Indice Planète Vivante

L’Indice Planète Vivante (IPV), qui mesure l’évolution de milliers de populations d’espèces vertébrées, a enregistré un déclin de 52 % entre 1970 et 2010.En d’autres termes, le nombre de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens, et de poissons sur le globe a, en moyenne, diminué de moitié en 40 ans. Ce recul, beaucoup plus marqué qu’annoncé précédemment, s’explique par l’ajustement des pondérations utilisées dans la méthodologie. Cet ajustement est motivé par le souci d’une meilleure représentativité de la biodiversité planétaire.

Si la biodiversité diminue à la fois dans les régions tempérées et tropicales, la baisse est cependant plus marquée sous les tropiques. Tandis que les 6 569 populations des 1 606 espèces constituant l’IPV tempéré ont vu leur effectif fondre de 36 % entre 1970 et 2010, l’IPV tropical (englobant 3 811 populations de 1 638 espèces) a plongé dans le même temps de 56 %.

Au plan régional, c’est l’Amérique latine qui a subi la chute la plus dramatique (83 %).
Lire la suite

Pour sauver l’économie, faut-il brûler les billets de banque ?

Les billets de banque sont-ils un héritage encombrant du passé? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.

Le premier argument n’est pas neuf, mais ne concerne pas tous les billets. Régulièrement, les banques centrales sont accusées de mettre sur le marché des grosses coupures dont la principale utilité serait de pouvoir circuler facilement dans des mallettes et de permettre le financement de toutes sortes d’activités illégales.

A la naissance de la monnaie unique, la création du billet mauve de 500 euros a fait l’objet de vives controverses; il a été expliqué à l’époque qu’il était nécessaire de prévoir une aussi grosse coupure pour faire oublier aux Allemands la perte du billet de 1.000 marks. Plus récemment encore, les députés européens ont remis en cause l’existence de ce  billet de 500 euros –parfois surnommé billet Ben Laden– et celle du billet jaune de 200 euros, les deux étant censés faciliter la fraude.

291 milliards en coupures de 500 euros
Lire la suite

FMI : Des experts défendent la redistribution des richesses

Des experts du FMI ont livré mercredi un plaidoyer en faveur de la redistribution des richesses et de la lutte contre les inégalités, tranchant avec les positions traditionnelles d’une institution focalisée sur l’austérité économique.

Selon leur étude, les inégalités sociales ne sauraient être négligées par les gouvernements notamment parce qu’elles “amputent la croissance” en réduisant l’accès à l’éducation et en alimentant l’instabilité politique et économique.

Ce serait une erreur de focaliser sur la croissance et de penser que les inégalités se régleront d’elles-mêmes, au moins pour la seule raison que cela pourrait déboucher sur une croissance faible et non-viable“, écrivent les auteurs de cette étude qui a reçu l’onction du chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard.

Ces experts n’hésitent pas, dès lors, à prendre le contre-pied de certains économistes libéraux, selon qui la redistribution des richesses par l’impôt et les transferts sociaux (allocations, aides…) décourageraient l’initiative privée et seraient, in fine, nuisibles à l’activité économique.
Lire la suite

L’Allemagne à son tour dans la tourmente économique

Les mauvais indicateurs se sont multipliés en Allemagne ces derniers jours. Signe que la première économie de la zone euro montre à son tour des signes de faiblesse.

Les signes négatifs se multiplient autour de l’économie allemande. En juin, les exportations et les importations ont reculé plus que prévu, signe à la fois que les entreprises allemandes peinent désormais à trouver des marchés et que leurs niveaux d’activité les conduisent à réduire leurs achats à l’étranger. L’industrie germanique fait, du reste, grise mine. La production industrielle a chuté de 0,9 % sur un mois, là aussi un peu plus que ce qu’attendait le consensus (-0,8 %). Mardi, les commandes à l’industrie avaient également déçue, chutant sur un mois de 1,7 %.

Stagnation

Ce piètre mois de juin de l’industrie allemande ne doit pas déclencher de panique : ces trois statistiques décevantes succèdent à trois bons chiffres en mai. Mais il n’en reste pas moins que la conjoncture allemande semble faire du surplace. « Le modèle selon lequel une baisse succède à une hausse est celui que l’on connaît depuis déjà huit mois en ce qui concerne la production industrielle », rappelle ainsi Thilo Heidrich, économiste à la Postbank.

Lire la suite

Les autoroutes rattrapées par la crise

Le trafic des poids lourds est en nette baisse. Celui des véhicules légers recule aussi, mais dans une moindre mesure…

Image d’illustration : ancienne Route 66, Illinois, Etats-Unis

Le recul inédit enregistré en 2008 du trafic autoroutier, une première depuis 1980, devrait se reproduire cette année. Les chiffres dévoilés par les différents opérateurs ces derniers jours font état d’une baisse qui va de 1,6% à 3,6% en moyenne sur les grands axes de l’Hexagone.

Lire la suite

Le secteur du bâtiment prévoit 35.000 pertes d’emplois en 2012

Le secteur du bâtiment, “en situation d’urgence », prévoit la perte de quelque 35.000 emplois en 2012, a affirmé Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB), vendredi à Montpellier.

Nous prévoyons 35.000 pertes d’emplois en non-remplacements, intérim et licenciements », a affirmé M. Sablier au cours d’une conférence de presse, constatant que “si l’activité a progressé au premier semestre de 4%, elle va baisser d’environ 6% au second », soit “une chute de 10% en un semestre ».

Lire la suite

Le micro-crédit fait des ravages en Inde

Ironie du sort, le pays où est né le micro-crédit est le théâtre de drames à cause du micro-crédit. Ces derniers mois, plusieurs paysans en situation de surendettement se sont donnés la mort. Un Etat est plus touché que les autres.

Le prix Nobel de la paix, Mohammad Yunus, l’inventeur du micro-crédit l’admet lui aussi : « Il faut mettre de l’ordre dans le micro-crédit » avant d’ajouter dans une interview donnée au journal français La Croix : « Le micro-crédit ne doit pas être présenté comme une opportunité pour gagner de l’argent. Il doit d’abord servir à créer de l’activité, à permettre aux plus démunis d’avoir un métier ».

Car si de nombreuses agences de prêt se targuent d’avoir une vocation d’aide et se disent solidaires, dans les faits, les agents de recouvrement sont souvent accusés de harceler les emprunteurs. Dans l’Etat de l’Andhra Pradesh, au Sud de l’Inde, les taux d’intérêts avoisinent parfois les 36%. Ces derniers mois, une cinquantaine de paysans croulant sous les dettes se sont suicidés dans cet État.

Lire la suite

Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

Lire la suite

Partir plus tôt en retraite peut nuire à la santé

Une étude publiée récemment montre que les ouvriers profitant de mesures de retraite anticipée ont plus de chance de mourir avant 67 ans.

Partir plus tôt en retraite ne permet pas forcément aux ouvriers d’en profiter plus longtemps. Au contraire, un rapport publié par l’Institut allemand pour l’étude du travail, montre que cela augmente les chances de mourir prématurément.

Les auteurs, Andreas Kuhn, Jean-Philippe Wuellrich et Josef Zweimüller, tous trois issus de l’Université de Zurich, se sont servis d’un changement de politique de départ à la retraite en Autriche pour analyser les effets d’un départ anticipé sur la santé.

A la fin des années 1980, la crise de l’acier a contraint le gouvernement autrichien à mettre en place un dispositif permettant aux ouvriers, dans certaines régions, de partir à la retraite à 55 ans au lieu de 58 pour les hommes, et à 50 ans au lieu de 55 pour les femmes.

En comparant la mortalité dans les régions concernées par cette réforme et celle qui ne l’étaient pas, les chercheurs ont conclu que pour les hommes, partir à la retraite un an plus tôt augmente de 13,4% les chances de mourir avant 67 ans. Un pourcentage qui, pour les auteurs de l’étude, est « non seulement statistiquement significatifs, mais aussi quantitativement important ». Pour les femmes, en revanche, un départ à la retraite anticipé n’a aucun effet sur l’âge du décès.

Lire la suite

Les coupes bugétaires pourraient coûter près d’un million d’emplois en Grande-Bretagne

Une semaine avant que le gouvernement britannique présente le détail des coupes budgétaires draconiennes, une étude analyse leur impact sur l’emploi.

David Cameron et Margaret Thatcher

Près d’un million de personnes, dont la moitié dans le secteur privé, pourraient perdre leur emploi à la suite du programme de coupes budgétaires prévu par le gouvernement britannique, selon une étude d’un cabinet privé publiée mercredi à Londres.

Les entreprises privées de secteurs comme la défense et le bâtiment, très dépendants de commandes publiques, seraient les plus touchées, selon cette étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), diffusée une semaine avant que le gouvernement ne donne le détail de coupes budgétaires draconiennes.

Dans les 3,4% des emplois publics et privés du pays pourraient être affectés par ces coupes budgétaires, soit environ 943.000 emplois, estime PwC.

Lire la suite

USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
Lire la suite

Inégalités, surendettement, les deux faces d’une même réalité

(extraits) Par Albert Edwards, responsable de la stratégie à la Société Générale

Quelle est la relation, si elle existe, entre le laxisme extrême des banques centrales aux États-Unis et au Royaume-Uni et le fait que ces pays aient été ceux où les inégalités ont augmenté de façon la plus extrême durant ces dernières décennies ?

Etait-ce un facteur important ?

J’ai lu quelques réflexions provocantes de Marc Faber, dans son Gloom, Boom and Doom report, sur les inégalités extrêmes qui existent aujourd’hui.

Elles m’ont rappelé que nos excellents économistes américains Steven Gallagher [économiste en chef, Société Générale New York] et Aneta Markowska [économiste, Société Générale New York] avaient également traité du sujet.

Sans aucun doute, aux États-Unis l’augmentation des inégalités a été fulgurante ces dernières années (voir graphique ci-dessous).

A gauche : répartition des revenus aux USA de 1917 à 2007, en pourcentage du revenu total. En rouge, les 10% de la population qui ont les revenus les plus élevés. En noir, le 1% de la population qui a les revenus les plus élevés. A droite : évolution du pourcentage de la population dépendant de bons d'alimentation pour se nourrir. (Cliquez sur le graphique pour l'agrandir)

Lire la suite

La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

Cliquez sur l'image (du Système) pour l'agrandir

André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

Lire la suite

“Les marchés doutent de la pérennité de la croissance américaine”

La reprise américaine a été amorcée par la reconstitution des stocks des entreprises et soutenue par les dépenses publiques. Aujourd’hui, c’est à l’emploi de prendre le relais. Or ce n’est pas le cas, explique Aurore Wannesson-Raynaud, stratégiste à AXA IM.

Le chômage aux USA : en rouge, le taux officiel ; en bleu, le taux réel (s'il était mesuré comme dans les années 1930)

L’économie américaine a crée 431.000 emplois au mois de mai. Pourtant les marchés l’ont sanctionnée. Pourquoi ?

La plupart des créations d’emplois a été le fait du secteur public. L’essentiel de ces postes ont été crées pour le recensement de la population américaine. De fait, ils sont temporaires et les personnes recrutées se retrouveront sur le marché du travail dès l’été 2010.

En excluant ce recrutement public, le secteur privé n’a crée que 41.000 postes au mois de mai, ce qui explique la réaction des marchés, car la dynamique des mois précédents s’est déjà interrompue.

Si cette tendance se poursuit, quel impact pourrait-il y avoir sur la croissance ? Lire la suite

Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

Lire la suite

Des lois sont nécessaires dans le secteur bancaire

Comment 50 milliards de dollars ont disparu des bilans d’une banque privée

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose de pourri dans le système bancaire. Il est également évident que des changements sont nécessaires. Car si l’on continue comme avant, de nouvelles crises des marchés financiers sont prévisibles. A la suite de l’effondrement des banques de 2008, ces jours-ci, certains phénomènes se font jour du côté de l’Etat et des banques qui sont importants en vue d’une correction de la politique à adopter.

"Arrêtez le casino financier" (manifestation en Islande)

Dans le récent rapport d’enquête rédigé à l’intention de l’Althingi, le Parlement islandais, on peut lire : «Les banques ont été pillées de l’intérieur par des personnes qui ne respectaient pas les lois.» Les propriétaires principaux des banques s‘étaient accordé mutuellement des crédits gigantesques pour des investissements faits dans d’autres domaines sans disposer des garanties nécessaires (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 14 avril 2010). Le rapport constate que les banques contrôlaient l’Etat et non l’inverse. (cf. l’ouvrage «Why Iceland ?» d’Asgeir Jonsson. Ce dernier y décrit notamment les pressions exercées sur l’Islande par l’étranger.)

Lire la suite

La dette publique menace de relancer la crise financière mondiale, selon le FMI

Le Fonds monétaire international a prévenu mardi que la crise financière mondiale pourrait entrer “dans une nouvelle phase,” nourrie par un gonflement de la dette des États qui risque de raréfier le crédit nécessaire à la croissance.

L’attention s’est tournée vers les risques liés aux dettes des États qui pourraient saper les progrès dans la stabilité et faire entrer la crise du crédit dans une nouvelle phase,” a affirmé le FMI dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde.

Dans cette nouvelle phase, si les États continuent d’emprunter des montants aussi élevés pour combler leurs déficits, les fonds disponibles pour le reste de l’économie seront limités.

La demande croissante du secteur public risque d’évincer le secteur privé du crédit,” et “une hausse des primes de risque pour les États pourrait faire monter les coûts des emprunts pour le secteur privé,” a expliqué le Fonds.

Le FMI n’a pas chiffré cette hausse, mais a souligné que les premières victimes en seraient “les PME et les emprunteurs les moins fiables.

Des économistes du Fonds ont déjà estimé, dans une note de recherche publiée en novembre, qu’une augmentation permanente de 0,5 point de pourcentage du déficit public par rapport au PIB aux États-Unis pourrait réduire à moyen terme l’activité de 0,2% dans le monde chaque année.

Lire la suite

Implosion occidentale et croissance chinoise

Une tribune libre de Michel Drac

La plupart des Occidentaux sont encore aujourd’hui convaincus que les USA possèdent une économie infiniment plus puissante, performante et créatrice de richesses que l’économie chinoise.

Il est fréquent qu’on vous oppose, quand vous évoquez la montée en puissance de la Chine, le ratio qui existe entre le PIB US au taux de change courant (14 400 milliards de dollars en 2008) et son équivalent chinois (4 300 milliards pour la même année), soit à peu près le chiffre magique de 3.

Voyons, comment pouvez-vous évoquer une situation de quasi-parité entre Chine et USA en termes de puissance économique, alors que le PIB des USA est trois fois plus gros que celui de la Chine ? Et comment pouvez-vous dire que le système US n’est pas forcément plus performant que le système chinois, alors que les USA, quatre fois moins peuplés que la Chine, ont un PIB trois fois plus important ? Voyons, le PIB par habitant des USA est 13 fois plus élevé que celui de la Chine !

Pour mesurer à quel point ce type d’interrogation est en soi révélateur de la confusion carte/territoire qui constitue, dans l’actuelle phase de paraphrénie collective, l’essence du mode de pensée de nos contemporains occidentaux, il faut ici rappeler quelques évidences.

Lire la suite

Irlande cherche reprise désespérément

De plan d’austérité en plan d’austérité, l’ex-Tigre celtique attend toujours la reprise. En vain.

120.000 manifestants à Dublin contre le traitement de la crise par le gouvernement irlandais, en février 2009 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’économie irlandaise reste depuis deux ans enfoncée dans la récession. Le PIB du pays a encore reculé au quatrième trimestre 2009, de -2,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,1% sur un an. Au final, l’activité s’est contractée de 7,1% l’an passé. Le taux de chômage touche désormais 13,4% de la population active. En tout, le nombre de chômeurs a grimpé de 17,9% sur les douze derniers mois. L’ex-Tigre celtique reste l’un des Etats les plus mal en point du Vieux Continent.

Lire la suite

Japan AirLines : c’est la fin

Une tribune libre de Patrick Reymond

JAL a déposé le bilan, fait l’impasse sur ses dettes, va virer le tiers de ses effectifs (15600 personnes), en attendant d’en virer au total 50 % (en 2011), puis 100 % (en 2012).

Le problème des dépôts de bilan et de la continuation de l’activité, c’est de fausser profondément le jeu économique dans un secteur.

Si on prend le cas de JAL, le dépôt de bilan ne fonctionnera pas.

Pourquoi ? Parce que c’est un mouvement comptable. On fait l’impasse sur le plus de dettes possibles, en ayant le plus possible de créances non couvertes (qu’on se dépêche de couvrir après la faillite).

C’est là que le bât blesse. JAL et toutes les compagnies aériennes n’ont absolument aucune créance non encaissée. Au contraire, elles encaissent les créances à l’avance.

La compagnie japonaise, si elle fait bien l’impasse sur les dettes, n’est pas non plus dans une situation brillante, après la remise à zéro du compteur.

En effet, les dettes sont finalement assez réduites : beaucoup de charges, dans l’aviation, se paient comptant.

2320 milliards de yens, soit 17,6 milliards d’euros, la dette pour une compagnie de cette taille est loin d’être démesurée.
Lire la suite

Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
Lire la suite

La taxe carbone engraisse les milliardaires et les mafieux

Par Marc Mayor

En marge de la conférence de Copenhague, s’est tenu un minisommet permettant à des scientifiques de confronter leurs données à celles, du moins en partie manipulées, sur lesquelles reposent les décisions de nos dirigeants. Le professeur Henrik Svensmark, physicien du Centre national spatial danois à Copenhague, a expliqué que le réchauffement récent est causé par l’activité solaire.

Pour Nils-Axel Mörner, géologue à l’université de Stockholm, la montée du niveau des eaux a été grandement exagérée par des pseudoscientifiques alarmistes ; l’observation des sédiments, des côtes et des arbres le démontrerait.

Pour le professeur Cliff Ollier, géologue à l’université d’Australie-Occidentale, la fonte de la calotte glaciaire est liée à la géothermie, non à la température de l’air.

Enfin, le professeur Ian Plimer, de l’université d’Adélaïde, estime que le dioxyde de carbone rejeté par les volcans a plus d’impact que celui généré par l’activité humaine.

Malheureusement, l’un des organisateurs de la contre-conférence admet que son lobby a accepté de l’argent d’Exxon Mobil dans le passé, ce qui entame la crédibilité de l’entreprise.

Loin de ces considérations, le rendez-vous officiel avait pour but d’étendre le système communautaire d’échange de quotas d’émission à la planète tout entière, vous y compris.

En effet, le député travailliste britannique Collin Challen a imaginé taxer chaque individu en fonction du carbone qu’il est censé émettre.

En pratique, il se pourrait que, d’ici quelques années, nous obtenions tous une carte de “crédit personnel de carbone”, sorte de permis à points version CO2. Vous faites le plein : un point passe à la trappe. Votre facture d’électricité augmente ? Deux points de moins. Vous prenez l’avion pour Nice pour aller bronzer sur la Côte ? Cela vous fera trois points.

Tout comme les autorités peuvent aujourd’hui ponctionner tout détenteur de véhicule plus ou moins à volonté en réduisant le nombre de places de parking tout en augmentant le montant des amendes, ce nouveau permis pseudo-écolo donnera à nos dirigeants un chèque en blanc pour nous taxer jusqu’à l’os.
Lire la suite

Les compagnies aériennes prises dans les turbulences

Après un frémissement de reprise cet été, Air France-KLM, British Airways et Lufthansa ont replongé en septembre avec des baisses significatives de trafic.

C’est presque un virage sur l’aile pour Air France. Sur ses vols moyen-courriers, la compagnie envisage de réduire le prix des billets. En contrepartie, des prestations (comme le choix du siège ou la collation à bord) actuellement comprises dans le prix du voyage deviendraient payantes et seraient proposées à la carte. Une telle formule est en fait celle qu’appliquent les compagnies low-costs Ryanair et easyJet.

Pour Air France comme pour British Airways ou Lufthansa, le constat est le même : après un frémissement de reprise cet été, le trafic s’annonce morose cet automne. “L’été est traditionnellement une période faste pour notre activité”, explique un cadre d’Air France. “Le rendez-vous crucial était la rentrée de septembre et clairement les résultats sont mauvais.” L’activité en berne des trois concurrents européens a pour pendant la réussite des compagnies low-costs mais aussi, en France, de la concurrence du TGV.

Pour Air France, British Airways et Lufthansa, les maux sont les mêmes : le nombre de voyageurs baisse et les hommes d’affaires se rabattent sur la classe économique. Ce qui entraîne une chute des recettes et de la rentabilité des lignes. Lire la suite

(07.10.2009)

  • Un emprunt de 20 milliards en 2010 semble un maximum

Michel Rocard, coprésident de la commission sur le grand emprunt, a déclaré que ce montant semblait être un maximum en raison de l’endettement du pays qui sera selon lui «terrifiant à gérer». Pour limiter le coût de l’emprunt et préserver la signature de la France, l’opération pourrait être effectuée uniquement sur les marchés, a-t-il ajouté. La commission rendra son rapport début novembre, et une loi devrait être votée en 2010. «L’important, c’est de préserver la signature de la France et donc, en 2010, 20 milliards semble être un maximum», a déclaré Michel Rocard. Pour ne pas fragiliser la note «AAA» de la France, «probablement, nous ne ferons pas un emprunt qui s’adressera à la totalité des Français», mais la décision n’est pas arrêtée, a-t-il précisé.
L’AGEFI

  • Baisse de l’activité dans les travaux publics

La Fédération nationale des travaux publics a annoncé ce mardi les chiffres de l’activité dans les travaux publics en France. Après avoir reculé de 10% en volume sur le premier semestre 2009 par rapport à la même période 2008, le recul global sur l’année en cours devrait atteindre les 6%. Le niveau d’activité actuel est comparable à celui de 2005, « qui était un bon niveau » estime Patrick Bernasconi, le président de la Fédération nationale des travaux publics. Les mauvais chiffres du premier semestre 2009 sont expliqués « par des conditions climatiques hivernales rigoureuses en début d’exercice, une forte baisse des investissements privés et un démarrage très progressif de celui des collectivités locales », toujours d’après la FNTP. Le Figaro

  • Séquestration du dirigeant de Rohm and Hass

Le directeur de l’usine Rohm and Hass, filiale du groupe américain Dow Chemical, est retenu « dans le calme » depuis lundi après-midi sur le site de Semoy dans le Loiret. Cette usine, spécialisée dans la fabrication d’adhésifs spéciaux pour l’automobile et l’emballage, emploie 97 personnes. Sa fermeture est prévue fin 2010. Les syndicats ont souhaité, par cette action médiatique, protester contre la fermeture du site et demander une « prime préjudice » de « 100.000 euros par personne ». Les salariés avaient déjà bloqué l’usine pendant douze jours durant l’été. Le groupe américain Dow Chemical a annoncé au mois de juillet denier la fermeture du site de Semoy dans le cadre d’une restructuration de ses activités en France. Le Figaro

  • La nouvelle taxe professionnelle pourrait pénaliser l’emploi

La nouvelle taxe professionnelle, dénommée contribution économique territoriale (CET), enterre une absurdité de la précédente formule, qui voulait que plus une entreprise investissait, plus elle était imposée. La CET ne sera plus calculée en fonction des équipements et des biens mobiliers, ce qui libère donc l’investissement. En revanche, la CET prendra davantage en compte la valeur ajoutée réalisée par l’entreprise, qui comprend la masse salariale. Ce qui signifie que plus une entreprise aura de salariés, et plus elle leur versera des rémunérations élevées, plus elle sera imposée. “La part de la CET, assise sur la valeur ajoutée réintroduit un biais en défaveur de l’emploi, pour la première fois depuis 1999″, relève Romain Grau, avocat chez Taj, du groupe Deloitte Touche Tohmatsu. Le Monde