“Les routes du miel” : Un livre pour redécouvrir l’abeille

Photographe indépendant depuis 1989, Éric Tourneret est aujourd’hui internationalement reconnu comme le « photographe des abeilles ». Cela fait 10 ans qu’il travaille uniquement sur les abeilles. Depuis qu’en 2004, il a appris que l’espèce était en train de mourir à cause des pesticides. Le photographe a grandi dans la campagne. “Pour moi, un monde sans abeilles, c’était un monde sans vie“, il vit actuellement en Ardèche.

Son enfance près d’Annecy, entre lac et montagne, le sensibilise à la beauté des milieux naturels. À 17 ans, il découvre l’Afrique, le voyage, le désert, et rencontre d’autres cultures. Il est initié à la photographie dans l’univers des studios, où il côtoie des photographes de mode et de publicité, spécialistes de la lumière et de la création visuelle.

En 2004, sensibilisé à la disparition des abeilles par la lutte des apiculteurs français pour l’interdiction des insecticides systémiques, Éric commence un travail de fond sur l’apiculture en s’immergeant dans la vie de la ruche. Exposées à l’Orangerie du Sénat en 2006, ses photographies novatrices sont rassemblées dans un premier ouvrage, Le Peuple des abeilles et font l’objet de nombreuses publications dans la presse internationale.

En 2007, il élargit ses investigations à l’international en une série de reportages sur la relation des hommes aux abeilles, de la cueillette la plus archaïque à l’apiculture industrielle et commerciale, au Népal, au Cameroun, en Russie, en Argentine, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, aux USA, en Roumanie… Son travail est édité en 2009 sous le titre Cueilleurs de miel.
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Guinée : Le bonheur d’avoir de l’électricité

Inauguré par le président Alpha Condé, le barrage hydro-électrique de Kaléta va peut-être enfin résorber le déficit électrique de la Guinée. Depuis juin, la capitale et une partie de la Basse Guinée bénéficient de cet ouvrage. d’une capacité de 240 mégawatts. Un tiers de l’électricité produite a par ailleurs vocation à être exportée.

Le projet est une promesse de campagne d’Alpha Condé mais il s’attire aussi les critiques de l’opposition qui crie à une manœuvre électoraliste, à moins de 2 semaines de du scrutin présidentielle. Dans la capitale, habitués à quelques heures à peine d’électricité par jour, les habitants oscillent entre satisfaction et prudence.

Côte d’Ivoire : La France octroie 26 millions d’euros pour le développement agricole

La France vient d’apporter son soutien au développement agricole en Côte d’Ivoire par l’octroi d’un financement de 17 milliards de francs Cfa (26 millions d’euros) qui permettra la relance des filières agricoles. L’investissement, qui s’inscrit dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2d) permettra à la nation éburnéenne d’engager des réformes dans les domaines du foncier et des filières vivrières.

Ainsi, grâce à un budget de 7,5 milliards de francs Cfa, la Côte d’Ivoire pourra mettre en œuvre sa loi sur le foncier rural et délimiter 1210 territoires de village. Le pays pourra en outre délivrer des certificats fonciers pour des terres dont la superficie rurale est évaluée à 70 000 hectares. Il pourra également enregistrer des baux agricoles dans 15 départements, indique le quotidien ivoirien Le Sursaut.

Les filières vivrières, elles, bénéficieront de 6,8 milliards francs Cfa. Cette somme profitera à la culture des légumes, du maïs et du soja ainsi qu’à la pisciculture et l’élevage porcin. Le reste du financement ira à l’appui institutionnel et à la coordination du projet. S’exprimant sur le projet, le ministre ivoirien de l’agriculture, Mamadou Coulibaly Sangafowa a exprimé sa satisfaction quant à l’apport de la France, qui, dit-il, aidera à combattre la cherté de la vie dans le pays.

Agence Ecofin

(Merci à Erwinn)

Pollution atmosphérique : 3 millions de morts/an (Màj vidéo)

Les plus défavorisés davantage impactés par la pollution

La pollution atmosphérique serait à l’origine de plus de 3 millions de morts prématurées. C’est une étude publiée par la revue scientifique britannique Nature qui le démontre. Les scientifiques estiment que si rien ne change dans la qualité de l’air, ce seront 6,6 millions de décès qui seront à déplorer en 2050.

Ces trois millions de décès qui surviennent prématurément sont essentiellement la conséquence de la pollution à l’ozone et aux particules fines. Les chercheurs de l’Institut allemand Max Planck ont obtenu ces résultats inquiétants après avoir combiné un modèle atmosphérique avec des données démographiques et sanitaires.

Ainsi, ils ont pu évaluer à 5 personnes sur 10.000 qui chaque année dans le monde succombaient précocement à la pollution de l’air.

Intérieur, extérieur, l’air pollué est partout
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Afrique : La Banque mondiale met l’accent sur la réduction de la pauvreté et sur la croissance partagée

Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale en charge de l’Afrique, revient notamment sur l’afflux de migrants en Europe, sur les causes profondes des migrations économiques en provenance d’Afrique et sur les mesures prises par la Banque mondiale pour tenter de freiner ces départs.

Kenya : Un kiosque solaire chez les Masaï

Joël Laranoi Kanunga vit au sud du Kenya, dans le village d Entosopia, au cœur de champs fertiles produisant fruits, légumes et céréales. Pour aider son village à se développer, il projette d’investir dans un kiosque solaire fabriqué en Allemagne: un bouleversement des traditions ancestrales et un gros investissement personnel.

Sénégal : Le naufrage du pétrolier Salem est-il la fraude du siècle ?

Le 17 janvier 1980, pétrolier de 200.000 tonnes coule au large de Dakar. Son équipage est sauf, mais sa cargaison, estimée à deux millions de barils de pétrole brut, disparaît mystérieusement. Et si ce n’était qu’une vaste supercherie?

« Le problème des migrations est devant nous »

Par Eric Le Boucher

Pour que la pauvreté du Sud ne vienne pas submerger l’Europe, il n’y a qu’une solution: tout faire pour stabiliser et développer les pays-bombes démographiques. Le repli sur soi ne résoudra pas pas le problème.

Le Niger avait 3 millions d’habitants lors de son indépendance en 1960. Il en a 20 millions aujourd’hui. Le pays est classé parmi les moins développés au monde. Les femmes y ont en moyenne 7,6 enfants, un des taux de fécondité record.

Selon les projections de l’ONU, le Niger aura 36 millions d’habitants en 2030, 72 millions en 2050 et 209 millions en 2100. C’est impossible. Le Niger ne peut pas faire vivre sans doute plus de 50 millions de personnes. Des Nigériens, par dizaines de millions, émigreront.

L’Afrique verra doubler ses habitants d’ici à 2050, de 1,2 milliard d’habitants à 2,5 milliards, puis doubler encore d’ici à 2100. Pendant ce même temps, l’Europe (au sens large, géographique) passera de 738 millions aujourd’hui à 707 millions en 2050 et 646 millions en 2100.
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Afrique : Ériger des clôtures pour protéger les espèces

Les pays africains sont souvent critiqués pour leur incapacité à relever leurs défis environnementaux. Les observateurs citent en particulier la disparition des habitats naturels face à la pression démographique, la dégradation des terres et l’industrialisation. Et surtout, la critique la plus courante est que l’augmentation du braconnage menace la survie d’espèces en danger comme les éléphants et les rhinocéros.

Le Kenya a toutefois mis en œuvre un important et novateur projet de conservation de la biodiversité. Entamé dans les montagnes Aberdare, au centre du pays, le projet Rhino Ark avait pour objectif initial de protéger le rhinocéros noir, en danger critique d’extinction, des ravages opérés par les gangs de braconniers.

Le principal enseignement à retirer de ces initiatives est simple : de bonnes clôtures sont bénéfiques pour tous.

Ce projet est soutenu par ceux-là mêmes qui auraient pu s’y opposer: les communautés locales des régions agricoles limitrophes, parmi les plus productives du pays.
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Italie : À la rencontre des petites mains de “l’or rouge”

En Italie, des centaines de milliers de saisonniers travaillent dans les champs agricoles. Pour quelques dizaines d’euros par jour, ils travaillent quotidiennement entre 10 et 12 heures sous un soleil de plomb et vivent souvent dans des conditions insalubres.

La plupart sont des immigrés clandestins venus d’Afrique. Reportage dans le sud de l’Italie, à Foggia, où la récolte des tomates, “l’or rouge“, est en cours.

L’immense bulle des marchés émergents

La situation a pris un très mauvais tournant du côté de ces économies émergentes que l’on s’attendait à voir façonner, si ce n’est dominer l’avenir du monde. La recherche des coupables a d’ores et déjà commencé: prix des matières premières, fracturation hydraulique, taux d’intérêt américains, phénomène El Niño, situation de la Chine, figurent notamment au plus haut de la liste.

Or, la réponse à cette question s’avère beaucoup plus simple et plus traditionnelle. C’est tout simplement la politique qui est en cause. Prenons l’exemple du Brésil. L’économie du pays, il y a quelque temps vouée à un boom durable, ne connaît qu’une croissance minime depuis plus de deux ans, et tend actuellement à ralentir.

Bien que la diminution du prix de ses exportations de matières premières lui ait été défavorable, l’économie du Brésil était supposée reposer sur bien davantage que les simples récoltes agricoles et autres industries extractives.

Songez encore à l’Indonésie. Bien que l’économie du pays soit encore en expansion, son taux de croissance – 4,7 % au dernier trimestre sur une base annuelle – se révèle décevant à la fois par rapport aux projections et à la croissance de la population.
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Que faire face aux migrants?

Horrifiés et impuissants, nous assistons à la recrudescence en Méditerranée des naufrages de migrants. Les victimes se comptent par centaines. L’Union européenne tergiverse. Chacun y va de son indignation, qui glisse néanmoins au silence gêné dès qu’il devient question d’accueillir. Les experts en tout genre analysent et supputent.

A vrai dire, les causes sont vite cernées, encore qu’elles constituent un faisceau où s’entrecroisent raisons objectives et calculs politiques, sinon bassement financiers. Laissons d’emblée l’explication basique chère aux radicaux de tout poil: c’est la faute à l’Occident ! Une météorite viendrait par malheur frapper notre planète que ces doctrinaires tranchants sauraient aussitôt dénoncer les manigances de l’impérialisme.

Sans nier les erreurs, les interventions parfois inopportunes, l’oubli des principes au profit des intérêts bien compris, attribuer aux seuls Occidentaux la responsabilité du chaos qui affecte le Moyen-Orient et une large partie de l’Afrique relève de la mystification.

La guerre civile, l’explosion des fanatismes religieux, la décomposition politique, la ruine économique ne sont pas le résultat d’une conspiration mondialiste, mais l’aboutissement d’évolutions commencées voici des décennies et parfaitement prévues par des observateurs objectifs et lucides. Restons seulement dans le domaine français : il faudrait relire aujourd’hui René Dumont (« L’Afrique noire est mal partie » 1962) ou Jean-Christophe Rufin (« L’Empire et les nouveaux barbares » 1991), pour ne citer que ces deux-là.
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Burkina Faso : Une transition en or

Avec la crise économique mondiale, l’envolée du cours de l’or a créé des vocations au Burkina Faso. Des petits orpailleurs aux grosses mines étrangères, chacun veut tirer parti du précieux métal jaune. En pleine transition, le pays tente de réformer le secteur aurifère, sa première source de devises.

Part des exportations burkinabées en 1998 et de 2011 à 2014

«Le boom de l’exploitation artisanale de l’or en Afrique de l’Ouest, qui a permis la diversification des activités rurales, a un lien très étroit avec la grosse sécheresse de 1984, explique le géographe Matthieu Thune, qui a notamment étudié la mine de Kalsaka, dans le nord du pays.

D’abord, elle a rendu l’agriculture très difficile et poussé les paysans à trouver des sources alternatives de revenus. Ensuite, en faisant baisser le niveau des nappes phréatiques, la sécheresse a permis d’accéder à des filons de plus en plus profonds.»

Mais l’envolée du cours mondial de l’or à la fin des années 2000, avec un pic atteint en juillet 2011, a créé des vocations et un véritable goldrush chez les Burkinabés. Rien que dans la province du Tuy, où se situe Kari, il y a plus d’une dizaine de sites d’orpaillage.

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Démographie : L’étrange destin de la bombe “P”

Qu’est devenue la « bombe P »? Au milieu des années 70, racontent les démographes Yves Charbit et Maryse Gaimard dans leur livre (1), la bombe P, pour « population », faisait courir démographes, diplomates et organisations onusiennes.

En 1974, à la première conférence mondiale sur la population, organisée à Bucarest, il n’y a guère de doute sur son explosion prochaine. A l’époque, l’espèce Homo sapiens compte quatre milliards d’individus vivants, contre trois milliards en 1960, deux en 1927 et un seul en 1803.

L’accélération semble non seulement fulgurante, mais surtout grosse d’une menace, pour l’essentiel vécue comme venant d’un «Tiers-monde», selon le vocabulaire de l’époque, puisque les pays industrialisés ont à l’époque effectué leur «transition démographique», offrant la perspective d’une stabilisation à long terme de leurs populations.

Si le constat est partagé, on s’affronte sur la réaction. Certains réclament des politiques de planning familial et l’usage massif de la contraception. D’autres rétorquent que le développement économique est le meilleur des contraceptifs. Les deux auteurs racontent la passionnante histoire qui suivit.

Car, si nous avons dépassé le septième milliard en 2012, c’est à un rythme d’un milliard tous les treize ans, quasi identique à celui de 1974. La bombe P n’a donc pas explosé, pourraient penser certains.
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La France dans le piège centrafricain

A l’heure où notre pays a décidé d’intervenir en Irak, il existe d’autres théâtres d’opérations militaires françaises qui ont disparu des écrans radars médiatiques. C’est le cas notamment de la Centrafrique. Le pays n’est toujours pas stabilisée, les actes de brigandage viennent s’ajouter aux affrontements communautaires. Quant aux forces armées de maintien de la paix — notamment les troupes françaises — elles sont accusées de tous les maux.

Le 16 septembre dernier, après des cérémonies en grande pompe, la Centrafrique s’est réveillée avec une nouvelle force de maintien de la paix dans ses rues. Les soldats de la force africaine ont échangé leurs casques vert olive pour de beaux casques bleus de la force onusienne. La Minusca, 7 600 hommes envoyés notamment par le Pakistan, le Maroc et l’Indonésie, a pour mission de protéger les civils, organiser le désarmement, appuyer la transition et soutenir l’acheminement de l’aide humanitaire. Celle-ci peut compter sur le soutien sur place du contingent dirigé par l’Union européenne de l’EUFOR-RCA (750 hommes) et par les 2 000 soldats français de l’opération Sangaris (à ce jour aucune date de retrait n’a été annoncée).

Plus de 10 000 hommes s’attellent donc désormais au maintien de la paix en République Centrafricaine. 

Le trésor des abysses

Un nouvel eldorado industriel est peut-être au fond des mers. La technologie d’aujourd’hui permet d’exploiter d’immenses gisements de métaux, repérés depuis 1985 dans tous les océans du globe.

À 3.500 mètres de profondeur, au milieu de l’Atlantique, se trouvent des cheminées hautes de 70 mètres qui crachent des panaches d’eau chauffée à 350 degrés par les volcans sous-marins. Ici se trouverait un des gisements de métaux les plus riches au monde: selon les estimations, il y aurait 150 millions de tonnes de cuivre.
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Éthiopie : Omo Circus

Il y a dix ans, lorsque Jean Queyrat se rend pour la première fois dans la vallée de l’Omo, cette région reculée du grand sud éthiopien n’est guère connue que des paléontologues, de quelques anthropologues et d’une poignée de voyageurs intrépides.

Au fil du temps, il a été le témoin d’une évolution stupéfiante qui appelle à être méditée. Aujourd’hui, les “sauvages” ou les “primitifs” de l’Omo sont bien éloignées de ce qu’imagine le touriste, en général peu averti de la réalité complexe de la Corne de l’Afrique.

Ils ont compris depuis longtemps tout le parti qu’ils pouvaient tirer de la curiosité ambiguë de gens, qui font des milliers de kilomètres et payent des fortunes pour venir jusque chez eux les reluquer sous le nez. Puisqu’on les veut sauvages, ils seront des sauvages majuscules et ils n’hésitent pas en en faire des tonnes dans le pittoresque et le baroque!

Non seulement l’énorme majorité des touristes n’y voit que du feu, mais, qui plus est, elle serait furieuse qu’on démolisse un rêve qu’elle a payé si cher. C’est donc une savoureuse comédie de dupes qui se joue désormais dans l’Omo.

Quelle pénurie énergétique ?

S’il était possible de capter et d’utiliser l’énergie de seulement deux minutes des rayons du soleil qui réchauffent la planète, ce serait suffisant pour fournir de l’énergie aux véhicules, pour éclairer et chauffer les bâtiments et assurer tous les besoins en électricité pendant une année entière.

En termes simples, l’humanité ne subit pas vraiment les effets d’une pénurie d’énergie, mais fait plutôt face à des difficultés techniques pour la capter et la distribuer aux usagers. Or une des meilleures façons pour régler ce problème est d’investir dans des moyens plus efficaces pour l’emmagasiner.

Bon nombre des problèmes du monde contemporain sont attribuables à l’utilisation d’énergie, que ce soit les conflits tournant autour de l’approvisionnement du pétrole, les problèmes préoccupants des émissions de gaz à effet de serre, les pertes d’efficacité et de production découlant de pénuries d’énergie et de pannes de courant.

Il y a plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas d’électricité ; et près de 2,6 milliards qui ne disposent pas d’appareils modernes de cuisine. Plus de 95 % de ces personnes vivent en Afrique subsaharienne ou dans les pays en développement de l’Asie, et 84 % d’entre eux habitent en région rurale.

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Afrique de l’ouest : La fraude des multinationales dépasse l’aide au développement

Entre évasion fiscale et minoration des revenus déclarés pour payer moins d’impôts, les multinationales ont fait sortir illégalement 210 milliards de dollars de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cédéao) entre 2002 et 2011, selon un rapport de la fondation Osiwa, qui promeut la transparence et la bonne gouvernance en Afrique de l’ouest.

Le montant des fraudes, qui a augmenté de 23% durant la décennie, s’élevait en 2011 à 18 milliards de dollars, alors que l’aide au développement dont bénéficie la région n’est évaluée qu’à 12 milliards de dollars. Le Nigeria est le pays le plus touché avec 142 milliards de dollars de pertes fiscales sur cette période.

«Les conséquences sont catastrophiques. La preuve est ce qu’on vit avec Ebola, où les États concernés n’ont pas le minimum de moyens pour faire face aux besoins», observe Ibrahima Aidara, l’un des auteurs du rapport.

«Les multinationales sont fautives. Normalement, si elles sont prises en faute, des mécanismes judiciaires doivent s’appliquer. Mais comme tout se fait de manière opaque et que les fraudes ont la bénédiction des pays développés», il n’en est rien. Seuls le Ghana et le Nigeria disposent de lois encadrant ce genre de fraude.

Les exonérations fiscales accordées par certains gouvernements de la région aux entreprises, dont les montants atteignent parfois 40% du budget étatique, n’attirent pas en prime tant d’investissements directs étrangers.

Libération

(Merci à Horatius)

Afrique : La révolution énergétique

Imaginez que vous vous réveilliez un matin sans plus pouvoir accéder aux technologies modernes. Plus de réfrigérateur, plus de cuisinière, plus d’air conditionné. Vos enfants ne peuvent plus faire leurs devoirs après la tombée de la nuit. Vous n’êtes plus en mesure de recharger votre téléphone portable. Vous y êtes, bienvenue dans l’univers de l’Afrique non connectée – un univers dans lequel les défaillances du marché anéantissent impitoyablement toute opportunité de développement.

Près de 150 ans après l’invention de l’ampoule par Thomas Edison, quelque 620 millions d’Africains – soit deux tiers de la population de la région – vivent sans aucun accès à l’électricité. Ils sont encore plus nombreux à recourir à la combustion de biomasse pour cuisiner, plus de 90 % des populations rurales du Malawi, de Tanzanie et du Mozambique utilisant en effet de la paille, du fumier et du bois à brûler. En résulte une pollution de l’air intérieur à l’origine de 600.000 décès chaque année – frappant pour moitié les enfants de moins de cinq ans.

La communauté internationale s’est fixé pour objectif de garantir un accès universel à l’électricité et aux énergies modernes d’ici 2030. Or, le nombre d’individus privés d’électricité en Afrique sub-saharienne ne cesse d’augmenter. Dans 15 ans, si la tendance actuelle se poursuit, 15 millions de personnes supplémentaires vivront sans électricité au sein de la région.

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Angola : Visite de François Hollande pour raffermir les liens économiques et politiques

Visite d’une journée du Président français en Angola vendredi avec à la clé une belle moisson de contrats commerciaux pour les chefs d’entreprise: une cinquantaine, qui accompagnaient le chef de l’État français, et la relance ou la création de liens économiques entre les deux pays.

Le gaspillage de nourriture dans un monde qui a faim

Un quart de la nourriture produite dans le monde est perdu chaque année à cause de récoltes inefficaces, de mauvaises conditions de stockage et de gaspillage par les ménages. Réduire ce gaspillage de moitié permettrait de nourrir un milliard de personnes de plus – et règlerait une fois pour toute le problème de la faim.

L’ampleur de ce gâchis de nourriture est particulièrement affligeante à la lumière des conclusions d’une nouvelle étude mondiale, L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Selon la FAO, 57 pays en développement ont échoué à réaliser l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), arrivé à échéance cette année, qui était de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim. Un individu sur neuf, soit 795 millions au total, se couche le ventre vide.

A l’horizon 2050, la demande alimentaire aura quasiment doublé, d’une part parce qu’il y aura deux milliards de bouches à nourrir en plus et de l’autre à cause de l’appétit croissant d’une classe moyenne émergente.

Bien entendu, des progrès remarquables ont également été enregistrés: au cours du dernier quart de siècle, le monde a nourri deux milliards de personnes de plus et, malgré l’échec de ces 57 pays, le monde en développement dans son ensemble a presque réduit de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim.

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Des drones pour le développement

Ces dernières années, les véhicules aériens sans pilote ont peuplé l’imagination et les cauchemars du monde entier. En avril, l’United States Navy a annoncé un programme expérimental appelé LOCUST (Low-Cost UAV Swarming Technology, ou technologie low-cost d’essaimage par véhicules aériens sans pilote), qui selon les déclarations vont permettre « de maîtriser un adversaire de manière autonome » et donc « de fournir aux marins et aux troupes d’infanterie de marine un avantage tactique décisif.  »

Avec un nom et une mission de ce genre et compte tenu des antécédents peu glorieux du point de vue éthique de la guerre des drones, ce n’est pas vraiment une grande surprise si de nombreuses personnes affichent leur répulsion face à la prolifération constante des robots volants.

Les drones de fret vont se développer dans un secteur encore plus étendu ces prochaines années, tout simplement parce que libérés de la charge des passagers humains et de leurs systèmes d’assistance respiratoire, ils voleront à un plus faible coût tout en restant aussi rapides et aussi sûrs.

Il y a de grandes chances que l’utilisation industrielle de l’espace aérien à basse altitude se maintienne. Plus de trois millions d’humains volent dans le ciel chaque jour. Chaque grande implantation humaine sur notre planète dépend d’une autre implantation par transports aériens. DJI, un fabricant de véhicules aériens sans pilote chinois, est à la recherche d’une valorisation de 10 milliards de dollars.

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Dans quel pays trouve-t-on le plus de millionnaires ?

Si les États-Unis restent le pays qui compte le plus de millionnaires, l’Asie, menée par la Chine, rattrape l’Amérique du Nord en matière de fortunes privées, selon une étude publiée lundi par le cabinet BCG qui diffuse chaque année ses analyses sur les fortunes mondiales.

La région Asie-Pacifique est devenue la deuxième du monde pour ce qui est du montant d’ensemble des fortunes privées, à plus de 47.000 milliards de dollars l’an dernier contre 36.500 milliards en 2013, toujours en excluant le Japon.

Elle dépasse désormais l’Europe, où les fortunes ont augmenté de moins de 3.000 milliards à 42.500 milliards de dollars, et devrait faire de même d’ici 2019 avec l’Amérique du Nord, pour l’heure toujours première à près de 51.000 milliards, selon BCG.

Quand on parle de fortunes, je crois vraiment que l’endroit important, c’est désormais l’Asie“, a résumé Federico Burgoni, responsable de l’étude pour la région Asie-Pacifique.
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Europe : Que fait l’EU pour favoriser le développement des pays les plus pauvres ?

À l’occasion des “Journées européennes du développement” à Bruxelles, nous vous proposons un débat sur la coopération internationale et la solidarité de l’Europe et des pays riches envers les pays les plus pauvres.

Égypte : Un traité africain de libre échange sur le point de naître

Ce mercredi, les chefs d’État de 26 pays d’Afrique de l’est et du sud, doivent signer un traité de libre échange englobant la moitié orientale du continent.

Les responsables de ces pays sont réunis en Égypte à Charm el-Cheikh pour un sommet qui couronne cinq ans de négociations, un sommet pour accoucher de la “Tripartite”: un grand marché commun créant un cadre pour aller vers des tarifs douaniers préférentiels, et dynamiser le commerce dans le continent.

Afrique : Jeunesse, géopolitique d’un tsunami

La vulnérabilité dans laquelle vivent bon nombre de jeunes africains pourrait faire de la jeunesse du continent, le symbole primaire de l’insécurité humaine. Difficile de considérer les flux migratoires sans prendre en compte cette dimension du monde réel.

Qu’est-ce qu’être jeune en Afrique ?

Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre avec objectivité, tant la problématique de la jeunesse sur le continent africain est à la fois complexe et délicate. Si selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), est considéré de façon universelle et conventionnelle comme jeune, toute personne dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, cette définition semble ne pas correspondre aux réalités sociales et sociologiques en Afrique. C’est la raison pour laquelle, la charte africaine de la jeunesse de l’Union Africaine (UA) définit la jeunesse, comme la frange de la population africaine dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans.

Chômage, violence, désespoir, oisiveté, précarité, aventure, illusion, analphabétisme, illettrisme et sous-éducation.

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Europe : « Emplois et salaires en hausse grâce aux immigrés »

[...] Michael Clemens est un économiste universitaire, membre senior du Centre for Global Development, cela fait des années qu’il enquête sur l’immigration, et il en est arrivé à des conclusions inattendues.

Parmi elles, sa théorie selon laquelle limiter l’immigration revient à « entretenir le plus gros des fossés entre le bien-être actuel de l’humanité et son bien-être potentiel » est la plus marquante.

Ses calculs indiquent que la liberté de franchir les frontières internationales pourrait doubler le PIB mondial.

Hors des considérations politiques – pourquoi les gens migrent-ils vers des pays riches ?
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Niger : Le fleuve génie

À travers toute l’Afrique de l’Ouest, le Niger charrie avec lui ses légendes. Au Mali, il baigne les rivages de Djéné, la cité de terre et de Tombouctou. De Bamako à Gao, il est pour les uns génie nourricier, pour les autres la reine des eaux, magique et mystérieuse. Hommage au grand pouvoir du fleuve.

Éthiopie : Le défi vert

L’Éthiopie, un pays en plein développement qui s’est fixé un but: devenir en 10 ans un pays neutre en carbone. Ce nouveau tigre africain mise tout sur les énergies renouvelables : des projets pharaoniques à une échelle jamais vue dans le pays… Le défi est immense: changer le destin d’un pays marqué par la pauvreté.

Ghana : Et si produire de l’électricité devenait un jeu d’enfants ?

Au Ghana, les coupures de courant sont fréquentes et certaines régions ne sont pas reliées au réseau électrique. C’est le cas sur l’île de Pédiatorkope. Alors devinez qui produit l’électricité: les écoliers de la région ! Et ce depuis la cour de récréation… en s’amusant sur des tourniquets et des balançoires.

Sommes-nous faits pour courir ?

L’évolution de notre rapport à la course, de la préhistoire jusqu’à la folie des baskets. Un documentaire captivant mené à grandes foulées par Niobe Thompson, lui-même coureur pour l’occasion.

Si nos ancêtres sont devenus bipèdes, c’est d’abord pour courir après leurs proies. Aujourd’hui, dans nos sociétés modernes, l’homme ne court plus pour survivre, mais il reste quelques rares endroits sur la planète où l’endurance physique conditionne sa vie.

Niobe Thompson, réalisateur et ethnologue, nous emmène en Afrique où évoluent pieds nus la plupart des meilleurs coureurs du monde, en Russie arctique, auprès des nomades éleveurs de rennes, et au Canada où se déroule l’un des plus grands marathons du monde, avec un objectif : étudier, à partir des récentes découvertes scientifiques, l’origine de la course

Énergie solaire : La révolution silencieuse des tarifs

En novembre, Dubaï a annoncé la construction d’un parc d’énergie solaire qui va produire de l’électricité pour moins de 0,06 dollar par kilowatt-heure, proposant ainsi une meilleure offre face aux autres options d’investissement, à savoir les centrales électriques à gaz ou à charbon.

Cette centrale, qui doit être opérationnelle en 2017, est encore un nouveau signe avant-coureur d’un avenir dans lequel les énergies renouvelables vont évincer les combustibles fossiles classiques.

En effet, il ne se passe pas une semaine sans que l’on entende parler d’un accord capital sur un chantier de centrale solaire. Pour ne parler que du mois de février dernier, il y a eu des annonces de nouveaux projets d’énergie solaire au Nigéria (1.000 mégawatts), en Australie (2.000 MW) et en Inde (10.000 MW).

Il ne fait aucun doute que ces développements sont de bon augure pour la lutte contre le changement climatique. Mais la principale motivation qui les anime est le profit, pas l’environnement, car une efficacité accrue dans la distribution d’énergie (et le cas échéant dans le stockage), réduit le coût de production de l’énergie renouvelable.

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Un business lucratif : Près de 150 millions d’euros par an pour le trafic de clandestins

Plus de 11.000 migrants ont débarqué en Italie au cours des six derniers jours, et des centaines d’autres continuaient à arriver vendredi sur les côtes italiennes, ont indiqué les garde-côtes italiens.

Plus de 300 de ces migrants, dont 45 femmes et 23 mineurs, partis depuis les côtes libyennes avant d’être récupérés en mer par les garde-côtes et la marine italienne, sont arrivés vendredi matin à Pozzallo en Sicile.

Afrique : Les fabuleux bénéfices du Système D (Màj)

Dans les bidonvilles du Nigeria et du Burkina Faso, l’Américain Robert Neuwirth a étudié durant quatre années, non pas la pauvreté et la détresse des populations, mais leur aptitude à créer des richesses et des emplois. Le secteur informel est même un formidable facteur d’innovation, car il met à profit la débrouillardise (système D), l’inventivité, les compétences et les réseaux de relations.

Il assure aussi la transmission des savoirs et la formation des jeunes. Sur les traces de Neuwirth, le film montre que, sous des dehors apparemment anarchiques, des structures bien organisées ont vu le jour. Et que cela marche.

Sur l’immense décharge d’ordures de Lagos (2 500 tonnes déversées par jour) opèrent par exemple 1.000 “cueilleurs”, spécialisés par type de matériau à récupérer. L’exploitation de ce site nauséabond rapporterait 30.000 dollars par jour. Le tri est précis, distinguant par exemple les plastiques selon leur nature. Revente et recyclage font vivre ensuite une myriade de familles.

Toujours à Lagos, les éventaires d’Alaba, le marché noir de l’électronique, abritent 6 000 vendeurs proposant 3 000 articles et pièces de rechange, ce qui génère des sommes considérables. Au Burkina Faso, le développement du microcrédit permet la création d’ateliers de confection, de mécanique, de menuiserie ou de réparation. Récemment mis en place, un système d’assurance-maladie pour les travailleurs du secteur informel pourrait le rapprocher de l’économie officielle.

Burkina Faso : L’homme qui voulait déplacer la montagne

A Ouagadougou, capital du Burkina Faso, au cœur d’une carrière de granit, des centaines de famille travaillent sans répit dans un immense trou béant.

Chaque jour, du lever au coucher du soleil, les hommes concassent à la masse des blocs de roche, puis les femmes, les vieillards et les enfants réduisent à leur tour, à coups de burin, la matière en cailloux. Tout se vend, même la poussière.

Le documentaire de Jean-François Delassus met en lumière l’exploitation originale de cette carrière qui appartient à tous et à personne, autogérée par les chefs des familles qui sont venues travailler ici de leur plein gré.

Les fonds vautours en Afrique

Depuis des décennies, les Etats africains vivent ou plutôt survivent grâce aux prêts accordés soit par d’autres Etats, soit par les organisations internationales (Banque Mondiale, FMI, Club de Paris…). Dans la pratique, ces prêts sont largement accordés contre l’accès aux ressources naturelles (énergétiques, minières…) des pays ou en contrepartie de l’octroi de grands travaux (barrages, routes,…) aux entreprises des pays créanciers. La capacité de remboursement des Etats se base sur une gestion saine des Etats et un accroissement des PNB. Malheureusement, pour un certain nombre de ces Etats, ni l’un ni l’autre ne sont au rendez-vous. Les Etats ne sont plus en mesure d’honorer leurs échéances.

C’est alors que les agences de notation dégradent les notes accordées aux Etats. Certains de leurs créanciers préfèrent brader leur créance que d’attendre un hypothétique remboursement même partiel. Selon l’adage bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Des fonds d’investissement voient dans ces Etats surendettés une opportunité et non un risque. Ces fonds d’investissement, aussi baptisés fonds vautours, rachètent à bas prix la dette des Etats africains en difficulté et au premier prétexte légal intentent une action en justice contre ces Etats pour récupérer le nominal de la dette et parfois même des intérêts en complément.

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