La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

Lire la suite

Fossiles : dix raisons de sevrer la planète

La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés, menaçant l’environnement et l’économie mondiale. Pourtant, les alternatives existent et sont désormais rentables.

Nous sommes tous junkies. Dépendants au charbon, au pétrole et au gaz. Produits de la décomposition de forêts et micro-organismes voilà des millions d’années, les combustibles fossiles ont dormi sous terre jusqu’à ce qu’Homo Sapiens se mette à les extraire à marche forcée à partir du milieu du XIXe siècle. Grâce à ce shoot énergétique, tout est devenu possible : le drapeau sur la Lune, les fraises en hiver, la pâte à prout fluo. Plus que jamais, les hydrocarbures irriguent nos vies.

Et nos dealers sont bichonnés. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait en 2013 que les gouvernements de 176 pays ont subventionné – allégements fiscaux, incitations ou financements directs – à hauteur de 1 900 milliards de dollars le secteur des énergies fossiles en 2011, soit 2,5% du PIB mondial.

Accros ou pas, il va falloir trouver notre bonheur ailleurs. La baisse du prix du pétrole pendant quelques mois nous a maintenus dans l’illusion de la défonce, mais il est déjà remonté. Les gisements facilement accessibles et peu chers à exploiter se tarissent. Surtout, si nous voulons avoir une chance de vivre dans un monde à peu près stable ces prochaines décennies, nous ne pourrons pas extraire jusqu’au dernier atome de carbone du sous-sol.

Lire la suite

L’or noir devrait rester moins cher longtemps

Les stratégies de conquête des grands opérateurs modifient les équilibres entre l’offre et la demande de pétrole. Face à cette tendance de fond, le marché devrait rester abondamment approvisionné, et les cours de l’or noir pourraient se maintenir autour de leur niveau actuel.

Les acteurs sur le marché du pétrole sont confrontés à de nouvelles équations liées à la baisse du prix du baril, une tendance engagée au milieu de l’année 2014 et qui n’apparaît plus comme un soubresaut saisonnier.

Même s’il s’est un peu redressé par rapport au plancher de janvier, le prix du baril est encore 42% plus bas qu’en juin 2014, et la surabondance de l’offre le fait osciller à la mi-mai autour de 60 dollars.

Lire la suite

Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

Lire la suite

Pétrole : le calme avant la tempête, d’après l’Agence internationale de l’énergie

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévient dans son dernier rapport annuel : la planète pétrole est en passe d’entrer dans une zone à très haut risque, en dépit de ce que pourrait laisser croire la chute actuelle des cours de l’or noir. Conséquence de la révolution du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et du ralentissement de la croissance mondiale, la baisse spectaculaire des prix du baril menace de tarir les investissements indispensables pour repousser le spectre du pic pétrolier, confirme l’AIE.

Le chef économiste de l’AIE, Fatih Birol, avertit :

“L’image à court terme d’un marché pétrole bien approvisionné ne doit pas masquer les risques futurs (…), à mesure que s’accroît la dépendance vis-à-vis de l’Irak et du reste du Moyen-Orient.”

Croissance attendue de la production mondiale de brut. La production actuelle est de l’ordre de 90 millions de barils par jour (Mb/d). Source : Agence internationale de l’énergie, 2014.

Lire la suite

La consommation mondiale d’énergie bondira de près de 40% d’ici 2040

L’appétit des pays émergents devrait s’accentuer. Mais la croissance de la demande devrait se tasser au fil des ans en raison d’une efficacité énergétique renforcée.

Une consommation d’énergie accrue mais une demande qui se tasse au fil des ans. C’est ce qui ressort des prévisions de l’Agence internationale de l’Energie, qui publie ce mercredi sa grande étude prospective annuelle. Voici les principales prévisions de l’agence :

• 37%

C’est la croissance attendue de la demande mondiale d’énergie d’ici 2040 selon le scénario central de l’AIE. Cette prévision est très éloignée de celle de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) qui avait estimé, dans sa dernière étude prévisionnelle, à 60% la croissance de la consommation mondiale d’énergie à cette échéance.

D’après l’AIE, la géographie de la demande mondiale sera profondément bouleversée. La consommation d’énergie stagnera dans la plupart des pays européens, au Japon, en Corée du Sud et en Amérique du nord. Les nouveaux moteurs de la demande se trouveront dans le reste de l’Asie (notamment en Inde et en Asie du sud-est) qui représentera 60% de la demande mondiale, en Afrique sub-saharienne, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Lire la suite

Chute de la production de brut russe l’an prochain, annonce le Kremlin

Le ministère des finances russe “prédit” un “déclin” du revenu des exportations pétrolières, “dû à une chute attendue de la production de pétrole”, selon une dépêche laconique de l’agence Itar-Tass publiée le 7 juillet.

Les extractions annoncées pour 2015 seront de 195,4 millions de tonnes, au lieu des 202,6 millions de tonnes prévues initialement dans le cadre de loi de finance pour 2014 de la Fédération de Russie. Le chiffre devrait être à nouveau en baisse en 2016, avec 193,4 millions de tonnes, au lieu des 206,4 attendus.

Le manque à gagner sur les recettes d’exportation du brut sera de l’ordre de 4,5 milliards de dollars en 2016 par rapport au montant initialement espéré, précise le ministère des finances. La Russie est le deuxième producteur mondial d’or noir aujourd’hui, juste derrière l’Arabie Saoudite.

Lire la suite

Pétrole : hormis les non-conventionnels américains, la production mondiale a baissé en 2013

En dehors des nouveaux pétroles extrêmes et “non-conventionnels” d’Amérique du Nord (pétrole de schiste aux États-Unis et sables bitumineux au Canada), le reste des extractions mondiales a enregistré en 2013 un repli de 1,5 %, que ne suffisent à expliquer ni les sanctions contre l’Iran, ni la crise libyenne. Partout sauf en Arabie Saoudite, les vannes sont restées ouvertes à fond. 

Le Brésil voit sa production de brut reculer pour la troisième année consécutive, malgré le développement de ses champs offshore ultra-profonds. L’Angola menace de rejoindre une longue liste de producteurs majeurs confrontés aux limites de leurs réserves d’or noir.

“L’Opep fait face à d’énormes défis de production”, titrait le Financial Times la semaine dernière, tandis que s’ouvre aujourd’hui à Vienne une réunion du cartel des pays exportateurs de brut marquée par un très problématique renversement de conjoncture. Il y a six mois, les représentants de l’Opep envisageaient de ralentir leurs exportations face au boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Entre-temps, les exportations de la Libye ont été réduites presque à néant par le chaos politique et militaire qui s’installe de plus en plus dans ce pays clé.

Mais ce n’est pas tout.

Les exportations mondiales sont également tirées vers le bas par l’Algérie, le Mexique, l’Azerbaïdjan, l’Indonésie, le Congo-Brazzaville, ou encore… le Brésil. Dans chacun de ces cas, les problèmes ne sont pas d’ordre balistique (obus de mortier autour de Tripoli, bombe nucléaire hypothétique du côté de Téhéran) : il s’agit de bêtes problèmes de robinets.

Lire la suite

L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie est surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. L’AIE a toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique.

En fait il n’y a jamais autant de pétrole dans le monde que ce que l’Agence affirme. Dans son rapport World Energy Outlook de 1998, l’AIE avait ajouté un « facteur d’équilibrage » dénommé « pétrole non conventionnel non identifié » qui constituait en réalité un nom de code pour dire « pénurie » !

Il est vrai que l’Administration américaine intervient pour étouffer toute évaluation pessimiste réalisée par l’AIE. Car si le gouvernement annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Streeet s’effondrerait. Pourtant, dans son WEO de 2010, l’AIE reconnaissait que la production du brut conventionnel avait culminé en 2006 : « La production de pétrole brut atteint un plateau ondulant autour de 68-69 millions de barils/jour, à l’horizon 2020, sans toutefois jamais retrouver son record absolu de 70 mb/j atteint en 2006. »*

Lire la suite

La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, lors de son passage jeudi [16 mai 2013] à Montréal.

La statistique est probante : en l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.

Lire la suite

L’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990

Malgré près d’un quart de siècle d’investissements dans les énergies renouvelables, l’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mercredi 17 avril.

Non seulement la consommation énergétique mondiale s’envole, mais la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque unité énergétique produite n’a baissé que de 1 % en moyenne depuis vingt-trois ans, à cause principalement de l’essor continu du très polluant charbon.

Le rapport, intitulé “Identifier les progrès de l’énergie propre”, “démontre que pour la majorité des technologies économisant l’énergie et réduisant les émissions de CO2, la lenteur des progrès est alarmante”, selon l’agence basée à Paris.

“La quête d’un système énergétique mondial propre est tombée en panne”, déplore la directrice de l’AIE, Maria van der Hoeven, citée dans le rapport. “Malgré les discours des dirigeants mondiaux, et malgré le boom des énergies renouvelables lors de la dernière décennie, l’unité moyenne d’énergie produite aujourd’hui est, en gros, aussi sale qu’il y a vingt ans”, constate-t-elle.

LA DOMINATION CONTINUE DES COMBUSTIBLES FOSSILES”

Lire la suite

Le pétrole de schiste américain ne changera pas la face du monde

Le regain de la production pétrolière américaine risque de s’essouffler d’ici cinq ans, affirme Olivier Rech, directeur de la recherche chez Energy Funds Advisors. La facture énergétique, qui pèse lourd dans l’endettement des pays importateurs, risque de s’alourdir.

Les Etats-Unis pourraient stopper leurs importations de pétrole à moyen terme, les pays de l’OCDE consomment moins de pétrole, affirme l’Agence internationale de l’énergie. Va-t-on vers une détente du marché pétrolier mondial ?

On assiste effectivement à un renouveau de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis, liée à l’association de l’ancienne technique de la fracturation hydraulique, utilisée là-bas depuis 60 ans, et de la nouvelle pratique du forage horizontal. Mais ce regain est-il durable ? La question fait débat. Les uns tablent sur une redistribution massive des cartes, bien au delà des Etats-Unis, dans l’ensemble du monde. Pour d’autres, dont je fais partie, cette évolution est certes importante aux Etats-Unis mais restera locale.

Je ne pense pas qu’un tel regain puisse avoir un effet important au delà de l’Amérique du Nord après 2015/2017. A moyen terme, la production pétrolière américaine restera inférieure à ce qu’anticipent la plupart des analystes du secteur énergétique. Le pays ne devrait pas retrouver ses niveaux records de production qui datent des années 70. Le potentiel de croissance provient en effet essentiellement des huiles de schistes et de réservoirs compacts, dont la production va rapidement être sous contrainte.

Pour la maintenir durablement, la multiplication du nombre de puits sera nécessaire, ce qui va être d’abord difficile puis insuffisant.

Quant à l’extraction de pétrole conventionnel, elle est en déclin depuis 40 ans à terre, et dans le Golfe du Mexique, elle est proche d’un plateau. Elle va commencer à décliner d’ici cinq ans. La production nord américaine contribuera de façon positive à l’économie régionale mais ne changera pas la face du monde. Ce dynamisme risque de s’essouffler d’ici 5 ans.

Mais quelle sera la conséquence de la baisse de la demande des pays de l’OCDE ?

Lire la suite

Les États-Unis, 1er producteur mondial de pétrole en 2017 ?

Le potentiel de développement des huiles de schiste apparaît incertain.

La production américaine de brut surpassera celle de l’Arabie Saoudite en 2017, annonce l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport annuel, rendu public le 12 novembre.

Grâce au boom des huiles de schiste, l’industrie américaine d’extraction du brut serait en passe de redevenir la première du monde.

La résurgence de la production des Etats-Unis, amorcée en 2007, permettrait à Uncle Sam de réinvestir son trône de roi du pétrole, perdu au profit de l’Arabie Saoudite après l’amorce du déclin de la production américaine en 1971. A condition que cette résurgence perdure.

L’Amérique du Nord (Etats-Unis & Canada) ira jusqu’à redevenir exportatrice nette de brut d’ici à 2030, pronostique l’AIE. Une évolution susceptible de redistribuer les cartes  de la géopolitique mondiale comme jamais depuis la chute du mur de Berlin. Selon Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE“les fondations du système énergétique mondial sont en train de bouger”.

L’annonce de l’Agence internationale de l’énergie fait bien sûr beaucoup de bruit.

En France, Dominique Seux, éditorialiste aux Echos, profite de l’occasion et de son audience auprès des 1,6 millions d’auditeurs de la tranche matinale de France Inter pour demander au président Hollande qu’il se “libère des Verts”, et autorise l’exploitation des gaz et huiles de schiste dans l’Hexagone.

Dominique Seux souligne que les Etats-Unis “se rapprochent de l’indépendance énergétique”. La première économie du monde a tout de même encore un peu de chemin à parcourir. En 2011, les Etats-Unis ont extrait 7,8 millions de barils de brut par jour (Mb/j), auxquels s’ajoutent l’équivalent de quelque 3 Mb/j d’agrocarburants. La production américaine totale de pétrole et de ses substituts, 10,9 Mb/j, fait donc presque déjà jeu égal avec celles de la Russie et de l’Arabie Saoudite. Cependant, toujours en 2011, les Etats-Unis ont consommé chaque jour 18,8 millions de barils.

La reprise actuelle de la production américaine de pétrole n’en demeure pas moins “spectaculaire”, selon l’expression employée dans le rapport de l’AIE.

Jusqu’où la reprise de la production américaine d’or noir pourra-t-elle se prolonger ? Miracle ou mirage ?

Lire la suite

Le prix du pétrole augmentera inévitablement

La demande pétrolière mondiale et les prix de l’or noir vont continuer à grimper dans les décennies qui viennent, portés par la consommation liée aux transports, prédit l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La demande de brut va augmenter de 14% d’ici 2035 pour atteindre 99,7 millions de barils par jour (mbj), indique l’AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Cela dépasse de 700.000 barils ce qu’elle anticipait un an plus tôt. L’AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, table aussi sur un prix moyen du baril de brut autour de 125 dollars le baril en 2035 (en dollars constants), contre environ 107 dollars cette année, alors qu’elle prédisait l’an dernier un prix du baril de 120 dollars à cet horizon.

« La croissance de la consommation de pétrole dans les pays émergents, particulièrement celle liée aux transports en Chine, en Inde et au Moyen-Orient, va plus que compenser la réduction de la demande dans l’OCDE, faisant monter nettement l’usage du pétrole », justifie l’AIE, bras énergétique de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Le transport « représente déjà plus de la moitié de la consommation pétrolière mondiale, et cette part va s’accroître alors que le parc automobile doublera à 1,7 milliard de voitures, et que la demande liée au fret (transport de marchandise) routier augmente rapidement », ajoute-t-elle.
Lire la suite

Controverses sur le pic pétrolier

Les compagnies pétrolières ont boycotté la dernière conférence de l’ASPO, mais elles reviennent à la charge à travers un rapport qui affirme que les sous-sols recèlent suffisamment de pétrole pour alimenter la planète pendant tout le siècle.

Diffusée en juin, l’étude signée de Leonardo Maugeri, ancien dirigeant du groupe pétrolier italien Eni, intitulée Pétrole, la prochaine révolution, a suscité un vif débat dans la blogosphère des énergéticiens. Financée par BP, cette étude est éditée par le Belfer Centre de la Kennedy School de Harvard : un label à première vue prestigieux. Du nom de Robert Belfer, de la compagnie pétrolière Belco, puis dirigeant d’Enron, compagnie d’énergie qui s’est illustrée par un scandale historique, le Belfer Centre est de ces think tanks américains financés par le monde des affaires, incrusté au cœur des universités les plus prestigieuses en contrepartie de substantiels subsides. Le directeur du Belfer Centre, Graham Allison, est lui-même dirigeant de la Getty Oil Company, Belco Oil & Gas, Natexis, et membre du comité de direction d’une dizaine de grandes banques et entreprises. Parmi les dignitaires du Belfer Centre, on trouve aussi Robert Zoellick, dirigeant de la Banque mondiale, et Ashton Carter, tous deux proches de Goldman Sachs. A y regarder de près, difficile de considérer le Belfer Centre comme un centre de recherche indépendant de tout intérêt financier.

L’offensive lancée par le Belfer Centre présente des similitudes troublantes avec celle des marchands de doute sur le climat. Le protocole est le même : des think tanks pseudo scientifiques, financés par les compagnies pétrolières et l’industrie du tabac, visaient à discréditer le GIEC et à faire passer le changement climatique pour une fiction.

En l’occurrence, un auteur, Leonardo Maugeri, et un groupe de recherche, le Belfer Center, soutenu par le monde de l’industrie pétrolière, mettent en scène un rapport qui affirme que les sous-sols de la planète recèlent suffisamment de pétrole pour alimenter l’économie mondiale pendant plus d’un siècle. Alors que les pétroliers et l’OPEP avaient boycotté la dixième conférence de l’ASPO qui s’est tenue à Vienne (Autriche) début juin 2012, voici qu’ils reviennent à la charge pour tenter de discréditer les géologues et autres tenants du « peak oil » (pic pétrolier), considérés comme des oiseaux de mauvais augure par les Majors de l’or noir.

Lire la suite

Le comportement suicidaire de la finance

Par Paul Jorion

Un tribunal de Washington a invalidé, samedi 29 septembre, des mesures prises par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC, le régulateur américain du marché des produits dérivés), qui visaient à plafonner le volume des positions qu’un intervenant peut prendre sur le marché à terme des matières premières, afin qu’il ne puisse, à lui seul, le déséquilibrer. Les professionnels du secteur s’étaient opposés à de telles mesures, noyant la CFTC sous un flot d’avis défavorables, s’assurant ensuite – grâce au Parti républicain – que le budget de l’organe de contrôle prévu ne soit pas voté, assignant, enfin, la CFTC devant les tribunaux.

Quelques jours auparavant, le 24 septembre, l’International Organisation of Securities Commissions (organisme mondial fédérant les régulateurs nationaux sur le marché des matières premières), à qui le G20 avait confié le soin de réguler le marché du pétrole, jetait l’éponge. Lors de la réunion qui venait de se tenir, l’Agence internationale de l’énergie, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et les compagnies Total et Shell avaient constitué un front du refus. Les compagnies pétrolières avaient affirmé qu’en cas de réglementation du secteur, elles cesseraient de communiquer à leurs organismes de supervision les données relatives aux prix pratiqués.

Le 22 août, la Securities and Exchange Commission (le régulateur des marchés boursiers américains), qui avait mis au point un ensemble de mesures visant à empêcher que ne se reproduise un effondrement du marché des capitaux à court terme, n’est pas parvenue à les faire approuver par son comité de direction, l’un de ses membres – très lié au secteur financier – ayant refusé son aval.

La logique de ces trois manoeuvres d’obstruction couronnées de succès est facile à saisir : la finance bénéficie d’un accès aisé à l’argent et utilise celui dont elle dispose pour empêcher qu’on ne la réglemente, même si les mesures envisagées visent, comme dans les cas évoqués, à empêcher la reproduction d’événements susceptibles d’entraîner… son effondrement total.

Lire la suite

« Nier l’imminence du pic pétrolier est une erreur tragique », dit l’ancien expert pétrolier de l’AIE

Olivier Rech, ancien responsable du pétrole au sein de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), démonte le rapport Maugeri, selon lequel le pic pétrolier n’est qu’une chimère. Données inédites et exclusives à l’appui.

Le rapport Maugeri prétend qu’il n’y a pas de pic de la production en vue, et conduit implicitement à envisager qu’il n’y aura pas de contrainte énergétique sur la croissance économique future. C’est là à mon sens répéter une erreur tragique, que de nombreux pays importateurs payent déjà par un endettement insoutenable.”

Lire la suite

Les énergies renouvelables glissent vers les marchés émergents

La production d’énergie renouvelable devrait poursuivre sa croissance ‘rapide‘ au cours des cinq prochaines années, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui reconnaît l’émergence du secteur des énergies renouvelables.

Le rapport indique que malgré les incertitudes économiques dans de nombreux pays, la production d’électricité mondiale provenant de l’hydroélectrique, du solaire, de l’éolien et des autres sources d’énergie renouvelables devrait augmenter d’ici 2017 de plus de 40% à près de 6.400 térawattheures (TWh) – soit environ une fois et demie la production actuelle d’électricité aux États-Unis.

L’étude de l’AIE, publiée jeudi, souligne pour la première fois la reconnaissance de la dynamique et du rôle croissant des énergies renouvelables dans le mix électrique mondial.

Lire la suite

Le quatrième choc pétrolier

Derrière le prix élevé des carburants qui focalise l’attention des candidats à la présidentielle, il y a la réalité négligée d’un véritable troisième choc pétrolier rampant. La facture énergétique de la France a doublé en moins de 10 ans. Cela pose des problèmes à tous les échelons de l’organisation économique et sociale, en redistribuant les cartes du pouvoir d’achat des ménages et en pesant sur les entreprises. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours.

L’évolution défavorable de l’euro au cours des 24 derniers mois a joué défavorablement, tout comme les tensions avec l’Iran. Pourtant, la tendance est là : le monde est pendant encore plusieurs décennies extrêmement dépendant des énergies fossiles, avec un rapport tendu entre une offre qui s’appuie sur des ressources de plus en plus coûteuses à extraire et une demande en progression constante.

Le thème de l’énergie pourrait être l’occasion de se projeter loin dans le futur. Il reste pour l’instant traité comme un problème conjoncturel…

Fait divers ? Le 13 mars dernier au matin, un pompiste parisien anonyme ajuste ses compteurs. Le litre de “super” 95 s’affiche à 2,02 euros. Le chiffre,vite repéré par un site spécialisé, fait le tour des rédactions. On s’était habitué aux lois décrétées à chaud, tout de suite après un drame de l’actualité, pour rassurer l’opinion publique. Ce penchant s’applique aussi désormais à des faits de la vie économique.

Face aux gros titres qui alimentent la grogne populaire en annonçant que, quelque part en France, le litre de super, dont la puissance symbolique a depuis longtemps remplacé celui de la baguette, a franchi la barre des deux euros, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle promettent des mesures immédiates et identiques, consistant à faire baisser le prix des carburants. En oubliant de préciser : le temps d’une élection. Comme si la hausse du prix du super était un phénomène ponctuel, et une problématique isolée.

Lire la suite

Le gaz non conventionnel bouleverse l’équation énergétique mondiale

Le gaz naturel va connaître son âge d’or, estime l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport publié hier. Bon marché et abondant, ce combustible risque de remettre en cause le développement du nucléaire et des énergies renouvelables.

Le gaz naturel a de beaux jours devant lui. C’est le seul combustible fossile dont la demande va dépasser en 2035 celle de 2008, et ce dans tous les scénarios, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport annuel publié hier. La demande mondiale de gaz, qui a reculé en 2009 pour la première fois depuis quarante ans, devrait même repartir à la hausse cette année, avec une croissance de 2 %. Le gaz est appelé à jouer « un rôle essentiel pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux pendant au moins les deux décennies et demie à venir », martèle l’AIE.

Dans son scénario principal, celle-ci estime que la consommation de gaz va bondir de 44 % entre 2008 et 2035. A cette échéance, ce combustible pourrait peser presque autant que le charbon dans la production énergétique mondiale. Il devrait en effet bénéficier d’une forte demande de la Chine, avec une croissance moyenne de presque 6 % par an d’ici à 2035.

Cette hausse pourrait être encore plus rapide si l’utilisation du charbon est limitée par des facteurs environnementaux. Pour Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence, le gaz pourrait ainsi connaître « un âge d’or très bientôt ».

Lire la suite

Et si la pénurie de carburant servait le gouvernement ?

Les réserves stratégiques françaises de carburants représentent plusieurs semaines de consommation. Ces stocks, accessibles sous conditions, ne seront-ils ouverts par le gouvernement qu’à la dernière minute ?

Environ 98,5 jours de consommation de carburant ! Telles sont les réserves dont disposaient la France au début du mois d’octobre. L’Union Européenne et l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) imposent à leur pays membres de stocker 90 jours de réserves. Une limite que la France dépasse largement. Mais le gouvernement n’est pas encore prêt à ouvrir en grand ces stocks.

Prudence ou stratégie ? Stratégie, murmure-t-on chez des proches du milieu pétrolier. Le blocage des dépôts de carburants par les manifestants pourraient rendre le mouvement de grève impopulaire. En effet, le gouvernement alerte sur les risques économiques que la France encourrait avec une pénurie à long terme. Et, en ouvrant le plus tard possible les réserves, il se donnerait le rôle de sauveur.

Lire la suite

L’Agence Internationale de l’Energie accusée de dissimuler la réalité du pic pétrolier

Plusieurs fonctionnaires de l’AIE ont affirmé au Guardian que l’agence minimisait sciemment l’imminence de la pénurie de pétrole. L’une de ces sources accuse les USA d’avoir joué de leur influence pour modifier les publications, afin de laisser croire que les réserves sont plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. La dernière édition du World Energy Outlook [pour le résumé en français de l'édition 2009, cliquez ici] prévoyait une production de 105 millions de barils/jours, alors que des voix à l’intérieur de l’agence s’interrogent et redoutent que la fourchette 90-95 mb/j ne soit intenable.

La production des champs « non encore découverts » (rose) et « non encore développés » (bleu ciel) prévue par l’AIE

Le monde est beaucoup plus proche de manquer de pétrole que les estimations officielles ne l’admettent, selon un informateur de l’Agence Internationale de l’Energie qui affirme qu’elle a délibérément minimisé une pénurie imminente, de peur de déclencher des achats paniques.

Ce haut fonctionnaire affirme que les États-Unis ont joué un rôle déterminant pour encourager l’agence à minimiser le déclin des champs pétroliers existants, tout en exagérant les possibilités de découvertes de nouvelles réserves. Lire la suite

La décroissance est déjà là : l’exemple du raffinage de pétrole

Confrontés à une chute de la demande de produits pétroliers, les raffineurs européens veulent réduire rapidement leurs capacités de production. Ils tentent de céder des sites à des raffineurs russes, indiens ou arabes.


Grande braderie dans le raffinage européen. Shell, Total, ENI ou Petroplus se bousculent en ce moment au portillon pour céder des sites sur le Vieux Continent. Un mouvement qui pourrait faire entrer dans ce marché des industriels venus d’Inde, de Russie, de Chine ou d’autres pays émergents. Avec la baisse de la demande de produits pétroliers et l’avènement de nouveaux sites au Moyen-Orient, les raffineurs européens cherchent à réduire rapidement leurs capacités de production. « Il y a très peu de sites de raffinage qui ne soient pas en vente si les acquéreurs veulent mettre un prix suffisant », explique l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

Deux institutions anglaises ô combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le “peak oil” (ou “pic pétrolier”, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent.

Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est «probable à court ou moyen terme», et évoquent la nécessité d’une «troisième révolution industrielle». Ils préviennent : «Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie.»

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : «Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie.»

Lire la suite

Pétrole : grave pénurie en 2015 selon un rapport de l’armée américaine

D’ici 2012, les réserves de production excédentaires disparaîtront totalement et il manquera environ 10 millions de barils/jour dès 2015 ( pour une demande mondiale de 85 millions aujourd’hui)…

Les conclusions d’une étude du « Joint Forces Command » de l’armée américaine, citée par le Guardian, sont alarmantes.

« Bien qu’il soit difficile de prévoir précisément les conséquences économiques, politiques et stratégiques de cette pénurie, elle réduirait certainement les perspectives de croissance, à la fois dans le monde développé et dans les pays émergents. Un tel ralentissement économique exacerberait d’autres tensions irrésolues, entraînerait les États fragiles et faibles sur le chemin de l’effondrement et aurait peut-être de graves conséquences économiques pour la Chine et pour l’Inde. »

L’armée américaine est le premier consommateur unique de pétrole dans le monde, l’enjeu est d’importance pour elle.

Mais comme le souligne le Guardian, cet avertissement est le dernier d’une longue série à faire du peak oil (pic pétrolier) non plus une lointaine menace, mais un risque immédiat.
Lire la suite

Economie : que faire ? (suite)

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai lu quelques réactions à mon article, et elles me permettent de mettre quelques points sur les i et quelques traits sur les barres.

Certains sont agressifs, une agressivité d’essence religieuse, puisque je remets leur dogme en question.

Lire la suite

Le pic pétrolier du brut est arrivé, avertit l’Agence de l’Énergie US

Washington envisage un déclin de la production de pétrole mondiale à partir de 2011.

Le Département de l’énergie américain reconnaît qu’“il existe une chance pour que nous fassions l’expérience d’un déclin” de la production mondiale de carburants liquides entre 2011 et 2015, “si les investissements font défaut,”, selon un entretien exclusif avec Glen Sweetnam, principal expert officiel du marché pétrolier au sein de l’administration Obama.

Cette alerte sur les capacités mondiales de production pétrolière, lancée depuis Washington, intervient au moment où la demande mondiale de pétrole repart à la hausse, et tandis que de nombreux projets d’extraction ont été gelés à cause de la chute des cours du brut et de la crise financière.

Glen Sweetnam, qui dirige la division internationale, économique et des gaz à effet de serre au sein de l’administration de l’information sur l’énergie du DoE, ne dit pas que les investissements nécessaires feront “défaut”. Toutefois, la réponse au problème de savoir où, quand et dans quelles quantités des sources supplémentaires de pétrole pourront être mises en exploitation, demeure largement “non identifiée” aux yeux du plus éminent analyste officiel en matière d’énergie au sein de l’administration Obama.
Lire la suite

“Energie : la Presse-Pravda a encore frappé”

Une tribune libre de Patrick Reymond

E24 répercute les contes pour enfants de l’OCDE et de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie). A savoir : on ne change rien, on reprend les tendances antérieures et on les prolonge, en faisant semblant de croire que la période 2008-2010 sera un bref incident vite oublié.

Il n’y a aucune trace des “erreurs antérieures” considérables : ” ‘il y a suffisamment de ressources mondiales en énergie pour répondre à la prévision de demande en 2030 et bien au-delà’, souligne l’AIE. “

Bien entendu, on n’indique pas, par exemple, que les consommations pétrolières estimées pour 2030 sont passées de 130 Millions de barils/jour au chiffre, encore contesté, de 105 millions. La plupart des pétroliers pensent d’ailleurs que le chiffre de 100 millions de barils est lui-même très optimiste.

Il faudrait, en matière pétrolière, découvrir 4 Arabie Saoudite pour maintenir la production et 6 pour l’augmenter.

Les gisements découverts représentent, au plus, quelques mois de consommation mondiale, et le seul champ pétrolier géant peu exploité, Kashagan, est extraordinairement compliqué et coûteux à utiliser (présence de soufre et de gaz explosif).

En la matière, la consigne était de ne pas peiner les USA, de ne même pas refaire une addition. Il a fallu attendre que L’AIE retrouve son courage et son crayon, pour procéder à cette opération arithmétique de base et donner une date pour le Peak Oil [pic pétrolier] : 2020. Encore faut-il dire que cette date apparaît, elle-même, très optimiste.

La vitesse de déclin des gisements, estimée à 3,7 % en 2008, est passée à un chiffre plus réaliste de 6,7 %. En gros, la production baisse de 5 millions de barils-jour par an et les nouveaux gisements ne fournissent que 1,5 millions de barils.

Quant aux nouvelles découvertes, elles n’ont souvent, comme au Brésil, qu’un inconvénient : on ne sait pas aller assez profond, ni comment traverser des couches de sel très épaisses. Et les gisements non-conventionnels, tels les schistes bitumineux et le pétrole lourd de l’Orénoque, présentent le désavantage de demander une grosse consommation d’énergie et des investissements massifs, sans doute jamais rentables.

Pour le gaz, la donne est tout aussi claire : le pic gazier suit de 5 ans le pic pétrolier et non, de 30 ans comme on le pensait. Lire la suite

Les investissements pétroliers ont chuté en 2009

La crise n’a pas épargné l’industrie pétrolière mondiale dont les investissements en exploration et production ont chuté cette année de 16%.

La baisse est particulièrement marquée en Amérique du nord (37%) selon le bilan annuel dressé lundi par l’Institut français du pétrole (IFP).

En revanche, le flux est resté stable en Asie. «Cette année, les gagnants sont les grandes compagnies pétrolières chinoises», résume Nathalie Alazard-Toux, directrice de l’économie et de la veille à l’IFP, responsable de l’étude. Les géants pétroliers chinois, tous liés à l’Etat, ont continué de dépenser dans l’exploration mais aussi dans l’acquisition de sociétés étrangères pour sécuriser les approvisionnements, l’obsession légitime de Pékin. Les douanes chinoises ont confirmé hier l’appétit de l’Empire du Milieu pour l’or noir en indiquant que la demande est en hausse de 10% sur un an (chiffre d’octobre).

Les perdants ? «Les compagnies de taille moyenne, les indépendants américains ou de la mer du Nord», poursuit Nathalie Alazard-Toux, privés d’accès au crédit. Par ailleurs, l’effondrement du prix du baril, en janvier 2009, à 35 dollars, après le pic record de 147 dollars de l’été 2008, a rendu non rentables beaucoup d’investissements. Les «majors» (ExxonMobil, Exxon, BP, Shell, et autre Total) ont les reins suffisamment solides pour avoir maintenu leurs investissements.

Traduction sur le terrain de la baisse des investissements: le nombre de forages a reculé, sur terre (-33%) comme sur mer (-11%). Lire la suite

Pic pétrolier : l’Agence Internationale de l’Energie connaît les faits depuis 1998

La révélation par le Guardian des dissensions croissantes que provoquent à l’intérieur de l’agence la surévaluation des réserves pétrolières et la dissimulation de la proximité du pic pétrolier a retenu l’attention d’un lecteur très informé, en la personne de Colin Campbell, un expert du secteur, qui fut avec le français Jean Laherrère, l’un des premiers à prendre conscience de la réalité du pic.

Dans une adresse au Guardian, Campbell retrace les étapes des travaux qui l’ont amené à ses conclusions, et il indique que dès 1998, il avait été contacté par une équipe de l’AIE et leur avait communiqué les données issues de l’industrie pétrolière dont il disposait, bien plus fiables que les chiffres publiés par les gouvernements. Cette même année, l’AIE mentionnait dans son rapport annuel une source d’approvisionnement nommée de manière fort sibylline pétrole « non conventionnel, non identifié », représentant pas moins de 20% de la consommation mondiale en 2020.

Il s’agissait en fait d’un message codé, nous dit Campbell, indiquant, pour qui savait lire, que cette ressource inconnue et encore à découvrir risquait fort de ne jamais se matérialiser. Devant les vagues provoquées par cette information, pourtant passée presque inaperçue, l’AIE a fait marche arrière dès l’année suivante, en choisissant de renommer cette source d’approvisionnement fantôme en pétrole « conventionnel non-OPEP », sans fournir la moindre justification.
Lire la suite

Hausse de 40% de la demande mondiale d’énergie d’ici à 2030

L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) s’attend à un rebond du prix du baril de pétrole qui devrait atteindre 100 dollars en 2020 et 115 dollars en 2030, la demande d’énergie restant massivement orientée vers les énergies fossiles.

Les prix moyens pour 2009 devraient s’établir aux environs de 60 dollars en 2009, sur fond de déclin de l’activité, avant de rebondir “en raison de la reprise économique” pour atteindre 115 dollars dans vingt ans, en dollars constants de 2008 (c’est-à-dire hors inflation), indique l’AIE dans son rapport sur les perspectives énergétiques mondiales publié mardi.

Après une baisse de la consommation en 2009, la première depuis 1981, la demande mondiale d’énergie devrait augmenter de 40% d’ici à 2030, tirée quasi exclusivement (90%) par les pays émergents dont la Chine et l’Inde. Elle resterait dans une écrasante majorité (77%) tournée vers les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…), responsables des émissions de gaz à effet de serre, selon le scénario “noir” envisagé par l’AIE.

Pour répondre à cette demande, les investissements requis d’ici à 2030 sont “immenses“, juge l’AIE, qui les chiffre à 26.000 milliards de dollars, soit 1.100 milliards par an. “La crise financière a rendu plus incertaine que jamais” la possibilité de mobiliser ces fonds, selon le rapport.

Lire la suite