Russie : Amour, le fleuve interdit

Parmi les milliers de points de convergence des affluents du fleuve Amour, l’un est exceptionnel. C’est la fourche où les deux sources du fleuve, venues de Sibérie et de Mongolie, se rejoignent pour former un unique lit. Mais lequel de ces affluents “jumeaux” est la véritable source de l’Amour?

Sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les bois, les deux rivières sont quasi identiques. Plus en amont, pourtant, le contraste est saisissant. L’affluent du sud, la rivière Kherlen, serpente à travers la plus vaste prairie au monde: la steppe mongole, qui jouxte l’immense désert de Gobi.

Un million de gazelles de Mongolie et de grands troupeaux de bêtes d’élevage se partagent cette savane froide et sèche. Comment une telle étendue d’eau peut-elle traverser un paysage aussi aride?

Musique : “Всем миром” (“Petit oiseau”)

Chanson du groupe russe Pelagea (qui est aussi le nom de la chanteuse):

У зялёному саду пташечкай пропела
Йетый пташки есть гняздо,есть у ней и дети
Йетый пташки есть гняздо,есть у ней и дети
А у мене у сироты нет никого на свети
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“Les Combattants” : Intime apocalyspe

Chronique sociale, histoire d’amour, film apocalyptique… “Les Combattants” réussit le tour de force d’embrasser successivement tous les genres. Sans jamais perdre le rythme. Et tout en étant aussi drôle que touchant. Pour “Marianne”, son réalisateur, Thomas Cailley, revient sur la genèse de son premier long métrage.

« Les Combattants » commence comme une chronique sociale ordinaire, devient une histoire d’amour, une fable panthéiste dans un Eden cachés parmi les pins et les cours d’eau, puis progresse jusqu’à devenir un film apocalyptique.

Tour de force, le film est toujours drôle, porté par des acteurs parfaits : Adèle Haenel époustouflante en apprentie guerrière égoïste, énervée de tomber amoureuse ; Kevin Azaïs touchant en prétendant pas si transi que ça, dissimulant des réserves de force insoupçonnées derrière une nature douce et paisible. Un premier film survitaminé, aussi tonique que poétique.

« Pour notre génération la révolte est intérieure »

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Pierre Rabhi : « La joie d’exister ne figure jamais dans un bilan »

Pierre Rabhi publie «Semeur d’espoirs», chez Actes Sud, un long entretien avec Olivier Le Naire au cours duquel les deux hommes ont évoqué la religion, l’amour, la vieillesse, le désarroi des jeunes, le sens de l’Histoire, la non-violence, le travail, l’éducation, le statut de la femme, le mariage homosexuel, la procréation médicalement assistée, le nucléaire, la politique et, bien sûr, l’écologie.

Pierre Rabhi et J.M. Le Clézio à La grande Librairie 10 avril 2014 – France 5

Cinéma : Paradis – Amour

Sur les plages du Kenya, on les appelle les « sugar mamas », ces Européennes grâce auxquelles, contre un peu d‘amour, les jeunes Africains assurent leur subsistance. Teresa, une Autrichienne quinquagénaire et mère d’une fille pubère, passe ses vacances dans ce paradis exotique.

Elle recherche l’amour mais, passant d’un « beachboy » à l’autre et allant ainsi de déception en déception, elle doit bientôt se rendre à l’évidence : l’amour est un produit qui se vend. – Film d’Ulrich Seidl présenté au festival de Cannes en 2012 et interdit aux moins de 16 ans.

Extrait 1:

Extrait 2:
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Chine : Pêcheuses de millionnaires

La Chine rouge, c’était le temps de la fleur bleue. Le matérialisme marxiste-léniniste faisait bon ménage avec la romance. Le sentiment amoureux, pourvu qu’il ne débouchât point sur une procréation indésirable, était toléré. Les jeunes prolétaires avaient le droit de s’aimer sous le portrait de Mao. Le Grand Timonier les guidait dans la carte du Tendre.

Aujourd’hui, les jeunes Chinoises ne respectent plus qu’un culte dans la Chine post-maoïste et ultracapitaliste, celui du millionnaire. Elles rêvent toujours de l’homme idéal, c’est de leur âge, mais cet oiseau rare doit être un financier, qu’elles estiment plus doué pour le bonheur qu’un savetier, malgré ce que raconte ce niais de La Fontaine, qu’elles n’ont jamais lu. La seule héroïne de la littérature française qu’elles connaissent et dont elles envient le destin, c’est Cendrillon, Cinderella, leur modèle et leur patronne.

Les familles encouragent cette chasse au mari friqué. Elles ont abandonné leurs traditions ancestrales, qu’elles avaient continué à respecter pendant le maoïsme, et elles se sont métamorphosées en petites entreprises de proxénétisme.

Je n’aime que les hommes qui réussissent”, dit Bibi, une jeune employée de banque. Comme toutes ses amies, c’est une pêcheuse de milliardaires. Une activité absorbante, avec ses techniques, ses codes. Elle s’apprend dans des centres de formation. Bibi y consacre la moitié de son salaire en instituts de soins corporels et en produits de beauté de toutes sortes.
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L’Etat de lard

Par Jean-Pierre Crépin

Paris sera toujours Paris... ?

(…) un jeune russe : Victor, heureux d’avoir passé une soirée dans un bistrot français tel qu’il les imaginait, n’ayant passé son séjour parisien que dans des endroits dépourvus d’âme.

Le rejet du nationalisme ayant abouti au rejet de la nation, être français ne signifait plus qu’avoir des papiers français.

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Crise et mutation

Charles Antoni, auteur de nombreux ouvrages philosophiques (“Vis ta vie”, “U.G., pertinences impertinentes”, “L’Intangible”…) et éditeur (Editions Charles Antoni – L’Originel), vient de publier une oeuvre insolite, “Crise et mutation”, sous la forme d’un dialogue avec Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

Dans les prochains jours, nous publierons plusieurs passages de ce livre inclassable et surprenant. Commençons par Charles Antoni. Extraits.

On n’est sans doute pas très loin d’une nouvelle arche de Noé. Il faut s’y préparer et ne pas fermer les yeux. Comme le dit la tradition hindoue, nous sommes à la fin d’un cycle, le cycle du Kali-yuga.

Contrairement à ce que peuvent penser les humains, il est fort possible que peu de choses dépendent de nous. Nous ne sommes peut-être que des marionnettes manipulées par des forces qui nous dépassent. Dans tous les cas, que ce soit en-dehors de nos compétences, ou tout simplement par le jeu du pouvoir de certaines formes de pensées, qu’elles soient politiques, économiques, sociales, etc., il nous faut nous préparer au combat. Tel le samouraï, pratiquer un entraînement qui nous donnera la lucidité nécessaire pour affronter ces “temps de très grande dépression”.

Nous ne sommes qu’au début de ce qui inévitablement nous attend. Nous devons regarder cela comme un fait et surtout ne pas nous bander les yeux. Ce temps de récession est non seulement inévitable mais également, sans doute, la chance qui nous est offerte pour tout balayer de ces vieux concepts surannés de profit, de consommation, de “toujours plus”.
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