La mafia d’Internet

En postulant sur Internet pour un petit boulot, Ursula M., une paisible retraitée de Leipzig, était loin de se douter qu’elle se retrouverait membre d’un réseau de blanchiment d’argent. Elle fait ainsi partie des 70% d’Allemands à avouer avoir été victimes d’arnaques en ligne.

Évoluant très vite, la cybercriminalité comprend aussi bien la simple imposture que des montages complexes jouant sur les différentes réglementations nationales et capables de déstabiliser tout un pays.

Lauri Altman était secrétaire d’État à la Défense en 2007, lorsque son pays, l’Estonie, a subi la plus grande attaque informatique de l’histoire. Il raconte la paralysie des sites gouvernementaux, des banques, des télécommunications, et les émeutes et pillages qui s’en sont suivis.

Italie : La Péninsule devient numéro un du vin, devant la France (Màj vidéo)

La production française devrait reculer de 1 % cette année. Plusieurs vignobles ont souffert de la sécheresse et de températures trop élevées.

L’embellie aura été de courte durée. Après avoir retrouvé son rang de premier producteur de vin de la planète l’an dernier, la France va à nouveau devoir se contenter de la deuxième place derrière l’Italie à l’occasion de la campagne 2015-2016. L’Hexagone avait doublé l’Italie lors de la campagne précédente. Une première depuis quatre ans.

Selon les estimations présentées par la Commission européenne, la Péninsule devrait très sensiblement accroître sa production cette année, avec un bond de près de 13% à 50,4 millions d’hectolitres. En fait, c’est un retour à la normale. L’année 2014 avait été exécrable sur le plan météo en Italie. Cela n’a pas été le cas en 2015. La production française devrait en revanche être en retrait de 1%, à 46,4 millions, selon les premières prévisions.

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Europe : Le désespoir des agriculteurs

Une commémoration se prépare devant la basilique de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne. D’ici au 11 octobre, Jacques Jeffredo, un maraîcher breton, compte installer sur place, 600 croix blanches pour autant de suicides parmi les agriculteurs français chaque année d’après ses estimations. L’“Institut français de veille sanitaire”: estime le nombre de cas à près de 200. C’est la catégorie socio-professionnelle la plus touchée dans le pays.

Jacques Jeffredo a pris l’initiative d’organiser une cérémonie pour honorer leur mémoire et alerter l’opinion. “J’ai beaucoup de collègues qui ont quitté ce monde et j’ai constaté qu’on n’avait jamais eu de journée de commémoration pour eux, j’en étais toujours triste, souligne-t-il, je sentais qu’il y avait une certaine forme d’injustice, pas de reconnaissance vis-à-vis de gens qui se tuent au travail pour nous nourrir tous.

Fin des quotas laitiers, recul de la demande et embargo russe
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Fraude à la pollution : Quelles conséquences pour Volkswagen ? (Màj)

02/10/2015

Un peu moins d’un million de véhicules circulent en France avec un logiciel truqué, masquant les produits toxiques lors des contrôles antipollution. Il s’agit de Skoda, d’Audi et de Volkswagen. Le groupe allemand commence à organiser le rappel de ces voitures. Les Français vont prochainement recevoir un courrier leur demandant de ramener leur véhicule au garage.

23/09/2015

Comme British Petroleum en 2010 et sa marée, le constructeur automobile allemand risque de payer une facture très salée pour avoir violé les lois antipollution américaines.

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Allemagne : À qui appartient l’ex RDA

Des milliers d’entreprises, des millions d’hectares de bois, de terres et d’étendues d’eau, des centaines de milliers d’habitations. La RDA avait déclaré l’ensemble de ces biens et ressources “propriété du peuple”. Avec la réunification, la question se pose: désormais, à qui appartiennent-ils?

L’ambiance est à la ruée vers l’or, et des investisseurs du monde entier se jettent dans la mêlée, encouragés par d’importants avantages fiscaux. Mais les privatisations massives ne sont que rarement en accord avec les intérêts des populations locales.

L’Est manque de capitaux, la grande majorité des investissements provient donc de l’Ouest: de l’ex RFA, des États-Unis, et surtout de France avec Elf, GDF, Lafarge, ou encore la Générale des Eaux, qui rachète les mythiques studios de cinéma de Babelsberg. Entre 1990 et 2003, les entreprises françaises ont ainsi injecté plus de 8 milliards d’euros dans les nouveaux Länder.

Allemagne : Enquête sur les crimes de la réunification

Quelques années après la chute du mur de Berlin, l’Allemagne réunifiée met sur pied une Commission d’enquête sur les crimes d État, baptisée ZERV. Sa tâche est historique, et titanesque : enquêter sur les crimes du parti socialiste unifié d Allemagne au temps de la RDA et poursuivre les responsables en justice.

Pour le chancelier Helmut Kohl, resté dans les mémoires comme l’homme de la réunification, ce devait être un signal fort pour la population : la victoire de l’État de droit sur l’État totalitaire qui venait de s’effondrer. 700 enquêteurs, pour la plupart originaires de RFA, sont envoyés à Berlin pour rouvrir plus de 20.000 dossiers et éplucher les archives de la Stasi.

Les affaires mises en lumière s’avèrent plus graves et plus complexes que ce qu’ils imaginaient: liquidations d’opposants, meurtres commandités puis maquillés, corruption, mais aussi criminalité économique et trafic d armes, pour des montants s’élevant à des dizaines de milliards de deutschemarks.

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Comment les changements démographiques affectent-ils l’activité économique et l’inflation ?

Le changement démographique est l’un des plus importants déterminants du paysage économique et social futur. Plusieurs chercheurs ont observé comment les changements dans la taille et la composition de la population influencent les dynamiques macroéconomiques.

Les canaux à travers lesquels les changements démographiques affectent une économie incluent notamment les comportements d’épargne et d’investissement, les décisions relatives au travail et les réactions de l’offre et de la demande globales.

Dans les moyen et long termes, les changements dans l’offre de travail et dans la productivité (qu’ils soient considérés comme exogènes ou bien perçus comme provoqués par les changements démographiques) peuvent significativement altérer l’offre agrégée d’une économie et par conséquent la croissance économique, dans la mesure où les changements démographiques affectent le montant des intrants disponibles et la manière par laquelle ils sont combinés. A court terme, les transitions démographiques sont susceptibles d’affecter la demande agrégée, puisque le montant de consommation et d’investissement va fondamentalement déprendre des changements structurels des profils âge-gains de la population. (…)

Il est crucial d’analyser proprement les répercussions macroéconomiques des changements démographiques pour déterminer quelles sont les réponses politiques appropriées pour minimiser les effets adverses ou les distorsions indésirables. (…)
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Croissance mondiale : Le diagnostic pas très folichon de l’OCDE

Une croissance moins soutenue qu’on aurait pu l’espérer dans les économies avancées et un ralentissement plus fort dans les émergents : c’est ce que prévoit pour 2015 l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’année 2016 serait meilleure, même si l’organisation s’inquiète, pour le moyen terme, du ralentissement de la croissance potentielle dans le monde.

D’après les Perspectives économiques intermédiaires, présentées mercredi 16 septembre, la croissance mondiale serait ramenée de 3,3 % en 2014 à 3 % en 2015 (soit – 0,1 point par rapport aux prévisions de juin 2015).

Elle accélérerait ensuite à 3,6 % en 2016 au lieu des 3,8 prévus avant l’été, sur fond de stagnation du commerce mondial et de détérioration des conditions financières. Comme souvent, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

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Europe : L’accaparement de terres agricoles

Les terres agricoles sont la nouvelle poule aux œufs d’or des marchés financiers, et l’Europe n’est pas épargnée. De manière croissante, acteurs de l’agro-industrie ou spéculateurs sans lien avec le secteur investissent dans les terres, dont la majeure partie se retrouve entre les mains d’une poignée de puissants.

Avec la mécanisation du travail et la baisse des coûts de production, des agriculteurs toujours moins nombreux cultivent des surfaces agricoles de plus en plus vastes. Les petits agriculteurs et les méthodes traditionnelles ne font plus le poids.

Le film enquête sur les conséquences du développement exponentiel de ce modèle agro-industriel. Il va à la rencontre de propriétaires terriens et d’agriculteurs français, allemands, espagnols et roumains, de plus en plus inquiets pour leur avenir. Comment réguler ce marché où semble régner la loi du plus fort et construire un système qui profite réellement aux populations locales ?

En Roumanie, eldorado des investisseurs étrangers, où 60 % des terres sont exploitées pour l’agriculture, les ONG parlent d’un véritable “landgrabbing” (accaparement de terres) au détriment des populations locales. Dans l’est de l’Allemagne, KTG Agrar, groupe agricole coté en Bourse, se taille la part du lion, sans contribuer localement à la création d’emplois. Ces grands propriétaires empochent les juteuses subventions de l’Union européenne.

Les leçons de Stanley Hoffmann pour la France d’aujourd’hui

Le célèbre historien Stanley Hoffmann avait étudié de fond en comble l’Hexagone, mais aussi les relations internationales. Quels enseignements pourrait-on tirer de ses ouvrages et réflexions pour l’avenir de notre pays et de notre continent?

Le professeur émérite de l’université de Harvard et grand intellectuel franco-américain, est mort dans la nuit du 12 au 13 septembre. Né en Autriche en 1928, il a immigré en France avec sa mère au milieu des années 1930 et y est resté pendant les années noires, qui auront profondément marqué sa pensée.

Au cours de sa vie, Stanley Hoffmann a publié une vingtaine de livres, dont certains concernaient la France, d’autres la construction européenne ou les relations internationales. Il semble donc pertinent, en ce moment de deuil et de célébration de sa vie, de se demander ce qu’il aurait pu penser de la situation de la France d’aujourd’hui.

L’un des plus célèbres concepts de Stanley Hoffmann fut celui de la stalemate society (la «société bloquée»)
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Europe/États-Unis : Adidas relocalise ses usines… mais elles seront toutes automatisées

Le “Made in China” (ou “Made in PRC“, c’est selon), est en train de passer de mode chez Adidas. L’équipementier sportif prépare le rapatriement d’une partie de ses unités de production en Europe et aux États-Unis. Il se pourrait même que, bientôt, votre adolescent porte des baskets “made in France“. Mais que cache cette nouvelle stratégie de la marque aux trois bandes?

Le problème avec la Chine, c’est que le coût de la main d’oeuvre n’est plus ce qu’il était. En mai 2014, les employés d’une usine fabricant des chaussures Nike et Adidas s’étaient mis en grève pour protester contre la faiblesse de leur salaire. Ils touchaient 1,67 dollar de l’heure (1,49 euro au cours actuel).

Chez les têtes pensantes d’Adidas (et de Reebok qui appartient au même groupe), on s’est alors posé la question suivante : doit-on se délocaliser ailleurs dans quelque pays du tiers-monde où le travail ne coûte quasi rien, ou bien inventer un nouveau modèle économique? C’est la deuxième option qui a été retenue. Ainsi, la marque aux trois bandes va délaisser une partie de ses usines chinoises pour mettre en place des usines entièrement automatisées en Europe et aux États-Unis

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Migrants, réfugiés : Une chance pour l’économie européenne ?

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne veut mettre en place des quotas de répartition des réfugiés. L’Allemagne et la France sont pour, la République Tchèque et la Slovaquie refusent. La France devrait accueillir 24.000 réfugiés d’ici deux ans, alors que l’Allemagne en attend 800.000! Pourquoi un tel différentiel de politique migratoire? Les migrants sont-ils une chance pour l’économie européenne?

Uranium et gâteau jaune : le mythe de l’énergie propre

Enquête sans concessions dans un monde dangereux où règne la loi du silence : celui de l’extraction de l’uranium, à l’origine de toute la chaîne du nucléaire.

Le film démarre en Allemagne, lieu d’implantation de la société Wismut, qui fut pendant des décennies le troisième producteur d’uranium au monde. Les autorités allemandes prévoient aujourd’hui qu’il leur faudra encore une trentaine d’années pour désamorcer la bombe à retardement écologique qui a touché la région.

L’enquête se poursuit en Namibie, où la mine de Rössing, ouverte en 1976, devait officiellement fermer. La société australienne Rio Tinto continue pourtant de l’exploiter et d’exporter l’uranium en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le vent, lui, se charge d’envoyer les micro-poussières radioactives vers le désert du Namib, un écosystème particulièrement fragile, et jusque dans la ville portuaire toute proche de Swakopmund, où vivent plus de 35 000 habitants.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Allemagne : Les clandestins, nouvelle main d’œuvre pour les régions de l’est ?

Pour gérer l’afflux massif de demandeurs d’asile en Allemagne, notamment dans le sud du pays, le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, a proposé cet été d’installer une partie de ces réfugiés dans les nouveaux Bundesländer.

Ces régions, dépeuplées depuis la chute du Mur, ont besoin de main d’œuvre et pourraient également offrir aux nouveaux arrivants des logements.

Le saucisson acheté en France contient-il du porc français ?

Plus de cinq millions de saucissons se sont vendus l’année dernière. La grande majorité est industrielle. Certaines entreprises n’achètent que du porc français pour sa fabrication, mais c’est loin d’être la règle dans l’Hexagone. En moyenne, 35 à 40% du porc dans les saucissons vient de l’étranger: d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas ou du Danemark.

La première raison est le prix. Les pièces de porc français coûtent 20 à 30% de plus que chez nos voisins européens. Mais les industriels expliquent qu’ils ne trouvent pas suffisamment de viande en France. Parfois, le porc français et étranger sont mélangés dans un même produit. Il est difficile de s’y retrouver, car l’étiquetage de la viande transformée n’est pas obligatoire.

Allemagne : Le coût de l’accueil des clandestins

L’Allemagne accueille de plus en plus de réfugiés et s’attend à recevoir 800.000 personnes cette année. Une mesure importante qui aura un coût : “cette nuit, une nouvelle enveloppe a été débloquée, six milliards d’euros, qui s’ajoutent à un budget acté pour l’année 2015 de 5,5 milliards”.

Une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible

Le salon de l’électronique de Berlin a livré ses dernières innovations. Parmi elles, la greffe d’une puce sous la peau qui permettra de déverrouiller une porte à distance, de contrôler la lumière d’une pièce ou de lancer des impressions.

Réformes structurelles

Les effets persistants de la crise financière, les plans d’austérité mis en œuvre pour stabiliser la dette publique et les effets du vieillissement démographique pèsent sur les perspectives de croissance de la production à moyen terme.

De ce point de vue, il est naturel de considérer les réformes structurelles comme des mesures additionnelles pour stimuler la croissance, en l’occurrence en accroissant la productivité ou l’utilisation de la main-d’œuvre. Nous passons en revue la littérature qui s’est développée sur ce sujet.

Les réformes structurelles comprennent : (i) les réformes sur le marché du travail ; (ii) les réformes sur le marché des produits visant à accroître la concurrence ; (iii) les réformes fiscales ; (iv) les améliorations apportées à la réglementation des marchés des capitaux ; (v) les mesures visant à stimuler l’innovation (par exemple l’investissement en recherche-développement) ; et (vi) les réformes éducatives.

Au cours des dernières décennies, le calendrier et l’ampleur des réformes a fortement varié d’un pays à l’autre. Pour certains secteurs en particulier, il y a eu une certaine convergence entre les pays en ce qui concerne le cadre réglementaire. Certains réformes apparaissent par vagues entre les pays et la plupart sont mises en œuvre graduellement (FMI, 2004).
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L’apocalypse prévue par Damian McBride

Damian McBride n’est pas n’importe qui. Il a en effet été conseiller du Premier ministre Gordon Brown pendant la crise de 2008. Il abuse peut-être un peu des réseaux sociaux pour exprimer ses idées, au lieu de faire des articles solides et documentés. Cependant, on ne peut sauf erreur le soupçonner de dramatiser la crise actuelle pour se faire valoir.

Or, dans une série de tweets il averti de la venue d’ici la fin de l’année d’un crash boursier et économique bien plus grand que celui en cours. Il conseille de mettre le cash dont disposent ses lecteurs en lieu sûr (sous quelle forme? De l’or), parce qu’il prévoit que les banques vont fermer, comme il y a quelques jours en Grèce. S’ensuivront des révoltes citoyennes et des répressions militaires.

En conséquence, il recommande à chacun de stocker chez lui de l’eau en bouteille, des conserves et autres produits essentiels pour vivre en autonomie au moins un mois. Il prévoit aussi l’arrêt des transports et des communications.

Depuis plusieurs semaines, un certain nombre de conseillers financiers ont annoncé la survenue d’une méga-crise pour octobre ou novembre prochain. Les médias n’ont pas pris ces avertissements au sérieux, parlant de catastrophisme ou même de conspirationnisme.
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Allemagne : Crystal, la drogue de l’emploi

Le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles présente des vertus insoupçonnées. Non seulement ce pays connaît un très faible taux de chômage mais la consommation d’héroïne et de cannabis y est en recul. Supplantée par le formidable essor d’une drogue de synthèse, la méthamphétamine, relaté samedi dernier dans Arte reportage.

« Aux Etats-Unis, on la surnomme “crystal”, “ice” ou encore “tina”. En Thaïlande, “yaa baa”, littéralement “le médicament qui rend fou”, explique William Irigoyen… qui a pompé sa présentation dans Wikipedia. Vous l’inhalez, vous l’avalez, vous vous l’injectez ou vous la fumez et vous voilà euphorique et en proie à une forte stimulation mentale. » Et à un enviable taux de croissance. Vive l’Allemagne !

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Consommation : Les Français paient 6% de plus que les Allemands

Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, estime que nous payons de nombreux produits et services trop chers. C’est le cas des autoroutes pour lesquelles “il n’y a plus de justificatif d’investissement“. Selon Eurostat, les Français paient 6% de plus que les Allemands pour les produits de consommation.

(Merci à Horatius)

Périco Légasse : « Notre indépendance alimentaire est menacée »

La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsables de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu’aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l’intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu’il conduisait droit dans le mur, a entrainé l’agriculture française vers l’impasse.

S’il est un coupable à désigner en premier, c’est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s’enrichiraient.

S’il est un deuxième coupable, c’est la grande distribution, qui s’est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s’ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passer à l’époque ces deux entités qui se tapaient sur l’épaule pour de grands stratèges et l’agriculture française a cru à ce mensonge.
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Brésil : Des fourmis manifestent contre la déforestation amazonienne

Mercredi, un demi-million de fourmis ont “manifesté” lors d’une visite officielle de la chancelière allemande Angela Merkel au Brésil. Sur les petites feuilles brandies par les fourmis coupe-feuille, on pouvait lire les slogans “Au secours, Merkel” ou “Sauvons l’Amazonie“. Une opération signée WWF (World Wild Fund for Nature) pour appeler à la sauvegarde de l’Amazonie.

L’Allemagne a économisé 100 milliards d’euros grâce à la Grèce (IWH)

Berlin, qui a adopté une ligne dure vis-à-vis d’Athènes, a fortement profité de la crise économique et financière en Grèce, révèle un institut d’études économiques allemand.

Selon des calculs de l’Institut Leibnitz de recherche économique (IWH), l’Allemagne a pu réaliser des économies budgétaires de quelque 100 milliards d’euros depuis le début de la crise grecque en 2010, soit plus de 3% du Produit intérieur brut (PIB).

“Ces économies dépassent le coût engendré par la crise et ce même si la Grèce ne remboursait pas entièrement sa dette”, écrivent les économistes. “L’Allemagne a donc dans tous les cas profité de la crise en Grèce”, poursuivent-ils.

Les experts ont effectué des simulations en partant du constat que les investisseurs confrontés à une crise économique effectuent le plus possible des placements sûrs. “Durant la crise européenne de la dette, l’Allemagne a profité de cet effet de manière disproportionnée”, selon eux.
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Internet : Kim Dotcom le méga-pirate

Kim Dotcom, de son vrai nom Kim Schmitz, qui avant de devenir le “plus grand pirate informatique de tous les temps“, totalement mégalo, a commencé en vendant aux entreprises des systèmes de protection. Et se trouve aujourd’hui assigné à résidence dans son gigantesque manoir en Nouvelle-Zélande.

Union européenne : Le plan secret de Bruxelles pour des sorties « ordonnées »

Il semble que la Commission prépare en coulisse un plan permettant à d’éventuels États membres de se retirer de l’Union Européenne d’une manière ordonnée. Une éjection pure et simple n’étant guère possible juridiquement, la Commission mettrait donc au point une sorte de procédure de divorce. Tout comme l’est déjà l’entrée dans l’UE, la sortie serait financée par les contribuables.

Selon le site Euractiv, généralement bien informé, les travaux de rédaction d’un tel contrat de divorce ont d’ores et déjà été lancés. Euractiv s’appuie sur des sources anonymes au sein de la Commission. De cette façon, les États sortants pourraient être congédiés avec une espèce d’indemnité de départ.

La Commission ne serait donc pas restée les bras ballants devant le désastre grec

Des États-membres tels que la Grèce ou que la Grande-Bretagne pourraient prétendre à un “soutien“ de la part des États restants dans l’UE, “s’ils se décident à quitter la famille de manière ordonnée“. La procédure serait liée à la réalisation de certaines conditions bien définies (“benchmarks“), “similaires à celles du processus d’entrée [dans l’UE]“.

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L’épopée des fusées V2, premiers missiles balistiques

La V2 n’est pas, loin s’en faut, un projet qui prit la suite des V1. En fait, ce fut même un concurrent de la V1, projet du RLM (Reichsluftfahrtministerium : ministère de l’air), qui voyait d’un assez mauvais œil des projets aériens lui échapper. Pour les chercheurs de la VfR (Verein für Raumschiftfahrt), la création du centre de Peenemünde pouvait être considérée comme une aubaine. Sur l’île d’Usedom, ils allaient pouvoir donner la mesure de leurs capacités. Pendant que les Américains, absorbés par la mise au point de l’arme atomique et le développement des armes conventionnelles, négligeaient les travaux de Goddard sur les fusées, le IIIème Reich établissait un programme accéléré de recherche à Peenemünde, comparable à celui du Manhattan Project.

aerostories.free.fr

L’animal marchandise

Les Allemands consomment 2,3 millions de tonnes de viande par an et 29 milliards de litres de lait. Les animaux payent un lourd tribut. On sait bien que les viandes emballées sous vide et les briques de lait bon marché dont gorgent nos supermarchés ne proviennent plus désormais de vaches placides et de porcelets roses élevés à la ferme. Mais pour économiser, on préfère ne pas s’interroger sur leurs conditions de production, que ce documentaire nous dévoile.

D’un point de vue sanitaire et légal, ces lieux de production aux installations gigantesques sont sans reproche, de la salle où les truies mettent bas à l’abattoir high-tech où chaque chaîne permet de tuer quelque 3 000 animaux par jour. Ailleurs, des vaches laitières qui n’ont jamais vu un coin de ciel bleu ni connu le goût de l’herbe fraîche suivent des parcours automatisés avant d’arriver dans des salles de traite à plusieurs étages.

Le rendement exigé accroît inévitablement les inflammations de la panse et les mammites dans un seul objectif : que le consommateur paie son steak et son litre de lait quelques centimes de moins.

En Grèce, les seniors face au « choc » de la crise : « C’est comme une guerre »

On les voit plus rarement sur la place Syntagma exprimer leurs inquiétudes. Une partie des retraités grecs, silencieux, dissimulent toutefois une colère sourde. Les seniors ont vécu le déclassement de leur pays comme une situation brutale et inédite. Ils observent, amers, les nouvelles générations frappées par le chômage et la désillusion.

Les dernières semaines ont été un « choc » pour Charalambos Tsavimos. L’homme de 60 ans a observé avec angoisse les files d’attente devant les distributeurs de billets. « En 1974, après la dictature, les banques avaient fermé, se souvient-il, mais c’était quelques jours seulement ». Charalambos connaît bien le système bancaire grec. De ses 18 à 56 ans, il a travaillé au sein d’Ethniki Bank. Chaque jour depuis le 28 juin, ce retraité retire ses 60 euros. « Ou plus souvent cinquante, car maintenant, beaucoup de distributeurs manquent de billets de dix ». L’argent sert, « pour acheter des médicaments pour ma mère de 89 ans, aider ses enfants, acheter de la nourriture ». Il parle d’un ton las et ferme longuement ses paupières.

Tout calculer, chaque jour

Sur le papier, Charalambos a un profil aisé. Sa pension de retraite est « confortable » : 1 800 euros par mois. Avant 2012, elle s’élevait à 2 500 euros. Mais chaque mois, il opère un contrôle méticuleux des dépenses. « Nous vivons à cinq sur cette pension », explique-t-il. Sa femme ne touche plus de retraite. Deux de ses enfants de 22 et 25 ans vivent à son domicile, dans le quartier de Patissia, au nord d’Athènes. L’un est étudiant, l’autre ne travaille pas. Un autre de ses enfants, diplômé, est parti vivre avec sa copine, il est au chômage. Le père essaye de les aider, environ 200 euros par mois. Seul un de ses enfants travaille : il s’est exilé à Londres.
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Grèce : Tsipras a-t-il vraiment obtenu quelque chose ?

A l’issue d’une interminable nuit de négociations, le Premier ministre grec a accepté de douloureuses concessions. En échange de quoi exactement?

Une misère, une humiliation, un esclavage“. Le cri du cœur est celui de Haralambos Rouliskos, un économiste athénien, après la publication de l’accord sur la Grèce. Après 17 heures de négociations dans la nuit de dimanche à lundi, les chefs d’État de la zone euro se sont mis d’accord sur un scénario de sortie de crise.

Mais celui-ci passe par une cure d’austérité d’une ampleur inédite pour Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a-t-il vraiment obtenu quelque chose en échange ?

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Grèce : Les négociations s’enlisent, la menace d’un Grexit se renforce

Les ministres des finances de la zone euro ont stoppé leurs discussions samedi soir sans trouver d’accord pour sauver la Grèce. Certains pays sont clairement sceptiques sur les capacités des Grecs à faire de nouveaux efforts. La menace d’une sortie du pays de la zone euro s’est renforcée ces dernières heures.

Turquie : Noisettes amères

En Turquie, des dizaines de milliers de familles kurdes se rendent chaque année dans le nord-est de la Turquie pour la récolte des noisettes. Tout le monde est mis à contribution, y compris les enfants.

Si le travail des enfants est interdit en Turquie, on estime pourtant qu’un demi-million d’entre eux travaillerait dans l’agriculture, 11 heures par jour, notamment dans les plantations de noisetiers. Avec un taux de chômage avoisinant les 35%, le travail saisonnier est devenu le seul moyen de survie pour des milliers de familles, dont les enfants sont payés 1 euro de l’heure.

Le temps des récoltes, des milliers de familles quittent leur domicile pendant pour vivre dans des camps de toile, dans des conditions sanitaires épouvantables. Les enfants travaillent et, de plus, se voient privés d’accès à l’éducation pendant plusieurs mois par an.

Trois quart des noisettes produites dans le monde proviennent des bords de la Mer Noire. La majeure partie de la récolte est exportée vers l’Allemagne et l’Italie où est installé le géant Ferrero, détenteur des marques Nutella et Kinder…

J.Stiglitz : « L’Europe contre la démocratie grecque »

La dispute et l’acrimonie qui vont croissantes au sein de l’Europe pourraient passer aux yeux d’un observateur extérieur pour le résultat inévitable de la fin de partie peu amène entre la Grèce et ses créanciers. Les dirigeants européens finissent par exposer au grand jour la véritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus une question de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

Le programme économique que la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) a imposé à la Grèce il y a cinq ans était une aberration. Il a conduit à une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune dépression qui ait été provoquée aussi délibérément et ait eu des conséquences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de chômage parmi les jeunes Grecs dépasse maintenant 60%.

Il est incroyable que la troïka nie toute responsabilité et refuse d’admettre à quel point ses prévisions et ses modèles étaient erronés. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants européens n’aient retenu aucun enseignement de tout cela. La troïka continue à exiger de la Grèce qu’elle parvienne à un budget primaire en excédent (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

Partout dans le monde les économistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l’économie. Même si la dette de la Grèce était restructurée au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, elle resterait en dépression si les électeurs acceptent les propositions de la troïka lors du référendum surprise qui a lieu ce dimanche.
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Allemagne : « Recrute infirmières européennes pauvres pour emploi au rabais »

Avec une population vieillissante, l’Allemagne manque cruellement de main d’œuvre, en particulier pour travailler dans le secteur de la santé. Hôpitaux, cliniques, maisons de retraites et structures de soins à domicile recrutent massivement. Heureuse coïncidence: les agences de recrutement disposent d’un vivier d’infirmiers venus de l’est et du sud de l’Europe.

Des personnels soignants souvent très qualifiés qui cherchent à échapper à l’austérité ou à la pauvreté. Mais entre des salaires bas, des contrats de travail aux clauses abusives et l’absence de droits sociaux, l’Allemagne n’est pas un eldorado. Loin de là.

Les futurs soignants sont prévenus : « En Allemagne, tout est tourné vers une société de la performance. Cela signifie que l’on doit fournir chaque jour 100 % de ses capacités », est-il inscrit en gras. Les autres clauses du contrat de travail ne sont guère plus avenantes. L’employé devra payer des sanctions financières de 3000 à 5000 euros s’il divulgue à un tiers ses conditions d’emploi et de formation, ou s’il rompt le contrat avant la première année de l’embauche. Cette « amende » sera immédiatement exigible et encaissée par une firme de recouvrement bulgare.

« Nous ne pouvons pas vous offrir un pays de cocagne en Allemagne, parce que cela n’existe pas ! ». Cette phrase, aux allures de slogan hostile aux migrants, figure sur un avenant au contrat de travail. Un contrat que s’apprêtent de signer des infirmiers bulgares recrutés par une agence d’intérim allemande.
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Europe : Une nouvelle crise coûterait 1.000 milliards d’euros

Un rapport, commandé par le secrétaire général du Parlement européen, prévoit qu’en cas de nouvelle crise financière de l’importance de celle de 2008, la zone euro pourrait perdre 1 milliard d’euros de son PIB, “gagner” 1,9 million de chômeurs supplémentaires et subir une augmentation 51,1 milliards d’euros de sa dette publique.

D’après les projections réalisées par les économistes Gaël Giraud et Thore Kockerols, « les renflouements [des banques européennes] seraient encore nécessaires au détriment du contribuable européen, et ajoutent les auteurs du rapport, même si l’architecture de l’Union bancaire (prévu en 2023) était déjà en place aujourd’hui ».

L’Union bancaire introduit des mécanismes destinés à prévenir les faillites bancaires et éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette. L’idée étant d’introduire une mutualisation du risque en cas de faillite. Les banques de la zone euro seront ainsi gérées selon le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui reposera sur deux piliers.

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Lobby de l’eau : Histoire d’une mainmise inique

L’école française de l’eau, apparue à l’orée des années 1960, incarne un modèle de gestion aujourd’hui exporté dans le monde entier. Il a peu à peu été dévoyé par des groupes d’intérêts qui ont fait main basse sur un marché qui génère près de 25 milliards d’euros en France chaque année.

C’est après la seconde guerre mondiale qu’émergent les caractéristiques qui structurent encore aujourd’hui la gestion de l’eau en France. Des ingénieurs et administrateurs coloniaux ont mesuré en Afrique noire, au Maghreb, comme aux États-Unis, la complexité de la gestion de cette ressource précieuse.

Ils vont, dans le grand élan de la planification gaullienne, inventer un modèle de gestion des ressources en eau qui fera école. Il s’agit, dans une période marquée par une urbanisation rapide s’accompagnant d’une pollution croissante, de rationaliser les différents usages de l’eau, pour l’énergie, l’industrie et l’agriculture, et donc le développement économique, mais aussi de développer l’adduction d’eau dans les campagnes, où seuls 30 % des foyers disposaient de l’eau au robinet en 1953, puis de doter le pays d’infrastructures de traitement des eaux usées.

Un chantier colossal alors que le développement de l’industrie et la modernisation de l’agriculture provoquent un important mouvement de population des zones rurales vers les villes. « Avec pour conséquence un développement rapide des besoins en eau et des rejets polluants mal traités. Les ressources ont été ainsi étranglées des deux côtés, par des consommations accrues et des pollutions insupportables », souligne M. Ivan Chéret, l’inventeur des agences de l’eau [1].
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Les derniers jours de l’URSS

Moscou, le 25 décembre 1991: sous les vivats de la foule, le drapeau rouge flottant sur le Kremlin est remplacé par le pavillon tricolore de la Russie impériale.

Le mythe soviétique vient de mourir. L’URSS n’a pas connu la lente agonie qu’on lui présidait. Elle n’a pas connu le destin de la Chine, qui a su négocier le virage vers l’économie libérale. Elle s’est désintégrée, dissoute dans les mouvements suivant la chute du Mur de Berlin.

Comment s’est produit ce bouleversement géopolitique majeur du XXe siècle ? Quelle est la part de calcul, de hasard et de stratégie dans les événements qui ont entraîné, en deux ans, la chute de l’empire soviétique ?

L’industrialisation favorise-t-elle la prospérité à long terme ?

Certaines caractéristiques géographiques qui ont été propices au développement économique lors de l’étape agricole se sont révélées être des obstacles à la transition vers l’étape industrielle du développement. Pourtant, selon la croyance conventionnelle partagée par de nombreux économistes, la prospérité a persisté dans les économies qui ont connu une industrialisation précoce.

Répartition de la puissance totale des machines à vapeur entre 1960 et 1965

En l’occurrence, le développement industriel est un catalyseur pour la croissance économique, dans la mesure où il aurait un effet persistant sur la prospérité économique. Pourtant, les régions industrielles qui étaient prospères en Europe occidentale et aux États-Unis au dix-neuvième siècle ont connu un déclin relatif par rapport aux autres régions de leur pays respectif. C’est le cas des Midlands au Royaume-Uni, de la Ruhr en Allemagne ou encore de la Rust Belt aux États-Unis.

De leur côté, Raphaël Franck et Oded Galor (2015) suggèrent que l’adoption de technologie industrielle est certes initialement favorable au développement économique, mais qu’elle exerce par contre un effet nuisible sur les niveaux de vie à long terme.

Après avoir recueilli des données allant du dix-neuvième siècle jusqu’au début du vingt-et-unième, les auteurs observent les différences régionales dans l’adoption des machines à vapeur durant la Révolution industrielle en France, avant d’observer les différences régionales dans les performances macroéconomiques, avec en tête l’idée de rechercher comment l’écart de revenu entre les départements qui se sont le plus rapidement industrialisés et les autres départements a évolué au cours du temps.
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