Fabrice Nicolino : « Face à l’industrie chimique, tout le monde est tétanisé »

90 millions de substances : tel est l’héritage, non définitif, que nous lègue l’industrie chimique depuis son inexorable essor, lors de la Première guerre mondiale. Parmi elles, combien de substances toxiques – DDT, phtalates, bisphénol A, cancérogènes et autres perturbateurs endocriniens… ? Pourquoi un tel silence, une telle absence de contrôle ?

Dans son livre « Un empoisonnement universel », le journaliste Fabrice Nicolino raconte l’histoire de cette industrie et comment elle a, impunément et littéralement, inondé nos vie de molécules.

Une situation dont nous prenons conscience seulement aujourd’hui en constatant ses terribles conséquences, de l’explosion des cancers à celle la maladie d’Alzheimer en passant par le diabète. Entretien.

Basta ! : Votre nouveau livre traite de l’impact sanitaire des substances chimiques, omniprésentes dans notre vie quotidienne. Il constitue à la fois une histoire de la chimie de synthèse et un véritable réquisitoire contre l’industrie chimique. Quelle est l’origine de ce projet ?

Fabrice Nicolino : [1] Cela fait très longtemps que je m’intéresse aux questions de contamination chimique. En 2007, j’ai notamment publié, avec François Veillerette, un livre intitulé Pesticides. Révélations sur un scandale français. Il y a une douzaine d’années, j’ai été profondément marqué par une étude publiée par une ONG américaine appelée EWG.

Ils avaient fait une expérience absolument incroyable, controversée à l’époque mais confirmée depuis: ayant testé des volontaires dans neuf États américains, résidant loin de toute usine chimique, ils avaient montré que tous sans exception avaient dans le sang des douzaines et des douzaines de molécules toxiques.

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Alzheimer : Faut-il arrêter de consommer des tranquilisants ?

L’utilisation à long terme de certains somnifères ou médicaments contre l’anxiété pourrait augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer, selon une étude franco-canadienne publiée mercredi 10 septembre.

C’est la famille des benzodiazépines, des composés chimiques prescrits contre l’insomnie ou l’anxiété, qui est dans le viseur de l’étude. Ses auteurs, parmi lesquels figurent des chercheurs de l’Inserm et de l’université de Montréal, soulignent que leurs résultats “renforcent la suspicion d’un lien direct possible” entre la prise de benzodiazépines et la maladie d’Alzheimer, même si ce lien doit encore être confirmé.

Selon l’Agence nationale de sécurité des médicaments, 131 millions de boîtes de benzodiazépines ont été vendues en France en 2012 et 11,5 millions de personnes en ont consommé au moins une fois.

“Il ne faut pas penser que si on prend ses médicaments pour quelques jours ou quelques semaines, il puisse y avoir des dégâts au cerveau qui pourraient favoriser une maladie d’Alzheimer”, explique Brigitte-Fanny Cohen, chroniqueuse santé à France 2. Et la journaliste d’ajouter : “Le problème, c’est la prise au long cours de ces médicaments.” De son côté, la Haute autorité de santé conseille de ne pas dépasser des prescriptions de 28 jours.

Travailler plus longtemps préserverait de la maladie d’Alzheimer

Voilà une étude qui va pas manquer d’alimenter la polémique sur l’allongement éventuel du temps de travail lié à l’augmentation de l’espérance de vie.

En effet, selon une étude britannique réalisée par des chercheurs de l’institut de santé publique de Cambridge, sous la direction du professeur Carol Brayne, la proportion des personnes de plus de 65 ans atteintes d’Alzheimer au Royaume-Uni aurait baissé de près de 25% en l’espace de 20 ans, passant de 8,3% à 6,5%.

Pour la professeure Forette, présidente du centre international sur la longévité “à côté de l’hygiène de vie, nous devons reconsidérer le rôle bénéfique de l’activité professionnelle, sous réserve qu’elle soit exécutée de manière gratifiante, en matière de lutte contre le déclin cognitif et de prévention des différents types de démence sénile ».

Ces scientifiques ont comparé deux groupes comportant chacun 7.000 personnes tirées au sort. Les patients du premier groupe ont été tirés au sort entre 1990 et 1993 et ceux du second groupe, entre 2008 et 2011.
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Insolite : Selon une étude, “la mortalité liée au cancer ne cesse de diminuer depuis 30 ans”

L’Institut National du Cancer vient de publier un rapport très intéressant qui constitue une véritable « somme » épidémiologique concernant l’évolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France depuis une trentaine d’années.

Il faut le répéter inlassablement, bien que le nombre de nouveaux cas de cancers ait sensiblement augmenté depuis 1980 (110 %), la mortalité réelle par cancer, une fois pris en compte l’augmentation de la population et son vieillissement important, n’a cessé de diminuer depuis 30 ans. De plus les patients touchés par un cancer ont 35 % moins de risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Cette vaste étude, qui porte sur l’ensemble des cancers, nous apprend qu’en 2012, 355.000 nouveaux cas de cancers ont été observés (200.L000 chez l’homme et 155.000 chez la femme).
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Planète Alu

Les différentes propriétés physiques de l’aluminium – malléable, léger, inoxydable – en font un métal fascinant, précieux dans le secteur de l’architecture. Mais son utilisation dans les emballages, en chimie alimentaire, dans les produits de cosmétique et dans la pharmacopée posent de plus en plus de problèmes.

Des études approfondies ont prouvé que l’aluminium, ses composants, ses sels ou ses dérivés favorisaient l’apparition du cancer du sein, de diverses allergies, d’infections auto-immunes voire de la maladie d’Alzheimer.

Réalisé par Bert Ehgartner (Arte – 12 mars 2013)

Revoir : Aluminium, notre poison quotidien

Allemagne : “Déportation” de personnes agées et malades à l’étranger (Màj)

Addendum vidéo du 27/01/2013

Vivre en maison de retraite coûte cher en Allemagne (comme en France d’ailleurs). Entre 2.900 euros et 3.400 euros par mois. 400.000 retraités allemands seraient aujourd’hui dans l’incapacité de payer une telle somme. Des chiffres qui augmentent de 5 % par an – une « bombe à retardement », pour les experts. La solution (néolibérale) ? Délocaliser les maisons de retraites dans des pays à bas coûts.

7.146 retraités allemands vivraient ainsi en Hongrie, 3.000 en République Tchèque et 600 en Slovaquie, révèle une enquête du quotidien britannique The Guardian. De nombreux retraités seraient également en Espagne, en Grèce et en Ukraine et de plus en plus choisiraient la Thaïlande et les Philippines.

Mêmes principes que pour les délocalisations d’usines : là-bas, le « coût du travail » est plus faible, tout comme la construction et l’entretien des bâtiments, les coûts de fonctionnement (blanchisserie, restauration…). Bref, les maisons de retraite y sont plus compétitives, les vieux y coûtant moins chers.

Des associations allemandes dénoncent une « déportation inhumaine ». Les organisations d’aide sociale s’inquiètent de la situation et ont appelé à une intervention politique. Ulrike Mascher, le président d’un groupe de conseil socio-politique, le Sozialverband Deutschland (VdK), s’insurge :« Nous ne pouvons tout simplement pas laisser ces gens qui ont fait de l’Allemagne ce qu’elle est aujourd’hui, qui y ont mis leur détermination toute leur vie, être déportés. (…) C’est inhumain ».
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Japon : Un ministre prie ses concitoyens âgés de mourir, et vite

Le ministre japonais des Finances Taro Aso a accablé ses compatriotes âgés d’un lourd sentiment de culpabilité dans le cadre des réformes d’austérité qu’il impose au pays. Vu le vieillissement de la population, la sécurité sociale japonaise est aux abois. Le Japon compte en effet un tiers d’habitants (et d’électeurs…) de plus de 60 ans. Une facture lourde à digérer pour l’état nippon.

Le grand échiquier japonais, qui est également vice-Premier ministre, estime que les personnes âgées devraient avoir l’occasion de ne pas prolonger inutilement la fin de leur existence.

Mourir à temps – et si possible plus tôt que tard – est à ses yeux une bonne économie. “Que Dieu vous préserve de continuer à vivre alors que vous voulez mourir“, a déclaré Taro Aso. “Je ne pourrais pas me réveiller le matin en sachant que c’est l’État qui paie tout ça pour moi“.

Le ministre, qui est bien connu pour ne pas mâcher ses mots, a par ailleurs 72 ans. Il affirme avoir ordonné à ses proches de l’euthanasier quand son heure serait venue. Dans son discours, le ministre a ciblé les “gens pendus au bout d’un Baxter” et leur entourage qu’il a culpabilisés avec des mots très durs: “La problématique des dépenses faramineuses en gériatrie ne sera résolue que si vous les incitez à se dépêcher de mourir“.

Héritier d’une famille de riches industriels, le ministre de l’économie avait déjà affirmé en 2001 vouloir faire du Japon “une terre où tous les Juifs les plus riches voudraient s’installer“. Son franc-parler ou sa grossièreté – c’est selon – a déjà fait la une des journaux, notamment lorsqu’il déclarait (au sujet des prix du riz) que “même une personne atteinte d’Alzheimer sait dire si 16.000 ou 78.000 yens est plus cher”.

7sur7

Menaces sur nos neurones – Alzheimer, Parkinson… et ceux qui en profitent

Le nouveau livre de Roger Lenglet révèle les causes cachées des maladies neuro-dégénératives, comme par exemple la maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Marie Grosman couvre le côté scientifique de l’enquête. Ensemble ils découvrent les différents stratagèmes mis en place pour ne jamais parler des véritables causes.

Il est vrai que la prévention rapporte moins que les médicaments qu’on invente pour atténuer les symptômes… Une enquête événement au moment où ces maladies ont été déclarées cause nationale en France.

(Merci à Romégas)

L’espérance de vie est en baisse aux États-Unis

D’après une récente étude, et pour la première fois depuis 1976, l’espérance de vie des Américains est passée de 77,9 ans à 77,8 ans entre 2007 et 2008. Petit accroc passager ou début d’une longue descente aux Enfers ?

L’espérance de vie des Américains a diminué d’un peu plus d’un mois, de 77,9 à 77,8 ans (80,3 ans pour les femmes et 75,3 ans pour les hommes), selon une étude publiée le 9 décembre par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Une première depuis 25 ans. Et ce, malgré une baisse de la mortalité infantile, qui atteint un minimum historique. La différence d’espérance de vie entre les populations blanche et noire est de 4,6 ans, soit une baisse de 0,2 an. Depuis 1970, l’espérance de vie des Américains augmentait en moyenne de 2,6 mois par an.

Les maladies cardiaques (dûes notamment à l’obésité) et le cancer, qui sont les deux principales causes de décès aux États-Unis, représentaient 48% des décès en 2008. Le taux de mortalité a sensiblement augmenté notamment à cause des maladies respiratoires et de la maladie d’Alzheimer (en hausse de 7,5%), de la grippe et de la pneumonie (en hausse de 4,9%), de l’hypertension (+4,1%), des suicides (+2,7%), et des maladies rénales (+2,1%).

En conclusion, l’étude insiste sur le fait que les États-Unis sont bel et bien confrontés à une dégradation générale de l’état de santé de leur population. Et l’avenir n’est pas rose, car tant que les autorités oublieront de se pencher sur les causes des maladies, celles-ci continueront de se développer. Une autre étude publiée hier affirme d’ailleurs qu’en 1998, un homme de 20 ans pouvait espérer vivre encore 45 ans à l’abri d’une maladie grave (maladies cardiaques, cancer ou diabète). Ce nombre est tombé à 43,8 en 2006. Soit une baisse de 1,2 année… en 8 ans !

Les mots ont un sens

Boites de conserve, aluminium, bisphénol… faut-il en avoir peur ?

Cet enregistrement donne l’alerte sur les effets des perturbateurs endocriniens émis en quantités infimes par les emballages et contenants utilisés par l’industrie alimentaire. Alors que des centaines d’études mettent en évidence le lien entre ces substances agissant sur le système hormonal et des problèmes de santé publique aussi variés que l’obésité, le cancer, la maladie d’Alzheimer, la puberté précoce, l’hyperactivité et l’agressivité des jeunes, les autorités politiques et sanitaires, en particulier au niveau européen, persistent à considérer qu’il n’y a pas lieu de légiférer.

Le cas du bisphénol 2, dégagé dans les aliments par certains plastiques – dont les revêtements intérieurs des boîtes de conserve – est exemplaire: finalement interdit dans la fabrication des biberons pour éviter son effet sur les nourrissons, il reste autorisé dans le conditionnement des aliments. Ceci est parfaitement incohérent lorsque on sait que le bisphénol qui affecte le développement de l’enfant provient à 10 % du biberon et à 90 % du sang de la mère durant la gestation. Comme l’explique le lanceur d’alerte et chercheur à l’INERIS André Cicolella, nous voyons là une démonstration de l’action des lobbies omniprésents dans les instances politiques.

Les effets des perturbateurs endocriniens commencent à se manifester après 10 ou 20 ans, voire seulement dans la génération suivante. En outre, comme l’explique André Aschieri, ancien vice-président de l’AFSSET, en la matière, ce n’est pas la dose qui fait le poison, mais la période de la gestation durant laquelle il agit. Ces éléments, en brouillant les pistes, facilitent indéniablement le travail des groupes de pression…

France Inter, Service public

(Merci à Jean-Pierre Schnyder)