Espions privés : Barbouzes 2.0

Depuis plusieurs années, les sociétés de renseignement privées (SRP) se sont développées un peu partout dans le monde. La démocratisation et le développement des outils d’espionnage a ouvert un gigantesque marché qui profite au milieu des affaires et de la politique.

Ses principaux acteurs sont d’anciens policiers, militaires ou retraités des services secrets. Reconvertis dans le privé, ces professionnels du renseignement sont employés par des entreprises du CAC 40, des cabinets d’intelligence économique ou des officines aux contours flous.

Leur objectif consiste à obtenir des informations sur des firmes, déstabiliser un concurrent politique, ou passer au crible la vie privée d’un individu.

Le journaliste, Jérôme Pierrat a enquêté, pendant huit mois, auprès de ces hommes de l’ombre.

Françafrique : “La raison d’État”

En 1960, les quatorze colonies françaises d’Afrique noire ont accédé à l’indépendance. Le général de Gaulle a confié alors à Jacques Foccart, secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines et malgaches, la mise en place d’un système connu sous le nom de «Françafrique», visant par tous les moyens politiques et économiques à garder le contrôle sur ces anciennes colonies françaises.

Dans ce documentaire, des hommes en charge des plus hautes responsabilités officielles ou officieuses durant ces cinquante dernières années révèlent l’histoire tumultueuse d’un monde secret, où en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups semblaient permis.

Partie 1:

Partie 2:
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Rothschild, la politique et les affaires

Après son ouvrage sur la banque Lazard, la journaliste Martine Orange s’est attelée à refaire l’histoire de son concurrent direct, l’empire Rothschild. Une banque dont l’histoire est indissociable des aléas de la vie politique française, et qui s’est patiemment reconstruite, armée de sa seule volonté de revanche et de son nom.

The House of the Rothschild – 1934 – 20th Century Pictures

La banque Rothschild aurait pu disparaître au début des années 1980, à la faveur de la vague de nationalisations. Pendant un temps, ses héritiers se voient même interdire d’utiliser leur nom, leur marque de fabrique, pour reconstruire leur société familiale.

De par leur présence et leur influence au sein des réseaux politiques et d’affaires, les héritiers Rothschild ont tout reconstruit, brique après brique, comptant des soutiens indéfectibles en certains hommes politiques ou dirigeants d’entreprise.

(…) Sans concessions et après un travail de fin limier, la journaliste ne fait l’impasse sur aucune anecdote, poignée de mains, défection, ententes entre amis, trahisons, ou luttes de pouvoirs intestines.

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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Nicolas Sarkozy, le président des riches

Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy » [Editions Zones, septembre 2010].

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

*

Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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La structure des banques en question

Il est absolument hallucinant de voir le spectacle de la folie retrouvée des banques, alors qu’il y a un an, elles se ruaient sur les aides des Etats et des Banques Centrales, pour ne pas sombrer dans des faillites à la Lehman Brothers.

Le FMI a calculé (chiffres cités par JP Fitoussi dans « Après la crise, un conte parfaitement immoral », Le Monde du 05/01/2010) que les Etats du G-20 avaient consacré 17,6% de leur PIB au soutien du système bancaire, contre 3% au soutien budgétaire de l’économie.

Un tel coût pour un tel résultat pose vraiment problème. Comment peut-on accepter de payer de telles sommes, sans exiger en retour de réelles garanties, à la fois sur une meilleure gouvernance et sur les précautions à prendre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ?

Les gouvernements temporisent, parce qu’ils souhaitent en priorité que les banques retrouvent une bonne santé, pour pouvoir purger les mauvaises créances encore présentes et, espèrent-ils, qu’elles contribuent enfin au développement de l’économie. (Au moment où nous écrivons ces lignes, le président des Etats-Unis vient de déclarer vouloir limiter la taille et les activités spéculatives des grosses banques de dépôt. Son ton très agressif nous laisse penser qu’il veut aller assez loin dans ce sens, mais il faut attendre le texte de loi pour avoir une idée claire de la valeur des mesures proposées. Nous espérons que présent article en facilitera l’analyse par le lecteur.)

Mais il y a urgence, car de plus en plus de faits semblent indiquer que les profits importants des banques proviennent beaucoup plus des activités à haut risque, que des prêts à l’économie qui sont souhaitables pour sortir du marasme (Eric Laurent vient de sortir « La face cachée des banques », Plon, 2009, qui nous montre combien les dirigeants des banques américaines ne recherchent que le profit à court terme, sont insensibles aux questions éthiques, et ne comprennent que le rapport de forces).

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Citation du jour

«On pensait que les affaires, aux États-Unis, c’était solide comme du roc. On était le pays de la prospérité, et rien ne pourrait nous arrêter. Une maison en brique, c’est fait pour durer. Tu la donnais à tes gosses et ils y mettaient du marbre. Il y avait une impression de continuité. Si tu réussissais, c’était pour toujours. Et, d’un coup, le rêve a explosé. Le choc a été incroyable.»

E.Y. (Yip) Harburg, parolier de chansons, cité dans le livre « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p43.

(Merci à Pakc)

Le pentecôtisme, bras armé de l’impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?

Le pentecôtisme, courant de l’évangélisme issu des États-Unis et connu pour ses manifestations liturgiques de masse très démonstratives, mais également ses méthodes fortement matérialistes, connaît un fort développement en Afrique Noire, comme dans le reste du monde.

Associé à l’image de Simone Gbagbo ou à une certaine extrême droite américaine (proche de l’ancien président George W. Bush), il est souvent vu comme un instrument de l’impérialisme US, chargé de propager à coup de prosélytisme leurs valeurs et leur vision du monde. Cependant, sur le terrain, le pentecôtisme africain obéit à des dynamiques un peu plus complexes que cette vue manichéenne ne pourrait le laisser penser.

Une implantation centenaire

Le pentecôtisme naît au début du XXème siècle aux États-Unis (en 1901 dans une église blanche du Kansas et en 1906 dans une église noire de Los Angeles) et au Royaume-Uni, d’une dissidence au sein d’églises réformées. Son dogme est fondé sur une interprétation littérale de la Bible, mais ce qui le différencie des autres mouvements protestants est l’importance accordée au « baptême par le Saint-Esprit », manifesté par les charismes (ou dons de Dieu aux croyants) et le lien direct et intime entre Dieu et le croyant.

Très vite, des missionnaires pentecôtistes arrivent en Afrique anglophone, par le biais de la colonisation britannique, notamment en Afrique du Sud, au Liberia et au Burkina Faso. Ceci est facilité par la création, dès 1914, des Assemblées de Dieu, fédération de communautés pentecôtistes américaines, disposant d’une puissante branche missionnaire qui fait de l’Afrique de l’Ouest son terrain privilégié d’évangélisation. Des Assemblées équivalentes apparaissent en Europe de l’Ouest et du Nord au milieu du XXème et vont envoyer des missions en Afrique Centrale. Ceci va résulter en la création d’églises nationales africaines autonomes, qui elles mêmes vont évangéliser les pays voisins. En parallèle, vont apparaître des églises totalement indépendantes et de taille très variable, comptant parfois quelques fidèles autour d’un pasteur.

Après une période d’ « institutionnalisation », un renouveau pentecôtiste est perceptible dès les années 1970, suivant celui observé en Amérique du Sud, d’abord marqué au sein des pays anglophones (Nigeria, Ghana) puis francophones (les deux Congo). Enfin, plus récemment, et avec moins de succès, le pentecôtisme tente de pénétrer les pays musulmans comme le Sénégal et le Maghreb.

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Goldman Sachs et les “causes” de la crise financière

Par Philippe Béchade

Les médias nous ont permis de suivre en direct quelques déclarations très intéressantes, ces dernières 48 heures. Nous commencerons par la plus récente, qui émane de Barack Obama : “je suis déterminé à récupérer chaque cent dû au peuple américain — et ma détermination ne peut être que renforcée quand je constate les profits énormes et les bonus obscènes versés par des sociétés qui doivent leur survie aux efforts extraordinaires du contribuable”.

De nombreux commentateurs ne manquent pas de rappeler que le nouveau président américain doit son élection, pour une large part, au généreux soutien de quelques ex-banques d’affaires qui symbolisent le mieux l’influence de Wall Street dans la gestion du pays.

La deuxième déclaration découle presque directement des considérations qui précèdent. Elle émane de Lloyd Blankfein, P-DG de la toute puissante firme Goldman Sachs (j’ai toujours du mal à la qualifier de banque, surtout depuis que ce statut lui ait été reconnu par son ex-P-DG – un hasard, probablement – et Ben Bernanke, en septembre 2008).

Interrogé le 13 janvier par la Commission d’enquête américaine sur la crise financière (FCIC ou Financial crisis inquiry commission), Lloyd Blankfein à déclaré : “Goldman Sachs n’avait fait que son travail, en toute légalité… et c’est le seul critère qui importe aux yeux de ses clients”.

“Les choses ont mal tourné par la faute d’un mauvais concours de circonstances. Les modèles de calcul du risque étaient erronés, les agences de notation se sont montrées trop complaisantes, les banques ont trop prêté tout en pensant que l’activité de structuration de crédit les exonérait de se préoccuper du niveau de leurs fonds propres ; ceux qui achetaient ces produits complexes étaient trop confiants dans la santé du secteur immobilier… mais rien de tout ceci ne serait arrivé si la régulation n’avait pas été défaillante”.

C’est donc de la faute des autres – et du législateur en particulier ! Ce système de défense est constant depuis octobre 2008. C’est normal, puisqu’il rejette la faute sur le législateur et non pas sur le laxisme et la complicité objective, sinon active, de la Fed.

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