Les pays qui préoccupent les investisseurs

A plus ou moins brève échéance, ces pays pourraient se retrouver en défaut de paiement. Tour d’horizon.

Les pays proches du défaut

Le Venezuela se retrouve complètement asphyxié. Entre la baisse du prix du pétrole qui représente la principale source de devises étrangères du pays, et le fait qu’il doit importer la quasi-intégralité de ses besoins en produits manufacturés, les réserves de changes ont fondu.

Elles ont atteint en juin 16,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau en douze ans. La crainte est donc importante que le Venezuela manque de cash pour faire face à sa prochaine échéance de dette. D’autant qu’il ne peut faire appel aux marchés de dette, sauf à un prix exorbitant, ni au FMI qu’il a quitté en 2007.
Lire la suite

Les fonds vautours en Afrique

Depuis des décennies, les Etats africains vivent ou plutôt survivent grâce aux prêts accordés soit par d’autres Etats, soit par les organisations internationales (Banque Mondiale, FMI, Club de Paris…). Dans la pratique, ces prêts sont largement accordés contre l’accès aux ressources naturelles (énergétiques, minières…) des pays ou en contrepartie de l’octroi de grands travaux (barrages, routes,…) aux entreprises des pays créanciers. La capacité de remboursement des Etats se base sur une gestion saine des Etats et un accroissement des PNB. Malheureusement, pour un certain nombre de ces Etats, ni l’un ni l’autre ne sont au rendez-vous. Les Etats ne sont plus en mesure d’honorer leurs échéances.

C’est alors que les agences de notation dégradent les notes accordées aux Etats. Certains de leurs créanciers préfèrent brader leur créance que d’attendre un hypothétique remboursement même partiel. Selon l’adage bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Des fonds d’investissement voient dans ces Etats surendettés une opportunité et non un risque. Ces fonds d’investissement, aussi baptisés fonds vautours, rachètent à bas prix la dette des Etats africains en difficulté et au premier prétexte légal intentent une action en justice contre ces Etats pour récupérer le nominal de la dette et parfois même des intérêts en complément.

Lire la suite

Pétrole : Le prochain krach pourrait jaillir de la chute des cours

La baisse des taux et l’abondance des liquidités provoquées par les actions massives des banques centrales à travers le monde ont poussé les investisseurs, à la recherche de rendement, à prendre des risques. Ils ont notamment financé la frénésie de forage de pétrole de schiste aux États-Unis.La chute des cours du pétrole pourrait bien provoquer le prochain krach boursier, s’inquiètent des opérateurs de marché, abasourdis par la dégringolade de 45% du prix du baril de brut en six mois, passé sous 61 dollars pour le Brent (référence de la Mer du Nord) et sous 58 dollars pour le WTI (brut léger américain), au plus bas depuis cinq ans et demi.

La chute des cours de l’or noir oblige les hedge funds à vendre leurs actifs les plus liquides pour rembourser les sommes empruntées pour spéculer sur le boom énergétique américain.

« Pour le moment, ce n’est qu’une simple correction emmenée par la chute des actions des compagnies pétrolières, mais ça pourrait bien vite se transformer en krach », craint un trader suisse. Un krach qui trouverait son origine dans la faiblesse des taux, l’abondance de liquidités et un ratio risque/récompense progressivement de moins en moins attractif sur les actions.
Lire la suite

Europe : 5 ans après la crise, la régulation du secteur financier a-t-elle avancé

Les gouvernements des vingt pays les plus riches l’avaient promis : le secteur financier sera réformé, les banques mises sous contrôle. Plus de finance folle, de sauvetage bancaire ruineux, de mise en péril de l’économie par la spéculation débridée. Cinq ans après les déclarations du G20, où en est-on ? L’Union européenne a voté une dizaine de directives, sous la houlette de Michel Barnier. Bonus des banquiers, organisation des plans de sauvetage, supervision et contrôle… Tour d’horizon de cette difficile reprise en main, avec Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, rare contrepouvoir au puissant lobby bancaire européen.

L’union bancaire européenne a pour objectif d’éviter que de nouvelles faillites bancaires ne soient supportées par les contribuables. Son principe a été adopté par les eurodéputés le 15 avril. Est-ce une mesure satisfaisante ?

Thierry Philipponnat [1] : La réforme de l’Union bancaire a pour objectif que la prochaine crise bancaire ne coûte pas d’argent au contribuable – contrairement à la crise de 2008 qui coûté 450 milliards d’euros aux pays européens. Et de casser le lien incestueux et complètement absurde entre les banques et les États : les banques financent les États mais comptent sur eux pour les sauver quand elles ont un problème. Après un an et demi de négociations, nous avons avancé dans la bonne direction. L’Union bancaire permet une surveillance unique des 130 plus grandes banques par la Banque centrale européenne (BCE). Et la remise à plat du système de « résolution », c’est-à-dire l’intervention publique lorsqu’une banque a des problèmes, avant qu’elle ne fasse faillite.

Désormais, les pertes financières devront être absorbées par les actionnaires et les créanciers, avant que les déposants et contribuables ne soient mis à contribution. Cette nouvelle directive européenne [2] est un vrai progrès, elle met fin à « l’aléa moral », qui fait que les gagnants et les perdants n’étaient pas les mêmes : certains pouvaient gagner de l’argent mais pas en perdre !

Lire la suite

L’industrie de la finance est-elle trop puissante pour être punie ?

En tout, ce sont 50 milliards de dollars que proposent les banques au gouvernement américain pour “enterrer” définitivement le souvenir de leurs dérives immobilières. Mais l’actualité financière ne s’arrête pas là. Les fraudes au Libor refont parler d’elles et les banques ont obtenu quelques assouplissements dans la réglementation prévue par les accords de Bâle 3, donnant l’impression que les leçons de l’histoire récente n’ont pas été totalement assimilées.

Atlantico : Différentes banques américaines et européennes étudieraient en ce moment, avec leurs avocats, la possibilité de verser, en tout, 50 milliards de dollars (voir ici) aux autorités américaines pour qu’elles cessent les poursuites dont elles font l’objet à propos de leur rôle dans la crise immobilière. Le gouvernement n’exclue pas de tels versements. Face à l’appât financier, les pouvoirs publics sont-ils indéfectiblement poussés au compromis ? Les banques tenant les cordons de la bourse, celles-ci sont-elles en position de force par rapport aux États ?

Eric Lamarque : Ce montant est le résultat d’une négociation, d’un compromis. Cela est conforme à la culture anglo-saxonne qui, sur ce point, est très différente de la nôtre. Les autorités américaines sont satisfaites de cet accord. Elles n’ont pas accepté à contre-cœur. Le montant pour les banques auraient sans doute été beaucoup plus fort si elles n’avaient pas reconnues leurs torts. C’est pour cela que beaucoup en France pensent que les banques s’en tirent à bon compte et sont en position de force par rapport aux Etats. Notre culture est plutôt celle de la recherche d’un bouc émissaire et de le faire payer au maximum. Pour juger que cette somme n’est pas suffisante, il faudrait avoir une base objective comme l’évaluation des gains indument perçus par les banques pendant cette période. Ces sommes sont impossibles à calculer précisément. Pour les 16 banques concernées aux USA la somme paraît supportable. Si on regarde les résultats annuels de JP Morgan, son amende record représente un peu plus de la moitié de son bénéfice.

François Leclerc : Comment ne pas être est frappé par le sentiment d’impunité qui prévaut chez les hauts responsables des établissements bancaires, car seuls les lampistes sont condamnés – lorsqu’ils le sont ?

Un mystère doit être élucidé : que faut-il donc faire pour risquer la prison lorsqu’on est banquier, puisqu’on ne risque jamais d’être condamné ? Aux États-Unis, la méthode des transactions à l’amiable est privilégiée (sauf pour Madoff) : la banque fautive paie une amende sans avoir à reconnaître sa responsabilité et en ressort miraculeusement “absous”.

Prenons le cas de JP Morgan la plus grande banque d’affaire américaine : cette banque a accumulé les d’amendes colosales en 2013, et cela n’est pas fini, des poursuites et des enquêtes étant encore en cours. Mais JP Morgan veut vite et à tout prix tourner la page pour “enterrer” le passé.

Lire la suite

Les dérivés de crédits risqués font leur retour aux USA

Considérés comme le virus de la crise qui a fait exploser la bulle immobilière aux Etats-Unis en 2007, les dérivés de crédit risqués reviennent sur les devants de la scène.

Les dérivés de crédits risqués font leur retour aux Etats-Unis après savoir quasiment disparu pendant la crise financière qu’ils ont contribué à créer. Désormais ils sont toutefois adossés sur les prêts crédits aux entreprises et non plus sur l’immobilier résidentiel.

Ces produits financiers (Collaterized Debt Obligation, ou CDO) que le milliardaire Warren Buffett avait qualifiés «d’armes financières de destruction massive», étaient jusqu’à la crise très populaires et massivement adossés à des prêts hypothécaires américains, notamment à des prêts «subprime», octroyés à des ménages insolvables. Lorsque la bulle immobilière américaine a explosé en 2007, la valeur de ces titres dérivés s’est effondrée, entraînant des milliards de dollars de pertes pour les investisseurs et propageant la crise financière la plus grave depuis 1929. De 520 milliards de dollars en 2006, le marché des CDO a fondu à 4,3 milliards de dollars en 2009.

Des CDO aux CLO

Le marché des CDO a donc de facto disparu. Il a dans une certaine mesure remplacé par les «CLO» ou «Collaterized Loan Obligation». Il s’agit de dérivés de crédits également, mais adossés à des prêts aux entreprises.

«Il y a un redressement du marché mais il est très loin de retrouver les volumes atteints avant la crise», nuance Campbell Harvey, professeur de finance à l’université de Duke.

Une porte-parole de l’organisation sectorielle Loan Syndication and Trading association (LSTA) explique qu’il y a eu 50 milliards de dollars de CLO émis depuis le début de l’année aux Etats-Unis« avec 70 milliards attendus pour l’ensemble de 2013, pour un total de 100 milliards de dollars dans le monde entier.

Lire la suite

3 bombes financières exploseront-elles cet été ?

Aux Rencontres économiques d’Aix, ce Davos provençal qui s’est tenu du 5 au 7 juillet, experts, grands patrons et gouvernants de la planète n’ont pas masqué leur inquiétude, notamment pour l’Europe.

Les récentes turbulences financières ont relancé les inquiétudes. “La zone euro est la seule région du monde dont la croissance est à l’arrêt“, a rappelé Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Décryptage de ces bombes financières qui pourraient tomber sur le continent.[...]

Les économistes n’ont pas caché leur pessimisme, notamment à propos de l’Europe. “La crise de la zone euro n’est pas terminée. Le plus grave n’a pas encore eu lieu, s’inquiète ainsi Charles Wyplosz, professeur à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève. Les dettes publiques ne sont pas soutenables et les bilans des banques n’ont pas été vraiment nettoyés“.

Ils sont presque tous d’accord. A Aix, les experts en finances publiques comme Anna Kinberg Batra, qui a présidé la commission des Finances au Parlement suédois, Jared Bernstein, ancien conseiller du vice-président américain Joe Biden, ou l’économiste italien Francesco Giavazzi ont dénoncé les effets dévastateurs des politiques d’austérité en Europe.

Cote d’alerte sur les dettes publiques
Lire la suite

Marché : Les agences de notation rattrapées par les subprimes

Les problèmes juridiques des agences de notations ne font que commencer: le gouvernement fédéral américain a lancé cette semaine une offensive contre Standard and Poor’s et l’Etat de New York étudie de possibles poursuites contre ses concurrentes Moody’s et Fitch.

L’action de McGraw-Hill, la maison mère de Standard and Poor’s (S&P), a plongé de 27% cette semaine et celle de Moody’s de 22%. Fitch, coentreprise du fonds français Fimalac et du groupe de médias américain Hearst, n’est pas cotée.

“Les investisseurs ont vendu agressivement les actions (des agences de notation) de peur que le problème avec le département de la Justice (DoJ) s’aggrave”, a commenté Michael James, stratège boursier de Jedbush Securities.

Ils anticipent d’autres mauvaises nouvelles et leur réaction c’est de vendre l’action d’abord et de réfléchir après”, a-t-il ajouté.

Mardi, le gouvernement américain a porté plainte contre S&P pour tenter de recouvrer quelque 5 milliards de dollars de pertes subies par des investisseurs qui auraient acheté des produits dérivés de crédits hypothécaires très risqués (subprime) sur la foi de notes de S&P excessivement optimistes.

Le département américain de la Justice (DoJ) accuse S&P d’avoir en toute connaissance de cause accordé des notes complaisantes pour préserver sa part de marché dans les produits dérivés.

Lire la suite

L’influence de Dagong sur la zone Euro

« Je pense que les agences internationales de notation devraient garantir la sécurité du système financier mondial » tels sont les mots du président, Guan Jianzhong, de l’agence de notation chinoise Dagong dans un contexte de crise financière globalisée. Les agences de notation sont des organismes indépendants spécialisés dans l’étude du risque de défaut. Les plus reconnues sont Fitch, Moody’s et Standard and Poor’s, agences de notation anglo-saxonnes, qui représentent à elles seules plus de 97% de la notation financière. Cet oligopole s’appuie sur une réputation bâtie depuis plus de 100 ans.

L’agence Dagong, quant à elle, s’est développée dès 1994 sous l’impulsion de sept institutions étatiques chinoises (1). Son président, Guan Jianzhong, possède 60% des capitaux de l’agence, les 40% restants appartiendraient à l’un des fondateurs dont ne connaît pas l’identité. Guan Jianzhong a reçu, en janvier 2012, le prix du « Shangai leader talent ». Aujourd’hui l’agence compte 1 000 salariés répartis dans 34 succursales éparpillées sur le sol chinois.

L’émergence d’une agence notation au sein du pays premier créancier de la planète change les codes d’une industrie jusqu’ici peu diversifiée. Selon le directeur de l’agence, nous sommes dans « une situation où les pays endettés dominent le système de notation et fournissent des informations qui leur sont favorables entraînant ainsi l’effondrement du rapport créancier/débiteur » (2).

En effet, contrairement aux pays occidentaux, la Chine n’a pas subi directement les conséquences de la crise financière et économique qui a éclaté en 2007. Elle avait déjà accumulé jusque-là une richesse sans précédent, la plaçant en seconde puissance économique mondiale. En 2011, l’excédent commercial s’élevait à 155,14 milliards de dollars. Ce surplus de richesse lui a permis d’investir dans d’autres pays  tels que les États-Unis. Ainsi la Chine détiendrait 8% de la dette américaine.

Pour le président de l’agence Dagong, les agences Moody’s, Fitch et Standard & Poors continuent d’attribuer la note maximale aux Etats-Unis alors que, toujours selon lui, la capacité de ce dernier à rembourser sa dette est de plus en plus faible. On note bien de la part de Guan Jianzhong une certaine amertume à l’égard des agences de notations anglo-saxonnes et du principal rival de la Chine, le pays de l’oncle Sam. De surcroit, toujours selon le président de Dagong, il existe des différences de traitement entre la crise aux Etats-Unis et la crise en Europe (3).

Lire la suite

Les Agences de notation sont-elles condamnées?

En Australie, la justice a donné droit aux demandes de collectivités locales acheteuses de produits financiers cotés AAA par Standard and Poor’s et qui se sont effondrées de plus de 97% de leur valeur. Ce serait une première! Peut-on dire pour autant qu’enfin les Agences de Notation vont devoir assumer des responsabilités accrues?

Est-il vrai que Standard and Poor’s a déclaré pour sa défense dans le cas australien “La notation est un art, pas une science” ? Il serait très agréable qu’il en soit ainsi, car, les juristes seraient enfin libérés de l’obligation de fournir des preuves, d’établir des liens de causalités, d’avancer des évaluations et d’inscrire les évènements dans des délais précis.

Il serait enfin possible de se prononcer de façon artistique, de déclarer que juger est du ressort de l’art, que les lois ne sont là que pour apporter un peu de décorum et que l’essentiel réside dans l’absolue indépendance de jugement du juge, son intime conviction, qu’elle soit perturbée par une mauvaise digestion ou affutée par les pertes subies dans la gestion de son portefeuille de placement.

On va dire que « non, ce n’est pas possible, aucun juriste serait suffisamment sot pour se risquer à pareille comparaison. Non, ce n’est pas possible de condamner Standard and Poor’s au simple motif qu’ils ne sont que des artistes ringards qui n’ont pas compris que le monde et ses représentations avaient changé ! ».

En tout cas, une de plus, voici ce qu’on peut dire de la condamnation qui vient de tomber sur la tête de Standard and Poor’s en Australie.

Dérive de la Notation.

Lire la suite

L’idéal de l’Empire de Prométhée à Épiméthée

par Massimo Cacciari

Incontestablement, la période qui va de l’écroulement du « socialisme réel » à la nouvelle « grande crise » que nous traversons actuellement peut être définie véritablement comme une époque. Le terme Épochè indique, en effet, l’arrêt, l’interruption, mais non pas comme s’il s’agissait d’un espace vide, d’un intervalle. Il signifie, au contraire, un resserrement dans le cours du temps, une abréviation extraordinaire, dans laquelle ses caractères essentiels s’expriment comme contractés les uns sur les autres et les uns contre les autres. L’époque, de ce point de vue, n’est donc nullement un « temps long », mais le concentré de ses significations dans un spasme, qui les révèle et peut aussi, en même temps, les dissoudre.

Gustave Moreau : “Prométhée”

De ce même point de vue, on peut définir comme « époque » la grande guerre civile qui a anéanti la centralité politique de l’Europe entre 1914 et 1944 : trente ans seulement, à peine plus que « notre » 1989 – 2011. Dans l’époque, se précipitent évidemment des idées, des facteurs, des contradictions mûries dans le « temps long » – et c’est pourquoi il est impossible de la comprendre de manière isolée. Mais elle assume toutefois une valeur révélatrice et déploie les mêmes éléments qui étaient déjà à l’œuvre selon des dimensions et des énergies nouvelles.

Alors que, précisément, toute « normalité » est arrêtée, ce qui semblait à première vue normal et facilement prévisible dans ses développements s’exprime désormais selon des formes inattendues et inquiétantes. Dans un certain sens, l’époque assume toujours une valeur « apocalyptique ». Conséquence évidente de cet état de choses : l’affirmation d’une extraordinaire porosité des mots. Leur puissance « apophantique » décroît redoutablement. Le rapport entre les mots et les choses qu’ils devraient désigner se fait dans la plus grande insécurité.

Que signifient aujourd’hui les mots démocratie ? marché ? paix ? Ou encore : nous avons fait l’unité européenne – mais que signifie l’Europe ? l’Occident ? Ainsi, le terme époque résume aussi en soi sa profonde signification sceptique : toute époque authentique se révèle également en tant que doute radical sur son propre passé et ne s’ouvre au futur que de manière hasardeuse.

Lire la suite

Standard & Poor’s condamné pour notation « trompeuse »

La justice australienne a condamné l’agence américaine à indemniser des collectivités locales qui ont acheté dans des produits toxiques très bien notés. Une première et un jugement qui pourraient faire tache d’huile.

Serait-ce la fin de l’immunité des agences de notation ? Pour la première fois, l’une d’elles vient de voir sa responsabilité reconnue pour ne pas avoir bien estimé le niveau de risque attaché à un produit financier.

La justice australienne a condamné hier Standard & Poor’s à indemniser 13 collectivités locales qui ont perdu des millions de dollars australiens dans des produits toxiques qu’elle avait très bien notés, en leur attribuant un AAA. La Cour fédérale d’Australie a retenu plusieurs charges contre l’agence américaine : une notation « trompeuse », avec des « assertions inexactes et négligentes » et la publication d’ « informations fausses ». Pour le tribunal, ces municipalités ont cru que les évaluations de S&P sur deux produits reposaient sur des bases prudentes et solides, alors que « S&P savait que ce n’était pas vrai ».

Les faits reprochés datent de 2006. L’agence avait été choisie par ABN AMRO pour noter la solidité de produits que la banque néerlandaise venait de créer : des dérivés de crédit très complexes, des CPDO (« constant proportion debt obligation »). S&P leur avait décerné un AAA, soit la meilleure note. LGFS, un établissement financier australien, en avait acquis et revendu à des municipalités de Nouvelle-Galles du Sud, qui ont investi 16 millions de dollars australiens (13 millions d’euros). Mais, avec la crise financière, ces produits se sont révélés ruineux. Quand les municipalités ont revendu ces CPDO, elles n’ont récupéré que 7 % de leur mise, après que S&P a dégradé leur note de AAA à BBB+ (à 2 crans de la catégorie investissements spéculatifs). S&P, qui va faire appel de cette décision, s’est dit « déçu » par le jugement. « Nous réfutons toute allégation soutenant que nos avis étaient inappropriés », a déclaré un porte-parole de l’agence.

Règles « bienveillantes »

Lire la suite

Le bankstérisme

Dans Le Monde diplomatique de mai 2012, on apprend que « l’emploi du téléphone portable comme moyen de paiement sécurisé est une innovation venue du Kenya, où le m-banking (banque mobile) a des années d’avance, permettant aux plus pauvres de transférer et d’obtenir de l’argent même sans compte bancaire (1) ». Serait-ce la parade idoine d’échapper au joug bancaire français et occidental ? Difficile de l’affirmer tant ces établissements exercent dans le soi-disant « monde libre » une influence rarement atteinte dans l’histoire. Cette domination indirecte repose sur la détention par les particuliers, les entreprises et les personnes morales d’un compte en banque.

Or, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la possession d’un tel compte n’est pas obligatoire dans l’Hexagone, mais de nombreuses restrictions le rendent indispensables (encaissement des chèques, interdiction faite à l’employeur de payer ses salariés en liquide, seulement par chèque ou par virement, idem pour les allocations sociales…). En revanche, l’article 6 de la loi du 22 octobre 1940 (tiens ! une loi encore en vigueur des « années noires » et on affirmera après l’illégitimité de l’État français du Maréchal Pétain…) oblige tout commerçant inscrit au registre du commerce et des sociétés d’ouvrir un compte. Une amende fiscale est même prévue si cette procédure n’est pas effectuée. Ces contraintes légales peuvent devenir des instruments de contrôle social.

La crise économique de 2008 a révélé aux plus lucides des observateurs que les gouvernements préfèrent sauver les groupes bancaires plutôt que leurs citoyens. Pourquoi ? Parce que les milieux financiers (banques et assurances), médiatiques et politicards constituent les facettes d’une même entité oligarchique. Le remplacement des convictions politiques par la communication politicienne et le coût croissant des campagnes électorales (malgré le plafonnement légal et une vigilance plus ou moins lâche des autorités) favorisent le financement massif des formations partisanes les plus aptes à conquérir le pouvoir. C’est ce qu’on appelle trivialement de la corruption et elle est très incrustée dans les mœurs de l’Amérique du Nord et de l’Europe de l’Ouest.

« La séparation des pouvoirs est institutionnelle, notent Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, mais reste en grande partie théorique. Dans la pratique, la classe dominante cumule toutes les formes de pouvoir. Ses membres, au cœur de l’État, des grandes entreprises, des banques, de l’armée, des arts et des lettres, entretiennent des relations assez proches pour que chacun, dans sa sphère d’influence puisse décider dans le sens des intérêts de la classe (2). » On découvre donc à l’échelle de l’Occident « une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s’exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux (3) ».

La tyrannie du credit score

Lire la suite

États-Unis : Selon Moody’s, le pays pourrait perdre son “Aaa” en 2013

Démocrates et républicains sont prévenus: quel que soit le résultat des élections de novembre, Moody’s privera les Etats-Unis de leur note “Aaa” si le Congrès ne trouve pas en 2013 un moyen de réduire à moyen terme le ratio de la dette publique au PIB du pays.

Les négociations budgétaires au cours de la session parlementaire 2013 détermineront probablement la trajectoire de la note” de solvabilité financière de l’Etat fédéral américain, a averti mardi l’agence de notation financière américaine.

Si ces négociations débouchent sur des mesures politiques spécifiques entraînant une stabilisation puis la mise sur une pente descendante, à moyen terme, du ratio de la dette fédérale au PIB, la note (du pays) sera probablement confirmée et sa perspective redeviendra stable“, écrit-elle dans un communiqué.

Cependant, si ces négociations ne parvenaient pas à l’adoption de telles mesures, Moody’s prévoirait alors d’abaisser la note, probablement à Aa1“, soit un cran au-dessous du “Aaa”, qui est la meilleure note possible, ajoute l’agence.

Lire la suite

La City contre-attaque : ouverture du front français

L’Angleterre a mal à son économie. Elle a mal à ses banques. Elle a très mal à son Libor. Elle ne va donc pas bien. Ne s’agirait-il que de la “Crise” on compatirait, sans plus ! Mais le mal-être de l’Angleterre vient d’ailleurs. On commence à parler de sabotage, d’infiltrations malhonnêtes, de manipulations glauques. On dit que les Français n’y sont pas étrangers !

La bataille de Crécy, enluminure issue des chroniques de Jean Froissart

On voyait bien que le Premier Ministre anglais s’efforçait de donner le change, provocateur à déployer des tapis rouges pour les entrepreneurs français, séducteur pour faire venir les nouveaux Emigrés. On l’entendait bien porter haut et fort la défense et l’illustration des banques de la City. C’est vigoureusement qu’il annonçait qu’en aucune façon, il n’accepterait des réglementations “malthusiennes“, “contraires à l’esprit d’entreprise“, ” étrangères à la philosophie libérale“, “… à l’exigence d’ouverture de l’Union européenne“. Il était prompt toujours à revendiquer l’application des règles de cette Union qu’il avait toujours combattue et, tout à la fois, à les dénoncer comme autant de menaces contre la noble et doublement séculaire Banque anglaise.

On pensait l’Angleterre hors-jeu.

Lire la suite

Péripéties financières (Libor et taux d’intérêt négatifs)

Par Frédéric Lordon

Ça n’est pas que ce soient des choses de première importance, en tout cas pour certaines, comme la piteuse affaire du Libor, peut-être pas de l’importance qu’on proclame à grands sons de trompe, mais tout de même ce sont quelques bizarreries de la finance à propos desquelles il peut être utile de proposer quelques hypothèses – parfois à caractère un peu technique.

Chaque jour, les membres d’un panel de banques sont chacun invités à répondre à la question de savoir quel lui semble le taux adéquat auquel emprunter auprès de ses chers confrères. La British Bankers Association recueille les réponses, élimine le quart du haut, le quart du bas, et fait la moyenne de la moitié du milieu. Le taux qui sort s’appelle le Libor, comme London Interbank Offered Rate, il se calcule pour une multiplicité d’échéances, de un jour à douze mois, et sert de référence à tous les marchés de gros du crédit, soit plusieurs trillions de dollars de contrats de dette… Inutile de dire que le plus léger tripatouillage du Libor a potentiellement des répercussions astronomiques.

Le puzzle des taux d’intérêt négatif

Lire la suite

La dette publique fait trembler l’Amérique sur ses bases

Alors que le gouvernement s’apprête à aborder des échéances capitales, des voix mettent en garde contre les dégâts que pourrait causer la dette fédérale.

Les Etats-Unis doivent avoir peur de la dette. C’est en substance le message répété au début du mois de mai par l’amiral Mike Mullen: «J’avais dit – et je crois que c’est toujours le cas – que la dette est la plus grande menace pour notre sécurité nationale», a affirmé l’ancien numéro un de l’armée américaine au magazine Fortune, en faisant référence à des propos qu’il avait prononcés en 2011. «C’est évidemment complexe, mais pour moi, si nous ne contrôlons pas notre dette, il y aura une perte de confiance en l’Amérique.» Mike Mullen vient peser sur un débat ravivé dernièrement par une série de déclarations alarmantes sur la dette américaine.

Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine, affirme que les Etats-Unis sont en train de se rapprocher dangereusement d’une «falaise fiscale». Ce terme fait référence à la combinaison des brutales réductions des dépenses publiques et des hausses d’impôt qui interviendront dès le 1er janvier 2013, si le Congrès et la Maison-Blanche ne se mettent pas d’accord sur la dette d’ici au 31 décembre 2012.

Bill Gross, le cofondateur de Pimco, le numéro un mondial de la gestion obligataire, a créé des remous le 1er mai dernier, en martelant sur la chaîne de télévision CNBC que la note des Etats-Unis pourrait être abaissée si ces derniers ne s’attaquaient pas à leur «déficit structurel».

«Le passif des Etats-Unis ne se limite pas aux 15 000 milliards de dollars de la dette actuelle, mais il est trois à quatre fois plus élevé si l’on inclut Medicare (le programme public de couverture des frais de santé pour les personnes âgées, ndlr), Medicaid (assurance-maladie publique pour les faibles revenus, ndlr) et la Sécurité sociale (système de retraite, ndlr).»

Ne pas reconduire les exemptions fiscales

Lire la suite

L’arnaque de la dette et l’escroquerie politicienne

La «crise» grecque rapportée par les médias a levé une partie du voile qui recouvre le système financier soigneusement caché aux yeux des peuples.

Cette crise qui affecte tous les pays soumis à l’imperium étasunien, c’est à dire les pays de l’OCDE, a pour effet de conduire ces peuples soumis à l’appauvrissement et à une immense pression pour que leur soient soustraits des avantages sociaux acquis de longues luttes.

Il est donc légitime de se poser des questions sur la réalité de cette crise et des mécanismes qui l’induisent.

La découverte du système d’endettement des nations et des «crises» induites par des difficultés de remboursement de certains pays, nous incite à nous intéresser à des mécanismes financiers particulièrement opaques et pour cause. La découverte du fonctionnement du système révèle une immense arnaque. Le fait que les politiciens de toutes obédiences de droite comme de gauche couvrent cette arnaque et en défendent les rouages est particulièrement grave et pose question sur leur dépendance.

L’imposition du Dollars, de l’Euro, de Union Européenne et de la dette obligatoire forme un système qui permet à la fois aux USA de conserver une valeur à leur monnaie et d’alimenter leur industrie d’armement mais aussi permet à une oligarchie très limitée en nombre de s’enrichir d’une manière considérable.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a79ab890-0a6b-11df-811c-d996489948b4/

Démontage d’une arnaque

Lire la suite

Ces 12 (très gros) problèmes qui devraient empêcher les Européens de dormir

Au lendemain des élections en France et en Grèce, le temps semble orageux. Au programme : une réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) et la “menace Moody’s” qui pourrait déclasser 114 banques européennes. Le point de vue de l’économiste Nicolas Bouzou.

La crise semble être entrée dans une nouvelle phase : des injections massives de liquidités ont permis à des pays comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal de bénéficier d’une période de répit. Toutefois, seule la capacité des dirigeants européens à promouvoir la croissance et à imposer des réformes durables permettra de savoir si la zone euro  - telle que nous la connaissons – va survivre ou mourir.

1 – Dégradations des notes souveraines

Lire la suite

Que ce soit avec Hollande ou Sarkozy : “La France va dans le mur”

Selon Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres, les programmes des deux poids lourds des candidats ne sont pas de nature à rassurer les marchés financiers. Il estime que toute augmentation brutale des dépenses sera très rapidement sanctionnée par les investisseurs.

Si les marchés financiers se crispent, je crains que le prochain projet de loi de finances soit des plus austères. Avec les conséquences sociales que l’on peut imaginer.

La zone euro va-t-elle à nouveau être victime de la défiance des marchés financiers ?

Cette défiance est déjà perceptible vis-à-vis de certains pays fragiles. C’est le cas de l’Italie mais surtout de l’Espagne, en témoigne la récente et brutale augmentation des spread entre les taux espagnol et allemand à 10 ans.
Lire la suite

Le rôle de la Banque de France dans une nouvelle politique du crédit

La Banque de France est une vieille dame méconnue. Certes, son activité au sein des commissions départementales de surendettement ou son rôle dans l’impression des billets en euros ont été médiatisés. Cependant, il est une expertise le plus souvent ignorée : sa capacité à évaluer la situation 
des entreprises.

La Banque gère un fichier 
de 250 000 entreprises résidentes dont le chiffre d’affaires est supérieur à 750 000 euros ou dont le montant des crédits bancaires accordés est supérieur à 380 000 euros. Sont ainsi cotées plus de 75 % des entreprises de la plupart 
des secteurs. Un champ bien plus large que celui des agences de notation qui n’en évaluent au mieux que quelques centaines.

Le système de cotation de la Banque comporte 13 positions

qui vont de 0, la plus favorable, 
à P, cote qui indique que l’entreprise est engagée dans une procédure collective (redressement 
ou liquidation). La Banque de France est également à même de fournir des études détaillées aux collectivités territoriales sur 
des secteurs ou des zones d’activité. Elle a ainsi élaboré une étude sur le secteur de l’armement de Tulle ou sur les potentiels économiques comparés des régions lyonnaise et marseillaise.

Lire la suite

Le guide du voyageur de la crise de l’euro

Et si la crise de l’euro n’était qu’un test grandeur nature, élaboré par un super-ordinateur gouvernant la planète ? Le comique berlinois Horst Evers applique à la situation actuelle les règles de l’univers parallèle imaginé par l’écrivain Douglas Adams. Et l’Humanité ne sort pas victorieuse de l’épreuve.

Dans Le guide du voyageur galactique, Douglas Adams représente la Terre comme une sorte de super-ordinateur conçu par une intelligence supérieure pour élucider les questionnements éternels de l’univers. Dans le but de déterminer les aptitudes et le degré d’évolution de l’Humanité, cette intelligence supérieure extra-terrestre lui soumet donc sans discontinuer des défis corsés dans le cadre de protocoles expérimentaux complexes.

Si l’hypothèse de Douglas Adams était juste, à savoir que c’est cela la raison d’être profonde de l’existence de l’Homme, notre gestion de la crise de l’euro nous renvoie sans doute dans les profondeurs du classement interplanétaire en matière d’intelligence.

Depuis plusieurs mois maintenant, la zone euro repasse par les mêmes phases de ce programme expérimental, chaque fois plus rapidement et chaque fois plus paniquée.

Sept phases immuables

Lire la suite

Fin de crise : inflation monétaire de la B.C.E. ou dévaluation du franc et hyper-inflation !

Par Marc Rousset

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors du dernier marathon européen à Bruxelles ont simplement gagné du temps et mis en place une deuxième digue qui, comme celle du 21 juillet 2011, va encore plus  rapidement céder !

La réduction de la dette grecque ne concerne que celle détenue par les banques, soit 50 % de leurs créances. Cela ramènera la dette grecque en 2012  à 120 % du P.I.B., niveau que l’Italie se voit aujourd’hui reprochée par tous ses partenaires de l’euro – au lieu de 180 % actuellement, ce qui est significatif, mais tout à fait insuffisant pour assurer la viabilité et le rebondissement de la Grèce. Le tourisme, le fret industriel des armateurs grecs et les rares produits industriels ne représentent en effet que 7 % du P.I.B. grec.

La corruption généralisée et la fraude fiscale constituent deux tares  grecques très difficiles à éradiquer. Il est donc peu probable que les revenus de l’État grec, avec une croissance négative, puissent dépasser les dépenses publiques afin d’envisager un excédent et un début de remboursement. Le remplacement d’un fonctionnaire sur dix, les réductions de retraites, les impositions forfaitaires des professions libérales, l’augmentations de T.V.A. de 13 % à 23 % dans les restaurants constituent des effets d’annonces plus que des mesures permettant le redressement effectif.

L’agence de notation Fitch n’a pas arrangé la quadrature du cercle grec en estimant que la décote de 50 % demandée aux banques constituait un « événement de crédit », autrement dit un défaut de paiement susceptible d’entraîner l’activation des contrats d’assurance C.D.S. contre le risque de défaillance des pays (credit default swap). En fait, depuis l’été, la troïka F.M.I., U.E., B.C.E., considère que, malgré tous les efforts apparents, « la situation de la Grèce a empiré ». Quant au produit maximum escompté des cessions d’entreprises par l’État grec, il a été réduit de soixante-six milliards d’euros à quarante-quatre milliards. Espérer dans ces conditions que la Grèce va se redresser et rembourser ses dettes  relève du tragico-comique !

Lire la suite

Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

Lire la suite

La classe moyenne, cette grande perdante de la financiarisation du monde

Depuis la crise de 2007-2008, la classe moyenne apparaît comme la grande perdante sans qu’aucun débat de société n’ait eu lieu. S’appauvrissant peu à peu, elle est seule à payer les errements de la financiarisation du monde. Extraits de “Tondus comme des moutons” d’Alain Germain et Edmond-Henri Supernak (1/2).

Dès qu’une firme de notation financière cible un pays, le même processus se met invariablement en marche : programme d’austérité, coupes budgétaires, augmentations d’impôts, etc.

Si l’on examine les pays directement visés par ces firmes de notation financière tels que la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et si l’on y ajoute même un pays hors zone Euro tel que l’Islande par exemple, que constate-t-on ?

Le politique change ; le financier reste

Portugal. 23 mars 2011. Démission du gouvernement du socialiste José Socrates. Élections en juin 2011. Irlande. 25 février 2011. Défaite cuisante du Premier ministre Brian Cowen, remplacé par le chef du principal parti d’opposition, le Fine Gael, élu sur la base de nouvelles renégociations des conditions du plan de sauvetage. Dans les deux cas, les bases de négociations en cours demeurent les mêmes que celles qui ont fait tomber les gouvernements précédents. Preuve si nécessaire que le politique change alors que le financier reste. Il est probable que certains amendements seront ajoutés pour que chacun sauve la face, mais l’essentiel des conditions imposées demeurera en place.

Faire payer le public pour rembourser les banques

Lire la suite

Pourquoi le « mécanisme européen de stabilité » est une aberration

Extrêmement risqué du point de vue financier, destructeur sur le plan social, et anti-démocratique, le mécanisme européen de stabilité symbolisera-t-il le suicide de l’Europe et la fin d’un demi-siècle de patiente construction et de progrès social ? Explications.

Le 21 février, l’Assemblée nationale se prononcera sur le « Mécanisme européen de stabilité » (MES). Voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ce complexe traité instaure une sorte de FMI européen. Il aura « pour but de mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité (…), un soutien à la stabilité à ses membres qui connaissent ou risquent de connaître de graves problèmes de financement ». En clair, le MES devrait être en mesure d’avancer des fonds aux États de la zone euro qui rencontreraient des difficultés pour emprunter directement auprès des marchés financiers. Les 17 États membres l’ont signé le 2 février. Reste à le ratifier…. Cela se fera-t-il dans l’indifférence générale ? Si le traité est combattu par le Front de gauche, le PS hésite à s’y opposer vraiment, Europe-écologie Les verts (EELV) demeure pour le moment discrets sur le sujet.

Le MES en tant que tel n’est pas un traité, mais une société financière, basée au Luxembourg, dont les actionnaires sont les 17 États de la zone euro. Le capital est fixé à 700 milliards d’euros. Plus un pays est fort économiquement, plus il est obligé de souscrire un nombre important d’actions [1]. Les deux plus gros « actionnaires » sont ainsi l’Allemagne (à 27 %) et la France (20,5 %), suivi par l’Italie (18 %), l’Espagne (12 %) puis les Pays-Bas (5,5 %). Les 12 autres actionnaires possèdent entre 3,5 % (Belgique) et 0,07 % (Malte) du capital. Question préalable : la France devra-t-elle donc débourser 142,7 milliards d’euros pour honorer ses engagements auprès du MES ? Pas en un seul chèque. Le capital de chaque pays doit être mis à disposition dans les cinq ans, par tranche de 20 % par an (soit 28,5 milliards par an dans le cas français, 38 milliards dans le cas allemand). Cependant, en cas de difficultés, les dirigeants du MES peuvent accélérer le versement de ce capital [2]. Dans ce cas, les pays membres devront s’acquitter de la somme demandée dans les sept jours.

Un mécanisme fragilisé par la pression des marchés

Lire la suite

Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

Lire la suite

Moody’s menace le AAA de la France

Addendum vidéo

L’agence d’évaluation financière Moody’s a annoncé lundi 13 février au soir qu’elle envisageait d’abaisser à moyen terme la note de solvabilité maximale (Aaa) qu’elle attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche, et a abaissé celle de six autres pays européens. Moody’s a publié un communiqué sanctionnant neuf pays de l’Union européenne susceptibles, selon elle, d’être affectés “par les risques financiers et macroéconomiques grandissants émanant de la crise de la zone euro”.

Un mois jour pour jour après que sa concurrente Standard and Poor’s a privé la France et l’Autriche de leur triple A, l’agence américaine a annoncé qu’elle donnait désormais une perspective “négative” au “Aaa” qu’elle-même attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche. L’annonce de Moody’s intervient également au lendemain du vote en Grèce du programme d’austérité exigé par les créanciers du pays, qui devrait aboutir à l’adoption par la zone euro d’un plan de sauvetage d’une ampleur sans précédent dans le monde.

Moody’s a aussi annoncé l’abaissement des perspectives des dispositifs publics de soutien aux banques françaises. “Moody’s a modifié à négative les perspectives de la note AAA attribuée à la SFEF et à la SPPE, conformément à la modification de la perspective de la note de crédit française”, souligne l’agence de notation américaine dans un communiqué. Après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en 2008, le gouvernement français avait mobilisé une enveloppe globale de 360 milliards d’euros, dont 320 milliards d’aide à la liquidité via la Société de financement de l’économie française (SFEF) et 40 milliards pour le renforcement des fonds propres via la Société de prises de participation de l’Etat (SPPE).

PARIS ET LONDRES PRENNENT ACTE

Lire la suite

“Dans la zone euro, c’est le marché qui gouverne”

La politique ne se fait pas à la corbeille”, lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L’économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd’hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve “disproportionné” l’affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard & Poor’s.

André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage L’Empire de la valeur. Refonder l’économie (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes “néoclassiques, qui veulent faire croire à l’“objectivité” des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu’il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.

C’est pour s’atteler à cette réflexion qu’André Orléan préside l’Association française d’économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l’enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du Manifeste d’économistes atterrés (éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l’Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi Changer d’économie ! Nos propositions pour 2012 (éd. Les liens qui libèrent).

Qui gouverne en Europe ?

Lire la suite

La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

Lire la suite

Le Consensus de Washington

Les “Dix commandements” version “Pensée unique ultra-libérale ”, sont venus de Washington. Il s’agissait initialement de redresser la situation de pays en difficulté financière. Le FMI en a tiré une réputation détestable. Aujourd’hui, le relais n’est-il pas pris par les Agences de notation?

Les dégradations multiples auxquelles se livrent les Agences de notation avec pour conséquence les appels au rééquilibrage des budgets publics, à la diminution des dettes publiques, à la libéralisation systématique des économies ; les programmes quasi-imposés de privatisations, dénationalisation d’entreprises et de services publics, de luttes contre les monopoles, de réforme des marchés de l’emploi, de réduction des dépenses publiques, du nombre des fonctionnaires et de leurs salaires, tout conduit directement à faire ressurgir et mettre au goût du jour, ce qu’on a appelé le « consensus de Washington ».

L’ultra-libéralisme en pratique
Lire la suite

Peut-on encore contrôler la finance mondiale ?

Certes, la spéculation n’a jamais été aussi forte contre les pays du Vieux Continent. Mais il n’est pas trop tard pour instaurer des règles mettant fin à ces dérives. A condition de choisir les bonnes !

 

Des attaques spéculatives en rafale sur les Etats européens, des agences de notation qui continuent de faire leur loi sur les marchés, des hedge funds qui se la coulent douce dans les îles Caïmans… Pour un peu, on croirait que rien n’a changé depuis la crise des subprimes ! «Trois ans après, les financiers n’en font toujours qu’à leur tête», s’alarme l’économiste Jean-Paul Pollin.

De fait, même si le G20 a commencé à s’attaquer au problème – il a limité les bonus des traders et imposé aux banques de renforcer leurs fonds propres – il reste encore beaucoup à faire pour mettre enfin la finance mondiale sous contrôle. La plupart des décideurs politiques jurent d’ailleurs vouloir s’y atteler. Mais comment s’y prendre ? Entre les utopies sympathiques, les fausses bonnes idées et les propositions démagogiques, les vraies solutions sont parfois difficiles à discerner. «Les réformes les plus séduisantes ne sont pas toujours les meilleures», observe Patrick Artus, de Natixis. Ces pages le confirment.

1. Les réformes efficaces et réalisables

Lire la suite

Qui veut la peau de l’Euro ?

Moody’s vient de dégrader violemment la note de l’Irlande. Motif : c’est un pays malade, la cure qu’il a entreprise va le tuer. Il faut se rendre à l’évidence : l’Europe gêne. Il y a de l’acharnement dans ces notes, dans ce jeu contre l’Euro. L’Euro n’est-il pas « l’homme à abattre » ?

Qui veut la peau de l’Euro ? Quand on regarde le champ de bataille alentour, il y a bien une méthode de combat, une sorte de battue à l’Euro. Une stratégie mise en œuvre contre l’Euro. On peut hésiter entre Cantona et Staline.

L’échec de Cantona à secouer les colonnes du temple des banques Euro malgré les craintes de la Commission Européenne, malgré les craintes de Christine Lagarde, malgré toutes les craintes de tous les gens raisonnables, laisse penser que ce n’est pas lui, ni même ses amis, qui veulent la peau de l’Euro le plus ardemment.

Reste la stratégie « Staline ». On a dit de la stratégie déployée par Staline et Joukov à partir de 1943 que c’était une stratégie « en tiroir ». Idéalement, il faut commencer par la partie du front la plus faible, puis monter progressivement jusqu’à ce que l’ensemble du front se soit embrasé. Dans le cas de Staline, le résultat a été probant.

Les agences de notation dans une stratégie stalinienne

Lire la suite

Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


Lire la suite

Le péril jeune

Par Éric Zemmour

Victimes des « trente piteuses » et de l’égoïsme de leurs aînés, les jeunes ont de quoi protester. Mais ils se trompent de cible.

Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! l’entrée fracassante des lycéens et des étudiants dans les défilés, battant le pavé contre la réforme des retraites, n’a pas révolutionné l’art difficile du slogan. Elle n’a pas non plus apaisé les esprits puisque, c’est une habitude désormais, ces jeunes manifestants ont attiré aussitôt, comme les abeilles par le miel, des nuées de casseurs venus de banlieue pour piller et voler. Enfin, elle n’a guère éclairci les débats embrumés autour de la question centrale du projet gouvernemental : le report à soixante-deux ans de l’âge de la retraite.

Les représentants officiels du mouvement juvénile, précocement blanchis sous le harnais socialiste, n’ont cessé de répéter l’antienne partageuse selon laquelle un vieux qui part plus tard en retraite, c’est une place de moins pour un jeune pressé d’entrer dans le monde du travail. Si ce faux bon sens était avéré, la France ne serait pas à la fois le pays où le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe et où l’activité des plus de soixante ans est la plus faible !

Les lois d’airain du système par répartition auraient plutôt dû pousser les jeunes à manifester… en faveur de la réforme. C’est, en effet, leur génération qui sera appelée à financer les retraites des ex baby- boomers, plus nombreux qu’eux. Le maintien de la retraite à soixante ans les aurait même obligés à payer deux fois, puisque l’État aurait été contraint de s’endetter pour financer une part croissante de ses engagements.

Lire la suite

Banque : Une majorité des fonds éthiques « illégitime »

L’appellation d’investissement socialement responsable (ISR) est «totalement illégitime» pour une majorité des produits d’épargne commercialisés sous ce nom par les banques et les assurances, juge l’association Les Amis de la Terre dans un rapport.

«Le résultat est atterrant : parmi les 89 fonds analysés, pas moins de 71 fonds contiennent dans leurs portefeuilles d’actifs au moins une des 15 entreprises controversées sélectionnées par les Amis de la Terre pour leurs pratiques sociales et environnementales désastreuses».

Lire la suite sur France 24

(Merci à Virtus & Honor)

Crise mondiale, acte II : La crise des saisies immobilières

Depuis quelques semaines, le microcosme de la spéculation US est de nouveau en ébullition : alors qu’elles cherchent à récupérer un maximum de maisons hypothéquées (et de dollars), les banques s’aperçoivent que c’est un véritable capharnaüm pour prouver qu’elles en sont bien les propriétaires.

En effet : les crédits hypothécaires subprime ont été découpés en paquets – les produits dérivés (1) -, que les établissements bancaires, assureurs et autres fonds de pension se sont allègrement revendus en dehors des règles en matière d’immobilier.

Parallèlement, les faillites bancaires ne faiblissent pas. État des lieux indispensable, car les États-Unis sont en très mauvaise passe malgré leur note AAA attribuée par les agences de notation.

Reprenons. On connaît les subprime, ces crédits hypothécaires attribués à des personnes souvent insolvables, dont les taux d’intérêt ont monté en flèche, ce qui a contracté le marché et fait baisser les prix de l’immobilier. C’était le départ de la crise subprime, devenue une crise économique mondiale grâce à l’efficacité de la régulation concoctée par les banques.

Aujourd’hui, les États-Unis sont confrontés à ce que les médias appellent la « crise des saisies immobilières », c’est-à-dire le « gel de centaines des saisies immobilières » par certaines banques comme Bank of America (2), le numéro un du crédit immobilier, Ally Bank ou JP Morgan Chase qui a bloqué 56.000 dossiers et est en train d’étudier 115.000 autres dossiers en cours.

80% des expulsions en cours seraient concernées. Et les procureurs de différents États sont en train de pousser à de nombreuses révisions de dossiers.

Cette année, les États-Unis ont connu plus de 800.000 saisies d’habitations, dont plus de 100.000 (3) en septembre et presque autant en août. Avant la crise, en 2005, on saisissait environ 100.000 logements par an. Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement s’accélère ces derniers mois (normal, si l’on tient compte de l’endettement colossal des banques) et, au final, ce sont plus de 2,4 millions d’habitations qui ont été saisies aux États-Unis depuis décembre 2007.

Lire la suite

Quand les contribuables refinancent les bad banks…

Alors que les stress tests des banques européennes n’ont pas fait bondir la bourse, l’annonce d’un assouplissement de la régulation par le comité de Bâle a été, lui, efficace pour les banques. Seraient-elles en si mauvaise position pour qu’un assouplissement réglementaire ait plus d’impact auprès des spéculateurs que les « stress tests » ? D’autant que ces derniers temps, les banques, qui sont encore plus endettées que la France, rapatrient leurs actifs pourris, histoire de faire payer leurs erreurs par les contribuables.

Lundi 26  juillet, le cours en bourse de diverses banques européennes a grimpé de quelques points. Les stress test n’avaient pas eu cet effet, peut-être parce qu’ils ne valaient rien. Là, c’est du sérieux. Alors qu’au G20, on nous a répété qu’on allait faire confiance au comité de Bâle1] pour réguler les banques, notamment en exigeant qu’elles augmentent leurs fonds propres, c’est-à-dire la masse d’argent qu’elles doivent avoir dans leurs coffres pour garantir l’ensemble des prêts et des encours. Actuellement, le taux de fonds propres est fixé à 8%.

Quand une banque vous prête 100€, elle ne les a pas. Elle en a au maximum 8% (et encore, elles parviennent à faire beaucoup moins avec quelques manipulations comptables issues des derniers « assouplissements » réglementaires), ce qui ne l’empêche pas d’empocher les 100€ que vous lui rendez ainsi que les intérêts, tout en mettant votre dette à son actif. Ce système est formidable.

Surtout que c’est pareil avec les États depuis le traité européen que nous avons refusé, et en France depuis que Pompidou, ex ponte de la banque Rothschild, a fait passer une loi interdisant à la Banque centrale de prêter au Trésor, c’est-à-dire à l’État. Du coup, les États aussi sont obligés d’emprunter sur « les Marchés ».

Bref, alors qu’il était question de demander plus de fonds propres aux banques, le comité de Bâle vient de les rassurer, en déclarant qu’il allait « assouplir » ses exigences. Qui restent, à l’heure actuelle, très hypothétiques.

Lire la suite