Les gouvernements et les banques se préparent-ils à un effondrement financier imminent ?

Article traduit du blog américain : L’Effondrement Économique (The Economic Collapse).

Quelque chose de vraiment étrange semble se produire. Partout dans le monde, les gouvernements et les grandes banques agissent comme s’ils anticipaient un effondrement financier imminent. Malheureusement, nous ne sommes pas au courant des conversations paisibles qui se déroulent dans les conseils d’administration et dans les couloirs des allées du pouvoir, des endroits comme Washington DC ou à Londres.

Tout ce que nous pouvons faire est d’essayer de donner un sens à tous les indices qui sont tout autour nous. Bien sûr, il est tout à fait possible de mal interpréter ces indices, mais tenir nos têtes dans le sable ne va pas faire du bien non plus.

La semaine dernière, il a été révélé que le gouvernement américain a secrètement dirigé cinq des plus grandes banques en Amérique afin « d’élaborer des plans pour conjurer un effondrement » durant les deux dernières années. En soi, cela ne serait pas une si grave affaire. Mais lorsque vous ajoutez ce morceau aux dizaines d’autres indices de faillite financière imminente, une image très troublante commence à émerger.

Au cours des 12 derniers mois, des centaines de cadres bancaires ont démissionné, des dirigeants d’entreprise ont bradé d’énormes quantités d’actions. Il m’a été dit personnellement qu’un nombre important de banquiers de Wall Street ont fait des emplettes pour des « propriétés survivalistes » pour se préparer au pire dans les communautés rurales cet été.

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Jeunes et fébriles : les nouveaux maîtres de l’Europe

D’un clic, les jeunes traders de la City peuvent faire tomber des gouvernements ou menacer la survie de l’euro. Mais, de leur propre aveu, ils ont du mal à interpréter les signaux confus en provenance des dirigeants européens et jouent la prudence, dans un cercle vicieux qui alimente la crise de la dette.

James Konrad, un jeune homme de 27 ans appliqué et bien élevé, a un temps gagné sa vie dans une société de paris sportifs, à mesurer l’influence d’une piste boueuse sur le galop des chevaux de course. Mais aujourd’hui, c’est sur les sables mouvants de la politique européenne qu’il parie.

Chaque jour, James Konrad peut négocier jusqu’à trois milliards de livres [3,8 milliards d'euros] d’obligations de la zone euro pour le compte de la Royal Bank of Scotland. En sport comme en finance, les paris sont incertains, mais la différence tient aux sommes largement supérieures qu’il manipule aujourd’hui – et qui semblent le stupéfier lui-même. “Comment faire comprendre à quelqu’un qu’on a réalisé des transactions à hauteur d’un milliard ? s’interroge James Konrad. Un milliard… On se perd facilement dans les zéros.”

Le marché des obligations s’est imposé comme un acteur formidable de la crise économique européenne, incarnant ce remarquable transfert de pouvoir qui s’est opéré au détriment des politiques et au profit des investisseurs et d’une cohorte relativement obscure de banquiers. Par le verdict qu’ils rendent collectivement tous les jours, ils ont le pouvoir de renverser des gouvernements et ont droit de vie et de mort sur l’euro.

Parole d’évangile

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La récession britannique confirme le marasme régnant en Europe

Le PIB du Royaume-Uni a reculé de 0,7 % au deuxième trimestre, confirmant l’ampleur de la récession où s’enfonce le pays depuis fin 2011. Ce qui confirme le marasme européen, illustré aussi par le recul du moral des patrons allemands.

Douche écossaise. L’économie britannique s’est enfoncée bien davantage que prévu dans la récession au deuxième trimestre, selon des données diffusées hier par l’Office des statistiques (ONS). Le PIB y a reculé de 0,7 % par rapport au premier, alors que les économistes tablaient sur une baisse de 0,2 à 0,3  % seulement.

Certes, la conjoncture a été affectée par une météo particulièrement humide, même compte tenu des standards britanniques, et par les jours fériés associés au jubilé de la reine. Mais ces circonstances exceptionnelles «  n’excusent pas » le recul de l’activité britannique, a souligné Georges Osborne, le ministre britannique des Finances.

Tous les secteurs de l’économie ont enregistré un recul de leur activité entre le premier et le deuxième trimestre, en particulier celui de la construction immobilière.

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L’Allemagne à son tour dans la tourmente économique

Les mauvais indicateurs se sont multipliés en Allemagne ces derniers jours. Signe que la première économie de la zone euro montre à son tour des signes de faiblesse.

Les signes négatifs se multiplient autour de l’économie allemande. En juin, les exportations et les importations ont reculé plus que prévu, signe à la fois que les entreprises allemandes peinent désormais à trouver des marchés et que leurs niveaux d’activité les conduisent à réduire leurs achats à l’étranger. L’industrie germanique fait, du reste, grise mine. La production industrielle a chuté de 0,9 % sur un mois, là aussi un peu plus que ce qu’attendait le consensus (-0,8 %). Mardi, les commandes à l’industrie avaient également déçue, chutant sur un mois de 1,7 %.

Stagnation

Ce piètre mois de juin de l’industrie allemande ne doit pas déclencher de panique : ces trois statistiques décevantes succèdent à trois bons chiffres en mai. Mais il n’en reste pas moins que la conjoncture allemande semble faire du surplace. « Le modèle selon lequel une baisse succède à une hausse est celui que l’on connaît depuis déjà huit mois en ce qui concerne la production industrielle », rappelle ainsi Thilo Heidrich, économiste à la Postbank.

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La City contre-attaque : ouverture du front français

L’Angleterre a mal à son économie. Elle a mal à ses banques. Elle a très mal à son Libor. Elle ne va donc pas bien. Ne s’agirait-il que de la “Crise” on compatirait, sans plus ! Mais le mal-être de l’Angleterre vient d’ailleurs. On commence à parler de sabotage, d’infiltrations malhonnêtes, de manipulations glauques. On dit que les Français n’y sont pas étrangers !

La bataille de Crécy, enluminure issue des chroniques de Jean Froissart

On voyait bien que le Premier Ministre anglais s’efforçait de donner le change, provocateur à déployer des tapis rouges pour les entrepreneurs français, séducteur pour faire venir les nouveaux Emigrés. On l’entendait bien porter haut et fort la défense et l’illustration des banques de la City. C’est vigoureusement qu’il annonçait qu’en aucune façon, il n’accepterait des réglementations “malthusiennes“, “contraires à l’esprit d’entreprise“, ” étrangères à la philosophie libérale“, “… à l’exigence d’ouverture de l’Union européenne“. Il était prompt toujours à revendiquer l’application des règles de cette Union qu’il avait toujours combattue et, tout à la fois, à les dénoncer comme autant de menaces contre la noble et doublement séculaire Banque anglaise.

On pensait l’Angleterre hors-jeu.

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Réponse à Marc Rousset : l’Europe meurt, et c’est tout

Par Michel Drac

L’Europe se dirige à terme vers une union carolingienne, nous dit monsieur Marc Rousset. Personnellement, je ne demande qu’à le croire. Autant l’empire thalassocratique anglo-saxon me répugne, autant le Saint Empire me convient. Je l’avoue : ce qui m’intéresse dans la France, c’est qu’elle fut la matrice de l’Europe. En réalité, quand je défends la France, je défends cette matrice. Le but, c’est de sauver l’Europe, c’est-à-dire l’idéalisme philosophique incarné dans le politique. Je l’ai écrit dans un petit bouquin commis il y a quelques années (Céfran). Je ne renie rien de ce que j’ai écrit. MAIS…

Mais le « petit » problème dans le propos de monsieur Rousset, c’est tout simplement que l’Europe ne prend pas du tout cette direction-là.

A vrai dire, l’Europe ne prend aucune direction.

Et la responsabilité de cet état de fait incombe principalement à l’actuel gouvernement allemand.

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L’Allemagne profite de la crise (selon le journal Bild)

Le quotidien allemand à grand tirage Bild, connu pour ses attaques contre la Grèce et ses prises de position eurosceptiques, soulignait aujourd’hui [1er août 2012] que “l’Allemagne gagne de l’argent grâce à la crise de l’euro“.

La nouvelle attractivité de la Grèce – “Enfin, c’est de nouveau comme avant : tout est joliment pauvre et si merveilleusement romantique !” (caricature allemande de Klaus Stuttmann)

Notamment l’État et les consommateurs bénéficient de taux d’intérêt bas“, écrit le journal le plus lu d’Allemagne dans un long article en page 2. Le ministre des Finances allemand “Wolfgang Schäuble gagne même de l’argent en s’endettant” grâce aux taux d’intérêt négatifs, explique le Bild.
Sur les 30 derniers mois l’Allemagne a économisé plus de 60 milliards d’euros dans le refinancement de sa dette“, détaille-t-il, citant un analyste. “En ajoutant à cela l’augmentation des entrées d’impôt et la baisse des dépenses sociales, les économies atteignent 70 à 100 milliards d’euros“.

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Ce n’est pas PSA qui va mal, c’est tout le pays !

Que les Français soient aujourd’hui obnubilés par l’Allemagne, dans l’industrie automobile et ailleurs, en dit long sur la crise identitaire qu’ils traversent. Le quotidien conservateur Die Welt brosse le tableau de ce déclin.

Juin 2008. François Hollande vient d’accéder à la présidence du Conseil général de Corrèze, et un cruel exercice d’autodérision choque les Français. Dans un spot publicitaire particulièrement réussi [voir ci-dessous], Citroën présente sa nouvelle berline, la C5, comme un véhicule intrinsèquement allemand – à ce miracle près qu’il est fabriqué en France.

Le héros du petit spot a toutes les caractéristiques de l’Aryen. Il a les cheveux blonds, les yeux bleus, possède un château dans les monts de Bavière et roule au son de la Chevauchée des Walkyries de Wagner. Il fonce à Berlin parader avec son carrosse devant la Porte de Brandebourg et le stade olympique nazi. Il se félicite – c’est l’objet de la publicité – d’avoir trouvé dans la Citroën C5 “la” voiture allemande par excellence.

A travers ce spot, les publicitaires expriment une grande vérité automobile. La deuxième génération de la C5 était une jolie variation sur l’Audi A4, avec un soupçon de BMW. N’osant pas diffuser le spot dans l’Hexagone, les Français l’ont fait passer dans les cinémas anglais avec succès, même si une poignée de députés travaillistes ont poussé des cris d’orfraie, jugeant malséant de jouer ainsi avec l’esthétique nazie. En France également, Citroën a reçu des milliers de lettres de doléances.


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Les Européens, rois du gaspillage alimentaire ?

Ces temps-ci, on manque de beaucoup de choses en Europe : d’emplois, de logements abordables en zone urbaine… mais certainement pas de nourriture. Pour preuve, 90 millions de tonnes de denrées alimentaires finissent à la poubelle chaque année dans l’Union européenne, soit près de 180 kilogrammes par habitant ! Difficile de se représenter un tel volume.

Bruxelles, en tout cas, a pris la mesure du problème et compte bien y remédier : d’ici 2025, les gaspillages alimentaires devront être réduits de moitié. Des campagnes de sensibilisation à grande échelle seront lancées dans ce but. Mais surtout, de nombreux jeunes Européens passent à l’action, et on voit fleurir de toute part des initiatives pour lutter contre la gabegie.

Combien de tonnes de nourriture finissent à la poubelle chaque année ?

Allemagne : Le mouvement « Culinary Misfits », en plein essor, en est un bon exemple. Ses membres passent dans les champs après la « récolte » pour récupérer ce que les machines ont laissé derrière elles : des légumes certes mal calibrés, mais parfaitement comestibles.

Lea Brumsack et Tanja Krakowski récupèrent les pommes de terre informes et les carottes mal calibrées que les récolteuses ont laissées derrière elles


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Olivier Delamarche : “Après avoir tondu les contribuables, on va tondre les épargnants”

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 24 juillet 2012 sur BFM Business, met les points sur les i, dans l’émission « Intégrale Bourse ».

« Plus aucun pays ne mérite son triple A et depuis très longtemps – Il y a eu un éclair de lucidité dans ce bref interview de Mario Draghi. Pour ceux qui savent lire il dit en gros : “on a suffisamment tondu les contribuables, maintenant on va passer aux créanciers.” – Je fais juste une petite remarque : le créancier au final c’est l’épargnant. »

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On ne peut plus tricher avec la nature (Rediff.)

Entre les deux guerres, on préconise 20 à 30 kilos d’azote à l’hectare. On ne viole pas les sols. Les rendements augmentent de façon spectaculaire. Et puis la loi du commerce augmentant, on est passé à 50, puis 100, et maintenant on en est à 248 kilos d’azote à l’hectare , c’est du délire.

Claude Bourguignon est docteur es-sciences, directeur du Laboratoire d’Analyse Microbiologique des sols (analyse sur le terrain et au laboratoire, sur le plan chimique et biologique des sols agricoles afin d’aider les agriculteurs dans leur gestion sol en France, en Europe, en Amérique et en Afrique), ingénieur agronome (INA PG), membre de la Société d’Écologie, membre de la Société Américaine de Microbiologie, enseignant à la première Chaire Française de Pédologie et de Microbiologie du sol (Beaujeu), auteur du livre : “Le sol, la terre et les champs” (Ed. La Manufacture/Sang de la Terre. 1989.), expert du sol auprès de la CEE. Le passage constant du terrain au laboratoire, de la politique au fondamental, lui permet d’avoir une approche globale du sol.

En tant que spécialiste de la vie des sols, pouvez-vous estimer le pourcentage des sols de France atteints par la pollution (et dans quelle proportion) ?

Claude Bourguignon : 10% des sols sont pollués par des métaux lourds. 60% sont frappés d’érosion. 90% ont une activité biologique trop faible et en particulier un taux de champignons trop bas. Idem dans le monde. De plus le phénomène de fatigue des sols (chute de rendements) se fait sentir en maraîchage et en culture betteravière.

Qu’est-ce que c’est pour vous, un sol ?

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  C. Bourguignon : Le sol est une matière vivante complexe, plus complexe encore que l’eau ou l’atmosphère qui sont des milieux relativement simples. Vous savez, le sol est un milieu minoritaire sur notre planète : il n’a que 30 centimètres d’épaisseur en moyenne. C’est le seul milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde organique de la surface – les humus. Je vais être obligé d’être un peu technique pour vous expliquer…

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Allemagne : les députés font passer en catimini une loi sur les données personnelles

En Allemagne, une loi pourrait autoriser les services municipaux à communiquer des données privées relatives aux citoyens (état civil, religion, situation familiale) à des entreprises qui pourraient les utiliser à des fins commerciales sauf si les citoyens font activement la démarche de s’y opposer. (Arte – 10 juillet 2012)

Ce texte assouplissant la protection des données personnelles a été adopté en catimini par une trentaine de députés en 57 secondes et en pleine demi-finale de l’Euro 2012 Allemagne-Italie.

Reste que le texte a tout de même très peu de chance d’être réellement adopté, puisqu’il doit passer devant le Bundesrat, la chambre haute du Parlement, où l’opposition est majoritaire.

Olivier Delamarche : « Tous les moteurs s’arrêtent les uns après les autres »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 26 juin 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« On attend un nouveau Quantitative Easing aux USA pour que la bourse puisse continuer à faire mumuse – Des Länders allemands sont en faillite – Les politiques sont totalement incapables de nous sortir de là où ils nous ont mis – La sortie de la Grèce de la Zone Euro ne serait pas une catastrophe épouvantable – La récession qui arrive va être extrêmement dure et violente. »

Europe : Sommes-nous menacés d’une nouvelle Guerre de Trente ans ?

Voici une série de réflexions menées en 2010 par Bernard Wicht – Privat-docent à l’Université de Lausanne et spécialiste de questions stratégiques – autour du lien conjoncturel qui pourrait exister entre la méga-crise financière que traverse actuellement l’Union européenne et un hypothétique conflit en Europe, en l’occurrence comment un conflit serait-il susceptible d’apporter une contribution majeure à la résorption du marasme actuel ? 

Compte tenu du marasme financier dans l’Union européenne (UE) et de l’impressionnante dette publique des principaux États membres (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie), il semblerait qu’une des solutions pour reconstituer une base minimale de crédit permettant d’éviter la banqueroute généralisée et l’effondrement complet, consisterait en une confiscation complète de toute la fortune privée en Europe.

Cette méthode avait été utilisée par Franklin D. Roosevelt en 1933 pour juguler la crise de 1929 aux USA : bénéficiant des appuis politico-militaires nécessaires, Roosevelt met les scellés (au sens propre) sur tous les coffres privés, précisément afin de reconstituer une base de crédit suffisante pour relancer la « machine » américaine.
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Grèce : Le “risque Maghreb” selon Stelios Ramfos

Pour le philosophe Stelios Ramfos, les Grecs sont des « prémodernes », qui privilégient la famille au détriment du bien commun. Fortement marqués par l’orthodoxie, ils n’ont pas le même rapport au temps que les autres Européens.

« La question culturelle est à la racine de la crise grecque. »

Quel est l’état d’esprit des Grecs ?

Stelios Ramfos : Ils sont en colère. Leur psychologie ne leur permet pas de penser sereinement les problèmes. Ils sombrent dans le nihilisme et sont capables de voter sans réfléchir.

Comment cela s’explique-t-il ?

S. R.  : La Grèce n’a jamais eu de Renaissance. Elle n’a pas connu les Lumières. Nous sommes des Européens en suspension depuis plusieurs siècles. La domination ottomane a prolongé le Moyen Âge. Il faut se rappeler que les Byzantins ont choisi les Ottomans par haine des Latins.

Nous sommes des archaïques, des prémodernes, au sens anthropologique du terme, qui ne connaissent pas l’équilibre de la raison et des sentiments. Ils sont du côté du sentiment. La démocratie a besoin de raison, de synthèse, de compromis. Or, les Grecs sont incapables de voir l’intérêt commun. La démocratie grecque est fragile. Nous l’avons d’ailleurs vécue par alternance.

Comment analysez-vous la situation actuelle ?
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Moody’s abaisse la note de 15 grandes banques occidentales, dont BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole

L’agence de notation avait annoncé qu’elle publierait d’ici à la fin du mois de juin le résultat du réexamen des notes d’une quinzaine de grands établissements bancaires. Elle avait prévenu que de nombreuses banques seraient fortement déclassées. La forte baisse des indices boursiers outre-Atlantique (-1,95 pour le Dow Jones et -2,44 % pour le Nasdaq) s’explique en partie par ces craintes.

Les plus touchés sont les américains Citigroup et Bank of America, qui ne se situent plus qu’à deux crans de la catégorie dite «spéculative». En Grande-Bretagne, le couperet est tombé sur HSBC, Barclays et RBS. Enfin, les notes des suisses UBS et Crédit Suisse et de l’allemand Deutsche Bank sont également revues à la baisse.

Concrètement, les banques vont avoir plus de mal à se financer avec ces mauvaises notes. L’ampleur de la dégradation risque de passer difficilement vendredi matin. En effet, l’agence n’a pas fait dans le détail avec cette vague généralisée d’abaissement de note.

Le Figaro

Cittàslow : Les villes lentes contre la frénésie du monde moderne

(Article du 4 mars 2008)

Dans un monde en constante accélération, quelques municipalités européennes ont créé un réseau, Slow Cities, visant à ralentir le rythme de la vie. Ce réseau réunit des villes et municipalités désireuses d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens, notamment en matière de nourriture et d’environnement.

Né en Italie, il y a maintenant 20 ans, Cittaslow (« Villes lentes » en italien), est issu d’un autre mouvement: Slow Food, en opposition au Fast Food nord-américain, synonyme de mal bouffe. L’objectif de cette organisation internationale est de protéger la gastronomie et le plaisir de la table.

La philosophie des « Villes lentes » repose sur certains principes. En n’utilisant que des produits régionaux de qualité, on apporte ainsi son soutien aux agriculteurs qui travaillent dans le respect de l’environnement et qui refusent de faire appel à de la main d’œuvre bon marché. Un mouvement qui a gagné 70 villes italiennes de moins de 60 000 habitants et une vingtaine d’autres dans le monde, jusqu’en Nouvelle-Zélande.

Des villes enracinées

L’objectif des Villes lentes est de combattre l’ubiquité dans ses deux dimensions : être, en même temps, ici et ailleurs. L’abomination absolue pour ces militants sont ces lieux modernes « hors sol » que sont les grands aéroports internationaux ou ces magasins entrepôts, tous sur le même modèle, qui défigurent les banlieues. Une ville lente refuse le « hors-sol » comme le « hors-temps ». Une stratégie de relocalisation des échanges et des consciences est inséparable de l’éloge de la lenteur comme une réaffirmation du local.

La modernité, en produisant l’homme sans qualité, joue la stratégie de la mondialisation de l’espace et du temps. Mondialisation des échanges commerciaux, développement des transports et mondialisation du temps vont de pair, comme le montrent les cotations boursières et les horloges internationales des palaces. Les villes lentes, parce qu’elles n’ont de cesse d’articuler ces stratégies de relocalisation et de retemporalisation, tendent à redonner de la qualité de vie, c’est-à-dire à enfanter un humain plus humain puisque plus autonome, parce que seul capable de s’autolimiter.

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Main basse sur les salaires : Le consensus de Berlin

Grèce, Roumanie, Belgique… Depuis quelques mois, Bruxelles place l’évolution des salaires au cœur de sa stratégie de résolution de la crise qui secoue l’Europe. Mieux, elle somme les autorités nationales d’obtenir des baisses. Le traité de Maastricht, entré en vigueur le 1er novembre 1993, stipulait pourtant que « la Communauté n’apportera ni appui ni soutien aux activités des Etats membres en matière de rémunération » (art. 2.6), clause reconduite dans le traité de Lisbonne.

Avril 2010. La « troïka », composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), intervient dans les processus de négociation collective en Grèce. Elle exige une baisse des salaires d’environ 25 % dans le secteur public ainsi que la réduction du salaire minimum. En juin, le même trio lance une procédure spéciale enjoignant au gouvernement roumain d’« adopter un code du travail révisé et une législation sur la négociation collective afin de réduire le coût de l’embauche et d’améliorer la flexibilité des salaires (1) ». Un an plus tard, enfin, la Commission européenne appelle la Belgique à réformer son système d’indexation des salaires, arguant que « les coûts unitaires de la main-d’œuvre [y] ont augmenté plus rapidement que dans les trois pays voisins (France, Allemagne, Pays-Bas) (2) ».

Si la question des salaires a d’abord été exclue des prérogatives communautaires, les contraintes imposées par l’Union — du contrôle des déficits publics à celui de la dette — visaient en partie à garantir la « modération salariale ». Mais ce pilotage s’effectuait à distance, sans intervention directe. Il n’en va plus de même. Et, d’après le président de la Commission européenne, la récente évolution de l’action de Bruxelles n’a rien d’anecdotique. « Ce qui se passe actuellement, affirme M. José Manuel Barroso, est une révolution silencieuse, à petits pas, vers une gouvernance économique plus forte. Les Etats membres ont accepté — et j’espère qu’ils l’ont bien compris — d’octroyer aux institutions européennes d’importants pouvoirs en matière de surveillance (3). »

Les gouvernements ont décidé de se coordonner pour mener, à l’échelle européenne, une politique commune de régression salariale. Le pacte « euro plus », adopté en mars 2011, accélère le détricotage des modèles de négociation collective. Au-delà de la limitation des dettes et des déficits publics — qu’elle souhaite voir inscrite dans la législation de chaque pays —, l’Union européenne entend désormais s’immiscer dans les négociations nationales pour imposer sa conception de la discipline salariale. Le « paquet sur la gouvernance économique européenne » (« six-pack »), voté par le Parlement européen en octobre 2011, assortit même le pacte — un simple engagement politique entre Etats — de contraintes juridiques.

Ce dispositif, qui contient six actes législatifs européens, a été adopté dans l’urgence et en toute discrétion. Piloté par la direction générale des affaires économiques et financières (DG Ecfin), les ministres de l’économie et la BCE, il prévoit qu’un « tableau de bord » donnera l’alarme en cas de « déséquilibre macroéconomique » ou d’« écart de compétitivité » jugé trop important à Bruxelles. Si un pays ne se conforme pas aux recommandations, il sera passible de sanctions financières. En matière de salaires, l’indicateur choisi comme niveau à bulle de cette architecture n’a rien d’anodin : on a préféré le coût unitaire de la main-d’œuvre (CUMO) à la part des richesses revenant aux salaires (4). Alors que le premier indicateur reflète l’évolution des rémunérations par rapport au reste de l’Union, le second analyse la distribution des richesses entre travail (salaires) et capital (profits). Le terme « compétitivité » maquille mal la nature du projet : une intensification de la concurrence entre les salariés européens, au sein d’une Union dont les concepteurs affirmaient pourtant qu’elle favoriserait la coopération de ses membres vis-à-vis de l’extérieur…

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Allemagne : Les eurosceptiques gagnent du terrain (MàJ vidéo)

Addendum du 15/06/2012

Le nouveau best-seller de Thilo Sarrazin, «L’Europe n’a pas besoin de l’euro», est en bonne place dans les rayons des libraires en Allemagne. Ancien membre du comité exécutif de la Bundesbank, en instance d’exclusion du SPD, le parti social-démocrate allemand , T. Sarrazin est perçu à tord comme un populiste. Son précédent ouvrage intitulé «L’Allemagne court à sa perte», très controversé, a été vendu à plus de 1,5 million d’exemplaires. Son nouvel opus pourrait bien dépasser ce chiffre.

A l’origine de ce livre, la célèbre déclaration de la chancelière Angela Merkel: «Si l’euro échoue, l’Europe échoue». Thilo Sarrazin y réplique en développant sa thèse centrale, à savoir que «l’Europe a prospéré pendant plusieurs décennies, sans monnaie commune, avant le lancement de l’euro. L’euro n’est pas une condition nécessaire pour l’Union européenne.»

L’Europe ne dispose pas de la baguette magique permettant une sortie de l’euro dans l’ordre et la discipline. Plus on réfléchit à ce scénario et plus il semble impossible

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Italie : “L’euro a mis fin à l’état de grâce”

Francesco Saraceno, économiste à l’OFCE et spécialiste de l’Italie, estime qu’un plan européen est nécessaire pour relancer la demande et sortir le pays de la récession.

Avec une contraction de son produit intérieur brut de 0,8 % au premier trimestre, l’Italie s’enfonce un peu plus dans la récession. De quoi souffre-t-elle ?

L’économie italienne souffre de deux maux à la fois. D’une part, elle est touchée par la crise européenne – qu’elle a également contribué à créer -, d’autre part, elle est plombée par son manque chronique d’innovation, sur fond de système politique inefficace.

Pendant les trente années qui ont précédé l’euro, une grande partie des ressources du pays ont été gaspillées, particulièrement par les entreprises, qui se sont protégées derrière les dévaluations de la lire pour ne pas réduire leurs coûts et améliorer leur compétitivité. Or, l’arrivée de l’euro a mis fin à cet état de grâce, faisant remonter à la surface tous ces problèmes structurels.

C’est pourquoi cela fait quinze ans déjà que la croissance italienne est inférieure à celle de la zone euro. La politique d’austérité n’a fait qu’aggraver les choses, en enrayant la capacité du pays à soutenir les dépenses d’avenir, que ce soit dans les secteurs public ou privé. Preuve en est, les investissements ont baissé de 3,6 % au premier trimestre.

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Comment la France s’efface peu à peu des écrans radar du commerce mondial

Nouvelle démonstration de la supériorité de l’économie allemande pour les uns, illustration de la perte de compétitivité de la France pour les autres. Quel que soit l’angle de vue, la publication simultanée, vendredi 8 juin, d’un déficit commercial français de 5,8 milliards d’euros pour le mois d’avril, de 200 millions plus important qu’en mars, face à un excédent allemand de 14,4 milliards (chiffres bruts) – bien qu’en léger recul – est un mauvais point pour l’économie française.

Année après année, l’Allemagne creuse l’écart avec une France en déclin qui semble incapable de défendre sa place dans le commerce mondial. Entre 1999 et 2012, la part de marché du pays dans les échanges internationaux a chuté de moitié, passant de 6,5 % à 3,5 %, quand Berlin limitait les dégâts, indique Patrick Artus, chef économiste chez Natixis et professeur à l’Ecole polytechnique. “Seule la Grèce a fait pire que nous ! Combien de temps cela peut-il durer ?”

Depuis dix ans, la balance commerciale du pays est dans le rouge. Chaque année davantage : 231 millions en 2003, 24 milliards en 2005 et plus de 70 milliards en 2011. Si l’aéronautique, le luxe, la pharmacie et les cosmétiques parviennent à résister, la détérioration des autres secteurs a des allures de “bain de sang”, estime M. Artus.

L’Hexagone est peu présent dans les pays émergents

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Sortir de l’euro, et puis?

Par Rudo de Ruijter, Chercheur indépendant, Pays-Bas.

L’euro a un problème insoluble. Les pays qui sont sévèrement endettés maintenant, s’ils réussissent à s’en sortir à coups de réductions de dépenses d’État, s’endetteront de manière prévisible à nouveau.

L’euro est une monnaie très pratique, mais elle fait des millions de victimes. Cet article explique d’une  façon simple pourquoi l’euro ne peut pas marcher et expose les avantages d’un passage vers un système d’argent d’État.

- Non, la coopération Européenne ne s’arrêtera pas sans l’euro! – Et oui, nous serions bien mieux avec de l’argent d’État!

C’est parce que ces pays sont victimes d’un défaut fondamental dans l’euro. Déjà avant le démarrage de l’euro des économistes ont averti, qu’une monnaie unique ne peut fonctionner que lorsque tous les pays participants sont économiquement homogènes. [1] [2] [3]

En ce moment il n’y a rien qui empêche des consommateurs grecs de préférer des produits d’Allemagne meilleurs et moins chers. Et lorsque la Grèce importe plus qu’elle n’exporte, ses dettes augmentent. La même chose vaut pour tous les pays moins productifs dans la zone euro. Ils pourront réduire leurs dépenses autant qu’ils voudront et privatiser toutes les infrastructures, mais la prochaine crise de dettes ne sera jamais loin!

Voici pourquoi. Lorsque les consommateurs dans des pays moins productifs préfèrent des produits importés moins chers et meilleurs, la dette extérieure augmentera, tandis que la productivité du pays diminuera. Lorsqu’un pays dispose de sa propre monnaie, il peut la dévaluer. Cela augmentera le prix des produits importés et diminuera le prix de ses propres produits à l’exportation. La dette diminuera et la productivité augmentera de nouveau. Des dévaluations étaient habituelles avant le début de l’euro.

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Retraites : L’espérance de vie des plus pauvres est-elle en train de reculer ?

La retraite à 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes vient d’être rétablie par décret. Mais les inégalités devant la mort – et donc la retraite – demeurent : les ouvriers vivent en moyenne six ans de moins que les cadres. L’espérance de vie sans incapacité a diminué en France. En Allemagne, où les bas salaires se massifient, les plus pauvres ont même perdu deux ans d’espérance de vie alors qu’ils travaillent plus.

En France, l’espérance de vie en bonne santé diminue

Reculer l’âge de départ à la retraite pénalise avant tout les travailleurs les plus pauvres, qui vivent moins longtemps que les autres, alors même que l’espérance de vie générale continue d’augmenter. Une étude de l’Insee soulignait fin 2011 la constance des inégalités sociales face à la mort. Un homme cadre supérieur de 35 ans peut aujourd’hui espérer vivre jusqu’à 82 ans. Mais un ouvrier du même âge a une espérance de vie de seulement 76 ans, soit six ans de moins [2].

L’écart entre cadre et ouvrier atteint même dix ans pour l’espérance de vie en bonne santé, qui a baissé de presque un an en France entre 2009 et 2010 : 61,9 ans pour les hommes [3] (lire aussi notre article). L’écart est moins marqué chez les femmes, avec trois années de différence d’espérance de vie entre cadres et ouvrières. Mais les disparités demeurent : une ouvrière de 2012 est au même niveau qu’une cadre dans les années 1980.

Le risque de mourir plus tôt que la moyenne est aussi très différent selon les catégories sociales. Un ouvrier de 35 ans a, par exemple, deux fois plus de risque de mourir avant 60 ans qu’un cadre du même âge (13 % de risque contre 6 %) [4]. Ces écarts restent les mêmes depuis un quart de siècle (lire aussi : Toutes les 3 minutes, un salarié européen meurt à cause de son travail).

En Allemagne, l’espérance de vie des plus pauvres recule

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Comment “Européen” est devenu une insulte à Washington

L’économie éloigne les deux rives de l’Atlantique”, La Stampa résume ainsi les conséquences des récentes déclarations de Barack Obama, selon lesquelles les maigres perspectives de croissance des Etats-Unis sont dues à la mauvaise gestion de la crise de la zone euro.

Il y a des causes immédiates et de plus long terme à la manière de plus en plus pressante avec laquelle le président Obama secoue les Européens”, commente le quotidien de Turin.

Les premières concernent la présidentielle de novembre aux Etats-Unis :

depuis l’investiture républicaine de Mitt Romney, la campagne bat son plein, etle mot “Europe” est devenu une insulte utilisée par les candidats pour discréditer leur adversaire,

note La Stampa.

Les secondes causes concernent les rapports translatlantiques, en particulier avec Berlin :

(…) ce que les guerres en Irak et en Afghanistan ne sont pas parvenues à faire – affaiblir l’alliance – pourrait survenir aujourd’hui à cause de la crise et d’une Allemagne peut-être pas suffisamment audacieuse pour poursuivre sciemment un “grand dessein”, mais assez “têtue” pour saper les bases de l’alliance occidentale.

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La fausse solution des eurobonds

Par Frédéric Lordon

Au point où le destin de la zone euro, et en fait de l’Union tout entière, se trouve rendu à l’alternative radicale de l’explosion ou du fédéralisme complet, il semble bien que vae victis soit la réponse, malheur aux vaincus, aux demi-habiles et aux faux visionnaires, architectes prétendus d’une grandiose construction politique mais sans la moindre culture politique, ou du moins persuadés que l’ingénierie des pactes fiscaux pouvait leur en tenir lieu.

Il est à craindre en effet que les ouvriers paniqués de la onzième heure ne puissent accomplir ce qui aurait dû être entrepris depuis très longtemps, mais à quoi en fait ils se sont toujours refusés, et que le temps compté d’une crise aigüe ne leur laissera pas accomplir : la construction d’une souveraineté démocratique européenne. Par quel miracle d’ailleurs les apprentis néo-démocrates pourraient-ils retrouver, en fait même trouver tout court, les voies d’une réintégration des peuples quand leurs efforts les plus constants n’auront eu de cesse de les tenir écartés depuis l’origine ? Fidèles à leurs réflexes incorporés et dans l’effroi de la destruction imminente, c’est de nouveau par la voie de l’ingénierie financière que les gouvernants européens pensent se sauver et finalement repousser encore un peu le moment politique fatidique.

Les eurobonds (façon Capitaine Haddock)

L’argument des eurobonds commence maintenant à être suffisamment bien connu pour qu’il soit nécessaire de s’y appesantir : la zone euro connaît des tourments hors de proportion avec ses données macroéconomiques consolidées.

Considérée dans son ensemble, elle affiche un déficit de 4,1 points de PIB et une dette publique de 87,2 points de PIB à la fin 2011 [1], soit une meilleure performance à tous égards que les États-Unis (9,6 % et 102,9 %) [2] ou le Royaume-Uni (8,3 % et 85,7 %) [3] – et quoique ce dernier ne perde rien pour attendre : la politique d’austérité y sera, y est déjà, aussi meurtrière que n’importe où ailleurs, et sans l’Europe pour faire aimablement diversion, on peut parier que les marchés financiers le prendraient rapidement à partie pour son ratio de dette voué à la même dérive que tout le monde.

Si les données financières agrégées de la zone euro se comparent plus que favorablement à celles de ses homologues, il ne tiendrait donc qu’à une homogénéisation semblable de ses marchés de dettes publiques de « calmer la défiance », obtenir des taux d’intérêt avantageux, et sortir de la crise avec les honneurs.

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« Faut-il sortir de l’euro ? » de Jacques Sapir

Au fil des jours, la question posée par certains politiques et de nombreux économistes devient de plus en plus cruciale : « Faut-il sortir de l’Europe ? ». Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Université de Moscou, auteur de nombreux ouvrages qui font école, en a fait le titre de son dernier livre paru en janvier dernier aux éditions du Seuil. Michel Leblay, économiste connu de nos lecteurs par ses articles mis en ligne sur le site de Polémia, vient de lui remettre une synthèse fort documentée du livre de Jacques Sapir.

 Dans son essai, Faut-il sortir de l’euro ? , Jacques Sapir, comme a son habitude, présente une argumentation économique, intelligible et étayée, assortie de données statistiques, approfondissant les causes, exposant les solutions. L’un des éléments clés de la démonstration est la mise en exergue du rôle central occupé par l’Allemagne dans la mise en place de la monnaie unique et des règles définissant son fonctionnement dont elle a été le principal bénéficiaire. Il expose tout l’intérêt, notamment pour la France, d’une sortie de l’euro en termes de compétitivité retrouvée et de restauration d’une base industrielle substantielle. Abandonner l’euro, dans sa forme actuelle, la monnaie unique, ne signifie pas, pour autant, un renoncement à un étalon monétaire européen. L’auteur préconise, comme d’autres, l’adoption d’une monnaie commune dans laquelle seraient libellés les échanges extérieurs des Etats membres de la zone monétaire de l’euro ainsi redéfini.

A propos de la distinction entre la monnaie unique et la monnaie commune, il faut préciser que la première se substitue aux monnaies nationales, devenant le seul étalon monétaire pour tous les pays de la zone l’ayant adopté. Au contraire, la monnaie commune ne remplace pas les monnaies nationales qui demeurent pour toutes les transactions internes aux Etats. Par contre, ces monnaies nationales ne sont convertibles, selon une parité préalablement fixée, que dans la monnaie commune, unité de compte dans laquelle sont réalisés tous les échanges internationaux. Seule cette monnaie commune est cotée sur le marché libre des changes.

Si elle survient dans un contexte économique et financier dégradé après la crise dite des « subprimes » intervenue aux Etats-Unis en 2007 – 2008 et la perte par ceux-ci de leur note AAA, la crise qui affecte la zone euro a, d’abord, un caractère spécifique avec la conjonction de trois phénomènes :

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Obligations européennes ou Euro-obligations

Voilà un sujet qui permet de faire du papier et de faire débattre les hommes et les femmes politiques. Pour les uns, être solidaire, c’est faire les choses ensemble. Pour les autres, être solidaire, c’est faire payer les riches. En Europe un débat qui oppose les “tenants de la Croissance” (les Français) au défenseur de la rigueur (les Allemands).

Merkel : « Moi, je ne crois pas à ce type de solution unique et je ne crois pas que d’un seul coup de baguette magique on va résoudre tous les problèmes.

Ce sont ces moments forts de la pensée économique européenne qui en font toute la valeur et toute la richesse ! Le sujet ce sont les Euro-bonds. Les e-bonds comme disent les gens de la Commission. Les Obligations européennes comme disent les français qui luttent contre l’impérialisme de la langue anglaise. Quoique, dans ce dernier cas, on mette en lumière une ambigüité dont il faut se débarrasser : dans certains ouvrages savants, euro-bonds, ou « Europe obligations » sont, par extension du mot « eurodollar » des obligations souscrites en euro par des banques qui ne sont pas dans la zone euro. Cette définition date singulièrement. Il faut se contenter d’une formule un peu large : les Euro-obligations sont des obligations souveraines émises par un organisme coopératif européen ou par une collectivité de pays européens, membres de la zone euro que l’obligation soit stipulée en Euro ou non.

Donc, les euro-obligations, sur le plan conceptuel ce serait simple ?

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L’Allemagne bat le record de production d’énergie solaire

Le temps semble revenir au beau fixe pour le photovoltaïque. Vendredi et samedi, entre midi et deux heures, l’Allemagne a battu le record mondial de production d’énergie solaire : 22 gigawatts d’électricité, soit l’équivalent de 20 réacteurs nucléaires tournant à plein régime.

Selon l’institut spécialisé dans les énergies renouvelables IWR, basé à Münster, cité par Reuters, cette production a permis de répondre à un tiers des besoins en électricité du pays vendredi, journée de travail classique, et presque la moitié de ceux du samedi, lorsque les bureaux et usines étaient fermés.

Ce record de 22 GW dépasse largement la production de l’année précédente à la même époque, de 14 GW. Si le grand ensoleillement sur le pays ces derniers jours a précipité les choses, la performance est surtout à mettre sur le compte de l’augmentation par l’Allemagne de sa capacité photovoltaïque installée, qui s’élève cette année à 26 GW, soit 8 GW supplémentaires en un an.

Le pays compte ainsi aujourd’hui presque autant de capacité installée que le reste du monde (27 GW en 2011), et obtient 4 % de ses besoins totaux annuels d’électricité à partir du soleil. Plus largement, avec l’éolien et la biomasse, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique allemand atteint 20 %, en hausse de 20 % sur un an depuis la sortie progressive du pays de l’atome. Son objectif est de réduire ses émissions nationales de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990.

Si ces derniers mois ont vu la banqueroute de plusieurs fabricants allemands de cellules photovoltaïques, dont le leader Q-cells, fragilisés par la concurrence chinoise, le secteur se porte malgré tout bien, comme l’indiquait Paolo Frankl, responsable de la division énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie, dans cette interview au Monde.fr en avril.

Lire l’intégralité de l’article sur le blog écologie du Monde

Un socialiste allemand se démarque de la politique économique de Paris

L’un des chefs de file du parti social-démocrate allemand (SPD), l’ex-ministre des Finances Peer Steinbrück, a estimé dans un entretien à paraître mardi que les projets du nouveau gouvernement socialiste français pouvaient “avoir des conséquences pour la solvabilité de la France“.

En référence aux projets du nouveau président François Hollande en matière de retraite et de fiscalité notamment, M. Steinbrück a déclaré:

“je ne proposerais pas de telles mesures pour l’Allemagne“.

“Bien sûr les investisseurs et les agences de notation vont regarder attentivement quelles décisions sont prises en France.

Cela peut avoir des conséquences sur la solvabilité de la France”

, a-t-il ajouté.

“Le SPD doit mener sa propre politique, nous ne sommes pas une copie” des socialistes français, a-t-il également déclaré.

contrairement aux socialistes français face au dernier président Nicolas Sarkozy, les députés SPD ont soutenu jusqu’à présent l’orientation du gouvernement conservateur d’Angela Merkel en matière de sauvetage de la zone euro. En outre, les réformes structurelles mises en oeuvre ces dix dernières années en Allemagne sont pour beaucoup le fait du SPD.

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Berlin compte sauver l’Europe comme jadis la RDA

La chancelière qui est confrontée à une résistance inédite contre sa politique d’austerité au sein de l’Union, prépare la riposte à la “stratégie de croissance” de son principal opposant, le président français François Hollande.

L’hebdomadaire allemand (Der Spiegel) rend compte d’un projet en six points qui circule actuellement à Berlin et qui est censé mettre l’Europe à flots en la rendant… plus germanique : s’inspirant à la fois des réformes en Allemagne de l’Est après la réunification et du grand programme de flexibilisation de l’emploi appelé “agenda 2010”, la chancelière veut sauver l’euro par des réformes structurelles :

Merkel veut des programmes favorisant la création d’entreprises petites et moyennes tel que l’offre l’Allemagne. [...]

Les Etats européens souffrant d’un chômage important devraient réformer leur marché du travail selon le modèle allemand.

Ainsi, la protection contre le licenciement pourrait être assouplie, et on introduira des contrats de travail à bas salaire, plus légers en terme de charges patronales, et on renforcera la formation par alternance.

[Dans les pays du sud comptant de nombreuses entreprises profitant d’une protection étatique], des fonds devront être créés pour les privatiser tel qu’ils existaient en Allemagne de l’est. [..]

De plus, les conseillers de Merkel préconisent des zones économiques spéciales comme celle qui a porté la montée de la Chine.

Enfin, les États d’Europe du sud devraient investir dans les énergie renouvelables, réduire les obstacles fiscaux et favoriser la mobilité des travailleurs.

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La France est-elle en train de s’allier à Wall Street et à la City pour isoler l’Allemagne ?

Au XIXème siècle, l’Allemagne avait pris la tête de la Triplice, dont l’objectif était d’isoler la France. Deux siècles plus tard, la France semble vouloir se venger en menant les opposants à l’Allemagne. Et si les socialistes étaient les “idiots utiles” pour faire progresser l’agenda des Anglo-saxons ?

Pour remplir un agenda électoral, la France rejoint le camp des opposants à son alliée, l’Allemagne, et signe un texte étonnant qui prône la productivité à tous crins, c’est à dire les licenciements, les réformes structurelles c’est à dire la flexibilité et la précarité, les changements des lois sur le travail.

Les paragraphes 7 et 8 du communiqué publié à l’issue du G8 sont un modèle de reniement de ce pourquoi les électeurs de gauche ont voté : on met l’accent sur la productivité, les réformes structurelles, la poursuite de l’intégration du marché international, l’ouverture des marchés, le refus du protectionnisme, l’insistance sur le rôle de l’OMC, les dérégulations etc etc

Plus que jamais il faut décoder, déconstruire, revenir aux faits et aux fondamentales.

Pourquoi ? Parce que :

  • La crise grecque est à un tournant
  • L’Espagne a rejoint l’enfer
  • L’offensive, la pression  anglo-saxonne est à son comble
  • La France est à nouveau en période électorale
  • Merkel est aux abois.
  • La droite française est dans les cordes
  • La situation iranienne est instable
  • Les marchés sont fragiles, au bord du précipice.

Commençons par les marchés…

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Allemagne : Un modèle économique et social ?

Il n’existe pas en Allemagne de salaire minimum : plus de 6,55 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l’heure, 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure, et ils sont nombreux à vivre avec moins de 4 euros par heure, c’est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet.


Pauvreté 

6,5 millions de travailleurs, c’est à dire 22% des actifs, vivent sous le seuil de pauvreté. Les 10% des travailleurs les plus pauvres ne gagnent que 259 euros par mois. Les 10% d’au dessus gagnent seulement 614 euros par mois. Il y a 12 millions de pauvres, et entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s’est accru d’un tiers.

En février 2010, le droit au“minimum vital digne” garanti par la constitution est passé de 359 euros par personne à 374 euros.., 80% des actifs ont perdu du pouvoir d’achat entre 2000 et 2010.

Précarité de l’emploi, explosion du temps partiel et de l’intérim
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Frédéric Lordon : “Euro, terminus ?”

La science économique n’existe pas. Il n’y a que de l’économie politique. Il faut pourtant toujours des événements extrêmes pour dessiller ceux qui feignent de croire, ou pire, croient de bonne foi, que l’administration des choses pourrait remplacer la délibération des hommes. Ça tombe bien, en voilà un qui s’annonce. La perspective d’une sortie de la Grèce de l’euro, puis celle d’une possible décomposition de la monnaie unique par effet de contagion, promettent de rappeler à grand spectacle ce qu’il en coûte d’ignorer la part politique de l’économie.

Car il suffirait de figurer l’enchaînement possible des choses sous la forme d’un arbre de décision pour apercevoir que, quoique configuré par des contraintes économiques, chacun de ses points de bifurcation a fondamentalement la nature d’un acte politique de souveraineté.

La Grèce continuera-t-elle de se soumettre à l’austérité ? — politique. Décidera-t-elle le défaut en grand ? — politique. L’Europe réagira-t-elle en tentant de la garder dans l’euro ou en la poussant dehors ? — politique. Est-ce la Grèce elle-même qui anticipera en réarmant sa banque centrale et en retournant à la drachme ? — politique.

Mais politiques plus encore les mouvements réactionnels des corps sociaux qui finissent toujours par passer le point où l’étranglement de l’austérité combiné à la dépossession de souveraineté deviennent intolérables et, très légitimement, cherchent à toute force une voie de sortie, pour le meilleur — Syriza qui pourrait être le germe d’une réaffirmation des peuples contre les orthodoxies financières (celles des marchés et des gouvernements mêlées) — ou pour le pire — cette sinistre Aube Dorée, reproche vivant fait à l’Europe libérale, supposément justifiée pour que « plus jamais ça » et dont tous les actes concourent inexorablement à faire revenir « ça ».

Némésis politique
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Pourquoi les Allemands ont horreur des «eurobonds»

Après avoir fait don de son deutsche mark adoré pour créer l’euro en 1999, l’Allemagne pourrait-elle partager sa crédibilité budgétaire avec ses voisins en 2012, cette fois pour sauver la zone euro?

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(…) Les euro-obligations consisteraient donc à faire pot commun: les États émettraient ensemble sur les marchés financiers, tout comme l’État fédéral américain, pour financer leurs déficits. Cette solidarité serait belle comme l’antique.

Et dans la pratique, il n’y aurait aucune raison pour que la zone euro, dont le déficit 2012 est deux fois moindre que celui des États-Unis, n’obtienne pas des taux aussi avantageux que les Américains (1,7% sur les obligations à dix ans). Finie la crise des dettes de l’Euroland!

(…) les Allemands redoutent plus encore que les euro-obligations ouvrent la voie au laxisme budgétaire. La crainte n’a rien de théorique.

Il suffit d’observer les politiques économiques de patachon menées au lendemain de l’instauration de l’euro, notamment en France, sous prétexte que la monnaie unique servirait de «bouclier». On sait depuis ce qu’il en a été.

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Jacques Attali: de toutes les forces de la France

Malgré une situation périlleuse, la France et l’Europe peuvent encore éviter le scénario de la fin de l’euro et de l’effondrement du niveau de vie de chacun des Européens.

 

Au coeur de l’été, lorsque les cendres et les confettis électoraux seront retombés et auront été ramassés, le pays se trouvera dans une situation extrêmement périlleuse:

1. En France, les perspectives de chômage, de déficit budgétaire et de balance des paiements seront pires que n’avait voulu le faire croire la majorité sortante.

2. Les élections en Grèce auront sans doute amené un gouvernement hostile au pacte de stabilité, et la sortie de l’euro sera imminente pour ce pays.

3. Au Portugal, le soutien de l’opinion à la politique d’austérité se sera effiloché.

4. En Italie, le gouvernement de Mario Monti aura perdu l’essentiel de son élan réformateur.

5. En Allemagne, l’union sacrée autour de la rigueur aura disparu.

6. L’Espagne aura fait basculer sa dette privée sur sa dette publique, qui atteindra le niveau français et allemand, dans un contexte de chômage record.

7. Les banques européennes apparaîtront comme durablement incapables, faute de fonds propres, de financer l’économie.

8. L’Union européenne, empêtrée dans des querelles bureaucratiques et sans leadership sérieux, aura montré son impuissance.

Si ce scénario se réalise, la fin de l’euro et l’effondrement du niveau de vie de chacun des Européens seront à portée de vue. Et pourtant, ceci n’est pas inévitable.

Lire l’intégralité de l’article sur Slate

Ces Européens révoltés

par Paul Krugman

Les Français se rebellent. Les Grecs aussi. Et il était grand temps!

Il s’est tenu des élections dans ces deux pays dimanche, qui se sont révélées être des référendums à propos de la stratégie économique européenne actuelle, et dans les deux pays, les électeurs l’ont rejetée. Il n’est pas évident de savoir comment ces votes vont mener à des changements rapides de politique, mais le temps semble compté pour la stratégie de la relance par l’austérité – et c’est une bonne chose.

Qu’est-ce qui ne va pas dans cette ordonnance qui prescrit des coupes dans les dépenses comme étant le remède des maux de l’Europe ? L’une des réponses tient au fait que la fée de la confiance n’existe pas – c’est-à-dire que les affirmations selon lesquelles les réductions drastiques des dépenses de l’état encourageraient les entreprises et les consommateurs à dépenser davantage ont été réfutées de façon indiscutable par les deux années que nous venons de vivre. Ainsi, la réduction des dépenses dans une économie déprimée ne fait que renforcer la dépression.

L’une des réponses – une réponse qui est plus sensée que ce que presque tout le monde en Europe est prêt à admettre – serait de casser l’euro, la monnaie unique de l’Europe. L’Europe ne se trouverait pas dans cette situation si la Grèce avait encore la drachme, l’Espagne sa peseta, l’Irlande sa livre, et ainsi de suite, parce que la Grèce et l’Espagne auraient ce qu’elles ne possèdent pas aujourd’hui : un moyen rapide de restaurer la compétitivité et de donner un coup de fouet aux exportations, à savoir une dévaluation.

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Allemagne : Interdiction de contester le Pacte budgétaire ?

Un an après le mouvement du 15M, lancé par les indignés espagnols, c’est au tour des mouvements sociaux allemands d’appeler à l’occupation du quartier des banques et de la Banque centrale européenne (BCE), qui a son siège à Francfort, du 17 au 19 mai (lire l’appel).

 

Objectif : s’opposer à l’austérité et à la ratification du « Pacte budgétaire » voulu par Angela Merkel, qui impose une règle d’équilibre permanent des finances publiques, avec un déficit « structurel » qui ne pourra plus jamais dépasser 0,5 % du PIB, interdisant tout investissement et politique de relance.

Les autorités allemandes et les financiers de Francfort ont-ils pris peur devant la mobilisation ? Arguant de possibles « violences », le chef de la police de Francfort a interdit toute manifestation. Les autorités locales – la ville est depuis peu gouvernée par les sociaux-démocrates du SPD – redoutent en particulier l’action de blocage de la BCE et du quartier des banques prévue le 18 mai.

Pour les organisateurs, « cette interdiction est une violation manifeste du droit constitutionnel à manifester » (voir la pétition).

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