Procès du viticulteur bio : « Je n’ai pas traité mes vignes et je l’assume » (Màj : Emmanuel Giboulot reconnu coupable)

Mise à jour du 07/04/14 : Emmanuel Giboulot, reconnu coupable, fera appel

Le viticulteur a été condamné à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon. Il va faire appel.

Emmanuel Giboulot, le viticulteur beaunois poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la flavescente dorée, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Dijon. Le jugement rendu ce lundi midi a condamné le viticulteur à payer une amende de 1.000 euros dont 500 euros avec sursis. La juge a donc suivi le réquisitoire du parquet. Emmanuel Giboulot encourait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. A la sortie de la salle d’audience, Emmanuel Giboulot a estimé qu’il s’agissait « d’une peine symbolique mais pas juste». Et a assuré qu’il comptait faire appel de ce jugement.

Bienpublic


Article du 26/02/14 :

Quand il apparaît sous le grand soleil de la fin de matinée, c’est une salve d’applaudissements et de hourras qui résonne devant le tribunal correctionnel de Dijon. Emmanuel Giboulot prend la parole face à une foule de plus d’un millier de personnes venue le soutenir dans son procès.

Le viticuleur de 51 ans comparaissait, lundi 24 février, pour avoir refusé de traiter ses dix hectares de cépages, exploités en biodynamie à Beaune (Côte-d’Or), contre une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne, la flavescence dorée. Une infraction pénale passible de six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

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Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
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Pesticides: 68% des français estiment que l’Etat n’en fait pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité

Alors que la FNSEA organise ce jour des états généraux de l’agriculture afin de faire pression sur l’Etat pour affaiblir ce que le syndicat nomme « la lourdeur de la réglementation », un sondage IFOP effectué pour le compte d’Agir pour l’Environnement et Générations Futures relève que pour 68% des français, l’Etat n’en fait pas assez en matière de réglementation écologique pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité.

A la question : « Diriez-vous qu’en matière de réglementation écologique régissant notamment l’utilisation de pesticides ou la gestion des élevages industriels, l’État en fait trop, suffisamment ou pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité ? », seuls 5% des sondés répondent « trop », 20% « suffisamment » et 68% « pas assez ».

Ce sondage démontre de façon éclatante que les demandes de déréglementation du syndicat majoritaire ne rencontrent pas l’adhésion des Français. Ces derniers attendent au contraire une réglementation protectrice notamment en matière de pesticides et de gestion des élevages industriels.
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Des éleveurs accros aux antibiotiques.

Des inspections font état d’emploi de médicaments hors prescription pour traiter les animaux d’élevage. Ce qui serait dangereux pour l’homme. Le ministère de l’Agriculture s’est engagé à réduire de 25% en cinq ans l’usage des antibiotiques dans les élevages. Une vraie gageure quand on sait que ces traitements, pourtant soumis à ordonnance, sont parfois administrés aux bêtes sans prescription ou diagnostic vétérinaire préalable. C’est ce que révèle une note adressée le 7 février aux préfets par la Direction générale de l’alimentation (DGAL), qui dépend du ministère de l’Agriculture.


Dans ce document, que nous nous sommes procuré, le directeur général adjoint de la DGAL, Jean-Luc Angot, fait état de « non-conformités majeures » constatées lors de la délivrance d’aliments médicamenteux aux éleveurs. Mélangés à la nourriture du bétail, ces antibiotiques sont utilisés pour prévenir les maladies les plus courantes.

Mais la note montre l’existence de pratiques opaques entre vétérinaires, industriels de l’agroalimentaire et certains agriculteurs. Les inspecteurs ont constaté notamment des « délivrances d’aliments médicamenteux sans prescription sur simple demande des détenteurs d’animaux ».« Cela montre qu’il est très facile pour un éleveur de se procurer des médicaments pour son bétail sans ordonnance et cela fait froid dans le dos quand on sait que l’exposition des animaux aux antibiotiques a augmenté de 12% entre 1999 et 2009 », s’insurge Sébastien Arsac, de l’association de protection animale L214.

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Coup de frein gouvernemental sur l’agriculture bio

Le projet de loi de Finances 2011, qui vient d’être adopté par le Sénat, réduit de moitié le crédit d’impôt sur les revenus accordé aux agriculteurs convertis à l’agriculture biologique.

"Split apple rock" (le rocher de la pomme coupée en deux) - Nouvelle Zélande

Après l’environnement, le bio ça commence à bien faire ?… Accusés de produire des aliments contenant des substances toxiques pour la santé du fait de l’usage intensif de pesticides de synthèse, d’appauvrir la terre par le recours massif aux engrais chimiques pour avoir des rendements de plus en plus élevés, d’assécher les cours d’eau pour irriguer les plantes, et de détruire la biodiversité, beaucoup d’agriculteurs gérant de petites exploitations se sont convertis à l’agriculture biologique, malgré les contraintes réglementaires très importantes, et les risques financiers.

Et ils ont été encouragés dans cette démarche par différentes aides accordées par l’Etat : aides financières à la conversion et au maintien, remboursables, et aide fiscale annuelle sous forme de crédit d’impôts lorsque au moins 40 % des recettes proviennent d’activités relevant du mode de production biologique. Le montant du crédit d’impôt étant égal à 2.400 euros, majoré de 400 euros par hectare exploité selon le mode de production biologique dans la limite de 1.600 euros, soit un maximum de 4.000€.

Ce crédit d’impôts avait été retenu pour remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, en ciblant surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu.

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Géorgie : des Sud-africains pour travailler la terre

Le gouvernement géorgien mise tout sur l’installation de familles de fermiers blancs sud-africains pour relancer un secteur agricole autrefois florissant, écrit Kviris Palitra.

Berger en Géorgie

Il paraît que des fermiers blancs sud-africains vont bientôt poser leurs valises en Géorgie. Descendants d’Européens, les Boers viendront cultiver chez nous leurs légumes et élever leur bétail. Puis ils vendront leur production sur des marchés locaux, et, si l’affaire tourne, ils pourront même exporter.

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La guerre du purin d’ortie aura-t-elle lieu ?

Les membres de l’Association pour la promotion des produits naturels peu préoccupants (Aspro-PNPP) ont relancé les hostilités et n’ont pas rendu les armes face au lobby agro-chimique et à ses relais politiques.

Nouvel épisode de leur résistance à l’interdiction de fait du purin traditionnel d’ortie, ils ont épandu mercredi 8 décembre sur les plates-bandes de la mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis) du purin d’ortie et l’huile de neem, utilisés par les jardiniers et agriculteurs bio pour soigner les plantes et tuer leurs parasites.

Ces deux produits sont actuellement interdits par la loi et cette action visait à rouvrir le débat afin d’obtenir une réglementation redonnant la liberté aux agriculteurs et jardiniers d’utiliser ces alternatives aux pesticides chimiques.

Cette lutte pour l’obtention de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) dure depuis janvier 2006, date à laquelle la loi d’orientation agricole décide de soumettre ces produits traditionnels et naturels à la même procédure européenne d’autorisation que les pesticides chimiques. Une mise sous conditions qui revient à une interdiction masquée puisque la démarche d’autorisation est extrêmement coûteuse (plus de 40 000 euros) et hors de portée des petits producteurs bio.

Aujourd’hui, des avancée ont été obtenues, notamment la réduction du coût à 2 000 euros mais l’obligation d’inscription sur la liste européenne persiste, or celle-ci exige des caractéristiques techniques stables très difficiles à atteindre pour ce type de produits naturels.

Le débat, moins anecdotique qu’il n’y parait car symbolique d’une défense des traditions et des méthodes naturelles face à l’industrie chimique s’appuyant sur le bureaucratie européenne, est donc encore loin d’être clos.

Novopress

Quand le travail tue

Parce qu’il y en marre de voir des gens détruits par leur travail, soumis à des logiques aberrantes, marre de voir des méthodes de management qui font perdre pied aux gens, on va aborder une question essentielle dans nos sociétés capitalistes : les suicides liés au travail, le mal être au travail, le burn out. Autant de maux sur lesquels on n’a encore aucune statistique fiable, et pour cause : l’enjeu pour les entreprises est de mettre tout cela sur le compte de « difficultés personnelles » des employés. Ca les arrangerait bien, mais c’est faux.

J’essaie de me pencher aussi souvent que possible sur la question des conditions de travail, et j’ai été amenée à interroger des médecins conseil, qui en Belgique travaillent pour les mutualités et reçoivent les salariés en souffrance. Même l’un des médecins que j’ai vu est devenu dépressif à force de voir défiler face à lui des gens au bout du rouleau, moralement et physiquement.

Des symptômes comme la fibromyalgie, qui empêchent de bouger, sont liés à un excès de stress et augmentent de manière vertigineuse. D’autres perdent leurs dents, leurs cheveux, ou carrément la vie. D’après ce médecin, ces phénomènes sont en augmentation exponentielle depuis le début des années 90. Et très peu de maladies liées au travail sont reconnues comme telles, grâce à un lobbying intensif des entreprises.

État des lieux

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Chaque année, la planète perd l’équivalent de l’Italie en surfaces cultivées

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie, sont perdus chaque année du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation, a souligné jeudi 21 octobre un rapport de l’ONU.

« American way of life » - Photo d'Alex MacLean (USA)

« Cette tendance a des conséquences dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs ou de peuples indigènes », a noté Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, lors de la présentation de son rapport (consultable en français et en PDF).

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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Monsanto critiqué pour sa vision à court terme

La polémique enfle en Inde. Monsanto reconnaît que le coton Bt, une variété d’OGM qu’elle produit, est devenu inefficace face aux déprédateurs.

Parodie d'une affiche de film - "Vous devez être génétiquement modifié pour résister aux produits toxiques, si vous voulez avoir une chance de survivre par ici. Par les producteurs de PCB, DIOXINE et AGENT ORANGE" (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Le géant de l’agro-alimentaire Monsanto, qui se bat pour l’acceptation de la biotechnologie des OGM partout dans le monde, a reconnu que son coton Bt, la variété Bollgard I, était en passe de devenir inefficace face aux déprédateurs. La polémique enfle en Inde, d’autant plus qu’un moratoire a été lancé par le gouvernement au sujet de l’aubergine génétiquement modifiée de Monsanto.

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Afrique du Sud : le gâchis des terres restituées aux Noirs

Le gouvernement ANC s’est rendu à l’évidence : la réforme agraire est un échec. Il a ainsi renoncé à son objectif de redistribuer un tiers des surfaces arables aux Noirs d’ici à 2014. Reportage dans la province du Limpopo.

"L'AWB (Mouvement de résistance afrikaner, d'Eugène Terreblanche) était meilleur que l'ANC - Nous votons pour une vie meilleure, pas pour une pire. Nous vivons comme des cochons." (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Etienne Cannaerts, un Belge de 61 ans installé depuis six ans à Lephalale (province du Limpopo, nord de l’Afrique du Sud), avait-il été séduit par la beauté du paysage ? On ne le saura jamais. Le 26 janvier, il a été kidnappé sur sa ferme, ligoté et égorgé.

Depuis le début de l’année, trois fermiers blancs sont tués chaque semaine en Afrique du Sud. «Depuis la fin de l’apartheid, cela fait 3367 morts», affirme Théo De Jager, le vice-président du syndicat Agri SA. Proies faciles en raison de leur isolement, les fermiers sont, après les policiers, les premières victimes de l’effroyable criminalité dans le pays.

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La misère cachée des campagnes

Ils ne se taisent plus. Ils ont reçu la mort en héritage, et le dénoncent publiquement. À Cavaillon, dans le Vaucluse, Jérémie, enseignant à domicile de 37 ans, veut attaquer l’État pour le suicide de son père, arboriculteur criblé de dettes. « Je veux que les pouvoirs publics prennent conscience qu’ils conduisent les agriculteurs à des situations de faillite ». Jérémie a créé une association, l’ARSFP, l’association pour la reconnaissance de la souffrance des paysans, qui regroupe 30 familles d’agriculteurs suicidés.

Au mois d’avril dernier, en Dordogne, Daniel Lemonie, agriculteur de 55 ans, a mis fin à ses jours. Son fils, Clément, 22 ans, a voulu « briser le tabou du suicide des agriculteurs », et il a révélé une partie du contenu de la lettre que son père lui a laissée : « Mon père s’excusait de me laisser avec des dettes. Je ne veux pas que sa mort passe inaperçue. Qu’on dise, c’est fini ». Non, ce n’est pas fini.

Depuis les années 1990, les crises agricoles se succèdent. Crise de la vache folle : le bétail se meurt, les hommes aussi. Plusieurs éleveurs se suicident dans l’Aveyron. La récente poussée de fièvre catarrhale vient de conduire un éleveur de la haute vallée de l’Aude à se donner la mort.

Chute des cours du vin en Languedoc-Roussillon : 25 suicides de viticulteurs en un an. Le cours du lait a tourné, lui aussi. Selon l’Apli, l’association nationale des producteurs de lait indépendants, environ 150 éleveurs se seraient suicidés en 2009. L’un d’entre eux a choisi de se tirer une balle dans la tête sur la place publique : cela s’est passé devant la statue de Jaurès à Carmaux, dans le Tarn, au mois de septembre.

Entre 2008 et 2009, le nombre d’actifs agricoles a baissé de 2 % en France. Les plus âgés prennent leur – maigre – retraite. On les croise sur les marchés. À 70 ou 80 ans, ils vendent les légumes de leur jardin. Ce jeudi, sur un marché du Gers, Antoine, retraité, vend des fèves et des petits pois. Il ramènera un peu plus de 50 Euros à la maison : « C’est toujours ça ».

Pour passer le cap, certains sollicitent le RSA, le revenu de solidarité active. D’autres cherchent un emploi salarié.

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L’agriculture a-t-elle encore un avenir en France ?

Des tracteurs à Paris, l’image est assez rare pour qu’elle mérite d’être signalée. Les céréaliers sont venus manifester leur colère face à la baisse de leurs revenus, qui ont diminué de 60% en deux ans.

La France, pourtant premier producteur européen et deuxième exportateur mondial de céréales (derrière les Etats-Unis), souffre de son agriculture. La maxime “Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France” n’est plus qu’un lointain souvenir. On en arrive même à se demander si le modèle agricole français a un avenir quand cette branche, qui fut si longtemps une source de fierté et de croissance pour tout le pays, vivote au gré des mouvements du marché et des subventions.

Même les céréaliers, pourtant considérés comme les privilégiés du secteur, sont en colère. Leurs revenus sont pourtant supérieurs de moitié à ce que touchent leurs homologues des autres filières agricoles, selon la Commission des comptes de l’agriculture de la nation. On était presque habitué à voir les producteurs de lait ou de fruits et légumes manifester leur mécontentement et leur détresse, mais les céréaliers jamais. Or les prix des céréales sont inférieurs de 23% à la moyenne de ces cinq dernières années.

De la régulation et des aides

Les comparaisons des recettes des exploitants entre 2007 et 2009 semblent dramatiques. Pourtant cette différence est surtout due au fait que 2007 a été une année exceptionnelle. Sous l’effet de la spéculation, les cours s’étaient envolés. L’année dernière est donc, en comparaison, une année catastrophique. Maintenant que le soufflé est retombé, les producteurs reviennent à des recettes du niveau de 1990. Mais, entre-temps, l’inflation est passée par-là.

Les céréaliers mettent directement en cause la spéculation. Pour eux, elle crée une distorsion de prix et rend leur activité trop cyclique. Certains réclament ainsi un prix minimal de leurs produits, qui fonctionnerait comme le smic. Tout au moins une régulation, qui permettrait de lisser leurs revenus, afin de pouvoir faire face aux périodes de vaches maigres.

Plus que cette régulation, c’est de l’argent qu’espèrent obtenir les agriculteurs français. Le gouvernement français a profité de la hausse de 2007 pour abaisser ses aides et ne les a pas relevées depuis la baisse fulgurante des prix. Les céréaliers ne s’y retrouvent pas. Ils sont pourtant, même si leur situation se fragilise, les premiers bénéficiaires des subventions de l’Union européenne.

Un modèle à revoir

Les problèmes de l’agriculture française ne sont pas conjoncturels. Ils ne sont pas survenus avec la crise et, quand l’économie redémarrera, ils seront toujours là. Ils risquent même de devenir de plus en plus profonds.

La compétition avec les autres producteurs européens est presque devenue intenable pour les exploitants nationaux. Les écarts de rémunérations et de temps de travail légaux entre les pays de l’Union et, surtout, au sein même de la zone euro créent les conditions d’une concurrence bancale.

Les exploitants français, pourtant très productifs, ne parviennent pas à tenir les prix que peuvent proposer leurs homologues espagnols et portugais. Ces pays qui opposent la concurrence la plus farouche sont englués dans la crise. Cela ralentit considérablement le fameux rattrapage social qui aurait pu rééquilibrer les forces en présence.

Aux problèmes sans fin du secteur agricole français, il faudra des réponses structurelles. Les observateurs s’accordent pour dire que l’agriculture française doit trouver un autre modèle.

Les producteurs se voient proposer un choix stratégique. D’un côté, les écologistes leur assurent qu’ils doivent s’orienter sur la voie du biologique, afin de conquérir un marché en pleine expansion. De l’autre, les productivistes leur conseillent de prendre le virage des OGM (fortement contesté), qui permettrait de se passer des pesticides, donc réduirait les coûts.

Mais, quelles que soient ces transformations, elles ne se feront pas du jour au lendemain, et, pour l’instant, les agriculteurs survivent à grands coups d’aides et de subventions.

MoneyWeek

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Le Roundup donne naissance à de « super mauvaises herbes » !

De même que la lourde utilisation d’antibiotiques a contribué à l’apparition de « supermicrobes » résistant aux médicaments, [un article du New York Times du 3 mai 2010 nous apprend que] l’utilisation intensive, par les fermiers américains, du désherbant « Roundup » [marque de l'herbicide dénommé glyphosate, initialement breveté par Monsanto et commercialisé, depuis 2000, par d'autres firmes, sous d'autres noms], a mené à la croissance rapide de nouvelles « super mauvaises herbes », extrêmement tenaces, que le poison industriel n’arrive plus à éradiquer.

De plus en plus de fermiers américains sont confrontés à cette situation, partout, dans l’Est, le Midwest et le Sud du pays, et sont donc conduits à vaporiser leurs champs avec des herbicides encore plus toxiques !

C’est la course folle en avant dans l’empoisonnement des denrées, mais aussi des sols et de l’eau !

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Crise agricole : il faut sortir de la logique productiviste

A l’heure où 10 000 céréaliers français défilent à Paris à l’appel de la FNSEA, la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France (Fnab) défend dans un communiqué – relayé par l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique d’Alsace (Opaba) – l’importance de soutenir l’agriculture biologique, solution à la crise agricole.


La Fédération rappelle la situation intenable des exploitants en agriculture conventionnelle, dont la logique productiviste ne cesse de montrer ses limites : revenus en chute libre, endettement, faillites, sans compter les impacts sur l’environnement et la santé.

L’agriculture bio offre au contraire, selon la Fnab, « la possibilité pour les paysans de vivre décemment des revenus de leur travail. […] Cette crise historique, réelle et sérieuse de l’agriculture, poursuit-elle, ne doit pas être instrumentalisée par les organisations professionnelles pour prolonger un système qui en a été à l’origine. Comment comprendre que les plus grands bénéficiaires de la PAC aujourd’hui se retrouvent à défiler ? »

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Les agriculteurs entre Monsanto, Carrefour et les consommateurs

Le salon des agriculteurs n’a pu masquer une réalité économique édifiante : en deux ans le revenu agricole a baissé de 54%, et rien ne laisse prévoir une amélioration. Pour Christian Jacquiau, économiste, les agriculteurs vont devoir choisir entre les grands groupes chimiques, la grande distribution d’une part, et l’alliance avec les consommateurs d’autre part.

La crise, que l’on prétend économique – comme si l’économie était déconnectée du politique – frappe la majeure partie des catégories socioprofessionnelles, au seul profit de puissants groupes financiers.

La profession agricole a vu ses revenus baisser de 34% en 2009 après une chute de 20% en 2008. La tendance peut-elle s’inverser, alors que les revenus agricoles sont tributaires du pouvoir d’achat des consommateurs (en nette régression et rien n’est fait pour l’améliorer), de la générosité de Bruxelles (via la PAC, reposant sur la capacité des contribuables à la financer, ce qui sera de moins en moins assuré) et sur le bon vouloir des entreprises transnationales de l’agroalimentaire et de la grande distribution (qui n’entendent pas rogner sur leurs confortables bénéfices) ? Il est des situations plus confortables…

S’y ajoute une crise de confiance sans précédent de la part des consommateurs – de mieux en mieux informés – à l’égard d’une profession qui, dans sa globalité, n’a manifestement pas su tirer les conclusions d’un modèle qui ressemble de plus en plus à une entreprise d’autodestruction.

Le bilan est terrifiant pour le monde agricole : pertes substantielles de revenus, surendettement, maladies graves liées à l’usage intensif de produits chimiques, mal être et taux élevé de suicide… Tout cela pour satisfaire les exigences d’un modèle qui n’a de libéral que le nom et doit tendre la sébile à Bruxelles pour survivre !

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Effondrement des revenus agricoles en France

Les filières agricoles connaissent la crise.

Couverture d'une revue française de 1950

Selon les résultats prévisionnels de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN), le revenu moyen net par actif non salarié chuterait de 34 % cette année, après avoir enregistré un recul de 20 % en 2008.

A 14.600 euros annuels, le revenu agricole moyen serait au plus bas depuis plus de trente ans.

En 2008, 16 % des exploitations avait un revenu nul ou négatif, une situation qui devrait s’aggraver, note un communiqué de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture.

Les baisses de revenu dépassent 50 % pour les producteurs de céréales et de fruits et les éleveurs laitiers.

En maraîchage et en viticulture d’appellation, la baisse atteint respectivement 34 et 8 %.

Au contraire, une amélioration est observée pour les éleveurs de bovins viande (+17 %), d’ovins (+22 %), hors sols (+10 %) et viticulteurs hors appellation (+39 %) après trois années de baisse.

« Cette situation catastrophique démontre une fois de plus les effets désastreux de quinze années de démantèlement, progressif mais implacable, des outils de régulation de la Politique agricole commune », accuse le communiqué. Lire la suite

Qui sont les accapareurs de terres agricoles à l’étranger ?


Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias (cf. « La Corée du Sud achète la moitié des terres de Madagascar » – en fait, il ne s’agissait pas de la Corée du Sud, mais de Daewoo Logistics), il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises.

L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre.

Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

« Ce sera une initiative privée. »

Amin Abaza, ministre de l’Agriculture d’Égypte, dans son exposé aux autres nations africaines sur les acquisitions de terres agricoles en Égypte, lors de la Journée mondiale de l’alimentation de 2009

Prenons un exemple. En août 2009, le gouvernement de l’île Maurice a, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, obtenu un bail à long terme pour 20 000 hectares de terre agricole fertile au Mozambique pour y produire du riz pour le marché mauricien. Il s’agit bien d’une externalisation de la production alimentaire, cela ne fait aucun doute.

Mais ce n’est pas le gouvernement mauricien qui va, au nom du peuple mauricien, cultiver cette terre et rapatrier le riz dans l’île. Le ministère mauricien de l’Agro-industrie a en effet immédiatement sous-loué la terre à deux grandes entreprises : l’une, singapourienne, tient beaucoup à développer des marchés pour ses semences propriétaires de riz hybride en Afrique ; l’autre, du Swaziland, est spécialisée dans la production de bétail, mais aussi engagée dans la production d’agrocarburants dans le sud de l’Afrique (voir GRAIN, “L’île Maurice en tête des acquisitions de terres rizicoles en Mozambique”, Oryza hibrida, 1er septembre 2009). Bref, une situation tout à fait courante. Lire la suite

Le travail sous tension

Des conditions de travail dégradées, conjuguées à un recul des solidarités collectives, expliquent la souffrance psychique de nombreux salariés.

25 suicides en un peu plus d’un an et demi : l’effroi a saisi France Télécom, braquant une nouvelle fois les projecteurs médiatiques sur la souffrance au travail, deux ans après la série noire qui avait endeuillé le Technocen­tre de Renault, à Guyan­court.

Cette violence, que les salariés retournent contre eux, n’épargne aucun secteur : PSA, BNP Paribas, IBM, EDF ou encore l’Assistance ­publique-Hôpitaux de Paris y ont été ou y sont confrontés. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le phénomène dépasse donc largement le huis clos de telle ou telle entreprise, en prise avec des méthodes de management contestables. Difficile, pour autant, d’en évaluer l’ampleur de manière précise. Le nombre de suicides liés au travail est estimé à 300 à 400 par an, en extrapolant à l’ensemble de la France les résultats d’une étude réalisée en Basse-Normandie par l’Inspection médicale du travail en 2002.

Il s’agit néanmoins d’un phénomène relativement récent, apparu au cours des années 1990 dans l’industrie et les services, selon les médecins du travail. Auparavant, seule l’agriculture était repérée comme touchée. Condi­tions de vie très dures, isolement, endettement et risque de paupérisation formaient les ingrédients d’un cocktail potentiellement explosif pour les petits exploitants agricoles. Ils ne sont désormais plus les seuls à mettre fin à leurs jours au boulot. Qu’est-ce qui a changé ? Lire la suite

“Le plan Sarkozy pour l’agriculture ? De simples mesures pansement”

Le président de la République a annoncé un plan d’aide de 1,65 milliard d’euros en faveur des agriculteurs.

Réactions et analyses de Jean-Christophe Bureau, professeur d’économie à AgroParisTech, chercheur associé au CEPII, et de Nicolas-Jean Brehon, économiste à la fondation européenne Robert Schumann.

Les difficultés actuelles que connaissent les agriculteurs sont-elles conjoncturelles, comme l’affirme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire liées à la crise ?

Jean-Christophe Bureau. Oui, indiscutablement, les difficultés actuelles du secteur sont liées à la crise qui a fait chuter les prix des matières premières, de même que la demande mondiale de produits agricoles. La baisse généralisée du prix des produits agricoles est également liée à la faiblesse du dollar.

Nicolas-Jean Brehon. Effectivement, cette baisse accentue leurs difficultés. En réalité, le fond du problème du secteur vient de la volonté européenne et mondiale de dérégulation de ce secteur.

Que pensez-vous des mesures d’aides annoncées par Nicolas Sarkozy ? Lire la suite

(18.10.2009)

  • Censure du Conseil constitutionnel sur la fiducie “islamique”

Le Conseil constitutionnel a censuré, mercredi 14 octobre, deux articles de la loi sur l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises (PME). Il avait été saisi par les députés PS. Les articles visaient une disposition introduite par le Sénat sur le régime de la fiducie – transfert temporaire de propriété – visant à “permettre aux détenteurs de “sukuks”, c’est-à-dire d’obligations conformes aux principes de la finance dite islamique, de pouvoir se prévaloir d’un droit de propriété des actifs supports afin d’être en conformité avec les principes éthiques de la loi musulmane”, selon le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, Chantal Brunel (UMP, Seine-et-Marne). A la différence des obligations classiques, les “sukuks” sont adossés à un actif et ne paient aucun intérêt. Pour le ministre de l’industrie, Christian Estrosi, il s’agissait de “permettre à des investisseurs du Moyen-Orient de venir sur la place de Paris”. Les députés PS, dénonçant une atteinte à la laïcité, avaient saisi le Conseil constitutionnel au motif que ces dispositions étaient “dépourvues de tout lien avec l’objet du texte”. Le Conseil leur a donné raison, sans se prononcer sur le fond. Le Monde

  • «Les agriculteurs ont le sentiment de payer pour travailler»

Selon Christiane Lambert, Vice-Présidente de la FNSEA : “Nous sommes nous aussi victimes de la crise : les exportations ont énormément baissé, en raison notamment des difficultés économiques d’un certain nombre de pays. Nous observons aussi une diminution de la consommation interne en raison des difficultés économiques des consommateurs liées à la crise. N’oublions pas non plus la flambée des charges et des taxes diverses, tant sur le plan social qu’environnemental. Pour résumer, l’Etat nous met des semelles de plomb pour nous faire disputer un marathon. Nous ne nous battons pas avec les mêmes armes que nos voisins. Et puis nous n’avons plus les filets de sécurité qui existaient, parce que l’UE a détricoté tous les mécanismes de protection et de régulation des marchés.” Libération

  • Solidarité familiale : les jeunes Français de plus en plus dépendants de leurs parents

La dépendance des jeunes à l’égard des parents tend à s’accentuer en France: en 1975, 35% des garçons de 24 ans vivaient chez leurs parents. En 2005, cette proportion grimpe à 65% et concerne principalement les jeunes peu diplômés. On est donc loin du cliché véhiculé par le film Tanguy, où un jeune normalien refuse de quitter le confort du cocon familial, alors qu’il en a les moyens. Pour reprendre l’expression du sociologue Olivier Galland, loin d’être un choix, cette cohabitation prolongée s’apparente bien à un “maintien forcé dans l’enfance”. En France plus qu’ailleurs, l’aide financière des parents reste primordiale: les transferts familiaux représentent 43% du budget mensuel moyen des étudiants, contre 11% en Finlande, 26% au Royaume-Uni et 29% aux Pays-Bas, selon l’enquête Eurostudent de 2005. Les revenus des jeunes sont donc très dépendants des moyens de leurs parents, ce qui est une source majeure d’inégalités. Alternatives Economiques

  • France Télécom reconnaît être “allé trop loin” dans le contrôle des salariés

Le nouveau numéro 2 du géant des télécommunications France Telecom, Stéphane Richard, a reconnu mercredi que l’entreprise était “peut-être allée trop loin” dans le contrôle des salariés du groupe endeuillé par 24 suicides en moins de deux ans. Le groupe a encore connu une tentative de suicide mercredi, celle d’un employé de 54 ans qui a tenté de se pendre et a été sauvé de justesse par l’arrivée des secours à Marseille. “On est peut être allé trop loin dans la mise en place de toute une série d’outils de contrôle” des salariés, a estimé M. Richard lors d’une visite à l’unité d’intervention technique France Télécom de Lens. Ces outils qui “ne sont pas destinés à contrôler la personne, mais plutôt la qualité de services que nous offrons à nos clients (…) peuvent procurer chez certains salariés un sentiment d’étouffement”, et c’est “ça qu’il faut certainement revoir”, a-t-il ajouté. Le numéro 2 de France Télécom a également reconnu que l’organisation du groupe était “sans doute trop centralisée”. Le Vif

(26.09.2009)

C H I N E

  • Les PME chinoises [ne] se débarrassent de difficultés [qu'] avec l’aide du gouvernement

Les PME chinoises – 99% du nombre total des entreprises chinoises – contribuent pour environ 60% à l’économie nationale, à environ la moitié des recettes fiscales et à 80% des emplois créés. Frappées par la crise depuis le deuxième semestre 2008, elles ont rencontré des difficultés à produire et à rester opérationnelles. Les autorités centrales, pour les aider à s’en sortir, ont publié plusieurs mesures en particulier dans les domaines de la fiscalité et du crédit. Malgré toutes ces mesures, les PME chinoises font toujours face à des difficultés dans leur développement. “Les grandes entreprises d’Etat en ont bien profité tandis que nous manquons toujours de commandes”, soupire Xiao Xinrong, propriétaire d’une entreprise de parapluie de Jinjiang. Chine Informations

  • L’UE instaure des mesures anti-dumping sur l’acier chinois

L’Union européenne a décidé jeudi d’instaurer des taxes antidumping d’une durée de cinq ans sur certaines feuilles en aluminium et tubes en acier importés de Chine. Le taux de ces taxes sera compris entre 6,4% et 39,2%. La Commission européenne avait proposé d’appliquer ces droits après des plaintes de l’industrie européenne, estimant que ces produits étaient vendus en-dessous de leur prix de revient. Ces décisions interviennent alors que la Commission doit se prononcer dans les semaines à venir sur une éventuelle prolongation de taxes antidumping sur les chaussures importées de Chine et du Vietnam. Elles avaient été mises en place en octobre 2006 pour une durée de deux ans, puis ont été prolongées de fait à l’automne 2008, le temps de les réexaminer. Aujourd’hui la Chine

  • Les agriculteurs chinois sous l’impact de la crise

La croissance des revenus des agriculteurs s’est remarquablement ralentie au premier semestre. A la campagne, les ouvriers migrants, les fameux nongmingong, sont ceux qui ont souffert le plus de la crise financière mondiale. En raison du recul dramatique de la demande, environ 20 millions d’ouvriers migrants ont perdu leur travail et ont dû retourner dans leur pays natal. Selon les statistiques douanières d’Harbin, capitale de la province du Heilongjiang, la province n’a exporté que 4 000 tonnes de produits laitiers pendant les huit premiers mois de l’année, en baisse gigantesque de 78,5% sur un an. Ces exportations étaient presque inexistantes pendant 4 mois, en particulier d’avril à juin, un phénomène sans précédent. Le Quotidien du Peuple

  • La Chine conservera une politique monétaire souple jusqu’à la fin 2010

Cela, afin d’aider à maintenir la croissance dans un contexte d’incertitudes sur la reprise mondiale. “La Banque centrale continuera à maintenir des liquidités dans le système bancaire pour stimuler la reprise économique”, a déclaré Su Ning, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine. Les prêts en Chine se sont élevés à 410,4 milliards de yuans (41 milliards d’euros, 60 milliards de dollars) en août, contre 355,9 milliards de yuans en juillet. Certains craignaient que la Chine restreigne le crédit. L’économie chinoise a connu une croissance de 7,9% au deuxième trimestre, après 6,1% au premier trimestre, soutenue par le plan de relance du gouvernement. Aujourd’hui la Chine

(20.09.2009)

  • Manifestations d’agriculteurs et épandages de lait dans plusieurs régions

Depuis le début de l’année, les agriculteurs sont dans une situation intenable. Avec une chute des prix de l’ordre de 25 %, ils sont souvent contraints de vendre leur production à perte. Les suicides se multiplient. Un éleveur pointe du doigt ceux qui achètent son lait. « Ce sont les grandes surfaces qui sont en haut de la pyramide, c’est l’effet domino : elles font pression sur les industriels qui font pression sur les coopératives, qui à leur tour font pression sur les agriculteurs. On se contente de ce qu’on veut bien nous donner, des prix rarement rémunérateurs. » Les éleveurs mécontents, non soutenus par la FNSEA, contestent le chiffre de 10 % de grévistes avancé par le ministre de l’Agriculture (selon eux, le taux est de 40 à 70 %) et en appellent à Nicolas Sarkozy.
France Soir 1, France Soir 2, Reuters

  • 6 366 euros par mois pour d’ex traders au chômage

A en croire l’UNEDIC, la pratique est exceptionnelle. Après avoir tenté leur chance et parfois fait fortune à Londres, des traders français rentrent au pays, une fois licenciés, pour y toucher des indemnités de chômage. Certains recevraient jusqu’à 6 366 euros par mois, alors qu’ils n’ont jamais cotisé en France. Il leur suffit d’obtenir un contrat d’un à vingt-huit jours à leur retour dans l’Hexagone. Le 24 septembre 2008, l’UNEDIC évoquait “24 demandeurs d’emploi indemnisés sur la base d’un salaire supérieur à 7 000 euros net mensuel” perçu en Europe, dont 4 sur un salaire touché en Angleterre. TF1-LCI

  • Mutation du marché de l’armement : Dassault devancera probablement les américains au Brésil

Le ministre de la défense brésilien a confirmé, mercredi 16 septembre, la préférence de son pays pour l’avion de combat Rafale de Dassault, en raison du transfert de technologie total proposé par les Français. L’avion Rafale est engagé dans une compétition serrée avec le Gripen du suédois Saab et le F/A-18 Super Hornet de l’américain Boeing pour fournir 36 avions de combat multirôle au Brésil. “Les précédents que j’ai des Etats-Unis sont mauvais”, a souligné le ministre. Le président Lula a déjà dit que la décision serait politique et qu’il aurait le dernier mot. Le ministère de la défense a fixé au 21 septembre le dernier délai pour que Dassault formalise “une nouvelle offre commerciale” et a invité Boeing et Saab à aligner leurs propositions sur celle de la France.
Le Monde