Allemagne : Les végétariens défilent contre la “salamisation” de la société

C’est l’un des slogans pleins d’humour que l’on pouvait lire lors de la manifestation écologiste de ce samedi à Berlin. Ces agriculteurs et activistes végétariens entendaient protester contre ce qu’ils appellent les usines à viande, les OGM et l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et les États-Unis.

Manger, c’est politique, déclare ce militant. A chaque fois que je décide d’acheter quelque chose, je le fais en fonction de comment les animaux sont traités ou de ce qui pousse dans nos champs. Bien-sûr, je peux acheter certaines espèces, je peux manger moins de viande – on en mange trop de toutes façons – et je fais en sorte de soutenir les paysans, et pas les grandes compagnies agro-alimentaires”.

L’homme bionique

Bertolt Meyer, enseignant de psychologie dans une université allemande, est né sans bras gauche. Aujourd’hui, il mène une vie quasi normale grâce à une prothèse bionique à la préhension très performante. Les technologies bioniques sont porteuses d’immenses espoirs.

À court terme, la vie de milliers d’handicapés pourrait être transformée. De plus en plus performantes, ces prothèses surpassent les capacités humaines et rendent les membres plus forts, plus souples, plus résistants. Mais de l’homme réparé à l’homme augmenté, des questions éthiques se posent.

La contestation de la croissance s’amplifie

Par Jean Gadrey

Avant-propos de la troisième édition augmentée du livre « Adieu à la croissance », qui sort dans quelques jours en librairie.

Pour la deuxième édition de ce livre, j’avais rédigé, fin 2011, un avant-propos en forme de « questions à nos élu(e)s actuels et futurs ». Trois ans ont passé. Le culte de la croissance reste largement pratiqué et, en apparence, surtout du côté des acteurs économiques et politiques dominants, tout se passe comme si les idées de ce livre n’avaient pas avancé d’un pouce, comme si la panne de croissance, qui dure depuis 2008, avait encore ravivé l’expression d’un manque. Comme si des fumeurs invétérés privés de tabac pendant des années continuaient à attendre fébrilement le moment d’une première bouffée après sevrage.

Qu’on en juge. Au sommet de l’Etat, le Président de la République ne cesse de déclarer sa flamme à une croissance qui l’a abandonné. Au cours de la campagne présidentielle du printemps 2012, il déclarait déjà : « Sans croissance, pas de redressement économique, pas de création d’emploi… Ensuite, deuxième temps du quinquennat, quand nous aurons retrouvé la croissance, redressé notre pays, redressé ses finances, redressé son industrie, alors nous pourrons aller plus loin dans la redistribution ».

En octobre 2013, son gouvernement transmettait à prévision des prévisions de croissance de 0,1 % pour 2013, 0,9 % en 2014, 1,7 % en 2015 et 2 % à partir de 2016. Or l’année 2014 devrait se terminer avec un maigre 0,4 % et ce ne sera probablement guère mieux en 2015, à moins que ce soit pire.

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Les nouveaux végétariens

Bien qu’encore marginal, le végétarisme gagne très rapidement en popularité. Les secteurs des produits « sans-viande » croissent rapidement de manière conjointe avec le biologique. En gagnant une place de plus en plus importante dans l’économie, il apparait utile de se pencher sur un mode de vie qui semble regrouper tant de gens autour d’un même idéal. Ce régime n’est plus seulement sélectionné pour une question animale mais dans une optique d’alimentation responsable et durable.

Grâce à des fournisseurs plus nombreux, il est désormais plus simple de devenir flexitarien (moins de viande), végétarien ou même végétalien. En effet, les alternatives ne manquant pas pour ceux qui veulent garder un semblant de « viande » dans leur alimentation : saucisse de tofu, steak de blé, escalope de lupins, crevette d’algues, etc.

C’est dans les grandes métropoles que le changement de régime semble être le plus en vogue, les régions agricoles étant plus attachées à la cuisine traditionnelle. Cependant, il ne faut pas négliger l’apport des producteurs locaux et durables. Ces derniers, en plus d’apporter les ressources essentielles pour cuisiner sainement, ont la possibilité de s’opposer à une agriculture de masse en basant leur production sur des valeurs environnementales et écologiques.

Ce reportage signé Arte nous invite à aborder les végétariens sans jugement, sans caricature, sur des arguments fondés. A découvrir.

La Russie fera défaut et 9 autres prévisions ‘scandaleuses’ pour 2015

Chaque mois de décembre, la banque danoise Saxo Bank émet 10 prévisions « scandaleuses» pour l’année à venir, des « cygnes noirs », ces évènements extrêmes qui surprennent et ont un impact majeur, puis sont rationalisés par des explications a posteriori.

« En imaginant les scenarios et les évènements les plus négatifs, que ce soit un défaut russe, des volcans semant le chaos, ou une catastrophe sur internet, on donne aux investisseurs ont une chance de mettre leurs hypothèses concernant l’avenir à l’épreuve, et de voir ce que ces évènements pourraient signifier pour leurs propres investissements. Nous devons nous souvenir que même si les prédictions mettent en scène des scénarios de marché plutôt extrêmes, au fil des ans, un certain nombre d’entre elles se sont avérées exactes », commente Steen Jakobsen, l’Economiste en Chef de Saxo Bank.

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Strasbourg : Quand la France construisait sa première cité

En 1954, les Actualités Françaises tournent un film promotionnel sur le premier des « grands ensembles » urbains, dont le modèle s’étend alors peu à peu dans le pays. Planifiée par le ministère de la Reconstruction, cette première cité de France se situe à Strasbourg, dans le quartier du Conseil des XV. La Cité Rotterdam s’articule toujours autour de la rue éponyme. Visite guidée.

Parce qu’elle est située dans un quartier aisé de Strasbourg, celui du Conseil des Quinze, au nord-est du centre-ville, la Cité Rotterdam est la grande oubliée des chroniques de la vie des quartiers populaires strasbourgeois. Pourtant, il s’agit là du premier « grand ensemble » construit à Strasbourg après-guerre, et même du premier en France!

Cette primauté vaut d’ailleurs à la Cité Rotterdam la distinction des Actualités Françaises, qui y tournent un film de propagande sur ce nouveau modèle urbain en 1954. Ce film est une source inestimable quant aux intentions modernistes de l’époque :

Bordé au nord par la rue d’Ypres, qui sépare la Cité du cœur cossu du quartier du Conseil des Quinze, aux grandes maisons individuelles construites dans les années 1930, l’ensemble est construit en 1952-1953, selon les plans de l’architecte Eugène Beaudouin, suite à un concours lancé par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme en 1950.
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À la recherche du Hobbit (4/5) : L’or perdu du Rhin

Dans cet épisode, John Howe, illustrateur et directeur artistique des deux trilogies de Peter Jackson, nous fait découvrir les châteaux de la vallée du Rhin et les nombreuses légendes qui leur sont attachées, comme celle de Siegfried, qui a pu inspirer Tolkien dans l’élaboration de son œuvre.

Réalisé par Olivier Simonnet (Arte 21/12/2014)

Cinéma : Joyeux Noël

Lorsque la guerre surgit au creux de l’été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d’hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l’opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu’il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.

Le prêtre anglican Palmer s’est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l’église. Ils quittent leur Écosse, l’un comme soldat, l’autre comme brancardier.

Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l’ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.

Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des États majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes…

Robotisation et chômage de masse : à quoi ressemblera la société de demain ?

Trois millions d’emplois vont être supprimés en France d’ici à 2025 à cause des robots. Telle est la prédiction d’une société internationale de conseil stratégique. L’automatisation accélérée des tâches et des métiers va bouleverser notre quotidien. Faut-il s’inquiéter de ce chômage à venir, dû aux progrès technologiques ? Ou réfléchir déjà à quoi ressemblera la société à ce moment-là?

Pour avoir une idée de ce que nous réserve le futur, rencontre avec Charles-Edouard Bouée, PDG de Roland Berger Strategy Consultants et auteur de Confucius et les automates (Grasset), ouvrage sur “l’avenir de l’homme dans la civilisation des machines”. Passionné de science-fiction, il a analysé les changements industriels dans les différents pays où il a vécu : l’Angleterre, la France, la Chine, les États-Unis et désormais l’Allemagne.

Pourquoi l’automatisation est-elle amenée à progresser dans les usines ?

Charles-Édouard Bouée : Aujourd’hui, les robots des usines sont de grosses machines qui sont “en cage” car elles ne savent pas interagir avec les êtres humains. Mais on va passer au concept de l’industrie 4.0, lancée à la foire d’Hanovre (Allemagne) l’an dernier : les robots vont sortir “des cages” et être mis sur des programmes qui leur permettront de communiquer entre eux. On va pouvoir concevoir des simulations d’usines avant de les construire, et donc éliminer l’imprévisible, lié aux humains.

L’usine se déshumanise, comme ce fut le cas dans le passé pour l’industrie militaire, qui est toujours un bon indicateur du futur. Quand les premiers avions de chasse à réaction, ont été créés, le problème, c’était l’humain. Ce genre d’appareil doit être très rapide. Et l’être humain qui se trouve à bord a des contraintes physiques et un temps de réponse limité à son œil et son cerveau, ce qui limite sa vitesse. Si on veut une armée efficace, l’avion de chasse doit être, du coup, sans pilote. Et ça, ça s’appelle un drone.

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La startup qui veut vous libérer du réseau EDF grâce à l’énergie solaire

Comwatt entend rendre chaque maison productrice de sa propre énergie grâce à l’Indepbox, un boitier connecté capable de synchroniser la consommation électrique des foyers avec la production des panneaux solaires dont ils sont équipés.

Lorsqu’en France, un particulier installe des panneaux solaires sur son toit, ils ne servent pas directement à alimenter sa maison. L’énergie produite est revendue à EDF à un tarif d’achat garanti, avant d’être redistribuée autre part. « Or, le transport de l’énergie représente environ 50 % du prix payé par les consommateurs. Il serait beaucoup plus logique de consommer et produire l’énergie localement », explique Grégory Lamotte, PDG de Comwatt. « Chef d’entreprise et militant », il entend montrer que la troisième révolution industrielle n’est pas qu’un concept pour prospectiviste américain optimiste. Son crédo, c’est l’autoconsommation électrique, ou « énergie potagère », comme il l’appelle.

Nouriel Roubini : « L’économie globale fonctionne sur un seul moteur »

L’économie mondiale est comme un avion de ligne qui a besoin que tous ses moteurs soient opérationnels pour pouvoir décoller et affronter les intempéries. Malheureusement, un seul de ses quatre moteurs fonctionne actuellement correctement: le moteur anglo-saxon.

Son deuxième moteur – la zone euro – est aujourd’hui au point mort, à l’issue d’un semblant de reprise après 2008. Un seul choc supplémentaire suffirait à faire plonger l’Europe dans la déflation pure et simple, qui s’accompagnerait à nouveau d’une récession. De même, le troisième moteur de l’économie mondiale, à savoir le Japon, arrive à court de carburant, après une année de relance budgétaire et monétaire.

Quant aux marchés émergents (son quatrième moteur), ils sont confronté à un net ralentissement, à mesure que les vents planétaires, favorables depuis une dizaine d’années – croissance chinoise rapide, taux directeurs zéro, et assouplissement quantitatif mené par la Réserve fédérale américaine – se sont transformés en vents contraires.

La question se pose par conséquent de savoir si – et pour combien de temps – l’économie globale pourra continuer de voler sur un seul moteur. La fébrilité observée dans le reste du monde est synonyme d’un dollar plus faible, ce qui est voué à fragiliser la croissance américaine. Plus le ralentissement s’accentuera au sein des autres pays, plus la hausse du dollar sera conséquente, et plus les États-Unis auront du mal à se dissocier des difficultés d’ailleurs, bien que la demande intérieure semble solide.
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Edward Snowden : « Nos droits sont en train d’être redéfinis en secret »

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1]. Voici  une version exclusive de ce document en français.

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les États-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ».

L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ?

Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

PARTIE 1 – De la nécessaire désobéissance civile

The Nation  : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?
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Budget de la France : Pourquoi les autres pays-membres de l’UE sont-ils à bout de patience ?

La Commission Européenne a accordé un nouveau délai à la France pour rééquilibrer son budget. L’exécutif européen a donné jusqu’à mars à la France pour faire de nouveaux efforts budgétaires et accélérer leur programme de réformes.

Pour autant, les autres États-membres de l’UE semblent perdre leur patience, attendant de la France qu’elle mette en place les mesures d’austérité nécessaires. Georges Laederich nous en dit plus.

OCDE : « La zone euro pourrait être tombée dans une trappe de stagnation persistante »

Dans son dernier rapport d’Economic Outlook (‘perspectives économiques’), l’Organisation de coopération et de développement économiques, un think tank parisien plus connu sous son acronyme OCDE, exhorte la Banque centrale européenne (BCE) à envisager un soutien monétaire d’urgence pour la zone euro, et le bloc de la zone euro à assouplir sa doctrine fiscale.

L’OCDE craint que la zone euro ne soit tombée dans une « trappe de la stagnation persistante » et note que les risques de stagnation augmentent dans la zone euro, ce qui pourrait faire peser une menace sur toute l’économie mondiale. Une stagnation prolongée dans la zone euro pourrait avoir pour effet d’entraver la croissance économique mondiale en raison des liens commerciaux et financiers que celle-ci entretient avec le reste du monde.

Selon les modélisations présentées dans le rapport, un choc négatif pourrait provoquer une nouvelle période étendue de croissance très faible accompagnée d’une faible inflation, qui conduirait à un maintien du chômage à son niveau actuel très élevé.

L’Organisation table sur une croissance mondiale de 3,3% cette année, de 3,7% pour 2015, et de 3,9% pour 2016. Les États-Unis et le Royaume-Uni auront une croissance plus forte que celle de la zone euro et du Japon, et certains pays émergents, notamment l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud, devraient aussi connaitre une reprise vigoureuse. Cependant, l’économie de la Chine devrait s’affaiblir légèrement, tandis que celle de la Russie devrait stagner l’année prochaine.

Pour la zone euro, l’organisation prévoit une croissance de 0,8% cette année, puis 1,1% en 2015, et 1,7% en 2016. Aux États-Unis, cependant, l’OCDE prévoit de bien meilleures perspectives, avec une prévision de croissance de 2,2% pour cette année, et près de 3% pour 2015 et 2016.

Au sein de la zone euro, les interventions de la BCE pour assouplir la politique monétaire ont été limitées jusqu’à présent, et l’Allemagne s’y oppose farouchement.

Expresse.be

Livraison des Mistral : la foire aux hypocrites

Le gouvernement français a donc finalement décidé d’ajourner la livraison des deux bâtiments de guerre à la Russie. Cette décision survient après plusieurs mois d’atermoiements qui n’ont pas renforcé la crédibilité diplomatique de la France. Mais au delà de cette décision, l’affaire des Mistral a été l’occasion d’un festival de déclarations et de postures dignes de la plus belle foire d’hypocrites.

Par Philippe Juvin

Hypocrisie du gouvernement

qui assure à la fois les deux camps, russe et européen, de sa bienveillance. On rassure les Russes en affirmant que «deux Mistral ne changeront pas la face de la marine russe», et on décide (sur quelle base juridique?) d’ajourner leur livraison. Hypocrisie qui laisse les marins russes s’entrainer sur le Vladivostok mais cosigne l’embargo européen sur les armes.

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Pourquoi le journalisme échapperait-il à la révolution robotique ?

Après l’informatisation et la numérisation, la robotisation. La mise en scène éditoriale est déjà sous le contrôle des robots. Article le plus lu, partagé, tweeté, commenté, les algorithmes ont déjà pris possession des pages d’accueil des sites Web des grands médias. Ces logiciels vont jusqu’à décider quel titre ou illustration suscitera le plus de clics.

Outre-Atlantique, les éditeurs vont plus loin. Pour être encore plus rapides, ils ont créé des robot-rédacteurs assurant le fastidieux travail des petites mains des rédactions. Comptes rendus de dépêches d’agence, brèves, agenda etc. Autant de tâches sans grande valeur ajoutée, quoique formatrices.

Les éditeurs se félicitent : quand un journaliste produit 300 brèves par trimestre, un robot en fabrique 4.400. Les journalistes se rassurent. Un reportage sur le terrain, une enquête d’investigation ou un portrait à la Libé, ce n’est pas demain qu’un robot pourra rivaliser. Certes. Mais l’automatisation n’est pas sans enjeu : celui de la métamorphose digitale des entreprises de presse.

Dans les rédactions, les journalistes ont déjà des robots pour collègues.” Alice Antheaume, directrice adjointe de l’école de journalisme de Sciences-Po, est formelle, elle les a vus. Mais elle n’est pas inquiète et continue à former une vingtaine d’élèves par an. Après avoir été capable de suppléer au labeur physique des humains, la machine remplace le travail intellectuel des journalistes. Jusqu’ici, seule la rédaction de base, à faible valeur ajoutée – se défendent les éditeurs – est assumée par les robots.
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La banque allemande Commerzbank introduit un taux négatif pour les gros dépôts de ses clients

La banque allemande Commerzbank va appliquer un taux négatif sur certains dépôts de grandes entreprises et investisseurs institutionnels, répercutant une décision de la Banque centrale européenne (BCE) envers les instituts de crédit européens.

Mario Draghi, président de la BCE


« Pour certaines grandes entreprises clientes qui détiennent des avoirs importants, tout comme pour les grands groupes et les investisseurs institutionnels, nous nous réservons le droit d’appliquer des frais sur certains montants élevés de liquidités mis en dépôt chez nous », a déclaré Commerzbank dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP.

La deuxième banque allemande précise qu’elle va inciter ses gros clients à placer leurs liquidités en surplus dans des formes d’investissement alternatifs.

« Pour les clients privés, les petites et moyennes entreprises, aucun taux négatif n’est en principe prévu », ajoute Commerzbank. Cette décision découle directement de celle de la BCE, fin juin d’appliquer un taux négatif sur les dépôts que les établissements bancaires placent à court terme dans ses coffres, est-il précisé dans ce communiqué. En juin l’institution a amené ce taux de dépôt marginal en territoire négatif pour la première fois de son histoire, à -0,10%, avant de l’abaisser encore à -0,20% en septembre. Cette décision, qui revient à faire payer les banques qui placent des liquidités au sein de la banque centrale, doit inciter les instituts de crédit à laisser l’argent circuler au lieu de le stocker, en prêtant à entreprises et particuliers.

D’autres banques pourraient suivre
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Du champ à l’assiette : Les défis de la sécurité alimentaire

Les épidémies liées aux légumes concernent plus de monde, et impliquent plus d’hospitalisations que celles liées à la consommation de viande” affirme Ana Allende, microbiologiste alimentaire du CBAS-CSIS, le Centre International d’Études Stratégiques.

Un réseau de frigos en accès libre pour lutter contre le gaspillage (en Allemagne, évidemment)

Ils s’appellent les Lebensmittelretter ou les Foodsaver (les «sauveurs de nourriture») et se sont donné pour mission de sauver le monde du gaspillage alimentaire. Ces citoyens allemands bénévoles font la tournée des supermarchés pour récupérer les aliments qui ne peuvent plus être vendus mais sont toujours consommables avant qu’ils n’atterrissent à la poubelle, rapporte le quotidien berlinois Der Tagesspiegel.

Grâce à eux, plusieurs centaines de tonnes de nourriture ont pu être sauvées depuis 2012, année où cette initiative a vu le jour à Berlin. Les Foodsavers comptent aujourd’hui environ 1.700 bénévoles dans la capitale allemande et près de 8.000 à l’échelle du pays. Afin que ce sauvetage de légumes rabougris, de salades fripées et de yaourts à peine périmés ne soit pas vain, un réseau d’une vingtaine de réfrigérateurs, baptisés «FairTeiler» (littéralement, «partageurs justes»), a été mis en place à Berlin.

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L’homme mystère de l’Europe [Rediff.]

Basil Zaharoff est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Il fut pourtant, en son temps, l’un des marchands d’armes les plus influents du monde.

Basil Zaharoff, alias Basil Bazaroff pour Hergé

C’est lui que le dessinateur Hergé représente, dans l’album de Tintin « L’Oreille cassée », sous les traits du vendeur d’armes incitant le général Alcazar à s’armer pour prendre le contrôle d’une région riche en pétrole, avant de s’envoler pour l’État voisin et vendre les mêmes armes au dictateur voisin !

Une façon de faire dans laquelle Zaharoff était effectivement passé maître ! Avec son chapeau rond, sa barbichette blanche, sa canne et son loden vert, le personnage créé par le dessinateur belge ressemble d’ailleurs en tout point à son illustre modèle ! Caricaturée par Hergé, sa méthode se révèle d’une redoutable efficacité : vendre des armes à un pays en amplifiant la menace représentée par son voisin et ennemi, puis aller voir ce dernier et jouer exactement la même partition !

Sa vie est un véritable roman, parsemé d’aventures incroyables et de zones d’ombre qui lui valurent son surnom d’« homme mystère de l’Europe ». Zacharias Basiléos Zarapoulos naît en Turquie en 1849, dans une famille grecque misérable installée depuis des lustres à Constantinople.

Sur sa jeunesse d’enfant des rues du quartier pauvre de Tatavla, le futur marchand d’armes refusa toujours de lever le voile. Fut-il guide touristique, comme il le prétendit plus tard, ou rabatteur pour un bordel de marins, une version sans doute plus conforme à la vérité ? Entre 1866 et 1870, il disparaît totalement de la circulation.

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L’emploi de 3 millions de salariés menacé par les robots d’ici à 2025 (Màj vidéo)

Addendum du 27/10/2014 : 20% des tâches pourraient être automatisés dans les années à venir.

Selon une étude du cabinet Roland Berger publiée dans le Journal du dimanche, tous les secteurs de l’économie seront touchés par la robotisation, sauf l’éducation, la santé et la culture.

Au travail, des robots à la place des cadres? Selon une étude du cabinet spécialisé Roland Berger, dont les principales conclusions ont été publiées ce week-end dans le Journal du dimanche, plus de trois millions d’emplois sont menacés à l’horizon 2025 par la robotisation des tâches, y compris des emplois qualifiés.

Presque tous les secteurs de l’économie seront touchés par cette évolution, de l’agriculture à la police, en passant par l’hôtellerie. Seuls l’éducation, la santé et la culture devraient être épargnées.

Dans ce monde transformé par le progrès technique, le taux de chômage culminerait à 18% de la population active, contre un peu moins de 10% aujourd’hui. Les secteurs de l’environnement, des nouvelles technologies ou encore des relations clients créeraient des emplois, mais insuffisamment pour en donner à tout le monde. Le diplôme cesserait d’être un bouclier contre le chômage.
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Qui travaille le plus et le moins au sein de l’OCDE ?

L’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a compilé des données provenant de l’Institute of Economic Studies (IEE) de Madrid, pour comparer le nombre d’heures de travail moyen que les employés des différents pays membres de l’Organisation ont effectué au cours de l’année 2013.
Il en ressort que l’amplitude entre ceux qui travaillent le plus et ceux qui travaillent le moins est très grande, puisque 857 heures séparent les Mexicains, les plus travailleurs avec 2.237 heures de travail en moyenne, des Hollandais, les plus « cigales » avec 1.380 heures de travail.Les résultats offrent d’autres surprises, et notamment le classement des Grecs, qui arrivent en 3ème position avec 2.037 heures, derrière les Sud-Coréens (2 8163 heures).

Autre surprise, les ex-pays du bloc soviétique qui figurent dans le classement (Pologne : 1.918, Russie : 1.980, Hongrie : 1.883, Estonie : 1.868, Tchéquie : 1.772, Slovaquie : 1.770) se classent parmi les plus travailleurs. Les Japonais, qui ont pourtant la réputation d’être des bourreaux de travail, sont en dessous de la moyenne de l’OCDE (1.735 heures alors que la moyenne est de 1.770), ils sont même devancés par les Italiens (1.752 heures).

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Vent de panique sur les Bourses mondiales

Le mois d’octobre s’annonce calamiteux pour les marchés boursiers. Après deux séances de répit, un vent de panique a soufflé hier. Le CAC 40 a chuté sous le seuil des 4000 points. A la clôture mercredi, le Dow Jones a perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.De mauvaises statistiques économiques aux États-Unis et les interrogations sur le futur financement de la Grèce ont précipité les places dans le rouge. A Paris, l’indice CAC 40 a dévissé sous le seuil symbolique des 4000 points, à 3.939,72 points, son plus bas depuis fin août 2013 .

Avec un recul de 3,63% mercredi, l’indice vedette parisien affiche désormais une perte de 8,29 % depuis le début de l’année. Aucune valeur n’a été épargnée : Alcatel-Lucent (-6,3 %), Crédit Agricole (-5,45 %) et GDF Suez (-5,42 %) ont signé les plus fortes baisses de la journée.

Ailleurs en Europe, la Bourse de Francfort a reculé de 2,87%, Madrid a perdu 3,59%, Athènes 6,25% et Londres 2,83%. Wall Street a terminé en baisse une séance éprouvante mercredi : le Dow Jones, après avoir chuté de plus de 2,80% en séance, a finalement perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.

Le financement de la Grèce en question

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Allemagne : “Le marché de l’énergie est un désastre”

Le secteur de l’énergie est un « désastre » en Allemagne, et l’un de ses deux plus grands groupes est « plus ou moins mort », a déclaré Henri Proglio, le PDG de la compagnie électrique française EDF au Financial Times.

Il a estimé que l’Allemagne était un grand pays qui se portait bien, notamment dans le secteur automobile. « Mais en ce qui concerne l’énergie c’est un désastre. Les deux plus grandes sociétés, Eon et RWE, subissent une pression énorme. L’une d’elle est plus ou moins morte, et l’autre est dans une situation très difficile.

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, la chancelière allemande Angela Merkel a décidé d’accélérer la sortie du pays du nucléaire et la transition énergétique vers les énergies renouvelables, un mouvement surnommé « Energiewende ».

Dans le Daily Telegraph, Ambrose Evans Pritchard avait parlé de « romantisme » à propos de cette décision. Il avait estimé que le choix de l’abandon du nucléaire, qui était à l’origine de la ruine du secteur énergétique en Allemagne, n’avait été fait que sur des conditions électoralistes. La chancelière, qui est à l’origine une spécialiste de l’atome, n’ignorait probablement pas que les centrales nucléaires allemandes ne risquaient pas d’être inondées comme l’avait été celle de Fukushima au moment du tsunami.
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L’héritage de la Stasi (Docu)

Regroupées par un Office fédéral, les archives de la Stasi, la police politique au service de l’ex-régime de la RDA, représentent une somme phénoménale de données recueillies sur les faits et gestes des citoyens est-allemands, mais aussi une mine de renseignements sur les mécanismes d’un pouvoir totalitaire.

Dès 1992, les particuliers ont pu consulter leurs dossiers, découvrant qui les avait trahis, épiés ou soutenus. Ce choix de faire toute la lumière sur les événements passés, au risque de douloureuses tensions, semblait indispensable pour une Allemagne déjà durement confrontée à la question de la mémoire.

Un détour par l’Afrique du Sud, avec sa Commission de vérité et de réconciliation, et la Russie, qui n’a pas rendu publiques les archives du régime stalinien, mettent en perspective la difficulté de faire face à un passé qui ne passe pas.

Réalisé par Inga Wolfram (Allemagne 2014)

Le moment de Minsky : Le film d’horreur financière que personne ne veut voir

Les économistes et les financiers aiment utiliser des mots mystérieux pour noyer le poisson. Ils sont comme les médecins de Molière. Le “moment de Minsky” fait partie de leurs expressions. Ce moment est celui où les investisseurs surendettés sont contraints de vendre massivement pour payer les intérêts de leur dette.

Mais plus ils vendent, plus les prix baissent — et la course au cash pour payer les intérêts entraîne un krach. A ce moment, les prêteurs réalisent que leur débiteur est mort. Il ne paiera jamais : ni les intérêts, ni le principal, foi de cigale.

Cela peut-il se produire aujourd’hui ? Non, pensent les professionnels des marchés. C’est le syndrome du “trop gros pour faire faillite”. Le niveau d’endettement est tel qu’un moment de Minsky entraînerait la GAF, Grande Apocalypse Financière.

Lorsque le moment de Minsky s’annonce, une banque centrale intervient pour éviter la spirale baissière mortelle. C’est ce qui s’est produit en 2008 et en 2011 en Europe en freinant le désendettement.
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Des Patrons et des Hommes

Comment est-on passé du capitalisme familial au néolibéralisme financier et aux patrons surpuissants ? Soixante ans d’une mutation vertigineuse vue des coulisses. Les secrets d’une économie mondialisée. C’est l’histoire d’un glissement inexorable vers l’économie de marché.

Partie 1: En 1950, le plan Schuman ouvre les frontières et construit l’Europe. Tandis que le pays amorce un passage progressif d’une économie rurale à une industrialisation intense, la concurrence s’impose à tous. La France reste une “économie administrée“, mais ses dirigeants comprennent qu’il faut exporter et attaquer les États-Unis sur le plan commercial.

Le film décrit les mécanismes qui se mettent en action dans les plus hautes sphères du pouvoir grâce aux témoignages inédits d’hommes politiques, de conseillers et de grands industriels. Il montre l’émergence d’une nouvelle race de patrons plus puissants, comme Marcel Dassault, qui n’hésitent pas à financer la vie politique sous le manteau.

Pourtant, si la France est en plein essor, elle prend du retard sur une Allemagne renaissante qui compte vite dix ans d’avance en termes de productivité. Établissant un parallèle entre les politiques industrielles des deux pays, cette première partie permet de comprendre pourquoi la France n’était pas la mieux armée pour faire face aux chocs pétroliers des années 1970.

Partie 2: En 1981, l’élection de François Mitterrand fait naître de nombreux espoirs d’avancées sociales. Mais deux ans plus tard, la France déchante. Le gouvernement s’aperçoit que “les caisses sont vides” et met en place un plan de rigueur. “On a quitté le socialisme à ce moment-là“, commentent les déçus du président.
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Neurobiologie et éducation

Neurobiologiste allemand de premier plan, le Pr. Gerald Hüther dirige le département de recherche fondamentale de neurobiologie du Centre Hospitalier Universitaire psychiatrique de l’université de Göttingen et le centre de recherche préventive de neurobiologie de l’université de Göttingen et Mannheim/Heidelberg. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le sujet.

(Merci à quarantined)

Fabrice Nicolino : « Face à l’industrie chimique, tout le monde est tétanisé » (màj audio)

Mise à jour du 04 octobre 2014

Dans l’émission de France Inter “CO2 mon amour”, le 20 septembre 2014, Denis Cheissoux recevait le journaliste Fabrice Nicolino, au sujet de son nouveau livre consacré à l’industrie chimique. Également présent, Stéphane Sarrade chef du département de physico-chimie à la Direction de l’énergie nucléaire du CEA.

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France Inter

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90 millions de substances : tel est l’héritage, non définitif, que nous lègue l’industrie chimique depuis son inexorable essor, lors de la Première guerre mondiale. Parmi elles, combien de substances toxiques – DDT, phtalates, bisphénol A, cancérogènes et autres perturbateurs endocriniens… ? Pourquoi un tel silence, une telle absence de contrôle ?

Dans son livre « Un empoisonnement universel », le journaliste Fabrice Nicolino raconte l’histoire de cette industrie et comment elle a, impunément et littéralement, inondé nos vie de molécules.

Une situation dont nous prenons conscience seulement aujourd’hui en constatant ses terribles conséquences, de l’explosion des cancers à celle la maladie d’Alzheimer en passant par le diabète. Entretien.

Basta ! : Votre nouveau livre traite de l’impact sanitaire des substances chimiques, omniprésentes dans notre vie quotidienne. Il constitue à la fois une histoire de la chimie de synthèse et un véritable réquisitoire contre l’industrie chimique. Quelle est l’origine de ce projet ?

Fabrice Nicolino : [1] Cela fait très longtemps que je m’intéresse aux questions de contamination chimique. En 2007, j’ai notamment publié, avec François Veillerette, un livre intitulé Pesticides. Révélations sur un scandale français. Il y a une douzaine d’années, j’ai été profondément marqué par une étude publiée par une ONG américaine appelée EWG.

Ils avaient fait une expérience absolument incroyable, controversée à l’époque mais confirmée depuis: ayant testé des volontaires dans neuf États américains, résidant loin de toute usine chimique, ils avaient montré que tous sans exception avaient dans le sang des douzaines et des douzaines de molécules toxiques.

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Alain Liébard: le corps des Mines ne veut pas des énergies renouvelables

Architecte et chaud partisan des énergies renouvelables, Alain Liébard quitte la fondation Énergies pour le monde et Observ’ER, l’observatoire des énergies vertes. Avant de se vouer à l’enseignement de l’architecture, il jette un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire française du déploiement des énergies décentralisées. Une histoire épique.

Après 40 années passées à la tête de la fondation énergies pour le monde et d’Observ’ER, vous tirez votre révérence. Quel regard portez-vous sur le développement des énergies renouvelables?

Objectivement, elles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a encore 10 ans: ces énergies décentralisées deviennent une réelle alternative aux énergies centralisées.

Est-ce vrai partout?

Il existe certes des différences selon les régions. Mais avec le développement fantastique que connaissent le photovoltaïque et l’éolien, notamment, ces sources d’énergie sont en passe de gagner. Désormais, ce sont plus de 20% de l’énergie finale mondiale qui est produite par les renouvelables. C’est considérable. Ce qui m’intrigue, en revanche, c’est la raison pour laquelle nous sommes aussi mal traités en France.

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Allemagne : L’état désolant de l’armée

Lors de la visite qu’elle vient d’effectuer dans le nord de l’Irak, la ministre allemande de la défense Ursula von de Leyen (CDU) a pu toucher du doigts les difficultés que rencontre la Bundeswehr, au travers des difficultés logistiques que celle-ci rencontre pour acheminer les armes et les formateurs au Kurdistan. Der Spiegel pointe dans un article acide les pannes des Transall de la Luftwaffe… et autres “faillites, malchances et pannes” qui frappent le Défense outre-Rhin.

Par Jean-Dominique Merchet

A Berlin, le commissaire parlementaire aux forces armées – une fonction sans équivalent en France de contrôle indépendant des armées – Hellmut Könighaus vient de de lancer un cri d’alerte :

“Les missions extérieures de la Bundeswehr ne sont plus compatibles avec l’état actuel du matériel”.

Principal accusé : le manque de crédits pour le maintien en condition opérationnel des équipements.

Les chiffres de la Bundeswehr sont sont en effet inquiétants:

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L’Allemagne veut brider son industrie de défense à l’export et la consolider

Si Sigmar Gabriel, le ministre de l’économie et président du parti social-démocrate (SPD) tient ses promesses, l’Allemagne devrait, dans les années à venir, exporter nettement moins d’armes. Elle pourrait aussi compter moins d’acteurs dans ce secteur.

Par Frédéric Lemaître

Vendredi 5 septembre, à l’issue d’une première rencontre avec des responsables patronaux et syndicaux du secteur, le ministre de l’économie, à qui il revient d’accorder ou non les autorisations d’exportation de matériel militaire, a confirmé sa politique.

LA LOI EST « CLAIRE »

Hors pays de l’OTAN et de l’Union européenne, « les exportations d’armes sont en principe interdites ». Les autorisations doivent être exceptionnelles.

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Le chant du cygne de l’économie allemande

Au moment où le modèle allemand est encensé dans le monde entier, le président de l’Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d’autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que “dangereux“. Son pays est “en déclin” et “vit sur ses acquis“, explique-t-il dans “Allemagne, l’illusion” (“Die Deutschland Illusion“). Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, souligne-t-il.

“L’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l’an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq”.

Certes, l’Allemagne, considérée comme “l’Homme malade de l’Europe”, il y a encore une dizaine d’années s’est redressée depuis la crise financière de 2009.

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Jeremy Rifkin : « Ce qui a permis le succès inouï du capitalisme va se retourner contre lui » (Màj vidéo)

Addendum du 28/09/2014 : Jeremy Rifkin “Une jeune génération prête à passer à l’économie de partage“.

Il y a vingt-cinq ans, c’était la star du ring, le « boss », vainqueur du communisme par K-O ! Aujourd’hui, le capitalisme est un champion usé par la crise, miné par les contradictions et politiquement à bout de souffle. Pour l’économiste américain Jeremy Rifkin, nous assistons, tout simplement, à son éclipse. L’heure de la troisième révolution industrielle a sonné. La société va devoir s’adapter.

Dans un livre passionnant – La Nouvelle Société du coût marginal zéro – en librairie le 24 septembre 2014, il raconte le basculement, inévitable, que nous avons déjà commencé à opérer vers un nouveau système de production et de consommation: les « communaux collaboratifs ».

Cette troisième voie (au-delà du sempiternel binôme « capitalisme ou socialisme ») est une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels, et rendue possible par la troisième révolution industrielle, dans laquelle Internet nous a fait entrer. Un nouveau monde émerge, dynamisé par les réseaux sociaux, l’innovation et la culture du partage.

Utopie, encore ? Pour Jeremy Rifkin, c’est déjà une réalité. Entretien.
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Économie : L’oligarchie ment aux Français

Tribune libre de Paysan savoyard

La situation économique et sociale conduit à constater que les Français sont en la matière victimes d’un double mensonge: l’oligarchie leur ment ; et ils se mentent à eux-mêmes. Commençons par le premier volet. Un autre article suivra pour traiter du second.

  • Contrairement à ce qu’ils cherchent à faire croire, les politiciens n’essaient pas de régler les difficultés économiques et sociales

En apparence, un débat nourri existe au sein de la classe dirigeante  pour faire face aux difficultés auxquelles est confrontée l’économie française: débat entre la politique de l’offre et de la demande ; entre austérité et relance ; entre libéralisme et social démocratie ; entre remèdes de gauche et solutions de droite…

La classe dirigeante donne ainsi l’impression d’essayer sincèrement de s’attaquer aux problèmes, de réfléchir aux solutions, de les tester l’une après l’autre, de s’adapter à la conjoncture. C’est là un complet enfumage.

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