Dans quel pays trouve-t-on le plus de millionnaires ?

Si les États-Unis restent le pays qui compte le plus de millionnaires, l’Asie, menée par la Chine, rattrape l’Amérique du Nord en matière de fortunes privées, selon une étude publiée lundi par le cabinet BCG qui diffuse chaque année ses analyses sur les fortunes mondiales.

La région Asie-Pacifique est devenue la deuxième du monde pour ce qui est du montant d’ensemble des fortunes privées, à plus de 47.000 milliards de dollars l’an dernier contre 36.500 milliards en 2013, toujours en excluant le Japon.

Elle dépasse désormais l’Europe, où les fortunes ont augmenté de moins de 3.000 milliards à 42.500 milliards de dollars, et devrait faire de même d’ici 2019 avec l’Amérique du Nord, pour l’heure toujours première à près de 51.000 milliards, selon BCG.

Quand on parle de fortunes, je crois vraiment que l’endroit important, c’est désormais l’Asie“, a résumé Federico Burgoni, responsable de l’étude pour la région Asie-Pacifique.
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La Crise nous fait un vrai festival…

par Philippe Béchade

Je ne sais pas si le palmarès du Festival de Cannes peut constituer aux yeux du monde entier un « avis de grand frais » sur la désintégration sociale qui affecte la France mais également beaucoup de pays aux alentours… il n’empêche que le couronnement de films qui traitent de « la crise » (chômage, déclassement, déracinement) et d’acteurs qui incarnent des victimes de « la crise » télescope le discours officiel qui ne cesse de marteler « le pire est derrière nous, la croissance repart », alors que c’est tout l’inverse qui est perçu par 70% de la population, et bon nombre de réalisateurs présents sur la Croisette.

La nuit tombe sur le festival de Cannes…

La nette percée de Podemos (gauche antilibérale) aux municipales le weekend dernier témoigne de cette même incrédulité populaire en Espagne face aux discours triomphalistes de l’équipe dirigeante qui revendique la paternité d’un pseudo renouveau économique, lequel tient essentiellement au franc succès des mesures d’incitation à l’achat d’un nouveau véhicule.

Les effets positifs sur les immatriculations sont spectaculaires, mais comme pour tout cadeau fiscal, le principe reste: c’est « l’état qui paye ».

Et l’état, c’est au bout du compte chaque espagnol -y compris ceux qui n’achètent pas de voiture- qui pourrait à terme supporter le coût de l’opération… à moins bien sûr que les futures recettes fiscales ne viennent compenser le déficit budgétaire qui se creuse aujourd’hui.

Pour en revenir à Cannes, jamais depuis sa création en 1939 (et son premier déroulement « normal » en 1946), le palmarès n’avait été aussi marqué par « la crise », alors que jamais les festivaliers n’ont été aussi riches (il n’y avait qu’à compter les yachts de plus de 30 mètre amarrés au large de la croisette ou à Monaco: plus aucun « anneau » disponible dans un rayon de 50Km autour du « Rocher »)… et rarement les fêtes n’ont été aussi somptueusement démesurées.

Voilà un nouvel exemple saisissant de télescopage de l’ultra richesse et du vaste monde exclu du miracle des « quantitative easing ».

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Il n’y a pas que le « coût du travail »… Coût du capital, la question qui change tout

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ».

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L’effondrement capitaliste et la poussée vers la guerre

[La Rédaction de Fortune ne partage pas forcément toutes les analyses ni les préconisations de ce texte issu d'une publication trotskiste. Néanmoins, il nous a paru intéressant de le soumettre à la critique des lecteurs.]

L’aspect le plus frappant de la réunion, cette semaine, du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) ne sont pas les décisions, aussi importantes soient elles, qu’il a prises pour réduire encore davantage les taux d’intérêt officiels et initier l’achat de titres adossés à des actifs (ABS).

Otto Dix : “La guerre” (panneau central)

En réalité, c’est le profond sentiment de malaise qui a plané sur la réunion alors que les pouvoirs en place étaient confrontés au fait que six ans après l’effondrement du système financier mondial en 2008, non seulement ils ne sont pas plus près de trouver un train de mesures pour assurer une « relance » économique, mais la situation ne fait qu’empirer.

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En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

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Christophe Nijdam : Les dérivés sont un danger pour les banques

Le marché des produits dérivés représente plus de dix fois le PIB mondial s’élevant à 63 000 milliars de dollars fin 2012. Retour sur ce marché avec Chritophe Nijdam analyste chez Alphavalue :

États-Unis : Où sont passés les travailleurs ?

Un “livre blanc”, publié mardi 27 août par le cabinet de placement Express Employment Professional (ou ExpressPro), dresse un constat bien sombre sur le problème de l’emploi aux Etats-Unis. Non seulement la reprise économique américaine ne crée pas assez d’emplois – ce qui  n’est pas une découverte –,  mais de toute évidence, elle ne crée pas les emplois qu’il faut. Ou alors, les Américains sont de moins en moins nombreux à en chercher. Et c’est plutôt dans ce sens que penchent les auteurs du rapport.

Evoquant une “tragédie”, l’étude constate un “grand revirement” dans la structure de l’emploi américain : le passage d’une Amérique qui travaille à celle d’une Amérique oisive, avec à l’appui de sa démonstration, le fait que le nombre d’Américains cherchant un emploi est tombé à son plus bas depuis près de trente-cinq ans.

Selon ExpressPro, le changement de paradigme est grave : ne pas travailler serait-il devenu plus avantageux que l’inverse ? La réponse est naturellement plus nuancée, mais force est de constater qu’il existe un décalage très fort entre les emplois créés – généralement aux deux extrêmes de la chaîne de compétences : soit des emplois de R&D très qualifiés, soit des postes subalternes peu rémunérés – et le profil des chercheurs d’emploi.

C’est en partie ce phénomène d’inadéquation qui vient gonfler les rangs de la population qui ne cherche plus d’emploi, et n’est donc plus comptabilisée dans les chiffres du chômage, contribuant par là à le faire – artificiellement – baisser.

De fait, si les statistiques officielles recensent environ 11 millions d’Américains au chômage, le nombre de personnes en âge de travailler et sans emploi est, selon des estimations diverses, plus proche des 20 millions. Aujourd’hui, seulement 58,7 % des Américains en âge de travailler ont un emploi, bien en dessous des niveaux d’avant-crise (autour de 65 %). Pis, ce chiffre stagne depuis la fin de la récession.

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Situation et perspectives des finances publiques 2013

La Cour des comptes présente, jeudi 27 juin 2013, son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques en application de l’article 58-3° de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). La Cour constate que la France a engagé depuis 2011 le redressement de ses déficits publics. Pour autant, seule une partie du chemin de redressement a été parcourue et, si l’atonie de la croissance doit être prise en compte, les efforts ne doivent pas être relâchés et doivent désormais se concentrer sur la dépense.

Le nécessaire rééquilibrage des comptes sociaux suppose des réformes infléchissant durablement l’évolution tendancielle des dépenses, en particulier des branches maladies et vieillesse.

La situation préoccupante des finances sociales et les perspectives sombres à court, moyen et long termes rappelées dans les chapitres 3 et 4 du rapport appellent de la part des pouvoirs publics des mesures énergiques.

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Aide médicale de l’État (AME) : bénéficiaires et prestations

L’aide médicale de l’État (AME) est un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins, sous réserve de remplir certaines conditions.

Bénéficiaires

Vous pouvez bénéficier de l’AME si vous êtes dans l’une des situations suivantes :

  • personne étrangère en situation irrégulière au regard de la réglementation relative au séjour en France (absence de titre de séjour ou de récépissé de demande),
  • personne ayant droit du bénéficiaire de l’AME ( enfant, personne à charge),
  • personne étrangère placée en rétention administrative.

À savoir :  toute personne (française ou étrangère) gardée à vue peut, si son état de santé le justifie, bénéficier de l’AME.

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États-Unis : Les pièges qui attendent la Fed quand les taux remonteront

Par Nouriel Roubini

Il est peut-être trop tôt pour dire si de nombreux actifs risqués ont atteint des niveaux de bulle, et si les niveaux d’endettement et de prise de risque sur les marchés financiers sont devenus excessifs. Néanmoins, il est probable que des bulles du crédit et des actifs / actions se forment dans les deux ans à venir, en raison de la politique monétaire américaine accommodante.

La faiblesse persistante de l’économie américaine – où le désendettement des secteurs public et privé se poursuit – a conduit à un chômage obstinément élevé et une croissance inférieure à la normale. Les effets de l’austérité budgétaire – une forte hausse des impôts et une forte baisse des dépenses publiques depuis le début de l’année – minent encore plus les performances économiques.

En effet, des données récentes ont imposé le silence à certains responsables de la Réserve fédérale, qui avaient laissé sous-entendre que la Fed pourrait commencer à sortir du troisième cycle d’assouplissement quantitatif (QE3) qui est actuellement en cours (pour une durée indéterminée). Compte tenu de la faible croissance, du taux de chômage élevé (qui a diminué seulement parce que les travailleurs découragés sont en train de quitter la population active) et d’une inflation largement inférieure à l’objectif de la Fed, ce n’est pas le moment de commencer à contraindre la liquidité.

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Le boom du marché secondaire des hedge funds se poursuit

par Myret Zaki

Les fonds alternatifs peuvent, depuis la crise de 2008, revendre leurs parts à la liquidité restreinte. Explications.

Quatre ans après la crise qui l’a fait naître, le marché secondaire des hedge funds continue d’avoir du succès. «Au moment de la faillite de Lehman Brothers, il y avait 200 milliards de dollars pris dans des sidepockets, et en face de tous ces vendeurs il n’existait pas de marché», explique Florian de Sigy, fondateur de Gamma Finance à Londres. En d’autres termes, les gérants de hedge funds ne trouvaient pas facilement d’acheteurs pour ces parts détenues par des investisseurs souhaitant les vendre, et suspendues dans des poches séparées du reste du fonds. «Pour éviter de vendre au pire moment, les managers avaient activé les gates (gels des remboursements, ndlr), stoppant les rédemptions de parts pour protéger leurs fonds.»

Florian de Sigy, Parisien, avait auparavant travaillé chez Deutsche Bank où il s’était spécialisé dans les produits structurés sur actions et les dérivés sur hedge funds. En 2009, identifiant le potentiel pour la revente de parts de hedge funds, il a cofondé Gamma Finance. «Nous avions identifié 2 milliards de dollars de demande, soit une quinzaine de gros acheteurs, pour une offre de 3 milliards», explique-t-il. La boutique londonienne emploie aujourd’hui sept spécialistes. La crise a en effet agi comme un révélateur par rapport à une faiblesse structurelle du monde des hedge funds: il n’existait pas, jusque-là, de marché secondaire pour écouler des parts de hedge funds à la liquidité restreinte, avec une décote liée à leur risque. Seul existait avant la crise un marché secondaire pour les fonds fermés qui avaient beaucoup de succès, et dont on s’échangeait les parts à des primes. C’était un marché d’acheteurs. Mais il n’existait pas de marché de vendeurs, sorte de marché d’occasion permettant aux investisseurs bloqués dans leur placement et cherchant à en sortir, même au rabais, de rencontrer des acheteurs intéressés d’acquérir ces parts. «Dans le private equity, il y a toujours eu un marché secondaire, explique Florian de Sigy. Alors pourquoi n’y en avait-il pas dans le monde des hedge funds?» C’est ainsi que ce nouveau marché, qui permet à des investisseurs de vendre leurs parts directement sans attendre les remboursements de cash de leur hedge funds, a pris son essor.

Un potentiel de 3 à 5 milliards de transactions par an

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Placements refuges

On aurait pu aussi parler du vin, de la terre agricole, des forêts…d’un pied à terre dans Kensington ou d’un duplex à Dubaï. On s’est ici contenté de décliner les grands classiques. L’imagination est au pouvoir lorsqu’il s’agit de rassurer les détenteurs d’actifs. Que faire quand tout dégringole? Quand un tsunami financier déferle? Il faut trouver un ou des refuges et si possible des PRPE.

Il faut creuser un peu si on veut trouver un PRPE sans faille. Si on lit bien la littérature consacrée aux PRPE, on trouve un véritable bazar. Les montres, par exemple ! On lisait dans un blog que de nouveaux acheteurs âgés de moins de 30 ans avaient, en 2009, investi en moyenne 3.000 euros dans des montres acier  sur le thème « mieux vaut avoir une montre à son poignet que de l’argent sur son compte en banque ». Et de chanter les louanges des montres sophistiquées, prouesses technologiques qui vaudront pour les siècles à venir. Le même blog, notait, en toute honnêteté que, parfois, les prix des belles montres peuvent se casser la figure. Comme l’or, finalement. Alors, quoi ?… Les meubles anciens ? Les beaux, s’entend ! Ceux-là on est sûr qu’ils ne seront pas édités par milliers comme le célèbre fauteuil club de Charles Eames. Malheureusement, ce sont de beaux objets bien fragiles, comme les belles montres. Il y a le diamant. C’est solide le diamant ! Et puis, c’est comme l’or. La demande ne cesse de grimper. Comme l’or, quand tout le monde panique, quand la révolution menace, le diamant a toute sa place. Tiendrait-on ici un PRPE, portable et incassable ? A condition de s’en débarrasser dés que les premiers signes d’apaisement se manifestent, car, la paix et la tranquillité revenues, il dégringole. Il y a le franc suisse à condition de prendre le risque sur les banques suisses ! Il y a aussi le dollar quand les chinois veulent bien. Et les obligations du trésor allemand. Ça ne rapporte rien, on paye même pour en avoir, mais au moins, on sait à qui on prête ! (c’est-à-dire à des gens déjà très endettés !)

N’a-t-on pas ici oublié quelque chose ? L’immobilier parbleu ! C’est le placement refuge des placements refuge. C’est un PRPE ! Lui aussi, comme l’or, comme les diamants est contracyclique. On lit souvent que les valeurs immobilières montent quand la bourse descend. Sauf aux Etats-Unis où ils auraient tendance à s’effondrer en même temps ; sauf au Japon où l’immobilier n’est jamais remonté ; sauf en France où, pendant 50 ans,  il a traîné lamentablement. Pourtant,  « les Français plébiscitent » l’immobilier (ils plébiscitaient aussi le Général Boulanger !). C’est solide et ça pourrait rapporter. Comme l’or et les diamants, on en a toujours besoin. Il peut prendre la forme de pierre-papier, mais aussi de studios à Megève, d’appartements dans le Marais, de lois Malraux à Bordeaux, de villas en Toscane. Sauf que l’immobilier en France serait au sommet d’une bulle ! Une bulle qui péterait ? Des prix immobiliers qui baisseraient ? Si c’est une plaisanterie, Monsieur, elle est sinistre ! Pourtant, il n’y a pas 20 ans les prix de l’immobilier s’effondraient, en France, Paris et province confondus.

Les Echos

Re-made in USA : Les multinationales américaines réévaluent leur course à la délocalisation

La publication par General Motors d’un résultat record de 9,2 milliards de dollars arrive à point nommé dans la course à la présidentielle pour Barack Obama. Le renflouement massif par le Trésor américain ressort comme le meilleur actif de son bilan économique, l’encourageant à faire du “re-made in America” l’un des axes majeurs de sa campagne. Esbroufe politicienne en période d’élection ou reconquête en perspective d’une compétitivité industrielle un temps perdue ? Cette possibilité d’une relocalisation d’emplois de Chine vers les Etats-Unis, qui n’est plus aussi inenvisageable, laisse perplexe.

Marqueur politique

Ce qui s’est produit à Detroit peut être décliné dans d’autres industries [...]. Aujourd’hui il devient plus coûteux de produire dans certains pays comme la Chine.” Par ce discours, le Président américain coupe l’herbe sous le pied de ceux qui fustigent son bilan économique. Alors que 51 % des Américains désapprouvent encore sa gestion de l’économie et 59 % sa gestion du budget et du déficit selon les enquêtes récentes, ce thème offensif et tourné vers l’avenir lui permet de se réconcilier avec le “Corporate America”, rappelant au passage le recul du chômage depuis 5 mois consécutifs.

L’habileté n’a pas échappé aux politiques français, ils jouent des coudes pour s’approprier en pleine campagne le marqueur “made in France”, plus vendeur que celui de la réduction de dette. Cependant, “avant de rechercher la réduction des coûts, les industriels sont guidés par le marché. Ils doivent donc être présents sur le territoire chinois dans les années à venir”, réfute Pascal Colombani, senior advisor chez ATKearney. L’industrie américaine a d’ailleurs perdu des parts de marché dans presque tous les secteurs : aérospatiale et défense, technologies de l’information, équipements de télécommunications, automobile… hormis les services financiers. Alors que les 20 premières multinationales américaines détenaient 33 % de leurs actifs à l’étranger en 1990, cette part est montée à 58 % aujourd’hui. Le pari du 44e Président semble donc osé mais le dernier numéro de la Harvard Business Revue (1) démontre qu’il ne manie pas seulement le marketing politique. La revue décrète la fin de la vogue de l’“outsourcing” et la réévaluation par les multinationales de leur course à la délocalisation.

Perte de compétitivité chinoise

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Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

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Le seigneuriage

Le seigneuriage, lié au pouvoir de création monétaire, était une importante source de profit. Revenant au « Seigneur », c’est-à-dire à la puissance publique, les bénéfices liés à la création de monnaie se sont progressivement déplacés vers la sphère privée. Sur le plan international, les profits du seigneuriage sont un enjeu d’importance, qu’ils soient directs ou indirects.

Le jour où une puissance publique a réussi à faire accepter que le chiffre apposé par ses soins, exclusivement, sur un bout de métal, pouvait avoir plus de valeur que le métal lui-même, la monnaie est née et le seigneuriage avec.

Quand le Roi de Lydie inventa la monnaie…

La monnaie, et donc le seigneuriage, serait l’invention des rois de la Lydie, terre grecque d’Asie Mineure irriguée par le célèbre fleuve Pactole. La frappe de monnaie, c’est-à-dire le droit d’apposer sur une pièce une valeur nominale supérieure à son coût de fabrication, réservait un bénéfice à celui qui détenait le pouvoir de battre monnaie : le seigneuriage. Le profit était plus ou moins important selon son pouvoir de persuasion, c’est-à-dire de coercition ! Le gain était d’autant plus important que le monnayage était d’or ou d’argent. Le seigneuriage existait aussi  pour les monnaies de bronze et de fer. Il était moins lucratif.

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Saisies immobilières et SDF aux USA

La descente aux enfers des USA se poursuit. Le 29 décembre 2010, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques aux USA, a publié son rapport sur la situation des crédits immobiliers au troisième trimestre 2010.

Ce rapport concerne 33,3 millions de prêts immobiliers (non commerciaux) totalisant 5.907 milliards de dollars. Il nous éclaire en particulier sur les saisies immobilières et, contrairement à ce que l’on martèle quotidiennement, la situation économique s’aggrave de jour en jour, dans une Amérique qui sombre dans le chaos.

Village de tentes à Sacramento (Californie), en 2009

Les procédures de saisies immobilières ont ainsi progressé de 4,5 % depuis le début de l’année 2010, passant de 1.149.461 à 1.201.622 (page 9/65 du rapport) et les saisies effectives ont explosé, avec 57,5% d’augmentation par rapport à 2009 (page 42/65 et 45/65 du rapport).

Le cap des 13.000 procédures de saisies par jour a été franchi !

Plus grave encore, les catégories les moins risquées de ces prêts (prime) sont sévèrement touchées avec 67,7% d’augmentation par rapport à 2009 (page 45/65).

Heureusement que la crise est terminée !

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Une paupérisation qui menace la démocratie

Par Louis Chauvel

Le logement est le lieu d’observation idéal d’un phénomène plus général. Les jeunes seniors aisés habitent les centres-villes, où sont les emplois et les médecins, quand les jeunes actifs doivent se loger toujours plus loin, disposer de plusieurs automobiles (d’occasion), assurances, pleins d’essence, pour trianguler maison, école et travail. Prise dans le ciseau des salaires et du logement, leur capacité à élever leurs enfants est mise en défaut, alors que les associations familiales sont visiblement devenues des organisations d’aïeux.

Il en résulte une multiplication des jeunesses avec la prolongation de la crise : à la première jeunesse aux études (celle qui a un peu manifesté sa solidarité avec les retraités), succède la deuxième, entre l’âge de 23 et 28 ans, dans la transition douloureuse vers l’emploi, la précarité ou le chômage.

Une troisième jeunesse se structure, qui se prolonge souvent bien au-delà de 30 ans, faite du constat que le travail ne permet plus de se loger décemment sans le soutien patrimonial de parents riches et généreux (ou morts). Éloignée des centres de décision, cette « tiers-jeunesse » voit son revenu grevé en loyers ou remboursements, son temps libéré évaporé dans les transports et les loisirs pauvres.

Ces jeunes, de moins en moins jeunes, découvrent, à 40 ans, que, si nous sommes jeunes de plus en plus vieux, ils sont vieux de plus en plus jeunes, ce que leur DRH (direction des ressources humaines) sait rappeler à temps.

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Monnaie, recherche désespérement souverain sérieux

Par Jean-Claude Werrebrouck

Les images du bateau, et des passagers clandestins, évoquées dans « l’euro : sursaut ou implosion » se voulaient révélatrices de la réalité de la monnaie unique. Les passagers clandestins étaient les Etats eux-mêmes, et des Etats – puisque passagers clandestins – peu soucieux d’une stratégie de coopération.

Le bateau était lui-même le symbole de la monnaie, et une monnaie sans autre pilote qu’un fonctionnaire indépendant, voire en état d’apesanteur, et surtout dépourvu de gouvernail : la banque centrale est en effet indépendante et son rôle n’est que de maintenir le navire à flot, et ce, sans même lui assigner une direction.

Jadis, le pilote était l’Etat lui-même, et les passagers avaient le statut d’usagers d’un service monétaire largement soumis au caprice du prince. Bref la monnaie avait un maître, et il est vrai, souvent autoritaire, et peu scrupuleux, appelé souverain.

En sorte qu’il était exact que « battre monnaie était un attribut de la souveraineté ». Et souvent avec la violence du souverain : seigneuriage, dilution, assignats, « banqueroute des deux-tiers », inflation, etc. (cf. : « la crise : scénario pour 2010 »)

Le fonctionnement des marchés politiques en Europe, et leur histoire, devait pourtant aboutir à une « grande transformation » à la Polanyi : puisque « l’extériorité » qui tient les hommes ensemble peut devenir le marché, lequel rend faussement et magiquement obsolète l’Etat, alors il est possible d’engendrer une monnaie sans Etat et donc sans souverain : l’Euro était né.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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Les 50 plus grosses banques mondiales et leur solidité

Tiré d’un site américain, ce graphique par pays (certes déjà ancien – mars 2009, a priori – et comportant par ailleurs quelques inexactitudes et lacunes, mais peu importe, son intérêt n’en est pas amoindri) prétend renseigner :

  • sur le classement mondial des grandes banques, par ordre de taille,

  • sur les actifs qu’elles gèrent (essentiellement, les crédits accordés à ses clients – « bn” signifiant « billions“, c’est-à-dire milliards, en dollars bien sûr),

  • sur leur capitalisation boursière quand elle existe (dans ce cas, le cercle noir correspond, en gros, à que vaut vraiment la banque sur le marché, à ce qu’elle peut offrir en garantie ou en paiement, lui appartenant en propre, notamment pour faire face à l’hypothèse d’une panique des déposants),

  • et enfin, sur le pourcentage de leurs pertes en capital sur le marché, pendant les douze derniers mois.
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

A notre humble avis, même à supposer que les bilans officiels soient fiables, la solvabilité des banques est une chose très relative…

Source du graphique : The big picture (Barry Ritholtz), USA

Claude Bébéar ne comprend pas la résistance des Français à la réforme des retraites

A 75 ans, Claude Bébéar (…) président d’honneur de l’assureur Axa – groupe qu’il a créé et dirigé – [et co-auteur de la Charte de la diversité en entreprise], figurait au sein de la commission Attali qui vient de remettre 25 recommandations pour doper la croissance. L’Institut Montaigne, le ” laboratoire d’idées “ qu’il préside, vient de publier un fascicule intitulé ” 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors “. Dans un entretien au Monde, il défend la retraite par point, conseille à Nicolas Sarkozy d’adopter un style moins agressif et demande aux entreprises de s’engager pour l’emploi des jeunes. Extraits.

Les fonds de pension américains ont perdu, en 10 ans, 60,7% de leur valeur. La retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7%. Source : http://www.lipperweb.com/

Les Français restent largement hostiles à la  réforme  des retraites. Comprenez-vous leur  résistance ?

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Bank of America : le Foreclosure Gate, le bal des victimes ne fait que commencer…

Par Cécile Chevré

J’espère avoir souligné avec assez de force le danger que représente le Foreclosure Gate. Comme l’ont fait nos rédacteurs alors que le problème des subprime ne faisait pas encore les gros titres. Aujourd’hui, les banques américaines risquent de devoir débourser plus de 1 600 milliards de dollars de taxes non-payées, de dommages et intérêts, et de pertes sur des emprunteurs défaillants.

Dans le fouillis des saisies immobilières : – «As-tu trouvé ton document hypothécaire ?»«Non, mais je pense que j’ai trouvé Jimmy Hoffa» (fameux président du syndicat des camionneurs, disparu en 1975, peut-être assassiné par la mafia). Caricature américaine, octobre 2010.

« Bank of America poursuivi par un groupe incluant la Fed de New York », nous apprend l’AFP.

« Bank of America plombé par ses cartes de crédits », nous apprend La Tribune.

Le Foreclosure Gate commence à faire des ravages.

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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Pour le FMI, le secteur financier reste « le talon d’Achille de la reprise économique »

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde, publié mardi 5 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de maintenir le soutien des Etats au secteur financier mondial, qui « reste le talon d’Achille de la reprise économique ».

Pâris, guidé par Apollon, s'apprête à tuer Achille. Gravure de François Chauveau (XVIIe s.)

L’institution a cependant abaissé son estimation des pertes qu’auront dû absorber, entre l’été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers. Ce coût de la crise est évalué désormais à 2 200 milliards de dollars, contre 2 300 milliards il y a six mois et 2 800 milliards il y a un an. Cette révision à la baisse s’explique essentiellement par une diminution des pertes sur valeurs mobilières.

Toutefois, prévient le FMI, les banques ont fait moins de progrès vis-à-vis de leur financement à court terme, avec un total de près de 4 000 milliards de dollars de dette à refinancer dans les deux années qui viennent.

SELON LE FMI, LES AIDES AU SECTEUR DOIVENT ÊTRE MAINTENUES

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La réforme des retraites entre mensonges et manipulations

Par Malakine

La journée d’action contre la réforme des retraites a semble t-il été un franc succès, ce qui n’a rien d’étonnant dans la mesure où la réforme portée par le ministre Woerth fait presque l’unanimité contre elle. On lui reproche son inéquité, son injustice, le recul des droits sociaux qu’elle implique ou l’insuffisante mise à contribution des revenus du capital. Pourtant, il est deux arguments qui me semblent insuffisamment développés dans le débat public.

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La crise en Russie

Par Jacques Sapir (janvier 2010)

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.

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Indécente dramatisation de la question des retraites

La question des retraites donne lieu à une dramatisation indécente, hors de propos dans notre pays. On nous rebat les oreilles avec un «choc démographique» qui a la puissance d’une pichenette. Car si le vieillissement de la population est bien réel, ses effets sur les finances publiques seront de très faible ampleur. Rien qui ne puisse être très aisément financé.

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Cette plaisante perspective est même une des caractéristiques de la France, lorsqu’on la compare au reste de l’Europe. Le gouvernement devrait se retenir de faire peur et cesser d’évoquer des chiffres dénués de pertinence. « Si nous ne faisons rien, il manquera 100 milliards d’euro à l’horizon 2050 », affirme ainsi François Fillon, qui ferait mieux de se taire.
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Le fabuleux lobbying de la finance américaine

Par Hélène Rey, professeur à la London Business School

Le lobby (vestibule, couloir) de la Chambre des Communes (Angleterre), par Liborio Prosperi, 1886

La crise économique que nous traversons a de multiples facettes. Les historiens auront fort à faire pour établir la version correcte des faits et établir les responsabilités.

Les grands déséquilibres macroéconomiques et les déficits de la balance courante américaine ont sûrement joué un rôle, tout comme la politique monétaire de la Réserve fédérale des Etats-Unis. Les régulateurs se sont endormis au volant ou ont été trop complaisants face aux offensives de charme des grandes banques. Les agences de notation ont profité de la manne de Wall Street et n’ont pas fait leur travail. Certains économistes ont mis en garde contre la bulle immobilière mais d’autres ont cherché à justifier par des facteurs rationnels les accroissements faramineux des prix des maisons. Les structures des rémunérations dans les banques ont encouragé la prise de risque.

Et lorsque la crise s’est véritablement déclenchée, le cafouillage des autorités a également été dommageable. La faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, par exemple, lâchée par le Trésor américain, a contribué de façon décisive à la déstabilisation des marchés financiers. Hank Paulson, secrétaire d’Etat américain au Trésor à l’époque, tente, dans son livre de mémoires de rejeter la responsabilité de cette faillite sur le Trésor britannique. Ce dernier aurait bloqué le rachat de Lehman Brothers par Barclays à la dernière minute, en raison de craintes (sûrement justifiées !) de l’impact d’une telle acquisition sur la stabilité du système financier britannique. Les historiens trancheront.

De nombreuses questions sont maintenant soulevées sur le coût du sauvetage de la compagnie d’assurances AIG avec des milliards de dollars d’argent public. Les principaux bénéficiaires de cette opération ont été de grandes banques d’investissement, dont certaines jugées proches de l’administration américaine.

Les universitaires commencent à se pencher attentivement sur le lobbying des institutions financières aux Etats-Unis.
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Inégalités, surendettement, les deux faces d’une même réalité

(extraits) Par Albert Edwards, responsable de la stratégie à la Société Générale

Quelle est la relation, si elle existe, entre le laxisme extrême des banques centrales aux États-Unis et au Royaume-Uni et le fait que ces pays aient été ceux où les inégalités ont augmenté de façon la plus extrême durant ces dernières décennies ?

Etait-ce un facteur important ?

J’ai lu quelques réflexions provocantes de Marc Faber, dans son Gloom, Boom and Doom report, sur les inégalités extrêmes qui existent aujourd’hui.

Elles m’ont rappelé que nos excellents économistes américains Steven Gallagher [économiste en chef, Société Générale New York] et Aneta Markowska [économiste, Société Générale New York] avaient également traité du sujet.

Sans aucun doute, aux États-Unis l’augmentation des inégalités a été fulgurante ces dernières années (voir graphique ci-dessous).

A gauche : répartition des revenus aux USA de 1917 à 2007, en pourcentage du revenu total. En rouge, les 10% de la population qui ont les revenus les plus élevés. En noir, le 1% de la population qui a les revenus les plus élevés. A droite : évolution du pourcentage de la population dépendant de bons d'alimentation pour se nourrir. (Cliquez sur le graphique pour l'agrandir)

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Vous avez aimé les subprimes, vous adorerez les «dark pools»

La crise financière de 2007-2009 a fait apparaître au grand jour l’existence d’un système financier avec des structures opaques, parallèle au système financier «officiel», ayant cru de façon exponentielle au cours des quelques années précédentes, avec ses FCC, SIV, SPV, et autres «conduits»…

Rendre plus transparent ce système financier parallèle (shadow financial system) est devenu une préoccupation majeure des travaux du G20. Mais, alors même qu’il était décidé de rendre plus transparentes ces structures, au même moment s’est développé en Europe, un système boursier parallèle: un shadow market system.  Sous l’argument irrésistible de «best execution», celui-ci a non seulement permis mais bien accepté des «caches»:  l’internalisation, et maintenant les «dark pools»: ce ne sont plus seulement certaines structures d’intermédiation financière qui sont obscures, mais la plupart des opérations entre les différents agents économiques, le «marché» lui-même. Aura-t-on gagné au change?

«Je ne sais pas ce qui se passe sur mes titres… On ne peut pas dire que ce soit en progrès… Il se fait tous les jours des opérations sur nos titres dont on ne peut avoir des données claires. C’est très inquiétant.» (Déclaration de Martin Bouygues aux entretiens annuels de l’Autorité des marchés financiers (AMF) – 16 décembre 2009).

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Bourse : avec l’informatique haute fréquence, certains «savent, tout simplement…»

Ces mois de crise qui n’en finissent pas, et ne sont pas prêts de le faire, auront déjà été l’occasion de multiples et étonnantes découvertes. Non pas en raison de l’attitude de ses principaux acteurs – sans surprise, la plupart d’entre eux restant rigoureusement dans leur rôle – mais à cause de l’inventaire en cours des petites merveilles que contient la boîte à outils de la finance, désormais que son couvercle est un peu ouvert.

Il est devenu courant, parfois même dans les milieux bien-pensants, d’évoquer la partie fantôme du monde de la finance et de reconnaître qu’un secteur important de celle-ci échappe, faute d’être à ciel ouvert, à toute inventaire. De la même manière que l’on s’est mis à parler de l’économie réelle, comme si une partie d’entre elle ne l’était pas.

Des esquisses de la finance fantôme peuvent commencer à être tracées, en s’appuyant sur de premiers repères : centres non coopératifs (paradis fiscaux), structured investment vehicles (structures de parking d’actifs), hedge funds (mercenaires de la finance), etc. On parvient à distinguer, dans ces coulisses dépourvues de tout éclairage, un petit monde assez mystérieux qui actionne toute une machinerie complexe, aux rouages qui nous dépassent. Jouant de commodités, semble-t-il, d’autant plus décisives qu’elles restent dans l’ombre.

On finit par pressentir que le monde visible de la finance a un double qui ne l’est pas, et qui joue pourtant un rôle fonctionnel. Etablissant le parallèle avec le double langage que les membres de sa confrérie pratiquent couramment, s’étant donné entre initiés des raisons d’être distinctes de celles qu’ils affichent pour la galerie (soutenir l’économie). Lire la suite

Que faire pour surmonter la crise ? La “stratégie Alpha”

Une tribune libre de Michel Drac

Faut-il trembler pour ses placements à la banque ?

Réponse : oui.

En dépit de leurs bénéfices souvent plus que confortables depuis dix ans, beaucoup de groupes bancaires français sont fragiles.

Les récentes augmentations de capital de BNP-Paribas (4,3 milliards d’euros) et de la Société Générale (4,8 milliards d’euros) eurent pour motivation officielle le remboursement des aides d’Etat. Outre que cela revient à dire qu’on recourt à l’épargne publique pour refinancer indirectement un Etat surendetté, ce qui en soi est déjà assez malsain, ce n’est de toute façon pas la raison réelle.

La raison officieuse, mais assez évidente, est plutôt à chercher du côté des très mauvais ratios dettes sur capitaux propres de ces établissements, lesquels ont eu recours, depuis dix ans, à des effets de levier phénoménaux.

Ce ratio, en bonne gestion, ne doit pas excéder, pour une banque, le niveau approximatif de 10. Or, il avoisine 30 pour les grandes banques françaises.

On a calculé que pour leur redonner une structure de bilan stable, il faudrait injecter au bas mot 200 milliards d’euros de capitaux propres. Autant dire que les augmentations annoncées récemment ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à l’ampleur réelle du problème.

On objectera qu’en regard de leurs dettes, ces établissements possèdent des actifs colossaux. C’est vrai. Mais comme ces actifs renvoient pour l’essentiel à des créances sur des acteurs économiques eux-mêmes surendettés (ménages, entreprises, Etat), les banques françaises sont potentiellement le fusible qui, en sautant, apurera tôt ou tard l’énorme bulle de l’endettement. En France, comme ailleurs en Europe, au demeurant (les banques allemandes sont tout aussi fragiles). Lire la suite

“Les marchés doutent de la pérennité de la croissance américaine”

La reprise américaine a été amorcée par la reconstitution des stocks des entreprises et soutenue par les dépenses publiques. Aujourd’hui, c’est à l’emploi de prendre le relais. Or ce n’est pas le cas, explique Aurore Wannesson-Raynaud, stratégiste à AXA IM.

Le chômage aux USA : en rouge, le taux officiel ; en bleu, le taux réel (s'il était mesuré comme dans les années 1930)

L’économie américaine a crée 431.000 emplois au mois de mai. Pourtant les marchés l’ont sanctionnée. Pourquoi ?

La plupart des créations d’emplois a été le fait du secteur public. L’essentiel de ces postes ont été crées pour le recensement de la population américaine. De fait, ils sont temporaires et les personnes recrutées se retrouveront sur le marché du travail dès l’été 2010.

En excluant ce recrutement public, le secteur privé n’a crée que 41.000 postes au mois de mai, ce qui explique la réaction des marchés, car la dynamique des mois précédents s’est déjà interrompue.

Si cette tendance se poursuit, quel impact pourrait-il y avoir sur la croissance ? Lire la suite

Crash Course – 15

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 15: Bulles

Bien, maintenant que nous avons vu les actifs américains, nous devons passer du temps à comprendre ce qu’est une “bulle” d’actif, comment elle se forme, et les conséquences pour la suite. Et nous allons examiner plus précisément la bulle immobilière en détail parce qu’elle se produit maintenant et est la plus grande bulle de toute l’histoire et sera probablement la plus destructrice.

Tout au long de l’histoire, l’éclatement de bulles a été presque toujours traumatisant. Des bouleversements sociaux, politiques et économiques ont la mauvaise habitude de suivre des bulles, tandis que la destruction de richesse est une caractéristique certaine.

Au travers du comportement financier irrationnel, il peut être difficile de distinguer entre une bulle, une manie, et un peu d’exubérance. Une bulle est question de déraison dont l’histoire est riche.

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Crash Course – 14

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 14: Actifs & Démographie

Comme nous l’avons appris dans le chapitre sur la dette, notre pays a un niveau d’endettement historique, jamais vu auparavant et un manque d’épargne historique.

Maintenant, certains diront qu’il n’est pas raisonnable de n’examiner que la dette et l’épargne, on doit également tenir compte des actifs. Après tout, est-ce vraiment important si vous n’avez pas d’épargne et un million de dollars de dette mais si vous avez des actifs pour une valeur de 10 millions? C’est un point notable et nous allons maintenant jeter un coup d’oeil aux actifs.

Bon, qu’est-ce qu’un actif? Une définition est : Articles convertibles en espèces; toutes les ressources d’une personne ou d’une entreprise, telles que espèces, billets et comptes débiteurs, obligations, stocks, goodwill, installations, machines, ou biens immobiliers.

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Le nombre de millionnaires a crû de 14 % en 2009

La crise a glissé sur les plus fortunés. Ou presque. Selon le dernier rapport annuel « Global Wealth 2010 » présenté hier, à New York, par le Boston Consulting Group (BCG), le niveau global de la richesse privée a opéré un « remarquable come-back » en 2009 avec un rebond de 11,5 % (contre une chute de 10 % en 2008).

A 111.500 milliards de dollars, le niveau global de richesse estimé par montants d’actifs sous gestion a pratiquement retrouvé son pic de 2007 (111.600 milliards de dollars).

Stimulé par la poussée des économies émergentes, le nombre global des foyers millionnaires a également bondi de 14 %, à 11,2 millions de foyers, soit moins de 1 % des foyers de la planète qui se répartissent quelque 38 % de la richesse privée mondiale.

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Rapatriement de la dette ou dé-mondialisation ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Parmi les nombreuses propositions à effet de juguler les dangers d’une dette publique jugée insupportable, on notera l’intéressant article signé de Rodolphe A. Müller et Pierre-Alain Schieb dans Le Monde du 8 juin.

Constatant une corrélation positive entre la quiétude des marchés et le pourcentage de la dette domestique dans la dette publique totale, les deux auteurs en viennent à proposer un plan de compensation inter-Etats et inter-créanciers, aboutissant à la renationalisation de la dette.

Aucun détail concernant la procédure suivie n’est indiqué. Simplement, il s’agirait d’une gigantesque compensation. Et, sans doute, compensation elle-même fort complexe, puisque les dettes publiques nombreuses, en théorie égales au nombre d’Etats, sont appropriées par des agents nationaux fort nombreux et fort divers : banques centrales, banques nationales et étrangères, compagnies d’assurances, fonds de pension, ménages.

Plus complexe encore – à supposer qu’il existe un accord politique international, regroupant un nombre significatif d’Etats concernés et volontaires – serait le taux de change entre les dettes compensées. Problème qui reste entier, dans une compensation entre Etats n’appartenant pas à un même zone monétaire. Mais, problème qui demeure, même à l’intérieur d’une zone, les nouvelles créances ne jouissant plus des rendements antérieurs. A titre d’exemple, les créanciers français de dette publique grecque verraient s’affaisser, au terme de la compensation, la rentabilité de leur investissement.

Mais il y a beaucoup plus grave. La compensation généralisée aboutirait à la mise sur le devant de la scène, et donc sa mise à l’index, de l’Etat le plus internationalement endetté. Le processus envisagé de rapatriement favorise peu les Etats dont l’endettement est faible ou repose sur une base domestique.

Ainsi, le Japon qui, certes dispose d’un Etat très endetté, serait peu favorisé par la procédure de rapatriement. Il n’y a quasiment rien à rapatrier et seulement 5,8% de la dette publique sont détenus par des étrangers.

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