La justice américaine estime illégal le sauvetage de l’assureur AIG en 2008

Maurice Greenberg, l’ancien PDG de l’assureur American International Group (AIG), a remporté, lundi 15 juin, une victoire de principe face à l’Etat américain. Un tribunal fédéral de Washington a en effet estimé que la prise de contrôle du groupe par le gouvernement au moment de la crise de 2008, afin de le sauver de la faillite, était abusive. Toutefois, le juge Thomas Wheeler a refusé d’accorder aux actionnaires plaignants, dont M. Greenberg en tête, les 40 milliards de dollars qu’ils réclamaient à titre de dédommagement.

Ce procès est l’aboutissement d’une plainte collective déposée en 2011 par l’ex-patron du groupe, qui accusait le gouvernement d’avoir spolié les actionnaires lors de la nationalisation d’AIG, le 16 septembre 2008. M. Greenberg, 90 ans, avait été évincé du groupe en 2005, après l’avoir dirigé pendant près de quarante ans, à la suite d’une enquête sur des malversations comptables. Sous sa direction, le groupe avait multiplié les produits spéculatifs, notamment les dérivés liés aux crédits immobiliers « subprimes », qui allaient être à l’origine de la crise.

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Les produits dérivés dépassent leur niveau d’avant-crise

« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », a coutume de dire l’investisseur et milliardaire américain Warren Buffett. L’étude publiée mardi 17 décembre par le cabinet d’analyse financière indépendante AlphaValue, intitulée « Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? », montre que ce n’est pas près de changer. Celle-ci révèle en effet que la valeur notionnelle des dérivés (c’est-à-dire la valeur faciale qui apparaît sur les contrats de ces produits) dépasse désormais son niveau d’avant la crise des subprimes.

Au premier semestre 2013, elle s’élevait en effet à 693.000 milliards de dollars, contre 684 000 milliards au premier semestre 2008, selon les chiffres que le cabinet a tirés des rapports de la Banque des règlements internationaux (BRI). L’équivalent de dix fois le PIB mondial, contre trois fois le PIB mondial il y a quinze ans. « C’est un risque potentiel énorme, et la crise n’a pas changé les pratiques des banques en la matière », explique Christophe Nijdam, qui a piloté l’étude.

CDS, dérivés de taux, swaps… Les produits dérivés sont des instruments financiers dont la valeur varie en fonction du prix d’un actif appelé sous-jacent, qui peut être une action, une obligation, une monnaie, un taux, un indice ou encore une matière première. Ils ont été créés à l’origine par les agriculteurs afin de se couvrir contre les risques financiers, comme par exemple la flambée, ou au contraire l’effondrement, du prix du blé ou du café. Mais dès les années 1980, ils ont été progressivement détournés par les banques à des fins de spéculation.

Selon la BRI, sur les 5.300 milliards de dollars échangés tous les jours sur le seul marché des changes, seuls 7 à 8 % seraient utilisés par des opérateurs finaux non financiers souhaitant réellement se prémunir contre les risques. Or, la crise des subprimes l’a rappelé, les produits dérivés sont loin d’être sans danger. « La plupart s’échangent de gré à gré, c’est-à-dire d’un établissement à l’autre, sans règle de sécurité et dans l’opacité totale », explique-t-on à Finance Watch, une association qui milite pour une meilleure régulation de la finance.
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Deutsche Bank : La banque la plus exposée aux produits dérivés dans le monde

C’est la petite info de la semaine, qui est passée sous les radars, mais sur laquelle il faut revenir : la banque qui possède la plus forte exposition aux produits dérivés dans le monde n’est pas la JP Morgan, comme on le pensait, mais la Deutsche Bank. Comme l’indique son rapport annuel 2012, la banque est exposée à hauteur de, attention retour à la ligne :

55.605.039.000.000 euros, autrement dit 55.605 milliards d’euros, 55 mille milliards d’euros, ou 55,6 trillions d’euros, ouf.

Par comparaison, le PIB de l’Allemagne s’élevait à 2012 à 2.644 milliards d’euros, ce qui signifie que les engagements de la première banque du pays dans les produits dérivés sont vingt fois plus élevés que toute la richesse crée en un an dans la première puissance économique européenne. Converti en dollars, cela représente 72,8 trillions de dollars, soit un peu plus que la JP Morgan. L’Europe détient le record, la première banque au cœur du pays le plus solide, bravo !

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Créateurs de richesse ?

Surprise : un laborieux épluchage de chiffres par le New York Times démontre que les preneurs d’otages ne sont pas les vilains syndicalistes, mais les gentils « créateurs de richesse », vous savez, les entreprises. Voici un digest, car l’article est très long.

Quand General Motors a publié la liste des usines qui allaient fermer, il y a trois ans, au moment de sa faillite, les collectivités locales qui s’étaient crues partenaires se sont retrouvées en ligne de mire. Depuis des années, des Maires et des Gouverneurs en lutte contre le chômage offraient à GM des liquidités, des locaux gratuits, la formation du personnel, des réductions d’impôts. En 2007 encore, GM déclarait que « ces avantages fiscaux renforçaient leurs relations et que ce serait donnant-donnant » (procès-verbal d’un conseil municipal du Michigan). Et pourtant, au moins 50 des sites fermés en 2009 se trouvaient dans des communes ou des États qui avaient accordé de tels avantages, se montant à des milliards de dollars publics.

Certaines collectivités, prêtes à tout pour retenir GM, ont fait des offres plus importantes : l’Ohio a proposé 56 millions pour garder l’usine de Moraine, et le Wisconsin 153 millions pour celle de Janesville. En vain. GM est parti, et grâce au plan de renflouement fédéral, est de nouveau bénéficiaire. Pas les villes, qui ont épuisé leurs réserves pour préserver des milliers d’emplois aujourd’hui disparus.

La commune d’Ypsilanti (Michigan) poursuit GM en justice. « On ne peut pas faire des promesses pareilles et les oublier comme des pièces au fond d’un tiroir, » déclare son avocat. C’est pourtant ce que font des entreprises de tout le pays.

Le NYT a mené l’enquête pendant 10 mois, et fait les comptes : les États, les comtés et les villes accordent 80 milliards par an en avantages fiscaux aux entreprises. Tous les secteurs en bénéficient, y compris les conglomérats pétroliers, les entreprises high-tech, l’industrie du spectacle, les banques, et les grandes chaînes de restauration. Le coût de ces aides est impossible à estimer, car elles proviennent de milliers de collectivités, et on ne sait pas combien d’emplois sont vraiment créés, et combien l’auraient été sans elles.

Pour rechercher les chiffres par entreprise, par État, par commune, le NYT a créé une base de données sur le sujet: Explore the data

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«Wall Street a commis le crime parfait»

L’auditeur américain Thomas Myers parcourt le monde pour mobiliser une puissante coalition d’investisseurs, seule capable de forcer une réforme éthique à Wall Street. Rencontre.

«C’est un crime parfait.» C’est ainsi que Thomas Myers, associé principal du cabinet d’audit national T. A. Myers & Co, décrit le «pillage» du système financier global par les banques de Wall Street. Luttant aujourd’hui pour une «réforme éthique» du système financier, le juricomptable de la prestigieuse firme d’Aspen (Colorado) est l’un des très rares experts en instruments financiers complexes à mettre ses compétences au service d’une telle réforme. Analysant depuis trente ans des transactions ultrasophistiquées de quelque 2000 entités financières américaines, il a représenté depuis 2008 de nombreux clients face à Goldman Sachs, UBS, Merrill Lynch, Citigroup et Bear Stearns dans d’innombrables litiges liés à la crise des subprimes. Il a accédé à des documents hautement confidentiels qui lui ont permis d’acquérir une connaissance parfaite des mécanismes frauduleux incriminés.

Dans une lettre ouverte à Occupy Wall Street, il dénonce l’impunité des banquiers, devenus plus riches et influents que jamais, bien qu’ils aient commis la «plus grande fraude de l’histoire». Et en effet, aucun financier aux Etats-Unis n’a eu à répondre légalement pour le comportement des banques dans la crise des subprimes. Récemment, la justice américaine a renoncé à entamer des poursuites pénales contre Goldman Sachs ou ses employés, accusés d’avoir parié contre les mêmes titres subprimes qu’ils avaient vendus à leurs clients. La justice a estimé qu’il n’y avait «aucune base viable pour lancer des poursuites pénales» contre la banque.

«C’est une faillite des autorités de surveillance»

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Goldman Sachs : La banque qui dirige le monde (M-à-j vidéo)

La banque américaine Goldman Sachs est au coeur de toutes les crises financières depuis 2008: crise des subprimes, crise grecque, crise de l’euro. Son pouvoir est immense et elle l’exerce dans le plus grand secret.

Immersion au coeur de LA banque liée à de nombreux scandales pour comprendre ce passé douteux. Des témoignages de premier plan aident aussi à expliquer comment elle est, malgré les crises, encore plus puissante qu’avant. (RTS.ch – 8 juillet 2012 – Réalisation Jérôme Fritel)

Partie 1/2 (45 min)

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Pourquoi il ne faut jamais croire les banques

Où en est la régulation du secteur bancaire et financier ? Quatre ans après le début de la crise, le bilan est bien maigre, déplore Pascal Canfin, député européen écologiste et cofondateur de Finance Watch. Après avoir bénéficié de la généreuse assistance des États, les banques et leurs dirigeants freinent la moindre tentative de régulation et continuent d’organiser la fraude fiscale. Pourtant, plusieurs mesures simples existent pour reprendre le contrôle de la finance folle.

La crise bancaire n’a rien coûté aux contribuables, affirment les banques françaises. Qu’en est-il réellement ?

Pascal Canfin : 4 000 milliards de dollars ont été déboursés ou prêtés par les États pour sauver le système financier ! La Société générale a été sauvée par les contribuables américains, au moment de la crise des subprimes. Beaucoup de banques françaises avaient acheté des subprimes (des produits financiers adossés à des prêts immobiliers aux États-Unis, ndlr) et s’étaient assurées contre les risques de pertes de ces produits, par des CDS (Credit default swap), auprès d’AIG, premier assureur mondial. En 2007, lors de la crise des subprimes, les banques se sont tournées vers AIG, qui leur a répondu : « Désolé, j’ai déjà tout versé en dividendes et en bonus ! » Face à la menace de faillite, AIG s’est tournée vers la Banque centrale américaine, qui a débloqué 85 milliards de dollars. La Société générale a ainsi reçu 12 milliards de dollars [1] (presque autant que Goldman Sachs, premier bénéficiaire du sauvetage, qui a touché 13 milliards de dollars, ndlr). Natixis, la banque d’investissement, filiale des Caisses d’épargne et des Banques populaires, a aussi été sauvée grâce à l’épargne des Français. Et le sauvetage de Dexia aura sans doute coûté 10 milliards d’euros aux contribuables français. Trois banques, ce n’est pas rien…

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La réputation de Goldman Sachs s’autodétruit lentement

L’editorial publié par leNew York Timeset écrit par Greg Smith, responsable de l’activité européenne en produits dérivés sur actions de Goldman Sachs à l’occasion de son départ de celle qui fut une prestigieuse firme de Wall Street, a suscité un accès de colère des dirigeants de Goldman Sachs ainsi que des débats dans toutes les directions. L’intéressé considère que l’environnement de Goldman Sachs est devenu toxique et destructif.

Le catalogue (partiel) des comportements sulfureux qui ont récemment affecté Goldman Sachs est le plus nourri de Wall Street qui s’y connaît pourtant en turpitudes.

  • -Le Fonds Abacus bourré de titres pourris et vendus aux clients de la firme alors que son activité pour compte propres prenait une position inverse lui a valu une amende de 550 millions de dollars.
  • -La « structuration » de plusieurs milliards de dette grecque en accords de swaps qui ont permis de camoufler l’ampleur de cet endettement a affecté la nomination de Mario Draghi comme President de la Banque Centrale Européenne.  C’est Gary Cohn qui menait cette opération qui a rendu la gestion de la crise grecque encore plus opaque et c’est Goldman qui avait facilité un autre camouflage à l’entrée de la Grèce dans l’Euro. En dehors de gagner 300 millions de dollars, la firme n’a jamais été inquiétée.
  • -La suspicion de parjure dans le cadre d’une déposition devant le Sénat américain par Lloyd Blankfein et son directeur financier n’a jamais été examinée. Si elle avait été instruite, elle aurait pu lui valoir la prison.
  • -Les bonus extravagants qui ont continué à être versés année après année au Lloyd Blankfein et ses proches collaborateurs dépassent tous les records de Wall Street pour les heureux employés et dirigeants qui ont eu la chance de ne pas être victimes de la purge des dernières années. Meme la SEC est venu hier à la rescousse interdisant à des actionnaires critiquant ces rémunérations de reposer la question à l’Assemblée Générale : les Sœurs de Saint Francois de Philadelphie et d’autres institutions ont été renvoyées. La SEC a-t-elle oublié que Monsieur Blankfein a triplé son salaire en 2012 à $ 2 millions, ce qui justifiait leur démarche insistante contre ces rémunérations pècheresses?
  • -L’accusation portée contre un de ses administrateurs, Rajat Gupta, l’ancien patron de Mc Kinsey, d’avoir tuyauté un de ses amis gestionnaire du hedge fund Galleon sur des informations confidentielles a abouti à des condamnations pour insider trading.
  • -Une suspicion pese toujours sur son ancien President, Hank Paulson, qui, lorsqu’il était le Ministre des Finances,  a remboursé avec les deniers de l’oncle Sam 10 milliards de dollars à son ancienne firme – et a quelques autres- que lui devait AIG tombée en faillite.
  • -La faillite (qui sent de plus en plus la fraude) de MF Global dont le patron était un autre ancien CEO de Goldman Sachs, Jon Corzine  a vu l’argent des clients utilisé pour satisfaire les exigences de fonds propres au déni de la règlementation américaine.

Quelles que soient les réponses sur chacun de ces points, leur accumulation donne beaucoup de crédit aux accusations de Greg Smith. Il s’agit d’un système né de l’arrogance d’une firme qui se croit au-dessus des lois et de l’éthique.

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AIG va vendre pour 6 milliards de dollars d’actions AIA

American International Group (AIG) veut lever quelque six milliards de dollars (4,5 milliards d’euros) via la cession d’une partie de sa participation dans AIA, numéro trois de l’assurance en Asie, une somme qui servira à rembourser l’Etat fédéral américain.

AIG met en vente environ 1,7 milliard de titres AIA, dont l’assureur américain détient un tiers du capital, pour un prix compris dans une fourchette allant de 27,15 à 27,50 dollars Hong Kong par titre, ce qui représente une décote de 7% par rapport au cours de clôture de vendredi. La cotation de l’action AIA était suspendue ce lundi. AIG a précisé dans un communiqué que la vente de titres AIA se ferait par un placement auprès d’investisseurs institutionnels sans pour autant en spécifier le montant.

Le produit net de la cession sera utilisé pour payer une partie des 8,4 milliards de dollars qui sont dus au Trésor américain au titre de ses actions préférentielles dans un véhicule d’investissement dédié regroupant les actions d’AIG dans AIA. Si AIG lève six milliards de dollars, le solde à payer de 2,4 milliards est nettement inférieur à la valeur de la participation qu’AIG conservera encore dans AIA.

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Le noble Nobel et les CDS grecs

Les CDS sur la dette grecque ne vont pas se déclencher. Faut-il y déceler une sorte de complot? Joseph Stiglitz ne se fait pas que des amis…

Joseph Stiglitz n’a pas sa langue en poche. Dans une tribune publiée sur L’Echo du 8 février, le prix Nobel d’économie égratigne la Banque centrale européenne et son manque de transparence.

Dans le dossier grec, Stiglitz estime que la position de l’institution de Francfort a été pour le moins curieuse. Elle s’est ainsi toujours opposée à ce fameux “événement de crédit ”, lié à un défaut de paiement de la Grèce, qui déclencherait les contrats de CDS.

Que n’a-t-on écrit sur ces “credit default swaps ”, ces contrats qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement? Un produit qui a enfoncé des firmes comme AIG et Fortis en pleine tourmente financière en 2008, et qui a ensuite mis à mal des pays, comme la Grèce.

A la base, un CDS peut s’avérer utile. Il permet à un détenteur d’une obligation de se couvrir contre le défaut de paiement de l’émetteur. Comme un “bon père de famille” assure sa maison contre un incendie. Mais quand ce sont majoritairement des non-détenteurs de l’obligation qui se ruent sur les CDS, cela se corse. Il s’agit alors d’acteurs qui s’assurent contre un risque financier qu’ils ne courent pas. Ou comme l’indiquait Peter Praet, “c’est un peu comme si j’achetais une assurance contre le risque d’incendie de la maison d’une tierce personne ”. En d’autres mots, ce serait presqu’une incitation à mettre le feu à la maison du voisin.

Mais revenons à Athènes. Les banques européennes détiennent quelque 40 milliards d’euros de dette grecque. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banquiers, en gestionnaires avisés, achètent une assurance sous forme de CDS.

Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité financière du système veille en principe à ce que l’assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques ne soient pas dédommagées en cas de perte sur les obligations qu’elles détiennent ”, s’étonne Stiglitz.

Juges et parties?

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LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

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« Huit jours pour sauver la finance » de James B. Stewart

Ce livre est un compte rendu chronologique de la semaine de septembre 2008 où les systèmes financiers américain et mondial ont failli vaciller. Lehman Brothers a été mise en faillite pendant qu’AIG était renflouée.

Le livre est un récit détaillé de ce qui est arrivé. On y apprend beaucoup sur l’état de panique du moment chez les décideurs : Henry Paulson, Ben Bernanke et Tim Geithner sont les “héros” du moment. Le lecteur se rend compte à quel point la balle est passée pas loin d’organes vitaux.

Au milieu de pages trépidantes, au bord de l’effondrement, une réunion avec Georges Bush prend l’allure d’un monument de surréalisme. On explique au président qu’il faut des fonds publics pour sauver AIG. Beaucoup d’argent. Réaction en trois temps de Georges :

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Les affranchis de Wall Street

Ils ont provoqué la plus grave crise économique de l’après-guerre et amené les États au bord de la faillite. Deux ans après le krach des subprimes, que sont devenus les responsables ? Ont-ils été châtiés ? Ont-ils changé de pratiques et renoncé à leurs extravagantes rémunérations ?

Dick Fuld, alias Big Dick Le gorille, ex-PDG de Lehman Brothers

Bill Black le colosse roux débonnaire est ravi de vous rafraîchir la mémoire. De vous raconter comment, avocat auprès de l’obscur Bureau de supervision de l’épargne dans les années 1980, il a piloté l’une des plus belles purges financières de tous les temps. Dans la foulée du scandale des caisses d’épargne américaines, les Savings & Loan, « nous avons envoyé plus de 1 000 personnes en prison, se souvient-il. Les banquiers avaient recruté des armées d’avocats et englouti des millions de dollars dans leur défense. Mais, au final, nous avons gagné dans plus de 93% des cas ».

Plus de mille condamnés, pour un scandale déjà – alimenté par la spéculation immobilière, qui avait entraîné la faillite de 1 600 institutions. Et aujourd’hui ? Zéro. Zip. Nada. Deux ans après le coup d’envoi d’une crise sans précédent depuis celle de 1929, aucun responsable de la crise des subprimes (les crédits immobiliers à risque dont la multiplication a permis le gonflement d’une bulle monstrueuse) n’est derrière les barreaux.

Libre, Dick Fuld, le PDG de Lehman Brothers, dont la faillite, le 16 septembre 2008, a déclenché une panique mondiale. Libre, Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, qui a concocté des produits financiers liés aux fameux subprimes pour mieux les fourguer aux gogos. Libres, les traders, les gérants de fonds ou les politiciens sans scrupules qui n’ont cessé de prêcher et de profiter de la dérégulation financière sauvage.

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Marc Faber : «Le système sera en faillite dans cinq à dix ans»

Selon Marc Faber, le gourou de la finance, les pays occidentaux sont devenus plus risqués que les économies émergentes.

– L’intervention des Etats dans l’économie va-t-elle encore durer des années ?

- Certainement. L’excès de crédits qui a provoqué la crise a été plus ou moins nettoyé et caché sous le tapis. A entendre les discours récents de Bernanke (ndlr : président de la Réserve fédérale américaine) et de Krugman (ndlr : Prix Nobel d’Economie en 2008), aucune mention n’est faite par rapport à la croissance démesurée de l’endettement. Cela n’existe pas pour les Américains. L’Etat peut intervenir dans l’économie de deux manières : directement, ou via la politique fiscale et monétaire. C’est cette dernière qui est privilégiée. Il me semble qu’avec Obama, les aides étatiques augmenteront, notamment pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac. Ils ont bien plus de problèmes que n’en ont eus AIG et d’autres établissements. Aujourd’hui comme lors de la faillite du fonds LTCM, le message qui est envoyé par les Etats est : continuez de spéculer, nous sommes là pour vous sauver. Ceux qui veulent, aux Etats-Unis, créer une inflation de l’ordre de 6% par an, ne pourront pas le faire sans avoir de problèmes d’endettement. Pour créer cette inflation, les taux d’intérêt seront artificiellement maintenus à des niveaux proches de zéro, comme aujourd’hui.

Cette année, on prévoit 1600 milliards de dollars de déficit pour les Etats-Unis. A moyen terme, l’endettement américain ne pourra être inférieur à 1000 milliards de dollars, ce qui reste énorme. En conséquence, lorsqu’il faudra remonter les taux d’intérêts pour réduire la dette, le payement des intérêts sera équivalent à 35% des entrées fiscales dans cinq à dix ans. Cela posera des problèmes énormes.

– Où se situe-t-on dans le développement de la crise ?
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Les États-Unis (Socialistes) d’Amérique

Sanctuaire de la libre entreprise, du « laissez-faire » et du « marché a toujours raison » il y a peu, les États-Unis ont fait un virage à 180 degrés et sont devenus, sous la contrainte de la crise, hyper-interventionnistes.

Voici les quelques points forts de cette intervention à coup de milliards de dollars:

- 290 milliards pour recapitaliser les banques (augmenter leurs fonds propres afin d’absorber les pertes de leurs portefeuilles de prêts, pouvant être portés à 3 200 milliards en prêts d’urgence ou pour assurer les dépôts des particuliers en cas de faillites de banques).

- Jusqu’à 2 000 milliards pour acheter les actifs toxiques (crédit hypothécaire) et les produits dérivés (“assurance” couvrant les éventuelles pertes sur le marché obligataire).

- 183 milliards pour renflouer la compagnie d’assurances AIG lourdement engagée dans les produits dérivés et incapable d’honorer ses engagements, vu le montant des pertes accusées par ses « souscripteurs ».

- 83 milliards pour l’industrie automobile, pour sauver de la faillite General Motors.

- 1 900 milliards dans Fannie Mae et Freddie Mac, pour racheter les crédits hypothécaires détenus par ces deux sociétés qui sont les plus grosses du monde dans ce domaine spécifique, plus 50 milliards pour aider à restructurer les crédits que ces deux firmes ont accordé et éviter que des millions de familles finissent expulsées de leur domicile.

- 4 800 milliards injectés pour ranimer le marché monétaire (crédit à court terme) vital pour l’économie. C’est sur ce marché que se financent les banques et les entreprises.

Aujourd’hui, l’État fédéral est le premier banquier du pays. 90% des prêts hypothécaires, 60% de GM, 80% de AIG appartiennent désormais à l’État. Ces dépenses publiques de soutien industriel, de garantie et de financement des marchés financiers assurent 26% du PNB, un seuil qui n’avait pas été atteint depuis la Seconde Guerre Mondiale.

La majeure partie de ce plan a été mise en place par Georges Bush dans les dernières semaines de son mandat, juste avant de quitter la Maison-Blanche. Barak Obama a ajouté le volet automobile.

Le virage, pour les Républicains, est spectaculaire. Après avoir clamé sur tous les toits pendant des années que l’ « État est la source de tous les problèmes économiques », une fois mis le dos au mur par la crise, ils ont découvert que l’État est le prêteur de dernier ressort pour sauver le privé.

La contradiction n’est qu’apparente. Au contraire des libéraux classiques du 19ème siècle, qui faisaient du respect de l’équilibre budgétaire un dogme, les « néo-libéraux » de la fin du 20ème siècle ont opté, sous prétexte de soutenir la croissance, pour une politique systématique de transfert des ressources publiques dans des mains privées, à un niveau où on peut parler de pillage.

Le Nouvel Observateur

Manipulation à la Bourse de New-York

Si le Dow Jones continue à monter, c’est parce que 40% de toutes les actions qui sont échangées ne concernent que 5 sociétés « zombies ».

Le New York Stock Exchange, ou NYSE, en français : « Bourse de New York », est la plus grande des bourses mondiales. Par métonymie, on l’appelle souvent « Wall Street ». Le total des capitalisations boursières des compagnies cotées au NYSE est cinq fois plus grand que celles cotées au NASDAQ.

Stupéfiant: près de la moitié du volume du NYSE est générée par seulement 5 titres. Encore plus surprenant, il s’agit des fameux titres sauvés de la débâcle par le gouvernement américain, appelés communément « titres zombies » : CIT, CITIBANK, FANNIE MAE, FREDDIE MAC et AIG.

Cette “étrangeté” apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’une manoeuvre est dans l’air et que la reprise du marché n’est qu’artificielle.
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LEAP : la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 mai 2010

Comme anticipé par le LEAP – Europe 2020 en décembre 2009 et février 2010, le printemps 2010 marque bien un point d’inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l’ampleur insoutenable des déficits publics (voir novembre 2009) et de l’inexistence de la reprise tant annoncée (voir septembre 2009).

Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé en février 2009.

Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations du LEAP, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l’Euro n’«exploserait pas» à cause du problème grec, mais qu’au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).

On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d’Etat de l’Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l’UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu’elle va à l’encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs, pour se rendre compte que, derrière l’apparence d’une décision budgétaro-financière purement européenne, il s’agit d’une rupture géopolitique à l’impact mondial.

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Ce n’est pas la fin de la crise !

Par Nouriel Roubini

On peut interpréter les crises financières comme le fait Nassim Taleb en disant que ce sont des “cygnes noirs,” des événements imprévus et imprévisibles qui changent le cours de l’Histoire. Mais dans mon nouveau livre sur les crises financières, Crisis Economics, qui couvre non seulement la crise récente mais une douzaine d’autres tant dans les économies avancées que dans les marchés émergents, je montre que les crises financières sont en fait prévisibles. Ce qui se passe maintenant, la seconde phase de la crise financière mondiale, était tout aussi prévisible.

Les crises sont la conséquence inévitable de l’empilement de vulnérabilités et de risques macroéconomiques, financiers et politiques : des bulles des actifs, des prises de risques excessives et un recours excessif à l’effet de levier, le boom du crédit, une politique monétaire relâchée, un manque de contrôle effectif et de régulation du système financier, la cupidité et des investissements trop risqués des banques et des autres institutions financières.

L’Histoire montre qu’au bout d’un certain temps les crises financières se métamorphosent. Celle que nous avons récemment subie a été initiée par une dette excessive et un recours excessif à l’effet de levier parmi les acteurs du secteur privé (les ménages, les banques, les institutions financières et les entreprises). Cela a abouti à un nouvel endettement externe du secteur public, alors que les plans de relance budgétaire et la collectivisation des pertes privées (les plans de sauvetage) ont accru dangereusement les déficits budgétaires et le volume de la dette publique.

La relance budgétaire et les plans de sauvetage ont peut-être été nécessaires pour éviter que la Grande récession ne se transforme en une Grande Dépression II, mais quand à la dette privée on ajoute une dette publique, la note à payer est élevée. Hausse des impôts et baisse des dépenses sont alors indispensables pour combattre déficits et dettes colossales. Passage obligé pour éviter une crise budgétaire, l’austérité freine la reprise économique à court terme. Si l’on ne lutte pas contre le déficit budgétaire par la baisse des dépenses et l’augmentation des rentrées d’argent dans les caisses de l’État, il reste seulement deux options : l’inflation pour les pays qui font des emprunts dans leur propre devise et peuvent de ce fait monétiser leur déficit, et le défaut de payement pour les pays qui empruntent des devises étrangères ou ne peuvent imprimer la leur.

Les événements récents en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie et en Espagne constituent la deuxième phase de la crise financière. La collectivisation des pertes privées et le relâchement budgétaire destiné à stimuler les économies en chute libre ont abouti à un déficit budgétaire et à une dette publique d’un niveau inquiétant. La crise financière n’est donc pas encore terminée, elle a simplement atteint une nouvelle phase, particulièrement dangereuse.

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La Dette Noire

Par Bill Bonner

Henry Paulson. Marco Draghi. Ces noms vous disent-ils quelque chose ? Ils devraient. Parce qu’à eux deux, ils vont vous coûter beaucoup d’argent. Dont une bonne partie de ce que vous espériez garder pour votre retraite. Comment est-ce possible ?

Commençons par Henry Paulson. Vous savez sans doute qu’il était Secrétaire au Trésor US du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il a également été président de Goldman Sachs entre 1999 et 2006.

Pratique, non ? Pendant qu’il était à la tête de Goldman, il a contribué à créer la bulle de dette hypothécaire subprime. Excellent pour les affaires de Goldman. Au plus haut de la bulle, en 2005, les employés de Goldman Sachs ont gagné en moyenne 521 000 $ par an — secrétaires comprises — soit 58 fois le salaire minimum européen. Paulson lui-même a gagné 38 millions de dollars cette année-là. Puis la dette des subprime a explosé… causant une réaction en chaîne dans le monde de la finance, qui a effacé l’équivalent de 30 000 milliards de dollars d’actifs.

Mais chez Goldman Sachs, on s’en est sorti comme… eh bien, comme des bandits. Tout en vendant de la dette subprime à ses clients — dont des hôpitaux, des universités et des fonds de pension — Goldman a utilisé son propre argent pour parier contre cette dette. Autant vendre une voiture pleine de défauts dangereux à une vieille dame… pour ensuite prendre une assurance-vie dessus.

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Comment la « machine à bulles » est entrée dans la tourmente

Déjà critiquée pour son rôle peu orthodoxe dans la gestion de la dette grecque et le sauvetage d’AIG, la firme la plus en vue de Wall Street se retrouve cette fois officiellement au coeur d’un gigantesque scandale. Goldman Sachs et son trader chargé des produits structurés, Fabrice Tourre, ont-ils abusé les clients investisseurs en vantant les mérites de produits toxiques ?

Le gendarme a finalement sifflé. La décision surprise de la Securities and Exchange Commission (SEC) de déposer une plainte civile pour fraude à l’encontre de Goldman Sachs et de l’un de ses traders chargé des produits structurés, le Français Fabrice Tourre, trente et un ans, a fait l’effet d’une bombe, ce week-end à Wall Street. Derrière l’initiative de la SEC, c’est un gigantesque conflit d’intérêts au sein de la banque la plus profitable de Wall Street (13,4 milliards de dollars de résultat net en 2009) qui est visé. Et depuis la nomination par Barack Obama de Mary Schapiro à sa tête, le 27 janvier 2009, la SEC n’a pas la réputation d’agir à la légère.

« De plus en plus d’effet de levier dans le système. L’édifice tout entier peut maintenant s’effondrer à chaque instant… Le seul survivant éventuel : le fabuleux Fab [son propre surnom, NDLR]… debout au milieu de toutes ces opérations exotiques, complexes, à très fort effet de levier, qu’il créa sans nécessairement saisir toutes les implications de ces monstruosités !!! »

Ainsi s’exclamait Fabrice Tourre, le 23 janvier 2007, dans un courriel adressé à un ami saisi par les enquêteurs de la Fed. Preuve relativement claire qu’il était conscient qu’une bombe avait été amorcée, et pas forcément au bénéfice de tous ses clients. Le 11 février 2007, le jeune centralien était plus concis, sinon moins éloquent : « Le biz’ du CDO est mort, il ne nous reste plus beaucoup de temps ! » Désormais, la jeune recrue de Goldman Sachs a fait son entrée dans Wikipedia et ses courriels n’ont pas fini de laisser des traces à Wall Street.
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La Réserve Fédérale des USA s’est-elle muée en décharge financière ?

La crise a-t-elle transformé la Réserve fédérale américaine (Fed) en grosse poubelle financière ? En dévoilant sur 161 pages, mercredi 31 mars, la liste détaillée de ses actifs toxiques, la banque centrale américaine s’est attirée autant de moqueries qu’elle a suscité d’inquiétudes. “Dire que le portefeuille de la Fed est un amas d’ordures n’est pas très gentil à l’égard des ordures”, ironise, dans une note, David Zervos, analyste chez Jefferies. “La Fed n’a pas à aller bien loin pour comprendre les malheurs d’une banque ou d’investisseurs pris au piège de créances pourries”, commente de son côté le Wall Street Journal.

Tout a commencé au printemps 2008. Pour venir en aide à des établissements financiers en déroute, tels la banque d’affaires Bear Stearns, et l’assureur AIG, la Fed de New York, une branche de la Réserve fédérale américaine, a accepté de prendre en dépôt certains de leurs actifs toxiques. L’objectif ? Les sortir du système financier, au moins pendant quelque temps, afin de rassurer des marchés au bord de l’implosion.

Au total, la Fed aurait ainsi pris à son compte quelque 80 milliards de dollars de créances pourries (59 milliards d’euros). Mais au fil des mois, leur valeur a fondu. Fin décembre 2009, elle n’était plus “que” de 65 milliards de dollars. Répartis dans trois entités ad hoc – Maiden, Maiden II et Maiden III, du nom d’une rue adjacente au bâtiment de la Fed de New York -, ces titres seraient en grande majorité des produits dérivés, tels que des actifs adossés à des prêts immobiliers. Autrement dit, l’équivalent des maudits subprimes. “Ces actifs n’ont pas toujours été pourris. Mais quand la Fed en a pris possession, c’était vraiment le fond du panier”, commente l’économiste Paul Jorion, ancien professeur invité à l’université de Californie de Los Angeles.

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Les grandes banques US sont-elles encore solvables ?

La question posée par le titre de cette note peut sembler excessivement provocatrice, en ces temps où tout le monde a envie de croire que la “reprise” que nous annoncent les oracles de la presse économique est solide, durable, et que les politiques néo-keynesiennes lancées un peu partout dans le monde vont produire enfin des résultats positifs. Et puis ces grandes banques ne viennent-elles pas de rembourser avec fracas les aides reçues au titre du grand “sauvetage” de la fin 2008 ?

Au reste, si les outils de gestion d’un écroulement du système bancaire, qu’il soit américain ou autres, étaient correctement conçus (voir une proposition concrète ici), tout l’exposé qui suit ne prêterait qu’à rendre nerveux certains gros investisseurs. Mais comme ce n’est pas le cas, nous en sommes réduits à nous faire peur en observant la course inexorable du secteur bancaire américain vers un mur de dettes non remboursables désormais semble-t-il totalement inévitable.

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Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 février 2010

Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.) (1). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase, dont le LEAP/E2020 fournira un calendrier anticipatif dans le prochain numéro.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante.

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L’Europe risque une nouvelle récession

Simon Johnson, ex conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait – entre autres – de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine – toujours pas régulés – pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables.

Une remarque [de ContreInfo]. La sortie de crise ne dépend pas de cette seule et inconfortable alternative : financement par l’Europe ou par le FMI. Les Etats ont fort obligeamment accepté de garantir les émissions de dette des banques à l’automne dernier. Ils pourraient aujourd’hui pratiquer de même pour sauver la mise des nations menacées.

"J'admire ces gens qui sont capables d'anticiper une récession..."

La réunion totalement inutile du G-7 de cette fin de semaine [les 5 et 6 février 2010 à Iqaluit, au Nunavut], n’a eu pour effet que de souligner le fait que l’Europe entre à nouveau dans une grave crise économique.

A l’issue de la réunion d’hier, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a déclaré aux journalistes : « je veux simplement souligner qu’elles ont clarifié – elles, c’est à dire les autorités européennes – qu’elles vont gérer cette [ crise de la dette grecque] avec une grande attention. »

Mais les Européens ne font pas preuve d’attention – et, désormais, il ne s’agit plus seulement de la Grèce. Les inquiétudes au sujet de la dette publique et des engagements du secteur public (par exemple, si les systèmes bancaires sont en grande difficulté) se sont étendues dans la zone euro à l’Espagne et au Portugal. L’Irlande et l’Italie seront les prochains pays sur la liste dont la situation sera réexaminée de façon hostile par les marchés, et le Royaume-Uni pourrait n’être pas très loin derrière.

Que font les pays européens les plus forts, plus précisément l’Allemagne et la France, pour contenir la peur auto-réalisatrice que les pays les plus faibles de la zone euro ne soient en mesure d’honorer leur dette – raison de la panique qui fait monter les taux d’intérêt et rend encore plus difficile pour ces gouvernements d’assumer leurs engagements ?

Les pays européens disposant de ressources financières ne font rien – si ce n’est insister pour que tous les pays sous pression réduisent leurs budgets rapidement et selon des modalités qui sont probablement, politiquement, infaisables. Ce genre d’austérité budgétaire a directement contribué à précipiter le déclenchement de la Grande Dépression des années 1930.

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Goldman Sachs : la Maison Blanche sous influence (redif.)

“La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le Who’s Who des diplômés de Goldman Sachs.”

(Matt Taibbi, Rolling Stone, juillet 2009)

Pour de nombreux Américains, Goldman Sachs reste le diable. L’entregent, la qualité du lobbying, l’influence politique que l’on attribue à la première banque d’affaires du monde impressionnent toujours autant. Les administrations passent, “GS” reste. Son nom condense presque à lui seul l’identité des milieux d’affaires américains. “Quelque chose de similaire à ce que furent longtemps les Rothschild en Europe”, note le recteur de la Business School de l’université de New York, Thomas Cooley.

Goldman, dite encore “la firme”, continue de susciter louanges et jalousies – détestation parfois. Non seulement la banque est très rentable, mais admirateurs comme contempteurs admettent que sa “culture d’entreprise” lui confère des avantages inégalés. Et louanges et jalousies portent de plus en plus sur ses supposées connexions politiques. D’où son sobriquet : “GS” comme “Government Sachs”.

Goldman souffre désormais d’un “problème d’image”, notait le Wall Street Journal en juillet. En 2007, les 30 000 salariés de Goldman dans le monde ont géré 22 200 milliards de dollars d’actifs. Son PDG a perçu la plus forte rétribution de l’histoire de la finance : 74 millions de dollars, dont 41 en stock-options. La banque a eu un seul trimestre déficitaire en 2008 et a ensuite réalisé les plus gros profits de son existence : 5,3 milliards de dollars de bénéfices nets au premier semestre 2009 ! Depuis son niveau le plus faible, en novembre 2008, le cours de l’action GS a plus que triplé ! Lire la suite

“Un petit groupe de financiers et leurs amis pillent les USA”

Par Paul Dontigny

"Obama, ne rends pas nos enfants esclaves des banksters" (banquiers-gangsters)

L’important n’est pas de découvrir si Geithner, AIG et tous les autres ont menti à la population depuis au moins 2008. Nous le savons déjà. L’important est de savoir si nous en avons assez ras le bol pour faire quelque chose… puisque les mensonges n’ont pas eu l’effet escompté : ils n’ont pas mis fin à la crise et à la récession (nous le verrons dans les semaines et mois à venir).

Je lis des lettres financières sans arrêt et il semble y avoir un thème important qui revient régulièrement en ce début d’année 2010 : le secret, la corruption et les fraudes qui ont entouré tout ce qui a été fait aux États-Unis par les institutions financières, gouvernementales et réglementaires (Fed et autres), sont de plus en plus reconnues et investiguées.

C’est très probablement ce qui mettra fin à la phase Bull du marché Bear [de «bull» = taureau ; «bull market» = marché orienté à l’achat et donc, à la hausse, par opposition à la tendance prudente voire baissière, symbolisée par «bear» = ours, et ses propres déclinaisons terminologiques] dans lequel nous sommes pour très longtemps.

Depuis 2008, diverses lettres financières publient des opinions au sujet de toutes sortes de situations, qui se sont produites au nom du sauvetage du système. Du moment que Paulson, le chef du Trésor américain a semé la panique, en assurant que le système financier serait détruit dans quelques jours si on ne donnait pas, à lui-même et à la Fed, le droit de tout décider sans limites, nous avons vécu dans le noir. Nous nous sommes fait mentir et les autorités ont soutenu toute action visant à cacher la vérité au public, sous prétexte que si la population savait la vérité, il y aurait une panique.
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Goldman Sachs et les “causes” de la crise financière

Par Philippe Béchade

Les médias nous ont permis de suivre en direct quelques déclarations très intéressantes, ces dernières 48 heures. Nous commencerons par la plus récente, qui émane de Barack Obama : “je suis déterminé à récupérer chaque cent dû au peuple américain — et ma détermination ne peut être que renforcée quand je constate les profits énormes et les bonus obscènes versés par des sociétés qui doivent leur survie aux efforts extraordinaires du contribuable”.

De nombreux commentateurs ne manquent pas de rappeler que le nouveau président américain doit son élection, pour une large part, au généreux soutien de quelques ex-banques d’affaires qui symbolisent le mieux l’influence de Wall Street dans la gestion du pays.

La deuxième déclaration découle presque directement des considérations qui précèdent. Elle émane de Lloyd Blankfein, P-DG de la toute puissante firme Goldman Sachs (j’ai toujours du mal à la qualifier de banque, surtout depuis que ce statut lui ait été reconnu par son ex-P-DG – un hasard, probablement – et Ben Bernanke, en septembre 2008).

Interrogé le 13 janvier par la Commission d’enquête américaine sur la crise financière (FCIC ou Financial crisis inquiry commission), Lloyd Blankfein à déclaré : “Goldman Sachs n’avait fait que son travail, en toute légalité… et c’est le seul critère qui importe aux yeux de ses clients”.

“Les choses ont mal tourné par la faute d’un mauvais concours de circonstances. Les modèles de calcul du risque étaient erronés, les agences de notation se sont montrées trop complaisantes, les banques ont trop prêté tout en pensant que l’activité de structuration de crédit les exonérait de se préoccuper du niveau de leurs fonds propres ; ceux qui achetaient ces produits complexes étaient trop confiants dans la santé du secteur immobilier… mais rien de tout ceci ne serait arrivé si la régulation n’avait pas été défaillante”.

C’est donc de la faute des autres – et du législateur en particulier ! Ce système de défense est constant depuis octobre 2008. C’est normal, puisqu’il rejette la faute sur le législateur et non pas sur le laxisme et la complicité objective, sinon active, de la Fed.

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Demain, l’effondrement du secteur aéronautique ?

Les questions que soulève cet article ont, pour l’essentiel, déjà été posées ici. Il nous a paru intéressant de publier ce point iconoclaste de l’actualité.

AIG et ILFC se débattent dans les difficultés, les CDS (credit default swaps) de ILFC se négocient à 726 points de base (7,26 %) [ce qui signifie que se garantir contre un défaut de paiement par ILFC est devenu très cher].

ILFC ne vous dit sans doute rien, sauf aux initiés, mais c’est, en fait, le plus gros client d’Airbus et de Boeing.

C’est une entreprise de crédit-bail et une filiale d’AIG, [laquelle a été] copieusement gonflée de fonds fédéraux [de sauvetage], pour 182,3 milliards de dollars.

C’est là que le bât blesse désormais. Il devient de plus en plus explosif, politiquement, de vouloir aider les grandes entreprises, celle-là en particulier, et la dégradation de [la note de] ILFC par l’agence de notation Moody’s est, en fait, une peine de mort à peine voilée. La date fatidique est le 15 novembre 2010 [limite de l'engagement d'AIG à sauver sa filiale si elle ne peut se financer ailleurs].

Du côté des compagnies aériennes, c’est un long martyrologe. 38 compagnies européennes ont cessé leur activité depuis 2008, la plupart des low-cost, des charter, des petites. C’est bien cela le pire, car c’étaient les moins dépensières.

Signe de crise, les billets d’avions seront assurés contre la défaillance du transporteur.

Une décision de Justice, qu’on peut qualifier de “bien orientée politiquement” a privé les employés de British Airways de leur grève. Tant mieux. Comme ça, on ne pourra pas sortir que “c’est la faute des grèves et de l’irresponsabilité du personnel”.

La disparition du droit de grève en Grande Bretagne n’empêche visiblement pas les faillites, bien au contraire. Lire la suite

La prochaine catastrophe financière est en marche

Les marchés de produits financiers dérivés représentent plus de 600 000 milliards de dollars de transactions annuelles, soit rien moins que dix fois le Pib (Produit intérieur brut) mondial ! Selon certaines estimations, le risque ultime que représentent ces marchés est compris entre 1 000 et 4 000 milliards de dollars. La plupart des «accidents» que la planète financière a connu depuis deux ans, à commencer par les «subprimes», ont, en effet, impliqué les marchés dérivés.

Or, les 9/10èmes des transactions sur produits dérivés sont opérées sur des marchés dits de «gré à gré». Contrairement aux Bourses, où l’ensemble des offres et des demandes de produits standardisés est centralisé, sur les marchés de «gré à gré» les échanges sont bilatéraux et portent sur des opérations généralement non standardisées.

Ces opérations ne permettent pas une vue d’ensemble précise des transactions et des risques. Elles réduisent de facto la liquidité potentielle des produits par une fragmentation extrême des transactions.

Plus grave encore, ces opérations bilatérales laissent entier le risque sur la contrepartie des transactions. Or celles-ci peuvent un jour s’appeler LTCM, Lehman Brothers ou AIG… avec les conséquences que l’on sait. Lire la suite

Selon le LEAP, au printemps 2010, les finances publiques deviendront ingérables

Printemps 2010 – Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : quand le nœud coulant des déficits publics va étrangler les Etats et les systèmes sociaux occidentaux.

Selon le LEAP/E2020 (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), la crise systémique globale va connaître un nouveau point d’inflexion à partir du printemps 2010.

En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu’il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent au vu de l’échec des différents stimulus de 2009 (1) et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative.

Si ce « nœud coulant » des déficits publics que les gouvernements se sont volontairement passé autour du cou en 2009, en refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes (2), va peser lourdement sur l’ensemble des dépenses publiques, il va tout particulièrement affecter les systèmes sociaux des pays riches en appauvrissant toujours plus la classe moyenne et les retraités, tout en laissant les plus défavorisés à la dérive (3).

Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d’un nombre croissant d’Etats et de collectivités locales (régions, provinces, états fédérés) va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d’intérêts et de fuite hors des devises en direction de l’or.

Devant l’absence d’une alternative organisée à un Dollar US toujours plus faible et afin de trouver une alternative à la perte de valeurs des bons du trésor (en particulier américains), les banques centrales du monde entier devront en partie se « reconvertir à l’or », le vieil ennemi de la Réserve fédérale US, sans pouvoir encore le déclarer officiellement.

Le pari de la reprise ayant désormais été bel et bien perdu par les gouvernements et les banques centrales (4), ce point d’inflexion du printemps 2010 va ainsi représenter le début du transfert massif des 20.000 milliards de dollars d’ « actifs fantômes » (5) vers les systèmes sociaux des pays qui les ont accumulés. Lire la suite

(14.11.2009)

► Iran/pétrole : protocole d’accord avec Gazprom Neft

Gazprom Neft, filiale du géant public russe Gazprom, a annoncé mercredi avoir signé un protocole d’accord avec la Compagnie nationale du pétrole iranien (NIOC) pour le développement de deux gisements pétroliers en Iran. Le Blog Finance

► UE : 9 pays doivent réduire leur déficit avant 2013

L’exécutif européen a demandé à neuf pays de ramener leur déficit public sous la limite autorisée de 3 % du PIB d’ici à 2013. Dans ce groupe, la France figure en compagnie de l’Allemagne, de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Autriche, du Portugal, de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Slovénie. Peu d’États échappent à la vigilance du gendarme budgétaire européen. Le Figaro

► USA: salaires des dirigeants, le directeur général d’AIG menace de partir

Le directeur général de l’assureur américain AIG, sauvé de la faillite grâce à plus de 170 milliards de dollars d’aides fédérales, menace de démissionner à cause des restrictions gouvernementales sur les salaires des dirigeants. Robert Benmosche, l’ancien PDG du groupe d’assurance américain MetLife, qui a pris ses fonctions il y a à peine trois mois, “a informé le conseil d’administration (CA) qu’il envisageait de démissionner” lors d’une réunion du conseil d’administration. L’Agefi

► Russie: chute de 8,9% du PIB au troisième trimestre sur un an

La Russie a été durement touchée par la crise économique et financière mondiale, notamment en raison de la chute des cours mondiaux des hydrocarbures, qui représentent 60% de ses recettes d’exportation. 24 Heures

Jean Montaldo dézingue les bandits de la finance

« Chez moi quand on tue le cochon, tout le monde est content ! Sauf le cochon ! ». Cette citation, l’écrivain et journaliste d’investigation Jean Montaldo la place en exergue de son tout dernier livre (le 16ème depuis 1971) : “Lettre ouverte aux bandits de la finance” (Albin Michel, juin 2009). Bretteur hors norme, Jean Montaldo, 68 ans, est toujours un combattant actif dont la capacité d’indignation est intacte.

Dans ce nouvel ouvrage documenté, luxuriant, touffu, voire baroque, il tente de démêler pour nous les arcanes de la finance et de comprendre comment la crise annoncée notamment par le FBI en 2004 n’a pas été enrayée par le gouvernement Bush, trop occupé sur d’autres fronts.

Il explique comment un homme de l’ombre, Angelo Mozilo, l’inventeur des subprimes il y a quarante ans, aidé de ses amis, les dirigeants de Fannie Mae et de Freddie Mac, entre autres, ont plongé le monde dans le marasme. Il dévoile enfin pourquoi les banquiers français, dans un bel ensemble, se sont engouffrés dans le piège des subprimes pour aboutir notamment à l’affaire Kerviel.

“Je suis sûr, que s’ils continuent comme avant”, a-t-il confié en marge de l’interview qui figure ci-dessous, “s’ils n’ont pas tiré les leçons de la crise, c’est sûr, il y aura une deuxième vague, une autre crise qui risque de faire exploser totalement le système financier international. Je le crains vraiment. J’ai les chiffres. Il y a aujourd’hui plus de 365, voire 400 000 milliards de produits titrisés en circulation. On ne peut pas les maîtriser. Ils ne sont même pas localisables. C’est ça le problème. Et ils en inventent tous les jours.”

On comprend dès lors pourquoi l’auteur cite Enver Hodja à la fin de son livre : “Malheureusement, l’année qui commence sera pire que la précédente… mais meilleure que la prochaine”. Le dictateur albanais n’est sans doute pas la référence suprême du libéral Montaldo. Gageons qu’il conjure le sort en le citant.

Chevalier blanc ? Populiste ? Prophète ? Jean Montaldo, souvent attaqué par la “bien pensance”, n’est rien de tout ça. C’est d’abord un journaliste d’investigation comme on n’en fait plus, qui porte la plume là où ça fait mal et qui ne craint pas d’appeler un chat un chat. Son livre n’est pas un pamphlet. Il attaque les coupables avec impartialité et sans manichéisme.

Jean Montaldo était l’invité d’Agoravox en juillet 2009.

En quoi ce nouveau livre est-il une suite logique au “Marché aux voleurs” ? Lire la suite

La crise bancaire n’est pas terminée

Par Paul Krugman

Les banques d’affaires, dont l’emblématique Goldman Sachs, ont apparemment tiré leur épingle du jeu au troisième trimestre en spéculant grâce aux fonds publics, mais les banques du secteur qui compte vraiment pour l’activité économique, celui du crédit, vont à nouveau mal. Si elles avaient réussi à échapper à la nationalisation au premier semestre en affichant des bénéfices grâce à des jongleries comptables, la réalité de la crise profonde que traversent les États-Unis les rattrape aujourd’hui, et Citigroup comme Bank of America ont à nouveau annoncé des pertes.

Cette fragilité structurelle d’un secteur indispensable à une reprise économique compromet la reprise, avertit Krugman, qui rappelle par ailleurs que les questions de fond ne sont toujours pas réglées. En l’absence d’une réforme de la finance, les banquiers vont continuer à utiliser cette recette qui leur a si bien réussi jusqu’alors : profits privés, pertes publiques. Aussi scandaleux soient-ils, les mirobolants bonus qui ont fait les gros titres la semaine dernière ne doivent pas faire perdre de vue les fondamentaux, avertit Krugman.

Quand les banquiers parient avec l’argent des autres, face ils gagnent, pile nous perdons.

Nous vivons une époque formidable qui est la pire de toutes. OK, ce n’est peut-être pas littéralement la pire, mais elle est très dure. Et le contraste entre le bonheur immense de quelques-uns et les souffrances que continuent de subir beaucoup trop de gens augure mal de l’avenir.
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(23.09.2009) Partie 2

  • AIG doit rembourser 121 milliards à l’Etat Fédéral américain

L’assureur doit encore rembourser près de 121 milliards de dollars sur les 182 prêtés par les pouvoir publics, selon un rapport du GAO, organisme de vérification des comptes publics, publié lundi 21 septembre. “Le succès final des efforts de restructuration et de remboursement reste incertain”, selon ce rapport, en raison notamment des incertitudes sur la reprise et les prix auxquels AIG pourra céder certains actifs comme il est prévu. En 2008, au pic de ses difficultés, le groupe avait enregistré une perte annuelle de 100 milliards de dollars, payant au prix fort son appétit excessif pour les placements à risques à l’origine de la crise financière. Détenu à 80% par l’Etat, il a renoué au deuxième trimestre 2009 avec les bénéfices (1,8 milliard de dollars), son premier depuis près de deux ans. Challenges

  • La crise provoque une baisse mondiale des investissements étrangers

“Après une hausse ininterrompue des investissements directs étrangers (IDE) [des entreprises] de 2003 à 2007, ceux-ci ont chuté de 14 % à 1 697 milliards de dollars [1 157 milliards d'euros] en 2008″ selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2009, publié jeudi 17 septembre par la Conférence des nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Cette baisse, encore modérée en 2008, en raison d’un premier semestre, épargné par la crise, devrait toutefois s’accentuer en 2009, avec une nouvelle décroissance de 29% des IDE, estiment les experts de la CNUCED. La chute est particulièrement sensible dans les pays développés. En revanche, les IDE ont augmenté dans les pays en développement en 2008, mais ont fini par chuter à leur tour en 2009. Le Monde

  • Les Chinois convoitent les réserves d’or du FMI

Selon l’agence Market News International, qui cite deux sources gouvernementales, les autorités chinoises auraient l’intention d’en acheter une quantité indéterminée. Pékin augmente depuis plusieurs années ses réserves d’or de manière significative. De 400 tonnes en 2003, elles sont passées à 1 054 tonnes aujourd’hui. L’explication en est simple. Tout comme l’Inde et la Russie, la Chine veut plus d’indépendance vis-à-vis du dollar, monnaie dont elle conteste ouvertement la suprématie. Pour le moment, elle ne peut guère mettre trop en avant sa propre monnaie, le yuan ou renminbi, qui n’est pas convertible. Elle n’est «pas assez qualifiée pour devenir une monnaie internationale», réaffirmait la semaine dernière Guo Qingping, vice-gouverneur de la banque centrale. Le Figaro