Agences de l’État : Un discret puits sans fond

Elles sont discrètes, ne font pas tellement parler d’elles mais engloutissent à elles-seules 20% du budget de l’État. Les agences de l’État, ce sont quelques grandes institutions comme Pôle Emploi ou Météo France mais ces dernières années elles se sont démultipliées.

Connaissez-vous par exemple le FNPCA ou Fonds National de Promotion et de Communication de l’Artisanat, ou bien encore le CNDS, le Centre National de Développement du Sport ? Ces organismes, dont on peut parfois douter de l’utilité, s’additionnent et dépensent toujours plus. Enquête sur des institutions peu connues mais très voraces.

Luttez contre ces dettes qui menacent l’économie mondiale

Il est toujours intéressant de suivre de près les investissements des gourous de la finance.

La "machine à rêves" - Times Square, New York City

Les dernières décisions du fonds Berkshire Hathaway sont particulièrement révélatrices de ce qu’anticipe Warren Buffett pour les mois à venir :

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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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L’ombre de la faillite plane sur plusieurs Etats américains

Après la Californie, le New Jersey et l’Illinois sont étranglés par leurs dettes. Certains estiment que Washington viendra à leur aide, d’autres évoquent la solution de la banqueroute.

San Diego sera-t-elle la première ? Dans la grande ville du sud de la Californie, le débat fait rage depuis quelque temps : pour s’en sortir, la municipalité doit-elle se déclarer en faillite ? L’ancien procureur de cette ville de près de 1,5 million d’habitants s’est déclaré favorable à l’idée, comme les principaux entrepreneurs, lassés disent-ils des «semi-vérités» assénées par des élus qui cacheraient la gravité de la situation.

Plus de 2 milliards de dollars de déficit dans le régime des retraites ; 1,4 milliard manquant pour financer le système de santé… Alors que les autorités de San Diego refusent d’augmenter les impôts, certains s’interrogent sur la pertinence de cette solution radicale, qui permettrait notamment à la ville de renégocier en bloc les salaires et le montant des retraites.

Panique à l’européenne

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Stuxnet n’est pas clair – Cyberguerre contre l’Iran ?

Étrange histoire que celle de Stuxnet, un logiciel informatique malveillant (un «cheval de Troie» ) qui agite beaucoup le monde de la cybersécurité. Repéré depuis juillet, ce virus pourrait bien présenter la particularité d’être le premier vrai outil de cybersabotage (une arme de cyberguerre ou de cyberterrorisme, si l’on préfère) capable de s’en prendre sérieusement à des infrastructures vitales.

La centrale nucléaire de Bushehr, en Iran

Résumons : le virus se propage par des clefs USB et profite d’une faille de Windows, il est nocif et sophistiqué, il aurait été repéré en Inde et en Indonésie, il s’en prend à des systèmes dits Scada (Supervisory Control and Data Acquisition)… Jusque-là, rien de très passionnant pour le non-spécialiste.

Jusqu’à ce qu’il tique en lisant deux informations : Stuxnet s’en prend à des systèmes qui programment des automates de chez Siemens et 60 % des vers repérés l’ont été sur le territoire iranien selon Symantec.

De là, certain ont commencé à déduire que Stuxnet, qui pourrait, par exemple, mettre en panne une centrifugeuse, serait une arme secrète destinée non pas à prélever des informations secrètes, mais à paralyser la centrale iranienne d’enrichissement de l’uranium à Bushehr. Même si Siemens (qui avait installé certains des systèmes iraniens) le dément, l’hypothèse d’une attaque informatique (gouvernementale ?) contre la nucléarisation de l’Iran commence à avoir beaucoup d’adeptes.

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Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

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Goldman Sachs mène l’attaque contre l’Europe et la Grèce

Par Roberto Fiorini

Lecture décalée des événements contre la Grèce et l’Europe…

Qui agit en sous-main ? Aidé par les agences de notations, fidèles alliés du système mafieux ?

Dans les salles de bourses on prononce son nom, mais avec prudence, car on ne peut accuser sans preuve ; pourtant, parfois, les langues se délient. Goldman Sachs jouerait sur les deux tableaux : d’un côté, elle aiderait l’Etat grec à vendre sa dette sur les marchés et de l’autre, elle manipulerait les hedge funds qui attaquent l’Euro, l’Europe et la Grèce pour commencer…

Extraits de presse et d’une émission de radio qui dit très clairement les choses.

http://www.dailymotion.com/video/xc7q5p

Et le consensus médiacratique, aidé par les éternels spadassins que sont les agences de notations, appuie là ou ça fait mal, sur les faiblesses de l’Europe des marchands, alors qu’il faudrait interdire les pratiques mafieuses de ces banksters, et des politiciens qu’ils entretiennent au pouvoir, partout dans le monde (ou presque).
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Le fabuleux lobbying de la finance américaine

Par Hélène Rey, professeur à la London Business School

Le lobby (vestibule, couloir) de la Chambre des Communes (Angleterre), par Liborio Prosperi, 1886

La crise économique que nous traversons a de multiples facettes. Les historiens auront fort à faire pour établir la version correcte des faits et établir les responsabilités.

Les grands déséquilibres macroéconomiques et les déficits de la balance courante américaine ont sûrement joué un rôle, tout comme la politique monétaire de la Réserve fédérale des Etats-Unis. Les régulateurs se sont endormis au volant ou ont été trop complaisants face aux offensives de charme des grandes banques. Les agences de notation ont profité de la manne de Wall Street et n’ont pas fait leur travail. Certains économistes ont mis en garde contre la bulle immobilière mais d’autres ont cherché à justifier par des facteurs rationnels les accroissements faramineux des prix des maisons. Les structures des rémunérations dans les banques ont encouragé la prise de risque.

Et lorsque la crise s’est véritablement déclenchée, le cafouillage des autorités a également été dommageable. La faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, par exemple, lâchée par le Trésor américain, a contribué de façon décisive à la déstabilisation des marchés financiers. Hank Paulson, secrétaire d’Etat américain au Trésor à l’époque, tente, dans son livre de mémoires de rejeter la responsabilité de cette faillite sur le Trésor britannique. Ce dernier aurait bloqué le rachat de Lehman Brothers par Barclays à la dernière minute, en raison de craintes (sûrement justifiées !) de l’impact d’une telle acquisition sur la stabilité du système financier britannique. Les historiens trancheront.

De nombreuses questions sont maintenant soulevées sur le coût du sauvetage de la compagnie d’assurances AIG avec des milliards de dollars d’argent public. Les principaux bénéficiaires de cette opération ont été de grandes banques d’investissement, dont certaines jugées proches de l’administration américaine.

Les universitaires commencent à se pencher attentivement sur le lobbying des institutions financières aux Etats-Unis.
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Rapatriement de la dette ou dé-mondialisation ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Parmi les nombreuses propositions à effet de juguler les dangers d’une dette publique jugée insupportable, on notera l’intéressant article signé de Rodolphe A. Müller et Pierre-Alain Schieb dans Le Monde du 8 juin.

Constatant une corrélation positive entre la quiétude des marchés et le pourcentage de la dette domestique dans la dette publique totale, les deux auteurs en viennent à proposer un plan de compensation inter-Etats et inter-créanciers, aboutissant à la renationalisation de la dette.

Aucun détail concernant la procédure suivie n’est indiqué. Simplement, il s’agirait d’une gigantesque compensation. Et, sans doute, compensation elle-même fort complexe, puisque les dettes publiques nombreuses, en théorie égales au nombre d’Etats, sont appropriées par des agents nationaux fort nombreux et fort divers : banques centrales, banques nationales et étrangères, compagnies d’assurances, fonds de pension, ménages.

Plus complexe encore – à supposer qu’il existe un accord politique international, regroupant un nombre significatif d’Etats concernés et volontaires – serait le taux de change entre les dettes compensées. Problème qui reste entier, dans une compensation entre Etats n’appartenant pas à un même zone monétaire. Mais, problème qui demeure, même à l’intérieur d’une zone, les nouvelles créances ne jouissant plus des rendements antérieurs. A titre d’exemple, les créanciers français de dette publique grecque verraient s’affaisser, au terme de la compensation, la rentabilité de leur investissement.

Mais il y a beaucoup plus grave. La compensation généralisée aboutirait à la mise sur le devant de la scène, et donc sa mise à l’index, de l’Etat le plus internationalement endetté. Le processus envisagé de rapatriement favorise peu les Etats dont l’endettement est faible ou repose sur une base domestique.

Ainsi, le Japon qui, certes dispose d’un Etat très endetté, serait peu favorisé par la procédure de rapatriement. Il n’y a quasiment rien à rapatrier et seulement 5,8% de la dette publique sont détenus par des étrangers.

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USA : le déficit américain moins mauvais que si c’était pire

Ah ! que Coluche aurait été content d’annoncer une si bonne nouvelle !

En effet, l’adepte du “c’est pas plus mal que si c’était pire” aurait été heureux de nous faire partager l’information : si les Etats-Unis ont enregistré un déficit budgétaire de 65,39 milliards de dollars en mars, certains trouvent tout de même le moyen de se féciliter du fait que ce montant s’avère en forte baisse par rapport aux mois précédents… mais tout de même supérieur aux estimations des analystes !

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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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La France dit viser l’équilibre budgétaire en 2020

La France vise l’équilibre budgétaire en 2020, a déclaré le Premier ministre François Fillon.

Le chef du gouvernement s’exprimait sur Europe 1 après la transmission à la Commission européenne de la trajectoire actualisée des finances publiques, qui prévoit un retour à un déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013.

“On s’est fixé un objectif : repasser en dessous de 3% en 2013 et atteindre l’équilibre à l’horizon 2020″, a-t-il déclaré.

“On s’est calé d’ailleurs à peu près sur ce que fait l’Allemagne”, a-t-il ajouté.

Pour réduire le déficit public, “on va ralentir l’augmentation”, a poursuivi François Fillon. “Il ne s’agit pas d’une politique d’austérité. Une politique d’austérité c’est quand on augmente les impôts et qu’on réduit les prestations.”

Cette année, le déficit public est prévu à 8,2% du PIB. Pour arriver à 3% en 2013, il faudrait le réduire d’environ 100 milliards d’euros, soit plus de 5 points de PIB, ce qui constituerait une première depuis au moins un demi-siècle.

Pour cela, le gouvernement veut que les dépenses de l’Etat et des collectivités locales progressent de moins de 1% par an à partir de 2011 et que les dépenses de Sécurité sociale augmentent de moins de 3%, a ajouté François Fillon.

“Ça ne s’est jamais vu mais c’est quand même encore une augmentation des dépenses. C’est une politique sérieuse de gestion que nous pouvons encore conduire parce que nous avons les marges pour le faire”, a-t-il poursuivi.
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Après la crise, un conte parfaitement immoral

L’année 2009, où les plus grands dangers furent conjurés grâce à l’action des Etats [N.B. : c'est Jean-Paul Fitoussi qui écrit - Fortune], se termine sur un goût amer. Les gouvernements sont accusés d’avoir été dispendieux, d’avoir accumulé des dettes insoutenables et de préparer ainsi la crise à venir.

La Commission européenne, aphone au plus fort de la tempête, retrouve sa voix pour soumettre 20 sur 27 pays de l’Union à la procédure pour déficits excessifs ! Il conviendrait qu’ils reviennent aux limites “raisonnables” du pacte de stabilité. Mais il n’y a rien de raisonnable dans l’époque que nous vivons, rien de rationnel dans les enchaînements qui nous ont conduits à pareil résultat.

Le comble du cynisme est atteint lorsque les agences de notation se mettent à redoubler leur surveillance sur la dette des Etats, et que les marchés, qui en furent les victimes, leur accordent la plus grande attention. Combien d’épargnants, combien d’institutions financières, ont-ils acheté, confiants dans leur notation, des titres donnés pour sûrs, alors qu’ils incorporaient des risques considérables ?

Cette incompétence des agences de notation est aujourd’hui mise au service des marchés de titres publics. Elle fut coresponsable de la crise en sous-évaluant les risques inhérents à la détention de titres privés ! Lire la suite

Selon le LEAP, au printemps 2010, les finances publiques deviendront ingérables

Printemps 2010 – Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : quand le nœud coulant des déficits publics va étrangler les Etats et les systèmes sociaux occidentaux.

Selon le LEAP/E2020 (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), la crise systémique globale va connaître un nouveau point d’inflexion à partir du printemps 2010.

En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu’il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent au vu de l’échec des différents stimulus de 2009 (1) et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative.

Si ce « nœud coulant » des déficits publics que les gouvernements se sont volontairement passé autour du cou en 2009, en refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes (2), va peser lourdement sur l’ensemble des dépenses publiques, il va tout particulièrement affecter les systèmes sociaux des pays riches en appauvrissant toujours plus la classe moyenne et les retraités, tout en laissant les plus défavorisés à la dérive (3).

Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d’un nombre croissant d’Etats et de collectivités locales (régions, provinces, états fédérés) va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d’intérêts et de fuite hors des devises en direction de l’or.

Devant l’absence d’une alternative organisée à un Dollar US toujours plus faible et afin de trouver une alternative à la perte de valeurs des bons du trésor (en particulier américains), les banques centrales du monde entier devront en partie se « reconvertir à l’or », le vieil ennemi de la Réserve fédérale US, sans pouvoir encore le déclarer officiellement.

Le pari de la reprise ayant désormais été bel et bien perdu par les gouvernements et les banques centrales (4), ce point d’inflexion du printemps 2010 va ainsi représenter le début du transfert massif des 20.000 milliards de dollars d’ « actifs fantômes » (5) vers les systèmes sociaux des pays qui les ont accumulés. Lire la suite