JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

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Dans les quartiers fantômes de l’Irlande ruinée

Addendum vidéo

C’est l’une des faces les plus stupéfiantes de la crise irlandaise : l’île est jonchée de lotissements vides et de bureaux laissés déserts, symboles de la bulle immobilière qui vient d’éclater.

Sur les cartes les plus récentes de Dublin, Clongriffin n’existe pas encore. Construit dans une banlieue cossue du nord de la capitale irlandaise, ce «centre-ville» flambant neuf est pourtant déjà mort. A l’entrée, une palissade noire court le long de main street, la «rue principale», et dissimule un grand terrain vague. Des panneaux promettent depuis 2007 l’ouverture d’un centre commercial, qui ne verra jamais le jour.

Un rapport publié en octobre a recensé plus de 2800 de ces cadavres sur l’île. En tout, ce sont 23.000 maisons ou appartements qui sont terminés, et vides pour la plupart. Quelque 20.000 autres sont jugés «presque achevés» ou «restés au stade de chantier». Autant de cicatrices d’une redoutable crise partie, comme aux États-Unis ou en Espagne, des folies l’immobilier. Si Dublin n’est pas épargné, l’intérieur de l’île (les comtés de Longford et Leitrim, en particulier, dans le nord-ouest) est encore plus touché par ce phénomène.

Au bout de la rue, la place centrale est entourée de bâtiments modernes, de béton et de verre, tous déserts: aucun de ces bureaux n’a trouvé preneur.

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Espagne : Ces villes nouvelles devenues fantômes

Des centaines de milliers d’appartements construits en Espagne pendant le boom immobilier sont aujourd’hui vides. La crise a bloqué net l’essor de villes destinées à accueillir une population grandissante dans des blocs de standing organisés autour de vastes avenues. Visite fantôme à quelques kilomètres du centre de Madrid.

Le plus rapide pour aller chez le boulanger depuis le trottoir d’en face, c’est d’escalader le talus de graviers parsemé de restes de matériaux de construction puis de traverser un long terrain vague, avant de repartir à l’assaut d’un promontoire de terre qui s’effrite.

Seul commerce sur des centaines de mètres à la ronde, la boulangerie « El Hojaldre » fait l’angle entre une longue rue vide et une fine route flambant neuve bordant un pré d’herbes folles. C’est la frontière du gigantesque quartier qui se construit aux portes de Madrid.

L’Ensanche de Vallecas devrait à terme loger plus de 100 000 personnes dans quelque 25 000 nouveaux appartements. C’est le plus grand développement urbain de la région. Mais l’explosion de la bulle immobilière a soufflé son essor.

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