De quoi la référence au populisme est-elle le nom ?

Par Christophe Guilluy

Se poser la question du « populisme », obsédante aujourd’hui dans le débat public, c’est déjà tomber dans le piège de la mise à distance des classes populaires. Cet a priori récurrent permet de délégitimer leur discours.

Le peuple français vu par l’intelligentsia parisienne (la famille Morel, épicentre de la série télévisée Les Deschiens, de 1993 à 2002)

En effet, l’approche de la crise par le « populisme » vise à décrédibiliser les réactions des classes populaires et, in fine, à occulter les causes du rejet des classes dirigeantes. Cette rhétorique vise à écarter la responsabilité des partis de droite et de gauche depuis une trentaine d’années. Il s’agit, en fait, de rendre illégitime la contestation des choix économiques et sociétaux effectués par les organisations ayant exercé le pouvoir, quelles que soient leurs étiquettes.

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États-Unis : Les pièges qui attendent la Fed quand les taux remonteront

Par Nouriel Roubini

Il est peut-être trop tôt pour dire si de nombreux actifs risqués ont atteint des niveaux de bulle, et si les niveaux d’endettement et de prise de risque sur les marchés financiers sont devenus excessifs. Néanmoins, il est probable que des bulles du crédit et des actifs / actions se forment dans les deux ans à venir, en raison de la politique monétaire américaine accommodante.

La faiblesse persistante de l’économie américaine – où le désendettement des secteurs public et privé se poursuit – a conduit à un chômage obstinément élevé et une croissance inférieure à la normale. Les effets de l’austérité budgétaire – une forte hausse des impôts et une forte baisse des dépenses publiques depuis le début de l’année – minent encore plus les performances économiques.

En effet, des données récentes ont imposé le silence à certains responsables de la Réserve fédérale, qui avaient laissé sous-entendre que la Fed pourrait commencer à sortir du troisième cycle d’assouplissement quantitatif (QE3) qui est actuellement en cours (pour une durée indéterminée). Compte tenu de la faible croissance, du taux de chômage élevé (qui a diminué seulement parce que les travailleurs découragés sont en train de quitter la population active) et d’une inflation largement inférieure à l’objectif de la Fed, ce n’est pas le moment de commencer à contraindre la liquidité.

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En Europe, l’entrepreneuriat n’a plus la cote

Alors que le coup d’envoi des Assises de l’entrepreneuriat a été donné par la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique Fleur Pellerin ce lundi, une étude européenne met en lumière la frilosité des Européens à l’égard de la création d’entreprise.

La création d’entreprise n’a pas le vent en poupe. C’est en tout cas ce que met en lumière une étude européenne, alors que les Assises de l’entrepreneuriat viennent d’être lancées lundi par Fleur Pellerin. Selon l’Eurobaromètre “Entrepreneuriat en Europe et au-delà”, publié par Bruxelles le 9 janvier dernier, la proportion des actifs qui souhaitent devenir leur propre patron irait decrescendo. En 2012, la part des Européens désireux d’entreprendre a ainsi perdu 8 points en 3 ans. Cette proportion est passée de 45% en 2009 (contre 49% préférant la situation d’employé) à 37% en 2012 (contre 58%).

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L’Allemagne revigorée par un afflux d’immigrés

Quelque 2,2 millions d’immigrés sont attendus en Allemagne d’ici 2017, d’après le Kiel Institute. Les plus intéressés sont les Grecs, les Espagnols et les Portugais. Une aubaine pour l’Allemagne.

Les tenaces clichés la dépeignent comme une terre austère et peu attractive. Mais les jeunes Européens frappés par la crise ont trouvé en Allemagne leur eldorado, pour échapper au marasme. Une vague d’immigration sans précédent depuis plusieurs décennies revigore une population allemande en déclin. Selon une nouvelle étude, quelque 2,2 millions d’immigrés issus des pays du sud de l’Europe devraient s’installer outre-Rhin d’ici à 2017.

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Le boom du marché secondaire des hedge funds se poursuit

par Myret Zaki

Les fonds alternatifs peuvent, depuis la crise de 2008, revendre leurs parts à la liquidité restreinte. Explications.

Quatre ans après la crise qui l’a fait naître, le marché secondaire des hedge funds continue d’avoir du succès. «Au moment de la faillite de Lehman Brothers, il y avait 200 milliards de dollars pris dans des sidepockets, et en face de tous ces vendeurs il n’existait pas de marché», explique Florian de Sigy, fondateur de Gamma Finance à Londres. En d’autres termes, les gérants de hedge funds ne trouvaient pas facilement d’acheteurs pour ces parts détenues par des investisseurs souhaitant les vendre, et suspendues dans des poches séparées du reste du fonds. «Pour éviter de vendre au pire moment, les managers avaient activé les gates (gels des remboursements, ndlr), stoppant les rédemptions de parts pour protéger leurs fonds.»

Florian de Sigy, Parisien, avait auparavant travaillé chez Deutsche Bank où il s’était spécialisé dans les produits structurés sur actions et les dérivés sur hedge funds. En 2009, identifiant le potentiel pour la revente de parts de hedge funds, il a cofondé Gamma Finance. «Nous avions identifié 2 milliards de dollars de demande, soit une quinzaine de gros acheteurs, pour une offre de 3 milliards», explique-t-il. La boutique londonienne emploie aujourd’hui sept spécialistes. La crise a en effet agi comme un révélateur par rapport à une faiblesse structurelle du monde des hedge funds: il n’existait pas, jusque-là, de marché secondaire pour écouler des parts de hedge funds à la liquidité restreinte, avec une décote liée à leur risque. Seul existait avant la crise un marché secondaire pour les fonds fermés qui avaient beaucoup de succès, et dont on s’échangeait les parts à des primes. C’était un marché d’acheteurs. Mais il n’existait pas de marché de vendeurs, sorte de marché d’occasion permettant aux investisseurs bloqués dans leur placement et cherchant à en sortir, même au rabais, de rencontrer des acheteurs intéressés d’acquérir ces parts. «Dans le private equity, il y a toujours eu un marché secondaire, explique Florian de Sigy. Alors pourquoi n’y en avait-il pas dans le monde des hedge funds?» C’est ainsi que ce nouveau marché, qui permet à des investisseurs de vendre leurs parts directement sans attendre les remboursements de cash de leur hedge funds, a pris son essor.

Un potentiel de 3 à 5 milliards de transactions par an

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Espagne : Les banques prêtes à tout pour vendre leur stock immobilier

Jeu de clés en main, l’agent immobilier d’une banque fait visiter les appartements d’un complexe résidentiel de luxe sur la Costa del Sol espagnole mais, même en accordant des rabais de jusqu’à 60%, la moitié des logements restent désespérément vides.

Des appartements non finis à Malaga, le 30 août 2012

L’histoire est désormais classique dans ce pays en crise : le Mirador de Benalmadena, près de Malaga (sud), formé de plus de cent appartements, est tombé il y a un an aux mains de la caisse d’épargne Cajamar, qui l’a saisi pour solder la dette d’un promoteur ne pouvant plus payer.

Avec nous, le prix (des logements) a énormément chuté par rapport à ce que demandait le promoteur“, assure Joaquin Luque, gestionnaire des actifs immobiliers de la banque, en longeant une gigantesque piscine bordée de jardins et faisant face à la mer, mais dans laquelle personne ne se baigne.

Un appartement de deux chambres, qui coûtait avant 400.000 euros, est désormais proposé à 250.000 et, sur ce prix, “nous avons fait des remises de jusqu’à 30%“, raconte-t-il : “si des visiteurs viennent et font une offre, nous l’étudions“.

Comme Cajamar, la grande majorité des banques espagnoles se retrouvent, depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, avec un stock de logements et de terrains qui sont devenus pour eux un véritable boulet alors que les prix sur le marché sont en chute libre.

Pour s’en débarrasser, une seule solution : lancer des campagnes de vente à des tarifs très agressifs.

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Plus de 7 % des actifs américains sous le seuil de pauvreté en 2010

La part de la population active vivant sous le seuil de pauvreté a atteint 7,2 % en 2010 aux Etats-Unis. Un chiffre sans précédent.

"Travailleurs en souffrance - Ce n'est pas notre faute"

La part de la population active vivant sous le seuil de pauvreté a atteint 7,2 % en 2010 aux Etats-Unis, où ce chiffre est sans précédent, a fait savoir vendredi le bureau des statistiques du département du Travail. La proportion est de 7,6 % chez les femmes et de 6,7 % chez les hommes. En 2009, elle était globalement de 7 %.

Le niveau d’éducation joue un rôle très important en terme de répartition : 21,4 % des actifs sans diplôme universitaire sont sous le seuil de pauvreté alors que 2,1 % seulement sont dans ce cas parmi les diplômés. Chez les demandeurs d’emploi, la proportion atteint 35,1 %.

En 2010, le seuil de pauvreté était fixé à 10.830 dollars pour une personne seule et à 22.050 dollars pour une famille de quatre personnes. La population qui vit sous ce seuil est recensée depuis 1987. La proportion était alors de 5,5 %. Elle est tombée sous les 5 % en 1999.

La Tribune

Placements refuges

On aurait pu aussi parler du vin, de la terre agricole, des forêts…d’un pied à terre dans Kensington ou d’un duplex à Dubaï. On s’est ici contenté de décliner les grands classiques. L’imagination est au pouvoir lorsqu’il s’agit de rassurer les détenteurs d’actifs. Que faire quand tout dégringole? Quand un tsunami financier déferle? Il faut trouver un ou des refuges et si possible des PRPE.

Il faut creuser un peu si on veut trouver un PRPE sans faille. Si on lit bien la littérature consacrée aux PRPE, on trouve un véritable bazar. Les montres, par exemple ! On lisait dans un blog que de nouveaux acheteurs âgés de moins de 30 ans avaient, en 2009, investi en moyenne 3.000 euros dans des montres acier  sur le thème « mieux vaut avoir une montre à son poignet que de l’argent sur son compte en banque ». Et de chanter les louanges des montres sophistiquées, prouesses technologiques qui vaudront pour les siècles à venir. Le même blog, notait, en toute honnêteté que, parfois, les prix des belles montres peuvent se casser la figure. Comme l’or, finalement. Alors, quoi ?… Les meubles anciens ? Les beaux, s’entend ! Ceux-là on est sûr qu’ils ne seront pas édités par milliers comme le célèbre fauteuil club de Charles Eames. Malheureusement, ce sont de beaux objets bien fragiles, comme les belles montres. Il y a le diamant. C’est solide le diamant ! Et puis, c’est comme l’or. La demande ne cesse de grimper. Comme l’or, quand tout le monde panique, quand la révolution menace, le diamant a toute sa place. Tiendrait-on ici un PRPE, portable et incassable ? A condition de s’en débarrasser dés que les premiers signes d’apaisement se manifestent, car, la paix et la tranquillité revenues, il dégringole. Il y a le franc suisse à condition de prendre le risque sur les banques suisses ! Il y a aussi le dollar quand les chinois veulent bien. Et les obligations du trésor allemand. Ça ne rapporte rien, on paye même pour en avoir, mais au moins, on sait à qui on prête ! (c’est-à-dire à des gens déjà très endettés !)

N’a-t-on pas ici oublié quelque chose ? L’immobilier parbleu ! C’est le placement refuge des placements refuge. C’est un PRPE ! Lui aussi, comme l’or, comme les diamants est contracyclique. On lit souvent que les valeurs immobilières montent quand la bourse descend. Sauf aux Etats-Unis où ils auraient tendance à s’effondrer en même temps ; sauf au Japon où l’immobilier n’est jamais remonté ; sauf en France où, pendant 50 ans,  il a traîné lamentablement. Pourtant,  « les Français plébiscitent » l’immobilier (ils plébiscitaient aussi le Général Boulanger !). C’est solide et ça pourrait rapporter. Comme l’or et les diamants, on en a toujours besoin. Il peut prendre la forme de pierre-papier, mais aussi de studios à Megève, d’appartements dans le Marais, de lois Malraux à Bordeaux, de villas en Toscane. Sauf que l’immobilier en France serait au sommet d’une bulle ! Une bulle qui péterait ? Des prix immobiliers qui baisseraient ? Si c’est une plaisanterie, Monsieur, elle est sinistre ! Pourtant, il n’y a pas 20 ans les prix de l’immobilier s’effondraient, en France, Paris et province confondus.

Les Echos

Agences de notation : Markus Krall contre les trois géants

Briser le monopole de Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch sur la notation financière : l’UE en rêve, mais c’est un consultant allemand qui tente de le faire en créant une agence de notation européenne.

Caricature anglaise

Markus Krall, 49 ans, est le dernier espoir de l’Europe. Il le sait : le Vieux Continent a besoin de sa réussite. Depuis quelques semaines, l’analyste du cabinet de conseil Roland Berger sillonne l’Europe en avion. Tous les jours, ou presque, il rend visite à une banque, à une compagnie d’assurance ou à un fonds d’investissement. Tous les jours, ou presque, il s’entretient avec un chef d’entreprise, présente son projet et distribue des kilos de documents.C’est qu’il y a beaucoup à faire. A expliquer. Au total, une soixantaine d’entrevues ont été organisées – Markus Krall espère repartir avec une trentaine de signatures, d’une valeur moyenne de 10 millions d’euros. Réunir 300 millions d’euros, telle est sa mission. Trois cents millions d’euros destinés à monter de toutes pièces une agence de notation européenne. Beaucoup s’y sont cassé les dents ces vingt dernières années.

L’entreprise de Markus Krall est sans doute la dernière chance pour l’Europe de s’opposer aux trois agences anglo-saxonnes qui dominent le marché mondial de la note de crédit : Standard & Poor’s Ratings Services (S&P), Moody’s Investors Service et Fitch Ratings. Les “Big Three“, comme on les appelle.

Combat inégal Lire la suite

Re-made in USA : Les multinationales américaines réévaluent leur course à la délocalisation

La publication par General Motors d’un résultat record de 9,2 milliards de dollars arrive à point nommé dans la course à la présidentielle pour Barack Obama. Le renflouement massif par le Trésor américain ressort comme le meilleur actif de son bilan économique, l’encourageant à faire du “re-made in America” l’un des axes majeurs de sa campagne. Esbroufe politicienne en période d’élection ou reconquête en perspective d’une compétitivité industrielle un temps perdue ? Cette possibilité d’une relocalisation d’emplois de Chine vers les Etats-Unis, qui n’est plus aussi inenvisageable, laisse perplexe.

Marqueur politique

Ce qui s’est produit à Detroit peut être décliné dans d’autres industries [...]. Aujourd’hui il devient plus coûteux de produire dans certains pays comme la Chine.” Par ce discours, le Président américain coupe l’herbe sous le pied de ceux qui fustigent son bilan économique. Alors que 51 % des Américains désapprouvent encore sa gestion de l’économie et 59 % sa gestion du budget et du déficit selon les enquêtes récentes, ce thème offensif et tourné vers l’avenir lui permet de se réconcilier avec le “Corporate America”, rappelant au passage le recul du chômage depuis 5 mois consécutifs.

L’habileté n’a pas échappé aux politiques français, ils jouent des coudes pour s’approprier en pleine campagne le marqueur “made in France”, plus vendeur que celui de la réduction de dette. Cependant, “avant de rechercher la réduction des coûts, les industriels sont guidés par le marché. Ils doivent donc être présents sur le territoire chinois dans les années à venir”, réfute Pascal Colombani, senior advisor chez ATKearney. L’industrie américaine a d’ailleurs perdu des parts de marché dans presque tous les secteurs : aérospatiale et défense, technologies de l’information, équipements de télécommunications, automobile… hormis les services financiers. Alors que les 20 premières multinationales américaines détenaient 33 % de leurs actifs à l’étranger en 1990, cette part est montée à 58 % aujourd’hui. Le pari du 44e Président semble donc osé mais le dernier numéro de la Harvard Business Revue (1) démontre qu’il ne manie pas seulement le marketing politique. La revue décrète la fin de la vogue de l’“outsourcing” et la réévaluation par les multinationales de leur course à la délocalisation.

Perte de compétitivité chinoise

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Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

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Le seigneuriage

Le seigneuriage, lié au pouvoir de création monétaire, était une importante source de profit. Revenant au « Seigneur », c’est-à-dire à la puissance publique, les bénéfices liés à la création de monnaie se sont progressivement déplacés vers la sphère privée. Sur le plan international, les profits du seigneuriage sont un enjeu d’importance, qu’ils soient directs ou indirects.

Le jour où une puissance publique a réussi à faire accepter que le chiffre apposé par ses soins, exclusivement, sur un bout de métal, pouvait avoir plus de valeur que le métal lui-même, la monnaie est née et le seigneuriage avec.

Quand le Roi de Lydie inventa la monnaie…

La monnaie, et donc le seigneuriage, serait l’invention des rois de la Lydie, terre grecque d’Asie Mineure irriguée par le célèbre fleuve Pactole. La frappe de monnaie, c’est-à-dire le droit d’apposer sur une pièce une valeur nominale supérieure à son coût de fabrication, réservait un bénéfice à celui qui détenait le pouvoir de battre monnaie : le seigneuriage. Le profit était plus ou moins important selon son pouvoir de persuasion, c’est-à-dire de coercition ! Le gain était d’autant plus important que le monnayage était d’or ou d’argent. Le seigneuriage existait aussi  pour les monnaies de bronze et de fer. Il était moins lucratif.

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Saisies immobilières et SDF aux USA

La descente aux enfers des USA se poursuit. Le 29 décembre 2010, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques aux USA, a publié son rapport sur la situation des crédits immobiliers au troisième trimestre 2010.

Ce rapport concerne 33,3 millions de prêts immobiliers (non commerciaux) totalisant 5.907 milliards de dollars. Il nous éclaire en particulier sur les saisies immobilières et, contrairement à ce que l’on martèle quotidiennement, la situation économique s’aggrave de jour en jour, dans une Amérique qui sombre dans le chaos.

Village de tentes à Sacramento (Californie), en 2009

Les procédures de saisies immobilières ont ainsi progressé de 4,5 % depuis le début de l’année 2010, passant de 1.149.461 à 1.201.622 (page 9/65 du rapport) et les saisies effectives ont explosé, avec 57,5% d’augmentation par rapport à 2009 (page 42/65 et 45/65 du rapport).

Le cap des 13.000 procédures de saisies par jour a été franchi !

Plus grave encore, les catégories les moins risquées de ces prêts (prime) sont sévèrement touchées avec 67,7% d’augmentation par rapport à 2009 (page 45/65).

Heureusement que la crise est terminée !

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Une paupérisation qui menace la démocratie

Par Louis Chauvel

Le logement est le lieu d’observation idéal d’un phénomène plus général. Les jeunes seniors aisés habitent les centres-villes, où sont les emplois et les médecins, quand les jeunes actifs doivent se loger toujours plus loin, disposer de plusieurs automobiles (d’occasion), assurances, pleins d’essence, pour trianguler maison, école et travail. Prise dans le ciseau des salaires et du logement, leur capacité à élever leurs enfants est mise en défaut, alors que les associations familiales sont visiblement devenues des organisations d’aïeux.

Il en résulte une multiplication des jeunesses avec la prolongation de la crise : à la première jeunesse aux études (celle qui a un peu manifesté sa solidarité avec les retraités), succède la deuxième, entre l’âge de 23 et 28 ans, dans la transition douloureuse vers l’emploi, la précarité ou le chômage.

Une troisième jeunesse se structure, qui se prolonge souvent bien au-delà de 30 ans, faite du constat que le travail ne permet plus de se loger décemment sans le soutien patrimonial de parents riches et généreux (ou morts). Éloignée des centres de décision, cette « tiers-jeunesse » voit son revenu grevé en loyers ou remboursements, son temps libéré évaporé dans les transports et les loisirs pauvres.

Ces jeunes, de moins en moins jeunes, découvrent, à 40 ans, que, si nous sommes jeunes de plus en plus vieux, ils sont vieux de plus en plus jeunes, ce que leur DRH (direction des ressources humaines) sait rappeler à temps.

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Monnaie, recherche désespérement souverain sérieux

Par Jean-Claude Werrebrouck

Les images du bateau, et des passagers clandestins, évoquées dans « l’euro : sursaut ou implosion » se voulaient révélatrices de la réalité de la monnaie unique. Les passagers clandestins étaient les Etats eux-mêmes, et des Etats – puisque passagers clandestins – peu soucieux d’une stratégie de coopération.

Le bateau était lui-même le symbole de la monnaie, et une monnaie sans autre pilote qu’un fonctionnaire indépendant, voire en état d’apesanteur, et surtout dépourvu de gouvernail : la banque centrale est en effet indépendante et son rôle n’est que de maintenir le navire à flot, et ce, sans même lui assigner une direction.

Jadis, le pilote était l’Etat lui-même, et les passagers avaient le statut d’usagers d’un service monétaire largement soumis au caprice du prince. Bref la monnaie avait un maître, et il est vrai, souvent autoritaire, et peu scrupuleux, appelé souverain.

En sorte qu’il était exact que « battre monnaie était un attribut de la souveraineté ». Et souvent avec la violence du souverain : seigneuriage, dilution, assignats, « banqueroute des deux-tiers », inflation, etc. (cf. : « la crise : scénario pour 2010 »)

Le fonctionnement des marchés politiques en Europe, et leur histoire, devait pourtant aboutir à une « grande transformation » à la Polanyi : puisque « l’extériorité » qui tient les hommes ensemble peut devenir le marché, lequel rend faussement et magiquement obsolète l’Etat, alors il est possible d’engendrer une monnaie sans Etat et donc sans souverain : l’Euro était né.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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Les 50 plus grosses banques mondiales et leur solidité

Tiré d’un site américain, ce graphique par pays (certes déjà ancien – mars 2009, a priori – et comportant par ailleurs quelques inexactitudes et lacunes, mais peu importe, son intérêt n’en est pas amoindri) prétend renseigner :

  • sur le classement mondial des grandes banques, par ordre de taille,

  • sur les actifs qu’elles gèrent (essentiellement, les crédits accordés à ses clients – « bn” signifiant « billions“, c’est-à-dire milliards, en dollars bien sûr),

  • sur leur capitalisation boursière quand elle existe (dans ce cas, le cercle noir correspond, en gros, à que vaut vraiment la banque sur le marché, à ce qu’elle peut offrir en garantie ou en paiement, lui appartenant en propre, notamment pour faire face à l’hypothèse d’une panique des déposants),

  • et enfin, sur le pourcentage de leurs pertes en capital sur le marché, pendant les douze derniers mois.
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

A notre humble avis, même à supposer que les bilans officiels soient fiables, la solvabilité des banques est une chose très relative…

Source du graphique : The big picture (Barry Ritholtz), USA