La stratégie de l’Anaconda

Pour le géopoliticien allemand Karl Haushofer les Anglo-saxons pratiquent la politique de l’Anaconda, consistant à enserrer progressivement sa proie et à l’étouffer lentement. – Article rédigé par Édouard Rix, pour la revue Réfléchir & Agir, automne 2012, n°42, pp. 45-47.

Dans “Terre et Mer“, Carl Schmitt rappelle que les cabalistes du Moyen-Age interprétaient l’histoire du monde comme un combat entre un animal marin, une puissante baleine, le Léviathan, et un animal terrien, éléphant ou taureau, le Behemoth (1). Ce dernier essaie de déchirer le Léviathan avec ses défenses ou ses cornes, tandis que la baleine s’efforce de boucher avec ses nageoires la gueule du terrien pour l’affamer ou l’étouffer.

Pour Schmitt, derrière cette allégorie mythologique se cache le blocus d’une puissance terrestre par une puissance maritime. Il ajoute : « l’histoire mondiale est l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes » (2), axiome que reprendront les géopoliticiens anglo-saxons.

Le Sea Power de Mahan

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Les dessous de la mondialisation : Sénégal, la fripe mondialisée

Les Français se débarrassent de 11 kilos de vêtements chaque année. Ces fripes ne sont pas toutes données à des personnes dans le besoin. Majoritairement collectées et triées, elles sont en partie revendues en Afrique.

Au Sénégal, la fripe habille une grande partie de la population et fait vivre des centaines de milliers de personnes. Mais ce commerce prospère aux dépens de la production locale.

Réalisé par Angèle Berland (France – 2013)

Paludisme : Le Serial Killer

Le paludisme tue chaque année dans les zones tropicales plus d’êtres humains que le sida. On constate par ailleurs en Europe de l’Ouest une recrudescence des cas dûs aux touristes ou aux migrants : 15 000 à 20 000 personnes sont affectées et plus d’une centaine en meurt chaque année.

De Paris à Ankara, de Londres à Yaoundé, de Montpellier à Bamako, des organismes de recherche se sont engagés dans la lutte contre ce fléau. Pour l’heure, seuls les antiques remèdes des Chinois et des Incas, l’artémisinine et la quinine, synthétisées par la chimie moderne, apportent des réponses de moins en moins satisfaisantes, à mesure que se développe la résistance des moustiques responsables de la transmission du paludisme.

Réalisé par Alain Tixier (2007)

Cinéma : le crocodile du Bostwanga

Didier (Fabrice Eboué) est un agent raté qui se voit confier la carrière d’un jeune footballeur français prometteur, Leslie Konda (Ibrahim Koma), aussi pieux que candide. Ce dernier est invité dans son pays d’origine par le Président Bobo Babimbi qui souhaite le décorer. Mais, rapidement, Didier aveuglé par l’argent, accepte d’influencer son joueur pour qu’il joue avec les Crocodiles du Botswanga, l’équipe nationale du petit pays.

Si certains n’ont vu qu’un « ramassis de clichés » sur l’Afrique nous préférons y voir un film comique dont l’humour noir permet de dénoncer certains régimes du continent mais pas seulement.

Le film multiplie les références et les allusions politiques.

Le Président Bobo Babimbi (Thomas Ngijol) est un mélange d’autocrates, actuels et passés, de l’Afrique francophone comme Bokassa et ses piètres talents de chasseur, Mobotu -auquel il est fait explicitement référence (le costume léopard devient crocodile) – et d’Idi Amin Dada. Il est inculte, mégalomane et paranoïaque au point de voir en son fils de cinq ans un comploteur.

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Togo : Une imprimante 3D construite à base de déchets

Au sein d’un atelier de bricolage numérique participatif, ou fablab, au Togo, Afate a pu réaliser la première imprimante africaine 100% recyclage, à base de déchets informatiques occidentaux.

Le “bricoleur” inspecte les décharges, à la recherche de châssis d’unités centrales ou de pièces d’imprimantes usagées, pour achever sa machine. L’imprimante 3D lui permettra, notamment, de concevoir de nombreux instruments en plastique, difficilement accessibles sur le marché africain.

Julien, du fablab de Gennevilliers, s’est rendu spécialement à Lomé pour aider Afate à finaliser sa machine. Ravi de cet échange, ce dernier ne cache pas son enthousiasme: “Il y a encore plus de travail à réaliser ici, avec l’imprimante 3D, qu’en France, où on peut tout remplacer rapidement”.

En permettant à chacun de créer son objet, à partir de logiciels et d’informations libres d’accès et de droit, le fablab aspire, en effet, à “démocratiser” les progrès de la haute technologie pour les populations qui n’ont pas accès à la consommation de masse. Alliée à la “débrouillardise” africaine, cette initiative pourrait bien être promise à un bel avenir, et faciliter le recyclage des déchets informatiques occidentaux, échouant ordinairement dans les décharges africaines.

L’Express

(Merci à Erwinn)

Afrique : “Congobot”, le robot routier qui sécurise le passage des piétons

L’information peut paraitre insolite et pourtant, la République démocratique du Congo pourrait prochainement être le point d’origine d’un nouveau marché high tech : les robots spécialisés dans la régulation de la circulation automobile.

Exporter son robot routier, c’est le rêve de la femme d’affaires ingénieur à l’origine de la création d’un robot de 2,50 mètres de haut qui vient de s’installer à Limete, un quartier populaire de la Capitale du pays, Kinshasa.

Un robot créé en aluminium pour supporter le climat tropical et qui gère parfaitement la circulation des véhicules en sécurisant la traversée des axes par les piétons. Sur le fond, il se présente comme un véritable agent de circulation, avec une signalétique lumineuse et colorée, ainsi que des bras mobiles pour indiquer aux automobilistes de stopper leurs véhicules.

Situé sur le boulevard Lumumba il est plutôt bien accepté par les utilisateurs, qui notent que depuis son implantation, il y a davantage de respect à la fois de la vitesse de circulation, mais aussi des priorités et des piétons.

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Le devenir-nègre du monde

L’historien et politiste Achille Mbembe invite à penser le monde contemporain à l’aune de ce que fut la «condition nègre» depuis la traite atlantique, tout en dessinant une réflexion critique sur les potentielles dérives du capitalisme néolibéral.

Serons-nous tous «nègres» demain? C’est sur cette question que s’ouvre l’ouvrage Critique de la raison nègre. Son auteur, l’historien camerounais Achille Mbembe, le présente comme «un style de réflexion critique sur le monde de notre temps».

Achille Mbembe voit ainsi dans ce devenir de l’individu à l’ère néolibérale «une universalisation tendancielle de la condition nègre». Une telle société conduit finalement à une relégation des individus à une humanité superflue, livrée à l’abandon, dont le capital n’a guère besoin pour son fonctionnement.

Ces deux moments –la traite atlantique et l’ère du néolibéralisme– sont entrecoupés par celui de la lutte pour l’émancipation –marqué par exemple par le mouvement pour les droits civiques, ou plus récemment la fin de l’apartheid.

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Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
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Egypte-Ethiopie : La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

Le Nil est le plus long fleuve du monde avec ses 6 671 kilo­mètres et un bassin réparti entre onze pays : le Burundi, le Congo, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud et la Tanzanie.

Le projet de grand barrage éthiopien « Renaissance » qui devrait être le plus grand barrage d’Afrique, sur le Nil en aval de la frontière avec le Sou­dan, suscite les plus vives inquiétudes en Égypte où l’on considère que l’Éthiopie a profité des désordres de la révolution de 2011 pour lancer la construction de ce barrage en mai 2013.

Situé sur le Nil bleu, le barrage devrait avoir de graves consé­quences pour l’environnement au Soudan et en Égypte, où la productivité agricole et l’approvisionnement en eau douce seraient gravement affectés. Pour l’Égypte, qui court le risque de voir réduite sa seule ressource en eau puisque 95 % de l’eau égyptienne provient de l’extérieur de ses frontières, l’attitude de l’Éthiopie constitue une violation du droit international et des traités, notamment de 1929 et 1959, garantissant à l’Égypte ses « droits historiques » sur le Nil, fixant des quotas en eau et accor­dant un droit de veto sur tout projet en amont que Le Caire juge­rait contraire à ses intérêts vitaux.

La question est d’autant plus sensible que plus de 86 % du débit du Nil en Égypte dépend des ressources hydrauliques venant d’Éthiopie par l’intermédiaire du Nil bleu, de la Sobat et de l’Atbara. Le barrage éthiopien devrait priver l’Égypte de plusieurs milliards de m2 d’eau, ce qui affectera gravement une surface agricole utile très réduite et déjà insuffi­sante pour nourrir une démographie en augmentation constante (certaines projections évaluent la population à plus de 140 mil­lions en 2050), et réduira d’environ 10 % la production d’électri­cité du Haut-Barrage d’Assouan.
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Tilapia : Le nouveau poisson miracle ?

Il a un drôle de nom mais son prix est presque imbattable : entre 6 et 8 euros le kilo au rayon surgelé des grandes surfaces. Ce poisson au goût neutre et quasiment sans arrêtes est adoré par les enfants. Mais d’où vient le tilapia ?

Au départ, on le pêchait dans les fleuves d’Afrique mais aujourd’hui, il est élevé de manière industrielle en Chine. Herbivore, il a le gros avantage d’être nourri au maïs et au soja et non pas avec des farines de poissons comme le saumon.

Cependant, pour en produire toujours plus, des éleveurs abusent des antibiotiques et des hormones. Parfois même, ils fertilisent les bassins avec des excréments de cochon ou de poulet. Alors avec le tilapia, le poisson reste-t-il toujours un bienfait pour la santé ?

Afrique : Les industriels du tabac ciblent les jeunes

Face aux réglementations de plus en plus restrictives en Occident, les industriels du tabac se tournent vers les pays en développement, notamment en Afrique, avec une cible fragile : les enfants.

A Mtwapa, dans le sud-est du Kenya, des palmiers offrent de l’ombre à Destiny, un garçon de 14 ans, et à ses jeunes amis pendant qu’ils contemplent la plage blanche et chaude qui donne sur les eaux chatoyantes de l’océan Indien.

L’Occident durcit ses réglementations et tente d’arrêter de fumer. Pendant ce temps, les producteurs tournent leur attention vers les marchés africains, où la jeunesse tombe dans le tabagisme. On estime qu’entre 82.000 et 99.000 jeunes commencent à fumer chaque jour dans le monde, la grande majorité dans les pays en développement.

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La Chine à l’assaut des matières premières et de l’Afrique ?

Avant même de poser l’existence sur l’échiquier mondial d’une « Chindiafrique », nouveau triangle de croissance et de puissance programmé, il est temps de mesurer comment la Chine fait de l’Afrique un accélérateur de sa domination.

Si la Chine, qui se réclame encore du monde en développement (jusqu’en 2050 pour Hu Jintao), se refuse à débattre d’un éventuel « néocolonialisme », peut-elle longtemps différer l’analyse des interrogations, des hostilités nées de sa « nouvelle frontière africaine » ?

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Sur les traces de Zheng He

L’Afrique n’est pas un eldorado qui fait irruption pour la Chine au début du XXIe siècle. Lorsque l’empereur Ming Yongle installe la flotte chinoise au premier rang mondial, c’est notamment pour armer sept expéditions sous l’autorité de l’amiral eunuque Zheng He, dont certaines à destination de l’Afrique orientale. Le but de ces voyages ? Des missions de relations publiques, la mise en place de liens diplomatiques et commerciaux équilibrés et… provisoires, puisque dès 1433, il devient illégal de construire des bateaux et d’avoir l’esprit du « grand large ».

Cet épisode est capital pour les Chinois : il justifie la référence à de « longs siècles d’amitié » et les appels de Hu Jintao aux « frères africains ». C’est donc une redécouverte de l’Afrique depuis 2000, après avoir apporté des soutiens aux luttes anticoloniales (Algérie, Angola, Rhodésie du Sud) ou face aux Russes (Éthiopie). Bardés de certitudes — pas de passif prédateur colonial, pas de rapports centre/ périphérie de domination —, les Chinois peuvent donc se présenter comme un « partenaire au-dessus de tout soupçon », un partenaire de relations Sud/Sud, « win-win », antihégémonique.
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Quand la Chine délocalise en Europe [Rediff.]

Après l’Afrique, l’Europe est-elle devenue le nouvel Eldorado de la Chine? Sur fond de crise mondiale, les entreprises chinoises se sont lancées à la conquête de l’Ancien Continent. À quel prix et à quel coût social?

La carte des investissements.


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Source : ARTE

Hollande fait-il de l’économie à la Sarkozy ?

« Je reste socialiste (…). Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c’est tout le contraire, puisque c’est l’Etat qui prend l’initiative. » Cette phrase de François Hollande, lors de ses vœux à la presse, mardi 14 janvier, voulait répondre par avance aux critiques qui accompagnent ses annonces économiques.

En choisissant clairement une politique « de l’offre », qui vise à améliorer les marges des entreprises, le chef de l’Etat a rompu avec la tradition, à gauche, de relance par la demande et la dépense. Et s’est rapproché fortement, sur le plan économique du moins, des idées défendues par son adversaire de la présidentielle 2012, Nicolas Sarkozy.

Lire : Les principaux points de l’intervention de François Hollande

  • Baisse de cotisations des entreprises ? Sarkozy aussi.

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Traders : Le marché secret des matières premières

Depuis les récentes émeutes de la faim en Afrique, en Asie et au Mexique, le fonctionnement du marché des matières premières est sur le banc des accusés. Quelle est la responsabilité des traders dans ces désordres économiques et humanitaires ?

Jamais nos sociétés n’ont consommé autant de matières premières qu’en ce début de XXIe siècle. Blé, riz, sucre, soja, pétrole… : tous ces produits sont aujourd’hui objets de spéculation. L’émergence de grandes puissances comme la Chine, l’Inde et le Brésil a provoqué une explosion de la demande.

Mais ce n’est pas la seule explication à l’envolée des prix. Politiques, ONG et médias désignent les traders comme les principaux responsables de la flambée des cours. Mais qui sont ces spéculateurs accusés d’affamer la planète ? Et surtout, comment fonctionnent ces marchés des matières premières réputés complexes et opaques ?

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Germes tueurs : Le fléau de l’élevage intensif

A force de gaver les animaux d’antibiotiques, l’élevage industriel donne naissance à de redoutables bactéries que nous retrouvons dans nos assiettes et qui résistent à ces médicaments. De quoi, à terme, remettre en cause l’existence même des antibiotiques.

Si un nombre croissant d’individus subissent l’assaut de bactéries multirésistantes, la faute en revient en partie à l’utilisation excessive des antibiotiques par les êtres humains. Le phénomène est désormais bien connu et dénoncé en France par la campagne sanitaire: “Les antibiotiques, c’est pas automatique“.

Mais aussi, on le sait moins, par l’administration massive des antibiotiques aux animaux élevés industriellement. Avec le risque d’une transmission de bactéries résistantes des animaux aux hommes. L’enquête de Frank Bowinkelmann et Valentin Thur lève le voile sur un phénomène méconnu et inquiétant, qui fait froid dans le dos.

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Nécessaire Françafrique

La « Françafrique » est réputée morte. Ce constat d’un décès supposé ou avéré a été affiché comme le terme d’une politique et d’une période : l’Afrique postcoloniale française avec ses relents d’affairisme et son procès en néocolonialisme. Pour ceux qui en usent, la dénomination « Françafrique » porte un sens essentiellement négatif, qui, dans sa contraction désobligeante, dévalorise autant l’Afrique que la France. Elle relève cependant davantage du prurit politicien que d’une hauteur de vue politique, le premier rongeant la seconde à mesure que l’État, en France, continue de s’affaiblir.

Par Michel Ruch

Ainsi, un ministre précisément dépourvu de sens politique et du discernement requis par sa fonction, a-t-il prétendu publiquement  signer lui-même, en 2008, « l’acte de décès de la Françafrique » avant d’être congédié pour cette rodomontade qui entacha l’image de l’exécutif français à l’étranger.

Comme dans toute politique, les relations de la France avec l’Afrique ont leur part de lumière et d’ombre, et la posture moralisatrice à leur endroit ne reflète qu’un angélisme dû à l’ignorance.

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Cameroun : deux sociétés écran dont l’une contrôlée par l’AFD sont soupçonnées de fraudes

Selon la Commission nationale anti-corruption du Cameroun (Conac), qui vient de présenter son rapport d’activités 2012 à Yaoundé, plus de 113 milliards de francs Cfa ont été détournés à la Société de développement du coton (Sodecoton) entre 2002 et 2011.

Des détournements perpétrés, apprend-on, par le biais de deux «sociétés écrans», à savoir la Compagnie cotonnière française (Copaco) et la Société des services pour l’Europe et l’Afrique (Sosea).

A en croire la Conac, la Copaco, entreprise dans laquelle la Sodecoton détient «4% des participations», et «dont le contrôle échappe à l’Etat camerounais, semble être la porte d’évasion financière des ressources de la Sodecoton». Le conseil d’administration de cette entreprise française, qui «achète l’ensemble de la production exportée par la Sodecoton», est présidé, souligne la Conac, par Iya Mohamed, ex-DG de la Sodecoton, incarcéré depuis quelques mois pour des détournements présumés au sein de cette entreprise agro-industrielle camerounaise.
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Paris : Les Identitaires investissent un magasin H&M

Samedi 14 décembre à 18h, une vingtaine de militants identitaires ont occupé pacifiquement un magasin H&M près du forum des Halles. Répartis dans les rayons en brandissant des pancartes aux slogans variés (“Noël pas cher grâce aux esclaves éthiopiens” etc.) et distribuant des tracts aux clients face à une sécurité totalement débordée, il ont ainsi relayé la campagne “H&M esclavagistes”.

En effet, trouvant les “employés” chinois trop chers à leur goût, H&M a décidé de délocaliser une partie de sa production… en Éthiopie! Moins coûteux et corvéables à merci, ces Africains pourront ainsi fabriquer des vêtements bon marché destinés à des chômeurs ou des travailleurs pauvres en Europe.

C’est pour dénoncer cette économie mondialisée totalement absurde, organisée pour le seul profit financier en dépit de tout bon sens, que les Identitaires ont envahi ce magasin H&M.

Juste avant Noël, cette action symbolique n’est pas sans rappeler le happening récemment organisé contre Mattel avec la “Barbie ouvrière” : elle amène les Français et les Européens à mieux réfléchir à leur consommation et à favoriser les produits locaux au détriment des objets “low cost” fabriqués en grande série par des nouveaux esclaves.

BI