Jacques Attali : “Nous ne sommes pas loin de la Révolution”

Extraits de l’émission Ce Soir ou Jamais du 05/09/14 avec Jacques Attali et Étienne Chouard.

“La France n’a plus de direction depuis 20 ans, les dirigeants politiques passent leur temps à essayer de durer. Ça peut tenir un certain temps parce que la France est un pays riche mais là on arrive au bout. [...] Je pense que nous ne sommes pas loin de la Révolution, il y a un sentiment de rage contre la politique, gauche et droite confondues.” – Jacques Attali

Les chiffres qui vont sortir vont montrer que l’Allemagne va très mal, qu’elle est menacée.” – Jacques Attali

L’État a de moins en moins de pouvoir et ça sera comme cela dans l’avenir. Sauf si nous sommes capables, comme je le prône, de faire un État à la taille du Monde, c’est-à-dire un État européen. Ça viendra dans un siècle ou ça ne viendra jamais et si ça ne vient jamais on reviendra à un État type Corée du Nord comme certains peuvent le rêver.” – Jacques Attali

Philippe Herlin : La zone euro sur la voie de la récession ?

Les États-Unis viennent d’annoncer une croissance (annualisée) de 4% pour le deuxième trimestre, après le très mauvais résultat du premier (finalement révisé, pour la troisième fois, à-2,1%, au lieu de -2,9%). Une bonne nouvelle, mais attendons les prochaines révisions officielles de ce chiffre, tant il paraît miraculeux… Nous y reviendrons.

En Europe par contre, la tendance est bien plus claire : elle passe progressivement d’un espoir déçu de faible croissance à la stagnation, puis aux premiers signes de récession. En Italie, le “miracle” Matteo Renzi a l’air de faire long feu : le pays connaît son deuxième trimestre de récession de suite, -0,2 après -0,1%.

Réagissant à ces chiffres, le ministre de l’économie, Pier Carlo Padoan, a reconnu, dans une interview au quotidien Il Sole 24 Ore du 6 août, que le pays se trouve “dans une phase de sortie de la récession très pénible, car la récession est vraiment profonde. ‘’

La France n’est pas officiellement en récession, mais l’horizon de la croissance reste désespérément plat. François Hollande a déclaré attendre de l’Allemagne “un soutien plus ferme à la croissance“, notamment en investissant plus. Berlin renvoie Paris dans ses buts :”Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique du gouvernement allemand“, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Christiane Wirtz.

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Olivier Delamarche : « L’élection qui vient d’avoir lieu ne changera rien à la politique européenne »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, le 26 mai 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

Le double jeu allemand : à la fois cheval de Troie des intérêts géopolitiques américains et géoéconomiques russes en Europe

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale l’Allemagne est mue par une volonté de puissance économique. Cette orientation l’a conduite à faire des choix pragmatiques dans ses relations avec la Russie et les Etats-Unis.

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Angela Merkel et Vladimir Poutine au G20 de Saint Pétersbourg, septembre 2013

Atlantico : Vladimir Poutine et l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder ont été vus en train de se faire une franche accolade lors des 70 ans de ce dernier à Saint-Pétersbourg. Il n’est pas le seul à faire preuve de cordialité à l’égard du président Poutine, l’ancien chancelier Helmut Schmidt a récemment déclaré que les opérations russes en Crimée étaient “parfaitement compréhensibles”. Globalement, comment l’Allemagne se positionne-t-elle par rapport à la Russie ? Quelle part l’énergie prend-elle dans ces relations ?

Nicolas Mazzucchi : L’Allemagne connaît actuellement un gros problème de positionnement par rapport à la Russie, du fait de son double tropisme. D’un côté sa vieille alliance avec les Etats-Unis lui a permis de renaître, et ensuite de réunifier les deux Allemagne, mais de l’autre elle est objectivement alliée avec la Russie, et ce depuis l’Ostpolitik (“Politique vers l’Est”, ndlr) de Willy Brandt dans les années 1970.

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Jean-Michel Quatrepoint sur l’Europe et le Traité Transatlantique

Pour le journaliste économiste Jean-Michel Quatrepoint, auteur du Choc des empires, la construction européenne a totalement échappé à la France et se trouve désormais au service des intérêts allemands. [Quant au Traité Transatlantique, il] sert les intérêts des « empires » allemand et américain, qui veulent contenir la Chine dans la « guerre économique mondialisée ». Et la France dans tout ça ? Entretien.

Dans votre livre vous expliquez que le monde se divise désormais en trois empires : les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne. Qu’est-ce qu’un empire ?

Pour être un empire, il faut d’abord se vivre comme un empire. Ensuite, il faut une langue, une monnaie, une culture. Sans parler des frontières. L’Amérique, c’est Dieu, le dollar et un drapeau. La Chine, c’est une économie capitaliste, une idéologie communiste et une nation chinoise qui a sa revanche à prendre, après l’humiliation subie au XIXème siècle.
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Allemagne : Transition énergétique

Depuis deux ans, l’Allemagne mène une politique de transition énergétique des plus ambitieuses – un virage à 180 degrés qui n’est pas du goût de tous. Enquête outre-Rhin sur les dessous d’un projet de grande envergure.

Partie 1:

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne est le seul État européen à s’être lancé dans un changement radical de son dispositif énergétique, visant à mettre fin à la production électrique d’origine nucléaire d’ici 2022. Deux ans après l’annonce de ce plan d’action, le pays fait face à de sérieuses difficultés.

L’essor fulgurant des énergies renouvelables a affecté les grands producteurs d’électricité, dont les pertes de chiffre d’affaires se comptent en milliards d’euros.

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L’Allemagne : Future puissance européenne tournée vers l’Est ?

Que se passe-t-il ? L’Otan ne forme même plus des officiers loyaux dans ses cours! Les nouvelles autorités euro compatibles de Kiev voient, en effet, leur armée se réduire de jour en jour. Conséquence de l’affaire Ukraine-Crimée.

Angela Merkel et Vladimir Poutine

Hier, c’était le chef de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezosvki, qui prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. Puis, le gouvernement de Crimée a annoncé le ralliement de la 204e brigade d’aviation de chasse des forces aériennes d’Ukraine dotée d’avions de chasse MiG-29 et d’avions d’entraînement L-39.

Selon les autorités de Crimée, 800 militaires déployés sur la base aérienne de Belbek sont passés dans le camp du « peuple de Crimée ». Au total 45 avions de chasse et 4 avions d’entraînement se trouvent sur l’aérodrome. Précédemment dans la journée, les autorités de Crimée avaient annoncé que plus de 5.000 militaires des troupes de l’Intérieur, du service de garde-frontière et des forces armées d’Ukraine étaient passés aussi sous leur commandement.

On parle donc de 22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300, passés sous l’autorité du gouvernement de la République autonome de Crimée. C’est pour Poutine, sans faire même couler le sang, un exploit et, pour l’Otan, un sérieux revers et surtout un beau manque de loyauté après tous les cocktails servis !

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L’Allemagne s’est créé un «avantage déloyal» avec les bas salaires

L’Allemagne s’est créé un avantage compétitif “déloyal” envers ses partenaires avec l’essor des bas salaires, a reconnu le secrétaire d’Etat allemand aux Affaires européennes Michael Roth, promettant une correction, dans un entretien à l’AFP.

M. Roth, un social-démocrate comme le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, était interrogé sur les excédents commerciaux records enregistrés par l’Allemagne (près de 200 milliards d’euros en 2013) qui font l’objet d’une procédure d’examen à Bruxelles.

«Des déséquilibres sont apparus dans l’Union européenne et nous avons le devoir de les corriger. Ce n’est pas seulement le devoir des pays en déficit mais aussi celui de l’Allemagne», a-t-il déclaré jeudi lors d’une rencontre avec des journalistes de l’AFP à Berlin.

Ces propos tranchent avec ceux des conservateurs et de la chancelière Angela Merkel elle-même, qui ont toujours contesté que l’Allemagne avait un problème d’excédent commercial, malgré le seuil limite de 6% du PIB fixé par l’Union européenne et systématiquement dépassé par Berlin depuis 2007.

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Angela Merkel esquisse l’Internet européen

Angela Merkel n’a donc toujours pas digéré l’espionnage de son téléphone portable par la National Security Agency (NSA). En visite à Paris mercredi dans le cadre du 16e conseil des ministres franco-allemand, la chancelière allemande a levé un coin du voile sur ses propositions de bâtir un Internet européen. Un ouvrage qu’elle entend mener de front avec le président François Hollande. Il vise sans détour à extirper les Européens de l’hégémonie américaine sur le réseau. Du moins sur le papier. Car, en pratique, le projet semble très utopique autant sur le plan politique que sur celui des infra­structures.

“Angela dans le Nouveau Monde” (de l’Internet)

Revenons un instant sur ses propositions qui restent pour l’heure assez floues. Angela Merkel entend contraindre les fournisseurs d’accès à Internet à stocker et traiter les données personnelles des citoyens de l’Union sur le territoire européen plutôt qu’aux Etats-Unis. En d’autres termes, il s’agirait de forger une politique européenne commune pour mieux protéger les citoyens de l’UE face aux oreilles américaines. Tout en prenant des mesures protectionnistes favorables aux entreprises européennes.

Premier problème : cette sorte d’espace Schengen des réseaux au cœur de l’océan globalisé d’Internet ouvre grande la porte à une balkanisation de la Toile. Elle implique la création d’un Intranet européen dans lequel les utilisateurs n’auraient accès qu’aux prestataires de services qui accepteraient de stocker les données personnelles en Europe. Il s’agirait ainsi de contraindre les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) d’y implanter leurs centres de données, là où les pays membres pourront en maîtriser l’accès.

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Le «bazooka» de la BCE qui secoue l’Allemagne

Il y a trois ans, c’étaient la Grèce en quasi-faillite et la solidarité dont il fallait, ou non, faire preuve à son égard qui divisaient l’Allemagne. Aujourd’hui, c’est la Banque centrale européenne (BCE), qui est devenue « le » sujet de discorde outre-Rhin. Et, encore une fois, c’est de solidarité qu’il s’agit. D’une certaine façon.

Des militants de l’AfD (libéraux, anti-euro)

C’est en effet sur la politique, dite « non orthodoxe », de soutien aux pays de la zone euro en crise, affichée par l’institution de Francfort – et tout particulièrement son plan de rachat de dettes publiques, dit « OMT », annoncé à l’été 2012 et détaillé à l’automne de la même année – que se cristallisent désormais les tensions.

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Les nouvelles révélations sur l’affaire Snowden sont très gênantes pour le Royaume-Uni

Les dernières révélations publiées, vendredi 20 décembre, par le New York Times, le Guardian et le Spiegel sur le scandale d’espionnage révélé par Edward Snowden sont notamment très embarrassantes pour le Royaume-Uni.

Si le quotidien américain titre son article sur la NSA, l’agence américaine de surveillance des communications, c’est en effet le GCHQ britannique qui en est le coeur en raison de son « travail en lien étroit avec la NSA », qui aurait permis de surveiller un grand nombre de cibles : « Entreprises privées, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales, hommes politiques de premier plan », détaille Le Monde, dont Thalès, Total, Médecins du monde, « un ambassadeur français », le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia ou l’ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert.

La liste complète des cibles se trouve d’ailleurs dans un document du GCHQ, mais il n’est pas systématiquement précisé quelle agence a demandé leur surveillance. Le quotidien américain explique par ailleurs que « les espions ont une marge de manoeuvre plus grande en ce qui concerne l’espionnage économique en Grande-Bretagne ».

Le Spiegel, qui s’intéresse lui particulièrement à l’espionnage de cibles allemandes via des câbles sous-marins reliant la côte des Cornouailles aux côtes allemandes, estime que « les Britanniques vont maintenant faire face à un débat inconfortable sur leurs activités, qui semblent directement dirigées contre leurs partenaires au sein de l’Union européenne et les leaders de ces pays ».

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Frédéric Lordon : “Sortir de l’euro, mais comment ?”

« En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n’ont plus la même valeur qu’en Grèce ou en Allemagne. L’explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l’idée d’une sortie de l’euro concertée et organisée fait son chemin.

Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1]. Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

Ergo, conclusions :
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La restructuration de la dette européenne n’est plus un tabou. Les ennuis commencent…

Par Romaric Godin

Jadis considérée comme « populiste », l’option de la restructuration de la dette des pays européens dits périphériques devient « acceptable. » Mais passer à l’acte s’annonce délicat.

Les temps changent, et avec eux les convictions. Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps, à peine quatre mois… C’était le temps où l’austérité, la réduction rapide des dépenses publiques et la dévaluation interne étaient les « seules alternatives » à la crise que traversaient les pays d’Europe du sud. Tous ceux qui osaient sortir de ce discours étaient considérés comme « populistes » et, en tant que tels bannis de la communauté des gens sérieux.

Au temps où toute alternative était du populisme

Proposer une annulation de la dette souveraine, par exemple, ne pouvait que flatter les bas instincts des peuples en faisant payer aux malheureux créanciers les erreurs des populations. Populisme, donc. Qui se hasardait à proposer la réduction de l’austérité, ne tendait-il pas à faire croire que les États pouvaient encore vivre à crédit et donc à flatter les envies de dépenses publiques des électeurs ? Populisme, encore ! Tout ce que l’Europe comptait de « gens honnêtes » ne pouvait donc que rejeter ces options « faciles. » C’était le temps où le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, pouvait avec mépris dénoncer la « sottise » du débat entre austérité et croissance, puisque des finances publiques assainies sont les conditions sine qua non de la croissance.

L’échec patent de la stratégie européenne

Ce temps est désormais révolu. La stratégie européenne a montré plus que ses limites : elle a créé les conditions de la récession, elle a inquiété les marchés au lieu de les apaiser (et c’est pourquoi la BCE a dû intervenir par l’OMT puis par la fixation d’une politique de taux « durablement bas. »), elle a enfin crée un environnement politique européen très préoccupant.
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Le faible chômage des jeunes en Allemagne, largement dû à la démographie

L’Allemagne s’enorgueillit du faible taux de chômage de ses jeunes… qui s’explique en grande partie par l’effondrement des moins de 25 ans dans la population.

Jeunes Allemands lors d’une manifestation, dénonçant la prison du chômage

C’est vrai, les chiffres sont impressionnants. En recevant mercredi une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement européens, dont François Hollande, pour tenter de trouver des solutions visant à lutter contre le chômage des jeunes, Angela Merkel peut s’enorgueillir du “remarquable travail” que son gouvernement a accompli pour permettre aux moins de 25 ans de rentrer dans la vie active. L’an dernier, à peine 8,1 % des Allemands âgés de 15 à 24 ans étaient à la recherche d’un emploi, selon Eurostat.

Ce taux, sans équivalent en Europe, est ridiculement bas en comparaison de la moyenne européenne en mai, à 23,9 %, avec des pics au Portugal (42,1 %), en Espagne (56,6 %) ou en Grèce (59,2 %). La chancelière allemande a donc beau jeu de déclarer que “le chômage des jeunes (leur) cause beaucoup de soucis” et que son pays souhaiterait faire part de ses “bonnes expériences accumulées sur des années et des décennies“. Seulement voilà, ces “bonnes expériences” doivent être relativisées…

Selon une récente étude de l’institut allemand pour la recherche économique (DIW), la principale raison expliquant le faible taux de chômage chez les jeunes est… démographique. Depuis 2005, le nombre d’Allemands âgés de 15 à 24 ans a chuté de plus de 600.000 personnes. En 2006, le pays comptait encore 21,05 millions d’habitants de moins de 25 ans, contre à peine 19,87 millions à la fin de l’année 2011, selon l’office fédéral des statistiques (Destatis). Les moins de 20 ans représentaient, quant à eux, tout juste 18,4 % de la population outre-Rhin à la fin de l’année 2010, contre… 30,4 % en 1953.

Ce vieillissement de la population, qui représente une véritable bombe à retardement pour la première économie de la zone euro, l’a aidée sur le court terme à réduire le taux de chômage des moins de 25 ans. En France, à titre de comparaison, 700.000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail.

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Angela Merkel refuse tout protectionisme sur les panneaux solaires chinois (Màj du 05 juin)

Mise à jour du 05 juin 2013

La Chine veut s’en prendre au vin européen


Mise à jour du 04 juin 2013

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a mis en garde José Manuel Barroso, mardi 4 juin: le conflit autour de la taxe voulue par Bruxelles sur les panneaux solaires chinois pourrait miner les relations entre Pékin et l’Europe.
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Biélorussie : La Chine construit une ville-atelier aux porte de l’Europe

La Chine construit une ville entière dans les forêts proches de Minsk, la capitale de la Biélorussie (dont le nom signifie “la Russie Blanche” NDLR), dans le but de créer un immense parc industriel proche de l’Union européenne et de son économie.

La ville devrait accueillir 155.000 personnes, permettant à la Chine de se créer une sorte de hub entre l’Europe et l’Asie: les exportations chinoises ne seront plus qu’à 275 kilomètres de la Pologne et de la Lituanie, deux pays membres de l’Union.

Le futur parc industriel prévoit une exonération d’impôts et de taxes foncières sur place pour les sociétés qui viendront s’y installer et y investiront un minimum de 5 millions de dollars (3,8 millions d’euros), qu’elles soient chinoises où originaires d’autres pays. De grandes entreprises sont déjà intéressées par le projet.

La Chine investit 5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) dans cette opération, et la ville nouvelle sera reliée à l’aéroport de Minsk par une ligne de train à grande vitesse. L’énergie sera fournie par une centrale nucléaire construite par la Russie et livrée en 2018. Une première partie de la ville nouvelle sera terminée en 2020, et la livraison finale est prévue pour 2030.
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Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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