagan, en 1980, ce ratio est remonté en flèche, pour atteindre 187 durant la décennie 1990 et culminer à 367 au début des années 2000 ! Lire la suite