États-Unis : Détroit, l’agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ?

Détroit, symbole international de l’industrie automobile américaine est aussi le « symbole de la post-industrialisation » d’après Grace Lee Boggs, depuis que ses habitants essaient de réinventer leur ville à partir de l’agriculture urbaine et de l’autosuffisance alimentaire.

Détroit, la ville des « Big Three » – Ford, General Motors, Chrystler – fut le berceau de l’industrie automobile américaine. Un des carrefours névralgiques de la ‘Manufacturing Belt‘ (ceinture des usines), cœur industriel des États-Unis. Devenue la ‘Rust Belt’ (ceinture de rouille), cette région est souvent citée en exemple comme le symbole de la désindustrialisation et de la crise économique. Détroit en est l’exemple le plus abouti.

Depuis 1950, la ville a perdu la moitié de sa population, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à quelque 700 000 aujourd’hui. Si le taux de chômage officiel est de 15,8 %, il augmente à mesure que l’on s’approche du centre-ville et dépasse 50 % dans certains quartiers. Avec ses 80 000 logements abandonnés (près de un sur cinq), ses terrains vacants et ses façades de bâtiments ornées de pancartes « à vendre » ou « à louer », Détroit donne d’abord l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mise sous tutelle par l’État du Michigan.

Derrière cet apparent désastre industriel, économique et social, celles et ceux restés sur place ont le projet fou de rebâtir une nouvelle cité sur les ruines de l’ancienne. La portion de la ville inoccupée est évaluée à 233 km2 sur une surface totale de 350 km2. Plus un seul quartier dans Détroit n’abrite pas un jardin familial ou communautaire. Dès la fin du 19e siècle, Détroit connut des expériences d’agriculture urbaine.

Au cœur des années 1970, le maire Coleman Young lance le programme Farm-A-Lot qui autorise les résidents à obtenir un permis pour cultiver dans leur quartier. Aujourd’hui plus de 16 000 résidents seraient investis dans 1.300 jardins. Les motivations sont diverses : certains cultivent pour survivre, d’autres pour nourrir les plus démunis, avoir accès à de la « nourriture saine », recréer du lien social dans le quartier ou développer une activité économique locale… Tous à leur manière façonnent une société post-industrielle.

87% des enfants ne connaissent pas les betteraves, les courgettes ni les poireaux

Près de 87% des enfants ignorent ce qu’est une betterave, révèle une enquête publiée jeudi, une méconnaissance qui favorise les mauvaises pratiques alimentaires à l’origine du surpoids d’un écolier sur cinq.

Réalisée dans les écoles au cours du premier trimestre 2013, cette enquête de l’Association santé environnement France (ASEF) indique que les enfants ne boivent pas assez d’eau, consomment trop d’assaisonnement, ignorent de nombreux fruits et légumes et l’origine des aliments transformés, comme les frites ou les nuggets.

A table près d’un enfant sur quatre boit du sirop, du jus de fruit ou du soda et seulement 20% disent ne jamais rajouter de sel ou du sucre dans leur plat. Quant aux sauces mayonnaise et ketchup, ils sont 10% à déclarer en rajouter systématiquement.

Parmi les fruits et légumes, si les jeunes reconnaissent facilement les poires, les pastèques et les carottes, en revanche ils sont 87% à ne pas savoir ce qu’est une betterave. Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut.

D’ou viennent les nuggets, chips, pâtes…
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Jacques Bethemont : “La question de l’eau en 2050, un drame planétaire prévisible ?”

Jacques Bethemont est géographe, spécialiste de l’évaluation et de la gestion des ressources en eau. Professeur émérite de l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne, il a fondé et dirigé de 1973 à 1995 l’Institut de géographie rhodanienne basé à Lyon, cadre de ses recherches qui intéressent la gestion des ressources naturelles, et plus particulièrement la gestion des ressources en eau, thème qui est à l’origine de son intérêt pour les pays méditerranéens.

Il a fallu 130 ans pour le premier doublement contre 45 ans pour le second, de sorte qu’un simple calcul de probabilité laisserait entendre qu’un troisième doublement portant l’effectif humain à 8 milliards d’individus aurait déjà dû se produire. Si donc, il y a croissance continue, il apparaît du moins que le rythme se ralentit et que les démographes s’accordent pour évaluer la charge humaine en 2050, à quelque 8-10 milliards d’individus plutôt qu’à 12 milliards comme le prévoyaient il y a de cela une vingtaine d’années les démographes.

La cause de ce ralentissement tient non pas aux guerres ou aux famines comme le prédisait Malthus (la démographie historique insiste sur le phénomène dit du « retour du guerrier dans ses foyers » qui tend à combler la perte démographique consécutive aux faits de guerre) mais à une diminution assez répandue de la fécondité dans les pays riches et dans certains pays en voie de transition rapide.

C’est dans ces pays pauvres d’Afrique subsaharienne ou d’Asie méridionale que se fera la croissance de la population mondiale dans les années à venir

Jacques Bethemont a publié Les richesses naturelles du globe, Les grands fleuves, Les États-Unis (1995), écrit en collaboration avec J.-M. Breuil, et Géographie de la Méditerranée (2000), tous chez Armand Colin, ainsi que La Vallée du Sourou (Burkina Faso) (2003),(L’Harmattan), en collaboration avec Pierpaolo Fagggi et Tanga Pierre Zoungrana.

Pâtisserie : Le beurre et l’argent du beurre

Avec plus de 10 millions de clients par jour, les boulangeries-pâtisseries figurent parmi les commerces les plus fréquentés en France. Mais si l’appellation « boulangerie » est très strictement encadrée, pour la pâtisserie, c’est tout le contraire. L’activité n’est en effet régie par aucune loi.

Beaucoup de commerçants profitent de ce vide juridique pour vendre dans leurs rayons des produits fabriqués en usine, souvent sans le préciser, séduits par le faible coût de ces articles et la variété des catalogues des industriels. Peu à peu, le secteur se restructure au détriment de l’artisanat. Quels sont les secrets de fabrication de ces usines à pâtisseries ?

Une majorité d’enseignes vend désormais des gâteaux et viennoiseries sortis d’usine à la chaine, donc sans originalité et sans information sur les ingrédients. Quelques boutiques poussent à l’inverse la qualité de leurs gâteaux jusqu’à l’extrême, mais à quel prix ? Enquête.

Bolivie : McDonald ferme tous ses restaurants

La Bolivie est devenue la première nation à se libérer de la malbouffe de McDonald, qui a lutté pendant plus d’une décennie pour conserver son icône «rouge». Et cette victoire de la Bolivie a encore fait la une des journaux.

Après 14 ans de malbouffe dans le pays et en dépit des nombreuses campagnes de promotion, McDonald a été contraint de fermer en 2002, ses 8 restaurants boliviens dans les principales villes de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz de la Sierra.

McDonald a servi ses derniers hamburgers en Bolivie un samedi à minuit, après avoir annoncé un plan de restructuration global dans lequel il allait fermer ses portes dans sept autres pays à faibles marges bénéficiaires. Une victoire pour la santé des peuples du sud.

L’échec de McDonald en Bolivie a eu un impact profond qui a donné lieu à un documentaire intitulé « en Bolivie Por que quebro McDonald » (ou « Pourquoi McDonald a fait faillite en Bolivie »). Ce documentaire tente d’expliquer pourquoi les Boliviens n’ont jamais délaissé leurs empanadas traditionelles pour un Big Mac de merde et plein d’OGM.
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(R)évolutionnons l’agriculture !

Nombreux sous-estiment l’importance de l’alimentation dans les problèmes liés à la mondialisation. De fait, ils sous-estiment également la nécessité impérieuse de changer radicalement de production/consommation alimentaire.

L’alimentation, ce n’est pas qu’une question de calories. C’est une question de raréfaction de l’eau, d’environnement dégradé, de dépendance au pétrole, d’accaparement des terres, de la généralisation des OGM au nom de la productivité, de la finance spéculative, d’intrants chimiques distillés dans la nature, de renforcement des bactéries, d’érosion du corail, de répartition de la production entre l’élevage et l’homme, de famines, de conditionnement polluants et de la stabilité futures des sociétés.

Peur sur la viande

Du cheval vendu pour du bœuf, des plats cuisinés dont on ignore tout, lasagnes, spaghetti bolognaise, moussaka… Que se passe-t-il dans nos barquettes ? Faut-il avoir peur de la viande qu’on nous propose ?

Complément d’enquête sur un nouveau scandale alimentaire : contrôles insuffisants, multiplication d’intermédiaires, étiquettes douteuses, traders en minerais de viande…

Le public a découvert un circuit européen de la viande complexe et opaque. Et si ce scandale n’était que la partie émergée de l’iceberg ? Et s’il existait en Europe un marché parallèle de la viande à bas prix ?

Nos poubelles passent à table

La moitié de la nourriture part dans les poubelles. Que ce soit chez les producteurs, au sein des réseaux de distribution ou directement chez le consommateur, les déchets de nourriture représentent aujourd’hui des enjeux environnementaux, économiques et de solidarité majeurs.

Pourquoi les boulangers produisent-ils systématiquement 10 à 20 % de plus que ce qu’ils vont vendre ? Pourquoi une orange fait-elle 2000 km pour atterrir à la poubelle ? Pourquoi les poubelles créent-elles de la faim dans le monde ?

Face à toutes ces questions dérangeantes, des individus, dans le monde entier, expérimentent des solutions variées, de New York au Cameroun, en passant par l’Autriche, l’Allemagne ou la France.

Vers une famine planétaire ?

Le phosphate, la forme minérale du phosphore, est l’ingrédient essentiel de tous les engrais. Utilisé de manière intensive depuis les années 1950, il a permis l’envolée des rendements agricoles. Mais aujourd’hui, le monde s’achemine vers un pic de consommation, comparable à celui de l’exploitation des hydrocarbures.

Si le phosphate venait à manquer, les prix alimentaires exploseraient, et avec eux le nombre d’affamés. D’ores et déjà, l’inégale répartition de cette ressource entraîne des tensions géopolitiques et sociales. Comment éviter la pénurie ?

Une problématique environnementale méconnue : la surconsommation des ressources mondiales de phosphore menace la production agricole mondiale. Que proposent les scientifiques ?

Bien qu’il ne puisse être remplacé par aucun produit de synthèse, le phosphate est gaspillé. Peu coûteux, ses dérivés sont employés comme additifs alimentaires ou dans des produits d’hygiène. Faut-il interdire cette pratique ?

Les agriculteurs le répandent souvent en trop grandes quantités, polluant les sols et les eaux, comme en témoigne la prolifération des algues vertes. Les scientifiques réfléchissent par ailleurs à des méthodes de récupération, comme le retraitement de l’urine ou des eaux usées. Des mines marocaines à l’Inra de Montpellier en passant par les usines de la Ruhr, découverte des différentes pistes pour une gestion plus durable des ressources en phosphore.

Industrie agro-alimentaire : “Les lourds dossiers du light”

Le light est devenu un poids lourd de l’agro-alimentaire en France. Le chiffre d’affaire des produits allégés se compte maintenant en dizaines de milliards d’euros.

Pour certains produits, il ne reste plus que du light. 97% des chewing-gums vendus en France sont “sans sucre”. Un Français sur quatre consomme ces produits allégés dont le succès ne se dément pas.

L’allégé envahit tous les rayons des supermarchés : la confiserie, mais aussi la charcuterie, les chips, jusqu’au champagne. Ces produits font néanmoins monter la facture. Mais, sans sucre, sans gras, que contiennent vraiment les produits light ? La surprise est souvent de taille.

Le yaourt 0% retrouve de la texture grâce à l’ajout de gélatine de porc, un véritable problème pour certains consommateurs. Les producteurs de lait light ont remplacé, eux, le gras du lait par les huiles végétales, un peu moins grasses, mais bien moins digestes.

Des insectes dans nos assiettes (Màj vidéo)

Addendum du 26/04/2013 : “Tais toi et mange”

Quiche aux vers de farine, foie gras made in Shanghai ou bons petits plats bien de chez nous, que mangerons-nous en 2050 ? Nourrir les 9 milliards d’être humains qui peupleront la Terre dans 40 ans est devenu un défi économique et écologique sur lequel se penchent déjà les chercheurs, industriels et restaurateurs du monde entier.

Certains pionniers de l’alimentation pensent avoir trouvé une source de protéines bien plus rentable que la viande de bœuf : les insectes. En France, des agriculteurs viennent de lancer une production expérimentale de grillons pour barres énergétiques. Aux Pays-Bas, des chefs imaginent des plats à base d’insectes : quiche aux vers, mousse au chocolat aux sauterelles… Enquête sur notre alimentation de demain : les insectes !

Aujourd’hui déjà, il est devenu difficile voire impossible d’identifier la provenance de ce que l’on mange. De plus en plus de restaurants servent du “fait maison” fabriqué industriellement, et importeront peut-être demain du foie gras… made in China ! La gastronomie défendue par les grands chefs ne sera-t-elle bientôt plus qu’un luxe réservé à une minuscule élite ?

Ce serait la solution idéale pour nourrir les 9 milliards d’être humains dans le monde en 2050. Mais notre goût occidental a encore beaucoup de mal avec ces petites bêtes ; aujourd’hui, des industriels cherchent de nouvelles recettes pour nous faire avaler criquets et autres vers, l’air de rien.

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Dans l’enfer de la malbouffe

Entre le fromage synthétique et les îles flottantes sans œufs, l’industrie agroalimentaire nous fait avaler n’importe quoi. Un livre enquête sur ce phénomène. A en perdre l’appétit.

Le scandale des lasagnes à la viande de cheval a jeté une lumière crue sur le phénomène de la malbouffe. Mais cet événement est une goutte d’eau dans la mer. Et ce serait presque une gentille rigolade par rapport aux futurs scandales qui risquent d’ébranler le domaine de l’agroalimentaire.

Dans un ouvrage sorti mercredi, «Vive la malbouffe, à bas le bio», Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, Jean-Luc Porquet et Wozniak, journaliste et dessinateur au Canard enchaîné, nous dressent le musée des horreurs de la bouffe.

Le bio
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États-Unis : Auto-suffisance en climat nordique

Ben Falk est un designer en permaculture établi à Moretown, dans le Vermont. Dans cette vidéo, il nous parle de la vie relativement auto-suffisante qu’il mène, et des systèmes qu’il utilise pour s’adapter au climat hivernal.

Il explique le fonctionnement de son poêle à bois, qui produit toute son eau chaude “gratuite”, et du système de chauffage au compost qui réchauffe sa serre. Il parle aussi de l’importance de la relation avec notre environnement, et des bienfaits du jardinage.

Via l’excellent blog Au Bout de la Route

La consommation des ménages passe dans le rouge (Màj vidéo)

Addenddum du 13/04/2013: L’effondrement de la consommation prive la croissance française de son principal moteur

(Merci à mortoulibre)

Dernier moteur de l’économie, la consommation des ménages montre un net fléchissement, dans les magasin de bricolage, d’ameublement, les restaurants, etc.

Les ventes de téléviseurs chutent le plus.



(Merci à Pierre)

Musique : Ecowar

NB: En raison du son particulièrement “hardcore”, pensez à diminuer le volume de votre PC…

Paroles de la chanson du groupe Tagada Jones

Production et rentabilité ne laissent pas de place pour la qualité,
Pas de pitié sur le marché, l’économie doit tout dévorer,
Aujourd’hui encore, les aliments proviennent de la terre,
Mais depuis quelques années, la productivité leur a déclaré la guerre
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Musique : “Faut Consommer !”

Paroles de la chanson du groupe Kiemsa :

Samedi matin, dix heures et quart
Johny regarde sa montre, ils sont déjà en retard
C’est la journée supermarché
Bien méritée après la semaine à bosser
Tout le monde est là, dans la Xantia
La femme, les gosses, le chien et tous pour un
La famille s’active une fois dans les rayons
Et un caddy chacun, y’a pas d’exception
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Pesticides : Non merci !

Retrouvez dans ce documentaire des scientifiques, politiques, médecins, agriculteurs, responsables d’espaces verts, écologistes et bien d’autres, qui témoignent ici pour dénoncer les méfaits des pesticides et pour promouvoir des méthodes alternatives respectueuses de l’Homme et de son environnement.

De la drogue dans nos assiettes ? (Rediff)

Glaces, chips, plats préparés… Difficile d’y résister. Obèses ou en bonne santé, nous sommes tous accros à l’alimentation industrialisée qui représente 80% de ce que nous ingurgitons. Rémy, un franco-américain, sillonne l’Europe et l’Amérique pour comprendre comment l’addiction alimentaire s’est généralisée.

Laboratoires de recherche, usines à malbouffe, marchés paysans, etc., tout y passe : rien ne manque à cette grande enquête (qui a duré deux ans), sauf… la participation des géants de l’agrobusiness, genre Nestlé, Danone ou Kraft Food, qui ont tous refusé de répondre à la moindre question. Comme s’ils avaient des choses à cacher…

Et, en effet, l’enquête le démontre, ils ont énormément de choses à cacher – alors même que 80 % des aliments que nous consommons sortent de leurs usines. Comment a-t-on pu en arriver là ? Quels sortilèges peuvent bien expliquer notre irrésistible attirance pour cette “junk food ” industrielle ? Est-il vraiment normal et utile que les hypermarchés proposent jusqu’à 91 variétés différentes de yaourts ?

Certains des aliments offerts à notre sotte convoitise “contiennent jusqu’à 50 composés chimiques différents”, constate un expert. Lequel ajoute : “Notre cerveau n’a jamais été préparé à ça”. A force d’analyser ces innombrables saveurs imprévues, notre cerveau perd la tête. Et tel est bien le but poursuivi – ceci au nom des actionnaires en attente de profits à 15 % l’an, et au mépris de la santé publique.

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Jacques Testart : « A qui profitent les OGM ? »

Biologiste mondialement connu, directeur de recherche à l’Inserm, Jacques Testart est le père du premier bébé éprouvette français. Il est également président de l’association Sciences citoyennes et défenseur acharné « d’une science contenue dans les limites de la dignité humaine ».

Les plantes transgéniques permettent – elles de disposer de produits moins coûteux ? De meilleure qualité ? De meilleur goût ? Se conservant mieux ? Bénéfiques pour la santé ou pour l’environnement ? Voilà les questions que la stratégie des entreprises de biotechnologies a permis que l’on ne se pose pas.

Quelques extraits : « Si, plutôt que s’épuiser à chercher la malignité des plantes transgéniques, on exigeait de ceux qui veulent nous les imposer de démontrer leurs avantages ? Messieurs les bienfaiteurs de l’humanité, s’il vous plaît, dites-nous ce que vous savez faire aujourd’hui ! Ne vous contentez pas de prédire des lendemains qui chantent grâce au gène miraculeux qui ferait pousser des plantes sur les sables du désert. Les PGM (plantes génétiquement modifiées) permettent-elles de disposer de produits moins coûteux ? de meilleure qualité ? de meilleur goût ? se conservant mieux ? bénéfiques pour la santé ou pour l’environnement ?

Voilà les questions que la stratégie des biotechnologies a permis qu’on ne se pose pas ! L’interrogation la plus audacieuse des autorités a porté sur la manière d’organiser la coexistence des PGM avec les autres plantes, même si cet arrangement est définitivement impossible sans préjudices irréversibles.

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Je mange sain et équilibré, ils s’enrichissent

A la fin des années 60, les céréales se sont imposées en France au petit déjeuner. Elle sont censées apporter énergie et équilibre dès le réveil. Comment sont-elles fabriquées ? Leurs promesses d’équilibre sont-elles valables ?

Le soja, plante aux vertus nutritionnelles reconnues, se substitue facilement au lait et à la viande, difficiles à digérer ou trop gras. Cet argument diététique est décliné à l’envi.

De nouvelles enseignes proposent désormais de déjeuner vite et sain : les bars à salades. Alimentaire bio : peut-on payer moins cher ? Quelles sont les méthodes de la grande distribution pour faire baisser les prix du bio ? D’où viennent ces produits ?

Chine : Quand le recyclage confine au sordide

La Chine pousse loin le concept de recyclage. Parmi les scandales alimentaires les plus sordides qui défrayent la chronique dans l’empire du milieu, une gigantesque fraude aux huiles alimentaires, collectées dans les égouts des restaurants pour être ensuite recyclées et revendues dans le commerce et la restauration.

Au moins un tiers de l’huile utilisée par les restaurants chinois et au moins 10% des huiles vendues dans le commerce seraient issues de ce recyclage écœurant, rapporte Le Nouvel Observateur. Phénomène plus que courant, la plupart des restaurateurs revendraient leurs restes alimentaires à des filières mafieuses qui les remettraient ensuite dans le circuit alimentaire, après les avoir fait bouillir et filtrés.

Pire, même les restaurants ne revendant pas leurs déchets feraient l’objet d’un pillage de leurs égouts, dans le but de recycler et réintroduire ces restes alimentaires dans le circuit alimentaire classique.

Enviro2b

Crise alimentaire : Les affamés dans le monde seraient 2 milliards

Par Frédéric Dévé, agro-économiste et consultant indépendant. Il a aussi publié cet article sur Agte

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO dans son rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012 a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à… environ deux milliards.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde. Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, concernant l’objectif du millénaire N°1.

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation. Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :
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Pierre Rabhi : “le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable”

Dans un entretien avec Reporterre, au moment où il lance la “révolution des colibris”, Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie.

En ce début 2013, il est encore temps de tirer un bilan de l’année précédente. Que retenez-vous des élections présidentielles françaises, américaines, russes ; des conférences de Rio, de Doha ou d’Hyderabad ?

Pierre Rabhi - Nous sommes aujourd’hui dans un contexte général d’interrogations sur l’avenir, et l’écologie entre en ligne de compte comme un paramètre qu’il faut appréhender. C’est normal. Mais ce paramètre, qui est essentiel, n’est pas suffisamment mis en exergue, selon moi. Je dirais qu’on met un peu d’écologie pour condimenter l’ensemble du système, mais l’écologie n’apparaît pas encore comme un urgence et une priorité absolue. Au contraire. Je dirais même que l’écologie politique reste un peu limitée. Je pense que c’est parce qu’elle s’appuie sur du factuel.

Or l’écologie ne nous interpelle pas seulement sur le trou d’ozone, le carbone ou sur l’épuisement des ressources, mais aussi sur un registre plus intime, un registre de l’ordre du personnel. L’écologie interroge notre regard sur la vie, notre positionnement par rapport aux mystères de la vie. Il n’y a pas assez de beauté invoquée, pas assez de mystères. On reste sur un discours élémentaire, mais qui ne prend pas l’élan de quelque chose de plus fondamental et essentiel.

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Évolution et autonomie

Entre Rennes et Nantes, en Loire Atlantique, à Moisdon la Rivière, un lieu prouve depuis 30 ans qu’il est possible de vivre heureux et simplement, avec un confort décent, en divisant ses consommations par 4 en utilisant les énergies renouvelables, la pluie pour l’eau sanitaire et potable, le jardin pour une nourriture savoureuse à faible empreinte écologique en recyclant la majorité des déchets,pour partager sans polluer, avec tous, nés ou pas encore, les ressources de la Terre.

Toxicité des OGM : Une étude choc relance le débat (Màj)

Addendum du 22/02/2013: L’étude de Gilles-Eric Séralini, qui dénonçait l’empoisonnement collectif par les OGM a été validée.

Dans une interview exclusive à paraître dans le magazine Rebelle-Santé du 23 février, Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et Directeur du Laboratoire de Statistique Théorique et Appliquée de l’Université de Paris VI, confirme la validité scientifique de l’étude sur les OGM dirigée par Gilles-Eric Séralini et dénonce les fonctionnements internes de l’Académie des Sciences.

L’académicien, après avoir eu récemment accès aux données brutes de l’étude polémique sur les OGM de Gilles-Eric Séralini, confirme son sérieux scientifique. «Je puis confirmer l’existence de différences statistiquement significatives pour d’autres données d’observation que les comptages».

Professeur à l’université Pierre et Marie Curie, le statisticien évoque « les pressions et conflits d’intérêts qui peuvent guider les décisions de l’Académie », notamment sur des sujets où les enjeux commerciaux ou industriels sont importants.

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Quel est l’intérêt marketing des colorants alimentaires ?

Une même boisson, proposée en différents coloris, n’aura pas la même saveur si elle est rouge, bleue ou jaune… Car l’œil influence notre perception des goûts. Il est le premier “décideur”, fournit la première indication qui va nous conduire ou non vers un aliment. Ce qui explique l’importance des colorants sur le marché de l’alimentation.

Ils se cachent partout et même dans des produits où on ne les attend pas. Les colorants sont dans les plats, les conserves, les boissons et même les médicaments.

Une situation que dénoncent certaines fédérations de consommateurs qui jugent l’usage de tels artifices comme une tromperie envers le consommateur, les teintes rajoutées étant là pour masquer l’absence d’aliments de qualité dans certains produits.

Certains colorants alimentaires rendraient hyperactifs. Une étude de l’université de Southampton, financée par le gouvernement britannique, a identifié un lien entre la consommation de 6 colorants artificiels et l’hyperactivité chez les enfants. Cette étude a abouti à un changement de réglementation visant à mieux encadrer l’usage de ces colorants dans toute l’Union Européenne. Ils restent autorisés, mais leur présence et leurs effets possibles sur le comportement doivent être clairement indiqués sur les emballages.

Europe : Des médicaments dangereux dans les plats cuisinés

L’affaire touche désormais l’Allemagne, avec un premier cas avéré dans des lasagnes surgelées. Plusieurs carcasses de chevaux provenant d’abattoirs du Royaume-Uni et contenant des traces de phenylbutazone, un anti-douleur proscrit dans l’alimentation, ont été envoyées en France et sont “peut-être entrées dans la chaîne alimentaire”, ont annoncé jeudi 14 février les autorités britanniques.

Après le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, des traces de viande chevaline ont également été retrouvées en Norvège et en Suisse. A Chypre, les autorités ont annoncé qu’un supermarché local avait détruit par mesure de précaution 16 tonnes de steaks hachés, de crainte qu’ils ne contiennent de la viande chevaline.

Outre 2.500 tests ADN à travers toute l’Europe sur les plats au bœuf, on demande aux États de procéder à quelque 4.000 contrôles pour détecter la présence éventuelle de phénylbutazone, un anti-inflammatoire pour les chevaux, qui rendrait la viande impropre à la consommation.

Les chevaux sont couramment traités au phénylbutazone – un antidouleur qui sert notamment à soulager leurs souffrances squeletto-musculaires, par exemple en cas de boitement.
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Sucre : Une poudre blanche qui rend accro ?

Avec Serge Ahmed, directeur de recherche (CNRS) à l’Institut des maladies neurodégénératives de Bordeaux, et Sarah Coscas, psychiatre addictologue au Centre d’étude, de recherche et de traitement des addictions à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif.

Belgique : Vers la fin du gaspillage alimentaire ?

Par Agnès Rousseaux

En Europe, 50 % des aliments finissent à la poubelle. Des solutions simples existent pourtant contre le gaspillage alimentaire. A Herstal, en Belgique, les grandes surfaces n’ont désormais plus le droit de jeter leurs invendus. Une expérience qui commence à se diffuser dans tout le pays.

Et si pour lutter contre le gaspillage alimentaire, on faisait preuve d’un petit peu d’imagination ? A Herstal, ville de 40 000 habitants de la banlieue de Liège (Belgique), le supermarché Carrefour n’a désormais plus le droit de jeter ses invendus. Il doit en faire don aux associations d’aide alimentaire.

Une obligation à laquelle seront bientôt soumis la quinzaine de supermarchés de la ville. Le principe est très simple : en Belgique, un « permis d’environnement » – intégrant toutes les autorisations environnementales – est requis pour exploiter une entreprise. Lors du renouvellement du permis d’environnement du supermarché Carrefour, le conseil municipal y a intégré l’obligation de mettre les invendus à disposition des associations.

« Ces permis arrivent régulièrement à échéance. Nous y avons vu l’opportunité d’y insérer cette disposition, explique le maire de la ville, l’eurodéputé (socialiste) Frédéric Daerden. Les magasins sont alors obligés de proposer aux associations reconnues par la banque alimentaire les invendus encore consommables, avant de les mettre dans la filière déchets si celles-ci ne les récupèrent pas. »
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