Australie : Des drones intelligents au secours de l’agriculture biologique

Quand les drones ne sont pas employés pour survoler des centrales nucléaires ou pour livrer des colis d’une quelconque multinationale, ils peuvent parfois trouver une utilité dans le milieu alternatif. Michael Godfrey, un jeune étudiant en agronomie de l’université du Queensland (Australie), propose une application peu commune pour ces engins: le lâcher d’insectes.

Michael Godfrey est un étudiant avec de la suite dans les idées. Le jeune australien a mis au point un drone capable de propager un acarien utile aux cultures dans le but de faire gagner du temps, et donc gagner naturellement en productivité sans intervention de la chimie.

L’insecte bien utile en question est le Neoseiulus Californicus. Un acarien qui se nourrit d’autres insectes et est fréquemment utilisé comme alternative écologique aux pesticides. Le concepteur du drone explique que son idée est d’employer des prédateurs naturels pour contrôler les insectes nuisibles aux récoltes.

De cette manière, il invite à diminuer (ou abolir dans le domaine organique) l’utilisation de produits pétrochimiques, néfastes à l’environnement et trop couteux.
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Cuba : Comment survécut le pays sans pétrole en 1990 [Rediff.]

L’humanité n’a jamais fait l’expérience de la pénurie totale de pétrole. Il n’existe qu’un précédent, à l’échelle d’un petit pays isolé : Cuba. Après l’effondrement de l’Union soviétique, ce pays a en effet connu une pénurie de pétrole comparable à celle qui frappera inévitablement le monde entier à moins qu’on ne la prévienne par des changements immédiats et radicaux dans les habitudes de consommation de l’énergie.

Le peuple cubain a su faire preuve d’une solidarité exemplaire qui l’a rendu capable, entre autres exploits, de transformer complètement son agriculture en une dizaine d’années. Les tracteurs et les fertilisants russes avaient en effet permis à Cuba, dans le cadre de sa révolution verte, de se doter d’une agriculture plus industrialisée encore que celle des États-Unis, produisant de grandes quantités de sucre destiné l’exportation et important une forte proportion de sa nourriture, 50% de son riz par exemple.

Aujourd’hui, le pays est auto-suffisant et après avoir redécouvert les vertus de la petite ferme privée et celle du jardinage urbain, il exporte des spécialistes de l’agriculture biologique dans le reste de l’Amérique latine.


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Tentez la Joualle : le compagnonnage des plantes au service de nos jardins

Les fermiers du sud de la France, avec la joualle, et les Indiens précolombiens d’Amérique centrale avec la milpa, ont pratiqué pendant des siècles un système de culture qui minimise le travail du paysan, utilise de façon optimale les ressources naturelles, favorise la biodiversité et protège l’environnement. Histoire d’une redécouverte et conseils pratiques, pour le bonheur de la biodiversité et la beauté de vos jardins !

Extrait du Livre d’Heures du Duc de Berry des frères Limbourg : Le mois de Juillet

La joualle : un compagnonnage harmonieux des plantes cultivées

La joualle, joala en occitan [1], est un très ancien système de culture qui remonte au début de l’époque gallo-romaine. Elle associe sur une même parcelle de la vigne poussant sur des arbres fruitiers et plusieurs autres cultures intercalaires réalisées entre les rangées d’arbres : légumes, blé, fourrage, betteraves, pommes de terre ou tabac.

Contrairement à l’agriculture intensive du 20e siècle, cette technique enrichit au lieu d’appauvrir le sol, élimine naturellement le besoin de pesticides, est très économique et fournit un régime équilibré pour le jardinier et sa famille.

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Cuba vit une nouvelle révolution agricole : de l’agriculture intensive à l’agroforesterie

Après avoir essuyé les ravages économiques et environnementaux de la monoculture à grande échelle, Cuba se tourne maintenant vers l’agroforesterie à une vitesse et une ampleur inégalées. Et c’est un succès.

Au lendemain de la révolution de 1959, le gouvernement cubain adopte le modèle de développement agricole promu par la révolution verte. L’île se modernise. Elle introduit massivement les tracteurs, les fertilisants chimiques, les herbicides, les systèmes d’irrigation à grande échelle et les graines hybrides. Cuba devient l’un des pays les plus mécanisés d’Amérique latine.

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La terre, bien commun

Partant du constat que chaque semaine, en France, des centaines de fermes agricoles disparaissent, le mouvement «Terre de Liens» agit pour préserver une certaine conception du monde rural.


Il rachète des fermes avant de les mettre en location, cherchant à promouvoir une agriculture biologique et respectueuse de l’environnement.

 

Plusieurs acteurs de ce mouvement, fermiers, administrateurs ou bénévoles, racontent pourquoi ils ont décidé de retourner cultiver la terre. Leurs témoignages éclairent une démarche qui vise à rapprocher les producteurs des consommateurs et à tisser entre eux des relations privilégiées.

Réalisé par Luba Vink et Aurélien Levêque (Chronique d’une France rurale – France3 23/02/2015)

L’agriculture biologique, plus productive qu’on ne le pense

En dépit de ses vertus en matière de respect de l’environnement et de préservation de la biodiversité, l’agriculture biologique est souvent reléguée au rang d’alternative marginale, définitivement incapable de nourrir les plus de neuf milliards d’humains que comptera la planète en 2050, dont un quart sur le continent africain.

Il est vrai que, fin 2011, elle n’occupait que 37,2 millions d’hectares dans le monde, soit seulement 0,9 % de la surface agricole totale, même si, entre 2000 et 2010, son emprise territoriale a été multipliée par 2,4. Mais ses détracteurs lui reprochent surtout ses piètres rendements, comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle.

Or, une « méta-étude » américaine, publiée, mardi 9 décembre, dans les Proceedings of the Royal Society (l’équivalent britannique de l’Académie des sciences française), redore quelque peu le blason de ce mode de culture qui proscrit les intrants chimiques, engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires. Elle conclut que le déficit de productivité des méthodes biologiques par rapport à l’agriculture intensive, ou industrielle, est moins important que ne l’affirmaient de précédents travaux. Et, surtout, qu’il est possible de réduire cet écart.

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Croatie : bio contre OGM (Vidéo)

“Aujourd’hui les agriculteurs [croates] sont inquiets, la Croatie est entrée dans l’Union européenne en juillet 2013 et Bruxelles a autorisé dans toute l’Europe la culture du maïs transgénique TC1507, une graine créée par le géant américain Pioneer.”

Vox Pop (26/10/2014)

Les fruits et légumes bio sont plus riches en antioxydants

La consommation de fruits, légumes et céréales bio peut fournir un complément en antioxydants équivalant à une consommation supplémentaire de une à deux portions de fruits et légumes par jour.

Autrement dit, choisir des aliments produits selon les normes de l’agriculture biologique peut conduire à une consommation accrue d’antioxydants, bénéfiques pour la santé, sans augmentation de l’apport calorique.

Tel est le constat établi par une grande étude internationale coordonnée par l’Université de Newcastle, au Royaume-Uni, et comparant la teneur en éléments nutritifs dans les aliments bio et ceux issus de l’agriculture conventionnelle.

Publiée mardi 15 juillet dans la revue British Journal of Nutrition, cette méta-analyse montre que les fruits, légumes et céréales bio ont des concentrations en antioxydants de 18 % à 69 % plus élevées que ceux produits en agriculture conventionnelle.

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Interview de Lydia et Claude Bourguignon

Depuis les années 40, l’agriculture intensive appauvrit les sols du monde entier. L’utilisation massive de machines et de produits chimiques détruit nos sols, la biodiversité et la santé humaine. En 1990, Lydia et Claude Bourguignon, alors membres de l’INRA, fondent le Laboratoire d’Analyses Microbiologique des Sols afin de conseiller les vignerons dans la gestion des sols de leurs vignobles.

Manger bio réduit votre exposition aux pesticides de 90%

Depuis quelques temps, il est de bon ton dans les médias de remettre en question l’agriculture biologique.

Par exemple, le 22 février 2013, le Figaro Magazine avait proposé un dossier peu convaincant intitulé « La vérité sur le bio » qui prétendait que le bio n’était pas meilleur pour la santé. Plus intéressante, la critique proposée par Arte sur le bio business montre que tout n’est pas merveilleux dans le monde de l’agriculture biologique et qu’il est temps que les pouvoirs publics se penchent sur la question.

Mais avant de vous en dire plus sur le sujet, j’aimerais rappeler l’essentiel : manger bio est bon pour la santé, notamment parce que cela réduit votre exposition aux pesticides.

Ce fait est connu depuis un moment : une étude de 2006 de l’Université de Washington (citée par David Servan-Schreiber dans son excellent livre Anticancer, p.155) a été menée auprès de 23 enfants à qui l’on a proposé d’adopter une alimentation biologique. Au bout de quelques jours, toute trace de pesticides avait disparu de leurs urines. Ces traces sont rapidement réapparues au niveau initial lorsqu’ils sont repassés à une alimentation classique.

Cette hypothèse est régulièrement confirmée par des études un peu partout dans le monde, la plus récente étant sur le point d’être publiée dans la revue Environmental Research :

des chercheurs australiens ont montré que le niveau de pesticides dans les urines d’une population d’enfants, très exposée, pouvait chuter en une semaine de près de 90 %. Face à ces études, la réaction a longtemps été la même : les pesticides n’étaient pas dangereux pour la santé.

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L’agriculture de demain : Sans pesticides, sans pétrole et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

C’est une promesse pleine d’avenir : nourrir la France sans pesticides, sans engrais chimiques, et quasiment sans pétrole, tout en dégageant de substantielles marges et en créant des dizaines de milliers d’emplois. A la Ferme du Bec Hellouin, non loin de Rouen, on invente cette agriculture de demain.

Expérimentant des techniques qui viennent des quatre coins de la planète, cette ferme en permaculture produirait autant voir plus que le système conventionnel. L’exploitation pose les bases d’un nouveau modèle agricole : celui d’un réseau de centaines de milliers de micro-fermes rentables et capables de générer chacune un emploi à plein temps. Reportage.

Ce jour de printemps, Charles Hervé-Gruyer est accroupi au pied d’une butte de terre et repique des navets. Autour, une mare et un cours d’eau où viennent se réfléchir les rayons du soleil, de quoi augmenter légèrement la température de la butte cultivée. Nous sommes ici sur une petite île de la ferme du Bec Hellouin, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, dans l’Eure. Des canards barbotent et viennent, quand c’est nécessaire, happer les limaces qui menacent les cultures. Sur le côté poussent des roseaux. Une fois broyés, ils serviront de paillage aux jardins afin d’empêcher les mauvaises herbes de pousser. En jeunes pousses, ils seront vendus à un restaurant parisien !
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Produire bio, un business comme les autres ? (Docu)

En Europe, les produits bio génèrent 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un succès qui s’est accompagné d’une forte industrialisation des modes de production. Quant aux idéaux du commerce équitable, ils sont battus en brèche par ceux qui rémunèrent la main-d’œuvre à vil prix. Enquête sur un business qui n’est pas exempt de pratiques scandaleuses.

Réalisé par Christian Jentzsch (Allemagne 2014)

Agriculture : Des variétés anciennes de blé pour éviter la chimie

En 1997, Jean-Jacques Mathieu et sa femme se sont installés comme céréaliers sur une vingtaine d’hectares à Tréziers dans l’Aude. Contrairement aux gros céréaliers, ils ne misent pas sur les pesticides et les engrais pour faire pousser du blé, mais sur le riche potentiel génétique de leurs deux cents variétés.

Au début, les rendements étaient très faibles. « Je n’y connaissais rien, j’utilisais du blé dur commercial en bio mais ça ne poussait pas, car ils étaient sélectionnés par et pour la chimie ». Les blés inscrits au catalogue « sont testés avec deux cents unités d’azote », ajoute-t-il. Ils ne sont donc pas du tout adaptés à l’agriculture biologique.

Comme tous les blés commercialisés, ils sont issus de lignées pures, obtenues par autofécondations successives. Ce moyen de sélection rend tous les épis homogènes sur le plan génétique. Si on les compare à l’espèce humaine, on pourrait parler de consanguinité. Cette caractéristique ne leur donne pas beaucoup de chance de résister aux mauvaises conditions climatiques et aux maladies. Quand un épi est menacé, c’est tout le champ qui l’est.

Aidées par la chimie, ces variétés sont en revanche capables de s’affranchir des contraintes spécifiques liées aux milieux naturels où elles sont plantées. Pour obtenir un rendement optimisé, il suffit à l’agriculteur de mettre la bonne dose d’engrais et de passer les bons traitements. Mais ces variétés conçues dans les laboratoires ne s’adapteront jamais aux différents terroirs.
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Nanterre (92) : Festival EcoZone pour l’agriculture urbaine

Le festival EcoZone ouvre ses portes. Du 12 au 18 mai, des animations autour de l’écologie seront proposées dans toute la ville de Nanterre. Conférences, débats, expositions, découvertes des plantes… tels seront les rendez-vous de cette 5e édition qui a pour thème l’agriculture urbaine.

Lydia et Claude Bourguignon sont deux grands biologistes français. Ils militent pour une agriculture biologique, sans pesticides. Selon eux c’est possible, notamment en cultivant des choses simples et en remplaçant les pesticides par des produits naturels. Ils donneront une conférence à l’Agora de Nanterre, lundi 12 mai à 19h, pour le lancement du festival EcoZone.

(Merci à Martine)

Les États-Unis font le choix de l’agriculture biologique

Alors que le Sénat français vient d’adopter une loi sur l’agriculture qui laisse la part belle au productivisme agricole, les Etats-Unis ont adopté en mars une nouvelle loi de programmation agricole, le « Farm Bill ». Elle réduit les avantages accordées aux grandes cultures agro-industrielles et ouvre franchement la porte à l’agriculture bioloqique.

Certes l’agriculture industrielle et le recours massif aux OGM ne sont pas remis en question. Mais, pour la première fois depuis le début du XX° siècle, les cultures de fruits et de légumes, et surtout le bio en général, sont à la fête. Les environnementalistes américains, peu enclins à se déclarer contents, ne cachent pas leur satisfaction. Tout en rouspétant que ça aurait pu être mieux…

Des cadeaux, le secteur du bio en a reçu son compte, on va détailler cela plus loin. Mais il y a surtout, dans ce « Farm Bill » (loi sur l’agriculture), l’abandon des traditionnelles subventions gouvernementales aux seuls céréaliers. Cet ancien système garantissait à ces derniers un prix minimum pour leur récolte, indépendamment de la quantité plantée ou du cours des produits sur le marché mondial.

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L’agriculture biologique peut nourrir le monde

L’agriculture biologique n’est pas une aimable fantaisie de bobos en mal de verdure, mais une démarche apte à sortir l’agriculture européenne de l’impasse dans laquelle elle se trouve. Enjeu : nourrir neuf milliards d’habitants. Moyen : changer de paradigme, et sortir de la subvention aux machines. Entretien bousculant avec l’agronome Jacques Caplat.

Jules Bastien Lepage : Les foins

L’agriculture biologique pourrait alimenter neuf milliards d’êtres humains et être plus productive que notre agriculture conventionnelle. C’est l’idée iconoclaste défendue par Jacques Caplat. Il est agronome, ancien conseiller agricole, fils d’agriculteur et auteur d’un ouvrage intitulé L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité (Actes Sud). Il y démonte les idées reçues sur l’agriculture biologique et rappelle que notre agriculture occidentale contemporaine n’est pas le seul modèle possible.

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Des cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux, c’est possible ?

Les produits bio gagnent peu à peu les cantines scolaires. Certaines villes comme Saint-Étienne affichent même l’objectif de cuisiner 100 % bio. Simple greenwashing, avec des aliments cultivés à l’autre bout de la planète ? Ou véritable volonté politique de transformer l’alimentation des écoliers, tout en développant les filières agricoles locales ?

Basta! a mené l’enquête. L’occasion de défaire quelques idées reçues sur le bio en restauration collective. Et de montrer qu’avec les nombreux outils à disposition des collectivités, passer en 100 % bio dans les cantines, tout en cuisinant local, ce n’est pas si compliqué !

Une ville ouvrière révolutionne la restauration scolaire. Saint-Étienne, 170 000 habitants, est en passe d’assurer une alimentation 100 % issue de l’agriculture biologique pour les cantines des écoles maternelles et primaires. Soit près de 3 000 repas servis quotidiennement. « Un objectif valable à compter du 1er janvier 2014 », souligne Fabrice Poinas, chef de service de la restauration scolaire de la ville. Avec une petite nuance : ces « 100 %» s’appliquent si les produits sont disponibles sur le marché. Difficile en effet de trouver du poisson d’élevage ou des galettes des Rois labellisés Agriculture biologique. L’ambition pour Saint-Étienne est double puisqu’il s’agit de menus bio… et locaux !

Le bio dans les cantines de Saint-Étienne

« En 2013, 80 % de nos repas étaient bio et composés à 41 % de produits locaux », se réjouit Fabrice Poinas. C’est-à-dire qu’ils proviennent de la Loire ou de départements limitrophes, voire un peu plus éloignés comme la Drôme. L’initiative de Saint-Étienne est la seule à être menée à cette échelle. D’autres communes de plus petite taille ont atteint le 100 % bio, comme Mouans-Sartoux (10 200 habitants) dans les Alpes-Maritimes, en régie directe, avec des légumes issus pour moitié du potager municipal. Des dizaines d’expériences de restauration collective bio et locale sont recensées sur le site restaurationbio.org. « La carte n’est pas exhaustive mais cet outil montre la diversité des expériences, aussi bien en restauration scolaire que pour des établissements hospitaliers ou pénitentiaires », relève Julie Portier de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB).
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Jacky Dupéty : « Le bois raméal fragmenté, une lecture naturelle du vivant

Jacky Dupéty est né en 1950, dans un petit village de Beauce. Lors du grand choc du plan Marshall, il a vu son père et son grand-père, maréchal-ferrant, quitter la campagne pour la ville. Soixante ans après, il se dit qu’ils auraient pu faire autrement.

Dans les années 1980, il devient ingénieur en environnement en suivant un enseignement au Cnam de Paris puis continue sa formation agricole dans les années 1990 au Centre pilote de Millançay.

En 1998, changement de vie, adieu Paris, bonjour le Lot ! Sur ce Causse du Quercy, où minéral et végétal se sont forgés une mauvaise réputation, il a trouvé sa place. Non par acharnement, mais par souplesse.

En 1999, il s’installe en agriculture biologique. En 2003, l’année de la canicule, il découvre les travaux de Gilles Lemieux et décide qu’il ne ferait plus « feu mais terre de tout bois »! Jacky Dupéty est depuis 2004 agriculteur “aggradant”.

(Merci à plume00)

L’agriculture urbaine‏ est en plein essor

“L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes. Cependant, elle pourrait devenir le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport dans un contexte d’énergies fossiles toujours plus chères”.

L’effet démultiplicateur des apports de la participation citoyenne avec l’agriculture urbaine comme celle impulsée par les Incroyables Comestibles est reconnu par des études récentes.

La Ville de Paris soutient le mouvement participatif des citoyens jardiniers solidaires depuis plus d’un an par l’appel à participer lancé depuis la Maison des Acteurs du Paris durable et plus récemment par l’accueil des actions pédagogiques qui ont été menées sur les parvis de l’Hôtel de Ville en partenariat avec les représentants du collectif « Projet Vergers Urbains » composé du réseau informel d’acteurs issus des villes en transition, de la permaculture et du mouvement des Colibris impliqués à titre personnel ou associatif dans différentes structures visant à promouvoir les « cultures » urbaines.

L’agriculture urbaine s’est fortement développée ces dernières années par la mise en place de jardins partagés, d’associations de type AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), de systèmes de cultures sur les toits ou d’actions collectives citoyennes comme le mouvement des incroyables comestibles. Les circuits courts gagnent des adeptes.

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Le maraîchage en Permaculture est viable économiquement

La ferme du Bec Hellouin,  en association avec une unité de recherche SADAPT de l’INRA, ont publié ce mois-ci une étude qui conclue à la viabilité du maraîchage en permaculture sur 1000 mètres carrés. “Même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du SMIC“. C’est assez remarquable car l’idée généralement diffusée est qu’un agriculteur a au moins besoin d’un hectare pour vivre du maraîchage bio, soit au moins 10 fois plus que dans l’expérience proposée au Bec Hellouin! Un résultat majeur pour l’avenir de l’agriculture urbaine et péri-urbaine.

Cette étude n’est qu’un rapport intermédiaire d’un projet commencé en 2011 et qui durera jusqu’en 2014 mais ses premières conclusions sont tout de même très importantes. En effet, la permaculture doit encore démontrer sa pertinence et des questions restent à éclairer : Peut-on en vivre? Quelle est son efficacité économique et technique? Ce travail de recherche veut déterminer quelle surface de culture est nécessaire pour dégager un revenu décent pour un travailleur souhaitant s’installer et avoir des conditions de travail acceptables.

Il semble que l’objectif soit atteint. La conclusion semble alors sans appel, avec un dixième d’hectare un individu qui cultive selon les principes de la permaculture peut vivre de son travail. L’étude mentionne 2100 heures de travail annuel, ce qui est tout à fait dans les clous d’autres exploitations en maraîchage bio, voir même en peu en dessous de la moyenne.

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Sur la question du label « agriculture biologique » (dit AB)

Texte distribué en prévision de l’assemblée générale d’une amap avec laquelle nous travaillons depuis le printemps 2011.

Nous refusons de faire certifier notre production et d’adhérer au label « Agriculture Biologique ». Les diverses raisons qui président à ce choix seront présentées ici, selon deux axes majeurs : technique et politique.

C’est le Ministère de l’Agriculture qui définit le label AB comme « une marque » étant « sa propriété ». D’un point de vue technique, nous considérons que ce ministère est tout à fait incompétent à déterminer les principes d’une agriculture réellement biologique. D’un point de vue politique, nous refusons d’être assujettis à une marque, de surcroît définie par des organes de pouvoir que nous désapprouvons.

Techniquement, nous estimons tout simplement que le label manque de rigueur, cette tendance s’étant renforcée depuis sa refonte dans le cadre du label Bio européen, au 1er juillet 2009. Par exemple, il est autorisé en AB de mener conjointement des cultures ou élevages en conventionnel et en biologique. Cohabitation prévue à la base pour permettre des « conversions » en douceur, cette logique convient parfaitement à des producteurs choisissant de faire coexister une gamme bio et une gamme chimique. Le label ne garantit d’ailleurs plus l’absence de traitement chimique puisque depuis peu, le traitement phyto-sanitaire est autorisé à titre exceptionnel afin de « soutenir la filière. ». Évoquons aussi la hausse du pourcentage d’OGM dans le produit fini, dont le seuil est passé de 0,1% à 0,9%.

Sur ces points particulièrement, les dérives sont induites et acceptées de manière honteuse. Cette « démocratisation du bio », servie par le laxisme du label, profite avant tout aux grandes structures de distribution, qui peuvent ainsi compter sur des volumes intéressants de marchandises « certifiées ».

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Roumanie : Le bel avenir de l’agriculture bio

Avec l’essor de l’agriculture bio, les paysans roumains ont décidé de mettre à profit leur retard technologique. Des fermes bio sont de plus en plus nombreuses mais le manque de traçabilité reste toutefois le principal obstacle à un développement à grande échelle.

Nicoleta et Dan Florea ne voient que du rose depuis un mois. C’est la saison des récoltes et ce couple d’agriculteurs trentenaires du village d’Ucea de Sus, au centre du pays, passe ses journées dans sa petite parcelle de 2.000 m2 à ramasser avec soin les pétales de roses écologiques qu’il y cultive depuis trois ans. « Cette année, nous allons faire environ 10.000 pots de confiture mais aussi du sirop et du vinaigre », lâche Nicoleta, petite femme souriante aux cheveux noirs.

Au cœur des collines vertes de la Transylvanie, les petites fermes bio comme celle-ci sont de plus en plus nombreuses. L’intérêt pour la culture écologique a connu en effet un véritable boom dans le rang des petits agriculteurs roumains ces dernières années.

« Les paysans qui pratiquent une agriculture traditionnelle font déjà du bio car ils ne cherchent pas à cultiver de manière intensive », explique le président de l’association Bio România, Marian Cioceanu. Selon lui, plus de 50 % des exploitations agricoles de Roumanie pratiquent déjà de l’agriculture biologique sans être certifiées.
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Les producteurs de tomates parient sur l’énergie verte

Les adhérents du groupement de producteurs Les Paysans de Rougeline convertissent leurs serres à l’énergie non fossile. Les premiers projets s’appuient sur la biomasse, la chaleur récupérée auprès de pétroliers ou des incinérateurs.

Même cultivées sous serre, les tomates peuvent être vertes. A condition de trouver de l’énergie meilleur marché et non fossile. Voilà pourquoi certains producteurs ont eu l’idée de se rapprocher d’industriels cherchant à recycler leur chaleur. C’est l’enjeu des projets menés par Les Paysans de Rougeline, un groupement de 160 producteurs de fruits et légumes installés en Aquitaine, Roussillon et Provence qui produisent 70.000 tonnes de fruits et légumes, dont 58.000 tonnes de tomates, pour un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros.

Au sein du groupement, on estime que, sur les 280 hectares de serres exploitées, environ 125 devront bientôt être reconstruites sur un nouveau modèle : proches de nouvelles sources d’énergie, plus grandes donc faisant appel à des regroupements de producteurs et faisant appel à de nouvelles techniques agricoles. « Aujourd’hui, il est impossible de monter un hectare de serres chauffées au propane. Le dossier ne passe pas chez les banques et, de toute façon, ce n’est pas rentable », explique Adèle Marty, jeune agricultrice.

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(R)évolutionnons l’agriculture !

Nombreux sous-estiment l’importance de l’alimentation dans les problèmes liés à la mondialisation. De fait, ils sous-estiment également la nécessité impérieuse de changer radicalement de production/consommation alimentaire.

L’alimentation, ce n’est pas qu’une question de calories. C’est une question de raréfaction de l’eau, d’environnement dégradé, de dépendance au pétrole, d’accaparement des terres, de la généralisation des OGM au nom de la productivité, de la finance spéculative, d’intrants chimiques distillés dans la nature, de renforcement des bactéries, d’érosion du corail, de répartition de la production entre l’élevage et l’homme, de famines, de conditionnement polluants et de la stabilité futures des sociétés.

Combien de paysans faut-il près de chez moi si je veux manger local et bio?

Terre de Liens Normandie lance un outil web qui calcule le nombre de paysan(ne)s que nous devrions avoir près de chez nous si nous relocalisions notre consommation alimentaire.

Si tous les habitants du 12ème arrondissement de Paris se mettaient à manger bio et local, sans rien changer à leur consommation de viande, environ 50 500 hectares de terre agricole seraient protégés et plus de 2 600 paysan(ne)s installé(e)s, d’après le convertisseur lancé par Terre de liens Normandie. Parmi ces paysans nouvellement installés, 522 paysans boulangers, 21 céréaliers, 338 maraîchers. Impressionnante, toute cette main-d’œuvre juste pour un arrondissement.

Et si les 65 millions de Français décidaient de relocaliser leur alimentation, ce seraient 23 millions d’hectares de terres de préservées, pour plus d’un million de paysans bio installés, selon ce convertisseur. Un chiffre à comparer avec les 23 000 exploitants actuels en bio, répartis sur 975 000 hectares, que compte le pays. Que ce soit à l’échelle du quartier, de la commune, d’un hôpital, d’une maison de retraite ou encore d’un restaurant scolaire, le convertisseur estime le nombre d’hectares et de paysans dont on a besoin pour se nourrir localement et bio.

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Histoire de blé

Histoire de blé : comment cultiver du blé sans apport en engrais et produits chimiques, grâce aux variétés anciennes. Bernard Ronot, céréalier en Côte d’Or, fondateur de l’association Graines de Noé, prône une agriculture biologique, libérée des engrais et des produits chimiques de synthèse (insecticides, herbicides, fongicides) qui détruisent l’environnement, polluent les nappes phréatiques, tuent la biodiversité, rendent malades les agriculteurs qui les utilisent.

Bernard a fait sa reconversion à l’agriculture biologique à 55 ans, cela l’a amené à s’intéresser aux variétés de blés anciens, oubliés depuis la révolution verte (chimique) des années 50. Il nous emmène sur les terres de Stéphanie Parizot, jeune agricultrice qui a installé avec l’association Graine de Noé, une plateforme où sont conservées en terre 135 variétés de blés anciens.

Dessine-moi un paysage bio

L’agriculture biologique à l’échelle du territoire, réalité ou utopie ?

Ce documentaire présente, par des exemples innovants et expérimentaux, les nouvelles perspectives qu’offrent les modes de productions biologiques à travers des actions mises en œuvre par des agriculteurs dans leur système de production, en utilisant le paysage comme outil de gestion agronomique.

Le mode de production de l’agriculture biologique organise-t-il un espace spécifique ? Produit-il des paysages particuliers ? Y a-t-il un nouveau modèle paysager en devenir ?

Partie 1


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Une arnaque en or : Les faux produits biologiques

C’est une affaire dont la presse n’a pas fait ses choux gras. En décembre, la police italienne a démantelé un énorme trafic de faux produits bio. Les margoulins, soupçonnés d’être liés à la mafia, avaient trouvé la combine : acheter en Roumanie des céréales et des fruits secs bon marché, transformés en produits bio grâce à de faux documents, et revendus quatre fois plus cher à des grossistes qui n’y voyaient que du feu.

Depuis cinq ans que durait le trafic, des milliers de tonnes de faux produits bio auraient ainsi été écoulées pour un paquet d’oseille, au moins 220 millions d’euros. Parmi les fraudeurs, cinq dirigeants italiens d’entreprises agroalimentaires et – ça ne s’invente pas – deux responsables d’organismes de certification censés contrôler la filière bio…

Neuf pays européens, dont la France, ont profité de ces marchandises pleines de pesticides, dûment étiquetées « bio ».

Question : quelles quantités de céréales, pâtes alimentaires, farine de froment, raisins secs ou huile de tournesol faussement bio les consommateurs français ont-ils ingurgitées ?

Huit mois après ce joli coup de filet, on n’en sait que pouic. Comme d’habitude, la Répression des fraudes, dont la mission est de traquer les tricheurs, est dans les choux. Incapable d’apporter la queue d’une précision. Au ministère de l’Agriculture, on parle de 7.000 tonnes importées en deux ans.
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L’ortie cette oubliée

L’ortie (grande ortie, Urtica dioica, aussi appelée ortie commune, Urtica major ; ainsi que l’ortie brûlante, Urtica urens, qui a des vertus similaires), phobie des jardiniers, est considérée comme une mauvaise herbe, envahissante et coriace. Mais ses applications thérapeutiques, cosmétiques et nutritionnelles sont nombreuses, et elle gagne à être redécouverte en cuisine.

Côté jardin, le purin d’ortie est utilisé en agriculture biologique pour lutter contre les insectes et les parasites (pucerons), et comme fertilisant. Plantée à côté des plantes médicinales et aromatiques, elle augmente leur teneur en principes actifs.

L’ortie est appréciée depuis la Grèce antique et Inde ancienne, en médecine ayurvédique, et son utilisation thérapeutique et alimentaire s’est prolongée en Europe jusqu’au Moyen-Age, et à la Renaissance. Puis, en France, elle est peu à peu tombée dans l’oubli, et seuls les pays scandinaves et la Russie ont continué à la cultiver.€

(Merci à Nowno pour le titre plus adapté)

Solutions locales pour un désordre global

« Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. »

Coline Serreau, réalisatrice du film.

Partie 1:

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“2050 : 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir”, selon la FAO… et pas de solution

Parmi les fondements de la vision matérialiste du monde, commune aux économies “de gauche” et “de droite”, aux côtés de l’argent et du progrès, trône le mythe de la croissance infinie.

Lequel est devenu presque subliminal, comme s’il allait de soi qu’aucune frontière, même naturelle, ne puisse plus s’opposer à la marche ascendante et expansive de l’humanité, libérée, par l’abondance de marchandises, de tout autre souci que celui de leur consommation.

Comme si contester, tel Alain de Benoist, la religion de la croissance, ne pouvait plus, désormais, qu’être un signe d’obscurantisme, sauf à être “décroissant” dans le cadre d’une bien-pensance ancrée dans le confort occidental, condamnant ou vantant le malthusianisme au hasard d’improbables convergences.

Petit problème : le réel.

En effet, une organisation dépendant de l’ONU annonce que, pour satisfaire la demande mondiale, la production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici 2050.

Or, cela paraît presque impossible.

Selon un rapport diffusé le 23 septembre 2009 par la FAO [Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture], l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.

La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre 2009 un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis.

Le Forum, intitulé “Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre 2009 d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

“La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050,” indique M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général responsable du Département économique et social de la FAO. Toutefois nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas “automatique”, à moins de relever plusieurs défis de taille. Lire la suite

Les agriculteurs entre Monsanto, Carrefour et les consommateurs

Le salon des agriculteurs n’a pu masquer une réalité économique édifiante : en deux ans le revenu agricole a baissé de 54%, et rien ne laisse prévoir une amélioration. Pour Christian Jacquiau, économiste, les agriculteurs vont devoir choisir entre les grands groupes chimiques, la grande distribution d’une part, et l’alliance avec les consommateurs d’autre part.

La crise, que l’on prétend économique – comme si l’économie était déconnectée du politique – frappe la majeure partie des catégories socioprofessionnelles, au seul profit de puissants groupes financiers.

La profession agricole a vu ses revenus baisser de 34% en 2009 après une chute de 20% en 2008. La tendance peut-elle s’inverser, alors que les revenus agricoles sont tributaires du pouvoir d’achat des consommateurs (en nette régression et rien n’est fait pour l’améliorer), de la générosité de Bruxelles (via la PAC, reposant sur la capacité des contribuables à la financer, ce qui sera de moins en moins assuré) et sur le bon vouloir des entreprises transnationales de l’agroalimentaire et de la grande distribution (qui n’entendent pas rogner sur leurs confortables bénéfices) ? Il est des situations plus confortables…

S’y ajoute une crise de confiance sans précédent de la part des consommateurs – de mieux en mieux informés – à l’égard d’une profession qui, dans sa globalité, n’a manifestement pas su tirer les conclusions d’un modèle qui ressemble de plus en plus à une entreprise d’autodestruction.

Le bilan est terrifiant pour le monde agricole : pertes substantielles de revenus, surendettement, maladies graves liées à l’usage intensif de produits chimiques, mal être et taux élevé de suicide… Tout cela pour satisfaire les exigences d’un modèle qui n’a de libéral que le nom et doit tendre la sébile à Bruxelles pour survivre !

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Qui sont les accapareurs de terres agricoles à l’étranger ?


Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias (cf. « La Corée du Sud achète la moitié des terres de Madagascar » – en fait, il ne s’agissait pas de la Corée du Sud, mais de Daewoo Logistics), il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises.

L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre.

Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

« Ce sera une initiative privée. »

Amin Abaza, ministre de l’Agriculture d’Égypte, dans son exposé aux autres nations africaines sur les acquisitions de terres agricoles en Égypte, lors de la Journée mondiale de l’alimentation de 2009

Prenons un exemple. En août 2009, le gouvernement de l’île Maurice a, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, obtenu un bail à long terme pour 20 000 hectares de terre agricole fertile au Mozambique pour y produire du riz pour le marché mauricien. Il s’agit bien d’une externalisation de la production alimentaire, cela ne fait aucun doute.

Mais ce n’est pas le gouvernement mauricien qui va, au nom du peuple mauricien, cultiver cette terre et rapatrier le riz dans l’île. Le ministère mauricien de l’Agro-industrie a en effet immédiatement sous-loué la terre à deux grandes entreprises : l’une, singapourienne, tient beaucoup à développer des marchés pour ses semences propriétaires de riz hybride en Afrique ; l’autre, du Swaziland, est spécialisée dans la production de bétail, mais aussi engagée dans la production d’agrocarburants dans le sud de l’Afrique (voir GRAIN, “L’île Maurice en tête des acquisitions de terres rizicoles en Mozambique”, Oryza hibrida, 1er septembre 2009). Bref, une situation tout à fait courante. Lire la suite