Algérie : La mer retrouvée

C’est un géant méditerranéen, qui a longtemps tourné le dos à la mer. L’Algérie redécouvre aujourd’hui son littoral, et Thalassa nous emmène pour un voyage inédit tout au long de ces 1600 kilomètres de côtes. D’ouest en est, les paysages algériens offrent une variété fascinante.

D’Oran jusqu’à Annaba, le voyageur traverse des reliefs lunaires, des forêts épaisses, des marais multicolores et des dunes à perte de vue. De ces côtes méconnues, Thalassa propose une exploration inédite.

Chine : Premier partenaire économique de l’Algérie

Dans le secteur du BTP, les Français sont de moins en moins investis. “Ils se battent pas assez ou il ne sont pas assez présents, pas assez engagés”, explique Mohamed Brahim Guechi, responsable du chantier de la mosquée d’Alger. Mais les Chinois sont surtout moins chers que les Français.

Comparé avec les Européens, qui sont moins nombreux, bien sûr on est moins cher“, note Jade Shi, responsable technique de “China state construction”. Résultat, en Algérie, les Chinois ont construit le ministère des Affaires étrangères, une autoroute et bientôt un opéra. La France demeure évidemment présente avec une usine Renault installée à Oran depuis l’an dernier. Toutefois, peu de petites entreprises françaises sont présentes dans ce pays.

F. Hollande : « La France restera le 1er partenaire économique de l’Algérie »

La France est le premier partenaire économique de l’Algérie, entend le rester, et même entend encore développer sa présence.” François Hollande a enfilé son costume de VRP de la France, pour une visite à Alger lundi 15 juin.

Le président de la République, qui doit rester quelques heures dans la capitale algérienne à l’invitation de son homologue, Abdelaziz Bouteflika, a rappelé “l’installation de très importantes entreprises comme Renault, Sanofi, Alstom et bientôt Peugeot” dans ce pays.

Pierre Rabhi : Les clés du paradigme

Retour sur le parcours de Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et essayiste français d’origine algérienne. Ce dernier est l’inventeur du concept de «sobriété heureuse». A travers le monde, il est reconnu comme l’un des experts internationaux de référence en matière de sécurité alimentaire.

En Ardèche, dans son refuge, l’homme se confie sur son enfance passée en Algérie et à Paris. Il revient sur la décision la plus importante de sa vie : quitter avec sa femme le monde industriel de la banlieue parisienne pour l’univers rural de l’Ardèche.

De cette expérience, il en tire un nouveau modèle de société basé sur «l’agro-écologie». Ce nouveau paradigme propose une société plus généreuse pour l’Homme et la Terre.

Algérie : Sans pétrole, comment acheter la paix sociale ?

La fin de l’année est en train de se présenter sous forme d’une série d’interrogations lancinantes, d’inquiétudes sur l’évolution des événements“, constate le quotidien algérien El-Watan.Pas seulement au sujet des cours du pétrole dont la chute brutale est le cauchemar permanent en Algérie depuis plusieurs décennies : aucun chantier politique, économique ou culturel n’est près d’être achevé“.

Le 28 novembre, une manifestation a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant au moins trois morts et des dizaines de blessés près de Touggourt. “Le pays est à nouveau gagné par les émeutes et les manifestations de rue“, écrivait Algérie-Focus.

Si, “Pour apaiser les esprits, le wali [gouverneur] a tout de suite annoncé que les victimes bénéficieraient de logements sociaux“, ajoute El-Watan dans un autre article, il ne fait pas de doute que le danger guette le pays. “Les autorités, dos au mur, tentent encore et toujours d’acheter la paix sociale“, mais au vu de la colère grandissante de la population et de la chute effrénée des cours du pétrole, la question se pose : jusqu’à quand le pourront-elles ?

Le domaine politique reste le lieu de prédilection où s’exerce la violence d’un système qui a remplacé dans son programme le mot démocratie par «survie». L’opinion publique est catastrophée de voir le chef d’un parti historique, qui avait mené la guerre contre le colonialisme, réduit aujourd’hui à lancer de viles attaques contre les partisans de la démocratie et de la liberté de la presse. [...]

Des managers et des opérateurs économiques que nous envient les grandes puissances du monde sont en train de faire leur percée à l’étranger après avoir été copieusement servis, intra muros, par la vindicte de notre administration.

Alors que le pouvoir actuel s’était rendu célèbre, à son installation en 1999, en dénonçant l’interruption du processus électoral de 1992, assimilée à la «première violence» qui aurait engendré celle des islamistes, il est à craindre, si le refus de toute ouverture politique demeure, que la fin de règne soit lourde de violences aux conséquences imprévisibles.

Courrier International

(Merci à Erwinn)

Algérie : 5 leçons à tirer du soulèvement policier

Au-delà de la gravité du précédent et des images-chocs de policiers assiégeant un Palais présidentiel abandonné par son locataire, les manifestations des policiers antiémeute marqueront durablement le pays, la politique, les institutions et la société et mettent à nu la fragilité d’un Etat otage de luttes de clans.

Par Adlène Meddi

1-L’appareil répressif s’est enrayé

«La gestion démocratique des foules», concept cher au général-major Abdelghani Hamel, vient de se casser les dents sur les pavés d’Alger, Ghardaïa, Khenchela et Oran. La projection massive de troupes antiémeute pour contenir la foule avec installation durable des policiers de l’URS sur place avait un coût exorbitant, selon les témoignages des policiers frondeurs : l’épuisement et les conditions d’hébergement. Aussi en cause : les règles d’engagement. La police a reçu l’ordre de ne pas employer la force ou les balles réelles, même en cas d’agression, comme ce fut le cas à Ghardaïa. D’un point de vue technique, la logique militaire de Hamel, qui s’appuie sur une endurance spartiate des forces de police, a vite épuisé ses ressources.

D’un point de vue politique, l’engagement systématique des forces antiémeute pour pallier le déficit de gouvernance est décrié par les policiers eux-mêmes.

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Libye : Est-il encore possible d’empêcher la création d’un “État islamique d’Afrique du Nord” ?

Par Bernard Lugan (Ce communiqué peut-être repris à condition d’en mentionner la source)

Au point de vue militaire la situation libyenne a considérablement évolué depuis mon précédent communiqué en date du 17 août dernier :

- A l’Est, en Cyrénaïque, l’offensive du général Haftar a été bloquée par les milices islamistes; le 22 juillet, à Benghazi, le quartier général de ses forces spéciales a même été pris d’assaut.
- A l’Ouest, en Tripolitaine, les milices de Misrata (Frères musulmans) et les salafistes de Tripoli surarmés par le Qatar et par la Turquie, paraissent prendre peu à peu le dessus sur les milices berbères de Zenten dans la région de l’aéroport principal de Tripoli. Le second aéroport de la capitale, celui de Maïtigua, est déjà contrôlé par les islamistes d’Abdelhakim Belhaj.

La stratégie des salafistes, des Frères musulmans et du Qatar est désormais claire : faire de la Libye une base de déstabilisation régionale. De fait, l’Égypte et l’Algérie sont directement menacées cependant que la Tunisie n’arrive pas à liquider les maquis des monts Chaambi. Quant au Maroc, il va être dans les prochains mois la cible d’un nouveau mouvement fondamentaliste baptisé Unicité et jihad au Maghreb al-Aqsa. Au Sud, le Mali, le Niger et le Tchad vont automatiquement subir la contagion de la situation libyenne.
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La triche «halal», une marque déposée

En Algérie, le copiage, lors des examens, est presque devenu un sport national, tant il est vrai qu’aucune institution pédagogique, de l’école primaire jusqu’à l’université, n’est épargnée par ce procédé inélégant.

Par Lydia Rahmani

Il est pratiqué sans honte, assumé même, par bon nombre d’apprenants qui s’y adonnent sans en rougir.

Or, tricher, c’est enfreindre les lois civiques et divines, sachant que ce procédé est abhorré par le Créateur et censé être proscrit par les croyants. Et quand la triche a pour scène la prestigieuse université des sciences islamiques Emir Abdelkader de Constantine (USIC), cela dépasse l’entendement,

surtout quand on n’hésite pas à déchirer les pages du Saint Coran pour arriver à ses fins !

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La guerre secrète de l’Algérie en Libye

Aucun officiel n’en a parlé et pourtant l’ANP serait, depuis le 29 mai, en guerre contre les groupes terroristes dans l’Ouest libyen. C’est, depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, la plus grande opération extérieure menée par l’armée algérienne.

Par Akram Kharief

Le jour même du début de l’offensive, le quotidien the Times donnait l’information, citant le think tank britannique The Henry Jackson Society, dont un haut responsable annonçait

un envoi de forces spéciales américaines, françaises et algériennes dans le Sud libyen avec pour principal objectif l’élimination des terroristes d’AQMI, la destruction de leur infrastructure d’armement, de communication et d’entraînement dans la région.

 

L’alliance de circonstance entre l’Algérie, les Etats-Unis et la France à qui s’adjoignent le Tchad, probablement la Libye, mais surtout les forces du général Khalifa Haftar qui pilonnent la région de Benghazi, confirment l’encerclement des terroristes djihadistes dans le grand Sud libyen.

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Gaz de schiste : la France va explorer en Algérie

Un accord permettant d’expérimenter une alternative à la fracturation hydraulique sur le territoire algérien sera signé.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a fait quelques confidences jeudi matin à un petit nombre de journalistes. Dans ses propos, une information : la France et l’Algérie vont prochainement signer un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien dans le domaine de l’exploitation des gaz de schiste.

On sait le sujet sensible et capable de fâcher tout rouge l’allié écologiste. Les quelques permis d’exploitation à des fins de recherche délivrés sur le territoire national sont en effet considérés par les Verts comme des chevaux de Troie, prélude à l’exploitation tout court. Mais le gouvernement ne renonce pas à l’idée d’un mode d’exploitation moins dangereux pour l’environnement que la fracturation hydraulique, le seul disponible actuellement. C’est donc en Algérie que ces recherches seront menées. Les Algériens, eux, ne risquent pas de râler.

Algerie360

(Merci à ranelagh)

Algérie : Mobilisation inédite contre Bouteflika

Brèves, plus ou moins fournies, les manifestations se multiplient en Algérie. Après le rassemblement de plusieurs partis décidés à boycotter l’élection présidentielle du 17 avril, ce devait être au tour, jeudi 13 mars, d’universitaires et d’intellectuels de se réunir à la faculté de Bouzareah à Alger à l’appel du collectif « Un autre avenir pour l’Algérie ». Le 15 mars, le mouvement Barakat (« Ça suffit ») organise de son côté un nouveau sit-in devant la faculté centrale de la capitale. Ces initiatives ont pour trait commun le rejet d’un quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, malade, au pouvoir depuis 1999 et candidat à sa succession. Une contestation électorale inédite jusqu’ici.

Mercredi, cernées et même bousculées par un important dispositif policier, des personnalités politiques se sont ainsi réunies à proximité du monument aux Martyrs d’Alger.

Côte à côte, entourés de partisans au demeurant assez peu nombreux, Mohcène Belabbès, secrétaire général du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, d’origine kabyle), Abderrazak Mokri, chef du Mouvement social pour la paix (MSP, première formation islamiste issue des Frères musulmans), Mohamed Douibi, représentant d’Ennahda (islamiste), et deux candidats à l’élection présidentielle qui ont préféré se retirer de la compétition, Soufiane Djilali et l’ancien premier ministre Ahmed Benbitour, ont appelé à une coordination « de tous ceux qui refusent le fait accompli ».

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Les Algériens excédés par le trafic d’essence vers le Maroc

Le wali de Tlemcen a rationné l’essence. C’est la faute aux trafiquants vers le Maroc estiment les habitants. Entre émeutes et sit-in, la région frontalière est sous tension.

« Basta M. le wali » « Les hallabas dehors »  « On en a marre des trafiquants ». Ils étaient quelques centaines de personnes à scander ces slogans face au siège de la wilaya de Tlemcen. Ce sit-in intervient alors que la zone frontalière avec le Maroc est sous tension. Vendredi, toute la région avait été marquée par des émeutes et des routes coupées après la décision du wali de rationner l’essence.

Le sit-in d’aujourd’hui était plus pacifique. Mais les forces de l’ordre ont interdit aux journalistes de photographier la manifestation et aurait arrêté 6 personnes. Les manifestants s’en prennent aux hallabas, ces trafiquants d’essence qui assèchent les stations service de l’ouest algérien pour approvisionner le Maroc en contrebande.

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Algérie : Identification rétinienne pour les clients de la banque postale

La reconnaissance rétinienne sera prochainement introduite en Algérie dans les bureaux d’Algérie Poste. Ces banques disposeront d’une base de données où seront enregistrées toutes les données rétiniennes de leurs clients, garantissant selon elles, une sécurité maximale pour ces institutions bancaires.

Les usagers d’Algérie Poste devront donc faire enregistrer leurs données rétiniennes pour pouvoir retirer l’argent de leurs comptes. Pour arriver à cette étape, un dispositif est mis en place grâce au concours d’une caméra qui numérise et cartographie simultanément jusqu’à 400 caractéristiques des yeux des clients de la banque.

La lecture du dessin de la rétine ne prend que quelques secondes. Une fois le balayage terminé, il y a comparaison entre le dessin scanné et les dessins mémorisés dans la base de données.

Dans un reportage diffusé par l’ENTV, le PDG d’Algérie Poste, Mohand Laïd Mahloul, a fait savoir qu’un partenariat a été signé avec un opérateur étranger pour équiper les bureaux de poste afin d’utiliser la reconnaissance rétinienne.
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Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
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L’avenir des gaz de schiste et le sens de l’Histoire

“La misère subsiste. Comme avant.
La supprimer complètement tu ne peux.
Mais tu vas la rendre invisible.”

Theodor Adorno,  Minima Moralia

L’histoire a-t-elle un moteur, et si oui, quel est son carburant ?
L’homme change-t-il, et sinon, qu’est-ce que le “progrès” ?

Telles étaient en gros les questions qui me tracassaient en ouvrant l’autre jour Le monde en 2030 vu par la CIA, la traduction d’une analyse prospective publiée en décembre par le National intelligence council américain, haute instance de conseil des agences de renseignement des Etats-Unis.

Je reconnus page 271 l’indice que je cherchais, au centre du “scénario pessimiste le plus probable” avancé par les analystes de la CIA, intitulé “Quand les moteurs calent”.

Cet indice figure dans les premières phrases d’un discours fictif prononcé en 2030 par le directeur d’un hypothétique WorldCorp Strategic Vision Group :

Je pense que nous avons tous cru que la découverte des gaz de schiste signifiait que les Etats-Unis étaient “de retour”, en dépit de toutes les querelles internes. De toute évidence, nous n’avions pas tenu compte du système juridique américain. Non seulement nos estimations précédentes, trop ambitieuses, se sont révélées fausses à cause de progrès technologiques plus lents que prévu dans le domaine des extractions, et de ressources qui se sont avérées être dans la fourchette basse de nos pronostics initiaux, mais nous avons été incapables de prendre en compte le coût des procès en séries intentés aux producteurs d’énergie.

Voilà donc la clé ? S’ils ne trouvent pas assez d’hydrocarbures à fracturer dans les roches-mères du Dakota, du Texas et sans doute demain de Californie, les ‘Ricains (vous savez, Madonna, Bret Easton Ellis, les Cadillac) ne seront jamais “de retour”, comme le clamait Reagan en son temps : jamais plus ils ne pourront imposer leur dominium sur le monde, estime la CIA.

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Algérie : Christine Lagarde appelle à ne pas maintenir la règle 49/51

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a appelé mercredi Alger au développement des investissements directs étrangers (IDE) sans la règle de participation des 49/51, lors d’une visite de trois jours dans la capitale algérienne.

Je ne suis pas personnellement convaincue de la nécessité d’avoir un actionnariat partagé entre des investisseurs publics algériens et des investisseurs directs étrangers“, a déclaré Mme Lagarde lors d’une conférence de presse au second jour de sa visite à Alger.

C’est une décision de souveraineté qu’il appartient aux autorités algériennes de prendre“, a-t-elle toutefois ajouté.

Face à la crise mondiale, l’économie algérienne se porte bien et, selon elle, “la croissance devrait rester vigoureuse entre 3 et 3,5% durant les prochaines années”.

Interrogée sur une nouvelle demande de prêt que le FMI adresserait à Alger l’occasion de sa visite, elle a indiqué qu’elle était “simplement venue remercier les autorités” pour les 5 milliards de dollars déjà accordés à l’institution monétaire il y a quelques mois.

Nous nous contentons d’observer ce qui se passe ailleurs dans le monde et il y a très peu de pays à ce jour qui maintiennent une règle de 49/51 tous secteurs confondus“, a-t-elle souligné, indiquant que c’était ce qui pouvait être apporté “comme élément de comparaison aux autorités algériennes“.

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Crise du Mali, troisième partie : Les intérêts pétroliers

par Aymeric Chauprade

Le Mali possède 5 bassins sédimentaires dont le potentiel pétrolifère est avéré :

  • bassin de Taoudenni (au nord et vers la frontière mauritanienne) : 600 000 km2 pour le seul Mali mais 1,5 million de km2 partagés entre Mali, Algérie, Mauritanie, Niger. Schites riches en matière organique. Il serait comparable au bassin d’Illizi en Algérie.
  • le fossé (ou graben) de Gao : 15 000 km2, un seul puit à l’heure actuelle.
  • les bassins contigus de Iullemeden et Tasmena (à l’Est et frontaliers avec le Niger), 80 000 km2, deux puits à l’heure actuelle ; comparable au bassin de Doba au Tchad ou aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.
  • fossé de Nara au centre, près de Mopti, également comparable au bassin Crétacé de Doba au Tchad soit aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

L’AUREP, l’Autorité pour la Recherche pétrolière au Mali soutient que le sous-sol du pays est très potentiel pour le gaz et le pétrole et le directeur Afrique du Nord de Total, Jean-François Arrighi de Casanova va dans ce sens quand il parle lui de “nouvel eldorado pétrolier” à propos de la zone Mauritanie/Mali/Niger.

Cependant, à ce jour, le Mali compte encore un faible nombre de puits et son sous-sol reste sous-exploité.

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Crise du Mali, deuxième partie : Les intérêts de la France

par Aymeric Chauprade

Au regard des intérêts de la France en Afrique, la décision d’intervention militaire française apparaîtra, je le crois, comme une bonne décision. Pour en juger, et comme toujours si nous voulons être fidèles à notre ligne réaliste, il faut être capable de s’élever au-dessus des partis pris politiques et idéologiques des uns et des autres. Chacun sait en effet que je me situe, sur le plan des idées, à des années-lumières des gouvernements qui se sont succédés en France ces trente dernières années, et que j’exècre, peut-être plus que tous ceux qui l’ont précédé, ce gouvernement qui mine les fondements de notre civilisation, accélère l’invasion migratoire, achève notre économie, et pousse à l’exil, par son fanatisme de l’Égalité, ce qu’il reste de créatif en France.

Il est arrivé souvent dans l’Histoire qu’une décision prise au nom de mauvaises raisons ait pu produire les résultats les plus positifs. N’est-il pas étrange de constater aujourd’hui qu’un président issu d’un camp que rien ne prédispose à la défense d’intérêts français en Afrique ait néanmoins pris une décision qui va peut-être améliorer sensiblement le statut de la France en Afrique ?

Car quelle était la situation de la France en Afrique avant cette affaire du Mali ? Plus précisément que devenait l’influence française en Afrique depuis le discours de la Baule du président Mitterrand, le 20 juin 1990 ?

La réalité est que, depuis la fin de la Guerre froide, et faute de vision géopolitique, la France n’a cessé de reculer en Afrique. En position défensive, sans vision ni anticipation, elle n’aura fait que subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies. Prise en tenaille entre ses devoirs européens et l’atlantisme, son influence s’est considérablement amoindrie outre-mer. D’un côté le discours de la démocratisation, de l’autre les magouilles du personnel politique (cette françafrique que l’on ne saurait confondre avec les intérêts légitimes de la France en Afrique) ; et bien sûr une montée en puissance des États-Unis sur le prétexte de la lutte contre le terrorisme islamiste, au début des années 2000…

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Nord Mali : le Qatar accusé de financer les groupes islamistes de l’Azawad

D’après l’hebdomadaire français “Le Canard Enchaîné”, qui cite une source de la Direction du renseignement militaire français (DRM), le riche émirat gazier du Qatar financerait les groupes islamistes qui ont pris le contrôle du Nord-Mali.

Par Benjamin Roger 06/06/2012.

Le prince al-Thani serait un soutien financier des groupes islamistes du nord-Mali.

Le Qatar, « ami » de la France, mais pas seulement… Dans son édition du mercredi 6 juin, le Canard Enchaîné, hebdomadaire satirique français, affirme que l’émirat du Qatar serait un soutien financier de poids pour les différents groupes islamistes qui ont pris le contrôle de l’Azawad au mois de mars dernier.

L’article, intitulé « “Notre ami du Qatar” finance les islamistes du Mali », indique que la Direction du renseignement militaire (DRM, qui dépend du chef d’état-major des armées françaises) a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgés du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA indépendantiste et laïc), les mouvements Ansar Eddine, Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) ont reçu une aide en dollars du Qatar ». Le montant de cette aide financière n’est toutefois pas précisée.

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Mali : Réalités géopolitiques vues par Aymeric Chauprade (1ère partie)

par Aymeric Chauprade

L’intervention du Mali, comme toutes les interventions occidentales depuis la fin de la Guerre froide (de l’Irak jusqu’à la Libye en passant par l’ingérence en Syrie) ne saurait être analysée de manière angélique, sous prétexte qu’elle serait une opération française. Inversement, elle ne saurait être assimilée à toutes les autres opérations parce qu’elle admet en effet ses propres déterminants.

La guerre au Mali est la confrontation d’une multiplicité d’acteurs :

  1. l’État central malien (Bamako)
  2. les Touaregs indépendantistes de l’Azawad
  3. les groupes jihadistes
  4. l’État français et sa compagnie pétrolière Total (qui est certes une multinationale sur le plan capitalistique mais dont l’action politique reste coordonnée à celle de la France),
  5. l’État algérien avec d’une part son État profond (le puissant DRS, la sécurité militaire, coeur du régime) d’autre part sa société pétrolière étatique Sonatrach
  6. les États-Unis d’Amérique et leur État profond (composé d’éléments de la CIA, du Pentagone, de l’armée)
  7. l’État qatarien et ses intérêts pétroliers et gaziers
  8. deux États voisins, la Mauritanie et la Libye qui ont toujours joué un rôle crucial dans la question touareg.

Ce sont là les principaux protagonistes de l’affaire malienne. Au second plan, d’autres acteurs chargés d’apporter aux acteurs de premier plan une légitimité en terme de droit international : les autres États africains (la CEDEAO), l’Union européenne…

Voyons les intérêts et les motivations des premiers rôles qui s’affrontent sur la scène malienne, et pas forcément de manière visible.

Cette analyse étant longue, j’ai décidé de la découper en deux parties. La première partie tentera d’y voir clair sur les motivations de l’État malien, des Touaregs indépendantistes et des groupes islamistes.

La seconde partie abordera la question complexe des enjeux pétroliers et gaziers dans la zone (avec notamment les intérêts pétroliers français, qataris et algériens).

Nous pourrons alors proposer une lecture de la crise qui s’articulera autour d’un bras de fer entre Paris, Alger et Doha pour l’essentiel, avec bien entendu aussi les États-Unis en « embuscade » et qui montrera, une fois de plus, que le terrorisme islamiste est largement instrumentalisé pour consolider ou restaurer les intérêts des principaux acteurs.

1) L’État malien

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Hélium : Deuxième élément le plus abondant, ce gaz est menacé de pénurie

Les réserves stratégiques américaines se vident, les prix mondiaux s’envolent. Gros acheteur, le CERN doit s’adapter

Le parc Disneyland de Tokyo arrête de gonfler des baudruches depuis mardi ? Cela signifie que le monde se bat pour de l’hélium, indispensable aux postes à souder. Aux appareils d’imagerie médicale à résonance magnétique. Au CERN. «On fait face depuis cet été à de nouvelles tensions sur le marché», confirme Serge Claudet, responsable de l’exploitation cryogénique sur le LHC. «L’hélium, c’est un peu le sang de cet accélérateur de particules, et notre site dispose des plus grandes installations de re-liquéfaction et de stockage liquide au monde

Le deuxième élément le plus abondant de l’univers semble manquer. Les prix s’envolent. Aux Etats-Unis, les 1000 pieds cubes ont vu leur prix passer de 50 dollars au début de la dernière décennie à plus de 160 dollars, selon les dernières indications de l’USGS, le bureau de géologique américain. Cette situation est liée à la privatisation du secteur, aux Etats-Unis, un pays plus crucial pour les approvisionnements mondiaux d’hélium que l’Arabie saoudite pour ceux de pétrole. Aujourd’hui, les trois quarts de ce gaz y sont produits. Dont une moitié provenant de la Réserve fédérale d’hélium, constituée durant la Guerre froide. Dans le Bush Dome, formation rocheuse aux confins du Texas et du Kansas. Depuis 1996, Washington revend ces stocks stratégiques. Alerté sur les risques de dépendance future envers la Russie ou le Qatar, le Sénat pourrait cependant adopter, d’ici à la fin de l’année, une loi ralentissant le rythme de vente de ces réserves.

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Peugeot : La piste algérienne séduit la Bourse

Le titre du français PSA Peugeot Citroën bondissait mercredi à Paris, soutenu par un article de la Tribune évoquant une possible entrée de l’Algérie au capital du constructeur automobile en difficulté.

Pour l’Élysée, cela serait faire d’une pierre deux coups : renforcer la coopération économique avec l’Algérie tout en apportant de l’argent frais à un fleuron national mal en point…

La hausse du titre PSA intervient également alors que le groupe envisage 1.500 départs naturels non remplacés d’ici à mi-2014, qui s’ajouteront aux 8.000 postes supprimés dans le cadre de sa restructuration annoncée en juillet, a-t-on appris mardi de sources syndicales.

Hollande… et Raffarin
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Algérie : Le commerce parallèle pèserait entre 30 à 70 % de l’économie

Le président de la principale organisation patronale algérienne a estimé dimanche que le commerce parallèle représente, selon les secteurs, entre 30 et 60% de l’économie.

Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Reda Hamiani, a déclaré dimanche à la radio publique francophone “L’impact sur l’économie de la sphère informelle varie, selon les secteurs, entre 30 et 60-70%“. Le commerce informel est “fort notamment dans les secteurs textile, des chaussures, des logiciels informatiques et des cosmétiques“, a-t-il précisé.

Ce secteur constitue une concurrence déloyale vis-à-vis du commerce organisé, puisque ses acteurs ne paient pas de taxes, et donc un important manque à gagner pour le gouvernement, qui a lancé fin août une opération visant à éradiquer les échoppes illégales.

S’attaquer aux barons de l’importation plutôt qu’au revendeur des rues

 Tout en saluant la décision des autorités d’éradiquer le commerce illégal, particulièrement dans les grandes villes, M. Hamiani a précisé que cette opération ne s’attaquait pour le moment qu’au “maillon faible” de ce secteur, c’est-à-dire “au petit revendeur dans les rues“.

“Ceux qui portent atteinte à l’économie nationale, ce ne sont pas ces jeunes. On souhaite que les opérations (…) soient plus incisives à la tête” et touchent “les barons de l’importation, ces personnages incrustés dans les différents rouages de l’Etat et qui se dispensent de payer la fiscalité ordinaire”, a-t-il précisé.

Depuis le début de cette opération fin août, les autorités ont recensé plus de 70.000 commerces illégaux dans le pays, selon le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia.

La Tribune

Espagne : Ces algériens qui investissent dans l’immobilier à Alicante

«Vends appartement en plein cœur d’une résidence à Alicante.» En Algérie, il n’est plus aujourd’hui étonnant de tomber sur ce genre d’annonce sur les pages dédiées à l’immobilier dans la presse ou sur les sites internet consacrés aux petites annonces.
D’abord discret, même secret, ce canal s’est, au fil du temps, popularisé et on affiche fièrement, aujourd’hui, ses acquisitions outre-mer, comme signe d’appartenance sociale. Il est vrai que l’acquisition de biens à l’étranger reste, dans l’imaginaire collectif, l’apanage de la nomenklatura. Cependant, les choses changent et à toute vitesse.

Depuis la déconfiture du secteur immobilier espagnol, le marché suscite l’engouement d’investisseurs algériens à la recherche de placements immobiliers, de résidences secondaires pour les vacances, et de propriétés susceptibles de leur ouvrir l’espace Schengen de manière définitive.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les nouveaux acquéreurs de biens immobiliers en Espagne, ne sont pas si riches ou si introduits dans le sérail. Le quotidien espagnol El Pais, qui leur a récemment consacré un article, les décrit comme étant des membres de la classe moyenne, avocats, médecins, entrepreneurs, cadres supérieurs qui voyagent souvent, et qui bénéficient d’une certaines éducation.
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Emploi: Renault va implanter une usine en Algérie

Renault, qui négocie depuis plus de deux ans l’implantation d’une usine en Algérie, a signé avec les autorités de ce pays un protocole d’accord, mais les discussions continuent en vue d’un texte définitif, a indiqué vendredi le constructeur automobile.

Un protocole d’accord a été signé, qui démarre un (nouveau) processus de discussions“, a déclaré une porte-parole de Renault.

La signature du document est intervenue le 25 mai mais, a-t-elle souligné, “il n’y a à ce stade rien de décidé” en termes de calendrier pour la future implantation, ou en ce qui concerne les modèles qui y seraient fabriqués.

Dans un premier temps, une autre porte-parole du constructeur, sollicitée pour confirmer des informations du Figaro évoquant “un accord préalable”, avait fait état de la signature d’un “accord-cadre” entre Renault et Alger.

Interrogé sur la clientèle visée, le constructeur a expliqué que les voitures de l’usine seraient destinées au marché local. Mais il se refuse à donner plus d’informations, compte tenu des discussions en cours.

Dans la région, Renault a déjà une unité, à Tanger (Maroc), dont l’essentiel de la production est destiné à l’exportation.

Les discussions traînent en longueur car les deux parties s’affrontent sur le lieu d’implantation: le gouvernement algérien privilégie le site de Jijel, une ville portuaire située à 350 kilomètres à l’est d’Alger, pour des raisons d’aménagement du territoire, alors que Renault préférerait la banlieue d’Alger où il est plus facile de trouver de la main-d’oeuvre qualifiée.

Lire l’intégralité de l’article sur Le Point

Les relations franco-algériennes au XXIe siècle

Le colloque sur «L’Algérie et la France au XXIe siècle», qui s’est tenu, à l’initiative de l’Association France-Algérie, le 17 décembre dernier à l’Assemblée nationale française, a tenté de mettre en évidence les entraves aux bonnes relations de voisinage qui «ne doivent pas se limiter aux seuls courants d’affaires».

Quelles relations entretiendront ces gouvernants d’obédience islamiste [issus du printemps arabe] avec la France «coloniale et impie» et quel type d’influence auront-ils sur les millions d’émigrés installés dans l’Hexagone

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France : Le Qatar tente de séduire la diaspora algérienne

Le quotidien algérien Tout sur l’Algérie s’interroge sur l’intérêt manifesté par le Qatar pour la communauté maghrébine en France, algérienne en particulier, en raison de la «proximité du Qatar avec les milieux islamiste».

L’émir cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani a récemment reçu neuf conseillers municipaux de banlieue, tous originaires du Maghreb, et créé un fonds d’investissement pour les jeunes entrepreneurs de banlieues.

Il ne s’agit pas de «charité», explique le diplomate qatari à propos de ce Fonds, mais d’un «partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France», «un pays stratégique et très important pour nous». Une attitude qui suscite des interrogations en France, dans la presse et au sein de la classe politique française, à la veille de l’échéance électorale présidentielle.

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La machine de propagande tourne à plein…

Par Patrick Reymond

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Un article de blog intéressant, paru aussi chez Jorion, « La fausse baisse du chômage américain ».

Que démontre-t-il ? Que la machine n’est pas repartie, simplement, on a atteint le bas du « L », en attendant un autre « L » qui suivra.

Les félicitations dont on se gargarise ne concerne que le taux de chômage officiel, un « taux Potemkine » de la plus belle espèce.

En effet, on ne cherche qu’un effet d’annonce.

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Émeutes sociales en Tunisie et en Algérie

Flambée de colère

Si le phénomène n’est pas nouveau en Algérie où les manifestations de rue ont depuis longtemps remplacé toute forme de dialogue, les émeutes qui secouent la Tunisie contre la cherté de la vie ont remis en cause l’autoritarisme du régime de Zine El Abidine Ben Ali, et surtout dévoilé la face soigneusement cachée du “miracle économique tunisien”.

Réputée pour être étroitement quadrillée par les services de police, la rue tunisienne est en ébullition depuis le 17 décembre, date à laquelle un diplômé chômeur, devenu revendeur de légumes à la sauvette, s’était immolé par le feu en protestation contre le chômage et la cherté de la vie.

Depuis, des manifestations de rue, sur fond de chômage et de mal vie, ont été réprimées. Hier encore [mercredi 05 janvier 2011], le Conseil national de l’Ordre des avocats, qui a appelé à une grève des avocats en solidarité avec la population de Sidi Bouzid point de départ de la contestation, ont dénoncé “un usage sans précédent” de la force pour “faire taire les avocats”.

La fin du mythe économique tunisien ?

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

*

Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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Les pays pauvres s’offrent… des armes de guerre

Un rapport de l’Institut international pour la paix démontre que la course aux armements est engagée dans des pays pauvres, tant en Amérique du Sud qu’en Asie du Sud-Est. Les avions de combat figurent en tête des achats.

Dans son rapport annuel sur le commerce des armements portant sur la période 2005-2009, l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, souligne qu’au niveau planétaire, les ventes d’armes ont été supérieures de 22 % à ce qu’elles ont été en 2000-2004.

Une course aux armements a opposé, ces cinq dernières années, des pays pourtant pauvres, où l’argent consacré à l’achat d’armes, avions de combat en tête, aurait pu être utilisé à meilleur escient, constate l’Institut.

A l’échelle mondiale toujours, «les avions de combat ont représenté 27 % du volume total de transferts d’armes» sur la période étudiée. En 2009, les avions de combat ont constitué 40 % des ventes d’armes conventionnelles russes et 39 % des américaines.

«Les commandes et les livraisons de ces armes potentiellement déstabilisantes ont conduit à une course aux armements dans des régions où règne la tension : Proche-Orient, Afrique du Nord, Amérique du Sud, Asie du Sud et Asie du Sud-Est», note le Sipri.

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Gazprom, stratégie de la Russie

Dans la continuité de deux articles que nous avons publiés récemment (article 1article 2) et rejoignant par ailleurs l’analyse d’Aymeric Chauprade, Michel Drac s’intéresse à la stratégie gazière de la Russie.

Anne-Marie Lizin est professeur à Sciences-Po Paris. Mais bon. Pour une fois, on essaiera d’oublier ce qu’on pense de Sciences-Po.

Et on s’intéressera à une étude qu’elle vient de diriger sur la stratégie énergétique de la Russie : « Gazprom » (étude coordonnée par ailleurs par Nicolas Zeisler).

Etude évidemment conforme au « politiquement correct » de Sciences-Po, donc porteuse d’une tonalité à mon avis plutôt anti-russe. Mais justement. Il est intéressant de savoir ce que pensent les gens qui n’aiment pas ce que nous aimons.

Poids de la Russie dans les importations de gaz naturel des pays européens : Allemagne 39 % (alors que le pipeline Baltique n’est pas encore ouvert), France 26 %, Italie 30 %, souvent plus de 80 % en Europe de l’Est (à l’exception notable de l’Ukraine, qui achète son gaz au Turkménistan et est parvenue à réduire le poids du gaz russe à 23 %).

Simultanément, Gazprom noue des contacts avec des pays producteurs de gaz hors Russie (l’Algérie, entre autres). Lire la suite

Vers une crise immobilière en Algérie ?

Certes, ce n’est pas Dubaï, mais tout de même … La crise financière mondiale a sérieusement impacté le marché immobilier en Algérie.

Les transactions immobilières ont ainsi chuté de 80% en 2009. Les prix à la vente et à la location ont baissé respectivement de 40 et 30%.

Certes, si les prix affichés en vitrine mentionnent toujours des prix très élevés, la vente se conclut bien souvent à des tarifs inférieurs de 30 à 40%. La rançon du succès passé, assortie des conséquences de la crise mondiale. Rappelons en effet que l’Algérie se trouvait jusqu’en 2008 en pleine bulle immobilière, les prix ayant triplé de 2003 à 2008.

Selon la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI), la tendance devrait se poursuivre, mais sans que le marché se stabilise sur la valeur réelle des biens, exagérément surévalués jusqu’alors, la spéculation règnant en maître. Les experts prévoient la poursuite de la tendance baissière jusqu’à 2011, au moins.

Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, M. Moussa, a annoncé quant à lui, devant les membres du Conseil, que son département prépare actuellement un nouveau projet de loi. Le texte, qui sera présenté au parlement, portera essentiellement sur la réorganisation de l’activité de promotion immobilière, régie par le décret 03-93.

La fédération du BTPH, affiliée à la Confédération algérienne du patronat (CAP), a récemment dénoncé, quant à elle, ce qu’elle considère comme étant «des procédures abusives» de toutes sortes, qui se multiplient actuellement en matière de vente de logements sur plans.

Rappelons, par ailleurs, qu’en juillet 2009, Emaar, le géant immobilier des Emirats arabes unis, avait annoncé avoir fermé son bureau à Alger. Raisons invoquées : les difficultés rencontrées dans le pays pour pouvoir concrétiser ses projets. A moins que cela ne soit déjà les prémices de la crise de Dubaï ?

Le Blog Finance

(30.09.2009)

  • Les investissements vont baisser de 30% dans le monde cette année, selon la CNUCED

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, les investissements directs à l’étranger vont tomber de 1 700 milliards de dollars dans le monde en 2008 à moins de 1 200 milliards cette année. Ils ne dépasseront pas 1 400 milliards de dollars l’an prochain et il faudra attendre 2011 pour qu’ils remontent à 1 800 milliards de dollars. États-Unis, Europe, Asie, qu’il s’agisse d’entrées ou de sorties de capitaux, personne n’est épargné par la crise. «En 2008, les flux à destination des pays développés dans leur ensemble sont tombés de 29 % (…), le mouvement s’accélérant encore au premier trimestre de 2009». La Chine, avec 108 milliards de dollars d’entrées de capitaux en 2008, est désormais la troisième destination des fonds étrangers derrière les États-Unis et la France. Le Figaro

  • L’Algérie a 29.000 tonnes d’uranium en réserves

C’est ce qu’a indiqué le ministre algérien de l’Energie et des Mines, précisant que ces quantités sont « insuffisantes » pour développer le programme national de production de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. « Actuellement, nous disposons d’environ 29.000 tonnes de réserves prouvées d’uranium qui peuvent être exploitées » dans la production de l’énergie nucléaire, a-t-il déclaré. « Ces quantités permettront de faire fonctionner seulement deux centrales nucléaires d’une capacité de 1.000 Mégawats chacune et pour une durée de 60 ans », a-t-il précisé. D’où la nécessité « d’augmenter ces réserves en lançant un programme de prospection afin de découvrir et de développer d’autres réserves ». Algérie 360

  • Nouveau plan de soutien à l’immobilier aux États-Unis

35 milliards de dollars (24 milliards d’euros) seraient alloués par le gouvernement au soutien du secteur, selon le Wall Street Journal et le Washington Post. Une somme qui viendrait aider principalement les agences qui sont sous contrôle des collectivités locales et qui fournissent ou garantissent des prêts aux ménages les plus modestes. Ce plan de soutien fait suite à celui, bien plus massif, qui avait été lancé en février dernier par l’administration Obama, d’un montant global de 275 milliards de dollars (220 milliards d’euros), visant à aider sept à neuf millions de foyers directement frappés ou menacés par la crise du crédit. Selon des données publiées par l’Association nationale des promoteurs immobiliers (NAR), les ventes de logements anciens ont reculé de 2,7% sur un mois en août. Le Figaro

  • Côte d’Ivoire : annulation de plus de 400 millions d’euros de la dette privée

La Côte d’Ivoire a bénéficié d’une réduction de 268 milliards de FCFA (408 M EUR) de sa dette privée sur un stock total évalué à 1.380 milliards (2,1 milliards EUR) au 31 décembre 2008, soit 20% du stock de ses créances contractées auprès du Club de Londres, constitué de créanciers privés. L’accord prévoit également un allègement des 80% restant de la dette sur une période de 23 ans dont 6 ans de différé. Les Etats-Unis, quant à eux, ont annulé pour 208,7 millions de dollars (98,403 milliards de Francs CFA) la dette extérieure de la Côte d’Ivoire. L’accord a prévu un effacement de près de 123,23 milliards de Francs CFA (188 millions d’euros) du stock de la dette sur la période allant d’avril 2009 à mars 2012. La Côte d’Ivoire s’est qualifiée fin mars pour l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), qui lui donne droit à un allègement “temporaire” de sa dette extérieure, estimée à 6.700 milliards de francs CFA (10,22 milliards d’euros). Une réduction plus conséquente est conditionnée à la mise en oeuvre de réformes économiques et sociales convenues avec la Banque mondiale et le FMI. L’initiative PPTE permettra à la Côte d’Ivoire, selon le président Laurent Gbagbo, de réduire le service de sa dette de 1,06 milliard à 305 millions d’euros par an.
AFP (via Les Échos)

La fécondité baisse chez les riches comme chez les pauvres

“Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire.”

(Houari Boumedienne, président algérien, discours à l’ONU, 1974)

Selon un préjugé répandu, le Maghreb serait encore une menaçante pouponnière dont les légions de marmots, bien plus nombreuses que les rares escouades de rejetons européens de souche, ne demandent qu’à déferler, avant même leur naissance (cf. la célèbre citation ci-dessus), sur notre Continent, pour y grandir et “le conquérir”.

Un article du Monde vient à propos nous rappeler, voire nous apprendre, que cette vision a une bonne dizaine d’années de retard.

L’Algérie, la Tunisie et le Maroc ont quasiment terminé leur transition démographique.

Leurs taux de fécondité se rapprochent des nôtres, au contraire des pays d’Afrique subsaharienne où l’on constate encore des taux oscillant couramment entre 5 et 7 enfants par femme.

A quoi est dû ce phénomène, dans les pays du Maghreb dont le niveau de vie est très largement inférieur aux nôtres ?

Cet article du Monde suggère quelques pistes, dont, venant contredire certaines thèses économiques ou religieuses, celle de la propagation de la mentalité occidentale paraît la plus probable.

Le débat est ouvert : Lire la suite