Italie: Une banqueroute de Monte dei Paschi menacerait l’Europe

On savait que Monte dei Paschi, la grande banque de Sienne, la troisième d’Italie, était en difficultés. Mais ce n’est pas pour participer  à un des somptueux diners donnés dans le superbe Palazzo Salimbeni par cette institution que Mario Draghi s’est envolé ce soir pour l’Italie. Mont de Piété créé en 1472 par les magistrats siennois, elle a pour principal actionnaire une fundazione aussi prestigieuse que peu transparente. AXA en est le troisième actionnaire avec plus de 3% du capital.

Par georges ugeux

C’est au chevet de cette institution systémiquement importante pour l’Europe et le monde bancaires, que le Président de la BCE se rend, à en croire le Financial Times. Une réunion au sommet est en effet convoquée à Rome ce mardi.

C’est que la faillite de la BMPS serait une catastrophe à plusieurs niveaux.

Produits dérivés, acquisition surpayée et obligations souveraines

La cause de la culbute est complexe ;  un scandale autour d’activités de la banque en produits dérivés, des opérations appelées Santorini et Alexandria, dont les contreparties sont Deutsche Bank et Nomura. Elle est accusée d’avoir camouflé 820 millions d’euros de pertes avant l’intervention de sauvetage du Gouvernement, avec l’approbation de la fundazione.

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Des lois sont nécessaires dans le secteur bancaire

Comment 50 milliards de dollars ont disparu des bilans d’une banque privée

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose de pourri dans le système bancaire. Il est également évident que des changements sont nécessaires. Car si l’on continue comme avant, de nouvelles crises des marchés financiers sont prévisibles. A la suite de l’effondrement des banques de 2008, ces jours-ci, certains phénomènes se font jour du côté de l’Etat et des banques qui sont importants en vue d’une correction de la politique à adopter.

"Arrêtez le casino financier" (manifestation en Islande)

Dans le récent rapport d’enquête rédigé à l’intention de l’Althingi, le Parlement islandais, on peut lire : «Les banques ont été pillées de l’intérieur par des personnes qui ne respectaient pas les lois.» Les propriétaires principaux des banques s‘étaient accordé mutuellement des crédits gigantesques pour des investissements faits dans d’autres domaines sans disposer des garanties nécessaires (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 14 avril 2010). Le rapport constate que les banques contrôlaient l’Etat et non l’inverse. (cf. l’ouvrage «Why Iceland ?» d’Asgeir Jonsson. Ce dernier y décrit notamment les pressions exercées sur l’Islande par l’étranger.)

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Irlande cherche reprise désespérément

De plan d’austérité en plan d’austérité, l’ex-Tigre celtique attend toujours la reprise. En vain.

120.000 manifestants à Dublin contre le traitement de la crise par le gouvernement irlandais, en février 2009 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’économie irlandaise reste depuis deux ans enfoncée dans la récession. Le PIB du pays a encore reculé au quatrième trimestre 2009, de -2,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,1% sur un an. Au final, l’activité s’est contractée de 7,1% l’an passé. Le taux de chômage touche désormais 13,4% de la population active. En tout, le nombre de chômeurs a grimpé de 17,9% sur les douze derniers mois. L’ex-Tigre celtique reste l’un des Etats les plus mal en point du Vieux Continent.

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La Réserve Fédérale des USA s’est-elle muée en décharge financière ?

La crise a-t-elle transformé la Réserve fédérale américaine (Fed) en grosse poubelle financière ? En dévoilant sur 161 pages, mercredi 31 mars, la liste détaillée de ses actifs toxiques, la banque centrale américaine s’est attirée autant de moqueries qu’elle a suscité d’inquiétudes. “Dire que le portefeuille de la Fed est un amas d’ordures n’est pas très gentil à l’égard des ordures”, ironise, dans une note, David Zervos, analyste chez Jefferies. “La Fed n’a pas à aller bien loin pour comprendre les malheurs d’une banque ou d’investisseurs pris au piège de créances pourries”, commente de son côté le Wall Street Journal.

Tout a commencé au printemps 2008. Pour venir en aide à des établissements financiers en déroute, tels la banque d’affaires Bear Stearns, et l’assureur AIG, la Fed de New York, une branche de la Réserve fédérale américaine, a accepté de prendre en dépôt certains de leurs actifs toxiques. L’objectif ? Les sortir du système financier, au moins pendant quelque temps, afin de rassurer des marchés au bord de l’implosion.

Au total, la Fed aurait ainsi pris à son compte quelque 80 milliards de dollars de créances pourries (59 milliards d’euros). Mais au fil des mois, leur valeur a fondu. Fin décembre 2009, elle n’était plus “que” de 65 milliards de dollars. Répartis dans trois entités ad hoc – Maiden, Maiden II et Maiden III, du nom d’une rue adjacente au bâtiment de la Fed de New York -, ces titres seraient en grande majorité des produits dérivés, tels que des actifs adossés à des prêts immobiliers. Autrement dit, l’équivalent des maudits subprimes. “Ces actifs n’ont pas toujours été pourris. Mais quand la Fed en a pris possession, c’était vraiment le fond du panier”, commente l’économiste Paul Jorion, ancien professeur invité à l’université de Californie de Los Angeles.

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L’Irlande cherche le salut en nationalisant ses banques

Alors que la plupart des banques européennes ont pu se vanter en 2009 d’avoir remboursé les aides publiques, l’État irlandais s’apprête à prendre le contrôle de cinq de ses plus grandes banques nationales… et de leurs actifs pourris.

L’Irlande va nationaliser l’essentiel de son système bancaire! Le ministre des Finances Brian Lenihan a dévoilé mardi un plan de sauvetage bancaire, qui verra l’État apporter 8,3 milliards d’euros à la banque déjà nationalisée Anglo Irish Bank, nationaliser AIB et deux banques mutualistes et monter au capital de Bofi. La conséquence du rachat par l’État de 81 milliards d’euros de créances douteuses, au travers d’une “bad bank,” créée pour délester les banques de leurs actifs pourris.

Alors que l’attention des gouvernements et marchés était récemment concentrée sur les finances publiques grecques, les chiffres du PIB irlandais sont venus rappeler que l’ex-”Tigre celtique” reste l’un des États les plus mal en point du Vieux continent.

Le PIB a en effet chuté de 7,1% en 2009, une baisse sans précédent, qui fait suite à la contraction déjà record de 3% enregistrée en 2008. Par rapport à son pic de 2007, “le PIB irlandais a chuté de 13% environ, ce qui fait de la crise irlandaise l’une des pires de l’histoire de tous les pays développés,” reconnaît Dermot O’Leary, chef économiste de la maison de courtage Goodbody.

Et les autorités ne tablent sur un retour de la croissance qu’au deuxième semestre de cette année.
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Selon le LEAP, au printemps 2010, les finances publiques deviendront ingérables

Printemps 2010 – Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : quand le nœud coulant des déficits publics va étrangler les Etats et les systèmes sociaux occidentaux.

Selon le LEAP/E2020 (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), la crise systémique globale va connaître un nouveau point d’inflexion à partir du printemps 2010.

En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu’il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent au vu de l’échec des différents stimulus de 2009 (1) et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative.

Si ce « nœud coulant » des déficits publics que les gouvernements se sont volontairement passé autour du cou en 2009, en refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes (2), va peser lourdement sur l’ensemble des dépenses publiques, il va tout particulièrement affecter les systèmes sociaux des pays riches en appauvrissant toujours plus la classe moyenne et les retraités, tout en laissant les plus défavorisés à la dérive (3).

Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d’un nombre croissant d’Etats et de collectivités locales (régions, provinces, états fédérés) va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d’intérêts et de fuite hors des devises en direction de l’or.

Devant l’absence d’une alternative organisée à un Dollar US toujours plus faible et afin de trouver une alternative à la perte de valeurs des bons du trésor (en particulier américains), les banques centrales du monde entier devront en partie se « reconvertir à l’or », le vieil ennemi de la Réserve fédérale US, sans pouvoir encore le déclarer officiellement.

Le pari de la reprise ayant désormais été bel et bien perdu par les gouvernements et les banques centrales (4), ce point d’inflexion du printemps 2010 va ainsi représenter le début du transfert massif des 20.000 milliards de dollars d’ « actifs fantômes » (5) vers les systèmes sociaux des pays qui les ont accumulés. Lire la suite

Les banques, lobbies ou mafias ?

Même un système mondial de contrôle peut avoir des ratés. C’est ce qui semble s’être passé ces jours-ci, lorsque le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a laissé entendre que les banques détenaient encore beaucoup d’actifs pourris, c’est-à-dire de prêts trop spéculatifs faits à des acteurs susceptibles de ne pas les rembourser.

Un lobby, dans le langage politique courant, désigne un ensemble d’intérêts, généralement économiques, organisés pour peser sur les organismes politiques, afin d’obtenir des décisions administratives ou législatives en leur faveur.

Un lobby peut être plus ou moins important, il peut provoquer des décisions politiques plus ou moins lourdes de conséquences : le lobby des restaurateurs a obtenu, en France, la baisse de la TVA sur les recettes du secteur. Bricole, significative certes, mais bricole.

Le lobby militaro-industriel américain a sans doute été responsable des grandes décisions stratégiques de l’Etat fédéral depuis la seconde guerre mondiale. Nous ne sommes plus là dans le bricolage.

Un lobby, pour agir, emploie divers procédés légaux et illégaux, le plus illégal étant la corruption directe des responsables politiques et administratifs. Mais il est rare qu’il mette des hommes à lui dans les postes de responsabilités, de façon à prendre directement les décisions qui lui sont favorables.

Toute autre, est la démarche des organisations du crime en société, que l’on nomme les mafias. Nées en Italie et en Asie, généralisées aux Etats-Unis, puis aujourd’hui dans toutes les parties du monde, les mafias pénètrent les organes des Etats et de leurs administrations en y faisant nommer des hommes à elles. Quand elles ne peuvent pas le faire directement, elles multiplient les pressions sur les hauts responsables, chefs d’Etat compris, pour en faire des marionnettes dociles. Dans les cas extrêmes, elles ne reculent pas devant le meurtre. Lire la suite

La grande illusion (de la reprise économique)

Economiste suisse, analyste financier indépendant, membre du World Economic Forum ou Forum de Davos, Michel Santi nous dit son dégoût et son exaspération devant la situation actuelle, qui voit une oligarchie politico-financière déconnectée de l’économie réelle s’enrichir sur le dos des contribuables, tout en se gargarisant de la fin prétendue de la crise.

Comment tolérer un système financier dont la taille dépasse les capacités de production de l’économie ? Comment s’étonner que les liquidités excessives, incapables de se loger dans une économie aux habits décidément trop étroits, aillent se loger dans des marchés financiers et faire le bonheur des spéculateurs ?

Scénario pourtant répétitif d’un crédit subitement moins généreux, qui met en péril la bulle de l’endettement massif, tout en provoquant un effondrement boursier dont la combinaison déroule ses effets nocifs sur une activité économique et un taux du chômage érigés en victimes expiatoires…

Après l’euphorie, vient une déflation qui se répand sur l’ensemble des secteurs économiques, pendant que les Etats volent au secours d’un système financier autrefois champion des produits sophistiqués comme les subprimes. Les constructions financières ne sont-elles que des châteaux de cartes, donnant aux investisseurs et aux spéculateurs l’illusion de la richesse ?

Comment appréhender un instrument financier comme les subprimes, qu’il est pratiquement impossible – même aujourd’hui – de valoriser de manière fiable ?

Qu’à cela ne tienne : L’Etat, qui n’est providence que pour les investisseurs, soustrait ces instruments financiers toxiques aux affres (et à la cotation) d’un marché pourtant naguère encore bienfaisant.

L’hémorragie du système financier, les saignées boursières seront stoppées avec l’argent du contribuable : le destin du citoyen moyen est donc de sauver le spéculateur… Il est en effet écrit que les Etats dépenseront sans compter, dès lors qu’il s’agira de stabiliser le système financier, tandis qu’au même moment, les ménages devront subir des réductions drastiques de leur budget !
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