Boites de conserve, aluminium, bisphénol… faut-il en avoir peur ?

Cet enregistrement donne l’alerte sur les effets des perturbateurs endocriniens émis en quantités infimes par les emballages et contenants utilisés par l’industrie alimentaire. Alors que des centaines d’études mettent en évidence le lien entre ces substances agissant sur le système hormonal et des problèmes de santé publique aussi variés que l’obésité, le cancer, la maladie d’Alzheimer, la puberté précoce, l’hyperactivité et l’agressivité des jeunes, les autorités politiques et sanitaires, en particulier au niveau européen, persistent à considérer qu’il n’y a pas lieu de légiférer.

Le cas du bisphénol 2, dégagé dans les aliments par certains plastiques – dont les revêtements intérieurs des boîtes de conserve – est exemplaire: finalement interdit dans la fabrication des biberons pour éviter son effet sur les nourrissons, il reste autorisé dans le conditionnement des aliments. Ceci est parfaitement incohérent lorsque on sait que le bisphénol qui affecte le développement de l’enfant provient à 10 % du biberon et à 90 % du sang de la mère durant la gestation. Comme l’explique le lanceur d’alerte et chercheur à l’INERIS André Cicolella, nous voyons là une démonstration de l’action des lobbies omniprésents dans les instances politiques.

Les effets des perturbateurs endocriniens commencent à se manifester après 10 ou 20 ans, voire seulement dans la génération suivante. En outre, comme l’explique André Aschieri, ancien vice-président de l’AFSSET, en la matière, ce n’est pas la dose qui fait le poison, mais la période de la gestation durant laquelle il agit. Ces éléments, en brouillant les pistes, facilitent indéniablement le travail des groupes de pression…

France Inter, Service public

(Merci à Jean-Pierre Schnyder)

Les nanotechnologies, mal connues du grand public, au coeur d’un débat houleux

Le débat public sur les nanotechnologies a mis en lumière un “consensus sur la nécessité” de recenser ces substances et de fournir “une information large, précise et continue”, relève dans un bilan rendu public mardi la commission chargée d’organiser ce débat.

Les matières et déchets radioactifs font l’objet d’un large inventaire national rendu public. Pourquoi ne pas procéder de la même manière pour les nanotechnologies, note la Commission nationale du débat public (CNDP) en résumant dans ce bilan et dans un compte-rendu les propositions avancées lors du débat.

Organisé du 15 octobre au 23 février dans 17 villes en France, il a été “particulièrement perturbé” à Lille, Grenoble, Rennes, Lyon et Marseille et les trois dernières réunions (Orsay, Montpellier, Nantes) ont été annulées et remplacées par des débats sur internet, rappelle la CNDP.

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Le travail sous tension

Des conditions de travail dégradées, conjuguées à un recul des solidarités collectives, expliquent la souffrance psychique de nombreux salariés.

25 suicides en un peu plus d’un an et demi : l’effroi a saisi France Télécom, braquant une nouvelle fois les projecteurs médiatiques sur la souffrance au travail, deux ans après la série noire qui avait endeuillé le Technocen­tre de Renault, à Guyan­court.

Cette violence, que les salariés retournent contre eux, n’épargne aucun secteur : PSA, BNP Paribas, IBM, EDF ou encore l’Assistance ­publique-Hôpitaux de Paris y ont été ou y sont confrontés. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le phénomène dépasse donc largement le huis clos de telle ou telle entreprise, en prise avec des méthodes de management contestables. Difficile, pour autant, d’en évaluer l’ampleur de manière précise. Le nombre de suicides liés au travail est estimé à 300 à 400 par an, en extrapolant à l’ensemble de la France les résultats d’une étude réalisée en Basse-Normandie par l’Inspection médicale du travail en 2002.

Il s’agit néanmoins d’un phénomène relativement récent, apparu au cours des années 1990 dans l’industrie et les services, selon les médecins du travail. Auparavant, seule l’agriculture était repérée comme touchée. Condi­tions de vie très dures, isolement, endettement et risque de paupérisation formaient les ingrédients d’un cocktail potentiellement explosif pour les petits exploitants agricoles. Ils ne sont désormais plus les seuls à mettre fin à leurs jours au boulot. Qu’est-ce qui a changé ? Lire la suite