Crise mondiale, acte II : La crise des saisies immobilières

Depuis quelques semaines, le microcosme de la spéculation US est de nouveau en ébullition : alors qu’elles cherchent à récupérer un maximum de maisons hypothéquées (et de dollars), les banques s’aperçoivent que c’est un véritable capharnaüm pour prouver qu’elles en sont bien les propriétaires.

En effet : les crédits hypothécaires subprime ont été découpés en paquets – les produits dérivés (1) -, que les établissements bancaires, assureurs et autres fonds de pension se sont allègrement revendus en dehors des règles en matière d’immobilier.

Parallèlement, les faillites bancaires ne faiblissent pas. État des lieux indispensable, car les États-Unis sont en très mauvaise passe malgré leur note AAA attribuée par les agences de notation.

Reprenons. On connaît les subprime, ces crédits hypothécaires attribués à des personnes souvent insolvables, dont les taux d’intérêt ont monté en flèche, ce qui a contracté le marché et fait baisser les prix de l’immobilier. C’était le départ de la crise subprime, devenue une crise économique mondiale grâce à l’efficacité de la régulation concoctée par les banques.

Aujourd’hui, les États-Unis sont confrontés à ce que les médias appellent la « crise des saisies immobilières », c’est-à-dire le « gel de centaines des saisies immobilières » par certaines banques comme Bank of America (2), le numéro un du crédit immobilier, Ally Bank ou JP Morgan Chase qui a bloqué 56.000 dossiers et est en train d’étudier 115.000 autres dossiers en cours.

80% des expulsions en cours seraient concernées. Et les procureurs de différents États sont en train de pousser à de nombreuses révisions de dossiers.

Cette année, les États-Unis ont connu plus de 800.000 saisies d’habitations, dont plus de 100.000 (3) en septembre et presque autant en août. Avant la crise, en 2005, on saisissait environ 100.000 logements par an. Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement s’accélère ces derniers mois (normal, si l’on tient compte de l’endettement colossal des banques) et, au final, ce sont plus de 2,4 millions d’habitations qui ont été saisies aux États-Unis depuis décembre 2007.

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