1940, l’or de la france a disparu (Rediff)

Pendant toute la durée de la guerre, mises à l’abri hors de l’Hexagone, les réserves d’or détenues par la Banque de France échappent à l’Allemagne et aux Alliés. Les 2500 tonnes de lingots et de pièces entreposées au siège, le deuxième plus gros stock mondial, constituent alors un patrimoine très convoité.

Dès leur entrée dans Paris, les officiers du Reich tentent de s’en emparer. Une course contre la montre s’engage alors pour faire sortir le trésor de la métropole. En l’espace d’un mois, 300 camions prennent la route. La marine prend le relais. A la fin de la guerre, seulement 395 kilos d’or manqueront à l’appel. Retour sur cette incroyable épopée.

« The Shape of things to come (*) » : la géopolitique américaine comme tautologie

(*) À quoi ressemblera l’avenir

Franklin D. Roosevelt dit un jour : « En politique, rien ne se produit par accident, si cela arrive, vous pouvez être certain que cela a été voulu ainsi. » Cette vision déterministe des événements, qui contrevient à la pensée de David Hume pour qui association d’événements n’implique pas causalité, sous-entend le rôle de ceux qui élaborent les scénarios pour l’avenir, forment les tendances dont se nourrissent les élites politiques, économiques, militaires voire académiques [1].

Sans prétendre parler d’une seule et même voix, les scénarios développés par les géopoliticiens américains se font écho les uns aux autres et établissent des lignes de forces et des récurrences qui petit à petit dessinent l’avenir. Ces prophéties auto-réalisatrices ne forment-elles pas une vraie théorie de la révolution mondiale en ce début de 21ème siècle ?

S’il y a une approche géopolitique qui s’impose, c’est celle de la nouvelle hégémonie américaine dématérialisée, suivant la « Joint Vision 2020 » et sa « Full Spectrum dominance » par laquelle les Etats-Unis prétendent vaincre n’importe lequel de leurs adversaires avec ou sans allié [2].

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Y a-t-il une part d’irrationnel dans notre rapport à la Russie ?

Qu’est-ce que la Russie ? « Un rébus, enveloppé de mystère au sein d’une énigme » aurait dit Winston Churchill à son sujet. En 2014, on dirait bien que le mystère reste entier.

Avec :
Jean-Robert Raviot, maître de conférences à Paris X.
Tania Rakhmanova, journaliste et documentariste
Dimitri de Kochko, journaliste à « La Russie d’Aujourd’hui », président de l’Association France-Oural.

Via Theatrum-belli.org

Le point de vue de la représentation nationale sur cette question au 12 février 2014:

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ

PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ETRANGÈRES

sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie

ET PRÉSENTÉ PAR

Mme Chantal GUITTET et M. Thierry MARIANI

Députés

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Desertec se sépare de ses alliés industriels

Les meneurs du projet solaire saharien évoquent «de multiples disputes insolubles».

Esquisse par Desertec d’un projet commun EU-MENA (Union europénne – Afrique du Nord – Moyen Orient) pour l’alimentation de l’Europe en énergie essentiellement solaire et éolienne, à l’horizon 2050 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Coup de froid sur Desertec. La fondation du même nom, qui s’est fixée pour mission de créer un réseau d’installations solaires et éoliennes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, se sépare du consortium d’industriels avec lequel elle s’était alliée en 2009.

Dans un communiqué, lundi, l’organisation à l’origine du projet de parc solaire de 400 milliards d’euros dans le Sahara évoque «de multiples disputes insolubles».
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L’opération au Mali, coup dur pour le budget en période de rigueur

L’intervention militaire française au Mali pèsera lourdement sur le budget des opérations extérieures des armées (Opex) et révèle déjà des insuffisances en matière de transports, un domaine pour lequel la France est contrainte de faire appel à ses alliés.

François Hollande recevant à l’Elysée des représentants d’associations maliennes en France, le 13 janvier 2013

Combien ça coûte ? “Je ne peux pas l’évaluer encore. Tout cela sera public, évidemment” : une semaine après le début des opérations, Jean-Yves Le Drian, doit déjà répondre aux interrogations sur leur coût financier. D’autant que le ministre de la Défense a prévenu que l’engagement “sera long“.

Concrètement, les crédits dédiés aux Opérations extérieures (Opex) pour 2013 s’élèvent à 630 millions d’euros. En baisse d’environ 90 millions par rapport à 2012, en raison du retrait français d’Afghanistan. Mais les économies escomptées du retrait afghan devraient être effacées par l’opération au Mali.

C’est une opération qui durera au minimum une bonne partie de 2013, sinon toute l’année 2013. Ca ne tiendra pas dans le budget“, estime Axel Poniatowski, ancien président UMP de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale.
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L’origine américaine de la réussite de la Chine

La stratégie des États-Unis en Asie a cherché pendant plus d’un siècle un équilibre des pouvoirs pour empêcher la montée d’une puissance dominant les autres.

Pourtant les États-Unis, selon sa Stratégie nationale de sécurité officielle, se sont aussi commis à faciliter « l’avènement d’une Chine pacifique et prospère qui coopère également avec nous pour régler des problèmes communs et partager les intérêts communs ». D’une certaine manière, la politique des États-Unis à l’égard de l’Asie serait donc contradictoire.

En fait, les États-Unis ont joué un rôle prépondérant dans l’essor de la Chine. Ainsi, plutôt que d’imposer des sanctions commerciales à la Chine après le massacre de la place Tiananmen en 1989, les États-Unis ont plutôt opté pour une politique visant l’adhésion du pays aux institutions internationales. Il est même notoire que la politique étrangère des États-Unis a été favorable à la Chine bien longtemps avant cela.

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Troisième Guerre de l’opium

Certains critiques, particulièrement sarcastiques, affirment que la guerre en Afghani­stan est certes sans espoir, mais qu’elle protège pour le moins la culture du pavot [sur] l’Hindou Kouch. C’est ne voir cette culture que comme une conséquence de la guerre, alors qu’il apparaît clairement qu’il s’agit d’un des objectifs de guerre des Etats-Unis.

Carte par provinces, combinant risques pour la sécurité (plus la couleur est foncée, plus le risque est élevé) et culture du pavot à opium (en hectares). Source : ONU

93% de l’opium cultivé dans le monde, servant à la production de morphine et d’héroïne, viennent d’Afghanistan.

En 2007, il s’agissait de 8.200 tonnes, l’année suivante on en était à 8.300 ; la récolte de l’année dernière fut moindre, du fait d’une mauvaise récolte, il n’existe pas encore de données chiffrées.

Selon les Nations Unies, 95% de l’opium afghan sont transformés en héroïne, donnant ainsi 80 tonnes d’héroïne pure. Près de la moitié, soit plus de 35 tonnes, fut introduite en 2009 en Russie (selon des sources convergentes de l’ONU et de la police des stupéfiants russe). On peut supposer – car il n’existe pas de données concrètes – qu’une bonne partie est transportée plus loin, notamment dans les centres urbains de la Répu­blique populaire de Chine.

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«L’Europe, une multinationale. Le pouvoir sans contrôle des [grandes] entreprises.»

Préface de l’ouvrage portant ce titre [Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit et Erik Wesselius : "Konzern Europa. Die unkontrollierte Macht der Unternehmen", Ed. Rotpunktverlag, Zürich 2001, ISBN 3-85869-216-6]

Par Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud (organisation commune des six organisations de développement Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper pour les questions de politique de développement en Suisse).

Une réunion de l'ERT (European Round Table of Industrials - Table ronde des industriels européens) le 2 octobre 2008. Au milieu, José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne.

Les chauds partisans du néolibéralisme estiment que les décisions en politique économique risquent, dans les Etats nationaux à structure démocratique, de déboucher dans l’irrationnel.

En effet, dans ce contexte, les parlements et les gouvernements agiraient sous la prise de groupes d’intérêts et seraient, de plus, soumis aux décisions du corps électoral. Ceci les conduirait à décider constamment des dépenses inconsidérées et de décréter des lois qui limiteraient le fonctionnement de marchés libres et ouverts.

Il serait donc plus simple, selon ces mêmes partisans, que les gouvernements s’entendent entre eux – sur la base de négociations internationales – pour décider de règles «rationnelles» et favorables au marché libre. Dans ce cas, ils seraient moins soumis aux pressions de groupes et de partis qui influencent fortement l’opinion publique.

Ces règles décidées en commun, et les actes des acteurs internationaux qui en suivraient, agiraient en «chocs externes», comme par exemple le «choc pétrolier» des années soixante-dix, sur les économies nationales, obligeant ces dernières à se soumettre aux nécessités du marché mondial.

C’est dans ce sens que les gouvernements occidentaux, les politiciens et les journalistes économiques ont tenté de nous persuader, au cours de la décennie écoulée, que nous pouvions décider au niveau national tout ce que nous voulions, mais qu’il n’y avait aucune alternative face au marché mondial, au marché commun européen ou à la mondialisation et qu’il ne nous restait qu’à nous soumettre si nous ne voulions pas que l’économie s’effondre.

En même temps, nos gouvernements s’efforçaient de transformer le marché mondial ou le marché commun européen par des accords internationaux et des institutions, de telle façon que toute possibilité d’alternatives se trouvait réduite.

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