Alstom et la sécurité nationale

Au-delà des péripéties politico-économiques de la perspective de rachat d’une partie des activités du groupe Alstom par une firme étrangère – épisode qui laisse cependant songeur sur les capacités d’anticipation du gouvernement -, un aspect essentiel du dossier n’a été évoqué ni par les acteurs ni par les commentateurs : celui de la sécurité nationale.

Par Eric Dénécé.

En effet, nos centrales nucléaires, notre porte-avions, nos sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et surtout nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – fondement de notre dissuasion nucléaire et donc de notre indépendance nationale – sont tous équipés de turbines[1] qui sont essentielles à leur fonctionnement.

Dans les bâtiments à propulsion nucléaire de notre marine, ces composants mécaniques fournissent l’alimentation électrique à la propulsion et aux systèmes auxiliaires. Ils entraînent une ligne d’arbres qui s’achève par les hélices et leur puissance mécanique confère la vitesse nécessaire au bâtiment.

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Des actionnaires militants demandent à Verizon et AT&T de révéler les informations qu’elles partagent avec le gouvernement américain

Addendum : Les vœux de Noël d’Edward Snowden


Le fonds d’investissement éthique Trillium a déposé des résolutions auprès de deux des principales compagnies américaines de téléphonie, AT&T et Verizon, leur demandant de rendre publiques les informations qu’elles partagent avec le gouvernement américain et ses agences de sécurité. Demande que les deux entreprises s’efforcent d’ignorer, en contestant la légitimité d’actionnaire de Trillium.

Après avoir subi les foudres de Chevron pour s’être trop intéressé à ses démêlés judiciaires avec l’Équateur [1], le fonds d’actionnaires Trillium Asset Management s’attaque aujourd’hui aux grandes firmes du secteur des télécommunications et à leur collaboration avec les programmes de surveillance du gouvernement américain.

Dans le collimateur de Trillium, les entreprises AT&T et Verizon, dont la complaisance envers l’appareil de sécurité est très largement dénoncée. La justice américaine a ainsi révélé que l’administration avait secrètement collecté les données de millions d’appels auprès de Verizon, et AT&T recevrait 10 millions de dollars par an de la CIA pour sa collaboration. Trillium a déposé deux résolutions d’actionnaires demandant à ces firmes de révéler les informations qu’elles partagent suite à des requêtes d’agences gouvernementales.

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La crise, ce prétexte pour baisser le coût du travail, mais pas celui du capital

Comment augmenter la productivité, la compétitivité de la France ? D’aucuns répondront qu’il faut “baisser les coûts du travail”. Pourtant, l’économiste Michel Santi note que si la réduction du coût du travail a permis à l’Allemagne de baisser ses prix à l’exportation, elle a créé une société de travailleurs précaires. Et observe qu’étonnamment, les revenus nets distribués aux propriétaires de capital, eux, continuent de grimper…

Une vieille histoire…

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

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Le localisme, c’est bon pour le moral!

Le localisme occupe une place centrale dans l’instauration d’une société identitaire telle que nous souhaitons la construire. Le localisme est un principe de consommation –et au sens plus large, de fonctionnement, qui permet de redonner un sens logique aux activités humaines.

Le localisme est le fait de privilégier dans sa vie quotidienne, ce qui est local. Que ce soit en termes de consommation, ou d’administration de la vie de la cité, le localisme permet de répondre à nos besoins avec des solutions « au plus près ». Il permet de résoudre les problématiques liées à l’économie, à l’écologie, et à la disparition du lien social.

Constat d’échec : la mondialisation est aujourd’hui la cause de la plus part des maux qui rongent notre pays : chômage (désindustrialisation, délocalisation), immigration (mondialisation des peuples), perte de valeurs, perte de notre identité (remplacée par une culture globale neutre et adaptable dans le monde entier). D’un point de vue purement économique, la mondialisation pourrait être résumée par cette phrase : La mondialisation c’est faire fabriquer des produits par des esclaves, pour les vendre à des chômeurs.

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Les multinationales veulent-elles se débarrasser de leurs actionnaires trop curieux ?

Un géant du pétrole qui porte plainte contre un fonds d’investissement « éthique ». L’affaire est peu banale et se déroule aux États-Unis. Le pétrolier Chevron y attaque en justice le fonds d’investissement Trillium, accusé de collusion avec des organisations non gouvernementales. Celui-ci dénonce l’opacité des comptes. En France, Total avait empêché des actionnaires proches de Greenpeace de déposer une résolution en assemblée générale.

Et si les actionnaires des entreprises du CAC 40 se rebellaient ? S’ils déposaient des résolutions en Assemblée générale, pour demander que les firmes deviennent vraiment responsables, arrêtent de maltraiter leurs salariés et l’environnement, ou redistribuent davantage de plus-value aux travailleurs ? Scenario utopique ? Peut-être. Mais aux États-Unis, certains actionnaires commencent à faire entendre leur voix. Au point d’énerver les grands groupes, qui n’aiment pas qu’on vienne contrecarrer leurs plans et mettre la pagaille dans leurs consensuelles assemblées d’actionnaires. Résultat : le géant pétrolier Chevron vient d’assigner en justice un de ses actionnaires les plus remuants, un peu trop épris de justice sociale à son goût. Une décision pour le moins surprenante…

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« Entre le collectif et l’individuel, la France a du mal à choisir »

Selon Philippe d’Iribarne, chercheur atypique, dans le monde du travail ou à l’égard des immigrés, notre pays est tiraillé entre le respect de tous les particularismes et la défense d’une égalité sans faille.

Pourquoi le modèle français d’intégration des immigrés ne fonctionne-t-il plus ? Qu’y a-t-il de particulier dans l’identité française qui rend les réformes si difficiles dans ce pays ? Philippe d’Iribarne montre que l’universalisme et la défense des particularismes s’y combinent, souvent mal. La fierté des métiers, les statuts et beaucoup de traits particuliers remontent loin dans notre histoire.

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Comment expliquez-vous l’écartèlement entre la volonté de la France d’assimiler ses immigrés et celle de « respecter les différences » ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qu’on a retrouvée lors des débats sur l’identité française ou de l’expulsion des Roms. Il y a une tension entre le citoyen et l’individu.

D’une part, la France se définit comme la patrie des droits de l’homme, dans laquelle tout citoyen est l’égal de tout autre, où tout ce qui est discriminatoire doit être refusé au nom des idéaux d’égalité et de liberté.

Et, d’autre part, on a une vision différenciée de la société lorsqu’il s’agit de la gestion individuelle du quotidien, comme le choix du lieu où l’on habite, de l’école de ses enfants ou de qui on embauche.

Depuis la Révolution, la France s’affirme à la fois par une volonté de construire, dans la vie politique, une société sur la base des droits et des devoirs des citoyens, et, dans la vie sociale, par une prise en compte des particularités, notamment des origines, basque, bretonne, italienne, hongroise ou maghrébine. La question de l’immigration est prise entre ces deux représentations.

Le rapport au travail l’est aussi. La loi Le Chapelier, en 1791, voulait reformater les relations de travail selon les principes d’une société de citoyens régie par des contrats, interdisant les corporations et les syndicats. Mais il a bien fallu admettre, avec le temps, que cela ne marchait pas. On a reconstruit une France d’individus ayant des métiers, des sous-métiers, des statuts et des privilèges, et on a magnifié les idées de grandeur et de noblesse du métier.

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Avec le MES, la Zone euro fait un beau gâchis !

Par Philippe Béchade

S'ajoutent à ces sommes, 250 milliards d'euros apportés par le FMI

▪ De nombreuses voix s’élèvent en Europe, au FMI et à la BCE pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros au printemps dernier, voie ses moyens financiers accrus.

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Les Portugais en grève générale contre l’austérité

Les deux principaux syndicats du Portugal organisent mercredi 24 novembre une grève générale pour protester contre les mesures d’austérité censées réduire la dette et le déficit du pays. Massivement suivie, la grève entraîne déjà une paralysie des aéroports, des ports et des transports en commun. De nombreuses écoles sont fermées et la plupart des hôpitaux assurent seulement un service minimum d’urgence. Il s’agit du premier mouvement de cette ampleur depuis 1988, mais il risque de se heurter à la détermination du gouvernement minoritaire dirigé par le socialiste José Socrates.

Le premier ministre compte d’autant plus garder le cap que, après l’aide réclamée par l’Irlande à l’Union européenne et au Fonds monétaire international, les investisseurs désignent le Portugal comme le prochain pays de la zone euro qui sera contraint de solliciter un soutien extérieur pour rétablir ses comptes.

José Socrates a d’ores et déjà prévenu qu’il maintiendrait ses projets de baisse des salaires et de hausse de la fiscalité pour ne pas faire subir au Portugal le même sort que ceux de l’Irlande et de la Grèce. “La grève ne provoquera peut-être pas de modification radicale dans la politique d’austérité du gouvernement, mais elle constitue un élément supplémentaire d’incertitude dans la situation déjà instable du pays », reconnaît Elisio Estanque, sociologue à l’université de Coimbra.

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La crise a éloigné les particuliers de la Bourse

Plus de 1 million d’investisseurs individuels ont quitté la Bourse en deux ans. La désaffection est profonde. Mais les particuliers n’ont pas totalement déserté le marché : ils font des allers-retours au gré des évolutions, comme en témoignent les transactions sur les sites de courtage en ligne.


La crise a visiblement éloigné le grand public de la Bourse : plus de 1 million de particuliers ont quitté les marchés depuis fin 2008. Les actionnaires individuels sont en effet passés de 13,8 % des Français fin 2008 à 11,2 % en septembre 2010, selon les données issues de l’étude Sofia de TNS Sofres. Autrement dit, on comptait 6,4 millions de petits porteurs il y a deux ans, 5,7 millions il y a un an, et ils ne sont plus que 5,2 millions aujourd’hui (1).

« La baisse est quasi continue depuis fin 2008 », commente Michaël Pergament, directeur d’études au sein de l’institut de sondage. « Les turbulences des marchés ont rendu les Français frileux à l’égard des actions. » Depuis le début de l’année, le CAC 40 est tout juste à l’équilibre. Il reste 37 % en dessous des niveaux de juin 2007.

Attentisme

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé

L’année 2010 sera-t-elle celle des grands changements au sein des conseils d’administration ou des conseils de surveillance des sociétés du CAC 40 ?

Pour l’instant, ni la crise ni les recommandations du code de bonnes pratiques du Medef et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), édictées fin 2000, n’ont provoqué de modifications majeures : les instances continuent d’être globalement très homogènes et consanguines.

Le cumul des mandats demeure une pratique régulière. Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22% des administrateurs, détient 43% des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.

Ces conseils – ils comptent en moyenne 14 membres – n’accueillent que 21% d’étrangers quand ceux-ci détiennent 40% du capital des groupes du CAC 40 et que l’activité à l’international assure désormais l’essentiel de la croissance de leur chiffre d’affaires.

Enfin, les femmes occupent moins de 10% des sièges d’administrateurs.

Une entreprise, la banque BNP Paribas, illustre cette concentration des pouvoirs au coeur de la gouvernance des entreprises du CAC 40 : quatre personnes – trois dirigeants de la banque et un ex-dirigeant encore influent dans le groupe – sont répartis dans les conseils de douze sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris.

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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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Contribution [les baisses d'impôts sont-elles bonnes pour l'économie ?]

Par Denis Clerc

Source : Alternatives Economiques

J’avoue que cela m’avait échappé. C’était pourtant dans Le Monde, un quotidien que je lis attentivement depuis une cinquantaine d’années (ce qui ne me rajeunit pas…). Circonstance aggravante : l’article en question remplissait une page entière, avec un gros titre, qui aurait dû éveiller ma vigilance: “Faut-il augmenter les impôts ?” (1).

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La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

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André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

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La Chine va-t-elle nous bouffer ?

Philippe Cohen et Luc Richard livrent dans ” Le Vampire du Milieu “, une enquête saisissante sur l’envers du décor du modèle chinois. Non seulement l’économie de marché n’a pas converti la deuxième puissance mondiale à la démocratie, mais elle n’a pas amélioré la vie des Chinois…

La naïveté vis-à-vis de la Chine est-elle une tradition des élites françaises ?

Il y a quelques décennies, la fine fleur de l’intelligence revenait émerveillée de voyages très organisés dans quelques villages Potemkine du paradis maoïste. Depuis quelques années, le gratin des patrons français croyait avoir trouvé le paradis du capitalisme dans quelques mégalopoles côtières chinoises.

Alors que brille l’Exposition universelle de Shanghai et que la plupart des médias continuent de s’émerveiller de la réussite chinoise, l’enthousiasme retombe dans les milieux économiques français. Mais, comme chez nos ex-maos, le pressentiment de s’être fait piéger ne pousse pas nos entrepreneurs déçus à l’analyse publique.

Le passionnant et terrifiant livre écrit par (…) Philippe Cohen et Luc Richard, longtemps correspondant de Marianne en Chine, permet de comprendre ce qui s’est passé.

Ils nous avaient prévenus, il y a cinq ans, avec un premier ouvrage, ” La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? ” (Mille et Une Nuits), et ont, depuis, poursuivi leur enquête sur l’envers du décor de ce ” modèle chinois “, un système sans précédent : une dictature qui a misé sur la mondialisation sauvage, avec, comme atout décisif, un immense prolétariat esclave dressé par un demi-siècle de communisme.

Car là résidait le principal intérêt de la Chine aux yeux des financiers d’Europe et d’ailleurs : une main-d’oeuvre de 20 à 30 fois moins chère, leur permettant de s’affranchir d’un salariat occidental protégé.

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Bourse : le taux de distribution des dividendes bat des records

Les entreprises cherchent à préserver au maximum leurs dividendes. Les analystes anticipent une hausse de 15 % des dividendes en masse, qui seront versés l’an prochain, après une légère contraction cette année.

Même si les turbulences des marchés ne semblent plus finir, les analystes restent optimistes sur les entreprises. Ils prévoient de belles croissances des bénéfices et des dividendes.

Le consensus anticipe une très légère baisse des dividendes versés cette année (au titre de l’exercice 2009) des entreprises européennes du Stoxx 600 (- 4,4 %, à 233 milliards d’euros), malgré un recul plus prononcé des profits (- 21,4 %), d’après les données de FactSet retraitées par PrimeView.

Surtout, ils tablent sur de nettes hausses pour le futur : les dividendes versés l’an prochain (sur l’exercice 2010) devraient augmenter de 15,3 %, puis de 11,9 % en 2012. En 2012, les dividendes auront ainsi presque retrouvé leur sommet de 2007.

Le constat est similaire pour la France, où la saison des assemblées générales et des versements bat son plein. D’après les calculs réalisés en début d’année par Ricol Lasteyrie, sur la base des publications de résultats annuels, les entreprises du CAC 40 devraient verser autour de 35,5 milliards d’euros à leurs actionnaires, un montant globalement stable par rapport à l’année précédente. Les analystes anticipent ensuite des hausses respectives de 9 % et 12 % pour les exercices 2010 et 2011.

Ces chiffres reflètent la volonté des sociétés de préserver leurs actionnaires, en phase de crise, et d’augmenter leurs coupons dès la reprise.

Sur longue période, la volatilité des dividendes est inférieure à celle des résultats. Exemple emblématique : BP, pourtant soumis à la pression de politiques pour réduire ses dividendes, a indiqué hier qu’il paierait le dividende intérimaire prévu en juin. « Le versement continue de jouer un rôle de signal lancé au marché », rappelle Dionisio Luiz, analyste chez Markit Dividend.

Ainsi, le taux de distribution (calculé par rapport aux résultats) des entreprises de l’Euro Stoxx 50 atteint cette année 53 %, au plus haut depuis cinq ans au moins, contre une moyenne de 42 %, selon les calculs de Markit. En France, il devrait frôler les 60 %, là aussi, un record.

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Le gouvernement des banques

L’insolence des spéculateurs suscite une vive opposition populaire et contraint les gouvernements à prendre quelques distances avec la finance. Le 20 mai, le président Barack Obama a qualifié de « hordes de lobbyistes » les banquiers qui s’opposaient à son projet de réglementation de Wall Street. Ceux qui signent les chèques vont-ils continuer à écrire les lois ?

Le 10 mai 2010, rassurés par une nouvelle injection de 750 milliards d’euros dans la fournaise de la spéculation, les détenteurs de titres de la Société générale gagnèrent 23,89 %. Ce même jour, le président français Nicolas Sarkozy annonça que, par souci de rigueur budgétaire, une aide exceptionnelle de 150 euros aux familles en difficulté ne serait pas reconduite. Ainsi, crise financière après crise financière, chemine la conviction que le pouvoir politique aligne sa conduite sur les volontés des actionnaires.

Périodiquement, démocratie oblige, les élus convoquent la population à privilégier des partis que les « marchés » ont présélectionnés en raison de leur innocuité.

Le soupçon de prévarication sape peu à peu le crédit de l’invocation du bien public. Quand M. Barack Obama fustige la banque Goldman Sachs afin de mieux justifier ses mesures de réglementation financière, les républicains diffusent séance tenante un spot (1) qui récapitule la liste des donations que le président et ses amis politiques ont reçues de « La Firme » lors des élections de 2008 : « Démocrates : 4,5 millions de dollars. Républicains : 1,5 million de dollars. Des politiciens s’attaquent à l’industrie financière, mais acceptent les millions que leur verse Wall Street. »

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Revenus 2009 des [grands] patrons : un recul en trompe-l’oeil

En renonçant à lever leurs stock-options, les grands patrons ont fait légèrement baisser leur rémunération globale… dont toutes les autres composantes ont crû malgré la crise.

Les salaires de base

Que les résultats soient bons ou mauvais, le salaire minimal tourne autour de 1 million d’euros en moyenne pour l’élite du CAC.

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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Crise : « le déni de réalité ne pourra se prolonger longtemps »

Jean-Luc Gréau n’est pas vraiment un agité altermondialiste. Cadre au CNPF puis au Medef pendant trente-cinq ans, c’est un économiste iconoclaste qui nourrit sa réflexion aux meilleures sources : Smith, Schumpeter et Keynes. A la différence de bon nombre de ses pairs, il a vu venir la crise, comme il la voit aujourd’hui se poursuivre. Un économiste avisé. L’espèce est rare.

Le Choc du mois : Quelles sont selon vous les nouveautés radicales qui caractérisent la globalisation économique mise en place dans les années 1980-1990, et dont vous dites qu’elles ont changé la nature même du libéralisme économique ?

Jean-Luc Gréau : Nous percevons maintenant avec netteté les deux orientations cruciales qui ont ouvert la voie à la transformation économique et financière de ces trente dernières années.

Une première orientation est donnée par la subordination de l’entreprise aux volontés expresses de ces actionnaires puissants que sont les fonds de placement. La personne morale « entreprise » a été instrumentalisée et abaissée au rang de machine à faire du profit (money maker).

Le phénomène est manifeste pour les sociétés cotées qui ne sont pas protégées par un capital familial ou par des actionnaires de référence, mais il affecte aussi beaucoup de sociétés non cotées, contrôlées par des fonds dits de « private equity » qui ont les mêmes exigences que les actionnaires boursiers.

Une deuxième orientation est représentée par le libre-échange mondial qui concerne surtout l’Europe, espace le plus ouvert au monde, et à un moindre degré, les Etats-Unis.

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Le ”système capitaliste” est décrié par les Français (sondage)

Le “système capitaliste” est jugé inégalitaire et incompatible avec le développement durable par une large majorité des Français, qui appellent de leurs voeux, sans trop y croire, un modèle plus efficace, selon un sondage publié mardi par l’Institut de France.

Pour 71% des personnes sondées par l’institut Opinionway, le terme “capitalisme” évoque quelque chose de négatif, un sentiment qui transcende les générations et les catégories sociales et qui est même partagé par 47% des sympathisants de droite.

La croissance économique ne bénéficie qu’à un petit nombre, pour 77% des personnes interrogées.

Le fait que ce sont “toujours les mêmes” qui profitent de l’économie de marché est le principal défaut cité par les sondés. Ces bénéficiaires présumés du système sont les actionnaires, d’après 87% des Français. Et deux tiers d’entre-eux estiment que les salariés en sont les principales victimes, une certitude qui se renforce en descendant dans l’échelle sociale.

Enfin, un Français sur deux considère que l’économie de marché n’est pas compatible avec le respect de l’environnement.

Du coup, 58% des sondés assurent qu’on pourrait “inventer mieux” que ce système “imparfait”, un sentiment qui convainc 48% des sympathisants de droite et 66% de ceux de gauche. Mais seuls 7% des Français s’attendent à des modifications profondes après la crise.

Ce sondage, réalisé pour la Fondation croissance responsable, lancée mardi par des entrepreneurs à l’Institut de France, montre toutefois que le rapport au système capitaliste est plus ambivalent que ne le suggèrent ces données.

Ainsi, si le profit, le libéralisme et le marché sont des concepts perçus de manière négative par une majorité de personnes, l’argent et la concurrence sont des termes jugés positifs. Quant à la propriété privée, c’est un droit fondamental aux yeux de 92% des sondés.

De même, les Français pensent à la fois que l’objectif d’une entreprise est de faire des bénéfices (91% des réponses) et de créer des emplois (83%).

Enfin, si 60% considèrent que l’organisation économique de la France est plutôt “libérale”, les termes qui la caractérisent mieux sont selon les sondés “protection sociale” (56%) et “dépense publique” (61%).

L’étude a été réalisée les 17 et 18 février auprès d’un échantillon de 1.001 personnes interrogées en ligne et représentatives de la population française de plus de 18 ans.

AFP (via Les Echos)

(Merci à SPOILER)

CAC 40 : les actionnaires d’abord

Malgré la crise, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits élevés en 2009. Et elles distribuent beaucoup de dividendes.

Alors que la hausse du chômage se poursuit, les entreprises du CAC 40 ont publié, ces dernières semaines, des résultats relativement bons pour l’année 2009. Elles ont, en effet, engrangé quelque 47 milliards d’euros de profits cumulés, en recul tout de même de 20% par rapport à 2008. Quant à leur chiffre d’affaires, il a baissé de 10% en moyenne.

Comment expliquer cette relative résistance ? En grande partie, par la nature de l’activité des champions français. Parmi les entreprises les plus profitables en 2009, on trouve en effet, en premier lieu, les banques, à l’exception notable de la Société Générale, qui n’en finit pas de payer le prix de la priorité qu’elle a accordée aux activités de marché, et des actifs toxiques, qu’elle avait inconsidérément accumulés jusqu’à la crise financière.

Les banques commerciales récoltent le fruit de l’aide des Etats et des banques centrales. Ces dernières ont en effet abaissé les taux d’intérêt à court terme quasiment à zéro, pour inciter les banques commerciales à prêter aux particuliers et aux entreprises à des taux attractifs. Ce qu’elles n’ont fait que de façon très limitée. Elles ont, en revanche, profité de cette aubaine pour gonfler leurs marges.

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Incroyable : Bercy a donné 20 milliards au CAC 40, en échange de rien

Aujourd’hui [lundi 8 février 2010], le ministère de l’économie s’est enfin expliqué, chiffres à l’appui, sur l’énorme niche fiscale de 20 milliards d’euros consentie aux grandes entreprises. Ses explications sur cet énorme cadeau sont peu convaincantes.

Didier Migaud, le président PS de la commission des finances de l’Assemblée, aura dû patienter près de deux mois pour obtenir des explications de Bercy.

Et pour cause ! Les crânes d’œufs du ministère de l’économie devaient s’expliquer sur une niche fiscale de plus de 20 milliards d’euros.

Pire, il s’agissait de décrire un incroyable dérapage : son coût avait été largement sous-estimé lors du vote du dispositif présenté par Jean-François Copé en 2004. Le ministre délégué au Budget, Nicolas Sarkozy étant à Bercy, affirmait alors que le manque à gagner fiscal n’excéderait pas 3 milliards d’euros en rythme annuel.

Entre la promesse et le résultat : un trou béant, dont Marianne s’était largement fait l’écho.

Que nous apprend la réponse de Bercy cosignée par Christine Lagarde (Economie) et Eric Woerth (Budget) qui continuent d’estimer que « la taxation à taux zéro des plus values à long terme provenant de cessions de titres de participation » est « indispensable à l’attractivité de notre territoire » ?

Un, les entreprises se sont ruées sur le dispositif. Désormais soumises à une imposition proche de zéro, nombre d’entre elles ont purgé des plus-values latentes, y compris les fonds investis dans des opérations hyper-spéculatives que sont les LBO. Rien qu’en 2007, l’ensemble des holdings qui ont profité de l’opportunité ont liquidé pour 42,5 milliards d’euros de plus-values, répétant le détournement au profit des actionnaires en 2008, pour 25,1 milliards d’euros.
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Crise financière : comment éviter l’explosion ?

Par Pierre Larrouturou

Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ?

Dans tous nos pays, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous savent que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde.

“Il y a une bombe sous la reprise actuelle, c’est l’endettement public”, affirmait récemment Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, mais il ne conseillait pas pour autant de stopper les déficits.

Que choisir ? Sombrer dans le gouffre de la récession (tout de suite) ou foncer dans le mur de la dette (dans quelques années) ?

En quinze mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 2.000 milliards, soit 14 % du PIB américain. Pour éviter un effondrement complet de leur économie, les Etats-Unis ont “brûlé”, en quinze mois, l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans.

Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley.

Pour éviter la récession, le gouvernement chinois a lancé un plan de relance représentant 13 % du PIB et a obligé les banques à distribuer un maximum de crédits. En un an, les banques chinoises ont distribué en crédits plus de 30 % du PIB. C’est du jamais vu. Dans aucun pays au monde !
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Rocard : 2 ou 3 décennies pour sortir de la crise

L’ancien Premier ministre socialiste français Michel Rocard prévoit que “deux ou trois décennies” seront nécessaires pour sortir de la crise. “Nous mettrons deux ou trois décennies pour sortir de cette crise,” assure M. Rocard. “Il va falloir encore quelques convulsions pour tirer pleinement les conséquences de ce que nous vivons.

Le modèle capitaliste a connu une révolution depuis trente ans. Et c’est cela qui est remis en cause.” Selon lui, “on a cassé le moteur ‘salaire’ de la croissance! Les actionnaires ont pris le pouvoir,” évoquant le fait qu’ils ont “exigé une rentabilité beaucoup plus élevée des entreprises.

“La crise impose de penser autrement. Mais il y en a pour vingt ans. Les nouvelles explosions du détonateur financier vont aggraver le désarroi et le niveau de chômage. Et accentuer le déséquilibre social.”

M. Rocard pronostique qu’au “bout de trois ou quatre fois, les opinions auront compris.” Pour lui, “l’analyse de la crise n’est pas faite. Pour la partie bancaire et financière, on dit: c’est la faute à la perte de l’éthique, à la disparition de la moralité. C’est très reposant.” “S’il y a retour à la moralité, il n’y a pas besoin de changer les autres règles, tout se passera très bien,” estime-t-il.

Boursorama

La Bourse est déconnectée de l’économie réelle : “ils n’ont décidément rien appris”

Un article de Philippe Béchade, collaborateur de La Chronique Agora, site « contrarien » que nous avons déjà cité, explique, avec une ironie mordante, pourquoi le marché financier exulte actuellement, alors que la crise est toujours là, voire s’aggrave, pour ceux qui ne bénéficient pas de “l’argent gratuit”.
Argent, qui est en effet littéralement distribué aux spéculateurs par les gouvernements réunis au sein du G-20, par le biais d’une politique de poursuite des soutiens publics à l’économie et de taux d’intérêts faibles, voire nuls, favorisant le “carry trade” au détriment du dollar.

M. Béchade est clairement d’avis que cela ne peut guère durer, puisque cette folie boursière reposant sur du vent reproduit, en pire, les “erreurs” du passé, selon des mécanismes conduisant inévitablement à la crise. Avant l’indigestion, les excès…

▪ Le marché est une entité binaire, il monte ou il baisse… Cette alternative simplissime génère une abondante littérature théorique et mobilise au quotidien les meilleurs cerveaux qui rivalisent d’ingéniosité pour prendre un coup d’avance, sur la base de minuscules indices techniques et autres signaux imperceptibles réputés “précurseurs”.

Comme le rappellent de nombreux humoristes, faire des prévisions, c’est difficile, surtout lorsque cela concerne le futur, alors le marché s’efforce plus raisonnablement de prédire le présent… et même avec cet objectif moins ambitieux, il n’y parvient pas toujours.

Mais les choses sont en train de changer. Les banques centrales ont doté les marchés d’un “grand convertisseur” qui élimine — en temps réel — toute équivoque sur la tendance. Lire la suite

Pour le patron de Goldman Sachs, “le système financier nous a précipités dans la crise et nous en fera sortir”

Pour Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, sa banque joue un rôle social. Sa bonne santé actuelle reflète celle, à venir, de l’économie réelle.

“Nous avons une utilité sociale”, en aidant les entreprises à trouver des fonds pour se développer. “Les entreprises qui croient augmentent la richesse créée. Cela, en retour, permet au gens de trouver un travail et de créer plus de croissance et plus de richesse”.

Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs et le dirigeant de banque le mieux payé de Wall Street, adopte une attitude plus offensive pour défendre son entreprise qu’il y a encore quelque mois.

La réussite de Goldman Sachs pendant la crise financière – même si elle est due en grande partie au soutien du gouvernement américain au secteur financier – devrait même satisfaire tout le monde, selon le dirigeant.

“Tout le monde devrait, franchement, être content”, affirme-t-il dans un entretien publié dimanche par le Sunday Times. Selon Blankfein, la bonne santé de Goldman Sachs est un indicateur avancé de la reprise prochaine de l’économie. “Le système financier nous a précipités dans la crise et nous en fera sortir”, ajoute le patron de la banque d’affaires.

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La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

Laurent Pinsolle, blogueur dont nous avons déjà parlé et acolyte de Nicolas Dupont-Aignan, vient de publier sur son site trois articles pourfendant le mythe de la “mondialisation heureuse” (Dominique Strauss-Kahn) et proposant une alternative : la “ré-internationalisation” (terme forgé par l’économiste Frédéric Lordon).

Qu’est-ce donc que cette intéressante notion ? Laissons-le nous l’expliquer.

I – La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

Depuis 30 ans, la globalisation néolibérale a transformé la planète. Ses promoteurs affirment que la liberté, promue objectif absolu de l’humanité, est le meilleur moyen de faire avancer le bien commun. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de ne pas constater qu’elle œuvre contre l’intérêt général.

Un idéal de liberté travesti

A la base, le libéralisme est porteur d’un bel idéal, celui d’une émancipation des hommes de sociétés féodales, où le destin des individus était trop souvent dans les mains d’un autre. Cet idéal a dirigé certains des plus grands progrès de l’humanité, notamment la fin de l’esclavage dans toutes ses formes. [Note de Fortune : nous laissons évidemment à l'auteur l'entière responsabilité de ces propos.] En cela, le mot « liberté » prend une place particulière dans le triptyque de notre République. Malheureusement, cet idéal a été travesti par sa transformation en néolibéralisme.

Un intellectuel affirme que cette mutation du libéralisme, qui se serait opérée vers la fin du 19ème siècle, s’explique par deux évènements : la théorie de Darwin et la mathématisation des sciences économiques. La première aurait poussé certains économistes à adopter la théorie de l’évolution aux sociétés humaines et à vouloir laisser faire la nature dans tous les aspects de l’économie. La seconde a favorisé des constructions purement abstraites, déconnectées de la réalité. Lire la suite

(19.09.2009)

  • Moody’s prévoit 130 milliards de Livres de pertes supplémentaires pour les banques anglaises

Les problèmes des banques britanniques sont loin d’être terminés, a averti Moody’s le 14 septembre 2009. L’agence de notation prévoit 130 milliards de Livres de nouvelles pertes dans les prochaines années, avec l’augmentation des créances douteuses et de la pression sur la rentabilité. Moody’s a déclaré que le secteur bancaire britannique avait déjà absorbé environ 110 milliards de pertes sur ses prêts et qu’il avait levé ou provisionné environ 120 milliards de nouveaux capitaux à la mi-2009. Financial Times

  • Les dirigeants et administrateurs d’entreprises américaines vendent massivement leurs actions

Cet été, ils ont vendu leurs actions à un rythme vu pour la dernière fois juste avant le début du malaise des subprimes il y a deux ans. Bien qu’une vague de ventes par des initiés ne prédise pas nécessairement un ralentissement du marché boursier, elle suggère que les premiers lecteurs de la conjoncture ne croient pas que les cours actuels soient justifiés par les fondamentaux économiques. CNN

  • Goldman Sachs va devenir le premier actionnaire d’Eurotunnel

Deux fonds d’investissements de la structure de la banque GS Global Infrastructure Partners (GSIP), se sont portés acquéreurs de 21,21 % du capital. Pour nombre d’actionnaires historiques, ruinés par l’achat de titres Eurotunnel, cette annonce ne fait que confirmer la prise de pouvoir des banques à leurs dépens. Elle démontre aussi, selon eux, que le plan de restructuration de la dette de 9 milliards d’euros qui asphyxiait Eurotunnel a servi, avant tout, les intérêts des financiers. Le Monde