Tribunal de commerce : Sauve qui peut

Mandataires et administrateurs judiciaires prennent en charge les entreprises en difficulté, pour leur donner une chance de survie ou pour les conduire à la liquidation. Au Tribunal de commerce, autour de l’entreprise Descamps, le film suit la bataille entre les différents repreneurs et l’actionnaire soucieux de sauver sa mise.

Cash Investigation : Quand les actionnaires s’en prennent à nos emplois

Ils ne connaissent pas la crise. Ils gagnent toujours plus d’argent. La rémunération des actionnaires explose. En 2013, elle a atteint le montant historique de deux cents milliards d’euros en France. Pour arriver à de telles sommes, les grandes entreprises françaises ont recourt à des stratégies et des méthodes difficilement avouables.

Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés, certaines grandes entreprises sont prêtes à tout pour dégager toujours plus d’argent au profit de leurs actionnaires. Ce sont parfois ces mêmes entreprises qui bénéficient d’aides publiques massives.

Pendant un an, de Hénin-Beaumont à Toronto, en passant par Londres et Boston, Edouard Perrin a tenté de remonter les circuits financiers pour révéler qui s’enrichit derrière les plans sociaux et fermetures d’usines en France.

Cash Investigation (03/03/2015)

Dominium mundi : L’Empire du management

Après “La fabrique de l’homme occidental” et “L’ÉNA, miroir d’une nation”, le cinéaste Gérald Caillat et l’anthropologue Pierre Legendre signent un nouvel essai documentaire ambitieux autour de la mondialisation en lui restituant sa profondeur historique et en faisant émerger les grandes questions muettes qu’elle véhicule.

Un management qui s’impose comme le joyau de l’Occident industriel et communicateur. Désormais appliqué au business, le mot est devenu une doctrine, une propagande, la boîte à idées de la nouvelle mondialisation.

Le management est un “empire mou”, c’est sa force, avec des airs de “dictature sans dictateur” dont les mots d’ordre forgés par l’Occident (“organiser, coordonner, commander, contrôler“) se sont emparés de la planète entière. Ce monde que le christianisme avait rêvé de conquérir, le voici entièrement soumis aux dogmes de l’efficacité gestionnaire et à ses liturgies – la communication et le spectacle.


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Vers la fin de la Sécurité Sociale ?

Depuis plusieurs décennies les déremboursements se sont multipliés, rendant pratiquement obligatoire l’adhésion à une complémentaire santé pour pouvoir se soigner, ils ouvrent ainsi un fabuleux marché aux assurances privées. Délibérément on plombe les comptes de la Sécu, on détruit un système basé sur la solidarité pour offrir aux actionnaires privés un pactole sur lequel ils bavent depuis de nombreuses années.

En 2001, la Sécurité Sociale présentait un excédent de 2,5 milliards d’euros. En 2003, elle présentait un déficit de 13 milliards d’euros, pourtant entre 2001 et 2003, ce n’était pas la crise. Alors pourquoi ce déficit vertigineux ? Simplement par le détournement d’impôts et taxes prélevés au nom du financement de la Sécurité Sociale mais réaffectés au déficit de l’État pour masquer les cadeaux et exemptions de cotisations accordés au patronat.

La réforme du financement de la Sécurité Sociale, comme les privatisations, les suppressions d’emplois dans les services publics, les mesures de restructuration dans l’industrie, toutes les attaques contre les droits ouvriers et démocratiques, sont prises, prétendument, au nom de la dette et des déficits publics.

Plus que jamais, la cohabitation entre un système solidaire et une organisation libérale de la société est une énorme contradiction. Les capitalistes veulent liquider un système de santé qu’il faut au contraire amplifier.

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Quand le travail tue

Parce qu’il y en marre de voir des gens détruits par leur travail, soumis à des logiques aberrantes, marre de voir des méthodes de management qui font perdre pied aux gens, on va aborder une question essentielle dans nos sociétés capitalistes : les suicides liés au travail, le mal être au travail, le burn out. Autant de maux sur lesquels on n’a encore aucune statistique fiable, et pour cause : l’enjeu pour les entreprises est de mettre tout cela sur le compte de « difficultés personnelles » des employés. Ca les arrangerait bien, mais c’est faux.

J’essaie de me pencher aussi souvent que possible sur la question des conditions de travail, et j’ai été amenée à interroger des médecins conseil, qui en Belgique travaillent pour les mutualités et reçoivent les salariés en souffrance. Même l’un des médecins que j’ai vu est devenu dépressif à force de voir défiler face à lui des gens au bout du rouleau, moralement et physiquement.

Des symptômes comme la fibromyalgie, qui empêchent de bouger, sont liés à un excès de stress et augmentent de manière vertigineuse. D’autres perdent leurs dents, leurs cheveux, ou carrément la vie. D’après ce médecin, ces phénomènes sont en augmentation exponentielle depuis le début des années 90. Et très peu de maladies liées au travail sont reconnues comme telles, grâce à un lobbying intensif des entreprises.

État des lieux

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Séquestration de patrons : mode d’emploi

C’est un phénomène marginal par rapport au nombre de plans sociaux, mais il est en vogue depuis le printemps 2009.

Comment se passe une séquestration de patrons ?

Pour réussir une bonne séquestration de patrons : prenez quelques dizaines de salariés bouillants, ajoutez 1 à 2 dirigeants bien frais venus du siège, une poignée de journalistes frétillants, le tout dans un gros conflit social à la cocotte minute.

Ne pas laisser refroidir. Résultat au bout d’une nuit.

1er étape : le ras-le-bol

La première leçon d’une séquestration : “rien n’est prémédité,” nous dit Denis Parise, secrétaire CGT du comité d’entreprise Molex où les patrons avaient été retenus le 20 avril 2009.

Chez l’équipementier automobile, “les salariés ont vu que le groupe ne voulait rien entendre à leurs revendications (indemnités de départ), et ont décidé par consensus, de façon spontanée, de garder les dirigeants dans les locaux,” rappelle Denis Parise.

Même si elle n’est ni organisée ni préméditée, la séquestration de patron est un coup médiatique qui permet souvent de toucher les autorités.

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Société Générale : 2 600 salariés se partagent 250 millions d’euros de bonus

La crise ? Quelle crise ? Pour les banques, la période reste florissante, si l’on en croit les bilans annuels qui sont tombés ces jours-ci. Au tour de la Société Générale : son Pdg Frédéric Oudéa, qui a pris en mai dernier la succession de Daniel Bouton, a annoncé que sa banque a enregistré l’an dernier un bénéfice de 678 millions d’euros et qu’elle versera 250 millions d’euros de bonus à ses opérateurs de marché en 2010 au titre de 2009.

Frédéric Oudéa a précisé, lors de la conférence de presse de présentation des résultats, qu’il renonçait à son bonus, à ses stock-options et à recevoir des actions gratuites au titre de 2009. Il a ajouté que le conseil d’administration avait entériné ce choix. Il a justifié sa décision par le «caractère exceptionnel» de l’exercice 2009 et le fait que les actionnaires de la banque «ne toucheront les fruits de tout ce que nous avons engagé en matière de transformation qu’à compter de 2010».

Selon la banque, cette somme représente une baisse de 60% par rapport à ce qui se pratiquait «les années précédentes». Quelque 2.600 personnes devraient bénéficier de cette enveloppe de bonus, ce qui représente une rémunération variable moyenne de près de 96.000 euros.

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