Les paysans malades des pesticides

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée.

Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

France culture

Changement climatique, déplétion pétrolière, crises… Ebauche d’une vision désirable du monde en 2050

“Songez à la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années, qu’il soient sociaux, techniques, culturels, politiques ou environnementaux: tous ces changements ne font pas le poids face à ce dont vous serez témoin au cours des vingt prochaines années”. Ainsi a répondu le scientifique ayant modélisé les limites de la croissance, Dennis Meadows, à la question de savoir qu’elle était sa vision d’un avenir de “descente énergétique”, question qu’a pu lui poser le “cueilleur de visions” comme il se définit lui-même, Rob Hopkins, fondateur du mouvement Transition (1).

“Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

Oui, à l’heure où la finance ajoute une crise à une crise (les « subprimes », les dettes des états, la Grèce…), à l’heure où le réchauffement global et les désordres dont il est capable font suffisamment peur au G7 (2) pour que celui-ci promette très officiellement la décarbonation totale de l’économie durant ce siècle, de plus en plus de personnes devraient se poser une question: “Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

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L’OMS épingle cinq pesticides jugés cancérogènes “probables” ou “possibles” (Màj vidéo)

Addendum du 22/03/2015 : Une enquête de l’OMS dénonce les pesticides, Monsanto conteste les résultats

L’agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé (Iarc) a classé vendredi cinq pesticides cancérogènes “probables” ou “possibles” pour l’homme.

Les “preuves sont limitées”, indique l’Agence internationale de recherche sur le cancer (Iarc). Mais il y en a assez pour que l’agence de l’OMS décide de classer cinq pesticides sur sa liste noire.

Parmi eux, l’herbicide glyphosate. Il est l’un des plus utilisés dans le monde, pour l’agriculture amis aussi dans les forêts et par les particuliers dans leurs jardins. Il vient d’être classé cancérogènes “probables chez l’homme”.

Les niveaux d’exposition observés sont toutefois “généralement bas”, souligne l’Iarc .

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Cuba vit une nouvelle révolution agricole : de l’agriculture intensive à l’agroforesterie

Après avoir essuyé les ravages économiques et environnementaux de la monoculture à grande échelle, Cuba se tourne maintenant vers l’agroforesterie à une vitesse et une ampleur inégalées. Et c’est un succès.

Au lendemain de la révolution de 1959, le gouvernement cubain adopte le modèle de développement agricole promu par la révolution verte. L’île se modernise. Elle introduit massivement les tracteurs, les fertilisants chimiques, les herbicides, les systèmes d’irrigation à grande échelle et les graines hybrides. Cuba devient l’un des pays les plus mécanisés d’Amérique latine.

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Biodiversité, état des sols, pollution : l’environnement se dégrade en Europe

Biodiversité en déclin, écosystèmes dégradés, sols et ressources naturelles sous pression, milieux aquatiques souillés, pollution atmosphérique alarmante, déchets mal recyclés… C’est un tableau plus noir que vert que dresse le rapport 2015 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), rendu public mardi 3 mars. « Notre analyse montre que les politiques européennes ont relevé avec succès beaucoup de défis environnementaux au fil des années. Mais elle montre aussi que nous continuons à malmener les systèmes naturels dont dépend notre prospérité », commente Hans Bruyninckx, directeur général de l’agence de l’Union européenne (UE).

Cette synthèse de quelque 200 pages couvre une zone géographique de trente-neuf pays, aux vingt-huit membres de l’UE s’ajoutant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Kosovo, le Liechtenstein, la Macédoine, le Monténégro, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie. Les cinq années écoulées depuis la publication du dernier rapport, en 2010, permettent de mesurer les progrès accomplis dans certains domaines, comme la qualité de l’air et de l’eau ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « La mise en œuvre des politiques environnementales et climatiques a été dans l’ensemble bénéfique au fonctionnement des écosystèmes en Europe ainsi qu’à la qualité de vie et la santé de ses citoyens », souligne le document.

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Éthique Animale – Élevage industriel

Éthique Animale est une mini-série sur les implications éthiques de notre traitement des animaux. Réalisé par Chuck Pepin et présenté par Carl Saucier-Bouffard, professeur en éthique environnementale et animale au Collège Dawson et chercheur associé au Centre sur l’éthique animale de l’Université Oxford.

Cette troisième capsule se concentre sur les conditions des animaux d’élevages au Québec et au Canada.

Etude : 75% des échantillons de pluies et d’air sont positifs au Roundup de Monsanto

Oui, vous avez bien lu, du Roundup a été trouvé dans des échantillons d’air… Il s’agit d’une étude menée par l’US Geological Survey (USGS), et effectuée au Mississipi.

Avant de vous écrier qu’il s’agit des Etats-Unis et non de la France, ravisez-vous : la France n’est pas en reste concernant l’utilisation de Roundup, et surtout,… l’air et la pluie ne sont pas, par définition, quelque chose de figé.

L’étude fut publiée  dans le journal Environmental Toxicology and Chemistry, et fut menée entre 1995 et 2007. Elle se porte sur la totalité des pesticides utilisés au Mississipi. A savoir donc que, bien que l’herbicide de Monsanto soit le plus présent dans les échantillons, un nombre de produits chimiques bien plus important est en plus de cela retrouvé…

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Les OGM sur le déclin dans le monde

Bruxelles, le 30 avril 2014 : Le dernier rapport (1) que la Fédération internationale des Amis de la Terre publie, montre que mondialement, les OGM sont de moins en moins acceptés, et que le nombre de pays qui les cultivent diminue pour la première fois. La Pologne et l’Egypte sont les derniers pays à avoir suspendu ou supprimé la production d’OGM.

Le rapport « A qui profitent les plantes GM ? » démontre qu’en Europe, la production du maïs GM de Monsanto – la seule plante GM autorisée – a baissé au Portugal, en République Tchèque et en Slovaquie. En Europe, près de 90 % de la production repose sur un seul pays, l’Espagne (2). Au niveau mondial, les OGM sont essentiellement cultivés aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine et en Inde.

Pour Mute Schimpf, chargée de la campagne Alimentation auprès des Amis de la Terre Europe « Sur tous les continents, les citoyens résistent contre les OGM, car là où ils ont été plantés, leurs impacts écologiques et sociaux se font de plus en plus sentir. De plus, il est clair qu’en Europe les citoyens n’en veulent pas, que les magasins les refusent et qu’un nombre croissant de pays les interdit ».

« L’agriculture et l’alimentation ne devraient pas être contrôlées par des entreprises qui profitent des OGM et des produits chimiques nécessaires pour les faire pousser. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système alimentaire qui favorise une agriculture plus écologique, une nourriture plus saine et qui maintienne des campagnes vivantes. »

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Dans le Sichuan, des « hommes-abeilles » pollinisent à la main les vergers

La saison de la pollinisation bat son plein dans les vergers du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine. Perchés aux branches des pommiers, les agriculteurs du village de Nanxin se contorsionnent pour atteindre les fleurs les plus éloignées. Faire le travail réservé ailleurs sur la planète aux abeilles requiert une certaine agilité.

A en croire Zhen Xiuqiong, 56 ans, tout est question d’habitude. Voilà plus de vingt ans qu’elle grimpe sur ses arbres et ceux de ses voisins dès l’apparition du printemps. S’il peut arriver qu’une branche casse, elle dit ne jamais avoir peur.

Tous les habitants du village en âge de travailler sont mobilisés pour la pollinisation à la main. Cette année, elle a commencé mi-avril et devra être achevée avant le 27 ou 28 du même mois. Ce calendrier strict, fixé par la météo et le cycle de floraison, impose de faire vite. Les plus anciens de ces paysans acrobates sont adroits et arrivent à déposer le pollen sur toutes les fleurs d’un arbre en à peine une demi-heure ! Une performance nécessaire puisque chaque propriétaire possède de 100 à 200 pommiers.

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Les États-Unis font le choix de l’agriculture biologique

Alors que le Sénat français vient d’adopter une loi sur l’agriculture qui laisse la part belle au productivisme agricole, les Etats-Unis ont adopté en mars une nouvelle loi de programmation agricole, le « Farm Bill ». Elle réduit les avantages accordées aux grandes cultures agro-industrielles et ouvre franchement la porte à l’agriculture bioloqique.

Certes l’agriculture industrielle et le recours massif aux OGM ne sont pas remis en question. Mais, pour la première fois depuis le début du XX° siècle, les cultures de fruits et de légumes, et surtout le bio en général, sont à la fête. Les environnementalistes américains, peu enclins à se déclarer contents, ne cachent pas leur satisfaction. Tout en rouspétant que ça aurait pu être mieux…

Des cadeaux, le secteur du bio en a reçu son compte, on va détailler cela plus loin. Mais il y a surtout, dans ce « Farm Bill » (loi sur l’agriculture), l’abandon des traditionnelles subventions gouvernementales aux seuls céréaliers. Cet ancien système garantissait à ces derniers un prix minimum pour leur récolte, indépendamment de la quantité plantée ou du cours des produits sur le marché mondial.

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Dans les entrailles de Monsanto

Le groupe inonde le continent américain de ses OGM. Mais pour la première fois, l’an prochain, les agriculteurs pourront replanter son soja sans lui payer de royalties. Parce que ses brevets expirent, Monsanto se trouve ainsi confronté aux mêmes défis que les groupes pharmaceutiques avec les médicaments génériques.

Robb Fraley a la chaleur des hommes du Midwest. Fils de fermier, il a passé l’essentiel de sa vie entre le Mississippi et l’Ohio, ces deux fleuves qui irriguent les grandes plaines agricoles d’Amérique. L’absence de cravate et la cordialité du déjeuner organisé avec une poignée de journalistes, la semaine dernière à Saint-Louis (Missouri), ne doivent, toutefois, pas tromper : Robb Fraley est un homme puissant, qui suscite autant d’admiration que de haine. Pour certains, c’est un grand scientifique ayant modernisé le monde agricole comme peu de personnes avant lui. Pour d’autres, c’est un Frankenstein, le premier à avoir modifié l’ADN d’une plante au nom de Monsanto, il y a une vingtaine d’années. « Nous avons beaucoup travaillé auprès des fermiers, mais nous n’avons pas assez communiqué auprès des consommateurs », reconnaît celui qui est devenu depuis vice-président du groupe, chargé des développements technologiques.

La bataille de l’image est d’autant plus cruciale que Monsanto arrive à saturation sur ses marchés phares – l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud – et que ses principaux brevets (soja et maïs) sont en voie d’expiration. Si Monsanto veut poursuivre sa croissance, il lui faut donc lancer de nouveaux produits et convaincre des pays d’accepter la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM), au-delà de la trentaine qui la pratiquent déjà (Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud, Espagne, Canada, etc.).

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Europe : Mauvaises nouvelles pour les bourdons

Selon une étude récente qui évalue le statut des espèces au niveau européen, 24% des espèces de bourdons d’Europe sont menacées d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™.

L’étude porte sur les 68 espèces de bourdons présentes en Europe. Elle fait partie du projet Statut et tendances des pollinisateurs européens (STEP) et de la Liste rouge européenne des pollinisateurs, tous deux financés par la Commission européenne.

Les bourdons, à l’instar des autres pollinisateurs, jouent un rôle crucial dans la production alimentaire. Ils permettent la reproduction des végétaux et améliorent la production agricole, notamment celle d’aliments tels que les tomates, les poivrons et de nombreux autres fruits, légumes et graines que nous consommons. Sur les cinq principaux pollinisateurs des cultures européennes, trois sont des bourdons. Avec d’autres pollinisateurs, les bourdons apportent à l’agriculture européenne plus de 22 milliards d’euros par an.

Nous sommes très préoccupés par ces conclusions. Une proportion si élevée de bourdons menacés peut avoir des conséquences graves pour notre production alimentaire“, dit Ana Nieto, spécialiste de la biodiversité européenne à l’UICN et coordinatrice de l’étude.

“Il faut protéger les espèces de bourdons et leurs habitats, restaurer les écosystèmes dégradés et promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de la biodiversité afin d’inverser ces tendances négatives chez les populations européennes de bourdons.”

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L’agriculture familiale, quel avenir en Europe ?

L’Union européenne est, derrière la Chine, le deuxième producteur agricole de la planète. Pourtant, ces dernières années, elle se trouve confrontée à des problématiques qui remettent en cause la viabilité de son modèle : la crise économique frappant de plein fouet les agriculteurs, l’urbanisation massive, mais également les problématiques environnementales obligeant le monde de l’agriculture à repenser son rapport à la terre.

Alors que l’on parle le plus souvent d’Asie ou d’Afrique lorsqu’on évoque l’agriculture familiale ; nous allons nous demander si, finalement, elle ne pourrait pas constituer une solution à la crise économique sociale et environnementale qui touche l’agriculture européenne ?

France Culture

La terre en colère [Archive 1993]

Ce reportage de 1993 met l’accent sur le désarroi des gros exploitants de 50 à 100 hectares, piégés par l’endettement, qui ne parviennent plus à vivre de l’agriculture intensive. Le documentaire est tourné quelques mois après la réforme de la PAC de 1992 entraînant un important changement dans le système de soutien à l’agriculture alors en vigueur. C’est aussi une période de renégociation des accords du GATT de 1947, aboutissant à la signature en 1994 de l’Organisation Mondiale du Commerce.

(Voir cette vidéo sur le site de l’INA)

Réalisé par Pierre Bonte (Envoyé Spécial – Janvier 1993)

Pollution aux nitrates : La France fait toujours l’impasse

Mis en consultation le 29 mars, un projet de décret reporte de 6 mois l’entrée en vigueur des nouveaux programmes d’action français contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole au niveau régional. Signe que la France traîne toujours les pieds, alors que Bruxelles a déjà saisi la Cour de justice il y a plus d’un an.

Pour lutter contre la pollution aux nitrates, l’action reste le principal point faible du gouvernement français. Le nouveau dispositif réglementaire promis par Paris pour prendre le problème à bras le corps, sur le plan national et régional, est en effet reporté de 6 mois.

Un projet de décret, mis en consultation le 29 mars, prolonge en effet l’application des actuels plans d’action départementaux dans les zones vulnérables (voir JDLE) jusqu’au 1er janvier 2014 alors qu’ils devaient céder la place, le 1er juillet prochain, au nouveau programme national, complété des programmes régionaux.

«Cette prolongation est nécessaire compte tenu des délais nécessaires à l’élaboration des textes relatifs au programme d’action national et aux programmes d’action régionaux», justifie le ministère de l’écologie dans sa notice d’accompagnement.

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