Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Les monnaies plurinationales finissent toujours par exploser

Entretien avec François Asselineau président de l’UPR.

…Vous avez raison de préciser « autorisés », puisque ce sont toujours les mêmes prétendus experts qui sont « autorisés » à parler dans les médias. Pendant près de vingt ans, avant et après le traité de Maastricht, ils nous ont expliqué que l’euro serait un miracle économique, porteur de croissance, de protection et de stabilité. Depuis deux ans, ils nous expliquent que la sortie de l’euro signifierait la guerre, l’Apocalypse, ou le fascisme !
N’est-il pas un peu fort que les seuls « autorisés» à plastronner dans les médias sont ceux dont toutes les prévisions antérieures ont été démenties à 100 % par les événements ? Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est une inflation rampante, un million d’emplois industriels perdus, le taux de croissance régional le plus bas au monde et des États en faillite les uns après les autres, excusez du peu ! Nous servons à présent de variable d’ajustement des stratégies économiques de la Chine et des États-Unis.

Pourtant, d’autres voix et non des moindres se font entendre : Joseph Stiglitz et Paul Krugman, tous deux prix Nobel d’économie. Le premier a écrit en janvier 2012, faisant un parallèle entre l’étalon-or dans lequel étaient englués les pays développés après la crise de 1929 et l’euro aujourd’hui : « ce sont les premiers pays à l’avoir quitté qui s’en sont sorti le mieux ». Le second que « vu comme le système se comporte, l’Europe se porterait sans doute mieux s’il s’écroulait plutôt aujourd’hui que demain ». En France, Alain Cotta, Jacques Sapir et Emmanuel Todd disent à peu près la même chose. Les contraintes de la réalité sont en train de balayer les affirmations idéologiques de tous ces économistes et décideurs qui refusent de comprendre les enseignements de l’histoire. Car l’histoire monétaire mondiale a montré, depuis l’Antiquité, que toutes les monnaies plurinationales finissent toujours par exploser.

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Alain Cotta : « Tout va péter en même temps »

Alain Cotta, professeur d’économie à HEC, a prophétisé mercredi 15 décembre, la fin de l’euro et la crise de la mondialisation.

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A la fin de l’émission, il conclut ainsi le débat :

« Les problèmes européens se résoudront dans une crise de la mondialisation. Et je vois venir cette crise très rapidement. »

Alain Cotta : il faut sortir de l’euro et vite !

Alain Cotta, professeur d’économie à HEC, qui avait déjà fait part de son scepticisme sur le traité de Maastricht, dès 1992. Il revient à la charge avec un nouvel ouvrage, où il est question du sort de l’euro. Une monnaie unique qui ne fait plus l’unanimité et qu’il faut quitter, pour revenir à une monnaie commune ou au franc.

Dans son dernier livre, qui paraît aujourd’hui [28 juin 2010], Alain Cotta fait une critique de l’euro et remet son mode de fonctionnement en question. « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », le titre de son livre donne le ton au discours de l’économiste.

En trois actes, à la manière d’une pièce de théâtre, Alain Cotta démontre pourquoi et comment la France doit sortir de l’euro pour revenir au franc.

Acte 1 : Promesses de politiques

En 1997, médias, politiques et dirigeants des grandes banques françaises ont crié haut et fort que l’euro était la meilleure manière, pour la France, de s’affirmer comme une puissance économique au sein de l’Europe et de montrer aux dirigeants américains et chinois qu’ils étaient capable de s’unir pour créer une monnaie concurrentielle. Oubliant les monnaies nationales aux valeurs différentes, 16 pays créaient la zone euro.

En clair, l’auteur rappelle que l’euro a été évalué sur les bases de la monnaie allemande : le mark. Déjà, le déséquilibre entre les pays à monnaie forte (pays nordiques) et les pays latins, dont la monnaie était moins puissante, faisait bondir certaines voix que l’on a préféré marginaliser à l’époque. Alain Cotta faisait déjà partie de ceux-là.

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« L’euro ? Un pousse-au-crime ! »

Professeur émérite à l’université de Paris-Dauphine et auteur de nombreux essais, Alain Cotta n’a jamais cru à la pérennité de l’euro. Adversaire historique du traité de Maastricht, il plaide, comme ses collègues Jean-Jacques Rosa, Gérard Lafay ou Jacques Sapir, pour une révision complète des traités européens. Pour l’économiste, il faut abandonner la “bombe à retardement” qu’est la monnaie unique, au profit d’une monnaie commune.

Qu’inspire la crise actuelle à l’économiste que vous êtes, hostile au principe de la monnaie unique dès la négociation du traité de Maastricht, en 1991 ?

Quand on a prévu les choses avant qu’elles ne surviennent, on est toujours partagé entre la satisfaction d’avoir eu raison et la tristesse de ne pas avoir été entendu… Mais eu égard à l’intérêt général, c’est évidemment le second sentiment qui domine !

Je suis, pour tout vous dire, très sévère avec les hommes politiques, tout spécialement français. Et pas seulement s’agissant de leur inculture économique. Ce que je leur reproche, quelle que soit leur tendance, c’est d’être, à de très rares exceptions près, ennemis du raisonnement, du débat au sens philosophique du terme. Dès l’origine, la monnaie unique était un dogme, une eschatologie. Nous avons été un certain nombre à peser le pour et le contre, à nous projeter dans l’avenir en étudiant les scénarios consécutifs à la mise en place d’un système uniforme appliqué à des États dont les traditions politiques, économiques, sociales, et partant les capacités d’adaptation, étaient différentes, et parfois irréductibles les uns aux autres. En face, nous avons trouvé, non des arguments affûtés, mais un mur de mépris.Vingt ans plus tard, ce mur s’effondre. Et les pierres nous tombent dessus…

Pourquoi cet aveuglement ?

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