Les phobies, vacances sous haute tension

Les catastrophes aériennes qui se sont succédé ces derniers mois leur donnent des sueurs froides, la visite de la tour Eiffel ou du viaduc de Millau, des frissons d’angoisse. Peur de l’eau, de l’avion, des insectes, de la foule ou du vide.

Quand l’été pointe son nez, ces phobies gâchent les vacances de beaucoup de Français. Reconnues comme une maladie par la science, ces craintes excessives et irrationnelles sont vécues avec honte par les personnes qui en souffrent.

Thérapies, stages anti-stress, applis 2.0, assistance téléphonique… Un commerce de la phobie s’est développé. Faut-il croire aux promesses de guérison rapide ? Vaincre ses peurs est un défi douloureux, parfois coûteux mais souvent… victorieux ! Portraits de phobiques en quête d’évasion mentale.

Envoyé Spécial (16/07/2015)

Malades du travail, le syndrome d’épuisement professionnel

Selon l’OCDE, un salarié sur cinq est atteint de troubles psychiques liés au travail. Mais le syndrome d’épuisement professionnel, communément appelé burn out, n’est toujours pas reconnu comme maladie à part entière. Est-ce un phénomène de mode, un mal imaginé par des salariés qui se voudraient indispensables ?

En interrogeant des médecins, des chercheurs et des patients chez qui a été posé le diagnostic d’épuisement professionnel, les réalisateurs de ce documentaire dressent un état des lieux très précis : comment le burn out s’installe-t-il ? Comment se traduit-il ? En quoi se distingue-t-il de la dépression ? Où en est la recherche ? Peut-on établir un diagnostic certain ? Et surtout, comment sortir de cet effondrement qui rend l’individu inapte au travail et à toute vie familiale et sociale normale ?

Réalisé par Manfred Baur et Hannes Schuler (Allemagne – 2011)

La santé mentale est notre prochain problème

Selon l’OMS, les troubles mentaux représentent 38 % de toutes les maladies dans les pays à hauts revenus. Et leurs conséquences économiques sont beaucoup plus graves que celles des maladies physiques.

Jack Nicholson dans “Vol au-dessus d’un nid de coucou”, 1976

La dépression, l’angoisse, entraînent plus de souffrances que les maladies physiques, la pauvreté ou le chômage. Et leur coût économique est énorme.

Elles sont pourtant maîtrisables par des traitements efficaces et relativement peu onéreux mais au Royaume-Uni, moins d’un tiers des adultes souffrant de dépression sont traités, contre 90 % des diabétiques. Seul un quart des enfants atteints de troubles mentaux reçoivent un traitement. Cette sous-prise en charge est injuste et représente un énorme gâchis. Elle s’explique largement par des préjugés tenaces et une prise de conscience qui ne se fait pas : que des traitements efficaces existent. Il faut maintenant en finir avec ce terrible échec.
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L’élite économique contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique

Le texte présenté ci-après constitue la première des six parties d’un rapport publié sur le site américain Amped Status, entre le 15 février 2010 et le 27 février 2010.

La "tea party" de Boston, 16 décembre 1773

« L’oligarchie américaine ne ménage pas ses efforts pour arriver à convaincre qu’elle n’existe pas, mais le succès de sa dissimulation dépend des efforts tout aussi intenses d’un public américain désireux de croire à des fictions égalitaires et refusant de voir ce qui est caché à la vue. » – Michael Lind, To have and to have not

Il est temps que 99% des Américains se mobilisent et s’attaquent à des réformes politiques de bon sens.

Oui, bien sûr, nous avons tous des idées très différentes sur beaucoup de questions. Mais, comme nos Pères Fondateurs l’ont fait avant nous, nous devons mettre de côté nos différences et nous unir pour combattre l’ennemi commun.

Il est de plus en plus clair, aux yeux de beaucoup de gens, que le parti républicain et le parti démocrate, ainsi que les trois branches de notre gouvernement [ces trois branches sont le pouvoir exécutif qui comprend le président, le pouvoir législatif avec le Congrès et le pouvoir judiciaire avec la Cour suprême, NDT] ont été achetés par une élite économique bien organisée qui, tactiquement, détruit notre mode de vie. La dure vérité est que 99% de la population américaine n’a plus de représentation politique. Il est flagrant que l’économie américaine, le gouvernement et le système fiscal sont aujourd’hui manipulés contre nous.

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La peur du déclassement, une sociologie des récessions

Déclassement : le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres et sous toutes les plumes, c’est la crainte ultime des classes moyennes. Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n’est « à l’abri », que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut. En rendant la menace plus tangible, les crises portent cette anxiété à son paroxysme.

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Angoisser le futur pour mieux dominer le présent

On ne cesse d’agir dans le présent en imaginant ce que sera notre futur : c’est ainsi que les hommes agissent et croient, souvent de bonne foi, qu’ils agissent ainsi de façon rationnelle. Or, rien n’est plus faux car, bien souvent, leur vision du futur n’est qu’une croyance indémontrable.

Nos anciens avaient bien plus conscience que nous de l’imprévisibilité du futur, ils n’étaient pas aussi présomptueux que l’homme moderne, et acceptaient le chaos et l’indétermination émanant d’une réalité dont nous peinons à comprendre les plus simples mécanismes.

Le débat sur les retraites est sur ce point très démonstratif de la chose, la vision du futur nous imprime l’action dans le présent. Et nos hommes politiques comme nos pseudo-économistes usent de la peur du futur pour forcer la réforme, ou plutôt la démolition des retraites du présent. Ce faisant, ils oublient, peut-être volontairement, que ce sont les travailleurs d’aujourd’hui qui payent les retraites d’aujourd’hui.

Si les caisses sociales sont vides ou se creusent de déficits, c’est bien plus par manque de cotisants en nombre suffisant, tout comme en moyens financiers, que par l’explosion du nombre de retraités.

Comme je l’avais expliqué dans un texte précédent la vrai question n’est pas l’âge de la retraite, mais celle des capacités productives du pays. C’est très exactement ce qu’Emmanuel Todd vient d’expliquer, dans son texte consacré aux retraites.

Un pays qui produit ce qu’il consomme n’a pas à s’inquiéter de son vieillissement, on peut toujours se débrouiller pour mieux répartir les richesses. La question du nombre d’années de cotisation peut aussi être raisonnablement discuté. Mais il est absurde de vouloir augmenter le nombre d’annuités de travail, tout en laissant une telle masse de force potentiellement productive au chômage.

La peur du futur, ou les prévisions sur le futur construites par les médias dominants, eux-mêmes dominés par des intérêts particuliers, servent en grande partie à justifier des actions dans le présent. Le futur tel qu’il sera réellement, nous l’ignorons en grande partie, mais le discours qu’ont les dominants sur le futur nous en apprend beaucoup sur ceux qui dominent la société française.

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La crise grecque propulse les CDS sur le devant de la scène

Les CDS, ce sont ces titres qui permettent de s’assurer contre le risque de défaut d’un débiteur… Plus leur coût monte, plus ce risque est élevé. Explications.

L’immense et nébuleux marché des CDS, ces titres permettant de s’assurer contre le risque de défaut d’un émetteur de dette, est mis en lumière dans la crise de la dette des pays de la zone euro comme la Grèce ou le Portugal.

“Des banques importantes et de grands fonds spéculatifs ont vendu des assurances contre le risque de défaut des Etats européens”, souligne l’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, Simon Johnson.

Ces assurances prennent la forme de Credit Default Swaps (CDS). Le principe est assez simple. D’un côté un créancier (d’un émetteur public ou privé) paie pour se couvrir, si jamais son débiteur venait à ne pas rembourser toute sa dette : en contrepartie, une institution financière lui offre de prendre à sa charge cette dette dans cette éventualité.

Plus le risque de défaut augmente, plus cette couverture coûte cher. L’évolution du coût des CDS est régulièrement citée comme un moyen de mesurer, au jour le jour, l’évolution du risque que présente la dette d’une entreprise ou d’un Etat.

En tenant compte de cet indice, le prix des CDS sur la Grèce “implique une probabilité de défaut de 28% dans les cinq ans à venir”, indique Vishal Damor, gestionnaire de portefeuille. La dette grecque est ainsi “plus risquée que celle du Salvador, de la Bulgarie, du Liban ou du Kazakhstan”, relève Eric Fry, un ancien financier.
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