France : L’agroalimentaire en berne en 2013

Premier secteur industriel de France, l’agroalimentaire a connu une année 2013 difficile, avec une activité commerciale atone, un recul de l’excédent commercial et une nette aggravation du nombre de défaillances de ses entreprises.

Mais où sont donc passées les forces vives qui animent traditionnellement le secteur agroalimentaire, premier secteur industriel français ? “Nous avons connu une année 2013 extrêmement difficile”, a reconnu le 10 avril, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard.

Confrontés à une guerre des prix entre les distributeurs, une consommation des ménages atone et une rentabilité déclinante, le moral des industriels de l’agroalimentaire est clairement en berne.

Si le chiffre d’affaires global du secteur a encore légèrement progressé de 0,6 % en 2013, à 160,5 milliards d’euros (contre +2,2 % en 2012), la production manufacturière a reculé de 2,2 %.
Lire la suite

Grèce : Retour à la terre pour échapper à la crise

Après six ans de récession dont quatre placés sous le signe d’une austérité toujours plus dure, la Grèce est exsangue. Ultime solution pour les personnes déclassées, le retour à la terre, avec son lot de désillusions… Reportage chez ces nouveaux ruraux pas toujours bien préparés à cette reconversion.

Cela fait maintenant six ans que la Grèce est en récession et quatre qu’elle subit la cure d’austérité sans précédent imposé par la Troïka. Le chômage, qui a explosé pendant la crise, est, de loin, le plus élevé de la zone euro. Selon Eurostat, il s’élève aujourd’hui 27,5% et dépasse les 58% chez les jeunes.

L’une des rares portes de sortie pour échapper au conséquence de la crise, c’est le retour à la terre. Pas si étonnant quand on se souvient que l’agriculture est resté le premier secteur de l’économie grecque jusque dans les années 1970 avant de perdre progressivement du terrain face à l’industrie et aux services.

Si on a du mal à le chiffrer avec certitude, le ministère de l’Agriculture ne faisant aucun recensement – et aucune déclaration n’étant nécessaire a moins de vouloir toucher d’hypothétiques subventions – le phénomène est réel.

Lire la suite

Procès du viticulteur bio : « Je n’ai pas traité mes vignes et je l’assume » (Màj : Emmanuel Giboulot reconnu coupable)

Mise à jour du 07/04/14 : Emmanuel Giboulot, reconnu coupable, fera appel

Le viticulteur a été condamné à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon. Il va faire appel.

Emmanuel Giboulot, le viticulteur beaunois poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la flavescente dorée, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Dijon. Le jugement rendu ce lundi midi a condamné le viticulteur à payer une amende de 1.000 euros dont 500 euros avec sursis. La juge a donc suivi le réquisitoire du parquet. Emmanuel Giboulot encourait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. A la sortie de la salle d’audience, Emmanuel Giboulot a estimé qu’il s’agissait « d’une peine symbolique mais pas juste». Et a assuré qu’il comptait faire appel de ce jugement.

Bienpublic


Article du 26/02/14 :

Quand il apparaît sous le grand soleil de la fin de matinée, c’est une salve d’applaudissements et de hourras qui résonne devant le tribunal correctionnel de Dijon. Emmanuel Giboulot prend la parole face à une foule de plus d’un millier de personnes venue le soutenir dans son procès.

Le viticuleur de 51 ans comparaissait, lundi 24 février, pour avoir refusé de traiter ses dix hectares de cépages, exploités en biodynamie à Beaune (Côte-d’Or), contre une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne, la flavescence dorée. Une infraction pénale passible de six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

Lire la suite

Permaculture : Concevoir un jardin pour nourrir une famille de 4 personnes

Dans ces vidéos, Christophe Köppel, de l’association Brin de paille, explique le fonctionnement d’un jardin cultivé avec les techniques de la permaculture, dans le quartier de Koenigshoffen à Strasbourg. Il présente toutes les informations importantes permettant de couvrir les besoins alimentaires d’une famille de 4 personnes en faisant attention à votre terre.

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Les nouveaux végétariens

A l’heure actuelle, 70 % des surfaces agricoles servent pour le bétail ou son alimentation. Avec des conséquences souvent dramatiques pour le climat et l’environnement. Une seule solution : consommer durablement moins de viande. Les alternatives ne manquent pas : saucisse de tofu, steak de blé, escalope de lupins, crevette d’algues…

La cuisine végétarienne d’aujourd’hui, variée, colorée et goûteuse, fait de plus en plus d’adeptes chez les jeunes et démontre que l’on peut se nourrir sans viande de façon équilibrée. Longtemps, on les a considérés comme de doux dingues ou de sinistres ennemis des plaisirs de la chère.

S’ils sont toujours minoritaires dans notre société, les végétariens se recrutent aujourd’hui de plus en plus dans les cercles de jeunes urbains chics, cultivés et conscients des enjeux politico-écologiques.

Comme les deux filles de la famille Wittmann, à Hambourg, qui ont fini par convaincre leurs parents de les suivre dans un monde sans viande. En Allemagne comme en France et de par le monde, les exemples ne manquent pas d’une cuisine végétarienne imaginative et séduisante. Les présentateurs de ” X:enius ” ont testé différents substituts avec un apôtre du véganisme, le très médiatique chef cuisinier Attila Hildmann.

Pologne : Un livre qui rassemble

On estime actuellement que c’est 50 % du territoire polonais qui est occupé par des terres agricoles, la plupart étant de type familial. Il va sans dire qu’il s’agit d’une activité essentielle à l’économie de ce pays européen.

Pour revitaliser cet aspect du secteur rural, il devient donc essentiel d’insuffler un nouveau souffle de vie aux campagnes et de concentrer des énergies sur la valorisation des terroirs. C’est d’ailleurs la mission que s’est donnée Dagmara Bienkowska.

La Polonaise, consultante en développement, est forte de ses nombreux succès. Les habitants de Zegocina, petite localité ponctuée d’exploitations familiales, lui doivent d’ailleurs une fière chandelle.

En 1996, pour revitaliser l’économie du coin et faire naître un sentiment de fierté locale et de communauté, elle a misé sur la valorisation de la cuisine de terroir. Motivés par ses idées, les habitants de Zegocina ont ainsi publié un livre regroupant leurs recettes traditionnelles.

Patagonie : Le milliardaire vert

Douglas Tompkins est un homme d’affaires qui a réussi, créateur des marques North Face et Esprit. Dans les années 1990, prenant la mesure de l’impact écologique de l’industrie textile, il a pris un virage radical.

Avec son épouse, il a décidé de consacrer sa vie et sa fortune à la protection des parcs naturels et au développement de l’agriculture durable en Patagonie.

« Requiem pour 25000 poulets » (Docu audio)

Aux côtés d’Olivier Gueguen, un éleveur breton qui a perdu 25000 poulets suite à une coupure d’électricité, nous explorons un milieu professionnel hyper-technique et épuisant, où la logique industrielle, sanitaire et financière a imposé son culte de la performance et où les anciennes formes de solidarité paysanne ont disparu.

Documentaire de Romain Cayla et Véronique Vila (France Culture – 25/02/14)

Une étude de la Nasa met en garde contre la chute de l’Empire occidental

Selon une étude financée par la Nasa, la question n’a rien de théorique : notre civilisation serait condamnée à un effondrement total. Cette mise en garde ne vient pas d’un Nostradamus des temps modernes, mais d’un groupe de scientifiques qui ont utilisé un mode de recherche original : les enseignements de l’Histoire.

Le site du Guardian rapporte que des sociologues et des naturalistes ont développé un nouveau modèle montrant comment “une tempête parfaite” pourrait détruire la civilisation actuelle.

Cette nouvelle étude sponsorisée par le Goddard Space Flight Center met en lumière la manière dont l’exploitation des ressources et l’inégale distribution des richesses mènera ” dans quelques décennies ” à un effondrement de notre système économique.

Lire la suite

Italie : Les déchets de la mafia

Il y a une semaine la France découvrait une décharge illégale de déchets toxiques en banlieue parisienne. A l’origine, le clan Hornec. Contre quelques milliers d’euros, un agriculteur avait accepté d’enterrer ces ordures dans son champ. Un système bien connu en Italie.

Depuis 20 ans la mafia a enterré des millions de tonnes de déchets toxiques dans une région proche de Naples baptisée ”la terre des feux”… aujourd’hui les champs sont pollués, l’agriculture est exsangue et un nombre anormalement élevé de cancers sont diagnostiqués chez les enfants de la région.

Comment la mafia a-t-elle pu empoisonner ces terres durant 20 ans? Tout le monde savait mais rien a été fait… L’État italien, déliquescent, dépassé, a laissé faire.

Le citoyen français est-il un produit à code-barre ?

Le moral de la population du pays inventeur des droits de l’homme n’est pas au plus haut. Ce constat, déjà un peu ancien, n’est pas sans conséquences: la France est en tête du nombre de suicides comme de la consommation d’anxiolytiques et autres antidépresseurs. L’économie est morose, les problèmes sociaux croissants, l’ambiance générale plutôt sombre. Mais pourquoi donc ?

vivre sans argent

La France est capable du pire comme du meilleur. Ce pays aime s’emballer, vibrer autour de grands événements. Les Français savent qu’ils représentent quelque chose dans le monde, de par leur histoire et leur place dans le concert des nations : de la révolution de 1789 en passant par la Commune, la première et la seconde guerre mondiale, la création de l’ONU, leur rôle durant la guerre froide, l’agriculture, le rayonnement culturel… De nombreux éléments soulignent le caractère unique de ce pays. Et de ses habitants.

Jusqu’à la fin des années 90, les acquis français ont suffit à maintenir un ensemble social et économique cohérent, à laisser entendre à la population que le projet national continuait à se déployer. Chacun pouvait encore, même sans avoir fait de grandes études, travailler, partir en vacances, acheter un bien, faire des économies. Et rêver un avenir meilleur. Mais à cette époque, la fin des années 90, le projet national a changé de tournure, et s’est focalisé sur un mot: l’Europe.

Il fallait, à cette époque pas si lointaine, participer à un mouvement de fond, celui de la mondialisation de l’économie, et empêcher la marginalisation (politique et surtout économique selon les promoteurs de cette logique) du pays. Il fallait se souder au niveau du vieux continent, se hisser à un niveau supérieur, et l’effort collectif allait permettre de faire face à ce défi.

Lire la suite

Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
Lire la suite

L’agriculture biologique peut nourrir le monde

L’agriculture biologique n’est pas une aimable fantaisie de bobos en mal de verdure, mais une démarche apte à sortir l’agriculture européenne de l’impasse dans laquelle elle se trouve. Enjeu : nourrir neuf milliards d’habitants. Moyen : changer de paradigme, et sortir de la subvention aux machines. Entretien bousculant avec l’agronome Jacques Caplat.

Jules Bastien Lepage : Les foins

L’agriculture biologique pourrait alimenter neuf milliards d’êtres humains et être plus productive que notre agriculture conventionnelle. C’est l’idée iconoclaste défendue par Jacques Caplat. Il est agronome, ancien conseiller agricole, fils d’agriculteur et auteur d’un ouvrage intitulé L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité (Actes Sud). Il y démonte les idées reçues sur l’agriculture biologique et rappelle que notre agriculture occidentale contemporaine n’est pas le seul modèle possible.

Lire la suite

Ukraine : l’aventure militaire est illogique sur le plan économique

Les relations économiques entre les Etats-Unis et l’Europe d’un côté, la Russie de l’autre, poussent les acteurs de la crise ukrainienne au dialogue et éloignent le spectre d’un conflit militaire.

L’économie de l’Ukraine repose sur trois secteurs, rappelle Vladimir Vakhitov, professeur assistant à l’Ecole d’Economie de Kiev : la métallurgie, l’industrie chimique et l’agriculture. Les deux derniers représentent 40 à 50% des exportations ukrainiennes”. Et il ajoute, source de revenus “substantielle” pour le pays, les transferts financiers des migrants qui ont quitté l’Ukraine pour la Russie, l’Italie, le Portugal ou la Pologne.

Sur le plan économique, l’Ukraine est donc à la fois liée aux pays de l’Union européenne (UE) et à la Russie, par le biais des échanges commerciaux et humains. “En gros, un tiers des exportations va à la Russie, un tiers à l’Europe et un tiers vers d’autres destinations, notamment en Asie“, confirme Vladimir Vakhitov.

En France, Fabrizio Coricelli, professeur d’économie à la Sorbonne, nuance : “L’Ukraine a beau exporter vers l’Europe, elle est beaucoup plus intégrée avec la Russie qu’avec l’UE“.

Lire la suite

La Guadeloupe en crise aujourd’hui : une photo de la France demain ?

La Guadeloupe, son soleil, ses plages, sa mer bleu émeraude, sa douceur de vivre et.. ses entreprises qui n’en peuvent plus. Le chiffre qui tue, et résume tous les autres : 52 % des entreprises guadeloupéennes sont en défaut de paiement avec l’URSSAF, non pas des charges patronales, mais de la partie salariale, autrement appelé précompte.

Emeutes en Guadeloupe, février 2009

Autrement dit, les PME (il n’y a que des PME et même essentiellement des TPE en Guadeloupe) de l’île ont plusieurs mois de retard de paiement des charges sociales, et ne peuvent même pas honorer le minimum légal, le “précompte”, qui représente pourtant “seulement” 30 % du montant total des cotisations à la Sécurité Sociale !

Plusieurs raisons à cela. D’abord bien entendu la crise, qui a ralentit l’activité économique sur l’île, réduit les marges, fragilisé un peu plus encore les trésoreries. Mais en grattant un peu, on découvre un coupable idéal : La Région Guadeloupe et les collectivités locales, gros donneurs d’ordres sur l’île… seraient de très mauvais payeurs.
Lire la suite

L’agriculture familiale, quel avenir en Europe ?

L’Union européenne est, derrière la Chine, le deuxième producteur agricole de la planète. Pourtant, ces dernières années, elle se trouve confrontée à des problématiques qui remettent en cause la viabilité de son modèle : la crise économique frappant de plein fouet les agriculteurs, l’urbanisation massive, mais également les problématiques environnementales obligeant le monde de l’agriculture à repenser son rapport à la terre.

Alors que l’on parle le plus souvent d’Asie ou d’Afrique lorsqu’on évoque l’agriculture familiale ; nous allons nous demander si, finalement, elle ne pourrait pas constituer une solution à la crise économique sociale et environnementale qui touche l’agriculture européenne ?

France Culture

Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
Lire la suite