Après la Chine, le Japon vole à son tour au secours de l’Europe endettée

Après la Chine, le Japon a promis à son tour d’acheter des obligations européennes pour aider à stabiliser la zone euro fragilisée par la crise de la dette de plusieurs de ses pays membres.

« Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion » des obligations que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’apprête à émettre, a annoncé mardi le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer « la crédibilité » des titres européens.

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Pourquoi la Chine joue au sauveur de la zone euro

Le gouvernement chinois a confirmé jeudi qu’il pourrait acheter des obligations émises par les Etats en difficulté de la zone euro. Décryptage d’un geste plus politique que financier.

Er Lang Shen, héros mythologique chinois, grand chasseur de démons

Pékin, grand sauveur de la zone euro ? « Nous sommes prêts à aider les pays de la zone euro à surmonter la crise financière et à réussir leur reprise économique », a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères. « A l’avenir, l’Europe sera un de nos principaux marchés pour investir nos réserves de change ».

Il faut dire que la Chine en a les moyens : ses réserves de change, qui s’élèvent à 2.648 milliards de dollars, sont les premières mondiales. Si elle place traditionnellement la majorité de son excédent en dollars, elle cherche de plus en plus à diversifier son portefeuille afin de s’assurer contre une chute du billet vert. 26% de ses réserves seraient ainsi déjà en euros, selon Bei Xu, économiste à Natixis.

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L’Europe victime du protectionnisme mondial ?

223 mesures de restriction des échanges sont actuellement appliquées par les principaux partenaires commerciaux des pays de l’UE. Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire et l’automobile.

La Commission européenne a exhorté lundi 25 octobre ses partenaires commerciaux à lever leurs barrières protectionnistes afin de ne pas pénaliser la reprise mondiale, en présentant un rapport sur ce sujet à l’approche du sommet du G-20 de Séoul.

« La reprise économique étant encore fragile, les grandes économies mondiales doivent lever les mesures de restriction des échanges qui entravent la croissance. Nous devons supprimer ces obstacles, afin que l’économie mondiale se redresse », a estimé le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, cité dans un communiqué. « Le G-20 devra endosser un rôle de chef de file sur cette question lors du sommet de Séoul » les 11 et 12 novembre, a-t-il ajouté.

Selon un rapport de la Commission publié lundi, les principaux partenaires de l’UE ont mis en place 332 mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise financière en 2008. La Commission en dénombrait une centaine de moins (223) à l’automne dernier.

Sur la seule période comprise entre mai et septembre 2010, 66 nouvelles mesures ont été introduites, en dépit de la reprise économique dans de nombreux pays, souligne-t-elle. Par ailleurs, à peine 10% des mesures protectionnistes (37) mises en place depuis l’automne 2008 ont été supprimées, contrairement aux engagements pris par le G-20, le forum des vingt principaux pays développés et émergents de la planète, regrette-t-elle.

Les mesures prises en compte vont des interdictions d’importation à l’augmentation des droits de douane ou aux politiques incitant à acheter des produits nationaux. Elles proviennent essentiellement de Russie (60) et d’Argentine (62), suivies par l’Indonésie (34), les Etats-Unis (23) et la Chine (20). Par ailleurs, l’exécutif européen se dit toujours préoccupé par la politique d’incitation à l’achat de produits nationaux, avec de nouvelles mesures prises par le Brésil.

Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire (54 mesures), l’automobile (42), l’acier et autres métaux (39), les services (35) et le textile et l’habillement (35). Le rapport de la Commission porte sur 30 partenaires commerciaux de l’UE, sur la période allant d’octobre 2008 à septembre 2010.

L’Expansion

L’Euro : implosion ou sursaut ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose donc d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

En lançant l’idée de monnaie unique, les entrepreneurs politiques européens sont passés de la haute couture au prêt à porter.

Les monnaies nationales étaient, jadis, le reflet du vécu d’un peuple et d’une culture. L’histoire de ces monnaies, avec leurs hauts et leurs bas, avec les variations de leurs qualités : niveau de convertibilité, espace de circulation, taux de l’intérêt, taux de change, inflation, etc., était aussi l’histoire de leur peuple utilisateur. Le DM [Deutsche Mark] correspondait bien à l’histoire tumultueuse allemande. Le Franc correspondait bien à l’histoire toute aussi tumultueuse de la France, etc. Bref, la monnaie nationale était le vêtement haute couture d’un peuple ou d’une nation.

Haute couture et prêt à porter

Le passage à l’Euro devait changer la donne, puisqu’il s’agira de construire un vêtement acceptable par des peuples et nations fort dissemblables : désormais, le « grand mince » se devra de porter le même vêtement que le « petit un peu rond ». La haute couture disparaît.

C’est cette question fondamentale du vêtement commun qui va envahir la littérature économique, sous la rubrique thématique de « zone monétaire optimale ». Et il est vrai que les différences entre le « grand mince » et le « petit un peu rond », s’énoncent en termes de régimes démographiques, de niveaux de développement, de fiscalité, de dépenses publiques, de structures industrielles, de poids des échanges extérieurs, d’inflation, de gains de productivité, de dépenses de recherche, de systèmes politiques, de caractéristiques culturelles, etc. Et, évidemment, la liste des spécificités n’est pas limitative….Encore plus de différences que celles séparant le « grand mince » du « petit un peu rond ».

Et puisque les entrepreneurs politiques ne disposaient pas d’une zone monétaire optimale lors de l’ouverture du chantier, le pari était que cette optimalité devait plus ou moins s’autoconstruire, autoconstruction résultant des bienfaits évidents de la monnaie unique. Avec le premier d’entre eux : une accélération de la croissance économique de la zone.

Mais comment courir plus vite, avec un vêtement qui comprime le corps et les membres du « grand mince », et fait trébucher le « petit un peu rond » ?

La suite est davantage connue : croissance durablement plus faible que partout dans le monde et, surtout, maintien, mais davantage encore, aggravation, de la plupart des hétérogénéités.
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Dmitry Orlov : “Définanciarisation, Démondialisation, Relocalisation”

Traduction d’une conférence donnée par Dmitry Orlov à Dublin, le 11 juin 2009 (N.B. : au regard de l’intérêt du sujet, nous estimons que les imperfections et coquilles de la traduction française sont d’une importance très secondaire. A quelques exceptions près, nous avons jugé superflu de les corriger. – Fortune).

1. Bonjour. Le titre de cet exposé est un peu long, mais ce que je veux dire peut se résumer en termes simples : on doit tous se préparer à une vie sans beaucoup d’argent, où les produits importés sont rares et où les gens doivent subvenir à leurs propres besoins et ceux de leurs voisins immédiats.

Je prendrai pour point de départ l’évolution de l’effondrement de l’économie mondiale, et vais discuter de ce qui pourrait survenir.

Cela a commencé avec l’effondrement des marchés financiers l’an dernier, et il en résulte maintenant une diminution du volume du commerce international sans précédent. Ces évolutions ont aussi commencé à affecter la stabilité politique des différents pays à travers le monde. Quelques gouvernements se sont déjà effondrés, d’autres suivent peut-être le même chemin, et il ne faudra plus attendre longtemps avant que nos cartes soient redessinées radicalement. Lire la suite

L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

- Vite ! Donnez-moi le liquide !

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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L’horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat

Par Jacques Sapir

Telle qu’elle se dessine aujourd’hui, l’élection présidentielle de 2012 risque d’être marquée par un trop-plein de candidats compensé par une pénurie de programmes. Pourtant, nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenables ».

Cette situation appelle des réponses radicales, et qui pourtant sont de bon sens. Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste. Il convient donc de laisser le choc des ego aux magazines people et apparentés. Non que l’on sous-estime la question des personnalités. Elle a sa place dans la définition de ce que devrait être un candidat idéal. Mais elle passe après la question du programme. De cette question, nous avons à peu près un an pour en discuter.

I. De « l’inévitable » et pourtant fort contestable austérité.

De toute part, on nous présente l’austérité comme un choix inévitable. L’argument du déficit budgétaire, qui nous a déjà été servi ad nauseam, sert bien évidemment de prétexte. Alors même que la démographie connaît en France un redressement notable, on veut aussi tailler dans les retraites. Enfin, la précarisation du travail, dans le secteur privé comme dans le secteur public, est plus que jamais à l’ordre du jour. Tous ces choix nous sont présentés comme le produit d’évolutions inéluctables. Pourtant, ils sont tous extrêmement contestables.

Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas, même dans les rêves les plus fous de Mme Lagarde, une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

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Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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Qui veut acheter les Etats-Unis ?

Ou plutôt : “qui le veut ENCORE” ? C’est la question que pose l’économiste suisse Michel Santi.

Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages américains – échaudés par la crise et donc, en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant, de manière décisive, à maintenir les rendements sous pression.

Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée, l’an dernier, championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres), puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période, alors que les investisseurs étrangers, eux, ont, pour solde, écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

L’hyperactivité de la banque centrale américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la trésorerie américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US, qui s’est montré extrêmement friand, vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus, aujourd’hui, à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA !

Certes, les Etats-Unis – et avec eux le reste du monde – doivent-ils à ces baisses de taux quantitatives – et donc, en partie, aux ménages américains – d’avoir pu maintenir leurs taux proches du zéro et d’être, ainsi, en mesure d’injecter force liquidités dans leur système financier au bord de la banqueroute. Pour autant, ces ménages – et ce consommateur – US, représentent pour Wall Street une proie facile à convaincre – et à plumer -, dans une conjoncture où la trésorerie américaine éprouve une peine dramatique et sans précédent à écouler ses bons en direction de son marché traditionnel, à savoir à l’étranger.

Il est effectivement de notoriété publique que c’est l’appétit de l’investisseur non américain – privé, institutionnel et gouvernemental – qui a autorisé la trésorerie US à procéder, ces vingt dernières années, à des levées massives de fonds, ayant financé tout à la fois le train de vie du Gouvernement (guerres comprises), la consommation caricaturale du citoyen moyen et, au passage, quelques bonnes bulles spéculatives… Les autorités américaines ont néanmoins trouvé, aujourd’hui, une parade bien pratique pour contourner cette volte-face des investisseurs étrangers.
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