Épigénétique : Nous sommes ce que nous mangeons

Pourquoi deux vrais jumeaux ne sont-ils pas sujets aux mêmes maladies? Selon les chercheurs, de nombreux facteurs influent sur notre organisme, et en premier lieu, l’alimentation : celle-ci aurait une influence directe sur nos gènes et ceux de nos descendants.

La question de savoir dans quelle mesure nous sommes préprogrammés ou façonnés par l’environnement continue à susciter des controverses. Le domaine de l’épigénétique est apparu pour combler la brèche entre l’inné et l’acquis. La définition la plus courante de l’épigénétique est « l’étude des changements héréditaires dans la fonction des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence ADN ».

En d’autres termes, si la génétique cherche à établir la relation entre les gènes et l’hérédité, l’épigénétique étudie comment l’environnement interagit avec les gènes pour modifier la façon dont ils s’expriment.

L’ADN serait la clé USB du futur ? Oui, l’homme-ordinateur n’est pas un fantasme…

Et si nous étions en passe de devenir des hommes-ordinateurs à part entière ? Avec des interfaces implantées sous la peau ou directement injectées, bientôt nous serons diagnostiqués par des nano-particules et en capacité de stocker notre mémoire dans notre ADN. Un fantasme ? Pas sûr pour Jean-Paul Fritz, qui fait le point sur les recherches en cours.

L’ADN va-t-il remplacer les disques durs ? Écrire des données sur de l’ADN, construire des machines avec des molécules, l’avenir va-t-il voir l’informatique devenir une branche annexe de la biologie ?

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Ce que j’ai appris sur moi en faisant des recherches de généalogie génétique

Et comment cela m’a permis de comprendre en quoi les races n’existent pas.

Étant, comme je vous l’expliquais, obsédée par la généalogie, j’ai décidé de me lancer dans la généalogie génétique, soit le fait de déterminer les origines géographiques à travers une analyse de l’ADN. En gros, vous transmettez à des organismes privés un peu de votre salive, ils l’analysent, et sont capables de vous dire d’où venaient vos ancêtres: les mutations génétiques dont nous sommes porteurs étant liées à des zones géographiques.

Je voulais comparer les résultats de deux programmes, mais je vous le dis tout de suite: je n’ai pas pu. Je n’ai jamais reçu mes résultats de la part de National Géo. (Je soupçonne un problème au niveau de la Poste.) Du coup, je ne peux me baser que sur les résultats de 23andme.

Pour resituer un peu, 23andme c’est une entreprise qui à l’origine, en 2006, se proposait de décrypter votre génome pour vous prédire vos problèmes de santé. Mais depuis 2013, la Food and Drug Administration a interdit à 23andme de proposer un service à visée médicale, à cause du manque de fiabilité de ses prédictions, notre santé ne se réduisant pas à nos prédispositions génétiques. L’entreprise a tout de même obtenu en février 2015 l’autorisation de commercialiser un test génétique pour détecter le syndrome de Bloom, une maladie génétique rare. Cette question des tests génétiques à visée médicale tombe souvent dans une zone législative grise. Ainsi, 23andme ne peut plus les proposer aux États-Unis, ni en France, par contre elle va les relancer pour les clients britanniques et canadiens. Cependant, à l’échelle mondiale depuis 2013, 23andme a dû se recentrer sur la généalogie génétique.

Le big data génétique

Si on résume: j’ai donc refilé ma salive et mon ADN à une entreprise privée américaine dans laquelle Google a des parts, une entreprise qui aimerait beaucoup que je l’autorise à revendre mon échantillon à d’autres entreprises dans le cadre de recherches médicales. Evidemment, vous avez la possibilité de refuser mais je tiens tout de même à insister sur le fait que ce genre de démarches ne sont pas anodines. Le but avoué de 23andme est d’obtenir le plus d’ADN différents pour mener ensuite des recherches médicales sur ce big data génétique.
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Des portraits robots génétiques

Les tests ADN sont utilisés depuis les années 1980 dans les enquêtes de police. Médiatisés par les séries télévisées, ces analyses franchissent un nouveau pas ! Les enquêteurs sont désormais capables d’établir le portrait-robot génétique d’un suspect à partir d’une seule trace laissée sur une scène de crime.

Couleur des yeux, forme du visage… La prédiction morphologique révolutionne les enquêtes criminelles.

Nos ordinateurs ont-ils la mémoire courte ?

La mémoire est une question capitale pour notre société et pour chacun d’entre nous. Mais aujourd’hui, notre mémoire est de masse, interconnectée et dématérialisée.

Avec l’informatique, elle se heurte à une fragilité que personne n’avait prévue : son caractère éphémère. Saurons-nous assurer la pérennité de nos données numériques ou bien sont-elles condamnées à disparaître tôt ou tard ?

Pour le moment, aucun support numérique n’a encore réussi à s’imposer sur le long terme, mais des scientifiques ont compris que l’informatique devait désormais laisser place à la génétique. L’ADN est, en effet, un des champs de recherche les plus prometteurs dans ce domaine.

Réalisé par Vincent Amouroux

Web 4.0 : l’internet de l’ADN et le web généticiel

Dans ce post daté du 3 mars dernier sur son blog, Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, dresse une histoire passée du Web et présente des projections sur ce qu’il pourrait être à l’avenir. Selon lui, ce sera l’Internet du génome avec toutes les interrogations qu’une telle évolution laisse en suspend.

Par Olivier Ertzscheid

1998-2006. Documents. Web 1.0

Il aura fallu 8 ans à Google pour parvenir à indexer tous les documents disponibles. Oh je vous vois venir, oui, vous avez raison, Google n’indexe pas “tous” les documents disponibles. Probablement moins de 5% des documents effectivement publiés sur le réseau. Alors disons qu’il lui aura fallu 8 ans pour parvenir à indexer suffisamment de documents pour s’assurer d’éliminer la concurrence, de stabiliser des parts de marché le plaçant en situation de quasi-monopole, et, dans les usages autant que dans notre inconscient collectif, pour fonctionner comme une métonymie du web : la partie prise pour le tout.

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Argentine : Une mutation génétique rend des villageois andins résistants à l’arsenic

A San Antonio de los Cobres en Argentine, une petite ville à 4.000 mètres d’altitude dans les Andes, les habitants se sont adaptés génétiquement à la consommation de fortes doses d’un poison mortel: l’arsenic.

Une équipe de généticiens suédois a étudié l’ADN de 124 femmes de ce bourg, où les habitants consomment de l’eau courante avec des taux d’arsenic considérés comme extrêmement dangereux, rapporte NPR.

Leur étude, publiée dans la revue Molecular Biology and Evolution, montre qu’un quart des habitants avaient développé une mutation dans le gène qui assimile l’arsenic. 

«Ils métabolisent l’arsenic plus rapidement et le transforment en une substance moins toxique, notamment par rapport aux occidentaux», explique Karin Broberg, généticienne à l’institut Karolinska de Stockholm.
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Allemagne : L’ARN, une molécule d’avenir

Tout le monde ou presque connaît l’ADN. Mais, saviez-vous que sa petite sœur, l’ARN, peut aider notre organisme à produire ses propres médicaments ? Comment et pourquoi ?

Dans ce laboratoire de recherche basé à Tübingen, en Allemagne, des scientifiques tentent de percer le mystère d’une molécule insaisissable: l’ARN, pour acide ribonucléique: son nom scientifique est l’ARN messager, ou ARNm.

Pour faire simple, cette molécule a la faculté d’aider l’organisme à se soigner lui-même.

Le ventre est-il notre second cerveau ? (Audio)

Cette émission de Science Publique fournit des informations captivantes sur le système intestinal, que la science commence à considérer comme notre second cerveau. Riche d’une centaine de millions de neurones, celui-ci gère de manière indépendante la désagrégation et l’assimilation des aliments. Mais surtout, il héberge une population de cent mille milliards de micro-organismes – dix fois le nombre de nos cellules – constitués en majorité de bactéries. La composition de cet écosystème, nommé microbiote, est spécifique à chaque individu.

Il contiendrait en effet plusieurs centaines de millions de neurones. Mais ce qui distingue surtout nos entrailles de notre encéphale, c’est la population qui l’habite. Il s’agit du microbiote intestinal, ou flore intestinale, qui contient pas moins de 100.000 milliards de micro-organismes. Soit deux fois plus que le nombre de cellules qui composent notre propre organisme.

Longtemps, cet univers intérieur est resté largement inexploré. Mais depuis les années 2000, la baisse du coût des techniques de séquençage de l’ADN permet aux chercheurs d’étudier ces populations de bactéries sans avoir à les cultiver en laboratoire. Ils commencent ainsi à analyser les 400 ou 500 espèces que nous abritons et qui participent activement à la fermentation des aliments mais aussi à l’entrainement de notre système immunitaire ou à la fabrication de vitamines.

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Nanotechnologies : Ces redoutables particules toxiques qui envahissent notre quotidien

Propos recueillis par Sophie_Chapelle

Invisibles à l’œil nu, les nanoparticules envahissent le quotidien, depuis nos vêtements jusqu’à nos assiettes, sans aucun étiquetage ni traçabilité. Malgré les nombreuses études attestant de la toxicité de certaines de ces particules, les gouvernements refusent d’appliquer le principe de précaution et investissent des milliards d’euros en recherche et développement dans les nanotechnologies.

Comment repérer et se protéger de ces nouvelles molécules high-tech ? Entretien avec le journaliste Roger Lenglet, qui décrypte dans son ouvrage “Nanotoxiques” les dessous de cette menace pour la santé publique.

Basta ! : Les nanomatériaux sont entrés en catimini dans nos vies, dans les objets du quotidien ou de consommation courante. Pourquoi dites-vous qu’il s’agit d’une « bombe sanitaire » ?

Roger Lenglet [1] : Ces particules de dimension nanométrique posent des problèmes toxicologiques. Leur taille minuscule permet à une grande partie d’entre elles de traverser l’organisme, de se loger dans les cellules et de pénétrer dans les noyaux cellulaires contenant l’ADN.

Elles peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes… Certaines sont même neurotoxiques : elles traversent la barrière encéphalique qui protège le cerveau et s’attaquent aux neurones, contribuant au développement de pathologies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. Notre organisme n’est pas fait pour résister à ces nouvelles particules aux propriétés stupéfiantes.

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La gentillesse, vertu de perdants ou signe de santé mentale ?

Alors que c’est aujourd’hui la Journée de la gentillesse (13 novembre), force est de reconnaître que cette qualité n’a plus la cote à l’ère du chacun pour soi. En 2009, un psychanalyste et une historienne britanniques nous invitaient déjà à réhabiliter cette disposition d’esprit si précieuse.

La gentillesse, disait l’empereur et philosophe romain Marc-Aurèle, est “le plus grand plaisir” de l’être humain. Penseurs et écrivains ont abondé dans ce sens pendant des siècles, mais aujourd’hui beaucoup de gens trouvent ce plaisir incroyable ou du moins hautement suspect. On en est venu à penser l’être humain comme étant dépourvu de générosité naturelle. Nous sommes pour la plupart convaincus qu’en tant qu’espèce nous sommes profondément et foncièrement hostiles les uns aux autres, que nos motivations sont égoïstes et nos élans d’affection des formes de protection. La gentillesse – et non pas la sexualité, non pas la violence, non pas l’argent – est aujourd’hui notre plaisir interdit.

En un sens, la gentillesse est périlleuse parce qu’elle repose sur une sensibilité aux autres, sur une capacité à s’identifier à leurs plaisirs et à leurs souffrances. Se mettre à la place de l’autre peut être très inconfortable. Mais les plaisirs que procure la gentillesse, comme tous les grands plaisirs humains, ont beau être par nature périlleux, ils sont parmi les plus choses les plus gratifiantes que nous possédions.

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Mirko Beljanski : Une nouvelle approche thérapeutique du cancer

Par Henri Boiteux, Agrégé de l’Université, Ancien Administrateur de l’Institut de Recherches Scientifiques sur le Cancer (C.N.R.S).

Talentueux chercheur biochimiste français, Beljanski a mis au point des médicaments enfin efficaces et non toxiques permettant de soigner le cancer au début des années 1980. Infirmant les positions établies du dogme biologique et médical sur cette maladie, sa recherche fut frappée d’un ostracisme implacable.

Ses découvertes, pourtant parfaitement fondées scientifiquement, permirent la guérison de milliers de patients avant que les pressions de l’estabishment médical et de la justice aient raison de l’espoir de les voir mises à disposition du public.

Émission consacrée à Mirko Beljanski, diffusée sur Radio Courtoisie dans le Libre Journal de Serge de Becketch le 25/12/1996

Introduction
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Laurent Alexandre : « Nos enfants iront-ils demain dans des écoles eugénistes ? »

L’école devra-t-elle devenir eugéniste? Est-elle condamnée à intégrer le développement des neurosciences pour s’adapter à la guerre des cerveaux qui se prépare et réduire les inégalités croissantes de QI à venir ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Pionnier d’internet, il est le fondateur de Doctissimo.fr. Auteur de « La mort de la mort » et de « La défaite du cancer », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements qu’entraînent les NBIC. Il dirige par ailleurs DNAVision société spécialisée dans le séquençage ADN.

(Merci à Ripper2 et à Charles Sannat)

Quand le nocif se fait nanométrique (Audio)

Les produits contenant des nanoparticules envahissent de plus en plus vite notre quotidien. Rappelons qu’1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu’un mètre. Ces nouvelles nano molécules hightech sont développées dans de nombreux domaines. En métallurgie, en chimie comme en biologie et ainsi, aussi, dans leurs utilisations médicales.

C’est à ces dernières que nous nous intéressons. Souvent, les ingénieurs en recherche et développement qui inventent de nouvelles applications des Nanos sont commercialisés sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation qui les oblige à tester la toxicité des substances avant de les vendre.


Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts. Or on peut dire, sans exagération, que cette opération « nano », menée à l’échelle planétaire, souvent avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

Invité : Roger Lenglet, Philosophe, journaliste, auteur de Nanotoxiques.

(à partir de 4’50″)

France Culture – Continent Sciences (27/10/2014)

Merci à Martine

Transhumanisme : L’idéologie dominante

Les travaux de Lucien Cerise ont permis de manifester l’émergence de cette nouvelle synthèse de la philosophie moderne qu’est le “Transhumanisme”. S’il s’agissait de nouveaux développements purement intellectuels du positivisme, son intérêt serait mineure, mais cette théorie unifiante habite l’esprit de nombreux décideurs influents qui n’hésitent pas à envisager une redéfinition de l’homme dans un proche avenir.

La technicisation de notre quotidien par ce qu’on appelle les techno-sciences (outils numériques, sciences de l’information, sciences neurocognitives, nanotechnologies) constitue une sorte de tsunami qui progresse inexorablement.

Ce progrès technique impressionne par son efficacité et sa rapidité. Il est d’autant plus accepté que l’homme contemporain refuse de plus en plus ses limites et ses faiblesses naturelles. Il acquière une légitimité quand il promet une « meilleure qualité de vie ».

Ces innovations technologiques sont les produits du travail de certains chercheurs qui envisagent une amélioration de l’humain, et donc une optimisation du donné de la nature, mais également la transformation de ce donné – le trans-humanisme – et ceci jusqu’à son dépassement ultime : le post-humanisme. Nos enfants sont concernés par ces choix idéologiques. Les politiques, en effet, prennent comme principes de gouvernement toutes ces découvertes techniques sensées rendre l’homme meilleur et transformer notre vie terrestre en paradis.
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Un rêve de longévité

Ralentir le cours du temps, rester en bonne santé le plus longtemps possible… Ce rêve d’éternelle jeunesse serait-il aujourd’hui à la portée du plus grand nombre? Nouvelles approches de la médecine, compléments alimentaires inédits, découvertes récentes sur l’impact du mode de vie sur le vieillissement…

Ces dernières années, sur le front de la lutte anti-âge, la piste la plus prometteuse est celle de l’ADN. En France, chacun peut désormais connaître l’âge biologique de son organisme, grâce à une prise de sang qui mesure les télomères, des petits capuchons qui protègent les chromosomes. Leur impact sur la longévité est considérable.

Des chercheurs ont découvert les recettes qui permettent de les préserver. Enquête sur les nouvelles promesses de l’anti-âge, en France, aux États-Unis et en Espagne.

La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme

Dans son livre “Le Corps-Marché”, la sociologue canadienne Céline Lafontaine, professeure à l’université de Montréal, dénonce la “bioéconomie”, une économie fondée sur la marchandisation du corps.

S’attachant en particulier à l’industrie biomédicale, Céline Lafontaine délivre une  enquête documentée et pragmatique sur les enjeux de la bioéconomie. Elle éclaire les règles d’un marché mondialisé du corps humain, dont les éléments (sang, ovules, cellules, tissus…) sont de plus en plus marchandisés, comme dans l’industrie de la procréation. Par-delà les clivages éthiques que tous ces débats suscitent entre les citoyens – par exemple au sujet de la gestation pour autrui –, elle consigne précisément les enjeux réels de cette bioéconomie souveraine. Un éclairage à partir duquel les positions éthiques de chacun peuvent s’ajuster en fonction de plusieurs conceptions possibles de la liberté et de l’égalité…

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Dans les entrailles de Monsanto

Le groupe inonde le continent américain de ses OGM. Mais pour la première fois, l’an prochain, les agriculteurs pourront replanter son soja sans lui payer de royalties. Parce que ses brevets expirent, Monsanto se trouve ainsi confronté aux mêmes défis que les groupes pharmaceutiques avec les médicaments génériques.

Robb Fraley a la chaleur des hommes du Midwest. Fils de fermier, il a passé l’essentiel de sa vie entre le Mississippi et l’Ohio, ces deux fleuves qui irriguent les grandes plaines agricoles d’Amérique. L’absence de cravate et la cordialité du déjeuner organisé avec une poignée de journalistes, la semaine dernière à Saint-Louis (Missouri), ne doivent, toutefois, pas tromper : Robb Fraley est un homme puissant, qui suscite autant d’admiration que de haine. Pour certains, c’est un grand scientifique ayant modernisé le monde agricole comme peu de personnes avant lui. Pour d’autres, c’est un Frankenstein, le premier à avoir modifié l’ADN d’une plante au nom de Monsanto, il y a une vingtaine d’années. « Nous avons beaucoup travaillé auprès des fermiers, mais nous n’avons pas assez communiqué auprès des consommateurs », reconnaît celui qui est devenu depuis vice-président du groupe, chargé des développements technologiques.

La bataille de l’image est d’autant plus cruciale que Monsanto arrive à saturation sur ses marchés phares – l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud – et que ses principaux brevets (soja et maïs) sont en voie d’expiration. Si Monsanto veut poursuivre sa croissance, il lui faut donc lancer de nouveaux produits et convaincre des pays d’accepter la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM), au-delà de la trentaine qui la pratiquent déjà (Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud, Espagne, Canada, etc.).

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Biologie de synthèse : Les multinationales veulent industrialiser la vie

Par Agnes Rousseaux

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations.

Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide.

Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension: on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

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Jacques Ellul : « L’homme qui avait (presque) tout prévu »

La pensée de Jacques Ellul était isolée dans les années 1960. Malgré un léger regain d’intérêt, elle le reste aujourd’hui. Sans doute parce que le penseur bordelais fut l’un des premiers à remettre en cause l’idée de « progrès technique » et l’optimisme technophile à tout crin, un discours qui ne passait pas pendant les Trente Glorieuses.

En 1966, Jacques Ellul s’énerve. Dès l’avant-guerre, il s’est demandé : « Si Marx vivait aujourd’hui, quel serait pour lui le facteur déterminant de la société ? » Sa réponse : « La Technique », c’est-à-dire ce qu’on appelle communément « progrès technique » mais qu’il se refuse à qualifier ainsi : s’il voit bien où est la technique, il ne trouve pas qu’elle apporte de vrais progrès.

Après bien des difficultés, il a réussi à faire publier en 1954 son premier grand livre sur la question, La Technique ou l’enjeu du siècle, lequel n’a guère eu de succès en France ; alors qu’aux États-Unis, où Aldous Huxley l’a fait traduire et publier dix ans plus tard, il a connu un grand retentissement – plus de 100.000 exemplaires vendus – et y a été pris au sérieux, examiné, critiqué, étudié.

Ellul a d’autres raisons de s’énerver : à 54 ans, il est tricard un peu partout. Pas vraiment reconnu par ses pairs de l’université puisqu’il a préféré rester à Bordeaux plutôt que de « monter » à Paris ; absent des médias car il n’a jamais caché ses convictions anti-communistes et anti-sartriennes (à l’époque où Sartre et le PC dominent la pensée, ça ne pardonne pas), et s’est en prime payé le luxe de se proclamer anarchiste.
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Insolite : Selon une étude, “la mortalité liée au cancer ne cesse de diminuer depuis 30 ans”

L’Institut National du Cancer vient de publier un rapport très intéressant qui constitue une véritable « somme » épidémiologique concernant l’évolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France depuis une trentaine d’années.

Il faut le répéter inlassablement, bien que le nombre de nouveaux cas de cancers ait sensiblement augmenté depuis 1980 (110 %), la mortalité réelle par cancer, une fois pris en compte l’augmentation de la population et son vieillissement important, n’a cessé de diminuer depuis 30 ans. De plus les patients touchés par un cancer ont 35 % moins de risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Cette vaste étude, qui porte sur l’ensemble des cancers, nous apprend qu’en 2012, 355.000 nouveaux cas de cancers ont été observés (200.L000 chez l’homme et 155.000 chez la femme).
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L’immortalité arrive: en 2045, nous téléchargerons totalement notre esprit dans les ordinateurs (MAJ vidéo)

Dans seulement 30 ans, les humains seront capables de télécharger leur esprit en totalité vers des ordinateurs pour devenir numériquement immortels. Les parties biologiques de nos corps seront remplacées par des parties mécaniques et cela pourrait se produire dès 2100. C’est ce qu’a affirmé Ray Kurzweil, director of engineering chez Google, au Global Futures 2045 International  Congress de New York au cours du dernier weekend. Cette conférence était organisée par le milliardaire russe Dmitry Itskov, et visait à décrire à quoi ressemblerait le monde en 2045.

Il y a été beaucoup question de la « singularité technologique», un concept selon lequel la civilisation humaine connaitra une croissance technologique d’un ordre supérieur à partir d’un point hypothétique de son évolution technologique. Cette singularité est aussi assimilée à une immortalité digitale parce que l’intelligence et le cerveau d’une personne pourront être conservés pour l’éternité, même après son décès. Selon l’écrivain de science fiction Vernor Vinge, ce phénomène va commencer en 2030, mais Kurzweil estime qu’il débutera plutôt en 2045.

« Nous allons devenir de plus en plus non-biologiques, au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie non biologique, la partie machine, sera si puissante qu’elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (…) Nous aurons également des corps non biologiques – nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle », a expliqué Kurzweil.

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Chine : La politique de “l’enfant unique” conduit à des kidnappings en série

Coup de filet d’envergure en Chine. Les autorités ont, à nouveau, démantelé plusieurs réseaux de trafic d’enfants, un problème endémique dans le pays. 89 bébés ont ainsi pu être sauvés grâce à une opération commune préparée depuis plusieurs mois et menée dans neuf provinces. 355 personnes ont été interpellées.

Depuis avril 2009, les autorités ont durci le ton et démantelé 11.000 réseaux, rendant 54.000 enfants à leurs familles.

La politique de l’enfant unique est pointée du doigt. La préférence pour les garçons, qui subviennent aux besoins de la famille et perpétuent le nom, engendre des milliers d’avortements et créé la demande. Un nourrisson peut ainsi être vendu 10.000 euros dans les provinces les plus riches.

Des aménagements de la politique de l’enfant unique sont à l’étude car chez les moins de 20 ans, le nombre de garçons dépasse de 32 millions celui des filles, ce qui risque d’alimenter à l’avenir un nouveau trafic : celui des futures épouses.

Quand Monsanto souhaitait breveter le porc

Géant mondial du marché des semences qu’elle a largement converti à ses produits modifiés génétiquement, la multinationale Monsanto a tenté d’obtenir des autorités américaines un brevet sur des séquences d’ADN de porcs désirables pour l’élevage qu’elle a décodées.

(Documentaire de février 2007)

Partie 1 :


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Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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