L’Allemagne a accueilli un million d’immigrants en 2012

L’année dernière, près d’un million d’étrangers sont venus s’installer outre-Rhin. De plus en plus viennent des pays européens en crise pour travailler.

Trouver un électricien, un boulanger ou un maçon. En Bavière, cela relève presque du défi pour certains artisans qui peinent à trouver de la main-d’oeuvre locale. « En même temps, il y a beaucoup de chômeurs espagnols qui disposent d’une qualification et d’une expérience », constate Katrin Budick, de la chambre des artisans de Munich (HKM). Elle est aujourd’hui responsable d’un projet de recrutement en Espagne lancé en janvier. Le succès est détonnant. La chambre a prévu de recruter 21 personnes et a reçu 300 candidatures. « Après des entretiens via Skype, puis en Bavière, 11 ont déjà été placées », se félicite Katrin Budick.

Cette initiative est l’une des nombreuses en Allemagne, où le chômage plafonne à 5,4 % selon les données d’Eurostat, contre 27 % en Espagne ou en Grèce. Alors que l’économie allemande reste robuste, elle attire de plus en plus de travailleurs.

L’an dernier, 966.000 étrangers sont venus s’installer outre-Rhin pour quelques mois, années ou définitivement, ce qui représente une hausse de 15 % et un record en vingt ans, selon l’office des statistiques.

Un débat politique
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La crise économique en Europe s’étend vers l’est

Certains de ces anciens champions de la croissance comme la Pologne ou l’Estonie, sont en pleine décélération, alors que la République tchèque s’enfonce dans la récession.

Le produit intérieur brut (PIB) de la Pologne, poids lourd économique de la région, n’a augmenté que de 0,1% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent.Un chiffre qui apparait d’autant plus faible qu’il concerne un pays en rattrapage économique dopé par les fonds de l’UE.

La Pologne, avec ses 38 millions d’habitants, constitue de loin la plus grande économie parmi les anciens pays communistes devenus membres de l’UE, et la seule parmi les 27 à être restée en croissance tout au long de la crise surgie en 2008.

«L’économie polonaise traverse toujours une phase de net ralentissement», a commenté Monika Kurtek, économiste en chef de la Bank Pocztowy. Sur l’ensemble de 2012, la Pologne avait vu son PIB progresser de 1,9%, contre 4,5% en 2011.

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La crise, ce prétexte pour baisser le coût du travail, mais pas celui du capital

Comment augmenter la productivité, la compétitivité de la France ? D’aucuns répondront qu’il faut “baisser les coûts du travail”. Pourtant, l’économiste Michel Santi note que si la réduction du coût du travail a permis à l’Allemagne de baisser ses prix à l’exportation, elle a créé une société de travailleurs précaires. Et observe qu’étonnamment, les revenus nets distribués aux propriétaires de capital, eux, continuent de grimper…

Une vieille histoire…

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

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Souveraineté monétaire : Les grandes puissances à armes inégales

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Contrairement à l’Union européenne.

C’est l’histoire de l’amateur de vin qui demande à un ami de l’enfermer pour l’empêcher de boire à l’excès. Mais, lorsque l’épicurien trop généreux avec lui-même se sent à nouveau capable de tempérance, l’ami refuse de lui rendre sa liberté. Le buveur, c’est l’Europe, et le copain qui décide à sa place de ce qui est bien ou pas, c’est la BCE.

Le parallèle est osé, mais il fonctionne en ce qui concerne la souveraineté politique européenne en matière de création monétaire : les Etats de la communauté ont bel et bien confié leur “planche à billets” à un acteur non politique, la BCE qui, d’un côté, ne dispose pas de la faculté de financer directement le budget des Etats membres et, de l’autre, délègue la création monétaire au bon vouloir du système bancaire privé.

C’est une différence fondamentale avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon qui, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Evidemment, ce n’est pas une pratique anodine : il y a, en jeu, le risque inflationniste si l’injection de monnaie supplémentaire ne crée pas de richesses dans les mêmes proportions, et des conséquences sur les équilibres de change. Cela explique que, grâce au statut du dollar tout-puissant, les Etats-Unis puissent en user beaucoup plus facilement que d’autres.

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L’extermination de l’industrie française par l’image

L’évolution de l’industrie française est radicale et plutôt conforme aux projets auto-réalisateurs des économistes libéraux qui voient la France comme un pays de cuisiniers et de touristes. L’industrie s’éloigne des villes grandes et moyennes (et complètement des régions parisienne et marseillaise).

Paradoxalement, la désindustrialisation n’aura suivi que de quelques décennies seulement l’achèvement de l’exode rural. L’industrie est devenue plus que jamais un phénomène frontalier, davantage lié à l’espace économique de l’Allemagne qu’à un espace économique national.

La désindustrialisation s’est accélérée depuis 2008 et la crise de l’Euro. Dans le cadre économique actuel, compte tenu des divergences de compétitivité avec l’Allemagne au sein de la zone euro, l’industrie française qui subsiste ne devrait survivre que quelques années.

Carte de l’industrie en France, comparaison 1968 et 2008 : H. Le Bras, E. Todd, in Le Mystère français, 2013

Mediapart

1929 : Les travailleurs de la crise

1929, année de la première crise économique mondiale, est un tournant de l’histoire du monde moderne. Quels parallèles peut-on établir avec la situation actuelle ?

Partie des États-Unis, la crise économique de 1929 s’étend vite à l’Europe. En Allemagne, elle jette en quelques mois cinq millions de personnes sur le pavé. La vague n’atteint la France qu’en 1931, mais les conséquences n’en sont pas moins graves. Des deux côtés du Rhin, la disparition de branches entières de l’industrie entraîne aussi la paupérisation des ouvriers et des employés. Faute de protections sociales suffisantes, les chômeurs deviennent souvent des sans-abri et errent de ville en ville à la recherche d’un travail.

L’État réagit en allongeant la durée du travail, en diminuant les salaires et en réduisant des allocations déjà très faibles. Des solutions qui sont à nouveau à l’ordre du jour dans de nombreux pays européens.

Partie 1:

Partie 2:
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État cherche créancier national

Suivant les pays, le rôle des investisseurs étrangers est prédominant et ajoute à l’instabilité. Certaines banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, sont devenues incontournables.

Les bureaux de l’Agence France Trésor

Les Italiens ne s’y étaient pas trompés. En lançant la Journée des bons du Trésor en 2011, ils avaient voulu inciter les particuliers de la Péninsule à placer leurs économies dans la dette publique afin de contenir la flambée des taux d’intérêt. Comme pour d’autres pays en difficulté dans la zone euro, l’Italie a pu ainsi augmenter la proportion des résidents dans les détenteurs de dette publique, comme le révèlent les statistiques sur les porteurs d’emprunts souverains que la Banque centrale européenne vient de mettre à jour.

Désormais, en Italie, les investisseurs étrangers ne détiennent plus que 35% de la dette. Ils en [finançaient] environ 45% juste avant que la crise de la dette éclate en Europe.

«La part des investisseurs non résidents est essentielle», explique Audrey Gasteuil-Rougier, économiste à la Société Générale, auteur d’une étude sur les détenteurs des dettes d’Etat publiée il y a quelques jours. «Ce sont souvent les premiers à vendre leurs titres d’Etat dès qu’il y a des inquiétudes sur le pays, ce qui constitue une source de financement plus instable. La crise des dettes publiques dans la périphérie de la zone euro nous l’a rappelé». L’économiste Jean-Pierre Béguelin voit lui une autre conséquence dans sa dernière chronique sur le site du Temps : «Plus la dette de l’Etat est détenue à l’étranger, plus ces sacrifices [les programmes d’austérité, ndlr] sont douloureux pour les résidents et plus la tentation du défaut grandit».

Alors que la dette des pays européens était en moyenne détenue à 80% par des résidents jusqu’au milieu des années 1990, la création de la monnaie unique a changé la donne. Ainsi, juste avant l’éclatement de la crise de la dette en Europe, des pays comme la Grèce ou le Portugal avaient vu cette proportion pratiquement s’inverser.

Renationalisation des dettes
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Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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Allemagne : Les grèves se multiplient face à l’austérité

Après les salariés de l’industrie, c’est au tour de ceux du secteur bancaire de se mettre en grève pour obtenir des augmentations de salaire.

Après quinze années d’austérité, les conflits salariaux se multiplient en Allemagne. Le syndicat Ver.di a annoncé vendredi 4 mai des mouvements de grève dans le secteur bancaire pour obtenir des hausses de salaire, à l’instar des salariés de l’industrie qui ont lancé un large mouvement cette semaine.

Ver.di, qui négocie des hausses de salaire pour 220 000 salariés des banques publiques et privées d’Allemagne, n’a pas réussi dans la nuit de jeudi à vendredi à se mettre d’accord avec le patronat. Après de premiers appels à la grève le mois dernier, le syndicat compte les “amplifier” et décidera des modalités “dans les jours à venir”

Ver.di a rejeté une offre du patronat, qui proposait une augmentation en trois étapes (+2%, puis deux fois +1,1%) pendant les deux prochaines années. Selon le syndicat, une telle proposition aurait fait augmenter les salaires de 1,3% par an, moins que la hausse des prix. Cette offre “était totalement inacceptable”, a expliqué Beate Mensch, responsable de Ver.di.

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Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)

Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.

Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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Europe : Le Vieux continent se porte bien, merci

Les déclinistes du monde entier répètent à qui veut l’entendre que l’Union européenne est condamnée à cause de sa faiblesse structurelle et de la crise économique. Mais dans bien des domaines, l’UE tient son rang face à des puissances mondiales comme la Chine ou les États-Unis, selon Mark Leonard et Hans Kundnani.

Non. Ces temps-ci, certains parlent de l’Europe comme si peu à peu, elle avait perdu sa raison d’être. Étant donné sa croissance anémique, une crise de l’euro qui s’éternise et la complexité de la prise de décision, il ne fait aucun doute que l’Europe est actuellement une cible facile.

Par ailleurs, face à l’ascension stupéfiante de pays comme le Brésil et la Chine ces dernières années, nombreux sont ceux qui pensent que le Vieux Continent va finir dans les poubelles de l’histoire. Pourtant, les théoriciens du déclin feraient bien de se rappeler quelques données irréductibles.

Non seulement l’Union européenne reste la plus grande économie mondiale, mais elle dispose aussi du second budget de défense mondial derrière les États-Unis, avec plus de 66.000 militaires déployés dans le monde ainsi qu’environ 57.000 diplomates (l’Inde en a plus ou moins 600). Le PIB de l’UE par habitant en termes de pouvoir d’achat demeure presque quatre fois celui de la Chine, trois fois celui du Brésil et presque neuf fois celui de l’Inde. Si c’est ce qu’ils appellent déclin, cela vaut toujours mieux que de vivre dans une puissance montante.
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Les insurgés de la terre (Rediff.)

Pour protéger la planète, certains jeunes militants écologistes sont prêts à tout. Mais leurs actions radicales servent de prétexte aux États pour criminaliser la désobéissance civile.

Ils ont établi leur camp dans la canopée des séquoias de Californie du Nord ou de l’Oregon. En rupture avec l’American way of life, ils ont décidé de donner leur temps, et pour certains leur vie, à la protection de la nature. Leurs inspirateurs sont des poètes et des philosophes comme Henri David Thoreau (l’auteur de La désobéissance civile). Ils ont des airs angéliques, tiennent des propos fondés mais qui sonnent le plus souvent utopiques.

Pour le FBI, ce sont des terroristes. L’agence fédérale les a officiellement désignés comme la seconde menace pour la sécurité intérieure des États-Unis après Al-Qaida. Elle fait peser sur ces militants verts une répression féroce et sans précédent.

Ailleurs, ces nouveaux guérilleros éperonnent les baleiniers japonais en Antarctique ou s’accrochent au-dessus des voies ferrées pour bloquer les trains de déchets nucléaires en Allemagne. Parfois, pour défendre ce à quoi ils croient, certains basculent dans l’illégalité, s’en prennent aux forestiers ou aux exploitants de bois, sabotent des laboratoires de vivisection ou brûlent des 4×4. Ils sont alors forcés à la cavale ou à la clandestinité.

Le Animal and enterprise terrorism act, un volet spécial des Patriot acts américains adopté sous la pression des lobbies industriels, donne désormais la possibilité aux autorités de réprimer toute forme de protestation. Des avocats défenseurs des libertés publiques et des ONG comme Greenpeace dénoncent cette dérive liberticide, aux États-Unis comme en Europe.

Partie 1:


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Transition énergétique : le contre-modèle allemand

Par Jean Syrota, ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique, ancien directeur de la Cogema, et Etienne Beeker, économiste de l’énergie

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ».

L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations
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L’image du jour : Cimetière de voitures neuves en Allemagne

Une image visible sur Google Maps, est très révélatrice des dérives économiques de notre époque : on y voit un cimetière de voitures presque neuves de marque Audi, situé à un centaine de kilomètres au nord de Munich, en Allemagne.

L’existence de ce cimetière témoigne du « Channel Stuffing », une pratique qui consiste pour une société à remplir ses canaux de distribution sans s’assurer de leurs débouchés réels pour gonfler artificiellement les ventes. C’est la conséquence de la surproduction du marché automobile, compte tenu de l’effondrement de la demande.

Selon le site Zero Hedge, cette pratique est devenue très commune dans ce secteur. Ces voitures sont destinées à la destruction ; de cette manière, les constructeurs évitent de faire baisser les prix des voitures, comme celui des pièces détachées.

Creuser un trou, pour le remplir ensuite, ou construire des voitures pour les détruire ensuite, semble être devenu le nouveau moteur de nos économies.

Express.be

La dette et les économistes

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Une erreur de calcul vient d’affaiblir une étude, souvent citée par les austériens, qui concluait que la croissance s’effondre dès que la dette publique dépasse les 90% du PIB. Une telle limite n’a toutefois pas trop de sens car il y a dette publique et dette publique.

On a souvent besoin d’un plus savant que soi, c’est bien connu. Sauf évidemment lorsque le professeur, distrait comme Tryphon Tournesol, se trompe et c’est ce qui vient d’arriver aux austériens, pour utiliser ce néologisme à la mode fort commode. Récemment encore, politiciens allemands, commissaires bruxellois et soi-disant experts nord-européens justifiaient l’austérité en brandissant un article publié en janvier 2010 par deux professeurs de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, par ailleurs ancien chef économiste du FMI, qui, après avoir collecté et disséqué 3.700 données sur 44 pays, concluaient que la prospérité économique s’effondrait dès que l’endettement public dépassait les 90% du PIB. Entre 1946 et 2009, en effet, la croissance annuelle avait été proche de 3% pour les années et les pays développés où la dette publique relative se trouvait en deçà de cette limite, alors qu’au-delà de celle-ci l’économie stagnait, voire reculait de 0,1% par an, une chute de croissance du même ordre de grandeur étant observée pour les économies émergentes.

Or, ces moyennes étaient erronées puisqu’elles n’englobaient pas les observations pour les cinq premiers – rangés alphabétiquement – des pays étudiés, à la suite sans doute d’une mauvaise définition du champ des cellules dont on voulait prendre la moyenne, une bévue que tout utilisateur d’un tableur type Excel a sans doute commise ou évitée de justesse une, si ce n’est plusieurs fois.

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Europe : En 2012 l’économie parallèle serait au plus bas depuis 10 ans

Le bon sens est parfois mis en défaut … avec la crise on pourrait imaginer que nombre d’européens soient tentés d’améliorer leurs fin de mois avec des activités non déclarées et que donc l’économie parallèle progresserait. En fait il n’en est rien et selon une étude réalisée par le groupe Visa. Le poids de l’économie parallèle aurait en fait diminué en Europe – au sens large – en 2012 : si en 2011 cette économie parallèle pesait 19,3 % du PIB cumulé des pays de l’Union européenne, de la Norvège, de la Suisse, de la Turquie et de la Croatie, en 2012 ce poids n’était plus que de 12 %.

Et selon son auteur, Friedrich Schneider, professeur d’économie à l’université de Linz en Autriche, cette tendance devrait se poursuivre cette année. Selon l’étude, en 2013, l’économie parallèle pourrait marquer un plus bas en 10 ans, à 18,5% du PIB des pays européens, grâce à l’amélioration des conditions économiques par rapport à la crise de 2008 d’une part mais aussi grâce aux mesures de lutte contre la fraude prises par les États.

L’étude souligne par ailleurs que si l’économie parallèle cause un manque à gagner aux États, elle n’est pas uniquement négative car l’argent gagné est dépensé dans l’économie réelle et qu’en période de crise, elle peut donner un moyen de subsistance aux personnes en difficulté.

Les sommes générées par l’économie parallèle des cinq premières puissances européennes (Allemagne, France, Italie, Espagne, et Royaume-Uni) comptent pour les deux tiers du total européen, détaille l’étude qui estime qu’en valeur absolue, le travail au noir et les transactions légales mais non déclarées en Europe ont représenté 2.175 milliards d’euros en 2012.
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Non, l’euro n’est pas en crise

Ne croyez pas cette “mythologie moderne” qui voudrait que la monnaie unique soit au bord de l’effondrement. Le vrai problème, c’est que les perdants, les pays les moins compétitifs, sont de plus en plus nombreux.

Construction des décors du film “Metropolis” de Fritz Lang (1927)

Cela fait déjà plusieurs années que dure la soi-disant crise de l’euro. Elle est devenue un phénomène durable, à tel point que la “crise de l’euro” s’est installée comme une rubrique pérenne dans certains médias occidentaux. Au même titre que la politique intérieure, l’économie, la météo ou le sport.

La crise s’est inscrite dans la conscience collective comme un phénomène durable. On peut voir les choses d’un point de vue positif : regardez, citoyens, une crise de l’Histoire sans précédent et l’euro tient bon. Nos grands hommes politiques savent mener des actions efficaces. Ils sont nos sauveurs ! Nous devrions répondre à leurs demandes pressantes et leur laisser davantage de pouvoir. Plus d’Europe, c’est-à-dire plus de Bruxelles, de Commission européenne, de Parlement européen, etc. Seule une Europe unie peut relever le défi de la crise de l’euro ! Nous devons achever l’intégration !

Tout cela n’est qu’une mythologie moderne. Un conte moderne visant à justifier idéologiquement l’incroyable expansion de la puissance publique au niveau des autorités bruxelloises non élues et des gouvernements des Etats nations. Un conte qui sert à légitimer le processus continuel de centralisation du pouvoir.

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Les paradis fiscaux britanniques s’engagent contre le secret bancaire

Londres a trouvé un accord avec les Bermudes et les îles Vierges. Un échange d’informations sera instauré avec cinq grands pays.

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« Un tournant », selon le Trésor britannique. « Une bonne nouvelle mais qui doit s’étendre à d’autres pays et concerner les sociétés écrans », selon l’association Tax Justice Network. Londres n’est sans doute pas au bout de ses peines pour lutter contre l’évasion fiscale dans sa sphère d’influence. Mais, alors que le gouvernement de David Cameron préside un G8 qui a mis le sujet au coeur de son agenda, il veut montrer qu’il fait des avancées.

Un accord de partage automatique d’informations bancaires a ainsi été annoncé [le 2 mai 2013] entre, d’un côté, les îles Vierges britanniques, les Bermudes, Anguilla, Monserrat et les îles Turques-et-Caïques, et, de l’autre, le Royaume-Uni mais également la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

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Nos poubelles passent à table

La moitié de la nourriture part dans les poubelles. Que ce soit chez les producteurs, au sein des réseaux de distribution ou directement chez le consommateur, les déchets de nourriture représentent aujourd’hui des enjeux environnementaux, économiques et de solidarité majeurs.

Pourquoi les boulangers produisent-ils systématiquement 10 à 20 % de plus que ce qu’ils vont vendre ? Pourquoi une orange fait-elle 2000 km pour atterrir à la poubelle ? Pourquoi les poubelles créent-elles de la faim dans le monde ?

Face à toutes ces questions dérangeantes, des individus, dans le monde entier, expérimentent des solutions variées, de New York au Cameroun, en passant par l’Autriche, l’Allemagne ou la France.