Hyperland : La mondialisation folle en modèle réduit

Hyperland est une oeuvre d’art qui dénonce la folie de l’homo-œconomicus moderne. « Produis – Consomme – Recommence » voilà en quelques mots comment décrire l’œuvre de Karine Giboulo, représentant le cycle éternel de la société productiviste.

A 35 ans, l’artiste Karine Giboulo vit et travaille à Montréal. Artiste pluridisciplinaire, cela fait une dizaine d’années que son œuvre oscille de la peinture à la sculpture en passant par des œuvres sur papier ou de la photographie.

Un jour, fascinée par les secrets de la mondialisation, elle décide d’infiltrer une usine chinoise en se faisant passer pour une riche femme d’affaire. Elle verra ainsi de ses yeux ces millions d’anonymes qui construisent le monde dans l’ombre. De ce choc avec la réalité en découlera des dioramas d’une incroyable complexité.

Karine Giboulo sculpte avec justesse, et une bonne dose de cynisme, ces instantanés d’un monde de surconsommation qui a transformé l’espèce humaine en machine. Elle livre non pas des vérités mais des visions et ne revendique rien sinon une volonté de voir, de fouiller, de (tenter de) comprendre.

Usine de prêt-à-porter au Bengladesh, tentes de fortunes en Afrique, consommateurs affamés et autres ‘drogués’ aux médicaments sont autant de scènes parlantes qu’elle reconstitue minutieusement.

Mr Mondialisation

Plongée dans les plus grands cimetières d’ordures de la planète

La croissance des pays émergents, en ouvrant la consommation de masse à des populations nombreuses, remet la problématique de la gestion des déchets au centre des préoccupations environnementales. Des centaines de décharges géantes apparaissent dans le monde, et les normes internationales peinent à faire consensus chez les politiques.Quelle diversité de décharges, ressemblant parfois à des cimetières de déchets, peut-on trouver dans le monde ?

Stéphane Arditi : Les décharges du monde peuvent se singulariser de plusieurs manières. On peut en établir de deux grandes catégories que sont les décharges légales des décharges illégales. Les décharges légales répondent à des standards, des normes qui les obligent à de fortes contraintes.
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Cameroun : Le retour des diplômés de la diaspora

Retour des cerveaux. Chaque année, un millier de jeunes camerounais formés à l’étranger reviennent s’installer dans leur pays d’origine. Une aventure loin d’être facile car 1/3 d’entre eux abandonnent leurs projets au bout de quelques mois, déstabilisés par un environnement des affaires trop éloigné de leurs habitudes.

Les esclaves oubliés (Rediff)

Ce documentaire raconte l’histoire de la traite orientale et arabo-musulmane, au cours de laquelle dix-sept millions d’Africains ont été réduits en esclavage pendant quatorze siècles.

Il s’intéresse également à une filière encore plus méconnue, la traite interne à l’Afrique noire, menée pendant des siècles par les royaumes africains. Il montre enfin que ces systèmes ont perduré dans le monde musulman et en Afrique noire jusqu’au milieu du XXe siècle.

Réalisé par Antoine Vitkine (2008)

Des étrangers dans la ville

Ils sont venus de tous les horizons de la planète en prenant tous les risques. Ils n’ont qu’un objectif: obtenir à tout prix la carte de séjour. L’accueil légal des étrangers en France représente 0,33% de la population française. La France est derrière la Tchéquie pour l’accueil des clandestins. Il y a en France 400.000 clandestins, un chiffre stable depuis 30 ans.

Nous avons filmé quelques uns et quelques unes de ces rescapé(e)s de toutes les misères du monde dans tous les lieux où leur espoir d’une vie meilleure est mis à la rude épreuve des réglementations administratives.

Demandeurs d’asile tentant de convaincre des fonctionnaires parfois incrédules, parfois bienveillants mais eux-mêmes toujours corsetés par les règles très strictes qui leur sont imposées, travailleurs clandestins mais payant leurs impôts, innocents privés de liberté dans les centres de rétention et policiers chargés de veiller sur eux, tous sont pris au piège de logiques que personne ne semble plus comprendre.

Burkina Faso : Comment réussir à irriguer les terres aux portes du désert ?

Au village de Dî, les légumes poussent toute l’année, quelle que soit la saison. Cette prouesse est liée à l’installation d’un périmètre irrigué sur plus de 2.000 hectares, dans la vallée burkinabè du Sourou. Une révolution pour les cultivateurs locaux qui fait vivre près de 7.000 familles.

Ce reportage diffusé dans le cadre de l’émission Réussite vous conduira au Burkina Faso, dans la vallée du Sourou, aux portes du désert. Dans un pays où le secteur agricole emploie un peu plus de 80% des actifs, le système d’irrigation récemment entré en fonction à Dî change la vie des agriculteurs: autrefois dépendants de la saison des pluies, ceux-ci ont vu leurs rendements être multipliés par quatre ou cinq.

Les leviers du système? Plusieurs vis d’Archimède: des dispositifs qui font remonter l’eau depuis les stations de pompage de la rivière Sourou vers les canaux et distribuent ainsi l’eau jusque dans les champs.

Jeune Afrique

(Merci à Erwinn)

Paris : Oubliez le McDo, les fast-food africains passent à l’offensive

En quelques années, le marché de la restauration rapide en France a vu venir de nouveaux acteurs, les fast-food africains. Malgré la frilosité des banques à les aider, certains ont réussi à développer leur activité. Présentations avec trois d’entre eux installés à Paris.

Quand on arrive on casse tout“. Quand Abdelkader Jawneh, l’un des trois fondateurs de la chaîne de fast-food Afrik’N'Fusion, parle de ses restaurants, il affiche un grand sourire. Depuis l’ouverture de la première boutique il y a quatre ans, le rythme n’a pas baissé, au contraire. Depuis début novembre, l’enseigne a une troisième adresse, dans le 18e arrondissement de Paris.

À l’origine d’Afrik’N'fusion, il y a un constat simple : “Je travaillais dans un quartier de bureaux et il m’était impossible de manger un plat africain, le midi, dans le temps imparti“, raconte Abdelkader Jawneh dont la famille est originaire du Sénégal. Avec ses deux associés, ils décident d’y remédier et montent leur business plan.

Les banques refusent de leur faire confiance, ils se tournent alors vers leur réseau. Les prêts et les dons faits par l’entourage leur permettent d’ouvrir le premier Afrik’N'Fusion en décembre 2010, dans le 20e arrondissement de la capitale française.
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Chine : “Africatown” à Canton

Avec 12 millions d’habitants, Canton, dans le sud de la Chine est la troisième ville la plus peuplée du pays, après Shanghai et Pékin. Depuis l’ouverture économique, il y a de plus en plus d’étrangers, à Canton comme dans le reste de la Chine. Et parmi eux de nombreux Africains. S’ils viennent y faire du commerce, ils peinent à s’intégrer à la société chinoise, encore empreinte de préjugés ancestraux à leur égard.

Depuis une dizaine d’années, près de 200.000 Africains se sont installés à Canton, en Chine, pour y faire des affaires. Tous veulent faire fortune en exportant des produits chinois à bas coût vers l’Afrique. Et pour eux, les affaires marchent… Toutefois, les Chinois ne les regardent pas franchement d’un bon œil. Pour preuve le nom qu’ils donnent au quartier africain : “Chocolate City” (la ville chocolat).

Car c’est une véritable “Africa Town” qui s’est créée en plein cœur de Canton : restaurants, boîtes de nuit, salons de coiffure… tout un quartier s’est mis aux couleurs de l’Afrique. Peut-être même un peu trop aux yeux des Chinois, qui ont du mal à réfréner un racisme latent envers la population noire.

Avec pour conséquence une cohabitation difficile entre les communautés. Bagarres à coup de barres de fer, émeutes, prison… les tensions se multiplient. Car même s’ils parlent couramment le mandarin et permettent aux Chinois de faire fructifier leur business, les Africains ne sont pas toujours les bienvenus à Canton.

Ghana : Turtle, la voiture 100 % récup’ Made in Africa

Fabriquée par des artisans près de Kumasi, au Ghana, la Turtle est la première automobile conçue entièrement à partir de pièces de récupération.

La “Smati Turtle 1″ est le fruit des recherches de l’artiste Melle Smets et du sociologue Joost van Onna. Ces deux Hollandais ont suivi la piste de déchets de pièces automobiles occidentales des villes du Nord vers la zone industrielle de Suame Magazine à une dizaine de kilomètres de la ville de Kumasi, au sud du Ghana, où ils sont traités et commercialisés par environ 200.000 artisans dans 12.000 ateliers informels.

Créé en collaboration avec les artisans de Suame Magazine et monté en trois mois, cet engin emprunte d’ailleurs son nom au Suame Magazine Automatics Technical Institute (Smati), un centre local de formation en ingénierie. C’est la première auto entièrement conçue à partir de pièces de récupération.

Robuste, dépourvue d’électronique et pouvant se déplier en stand de vente sur les marchés, la Turtle pourrait devenir une solution intelligente pour recycler les véhicules en fin de vie.

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L’armada oubliée de la Chine impériale

Soixante navires composent la puissante armada chinoise qui fait route vers l’Occident en 1405. Les sept voyages qu’elle effectue la mènent jusqu’en Iran, en Arabie saoudite et en Afrique, en passant par Singapour, la Malaisie et l’Indonésie.

Auprès des gigantesques bateaux, trésors de la flotte de l’amiral Zheng He, les caravelles des explorateurs européens ont l’air de coquilles de noix.

Mais dès 1433, l’empire du Milieu perd son avance maritime et l’empereur ordonne l’arrêt des expéditions en mer. La Chine commence à s’isoler et abandonne les océans aux puissances européennes.

Partie 1:

Partie 2:
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Somaliland : Le pays qui n’existe pas

Aux yeux de la communauté internationale, le Somaliland est seulement une région semi-autonome de la Corne de l’Afrique. Mais pour ses 3,5 millions d’habitants, ce territoire, doté d’un président, d’un drapeau et même d’une monnaie, est bien distinct de la Somalie.

Autoproclamé État indépendant en 1991, le Somaliland est vu par plusieurs pays comme un îlot de stabilité dans une région complexe, ainsi qu’un partenaire solide dans la lutte contre la piraterie et les islamistes Shebab.

Près de 2 milliards de personnes utilisent de l’eau contaminée par des excréments

Bien que les dépenses d’assainissement dans le monde n’aient jamais été aussi élevées, près de 1,8 milliard de personnes utilisent une eau souillée par des excréments, relève un rapport de l’Organisation mondiale de la santé et UN Water.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé (OMD) étaient de diviser par deux le nombre de personnes privées d’accès aux toilettes d’ici à 2015, mais l’insuffisance des financements ou leur mauvaise répartition fait que ces objectifs ne seront pas atteints.

Environ 1,8 milliard de personnes utilisent en effet de l’eau souillée par des excréments, constatent l’Organisation mondiale de la santé et UN Water dans un rapport publié mercredi à l’occasion de la journée mondiale des toilettes. Et pourtant, les dépenses d’assainissement dans le monde n’ont jamais été aussi élevées.

Une personne sur sept, pour la plupart pauvre et vivant en zone rurale, défèque encore en plein air, contaminant l’eau et créant un terrain propice à la diarrhée, au choléra, la dysenterie et la typhoïde, lit-on dans ce rapport rédigé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et UN Water.
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Pourquoi la faim, pourquoi la soif ?

A l’horizon 2050, la Terre comptera dix milliards d’habitants: impossible de continuer à balayer d’un revers de main la question alimentaire, alors que la population augmente trois fois plus vite que la production agricole. Des remèdes sont proposés à diverses échelles, du recours au génie génétique jusqu’à l’idée de faire des terres d’Afrique un gigantesque champ destiné à nourrir la planète.

Pourtant, la solution la plus évidente consisterait d’abord à répartir plus rationnellement la production actuelle, à l’heure où une partie colossale de celle-ci est dilapidée par une gestion très peu scrupuleuse. L’amélioration du niveau de vie dans les nouveaux pays industrialisés comme la Chine ne facilite pas la tâche, car elle entraîne une hausse spectaculaire de la demande en viande. Si les ressources mondiales de la planète étaient gérées au mieux, aucun enfant ne devrait mourir ni de faim ni de soif.

Le journaliste allemand Claus Kleber s’attache à démontrer point par point cette hypothèse. Pourquoi les ressources alimentaires, pourtant abondantes, n’atteignent-elles jamais certaines populations ? Comment empêcher que les matières premières et l’eau potable ne deviennent la cible des spéculateurs ou des enjeux de pouvoir ?

Ebola : Une course contre la montre

Identifié en 1976 par une équipe belge au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), le virus se propage depuis le mois de décembre 2013 en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et au Nigeria.


Sur place, les médecins des organisations humanitaires témoignent de l’ampleur de la catastrophe sanitaire et de la difficulté de leur tâche face à la défiance des populations. Comment endiguer la propagation du virus et surtout quel médicament pourrait venir à bout du virus ?

Des scientifiques ont analysé les anticorps produits par le système immunitaire de quatre Ougandais rescapés de la maladie en 2000. Un médecin et une missionnaire américains ainsi qu’un infirmier anglais ont été contaminés cet été et rapatriés d’urgence dans leurs pays respectifs.

Traités à l’aide d’un médicament expérimental, le ZMapp composé d’une molécule très longue à produire, ils sont aujourd’hui guéris. Mais le virus Ebola poursuit inexorablement son expansion et les prévisions du nombre de malades et de morts sont aujourd’hui de plus en plus pessimistes.

Réalisé par Guy Smith, Tristan Quinn, Penny Palmer (2014)

Ébola : Les impacts d’une pandémie

Si l’épidémie du virus Ebola semble être actuellement assez «contenue» (malgré plus de 4000 morts), une pandémie pourrait avoir un impact majeur (l’OMS a en effet averti que l’épidémie était en croissance «explosive» et pourrait, en l’absence d’un renforcement significatif des moyens mis en œuvre, contaminer 20.000 personnes d’ici à novembre). L’économie mondiale pourrait alors en pâtir. Tentative d’explication sous forme de question-réponse.

Quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer?

Tout d’abord, cette épidémie ne tombe vraiment pas bien parce qu’elle frappe juste à un moment où l’économie mondiale doute.

Ensuite, l’expérience que nous apportent les précédents exemples est que l’impact est ressenti de façon inégale (géographiquement notamment car il y a quatre États qui sont réellement touchés (Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone).
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Jacques Attali : « Quelque chose va se passer »

Il faut vraiment se voiler la face, comme le font trop de dirigeants politiques, pour ne pas voir que quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent: l’une ou l’autre des multiples épées de Damoclès suspendues au ciel de l’Histoire tombera sur nos têtes :

Les divers mouvements terroristes qui agissent au Moyen-Orient et y forment des émules, pourraient déclencher sur notre continent les attentats dont ils nous menacent.

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest pourrait prendre des proportions majeures et finir par atteindre significativement l’Europe, entraînant un ralentissement significatif des échanges de toute nature.

La situation politique et financière de la Chine, de plus en plus instable, pourrait y entraîner une crise économique majeure, aux conséquences considérables sur l’économie mondiale et en particulier sur l’Europe.
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Canada : Un vaccin contre Ebola bientôt testé en Afrique

Partout dans le monde, les laboratoires sont sur le pied de guerre pour mettre au point le vaccin contre le virus Ebola. Exemple au laboratoire national de Microbiologie, à Winnipeg.

Le vaccin contre Ebola développé ici, le ZMapp, est l’un des deux considérés comme “prometteur” par l’Organisation mondiale de la santé. Sept patients occidentaux ont reçu ce traitement. Parmi eux, Nancy Writebol, l’infirmière américaine, guérie grâce à lui. Un autre patient, un médecin, a lui aussi survécu.

Mais deux autres patients qui l’avaient reçu sont morts. “L’efficacité du traitement dépend de l’état du malade et aussi du moment où il commence à prendre le ZMapp“, explique le docteur Xiangguo Qio, biologiste à Winnipeg. Les essais du ZMapp en Afrique sur des patients volontaires devraient débuter dans quelques semaines.