Brésil : Le pays est en passe d’entrer en récession

L’économie brésilienne a enregistré en 2014 une croissance de 0,1 %, sa plus mauvaise performance depuis 2009, et la faiblesse de l’investissement, l’inflation élevée et la montée du chômage augurent d’une récession douloureuse cette année.

Le Brésil a stagné en 2014 avec un PIB en hausse d’à peine 0,1 %, alors que la septième économie mondiale affronte des vents adverses et s’apprête à entrer en récession en 2015. Le chiffre annoncé le 27/03/2015 par l’Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE) dépasse légèrement les prévisions : la Banque centrale tablait sur une contraction de 0,1 % et la majorité des analystes prévoyait une croissance zéro.

Au 4e trimestre 2014, l’économie brésilienne a reculé de 0,2 % par rapport aux trois derniers mois de 2013. L’industrie, secteur le plus affecté, s’est contractée de 1,2 % en 2014, tandis que le secteur agro-industriel a progressé de 0,4 % et celui des services de 0,7 %, a précisé l’IBGE.

Le Brésil se prépare à entrer en récession sous le double effet de la crise et de l’ajustement budgétaire que tente de mettre en œuvre le gouvernement, pour enrayer la dérive des comptes publics et éviter une dégradation de la note souveraine du pays par les agences internationales.
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Zone euro : 2017 sera une année catastrophique (Natixis)

Dans une étude publiée le 17 mars dernier, le groupe bancaire, né de la fusion des groupes Caisse d’Épargne et Banque populaire, fait part de son pessimisme à moyen terme. Le pôle de recherche économique de Natixis craint en effet que plusieurs facteurs qui se cumulent conduisent à ce que 2017 soit une très mauvaise année pour la zone euro.

• Le rééquilibrage du marché du pétrole après la baisse du prix du pétrole en 2014 devrait conduire à une remontée de ce prix, d’où une perte de demande et de croissance, et le retour de l’inflation à un niveau voisin de l’objectif de la BCE

• La BCE devrait donc arrêter le Quantitative Easing, d’où remontée des taux d’intérêt à long terme, normalisation des primes de risque, ré-appréciation de l’euro; en conséquence des difficultés pour les investisseurs (qui ont accumulé des actifs avec des rendements et des primes de risque faibles); des difficultés pour les emprunteurs publics et privés, un recul de la demande;

• Dans certains pays (France, Espagne, Italie), la nécessité de réaliser un ajustement budgétaire important dans un environnement plus défavorable: croissance plus faible, taux d’intérêt plus élevés.
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Pourquoi la France n’a pas besoin de se serrer davantage la ceinture en 2013

3 % de déficit budgétaire l’an prochain, c’est au moins 300 000 chômeurs supplémentaires. Il faut apprécier cet objectif en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté.

L’économie française stagne et la zone euro est entrée en récession. La situation économique n’a aucune chance de se redresser notablement au cours des prochains mois. Prendre dans ce contexte des mesures d’austérité supplémentaires pour tenir, coûte que coûte, l’objectif de 3 % du PIB de déficit public en 2013 freinerait davantage encore l’activité et pousserait le chômage vers les sommets. Avec au final, d’ailleurs, un déficit plus important que prévu comme le montrent les exemples de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie malgré des efforts considérables.

Les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne – « 6 pack » et Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) – sont bâties autour de la notion de déficit structurel. Celle-ci corrige les déficits publics constatés telle ou telle année des effets de la conjoncture à ce moment-là. Quoi qu’on pense par ailleurs de la pertinence de ces réformes, elles fournissent ainsi un argument solide pour ne pas s’engager dans cette politique procyclique : l’objectif des 3 % en 2013 doit lui aussi être apprécié en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté. Or, dans le cas de la France, nous atteindrons ce niveau de déficit en 2013 sans qu’il soit besoin de prendre de nouvelles mesures d’austérité cet automne.

Un coup de frein important

Crise : gagner du temps n’est pas suffisant – 1

L’économiste Jacques Sapir nous le dit : «avec ce plan nous n’avons acheté que du temps.» Au delà des problèmes de déficit et d’endettement, la crise traduit surtout un phénomène d’euro-divergence entre l’économie allemande et la plupart des autres économies européennes.

photo; Abadie -Flickr - CC
Il faut se rendre à l’évidence. À peine calmée le lundi 10 mai par l’annonce d’une plan qualifié de « massif, » la spéculation contre l’Euro a repris dès la nuit de lundi à mardi. Elle s’est amplifiée durant toute la journée du 11 mai. Le plan dit “massif” n’aura apporté que 24h de répit. Nous sommes à nouveau devant la perspective d’une crise systémique de la zone Euro.(1)

Les deux crises de la zone Euro

La crise de l’Euro qui s’est déclenchée dans les derniers jours d’avril 2010 combine une dimension conjoncturelle (la crise de l’endettement de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie) et une crise bien plus structurelle. Cette dernière est caractérisée par la divergence des logiques entre les principaux pays de la zone Euro, ce que l’on a appelé le phénomène d’Eurodivergence. Elle se manifeste par un accroissement depuis 2000 des différences dans le domaine de l’emploi, de l’épargne et de l’investissement entre les pays de la zone Euro.
Alimenté par les différences de dynamiques économiques et accentué par la politique allemande qui a cherché à profiter de sa position dans la zone Euro en transférant une partie des charges de ses entreprises vers les ménages, ce phénomène a induit des distorsions de productivité importantes.

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La charge de la dette va progresser de 20 milliards

Dans son rapport sur le projet de loi de Finances 2010, le rapporteur du Budget Gilles Carrez (UMP) souligne que même avec un surcroît de croissance, le grand emprunt alourdira la dette publique jusqu’à 2016 au moins.
Une fois la crise passée, il sera difficile, voire impossible, de ne pas prendre le chemin de l’ajustement budgétaire. Nos voisins sont déjà en voie de l’emprunter. Les règles élémentaires de bonne gestion des finances publiques s’appliquent de la même manière en France que dans le reste du monde. Il est illusoire de croire que notre pays pourra, à long terme, s’exonérer de recourir à cette voie.

La crise amène la France à franchir un nouveau palier d’endettement, à près de 90 % de PIB en 2011-2012, le rapporteur évoquant aussi un scénario pessimiste à près de 100 % de PIB. Il faudrait, souligne-t-il, une croissance économique de 3 % pour seulement stabiliser cet endettement ! Et même si celui-ci devrait rester soutenable, c’est-à-dire que l’État continuera de trouver preneur sur les marchés, « les charges d’intérêt pourraient rapidement devenir le premier poste de dépenses ».

L’appel de Gilles Carrez (UMP), se veut solennel et sonne comme un avertissement pour le gouvernement. Dans son rapport sur la loi de Finances 2010, il souligne que l’emballement de la dette publique, s’il paraît aujourd’hui indolore, va réduire à néant les marges de manœuvre budgétaires des années à venir. Il recommande de ne pas répéter les « erreurs » commises après les précédents chocs sur les finances publiques, en 1982 et 1993.
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