Crise financière : Menace sur l’Europe

Alors que Nicolas Sarkozy est en Inde, pays à la croissance insolente, l’Europe tente de se dépêtrer d’une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Il est des signes qui ne trompent pas. Entre juillet et décembre 2010, New Delhi aura vu défiler les dirigeants des cinq pays membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et France.

Le pays, considéré comme le deuxième moteur de la croissance mondiale (9 %) après la Chine, est de plus en plus courtisé par les puissances mondiales. Pas étonnant que Nicolas Sarkozy l’ait choisi pour sa première sortie depuis que la France est à la tête du G20.

Car, face à cette croissance insolente, l’Europe fait bien grise mine. Et même si les prévisions de croissance ont été relevées à 1,6 % pour l’année 2010 en Europe, le Vieux continent est englué dans une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Les grands argentiers de la zone euro se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour leur réunion mensuelle, en présence du directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.
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BP a provoqué la catastrophe en voulant faire des économies

British Petroleum a effectué une série de raccourcis visant à économiser de l’argent et commis des bévues qui ont considérablement accru le danger d’une marée noire destructrice, dans un puits qui avait été qualifié de «cauchemar» par un ingénieur seulement six jours avant l’explosion, indiquent des documents publiés lundi, qui jettent une autre lumière sur les causes du désastre.

Le comité du commerce et de l’énergie de la Chambre des représentants a dévoilé des dizaines de documents internes, qui soulignent divers problèmes sur la plateforme en eaux profondes, dans les jours et les semaines ayant précédé l’explosion du 20 avril. Le comité a fait enquête sur l’explosion et ses conséquences.

Les représentants démocrates Henry A. Waxman et Bart Stupak ont affirmé que des décisions ayant augmenté le risque d’une explosion, semblent avoir été prises par BP, dans le but d’épargner à la compagnie du temps ou de l’argent. Si c’est le cas, ont estimé les deux hommes, l’«insouciance» et la «complaisance» de BP ont infligé un lourd fardeau au golfe, à ses habitants et aux travailleurs sur la plateforme pétrolière.

Par ailleurs, les enquêteurs du Congrès ont identifié plusieurs erreurs commises dans les semaines ayant précédé le désastre, alors que la compagnie prenait beaucoup de retard dans le forage du puits.

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Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

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Haïti : le séisme compromet le rétablissement économique

L’économie du pays était en croissance depuis peu. Mais le séisme risque de freiner le redressement d’Haïti, où l’aide internationale est en route.

Le séisme qui a frappé Haïti mardi, avec ses destructions et deuils innombrables, risque d’interrompre le rétablissement qu’avait entamé ce pays pauvre ces dernières années. “Ce n’est pas seulement une destruction sans précédent. Le tremblement de terre a stoppé brusquement un bel élan,” a ainsi déploré Bob Perito, coordinateur des programmes d’aide de l’Institut américain pour la paix (USIP).

Il y avait tant d’espoir pour l’avenir d’Haïti, un espoir tel qu’il n’y en avait pas eu depuis des années, et la nature l’a terrassé,” a commenté la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, qui connaît bien Haïti et dont l’époux, l’ex-président Bill Clinton, assure une mission pour l’ONU dans l’île.

Le séisme, le pire enregistré en deux cent ans sur l’île d’Hispaniola, pourrait avoir fait plus de 100.000 morts, a avancé le Premier ministre d’Haïti, Jean-Max Bellerive. Lire la suite

La France et la politique de l’OTAN en Afghanistan

Au vu de l’enlisement de l’OTAN, « il est clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances, » constate Jacques Sapir, qui suggère de rechercher une implication des puissances voisines, la Russie, la Chine et l’Iran, dans la résolution du conflit, mouvement qui selon lui pourrait préfigurer un rapprochement entre l’Alliance Atlantique et l’Organisation de Coopération de Shanghaï.

Cette redéfinition des objectifs et de la stratégie requiert que le « scénario de cette guerre ne [soit] écrit uniquement, ou même principalement, par les Etats-Unis ». « La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur », estime Jacques Sapir, qui s’interroge : la France fera-t-elle preuve du courage nécessaire pour impulser ces remises en cause ?

La seconde guerre d’Afghanistan dure maintenant depuis plus de sept ans. C’est l’âge de la maturité, mais c’est aussi celui des bilans. C’est une guerre discrète, qui a le bon goût de ne pas venir envahir la une de nos quotidiens ni des journaux télévisés, sauf en cas de pertes importantes, comme en 2008. C’est une guerre que l’on pourrait presque oublier. D’ailleurs, à ne voir que les images que l’on veut bien nous montrer, l’Afghanistan n’est présent dans notre quotidien que très épisodiquement, et sous la forme d’un hôpital que l’on inaugure un jour en présence de personnalités du monde des arts et du spectacle, d’une ferme modèle ou d’une école un autre jour.

Qui croirait que dans cette guerre se jouent des équilibres internationaux ? Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN a pourtant été justifié par ce conflit. (…) cette guerre, nous pourrions bien la perdre, et avec elle l’ensemble de notre crédibilité de « démocratie occidentale ». Lire la suite