La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

Lire la suite

Quelle pénurie énergétique ?

S’il était possible de capter et d’utiliser l’énergie de seulement deux minutes des rayons du soleil qui réchauffent la planète, ce serait suffisant pour fournir de l’énergie aux véhicules, pour éclairer et chauffer les bâtiments et assurer tous les besoins en électricité pendant une année entière.

En termes simples, l’humanité ne subit pas vraiment les effets d’une pénurie d’énergie, mais fait plutôt face à des difficultés techniques pour la capter et la distribuer aux usagers. Or une des meilleures façons pour régler ce problème est d’investir dans des moyens plus efficaces pour l’emmagasiner.

Bon nombre des problèmes du monde contemporain sont attribuables à l’utilisation d’énergie, que ce soit les conflits tournant autour de l’approvisionnement du pétrole, les problèmes préoccupants des émissions de gaz à effet de serre, les pertes d’efficacité et de production découlant de pénuries d’énergie et de pannes de courant.

Il y a plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas d’électricité ; et près de 2,6 milliards qui ne disposent pas d’appareils modernes de cuisine. Plus de 95 % de ces personnes vivent en Afrique subsaharienne ou dans les pays en développement de l’Asie, et 84 % d’entre eux habitent en région rurale.

Lire la suite

Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

Lire la suite

Pétrole : le calme avant la tempête, d’après l’Agence internationale de l’énergie

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévient dans son dernier rapport annuel : la planète pétrole est en passe d’entrer dans une zone à très haut risque, en dépit de ce que pourrait laisser croire la chute actuelle des cours de l’or noir. Conséquence de la révolution du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et du ralentissement de la croissance mondiale, la baisse spectaculaire des prix du baril menace de tarir les investissements indispensables pour repousser le spectre du pic pétrolier, confirme l’AIE.

Le chef économiste de l’AIE, Fatih Birol, avertit :

“L’image à court terme d’un marché pétrole bien approvisionné ne doit pas masquer les risques futurs (…), à mesure que s’accroît la dépendance vis-à-vis de l’Irak et du reste du Moyen-Orient.”

Croissance attendue de la production mondiale de brut. La production actuelle est de l’ordre de 90 millions de barils par jour (Mb/d). Source : Agence internationale de l’énergie, 2014.

Lire la suite

La consommation mondiale d’énergie bondira de près de 40% d’ici 2040

L’appétit des pays émergents devrait s’accentuer. Mais la croissance de la demande devrait se tasser au fil des ans en raison d’une efficacité énergétique renforcée.

Une consommation d’énergie accrue mais une demande qui se tasse au fil des ans. C’est ce qui ressort des prévisions de l’Agence internationale de l’Energie, qui publie ce mercredi sa grande étude prospective annuelle. Voici les principales prévisions de l’agence :

• 37%

C’est la croissance attendue de la demande mondiale d’énergie d’ici 2040 selon le scénario central de l’AIE. Cette prévision est très éloignée de celle de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) qui avait estimé, dans sa dernière étude prévisionnelle, à 60% la croissance de la consommation mondiale d’énergie à cette échéance.

D’après l’AIE, la géographie de la demande mondiale sera profondément bouleversée. La consommation d’énergie stagnera dans la plupart des pays européens, au Japon, en Corée du Sud et en Amérique du nord. Les nouveaux moteurs de la demande se trouveront dans le reste de l’Asie (notamment en Inde et en Asie du sud-est) qui représentera 60% de la demande mondiale, en Afrique sub-saharienne, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Lire la suite

Chute de la production de brut russe l’an prochain, annonce le Kremlin

Le ministère des finances russe “prédit” un “déclin” du revenu des exportations pétrolières, “dû à une chute attendue de la production de pétrole”, selon une dépêche laconique de l’agence Itar-Tass publiée le 7 juillet.

Les extractions annoncées pour 2015 seront de 195,4 millions de tonnes, au lieu des 202,6 millions de tonnes prévues initialement dans le cadre de loi de finance pour 2014 de la Fédération de Russie. Le chiffre devrait être à nouveau en baisse en 2016, avec 193,4 millions de tonnes, au lieu des 206,4 attendus.

Le manque à gagner sur les recettes d’exportation du brut sera de l’ordre de 4,5 milliards de dollars en 2016 par rapport au montant initialement espéré, précise le ministère des finances. La Russie est le deuxième producteur mondial d’or noir aujourd’hui, juste derrière l’Arabie Saoudite.

Lire la suite

Le Dessous des Cartes : Gaz de schiste, une nouvelle géographie de l’énergie ? (2/2)

De nombreux pays s’interrogent sur l’opportunité d’exploiter leurs ressources en gaz de schiste. Le Dessous des Cartes revient sur le cas des États-Unis, puis dresse un tableau de la situation mondiale, afin de mieux comprendre en quoi les gaz de schiste pourraient modifier la géographie de l’énergie et même jouer un rôle déterminant sur l’échiquier des grandes puissances.

Revoir la 1ère partie :

Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

Lire la suite

Le Dessous des Cartes : Gaz de schiste, techniques d’exploitation et impact environnemental (1/2)

L’exploitation de cet hydrocarbure non conventionnel fait débat dans de nombreux pays. Dans ce premier volet, Le dessous des cartes s’interroge sur les techniques employées pour sa production, mais aussi sur les enjeux de son exploitation et son impact environnemental.

Matthieu Auzanneau : “Pic pétrolier: chimère ou danger imminent ?”

Le pic pétrolier, c’est l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole déclinera, faute de réserves suffisantes encore exploitables.

Demain, Mad Max ? Quelles peuvent être les conséquences pour notre mode de vie d’un sevrage forcé de la source d’énergie qui a permis l’essor de la société industrielle, et que l’ensemble des autres sources d’énergie paraît être incapable de pleinement remplacer ?

Gaz de schiste : pourquoi les estimations en France sont fausses

Combien de mètres cubes de gaz de schiste dorment sous nos pieds ? Un quart de moins que ce que l’on pensait, a annoncé lundi, l’Agence américaine de l’énergie. Mais pour les géologues français, aucune estimation ne tient la route.

La France vient de quitter le club très envié des eldorados potentiels de gaz de schiste. Au niveau mondial, les nouveaux résultats de l’Agence américaine de l’énergie (EIA), publiés le 10 juin, ont de quoi faire saliver les pétroliers : depuis le dernier rapport paru en 2011, les réserves présumées de cet « hydrocarbure non conventionnel » ont été revues à la hausse de 10 %. Elles atteignent désormais 345 milliards de barils, soit l’équivalent de la consommation mondiale pendant dix ans.

Mais la France, comme la Pologne, est restée sur le banc. Pire, elle dégringole au classement. Tandis qu’en 2011, l’Hexagone fanfaronnait en dixième place mondiale des pays dotés de sous-sols riches en gaz de schiste (avec un magot estimé à 5,1 milliards de mètres cubes), elle est aujourd’hui sortie du classement américain. Entre temps, près de 1,2 milliard de m3, soit 24% des réserves précédemment estimées, semblent s’être évaporés. Sur certaines zones, la baisse est encore plus marquée. Ainsi, le bassin du Sud-est (un triangle situé grosso modo entre Montpellier, Nice et Grenoble) renfermerait dix fois moins de ressources que celles évaluées il y a deux ans. De tels écarts laissent les géologues dubitatifs.

Lire la suite de l’article sur Terraeco

La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, lors de son passage jeudi [16 mai 2013] à Montréal.

La statistique est probante : en l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.

Lire la suite

L’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990

Malgré près d’un quart de siècle d’investissements dans les énergies renouvelables, l’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mercredi 17 avril.

Non seulement la consommation énergétique mondiale s’envole, mais la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque unité énergétique produite n’a baissé que de 1 % en moyenne depuis vingt-trois ans, à cause principalement de l’essor continu du très polluant charbon.

Le rapport, intitulé “Identifier les progrès de l’énergie propre”, “démontre que pour la majorité des technologies économisant l’énergie et réduisant les émissions de CO2, la lenteur des progrès est alarmante”, selon l’agence basée à Paris.

“La quête d’un système énergétique mondial propre est tombée en panne”, déplore la directrice de l’AIE, Maria van der Hoeven, citée dans le rapport. “Malgré les discours des dirigeants mondiaux, et malgré le boom des énergies renouvelables lors de la dernière décennie, l’unité moyenne d’énergie produite aujourd’hui est, en gros, aussi sale qu’il y a vingt ans”, constate-t-elle.

LA DOMINATION CONTINUE DES COMBUSTIBLES FOSSILES”

Lire la suite

Pétrole : le déclin des « majors » se confirme en 2012

Quatre des principales compagnies pétrolières internationales ont à nouveau enregistré d’importants déclins de leurs productions de brut en 2012, selon les rapports trimestriels présentés ces derniers jours. Ces déclins semblent d’autant plus significatifs qu’ils se sont produits en dépit des investissements records consentis par Exxon, Chevron, BP et Shell. (On attend avec curiosité la publication la semaine prochaine des résultats du groupe français Total.)

Le bilan de l’année 2012 devrait donner des indications claires sur le bien-fondé de la menace du pic pétrolier.

Ça part mal pour Big Oil.

La production pétrolière du géant américain Exxon a poursuivi son recul en 2012, chutant de pas moins de 5,5 % par rapport à l’année précédente, de 2,31 à 2,18 millions de barils par jour (Mb/j), peut-on lire dans le dernier rapport trimestriel. Le recul n’épargne aucun continent.

Exxon précise que le déclin de sa production de pétrole se limite à – 1,6 %, si l’on tient compte des évolutions de périmètre d’activité, des désinvestissements et des effets induits par les quotas de l’Opep. La compagnie ne présente pas l’impact de chacun de ces trois facteurs séparément ; il ne semble guère pertinent d’écarter les cessions d’actifs et les désinvestissements, dans la mesure où ceux-ci concernent habituellement des puits pétroliers en déclin.

Lire la suite

Le quatrième choc pétrolier

Derrière le prix élevé des carburants qui focalise l’attention des candidats à la présidentielle, il y a la réalité négligée d’un véritable troisième choc pétrolier rampant. La facture énergétique de la France a doublé en moins de 10 ans. Cela pose des problèmes à tous les échelons de l’organisation économique et sociale, en redistribuant les cartes du pouvoir d’achat des ménages et en pesant sur les entreprises. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours.

L’évolution défavorable de l’euro au cours des 24 derniers mois a joué défavorablement, tout comme les tensions avec l’Iran. Pourtant, la tendance est là : le monde est pendant encore plusieurs décennies extrêmement dépendant des énergies fossiles, avec un rapport tendu entre une offre qui s’appuie sur des ressources de plus en plus coûteuses à extraire et une demande en progression constante.

Le thème de l’énergie pourrait être l’occasion de se projeter loin dans le futur. Il reste pour l’instant traité comme un problème conjoncturel…

Fait divers ? Le 13 mars dernier au matin, un pompiste parisien anonyme ajuste ses compteurs. Le litre de “super” 95 s’affiche à 2,02 euros. Le chiffre,vite repéré par un site spécialisé, fait le tour des rédactions. On s’était habitué aux lois décrétées à chaud, tout de suite après un drame de l’actualité, pour rassurer l’opinion publique. Ce penchant s’applique aussi désormais à des faits de la vie économique.

Face aux gros titres qui alimentent la grogne populaire en annonçant que, quelque part en France, le litre de super, dont la puissance symbolique a depuis longtemps remplacé celui de la baguette, a franchi la barre des deux euros, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle promettent des mesures immédiates et identiques, consistant à faire baisser le prix des carburants. En oubliant de préciser : le temps d’une élection. Comme si la hausse du prix du super était un phénomène ponctuel, et une problématique isolée.

Lire la suite

Le gaz non conventionnel bouleverse l’équation énergétique mondiale

Le gaz naturel va connaître son âge d’or, estime l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport publié hier. Bon marché et abondant, ce combustible risque de remettre en cause le développement du nucléaire et des énergies renouvelables.

Le gaz naturel a de beaux jours devant lui. C’est le seul combustible fossile dont la demande va dépasser en 2035 celle de 2008, et ce dans tous les scénarios, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport annuel publié hier. La demande mondiale de gaz, qui a reculé en 2009 pour la première fois depuis quarante ans, devrait même repartir à la hausse cette année, avec une croissance de 2 %. Le gaz est appelé à jouer « un rôle essentiel pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux pendant au moins les deux décennies et demie à venir », martèle l’AIE.

Dans son scénario principal, celle-ci estime que la consommation de gaz va bondir de 44 % entre 2008 et 2035. A cette échéance, ce combustible pourrait peser presque autant que le charbon dans la production énergétique mondiale. Il devrait en effet bénéficier d’une forte demande de la Chine, avec une croissance moyenne de presque 6 % par an d’ici à 2035.

Cette hausse pourrait être encore plus rapide si l’utilisation du charbon est limitée par des facteurs environnementaux. Pour Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence, le gaz pourrait ainsi connaître « un âge d’or très bientôt ».

Lire la suite

L’Agence Internationale de l’Energie accusée de dissimuler la réalité du pic pétrolier

Plusieurs fonctionnaires de l’AIE ont affirmé au Guardian que l’agence minimisait sciemment l’imminence de la pénurie de pétrole. L’une de ces sources accuse les USA d’avoir joué de leur influence pour modifier les publications, afin de laisser croire que les réserves sont plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. La dernière édition du World Energy Outlook [pour le résumé en français de l'édition 2009, cliquez ici] prévoyait une production de 105 millions de barils/jours, alors que des voix à l’intérieur de l’agence s’interrogent et redoutent que la fourchette 90-95 mb/j ne soit intenable.

La production des champs « non encore découverts » (rose) et « non encore développés » (bleu ciel) prévue par l’AIE

Le monde est beaucoup plus proche de manquer de pétrole que les estimations officielles ne l’admettent, selon un informateur de l’Agence Internationale de l’Energie qui affirme qu’elle a délibérément minimisé une pénurie imminente, de peur de déclencher des achats paniques.

Ce haut fonctionnaire affirme que les États-Unis ont joué un rôle déterminant pour encourager l’agence à minimiser le déclin des champs pétroliers existants, tout en exagérant les possibilités de découvertes de nouvelles réserves. Lire la suite

Les investissements pétroliers ont chuté en 2009

La crise n’a pas épargné l’industrie pétrolière mondiale dont les investissements en exploration et production ont chuté cette année de 16%.

La baisse est particulièrement marquée en Amérique du nord (37%) selon le bilan annuel dressé lundi par l’Institut français du pétrole (IFP).

En revanche, le flux est resté stable en Asie. «Cette année, les gagnants sont les grandes compagnies pétrolières chinoises», résume Nathalie Alazard-Toux, directrice de l’économie et de la veille à l’IFP, responsable de l’étude. Les géants pétroliers chinois, tous liés à l’Etat, ont continué de dépenser dans l’exploration mais aussi dans l’acquisition de sociétés étrangères pour sécuriser les approvisionnements, l’obsession légitime de Pékin. Les douanes chinoises ont confirmé hier l’appétit de l’Empire du Milieu pour l’or noir en indiquant que la demande est en hausse de 10% sur un an (chiffre d’octobre).

Les perdants ? «Les compagnies de taille moyenne, les indépendants américains ou de la mer du Nord», poursuit Nathalie Alazard-Toux, privés d’accès au crédit. Par ailleurs, l’effondrement du prix du baril, en janvier 2009, à 35 dollars, après le pic record de 147 dollars de l’été 2008, a rendu non rentables beaucoup d’investissements. Les «majors» (ExxonMobil, Exxon, BP, Shell, et autre Total) ont les reins suffisamment solides pour avoir maintenu leurs investissements.

Traduction sur le terrain de la baisse des investissements: le nombre de forages a reculé, sur terre (-33%) comme sur mer (-11%). Lire la suite

Pic pétrolier : l’Agence Internationale de l’Energie connaît les faits depuis 1998

La révélation par le Guardian des dissensions croissantes que provoquent à l’intérieur de l’agence la surévaluation des réserves pétrolières et la dissimulation de la proximité du pic pétrolier a retenu l’attention d’un lecteur très informé, en la personne de Colin Campbell, un expert du secteur, qui fut avec le français Jean Laherrère, l’un des premiers à prendre conscience de la réalité du pic.

Dans une adresse au Guardian, Campbell retrace les étapes des travaux qui l’ont amené à ses conclusions, et il indique que dès 1998, il avait été contacté par une équipe de l’AIE et leur avait communiqué les données issues de l’industrie pétrolière dont il disposait, bien plus fiables que les chiffres publiés par les gouvernements. Cette même année, l’AIE mentionnait dans son rapport annuel une source d’approvisionnement nommée de manière fort sibylline pétrole « non conventionnel, non identifié », représentant pas moins de 20% de la consommation mondiale en 2020.

Il s’agissait en fait d’un message codé, nous dit Campbell, indiquant, pour qui savait lire, que cette ressource inconnue et encore à découvrir risquait fort de ne jamais se matérialiser. Devant les vagues provoquées par cette information, pourtant passée presque inaperçue, l’AIE a fait marche arrière dès l’année suivante, en choisissant de renommer cette source d’approvisionnement fantôme en pétrole « conventionnel non-OPEP », sans fournir la moindre justification.
Lire la suite

Hausse de 40% de la demande mondiale d’énergie d’ici à 2030

L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) s’attend à un rebond du prix du baril de pétrole qui devrait atteindre 100 dollars en 2020 et 115 dollars en 2030, la demande d’énergie restant massivement orientée vers les énergies fossiles.

Les prix moyens pour 2009 devraient s’établir aux environs de 60 dollars en 2009, sur fond de déclin de l’activité, avant de rebondir “en raison de la reprise économique” pour atteindre 115 dollars dans vingt ans, en dollars constants de 2008 (c’est-à-dire hors inflation), indique l’AIE dans son rapport sur les perspectives énergétiques mondiales publié mardi.

Après une baisse de la consommation en 2009, la première depuis 1981, la demande mondiale d’énergie devrait augmenter de 40% d’ici à 2030, tirée quasi exclusivement (90%) par les pays émergents dont la Chine et l’Inde. Elle resterait dans une écrasante majorité (77%) tournée vers les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…), responsables des émissions de gaz à effet de serre, selon le scénario “noir” envisagé par l’AIE.

Pour répondre à cette demande, les investissements requis d’ici à 2030 sont “immenses“, juge l’AIE, qui les chiffre à 26.000 milliards de dollars, soit 1.100 milliards par an. “La crise financière a rendu plus incertaine que jamais” la possibilité de mobiliser ces fonds, selon le rapport.

Lire la suite