F. Hollande : « La France restera le 1er partenaire économique de l’Algérie »

La France est le premier partenaire économique de l’Algérie, entend le rester, et même entend encore développer sa présence.” François Hollande a enfilé son costume de VRP de la France, pour une visite à Alger lundi 15 juin.

Le président de la République, qui doit rester quelques heures dans la capitale algérienne à l’invitation de son homologue, Abdelaziz Bouteflika, a rappelé “l’installation de très importantes entreprises comme Renault, Sanofi, Alstom et bientôt Peugeot” dans ce pays.

Grèce : Milliardaires et multinationales se partagent le gâteau des privatisations

En échange de l’aide financière internationale, la Grèce s’est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l’eau, infrastructures, patrimoine culturel… C’est la braderie générale !
Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d’irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d’austérité.

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d’une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d’autres partis, est réelle. Le mouvement de gauche saura-t-il inverser la tendance ? Et s’appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l’eau ?

Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d’austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s’est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu’à menacer leur état de santé [1].
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Alstom et la sécurité nationale

Au-delà des péripéties politico-économiques de la perspective de rachat d’une partie des activités du groupe Alstom par une firme étrangère – épisode qui laisse cependant songeur sur les capacités d’anticipation du gouvernement -, un aspect essentiel du dossier n’a été évoqué ni par les acteurs ni par les commentateurs : celui de la sécurité nationale.

Par Eric Dénécé.

En effet, nos centrales nucléaires, notre porte-avions, nos sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et surtout nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – fondement de notre dissuasion nucléaire et donc de notre indépendance nationale – sont tous équipés de turbines[1] qui sont essentielles à leur fonctionnement.

Dans les bâtiments à propulsion nucléaire de notre marine, ces composants mécaniques fournissent l’alimentation électrique à la propulsion et aux systèmes auxiliaires. Ils entraînent une ligne d’arbres qui s’achève par les hélices et leur puissance mécanique confère la vitesse nécessaire au bâtiment.

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Argentine : Ces vieux démons qui hantent le pays

Décembre 2001. Buenos Aires se déclare en faillite sur près de 100 milliards de dollars. Onze ans après, l’Argentine continue d’en payer le prix. Banni des marchés financiers mondiaux, harcelé devant les tribunaux, le pays est de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Par Isabelle Couet |

Lorsque le « Libertad » pénètre dans les eaux ghanéennes en ce jour d’octobre 2012, son destin est scellé. Le majestueux trois-mâts argentin, avec à son bord 300 marins, a renoncé à accoster au Nigeria par crainte des pirates. Mais dans le port de Tema c’est un autre adversaire qui l’attend :

Elliott, le fonds d’investissement du milliardaire américain Paul Singer. On lui prête le nom de fonds « vautour » car, tel un charognard attiré par l’odeur du sang, il rôde autour des États et des entreprises au bord de la faillite.

L’ennemi juré de Buenos Aires a suivi la frégate et obtenu l’accord d’un tribunal du Ghana pour la saisir. Coutumier de ces opérations musclées, Elliott a déjà tenté de s’emparer des avoirs de la Banque centrale d’Argentine aux États-Unis, et se bat devant les tribunaux français pour mettre la main sur les redevances pétrolières de la filiale de Total opérant en Terre de feu et dans le bassin du Neuquén. Son but ? Imposer son chantage à l’État argentin, qui refuse de le rembourser, à la suite de la retentissante faillite de 2001, la plus importante de l’histoire jusqu’à celle de la Grèce en début d’année.

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Moscou renonce au TGV : Coup dur pour Alstom et la SNCF

Le gouvernement russe refuse de financer la construction de lignes à haute vitesse dans les prochaines années en raison des contraintes budgétaires. Alstom et la SNCF plaçaient de grands espoirs dans l’énorme appel d’offres qui devait être tranché au début 2013. Deux lignes étaient prévues pour la coupe du Monde de football qui se déroulera en Russie en 2018.

Les acteurs du rail ont découvert mercredi avec stupeur l’absence des fonds fédéraux assignés au programme de construction de deux nouvelles lignes à haute vitesse. Le bloc « libéral » du gouvernement (soit le ministre des Finances Anton Silouanov et le vice-premier ministre Igor Chouvalov) s’est opposé aux plans du puissant patron des chemins de fer russe Vladimir Iakounine, pour des raison de coûts.

La surprise est d’autant plus grande que Vladimir Poutine avait l’année dernière annoncé la construction d’une ligne permettant de relier Moscou à Saint-Pétersbourg en 2h30 (contre un peu plus de 3h45 aujourd’hui).

Les deux lignes devaient être prêtes pour 2018, date à laquelle la Russie organise la coupe du Monde de football dans huit villes différentes (dont cinq reliées par ces lignes).

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Quand les fonds émergents s’invitent dans le CAC 40

L’irruption du Qatar dans le capital de Lagardère n’est pas un cas isolé. Au cours des derniers mois, de nombreux investisseurs moyen-orientaux et chinois ont profité du repli des fonds anglo-saxons pour acheter des actions de grands groupes français.

Le PSG, le sponsoring du Grand Prix de l’Arc de triomphe, l’hôtel Lambert sur l’île Saint-Louis, à Paris, et accessoirement la reprise du maroquinier Le Tanneur… Longtemps, les incursions du Qatar en France ont semblé se cantonner aux domaines du sport, de l’immobilier ou du luxe. Mais quelque chose a changé, fin 2011, lorsque le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) a franchi à la hausse le seuil des 10 % du capital de Lagardère, devenant au passage son premier actionnaire. L’événement n’a rien d’anecdotique. Il illustre au contraire un mouvement de fond, car le petit Etat gazier n’est pas le seul à s’intéresser aux entreprises françaises. Depuis quelques mois, le plus souvent de façon très discrète, d’autres investisseurs moyen-orientaux, mais aussi chinois, sont apparus au tour de table de grands groupes tricolores. Outre QIA - également présent au capital de Vinci via sa filiale Qatari Diar -, le fonds chinois Safe (State Administration of Foreign Exchange) a été l’un des premiers à passer à l’offensive : il est aujourd’hui actionnaire de Total et de GDF Suez. Plus récemment, le conglomérat chinois Fosun est devenu le premier actionnaire de Club Méditerranée, et, l’été dernier, le fonds CIC (China Investment Corp.) a réussi un coup de maître en prenant 30 % de la filiale d’exploration-production de GDF Suez…

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L’Euro de la discorde

Par Laurent Faibis

Les différences entre les économies européennes ne sont pas gênantes dans le cadre de l’union monétaire. Mais en temps de crise et en l’absence de coopération, ces écarts accentuent les divisions, remarque un économiste français.

Les déséquilibres commerciaux et monétaires mondiaux exacerbent les tensions entre les grandes zones économiques, et entre les pays d’une même région. Le dernier G20 n’a fait que souligner les obstacles à une solution coopérative. Certes, il est probable que le bras de fer américano-chinois se terminera par un armistice. Car Wal-Mart a besoin des usines de Shanghai comme Pékin a besoin de Wall Street.

Face à ce grand marchandage, l’Europe se montre impuissante, passive, marginalisée, divisée. Dans la grande bagarre monétaire internationale, l’euro sert de variable d’ajustement. Après la crise grecque au Sud, la zone est de nouveau mise sous tension, cette fois au Nord, avec l’Irlande. Le risque d’une attaque possible des marchés financiers contre l’une des grandes économies de l’Europe du Sud, voire de la France, se précise.

D’autant que l’Union européenne se révèle incapable de mettre en place une véritable politique coopérative. A l’espoir d’une Europe unie a succédé une Europe multipolaire.

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La société de la connaissance a fait pschitt

La nouvelle est tombée dans les journaux du matin : les États-Unis ont enfin décidé de s’équiper en trains à grande vitesse. L’État de Californie, en la personne de son gouverneur, a donc tout naturellement lancé un appel d’offre pour la construction de ce réseau. Aubaine pour Alstom, et pour ce fleuron de la technologie française qu’est le TGV.

On s’apprêtait à sabrer le champagne. Pensez donc ! Après tant d’années à lorgner sur ce fabuleux marché américain, totalement sous équipé. Et soudain, la désillusion : Arnold Schwartzenegger fait savoir qu’il « invite » les investisseurs chinois à se lancer dans la concurrence et à proposer leur propre technologie.

En 2003, la Chine a choisi, pour créer son propre réseau à grande vitesse, de faire appel à Siemens et Alstom, et de payer, pour 9 milliards d’euros, un transfert de technologie. Autrement dit, les entreprises européennes ont fourni gentiment à des Chinois – dont on sait qu’ils sont si peu offensifs en matière commerciale, et si respectueux de la propriété intellectuelle et technologique – tout ce qu’il fallait pour qu’ils gagnent dix ou quinze ans dans la grande course à la modernité.

En échange, bien sûr, d’un doigt de pied dans la porte de ce marché formidable. Logiquement, la porte vient de se refermer violemment sur le doigt de pied. Airbus, qui a suivi la même politique, tremble pour ses orteils.

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Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé

L’année 2010 sera-t-elle celle des grands changements au sein des conseils d’administration ou des conseils de surveillance des sociétés du CAC 40 ?

Pour l’instant, ni la crise ni les recommandations du code de bonnes pratiques du Medef et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), édictées fin 2000, n’ont provoqué de modifications majeures : les instances continuent d’être globalement très homogènes et consanguines.

Le cumul des mandats demeure une pratique régulière. Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22% des administrateurs, détient 43% des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.

Ces conseils – ils comptent en moyenne 14 membres – n’accueillent que 21% d’étrangers quand ceux-ci détiennent 40% du capital des groupes du CAC 40 et que l’activité à l’international assure désormais l’essentiel de la croissance de leur chiffre d’affaires.

Enfin, les femmes occupent moins de 10% des sièges d’administrateurs.

Une entreprise, la banque BNP Paribas, illustre cette concentration des pouvoirs au coeur de la gouvernance des entreprises du CAC 40 : quatre personnes – trois dirigeants de la banque et un ex-dirigeant encore influent dans le groupe – sont répartis dans les conseils de douze sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris.

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Revenus 2009 des [grands] patrons : un recul en trompe-l’oeil

En renonçant à lever leurs stock-options, les grands patrons ont fait légèrement baisser leur rémunération globale… dont toutes les autres composantes ont crû malgré la crise.

Les salaires de base

Que les résultats soient bons ou mauvais, le salaire minimal tourne autour de 1 million d’euros en moyenne pour l’élite du CAC.

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Les cumulards du CAC 40

39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun les unes avec les autres. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Malgré les promesses et les réformes, la consanguinité du capitalisme français est toujours aussi prégnante. Démonstration en images.

Malgré tous les codes de conduite et autres principes de « corporate governance» les conseils d’administration du CAC 40 sont toujours largement consanguins. Toutes les sociétés du CAC sauf une (Unibail Rodamco) partagent des administrateurs avec une autre [1]*.

Ainsi, Total et Lafarge partagent quatre administrateurs, de même que Alstom et Bouygues. Les deux tiers des membres du conseil d’administration de Total sont également administrateurs d’une autre société du CAC. Et 94 dirigeants du CAC 40 exercent des fonctions d’administrateur dans une autre entreprise.

Au niveau de leurs conseils d’administration, Total, GDF-Suez et BNP Paribas sont les plus connectées avec chacune 19 liens avec d’autres entreprises du CAC 40. Puis viennent Saint-Gobain avec 18 liens, et AXA avec 17. Tandis que Lafarge et Sanofi-Aventis ont chacune 15 liens avec d’autres sociétés. Les sociétés qui comptent le moins d’administrateurs cumulards sont Unibail-Rodamco (zéro lien) ainsi que Peugeot, Arcelor-Mittal et STMicroelectronics (deux liens chacune).

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Corruption : la France n’améliore pas sa position

Le rapport mondial sur la corruption de Transparency International établit la France à la 23ème place du classement. Le lobbying et le trafic d’influence ont fait place aux valises et aux caisses noires.

“Le score affiché par la France dans l’Indice de perception de la corruption 2008 de Transparency International (6,9/10) reste médiocre par rapport aux autres pays d’Europe occidentale”, pointe le rapport mondial 2009 sur la corruption qui compile chaque année 13 sondages et enquêtes différentes impliquant des experts non-résidents, des hommes d’affaires locaux et des analystes nationaux.

Nos voisins disposent de bien meilleures notes: 9,3 pour la Suède, 9 pour la Suisse, 7,9 pour l’Allemagne et 7,7 pour le Royaume-Uni. La France se positionne à la 23ème place du classement aux côtés du Chili et de l’Uruguay.

“Ce score (de la France, ndlr), qui n’a pas évolué de façon significative au cours des dernières années, indique que la France doit encore réaliser de gros progrès en matière d’intégrité dans les relations entre les fonctionnaires de l’Etat, les politiciens et les hommes d’affaires”.

Lobbying des entreprises

Selon les auteurs du chapitre sur la France (Daniel Lebègue et Julien Coll), les méthodes de corruption se sont déplacées des pots-de-vin traditionnels qui avaient cours dans les années 90 (financement des partis politiques, passation de marchés publics, affaire de l’UIMM) au trafic d’influence et au lobbying.

Et le rapport de citer sans détours l’exemple des vacances du chef de l’Etat sur le yacht de Vincent Bolloré après les élections présidentielles. Lire la suite

(08.10.2009)

► Bruxelles condamne Areva et Alstom pour entente illicite

Les deux groupes français ont été condamnés à une amende conjointe de 16,5 millions d’euros pour pratiques anticoncurrentielles, annonce la Commission européenne. Ces groupes ont respecté, entre 1999 et 2003, un accord verbal de partage des marchés, en vertu duquel les producteurs japonais s’engageaient à ne pas vendre de transformateurs de puissance en Europe et les producteurs européens à ne pas en vendre au Japon. Les responsables de ce “gentlemen’s agreement” se réunissaient une ou deux fois par an dans des hôtels de luxe pour reconfirmer leur accord. Ils utilisaient également des noms de code pour désigner les entreprises, afin d’éviter d’être repérés. Les consommateurs et les contribuables de toute l’Europe ont subi les effets de cette entente pendant plusieurs années. RMC

► “Décélération historique” du marché publicitaire français au premier semestre

Les recettes publicitaires nettes sont en baisse de 18,1%. Aucun support publicitaire n’échappe à la crise, qu’il s’agisse de la télévision (-19,4%), de la publicité extérieure (-14,7%), de la radio (-14,7%) ou du cinéma (-24,2%). Même Internet souffre, affichant une baisse de ses recettes pour la première fois (-7%). Dans la presse, la situation est également mauvaise pour les magazines (-18,4%), la presse quotidienne nationale (-24,8%), la presse quotidienne régionale (-11,8%) et la presse gratuite (-28,7%). AFP

► Air France-KLM: 9e mois de baisse du trafic passagers en septembre

Air France-KLM a enregistré une baisse de son trafic passagers de 3,7% en septembre sur un an, pour le neuvième mois consécutif, tandis que l’activité cargo a chuté de 17,2%. Le recul du trafic passagers est important notamment sur le continent américain (-3,9%), en Asie (-3,6%) et surtout en Europe (-5,6%), ainsi que sur le réseau Caraïbes/Océan Indien. En revanche, sur le réseau Afrique et Moyen-Orient, le trafic progresse de 0,8%. Le trafic aérien, affecté par la crise, ne devrait pas repartir de sitôt, estime Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général de la compagnie. Le groupe franco-néerlandais a annoncé dernièrement qu’il allait de nouveau réduire ses capacités cet hiver comparé à l’hiver précédent, en raison d’un contexte économique qui reste très dégradé.” Par ailleurs, Airbus a enregistré plus d’annulations que de commandes en septembre. AGEFI et Yahoo

► Hermès “plutôt pessimiste” pour les 15 mois à venir

“Mes prévisions pour les 15 mois à venir sont plutôt pessimistes. Nous sommes en pleine crise et, malheureusement, il n’y a pas de rebond massif à attendre à court terme”, a déclaré Patrick Thomas, gérant du groupe de luxe avant la présentation de la collection printemps-été 2010 d’Hermès. Le Point