Norvège : L’État économise pour préparer l’après-pétrole.

Avec seulement cinq millions d’habitants, la Norvège est le pays le plus riche d’Europe. Grâce à l’argent de son pétrole, en 40 ans le royaume a amassé un tas d’or. Le montant de sa fortune s’élève aujourd’hui à 820 milliards d’euros.

Pour gérer au mieux le pactole, la Norvège a créé un fond souverain. Les yeux rivés sur les cours des bourses du monde entier, 400 traders n’ont qu’un objectif : augmenter le capital.

Le fond détient des actions dans des compagnies d’aviation, des produits pharmaceutiques, du champagne, des sites de vente en ligne, des grosses sociétés high-tech, mais aussi dans l’immobilier. La France est l’un des pays où la Norvège a le plus d’investissements.

Sur les trois premiers mois de l’année, le fond norvégien a enregistré un rendement record (+5%). Cette énorme cagnotte servira à financer les retraites des générations futures. Seuls les intérêts des 820 milliards sont aujourd’hui injectés dans les dépenses publiques.

Pays du Golfe : Comment les Émirats pétroliers préparent l’après-pétrole ?

Émission diffusée sur France Culture le 23/04/2013 avec Caroline Piquet, maître de conférences à Paris-Sorbonne

La première chose qui frappe est la diversité des situations économiques observées d’un pays à l’autre.

Bahrein : les hydrocarbures représentent 12% du PIB
Koweit : les hydrocarbures représentent 95 % des revenus
Qatar : les hydrocarbures représentent 52% du PIB


(Merci à Le Chiffre Le Fer)

Aux États-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

Au beau milieu des États-Unis, l’après-pétrole a commencé. Au pays de l’essence pas chère et de la négation du réchauffement, des groupes de citoyens se sont donné pour mission d’aider les communautés américaines à se préparer à la double échéance de la fin du pétrole et du changement climatique.

Leur mouvement a un nom : la Transition.

Rob Hopkins

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Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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