États-Unis : Attention au krach pétrolier

Par Philippe Herlin

Il n’est pas dans l’intérêt des producteurs de l’OPEP de baisser leur production, quel qu’en soit le prix“, a déclaré au Financial Times Ali al-Naimi, le ministre saoudien du pétrole depuis 1995, la personnalité considérée comme la plus influente de l’industrie énergétique mondiale. Même si le prix du baril atteignait 20 dollars, précise-t-il.

Dans la revue spécialisée Middle East Economic Survey, il affirme que, selon lui, le baril de pétrole ne reviendra jamais à 100 dollars, suggérant par-là que les prix actuels perdureraient sur le long terme.

Pourquoi une telle obstination? Cette politique n’a rien de suicidaire, au contraire : si l’Arabie Saoudite se mettait à baisser sa production, “les prix repartiraient à la hausse, et les Russes, les Brésiliens et les producteurs américains de pétrole de schiste prendraient notre part“, explique-t-il.

Manifestement, les pays du Golfe veulent absolument éviter que les États-Unis deviennent énergiquement indépendant, et cherchent carrément à saborder un pan entier de leur économie. La première puissance mondiale va-elle rester les bras croisés, ou va-t-elle rappeler que leur sécurité dépend d’elle ? Nous verrons, mais la tendance écrite par les prix est très claire.
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Interview de Jean-Pierre Chevallier sur la situation des banques françaises

Jean-Pierre Chevalier, professeur agrégé, analyste financier indépendant, contrarian, revient sur la situation des banques françaises ; sur leur solvabilité et sur les risques encourus concernant les comptes bancaires des épargnants.

Fabrice Drouin Ristori (FDR): Bonjour Mr Chevallier, merci d’avoir accepté cette interview. Avant d’aborder la situation des banques en France, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Jean-Pierre Chevallier : En tant que professeur agrégé, j’ai enseigné, en particulier l’analyse financière à l’Université de Nice. Étant maintenant en retraite, je continue à travailler en toute liberté en tant que business économiste monétariste behavioriste, contrarian et je poursuis les analyses financières que j’ai mises au point en toute indépendance.

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Ben Bernanke, le pompier qui pourrait se révéler pyromane

Par Marc Vignaud

Sur le départ, le président de la banque centrale américaine s’apprête à fermer les vannes de l’argent pas cher. Non sans risque de krach obligataire.

Les marchés du monde entier étaient suspendus à ses lèvres mercredi. Quand et à quel rythme Ben Bernanke allait-il commencer à resserrer sa politique monétaire ? La question hante les investisseurs depuis des semaines, voire des mois. Et pour cause, la simple évocation, le 22 mai, d’un scénario de sortie de cette politique de planche à billets par le président de la banque centrale américaine avait fait s’évaporer en quelques jours 3 000 milliards de dollars sur les places financières.

Un républicain admirateur de Friedman

C’est donc celui qui anticipera le mieux les décisions de l’ancien professeur d’université à Stanford et Princeton qui s’en sortira dans des marchés rendus volatils par les torrents de liquidités déversés par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour affronter la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale.

Qu’un resserrement monétaire intervienne trop rapidement et c’est le risque d’un krach obligataire, comme en 1994. À l’époque, les taux d’intérêt sur la dette américaine avaient brutalement bondi de 2,25 points en moins d’un an et la valeur des obligations en circulation, qui varient en sens contraire, s’était écroulée… Un bain de sang pour les plus imprévoyants.

Mais pour de nombreux analystes, ces craintes d’une sortie rapide de la politique monétaire très accommodante de la Fed sont exagérées. Ce ne sera sans doute pas Ben Bernanke, dont le second mandat à la tête de la puissante institution américaine s’achève théoriquement au 1er janvier 2014, qui aura à gérer ce lourd héritage. Barack Obama n’a en effet pas caché sa volonté de voir partir ce républicain nommé par George Bush en 2005.

“Helicopter Ben”…
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États-Unis : La nouvelle bulle immobilière

L’immobilier aux Etats-Unis s’emballe. Sur un an, le glissement des prix est supérieur à 10%. C’est la meilleure «performance» depuis 7 ans. 47 Etats sur 50 bénéficient de l’envolée. La palme revient au Nevada en hausse de 20% suivie de l’Arizona en hausse de 19% puis la Californie en hausse de 15%.

Depuis 2008, la politique monétaire vise à reflater. Pour cela, on a soufflé une bulle des emprunts d’Etat, celle-ci semble avoir atteint ses limites. On a soufflé une bulle des marchés d’actions; malgré des records marginaux récents, les bourses ont du mal à aller plus loin. Une troisième bulle est en train d’être soufflée, c’est celle de l’immobilier. On notera que les bulles ne se succèdent plus, elles sont maintenant simultanées.

Notre analyse est que le phénomène auquel on assiste est délibérément voulu. Bernanke et le système financier tentent une nouvelle expérience.

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Les Intouchables (VOSTFR exclusivité Fortune)

Dans un documentaire décapant, « The Untouchables », la chaîne publique américaine PBS pose la question à 1.000 milliards de dollars : comment expliquer qu’aucun grand dirigeant de Wall Street n’ait été poursuivi en justice après la crise financière de 2008 ?

(Traduction et sous-titrage: Fortune)

Overdose : La prochaine crise financière (VOSTFR – Exclusivité Fortune)

En temps de crise, les sociétés cherchent des dirigeants forts et des solutions simples, mais que se passe-t’il si les solutions envisagées constituent les mêmes erreurs que celles qui ont provoqué cette crise ? Ce document relate l’origine de la plus grande crise économique de notre temps, la crise à venir.

Documentaire réalisé en 2010 par Martin Borgs et basé sur le livre de Johan Norberg : “Financial Fiasco”.

(Traduction et sous-titrage: Fortune)

Pas assez d’inflation !

par Paul Krugman

Il y a quelques jours, Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve Fédérale, a pris ouvertement la défense de son successeur. Les attaques des républicains à l’encontre de Ben Bernanke sont “totalement inappropriées et destructrices” a-t-il déclaré au Financial Times. Là-dessus, il a raison et c’est l’une des rares choses que l’ex-maestro a bien comprises au cours des dernières années.

Non, la vraie raison pour laquelle les attaques de la droite à l’encontre de Bernanke sont si destructrices, c’est qu’elles démontrent un vrai effort de malmener la Fed pour l’amener à faire exactement ce qu’il ne faut pas. Ceux qui attaquent veulent que la Réserve Fédérale freine des quatre fers alors qu’elle devrait au contraire appuyer sur l’accélérateur ; ils souhaitent que la Fed étouffe la relance alors qu’elle devrait faire bien davantage pour l’accélérer. En fait, la droite veut que la Fed soit obsédée par l’inflation, alors qu’il est évident que nous nous porterions mieux si la Fed se souciait moins de l’inflation et davantage du chômage. En effet, un peu plus d’inflation serait une bonne chose, pas une mauvaise chose.

Bon, je sais que bon nombre des lecteurs sont déjà indignés. Mais soyez patients et laissez-moi décomposer ceci en différentes étapes.

Lire l’intégralité de l’article sur rtbf.be

Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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Crise systémique : l’heure de vérité approche !

Par Gilles Bonafi

Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance capitale, qui a fait deux lignes dans la plupart des grands quotidiens. En effet, lundi 8 novembre, Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

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Des bulles et de la crédulité

Vous vous souvenez de la grande bulle de l’Internet en 1999-2001, lorsque des prédictions délirantes amenaient des milliers d’investisseurs à injecter plein d’argent dans le réseau que tous les costards-cravate sérieux méprisaient seulement quelques années auparavant ? Dans un article très détaillé et très érudit, « Bubbles, gullibility, and other challenges for economics, psychology, sociology, and information sciences », Andrew Odlyzko revient sur cette bulle, sur celles qui l’ont précédé et celles qui l’ont suivie.

Odlyzko étudie surtout trois bulles, celle des chemins de fer britanniques vers 1845, celle de l’Internet en 1999-2000, et celle des subprimes qui s’est écroulée en 2008. À chaque fois, on retrouve les mêmes ingrédients notamment une formidable crédulité et une incapacité, chez des gens qui ont tous fait Harvard ou Polytechnique, à faire des maths élémentaires, par exemple des calculs d’intérêts composés (certaines prévisions faites pendant la bulle de l’Internet menaient en peu de temps à ce qu’il y ait davantage d’utilisateurs de l’Internet que d’habitants sur Terre). Ainsi, le mathématicien John Paulos, l’auteur de Innumeracy: Mathematical Illiteracy and its Consequences a lui même perdu beaucoup d’argent dans la bulle de l’Internet, pourtant basée sur des mathématiques ridicules.

L’auteur en déduit qu’on peut même tenter de définir un « indice de crédulité », dont la mesure permettrait d’indiquer qu’on se trouve dans une bulle et qu’il faut donc se méfier. D’autant plus que les personnes précisément chargées de veiller et de donner l’alarme sont les premières à lever les bras avec fatalisme et à dire que les bulles sont in-détectables.

L’article cite de nombreuses déclarations d’Alan Greenspan en ce sens ; quoique responsable de la surveillance monétaire, il affirme qu’on ne peut pas détecter les bulles mais n’en a pas pour autant déduit qu’il ne servait à rien et qu’il serait honnête de démissionner. Les journalistes n’ont pas fait mieux et tous reprenaient avec zéro sens critique les communiqués triomphants sur la croissance miraculeuse de l’Internet.

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Les secrets de la Réserve Fédérale, institut d’émission monétaire des États-Unis (Rediff.)

Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

J.P. Morgan et J.D. Rockefeller vers 1910

L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans.

Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent.

Un seul point est certain : elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat.

Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville. Lire la suite

« La Fed est notre banque centrale et votre problème »

Les marchés boursiers ne sont pas les seuls, pour reprendre la célèbre formule d’Alan Greenspan, à faire preuve “d’exubérance irrationnelle“. Les opinions publiques aussi.

Il y a deux ans, la victoire de Barack Obama avait été célébrée dans le monde entier, saluée comme le passage des ténèbres à la lumière. Et, sur le plan purement économique, comme la double promesse d’un retour rapide à une croissance saine et juste et d’une rupture radicale avec un système à l’agonie. Personne ne voulait écouter ceux qui osaient alors en douter, en notant par exemple que les banques d’affaires de Wall Street, au premier rang desquelles Goldman Sachs, étaient les principaux financiers du Parti démocrate.

Sur les marchés comme en politique, les grands épisodes spéculatifs finissent mal, en général. Par des krachs boursiers ou par des “raclées” électorales. Les investisseurs y perdent leurs sous, les citoyens leurs jobs et leurs illusions. La bulle Obama a donc éclaté, percée de tous côtés par la dure réalité des chiffres, ceux d’un chômage à 10 % et de prix de l’immobilier qui ne remontent pas.

Au passage, on se dit que le monde est vraiment mal fait : aux États-Unis, le pauvre Obama se fait laminer à cause du mécontentement populaire suscité par la situation catastrophique de l’économie. En Chine, où les citoyens seraient tout disposés à remercier leurs dirigeants pour les prouesses de croissance, ils n’ont pas droit de vote.

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Les affranchis de Wall Street

Ils ont provoqué la plus grave crise économique de l’après-guerre et amené les États au bord de la faillite. Deux ans après le krach des subprimes, que sont devenus les responsables ? Ont-ils été châtiés ? Ont-ils changé de pratiques et renoncé à leurs extravagantes rémunérations ?

Dick Fuld, alias Big Dick Le gorille, ex-PDG de Lehman Brothers

Bill Black le colosse roux débonnaire est ravi de vous rafraîchir la mémoire. De vous raconter comment, avocat auprès de l’obscur Bureau de supervision de l’épargne dans les années 1980, il a piloté l’une des plus belles purges financières de tous les temps. Dans la foulée du scandale des caisses d’épargne américaines, les Savings & Loan, « nous avons envoyé plus de 1 000 personnes en prison, se souvient-il. Les banquiers avaient recruté des armées d’avocats et englouti des millions de dollars dans leur défense. Mais, au final, nous avons gagné dans plus de 93% des cas ».

Plus de mille condamnés, pour un scandale déjà – alimenté par la spéculation immobilière, qui avait entraîné la faillite de 1 600 institutions. Et aujourd’hui ? Zéro. Zip. Nada. Deux ans après le coup d’envoi d’une crise sans précédent depuis celle de 1929, aucun responsable de la crise des subprimes (les crédits immobiliers à risque dont la multiplication a permis le gonflement d’une bulle monstrueuse) n’est derrière les barreaux.

Libre, Dick Fuld, le PDG de Lehman Brothers, dont la faillite, le 16 septembre 2008, a déclenché une panique mondiale. Libre, Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, qui a concocté des produits financiers liés aux fameux subprimes pour mieux les fourguer aux gogos. Libres, les traders, les gérants de fonds ou les politiciens sans scrupules qui n’ont cessé de prêcher et de profiter de la dérégulation financière sauvage.

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Combien d’or reste-t-il vraiment à Fort Knox ?

Selon le département du Trésor des Etats-Unis, la chambre forte située sous le camp militaire de Fort Knox conserve actuellement un peu plus de 4 000 tonnes de lingots d’or [N.B. : au 30 novembre 2009, 147 341 858 onces à Fort Knox, soit 4 177 071 kilos ; voir par exemple ce logiciel de conversion - Fortune] ; ce pactole se veut un symbole de la solidité du dollar américain.

Ben Bernanke - "Bienvenue à Fort Tungstène"

Apparemment, ces millions de kilos de métal précieux attestent également de la force de l’euro ; en effet, l’été dernier, le journaliste Max Keiser a obtenu l’aveu d’un officiel selon lequel “presque tout l’or appartenant à la Bundesbank” est entreposé aux Etats-Unis.

La semaine dernière [fin novembre 2009], l’analyste Jim Willie a révélé que, en octobre, des banquiers de Hongkong auraient découvert des lingots en provenance des Etats-Unis contenant en grande majorité du tungstène recouvert d’or. Pas du tout surpris, l’auteur Rob Kirby a proposé l’explication suivante : il y a une quinzaine d’années, sous la houlette du président Clinton, environ un million et demi de tels lingots factices (d’un poids total de 16 000 tonnes) auraient été fabriqués sur l’ordre du gouvernement. La moitié de ces lingots aurait été transférée à Fort Knox. Lire la suite

Disparition de la moitié de l’or des banques centrales

Le groupe de veille GATA (Gold Anti-Trust Action Committee), déclare dans le Wall Street Journal que la Réserve Fédérale et le Trésor américain manipulent subrepticement les réserves d’or du pays en participant à des contrats de location (leases) non-déclarés.

Le GATA estime que la majeure partie de l’or loué de cette façon ne retournera jamais dans les coffres des banques centrales. Ces dernières ne posséderaient plus que la moitié de l’or qu’elles prétendent détenir.

« Avec une demande d’or mondiale si forte, il est devenu impossible de récupérer la majeure partie de l’or qui a été loué sans faire énormément augmenter son prix », déclare le président du GATA, William J. Murphy III.

« La plupart des observateurs calcule que les réserves des banques centrales sont supposées s’élever à environ 30 000 tonnes d’or dans le monde, mais nous pensons que la quantité d’or qui s’y trouve réellement est plus proche de 15 000 t », a affirmé Murphy, « le reste a disparu ».

« Le prix récent de l’or, approchant les 1000 $ l’once, montre que le plan d’étouffement du prix est en train de vaciller, déclare le GATA. « Lorsque tout le monde aura compris que les banques centrales étouffent le prix de l’or, son prix pourrait monter jusqu’à 3000 $, 5 000 $ l’once, voire plus ».

Le GATA déclare également que la stratégie de manipulation du prix de l’or par le gouvernement américain a commencé à échouer. « L’objectif de cette manipulation est de cacher la mauvaise gestion du dollar américain afin qu’il conserve sa fonction de monnaie de réserve du monde ».
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Crise systémique : les USA au bord du gouffre

Le nouveau rapport de L’OCC, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US, dépendant du Trésor américain, est sorti le 23 juin 2010. Intitulé « OCC and OTS Release Mortgage Metrics Report for First Quarter of 2010 », il fait le point sur les prêts immobiliers (non commerciaux) US, leur nombre, leur répartition par catégories et surtout, dénombre les saisies immobilières en cours.

Étant un organisme gouvernemental de contrôle des banques, ses données sont exceptionnelles sur le plan qualitatif, des données qui prouvent que l’économie US est en phase avancée de destruction, ceci en totale contradiction avec ce que l’on peut lire dans la presse.

Crise systémique : les USA au bord du gouffre

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Pour commencer, il faut savoir que l’ensemble des crédits immobiliers non commerciaux aux USA représentent 5947,548 milliards de dollars, soit plus de deux fois le PIB de la France. Or, ce rapport de l’OCC nous apprend que 87,3 % de ces prêts sont remboursés sans incident (voir tableau : encadré en rouge « current and performing ») ce qui signifie que 12,7 % de ces prêts sont actuellement en difficultés.

Les USA se retrouvent donc avec une ardoise immobilière brute de 755,33 milliards de dollars.

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Les dangers de l’austérité

La rigueur fiscale va provoquer ralentissement et aggravation du poids relatif des dettes. Mais surtout avoir un impact dévastateur sur la liquidité globale. La question de refinancement du stock de dettes des entreprises va se poser avec acuité.

La crise qui s’est révélée en septembre 2008 par la faillite de Lehman Brothers est réelle. C’est une crise des passifs comptables, c’est à dire une crise de la finance et, en même temps, c’est une crise des actifs, c’est à dire de l’économie réelle.

Face à la menace d’effondrement économique, sociale et politique, les grands moyens, moyens exceptionnels et non conventionnels ont été utilisés. Les marchés financiers ont été placés sous respiration artificielle; les économies ont été mises sous perfusion.

L’économie globale n’est pas repartie comme espéré. La question du maintien des dispositifs de survie artificielle monétaire et fiscale reste posée. Les marchés se réveillent, ils perdent confiance dans la capacité des États souverains à rembourser leurs dettes. C’est la phase II. La phase II se définit comme celle dans laquelle les «remèdes» à la crise révèlent leurs limites. Limites dans le résultat obtenu et surtout limites dans l’usage que l’on peut en faire.

La dépression a été évitée. Elle a été évitée par l’action conjointe de la politique monétaire et de la politique fiscale. Le mot important est «conjointe». Il n’est pas possible de dissocier les deux. L’analyse ne permet pas de séparer ce qui est imbriqué car l’indissociabilité des deux est organique. Aussi bien le fiscal que le monétaire devaient être mis en oeuvre pour dégeler les comportements, pour évacuer la frilosité générée par la peur.

Le point de rencontre des deux actions, la monétaire et la fiscale, le résultat de leur synthèse au sens fort de la chimie et même de l’alchimie, ce fut le retour de l’appétit pour le risque. Nous le prenons non pas au sens des marchés, sens étroit, étriqué et truqué, nous prenons l’appétit pour le risque au sens commun: la confiance, la moindre peur de l’avenir, la capacité à l’envisager sereinement. Plus sereinement, et ainsi à reprendre des comportements plus rationnels, plus habituels, sinon plus normaux. C’est à dire consommer, entreprendre, investir, jouer, spéculer.

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Crise habituelle ou glas d’un certain capitalisme?

La crise s’est révélée avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Une mobilisation sans précédent des chefs d’États n’a pas empêché la contraction du crédit à l’échelle mondiale, la récession et la faillite d’économies développées considérées à tort comme solides. Aujourd’hui, la quasi-faillite de la Grèce, les problèmes rencontrés par d’autres pays européens et les mesures exceptionnelles mises en place par l’Europe posent la question : n’est-ce pas une crise structurelle signant la faillite d’un modèle ? Hommes de terrain, économistes, philosophes et anthropologues ont analysé la crise, sa nature passagère ou profonde, ses origines et son issue.

Pour Jean-Marc Daniel, professeur d’économie politique à l’ESCP Europe, c’est bien simple, « il n’y a pas de crise ». Plus exactement, « il y a juste un cycle de Juglar », du nom de Clément Juglar, qui élabora à la fin du XIXème siècle la théorie d’un cycle économique à trois phases (expansion, crise et liquidation), répété tous les 8 à 10 ans. Il y a plus d’un siècle, l’économiste attribuait ce phénomène aux dérèglements périodiques du crédit.

Une spéculation intense conduit à une période d’euphorie, avec des anticipations excessives, qui finissent par un crash lorsque la réalité les rattrape. La crise de 2008 ne serait donc que la phase désagréable mais passagère d’un phénomène périodique et prévisible ? La réalité est un peu plus complexe.

Premier élément d’importance, un contexte délétère. Selon Jean-Marc Daniel, l’impact de la crise de 2008 a été amplifié par les choix passés de l’administration Bush. Celle-ci « a mené une politique budgétaire dictée par l’illusion de pouvoir échapper à ce cycle, » explique l’économiste. « L’année 2001 aurait dû subir un ralentissement plus sévère et être gérée en stabilisateur automatique ; au lieu de cela, elle a été gérée de manière keynésienne – avec une politique budgétaire contra-cyclique, ndlr. »

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La crise et l’avenir des idées fausses

Par Thierry de Montbrial

La crise qui secoue le monde aujourd’hui remet en cause nombre des dogmes jusqu’ici communément admis : la croyance en une croissance éternelle, l’acceptation de modèles financiers déconnectés de la réalité économique, la foi en un irénisme mondial qui fait fi des états-nations et des biens publics. C’est l’occasion de redécouvrir et peut être de retrouver notre identité.

La crise économique et financière a secoué le monde et le monde cherche des coupables. Les uns accusent le capitalisme sauvage et ses excès de cupidité. Les autres pointent les gouvernements et les banques centrales, soupçonnés de complaisance à l’égard des puissances financières. La vérité, c’est que la responsabilité est partout. Dans la recherche de ces responsabilités, chacun combat ses propres peurs et son propre ressentiment. La crise est un moment de doute et de rupture. C’est vrai, mais nous verrons qu’elle offre également l’occasion de redécouvrir, de retrouver, son identité.

Ceux qui annoncent depuis l’été 2008, face au « capitalisme fou, » le grand retour de l’État dans l’économie, prennent parfois leurs rêves pour la réalité, ils prennent surtout leur revanche sur une idéologie de la fin des années 70 qui s’est incarnée dans le Thatchérisme et le Reaganisme, une idéologie du « tout libéral » qui ressemblait à s’y méprendre au « laisser faire, laisser aller » du XIX ème siècle. Cette idéologie vivait sur l’idée que le marché peut résoudre tous les problèmes. Tous les problème économiques, naturellement, mais aussi – je caricature à peine – les problèmes géopolitiques inextricables, comme, par exemple, le conflit israélo-palestinien. Cette idéologie, par défiance, les Français l’ont surnommée « ultralibéralisme. » Précisons au passage que si l’auteur de ces lignes se revendique comme un libéral, il a abondamment prouvé qu’il n’est nullement un « ultra ».

L’idéologie en question se mariait fort bien à la mondialisation montante. Sur le plan théorique, certains grands économistes lui ont donné ses lettres de noblesse en s’attaquant à la notion de bien public, sur laquelle nous reviendrons plus tard. A commencer par Milton Friedman, qui avait toujours, dans ses écrits et ses cours, ignoré ce concept. Le prix Nobel Ronald Coase, quant à lui, avait développé une conception des biens publics si proche de celle des biens privés que ce glissement scientifique cautionnait l’idéologie en vogue.

Tout cela convergeait en une croyance : la planète, affirmait cette croyance, était finalement un ensemble assez homogène avec des individus, personnes physiques ou morales, qui se ressemblaient. La politique avait donc de moins en moins d’importance, l’économie des échanges réglait le monde, les frontières s’estompaient inexorablement. Il ne restait qu’un vaste marché mondial régi par les seules relations commerciales au sein de ce marché. C’est cette croyance, cette foi immature dans le marché, qui nous a conduit en quelques étapes à la crise actuelle.

D’où est venue la grande illusion ? Elle a certes pris son départ dans les années 80, mais elle a connu son véritable essor dans les années 90 avec la chute de l’Union Soviétique.

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Les divers systèmes monétaires depuis 100 ans

Par André Dorais

Depuis à peine un siècle, l’Occident a connu pas moins de quatre systèmes monétaires, passant du meilleur au pire. Lorsque le système actuel flanchera les politiciens poursuivront-ils dans la même direction? Tant qu’ils contrôleront la monnaie, nous devons le craindre. Je présente ici un résumé de ces systèmes.

L’étalon-or classique (1815-1914)

Le système monétaire du 19e siècle permettait aux gens de convertir leurs billets en pièces d’or. En d’autres termes, les billets étaient des substituts des pièces en question. Le dollar américain s’échangeait contre 1/20 d’once d’or, la livre anglaise équivalait à 1/4 d’once d’or, etc. Ces taux de change étaient fixes, il s’agissait de définitions, tout comme on dit que 100 centimètres sont la même chose que 1 mètre.

L’étalon-or n’a pas été imposé par les gouvernements, il s’est développé librement au cours des siècles. La provision d’or était stable, car elle était sujette aux seules forces du marché plutôt qu’aux décisions arbitraires des hommes de l’État.

Ce système avait l’énorme avantage de corriger les manipulations gouvernementales. Par exemple, si la France augmentait sa quantité de francs, les prix montaient; les revenus croissants qui en découlaient stimulaient les importations, qui étaient également encouragées par les prix relativement plus bas des biens étrangers. Au même moment, les prix domestiques élevés réduisaient les exportations. Les pays commerçant avec la France lui présentaient les francs accumulés dans le but de les échanger contre des pièces d’or. Afin de ne pas perdre tout son or, la France devait réduire le nombre de billets émis en trop. Cette contraction réduisait les prix domestiques, encourageait les exportations et ramenait l’or à la maison jusqu’à ce que les prix reviennent à la normale. Le système avait la capacité de s’auto-réguler.
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John Paulson : le financier qui s’enrichit avec les crises

Plus fort que George Soros ! Après avoir fait une « culbute » de 15 milliards de dollars en pariant sur la crise de l’immobilier, le « sultan des “subprimes” » mise aujourd’hui sur la flambée de l’or et le retour de l’inflation. Son fonds Paulson & Co. a été pointé du doigt parmi les « spéculateurs » qui auraient parié contre l’euro et la dette grecque. Fantasme ou réalité ?

Dans le jargon de Wall Street, on appelle cela un « dîner d’idées » ( « ideas dinner ») où l’on jette des pistes d’investissement en pâture. Celui du 8 février, qui s’est tenu à la Park Avenue Townhouse, dans l’Upper East Side, à l’initiative de la firme de courtage Monness, Crespi, Hardt & Co, a déjà fait couler pas mal d’encre. Beaucoup trop, selon l’entourage du milliardaire new yorkais John Paulson, fondateur de Paulson & Co, qui se retrouve aujourd’hui sous la lorgnette du Département américain de la Justice, au même titre que le fonds de George Soros, Soros Fund Management LLC, SAC Capital Advisors LP, ou Greenlight Capital, pour le simple fait d’avoir débattu entre eux de la possibilité de « shorter l’euro. »

En d’autres termes, de parier sur la baisse de la monnaie européenne sur le marché des devises. Encore faudrait-il pouvoir prouver la « collusion » en question. A cinquante-quatre ans, le « sultan des “subprimes” » va devoir s’habituer à jouer les « bouc-émissaires. » C’est la rançon du succès.

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Les États-Unis payent plus cher leur dette

Les émissions de titres de dette américaine ne se sont pas très bien déroulées la semaine passée puisque le taux des obligations d’État à 10 ans a atteint 3,92%. L’augmentation des taux sur les bons du Trésor entraîne des craintes sur la capacité des États à financer leur dette.

Les États-Unis arriveront-ils à trouver l’argent nécessaire pour financer leur dette record? Les rendements des titres du Trésor américain émis la semaine passée et servant à refinancer la dette publique, ont atteint des niveaux rappelant la période d’avant crise. Cette hausse reflète l’inquiétude liée à «cette énorme offre excédentaire de dette fédérale, jamais vue à ce jour,» a commenté Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed et pape de Wall Street, sur Bloomberg TV.

Le taux des Bons du Trésor à 10 ans, véritable référence pour le marché, a été fixé à 3,92%, contre 3,53% en février. L’État américain emprunte désormais plus cher que certaines grandes entreprises et fonds d’investissement. Ces dernières semaines, la société du milliardaire Warren Buffett, Berkshire Hattaway, profitait d’un taux inférieur à celui de l’État américain.

«Les obligations souveraines américaines sont très exposées à cause du niveau élevé de la dette à refinancer en 2010, qui représente 40% de l’encours total,» soit près de 2.000 milliards de dollars, analyse Ciaran O’Hagan, stratégiste chez Société Générale. A titre de comparaison, la Grèce doit refinancer 8% de sa dette et la France 20%.
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La monnaie, le système bancaire et le Système de la Réserve Fédérale

(Le texte suivant est la traduction d’une vidéo visible en bas de page, en version originale. Certaines situations et déclarations peuvent être mises en parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui, non seulement aux États-Unis, mais aussi eu Europe. On apprend notamment que, par deux fois, des Présidents US ont aboli les premières tentatives d’établissement de banques centrales, sans que cela ne remette en cause la croissance US. Voir également notre principale publication sur le sujet et, également, cette autre vidéo.)

Le Système de la Réserve Fédérale exerce le contrôle sur le système monétaire de la nation, mais il n’est cependant redevable envers personne. Il n’a aucun budget, n’est pas non plus l’objet d’aucun audit, et aucun comité du congrès n’est informé de ses activités, ni n’est en mesure de les superviser.

Murray N. Rothbard (1926 – 1995)

Depuis plus de vingt ans, le niveau de vie de la classe moyenne américaine n’a cessé de décliner : les revenus n’ont pas progressé, voire ont baissé, tandis que les opportunités et la sécurité que l’on pouvait considérer comme acquises, ont commencé à s’amenuiser. Pour la plupart des familles, un seul salaire ne permet généralement plus de payer l’addition : ce sont deux salaires ou plus qui sont requis pour couvrir les dépenses de logement, les soins médicaux et la prise en charge des enfants, ainsi que les frais de scolarité. Sans un changement de la tendance actuelle, les jeunes travailleurs ne vivront probablement pas aussi bien que leurs parents. Les emplois de qualité offrant des perspectives d’avenir sont de plus en plus difficilement accessibles, l’éducation n’apporte plus ce qu’elle offrait par le passé, les impôts continuent d’augmenter, tandis que le système de sécurité sociale se dirige vers la banqueroute. Les retraites privées ne sont plus fiables, la volatilité économique et les incertitudes sont en progression. Les personnages politiques épousent de nombreuses théories sur la cause des problèmes économiques du pays, mais ne regardent que rarement sous la surface : les racines de nos difficultés économiques peuvent être retracées comme étant la conséquence du système bancaire central et notre système monétaire actuel.

« Depuis 1980, la Fed a bénéficié du privilège du pouvoir absolu pour faire littéralement tout ce qu’elle veut : non seulement acheter des valeurs mobilières du gouvernement US, mais aussi n’importe quel actif, ou n’importe quelle quantité d’actifs, et d’inflater le crédit selon son bon vouloir. Il n’y a aucune contrainte qui pèse sur la Réserve Fédérale. La Fed est le maître de tous ses contrôles. »

La Réserve Fédérale prétend gérer notre monnaie, mais au lieu de cela elle lui fait perdre de la valeur jour après jour. Cette situation a généré une succession de cycles économiques de plus en plus graves tout en abaissant notre niveau de vie.

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Goldman Sachs : la Maison Blanche sous influence (redif.)

“La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le Who’s Who des diplômés de Goldman Sachs.”

(Matt Taibbi, Rolling Stone, juillet 2009)

Pour de nombreux Américains, Goldman Sachs reste le diable. L’entregent, la qualité du lobbying, l’influence politique que l’on attribue à la première banque d’affaires du monde impressionnent toujours autant. Les administrations passent, “GS” reste. Son nom condense presque à lui seul l’identité des milieux d’affaires américains. “Quelque chose de similaire à ce que furent longtemps les Rothschild en Europe”, note le recteur de la Business School de l’université de New York, Thomas Cooley.

Goldman, dite encore “la firme”, continue de susciter louanges et jalousies – détestation parfois. Non seulement la banque est très rentable, mais admirateurs comme contempteurs admettent que sa “culture d’entreprise” lui confère des avantages inégalés. Et louanges et jalousies portent de plus en plus sur ses supposées connexions politiques. D’où son sobriquet : “GS” comme “Government Sachs”.

Goldman souffre désormais d’un “problème d’image”, notait le Wall Street Journal en juillet. En 2007, les 30 000 salariés de Goldman dans le monde ont géré 22 200 milliards de dollars d’actifs. Son PDG a perçu la plus forte rétribution de l’histoire de la finance : 74 millions de dollars, dont 41 en stock-options. La banque a eu un seul trimestre déficitaire en 2008 et a ensuite réalisé les plus gros profits de son existence : 5,3 milliards de dollars de bénéfices nets au premier semestre 2009 ! Depuis son niveau le plus faible, en novembre 2008, le cours de l’action GS a plus que triplé ! Lire la suite

L’or, gage de liberté et d’efficacité économiques

Par Olivier Demeulenaere

La thèse selon laquelle le libéralisme, voire « l’ultralibéralisme » serait à l’origine de tous nos maux ne résiste pas à l’examen. Les interventions systématiques et répétées des autorités publiques dans la vie économique et sociale montrent que l’étatisme est au moins aussi important.  Certes, les dérégulations massives, ainsi que le démantèlement des frontières au nom de la libre circulation des biens, des services et des capitaux ont fait des ravages. Mais, même aux États-Unis, l’utilisation de l’arme monétaire, budgétaire ou fiscale par les pouvoirs publics a pris des proportions gigantesques – au point que les USA ont été rebaptisés par certains USSA (« États-Unis socialistes d’Amérique »).

Que ce soit la socialisation des pertes du système bancaire ou les politiques de relance de l’activité, les dernières initiatives du gouvernement américain ont de quoi faire enrager les libéraux.

Pour comprendre pourquoi et comment les États (et derrière eux, l’oligarchie financière) ont pu pervertir à ce point le fonctionnement des économies, un article écrit par Alan Greenspan en 1966, et bien connu des défenseurs de l’or, est éclairant. Comble d’ironie, son auteur n’est autre que celui qui deviendra le président de la Fed de 1987 à 2006, et à ce titre, le grand ordonnateur du quantitative easing responsable des deux dernières grandes crises !

Surtout qu’en amont, la crise financière elle-même a été causée par une politique monétaire expansionniste : c’est à une stimulation artificielle du crédit et de l’endettement que l’on doit les célèbres bulles spéculatives dont l’éclatement a provoqué le krach Internet en 2000 et l’énorme collapsus de la fin 2008. Il faut bien l’admettre : les manipulations monétaires engendrent des crises financières et, par voie d’entraînement, économiques, de plus en plus rapprochées.

L’étalon-or et la croissance harmonieuse des économies Lire la suite

“Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou”

Un entretien avec Michel Drac, au sujet de son livre “Crise ou coup d’Etat ?” (Ed. Le Retour aux Sources, 2009) et de l’actualité.
Présentation de l’auteur ?

Je travaille comme contrôleur de gestion dans un grand groupe depuis une quinzaine d’années. Je suis donc un spécialiste de la micro-économie.

Je me suis risqué dans la macro-économie, avec « Crise ou coup d’Etat ? », parce que nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie, sans poser la question du système dans son ensemble.

Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com, où nous travaillons beaucoup en ateliers. « Crise ou coup d’Etat ? » est donc en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec l’auteur qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ».

Pouvez-vous présenter votre livre dans ses grandes lignes ?

Il y a trois parties.

La première partie décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective aussi par rapport aux décennies précédentes. En gros, j’explique que la politique macro-économique consiste, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, haute banque (si tant est que ce terme ait encore un sens distinct) et surtout banques d’affaires adossées aux banques commerciales.

La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisée pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classes en Occident.

Enfin, la troisième partie essaye d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaye en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Et que nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghaï peut dégénérer profondément. Tout simplement parce que nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha déjà sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique, menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre est « Crise ou coup d’état ? », est-ce à dire, de la manière dont la question est posée, qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ? Lire la suite

Ces bulles spéculatives qui menacent d’éclater

Un an à peine après l’effondrement des marchés financiers, plusieurs poches spéculatives sont déjà en train de se reformer. Certains économistes s’alarment d’un remake alimenté par l’excès de capitaux en circulation.

C’était il y a un an à peine : les investisseurs paniqués par la débâcle financière retiraient comme un seul homme leurs actifs de tous les marchés un tant soit peu risqués.

N’était-ce là qu’un mauvais rêve ? Depuis, la conjoncture s’est améliorée, l’appétit pour le risque est revenu, et l’euphorie d’avant crise ne paraît déjà plus si loin. Aujourd’hui, tout monte : depuis le début de l’année, les marchés boursiers des pays émergents ont pris 95 %, le pétrole 120 %, tandis que le cours de l’or atteint des niveaux record !

Serait-ce déjà le retour de la bulle ? C’est le désormais célèbre économiste américain Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, qui a mis les pieds dans le plat, dans un article paru, le 1er novembre, dans le Financial Times : “Nous assistons au gonflement de la plus grande bulle de l’Histoire”, écrit-il, prophétisant “la plus grande explosion que l’on ait jamais vue”.

Et, comme le “Dr Catastrophe” – son surnom – avait prédit avec la plus grande précision l’enchaînement diabolique des subprimes, tout le monde se remet à trembler… Lire la suite

La bulle financière inquiète Nouriel Roubini

Elle n’en finit pas de susciter des interrogations chez les économistes et dans la Presse. Après Le Monde, c’est L’Expansion qui évoque le spectre de cette fameuse bulle et cite, cette fois, l’augure américain Nouriel Roubini.

Deux ans après l’effondrement des subprimes, de nouvelles “bulles” financières se forment à nouveau. Avec un mot magique : “carry trade”. Dollar faible et liquidités abondantes facilitent en effet cette lucrative opération spéculative. Décryptage.

Depuis quelques mois, tout monte ! Aussi bien les marchés boursiers asiatiques, que les marchés obligataires et les matières premières. Le dollar australien a pris 35% par rapport au billet vert depuis janvier. Les places financières de Brésil et de Hong Kong ont respectivement flambé de 72 et 51%. Et de l’aveu même des autorités de Pékin, le secteur immobilier chinois connaît lui un début de surchauffe.

A l’image de Nouriel Roubini, aka Docteur Catastrophe, certains experts n’hésitent pas à qualifier le phénomène de bulle. Explications. Lire la suite

Le grand retour de la bulle spéculative

En voulant sauver l’économie mondiale, a-t-on fait naître une nouvelle bulle qui sera à l’origine de la prochaine crise ?

Après les injections massives de centaines de milliards de dollars par les Etats et les banques centrales, dans le but d’éviter le naufrage des établissements bancaires et des constructeurs automobiles et pour soulager les ménages, de nombreux économistes mettent maintenant en évidence l’existence d’un accès de spéculation.

A l’appui de cette thèse, ils soulignent la flambée concomitante et quasi inédite des marchés boursiers, en particulier en Asie, des marchés obligataires, notamment sur les emprunts d’Etat, et du prix des matières premières, l’or et le pétrole en vedettes.

Depuis six mois, “tout monte !”, constate Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis. Selon lui, il s’agit de spéculation car ces hausses, souvent spectaculaires – la Bourse de Shanghaï a progressé de 63 % depuis le 1er janvier -, sont déconnectées de la réalité économique. “A la Bourse de Taïwan, les valeurs des actions représentent 100 fois les bénéfices des sociétés, 90 fois en Australie, contre 13 fois à la Bourse de Paris”, souligne l’économiste.

Pour M. Artus, cette bulle serait le fruit de l’abondance de liquidités issues notamment des plans de relance et de soutien lancés en 2008.

Pour endiguer la crise, les banques centrales ont d’une certaine manière “fait marcher la planche à billets”, explique-t-il, en ouvrant les vannes du crédit via des politiques monétaires accommodantes avec des taux d’intérêt proches de zéro et en achetant des titres, parfois toxiques, afin de soulager les établissements financiers. Lire la suite

Prêts pour la prochaine crise ?

Par Paul Craig Roberts (économiste et Sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan).

Les USA sont non seulement sous la coupe des intérêts privés du secteur financier qui a réussi jusqu’à présent à échapper à toute mesure de régulation sérieuse, mais ils sont aussi dans le peloton de tête des statistiques des inégalités de revenu et du taux de pauvreté. Ces deux caractéristiques sont en général celles des États faillis, souligne Paul Craig Roberts, qui s’inquiète que l’absence de réglementation des produits dérivés ne provoque un nouveau désastre.

Les preuves montrant que les États-Unis sont un État failli s’accumulent plus vite que je ne peux les répertorier. L’une des caractéristiques décisives d’un État failli est que les escrocs sont placés à l’intérieur du gouvernement, et utilisent ce gouvernement pour protéger et promouvoir leurs intérêts privés. Une autre caractéristique déterminante est l’inégalité croissante des revenus, lorsque ces « insiders », ces initiés, manipulent la politique économique pour assurer leur enrichissement au détriment de tous les autres. Lire la suite