Al-Qaïda menace des chefs d’entreprise et veut déstabiliser l’économie américaine

Le réseau al-Qaïda a beaucoup communiqué pour le 14e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Ainsi, dans un message de 45 mn dont la date de l’enregistrement n’a pas pu être déterminée avec certitude, son chef, Ayman al-Zawahari, a longuement évoqué les relations avec l’État islamique (EI).

Les rapports entre les deux organisations jihadistes étant loin d’être au beau fixe – l’EI a ainsi mis à prix la tête du terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar, fidèle d’al-Zawahiri – la crainte est qu’elles finissent par s’entendre, notamment en Syrie.

(à gauche Ayman al-Zawahari, chef d’al-Qaïda, à droite Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique)

« Une coopération tactique ou opérationnelle entre l’EI et al-Qaïda est un scénario dangereux qui peut conduire à un pic des attaques terroristes contre des cibles occidentales et compromettre les efforts de la coalition », estime ainsi l’institut américain « Study of War ».

En tout cas, sans abandonner ses griefs à l’égard d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI, Ayman al-Zawahiri a lancé un appel à l’unité des jihadistes, notamment en Irak et en Syrie. Pour cela, il a fixé 5 axes : l’arrêt des combat entre groupes rivaux, la fin des appels à s’éliminer mutuellement, la création d’un tribunal religieux indépendant, une « amnistie générale » et une collaboration pour la logistique.

Pour le successeur de Ben Laden, ce rapprochement est nécessaire en raison de l’intervention occidentale en Irak et en Syrie, qu’il qualifie de « croisade contre l’islam ». D’où l’objet de son adresse à « tous les musulmans qui peuvent nuire aux pays de la coalition des croisés à ne pas hésiter » à commettre des attaques.
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Suisse : La banque HSBC impliquée dans une fraude fiscale massive

Deux journalistes du Monde ont enquêté pendant une année sur les fraudes fiscales commises par HSBC. Le quotidien révèle lundi 9 février comment la filiale suisse de la banque a organisé des évasions fiscales pour ses clients entre 2006 et 2007.

Près de 180 milliards d’euros ont échappé au fisc sur toute la planète. 5,7 milliards d’euros pour les seuls contribuables français. Parmi les clients de HSBC se trouvent des célébrités comme Gad Elmaleh, mais aussi des personnes moins recommandables.

Ce qui est plus inquiétant, c’est que vous avez des narcotrafiquants, des financiers d’Al-Qaïda, des criminels ou des mafieux qui ont mis leur argent là-bas pour le blanchir“, explique le journaliste Fabrice Lhomme, “c’est choquant”.

Dans un communiqué, la banque précise avoir “mis en place de nombreuses initiatives visant à éviter que ses services bancaires ne soient utilisés pour échapper à l’impôt ou blanchir de l’argent“.

Guerre de l’ombre au Sahara

La guerre pour contrôler les ressources du XXIe siècle a déjà commencé. Et l’Afrique, comme à l’accoutumée, est aux premières loges. Depuis des décennies, la France n’est plus la seule à avoir des vues sur le continent.

Dès les années 1960, la découverte d’immenses gisements de pétrole dans le golfe de Guinée attire un nouvel acteur aux besoins inextinguibles, les États-Unis. Peu à peu, la première puissance mondiale s’implante en Afrique. En 1992, son armée intervient en Somalie, ravagée par une guerre civile, pour une opération dite humanitaire. Six ans plus tard, les États-Unis récidivent au Soudan après des attentats contre deux ambassades américaines par une organisation alors obscure : al-Qaida.

Le 11 septembre 2001 est un tournant. Pris de vitesse par la Chine sur l’ensemble du continent, Washington met un pied au Sahara dans le cadre officiel de sa “lutte contre le terrorisme”. En 2007, l’administration Bush renforce son instrument politico-militaire à travers Africom, visant notamment à quadriller la région. Mais derrière ce combat se cachent d’autres batailles : la zone saharienne contient les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, mais aussi de l’uranium, du fer, de l’or… Parallèlement, la France renforce sa présence militaire sur le continent.

Réalisé par Bob Coen, Eric Nadler (France – 2013)

Théories du complot : tous paranos ?

CIA, Juifs, francs-maçons, etc., des groupes se voient fréquemment accusés de tenir les ficelles en coulisses. Pourquoi les théories du complot croissent et se multiplient-elles ? Comment les reconnaître ? 
Et comment lutter ?

Le 15 avril 2013, deux bombes explosent près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston, faisant trois morts et 264 blessés. Des vidéos permettent d’identifier les auteurs de l’attentat – deux frères d’origine tchétchène, Tamerlan et Djokhar Tsarnaïev. Le premier est tué au cours d’un échange de coups de feu avec la police, le second est blessé puis arrêté.

Les vidéos montrent clairement les deux hommes déposant leurs bombes juste avant l’explosion, mais cela n’empêchera pas leur tante et certains médias iraniens et européens de les déclarer « victimes d’une conspiration ». Une députée à la Chambre des représentants américaine ira jusqu’à dénoncer l’auteur de ladite conspiration : le gouvernement fédéral.

Qu’est-ce qu’une théorie du complot ?

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Irak : Achetons-nous du pétrole à l’État Islamique ?

A quel jeu de dupes jouent les gouvernements européens recrutés dans la coalition new-look constituée toutes affaires cessantes par Barak Obama contre l’État Islamique (EI)? Après pétrole contre nourriture, l’Irak sera-t-il le théâtre d’une nouvelle saga pétrole contre barbus?

La question n’est pas superflue à en juger par la manière dont on essaie depuis quelques jours de nous convaincre de l’extrême dangerosité de la clique de Abu Bakr al-Baghdadi l’émir à la Rolex (“…Il n’y a pas de temps à perdre face à la menace des djihadistes de Daesh qui a pris le contrôle de larges secteurs de territoires irakien et syrien, multipliant les exactions… » disait encore récemment François Hollande qui est prêt à toutes les aventures internationales pour oublier l’espace d’un instant son lent mais inexorable naufrage domestique).

Dangereux sûrement, ne serait ce que par l’appel à l’union sacrée et au soutien des forces de l’émir que viennent de lancer Aqmi (Al Qaida au Maghreb Islamique) et Aqpa (Al Qaida dans la Péninsule Arabique), en réaction à la mobilisation de la coalition occidentale.

Manquerait plus que l’annonce d’une association plus étroite entre le Front Al Nosra, en quelque sorte, la « filiale » syrienne d’Al Qaida, avec EI pour préparer un joli feu d’artifice local au cas où le locataire de la Maison Blanche se serait mis en tête de lancer la guerre d’Irak version III.
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Affaire Karachi : L’argent, le sang et la démocratie (MAJ)

Le 8 mai 2002, à Karachi, au Pakistan, un attentat tue onze employés des constructions navales de Cherbourg. En 2012, dix ans après les faits, l’enquête va faire surgir une seconde affaire : un éventuel financement illicite lors de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995.

Quatre contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan auraient servi à financer celle-ci, moyennant le versement de commissions dont les bénéficiaires auraient rétrocédé un pourcentage au staff de Balladur. Le non-versement d’une partie des sommes après le départ de ce gouvernement en 1995 aurait provoqué l’attentat de Karachi.

Réalisé par Jean-Christophe Klotz et Fabrice Arfi (France 2013)

A revoir également sur cette thématique : Les Frégates de Taïwan.

Documentaire en 3 partie réalisé par Borowic et publié sur Fortune en 2012.

Partie 1 : “De l’argent il y en aura pour tout le monde“.

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La guerre secrète des Etats-Unis dans 134 pays : La croissance des Opérations Spéciales

Ils agissent dans la splendeur verte de la vision nocturne dans le Sud-ouest Asiatique et guettent dans les jungles d’Amérique du Sud. Arrachent des hommes de leur foyer au Maghreb et tirent contre des militants fortement armés dans la Corne de l’Afrique. Ils sentent l’écume salée quand ils volent au ras des vagues dans le turquoise des Caraïbe et le bleu intense du Pacifique. Ils mènent à bien des missions dans la chaleur étouffante des déserts du Moyen Orient et dans la Scandinavie glaciale. L’administration Obama a entrepris une guerre secrète sur toute la planète dont l’amplitude n’a jusqu’ici jamais été complétement révélée.

A partir du 11 septembre 2001, les Forces d’Opérations Spéciales des USA ont grandi de façon inimaginable tant en effectifs qu’en budget. Le plus révélateur a été, cependant l’augmentation des déploiements des opérations spéciales au niveau global.

Cette présence – en ce moment dans presque 70% des nations du monde – fournit de nouvelles preuves de la taille et de l’étendue d’une guerre secrète qui se livre depuis l’Amérique Latine jusqu’aux terres les plus reculées d’Afghanistan, des missions d’entraînement avec leurs alliés Africains jusqu’aux opérations d’espionnage lancées dans le cyberespace.

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Radio Courtoisie : « Le renseignement face aux menaces d’aujourd’hui »

Sur Radio Courtoisie, le 28 août, Laurent Artur du Plessis recevait Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), ancien officier supérieur des services de renseignement français, pour une émission consacrée au renseignement.

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici
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Mali : Réalités géopolitiques vues par Aymeric Chauprade (1ère partie)

par Aymeric Chauprade

L’intervention du Mali, comme toutes les interventions occidentales depuis la fin de la Guerre froide (de l’Irak jusqu’à la Libye en passant par l’ingérence en Syrie) ne saurait être analysée de manière angélique, sous prétexte qu’elle serait une opération française. Inversement, elle ne saurait être assimilée à toutes les autres opérations parce qu’elle admet en effet ses propres déterminants.

La guerre au Mali est la confrontation d’une multiplicité d’acteurs :

  1. l’État central malien (Bamako)
  2. les Touaregs indépendantistes de l’Azawad
  3. les groupes jihadistes
  4. l’État français et sa compagnie pétrolière Total (qui est certes une multinationale sur le plan capitalistique mais dont l’action politique reste coordonnée à celle de la France),
  5. l’État algérien avec d’une part son État profond (le puissant DRS, la sécurité militaire, coeur du régime) d’autre part sa société pétrolière étatique Sonatrach
  6. les États-Unis d’Amérique et leur État profond (composé d’éléments de la CIA, du Pentagone, de l’armée)
  7. l’État qatarien et ses intérêts pétroliers et gaziers
  8. deux États voisins, la Mauritanie et la Libye qui ont toujours joué un rôle crucial dans la question touareg.

Ce sont là les principaux protagonistes de l’affaire malienne. Au second plan, d’autres acteurs chargés d’apporter aux acteurs de premier plan une légitimité en terme de droit international : les autres États africains (la CEDEAO), l’Union européenne…

Voyons les intérêts et les motivations des premiers rôles qui s’affrontent sur la scène malienne, et pas forcément de manière visible.

Cette analyse étant longue, j’ai décidé de la découper en deux parties. La première partie tentera d’y voir clair sur les motivations de l’État malien, des Touaregs indépendantistes et des groupes islamistes.

La seconde partie abordera la question complexe des enjeux pétroliers et gaziers dans la zone (avec notamment les intérêts pétroliers français, qataris et algériens).

Nous pourrons alors proposer une lecture de la crise qui s’articulera autour d’un bras de fer entre Paris, Alger et Doha pour l’essentiel, avec bien entendu aussi les États-Unis en « embuscade » et qui montrera, une fois de plus, que le terrorisme islamiste est largement instrumentalisé pour consolider ou restaurer les intérêts des principaux acteurs.

1) L’État malien

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

*

Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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L’Islande ou le caractère démoniaque de l’argent

Par Bruno Bandulet (Allemagne)

Comment un des pays les plus riches du monde s’est effondré d’un jour à l’autre, et les leçons à en tirer.

A l’été 2006, lorsque je me suis rendu en Islande pour observer le miracle économique au cercle polaire et m’entretenir avec des représentants de la Banque centrale et de Kaupthing, la plus grande banque privée, il était inimaginable que cette économie très développée puisse s’effondrer en quelques jours en octobre 2008.

Le PNB par habitant était plus élevé que celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le système de retraites par capitalisation était exemplaire, la dette publique ne représentait que 27% du PIB, le budget était excédentaire, la solvabi­lité des emprunts d’Etat était jugée AAA (notation supérieure) et le système fiscal était, avec ses taux peu élevés, un modèle pour l’Europe toute entière.

Certes, dès 2006, l’endettement important du secteur privé et l’énorme déficit de la ba­lance des paiements courants (cf. Gold&Money Intelligence, août/septembre 2006) révélaient des risques, mais dans les deux années qui suivirent, ce sont des facteurs aggravants qui ont causé l’effondrement du système financier et économique.

En 2008, année fatidique, ce petit pays qu’est l’Islande est devenu un laboratoire et une menace pour tout le système financier occidental fondé sur de l’argent sans couverture. Et la question se pose de savoir si un phénomène semblable pourrait se produire à l’avenir dans d’autres pays.
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