Apprentis et citoyens

Ce documentaire suit six jeunes qui ont quitté le système scolaire de façon précoce, pour s’engager dans une filière d’apprentissage. Alexandra, Romain, Guillaume, Romaric, Eloïse ou encore René sont au seuil de leurs premiers choix électoraux.

Qu’ont-ils à dire de la vie politique et des sujets de société de leur pays ?

Leurs témoignages, leurs interrogations et leurs indignations reflètent les blocages, les difficultés mais aussi les espoirs d’une jeunesse souvent méconnue. Dans le même temps, ce film s’intéresse de près à la formation des métiers manuels, qu’ils soient peintres en bâtiment, cuisiniers ou maçons.

La “slow education”, ou l’éloge de la lenteur

Pour les promoteurs du mouvement “Slow education” ou “Éducation lente“, la manière d’apprendre prime sur les résultats aux examens. Découvrez comment cette philosophie se décline aux quatre coins du monde.

Caminando : l’école primaire en pleine nature !

En pleine nature, dans le Diois (Drôme), à l’école Caminando, les enfants apprennent à coopérer, à communiquer et à jardiner au même titre qu’à progresser en mathématiques et en français. Ou comment prendre le temps de nourrir tous les talents sans distinction.

Chômage des jeunes : Mener tous les élèves au bac est insensé

Les jeunes sont les premiers à souffrir de la crise économique. La preuve : le taux de chômage des 15-24 ans est de 22,7% en France. Comment lutter contre ce fléau économique et social ? En instaurant une meilleure collaboration entre l’école et le monde du travail, répond Laurence Boulieu, conseillère à l’emploi et auteur de L’emploi j’y crois!. Explications.

Comme je l’explique dans mon livre “L’emploi j’y crois !”, pour lutter contre le chômage des jeunes, il est capital de faire dans le préventif et non plus dans le curatif. Je suis intimement convaincue que la solution passera par une meilleure collaboration entre l’école et le monde du travail.
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Réussir à l’école : Une affaire de cerveau ?

Savoir comment notre cerveau fonctionne, est-ce utile pour améliorer les résultats scolaires ? Le débat n’est pas clos. Qu’on y voit un intérêt ou non, les neurosciences fascinent. Voyons de quoi il s’agit, notamment en recueillant le point de vue de spécialistes.

USA : quelle activité cérébrale pour quel apprentissage ?

À New-York, l’Université de Columbia dispose depuis 1887, d’un département dédié aux futurs professeurs, le Teachers College. Son credo ? L’innovation en matière d’enseignement. L’une de ses équipes de recherche se concentre par exemple sur l‘étude des zones cérébrales activées lorsqu’on apprend une langue étrangère.

Le Dr Karen Froud qui dirige le laboratoire neurocognitif du langage en est arrivée à la conclusion que les difficultés des étrangers pour reproduire certains sons n‘étaient pas liées à “un problème de prononciation, mais de perception de ces sons et c’est au niveau du cerveau qu’on peut le voir,” assure la scientifique.

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Céline Alvarez : Pour une refondation de l’école guidée par les enfants

Céline Alvarez, formée en linguistique, décide de rentrer dans le système éducatif national afin de faire bouger les lignes de l’intérieur. Elle passe le concours de professeur des écoles en 2009 et débute en 2011 une expérimentation pionnière au sein de l’Education Nationale.

L’objectif? Proposer un nouvel environnement pour l’école maternelle, scientifiquement fondé et validé, permettant de solliciter de façon optimale les mécanismes d’apprentissages et d’épanouissement de l’être humain. Pour cela, elle reprend les travaux du Dr Montessori, qu’elle enrichit et adapte à la lumière des sciences cognitives et de la linguistique.

« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
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“Désintoxication numérique” : faut-il se soigner de l’overdose d’écrans ?

En quelques années, les habitudes des citoyens des pays industrialisés ont radicalement changé. Les écrans ont envahi tous les pans de la vie, et certains de mettre en garde contre le trop plein technologique. Sommes-nous tous des candidats potentiels à une cure de désintoxication aux écrans, concept de plus en plus en vogue outre-Atlantique ?

En Amérique du Nord, ce sont des centres de cures de désintoxication qui ouvrent leurs portes aux “drogués de la technologie” ; en Europe, des hôtels qui offrent de confisquer tous vos appareils dès votre arrivée. Des lieux publics vantés “sans wifi”, des écoles françaises qui établissent “une semaine sans écran” : l’addiction technologique est devenue une vraie problématique.

Travail, vie quotidienne, éducation, loisirs : les écrans sont partout et captent l’attention de tout un chacun, avec leur lot de désagréments de plus en plus reconnus — une fois la période du plaisir de la découverte et de la nouveauté passée. Au point que des chercheurs en neurosciences alertent sur les effets délétères des écrans sur le développement des enfants et sur la vie humaine en général. Pendant que des centres de désintoxication au numérique font le plein de “digital addicts” (“accros au numérique”) aux Etats-Unis.

Des études inquiétantes à propos des enfants
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Les enfants monstrueux du numérique

Par Ferdinand Cazalis (29 novembre 2012)

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage.

Nous sommes en 2004. Des hommes se lèvent, mûrs, aux joues granitées. Grattage de nez, sifflotements, fée électricité – une nouvelle journée. Se rasent, enfilent leur costume de Grands responsables, cravate en option, douche, café, emails, cellulaire, taxi, pensées fugitives, travail.

Ils s’appellent Pierre, Olivier, Jean-Claude ou Laurent. Tous sont présidents ou directeurs d’entreprises du secteur micro-électronique et participent au Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques, le Gixel (2). Le plus naturellement du monde, ils veulent faire prospérer les quelque 32.000 emplois et 4 milliards de chiffre d’affaires qu’ils représentent en France.

Pour cela, et parce qu’ils ne se sentent pas les coudées assez franches, ils écrivent un Livre bleu, consistant en une série de recommandations à l’adresse du gouvernement pour développer le marché des circuits imprimés, composants d’interconnexion et autres cartes à puce. Parmi leurs propositions, l’une fit grand bruit, et reste bien connue chez celles et ceux qui s’interrogent sur la portée politique des nouvelles technologies :

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États-Unis : Apprendre à écrire ne sera plus obligatoire dans les écoles de 45 États

À l’heure ou nous envoyons des mails, textos ou messages tchats au détriment de belles lettres manuscrites, est-il toujours légitime d’apprendre à écrire à l’école  ? La question peut surprendre.

Pourtant aux États-Unis, elle a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, sera privilégié l’apprentissage de … Word.

Après tout, en Grande Bretagne d’après un sondage, 40% des citoyens déclarent n’avoir rien écrit à la main depuis 6 mois.

Pour Monica Baerg, 16 ans, élève au lycée d’Arcadia en Californie, écrire en attaché, ça ne sert à rien. Les devoirs sont systématiquement tapés à l’ordinateur. Quand Monica est forcée d’utiliser un stylo, elle écrit en lettres d’imprimerie. “Personne ne nous a jamais forcés à utiliser l’écriture cursive, donc c’était pénible de mémoriser les lettres“, raconte cette adolescente… qui a cependant des difficultés à déchiffrer ce que ses parents écrivent.
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Inde : L’université des Va-nu-pieds

A Rajasthan, une école hors du commun forme hommes et femmes venant de milieux ruraux – illettrés pour la plupart – pour devenir ingénieurs en énergie solaire, artisans, dentistes et docteurs dans leur propre villages. Son fondateur, Bunker Roy, nous explique comment elle fonctionne.

(Merci à Tilak)

La technologie peut-elle éliminer la pauvreté ?

Le dernier numéro de la Boston Review est consacré entièrement à cette question et force est de constater que la réponse n’est pas aussi évidente qu’on veut bien souvent nous la présenter.

Tout le numéro est organisé autour de la remarquable contribution (lucide sur les espoirs déçus des tentatives de réduction de la fracture numérique par la technologie) de Kentaro Toyama (blog), professeur à l’école d’information de Berkeley, qui a fait récemment une intervention remarquée à TedX Tokyo et qui prépare un livre sur le développement.

La pénétration de la technologie n’est pas le progrès : la technologie n’est qu’une loupe

Dans les années 2004, comme beaucoup, Kentaro Toyama s’est enthousiasmé pour les télécentres indiens, où depuis un ordinateur connecté, des enfants apprenaient – souvent avec un précepteur dédié pour un prix plus élevé que la scolarité dans une école privée à temps plein -, à utiliser un ordinateur quelques heures par mois dans une langue qu’il ne parlaient pas, comme il l’avait constaté à Retawadi, en Inde.

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USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
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“Plan jeunes” du gouvernement, une bouteille à moitié vide

L’élargissement du revenu de solidarité active aux jeunes de moins de 25 ans, mesure phare du plan jeunes annoncé par Nicolas Sarkozy le 29 septembre, ne bénéficiera pas aux plus précaires de cette classe d’âge. Quant aux autres mesures, elles peinent à compenser cette limitation difficilement acceptable.
Le plan jeunes que vient de concocter le gouvernement est incontestablement « un pas en avant » pour reprendre le terme de la CFDT.

Mais, en même temps, c’est un plan qui oublie encore les plus précaires, pour reprendre le commentaire de la fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

Les deux appréciations sont vraies, et c’est bien cela qui est gênant : faut-il mettre l’accent sur le verre à moitié plein, ou sur celui à moitié vide ? Mais le plus gênant est que c’est la mesure phare de ce plan qui mérite ce double jugement, alors que les à-côtés sont soit insignifiants, soit très positifs.

La mesure phare ? Il s’agit, bien entendu, de l’attribution possible du revenu de solidarité active (RSA) – qu’il s’agisse du RSA « socle » (ex-RMI et API) ou du RSA « chapeau » (versé aux travailleurs pauvres) – aux jeunes de moins de 25 ans n’ayant pas de charges de famille. C’est là un pas en avant essentiel, qui répare à la fois une iniquité et une injustice.

L’iniquité résidait dans le fait que, entre deux jeunes travailleurs placés exactement dans les mêmes conditions d’emploi, mais dont l’un avait moins de 25 ans et l’autre 25 ans révolus, le premier était exclu du RSA alors que le second pouvait y prétendre.

L’injustice provenait de ce que c’était précisément les plus en difficulté sur le marché du travail qui, parmi les moins de 25 ans, étaient les plus précarisés. Lire la suite