La Chine ne manque pas seulement de matières premières, mais aussi de terres arables

On estime à 9 % la part de la Chine dans le total des terres arables du monde. Avec quoi elle doit nourrir 20% de la population mondiale.

Vue aérienne de l’urbanisation près de Pékin

Le total des terres arables de la Chine est à peine supérieur à 120 millions d’hectares, qui est, pour les autorités chinoises, une ligne rouge à ne pas franchir. C’est ce niveau qu’elles considèrent comme la surface minimale pour subvenir aux besoins alimentaires des Chinois.

Le gouvernement chinois vient d’annoncer la mise en valeur de plus 50 millions d’hectares supplémentaires d’ici à 2020. C’est une des voies praticables pour résoudre le problème de la pénurie des terres arables.

Une autre voie, c’est un contrôle plus rigoureux de l’urbanisation.

Depuis la fin des années 1940, 600 villes sont sorties de terre, dont 90 comptent aujourd’hui plus d’un million d’habitants. L’urbanisation du pays est une tendance irrépressible. En Chine comme partout ailleurs dans le monde et en tout temps, elle accompagne le développement économique. Mais par sa puissance, le marché immobilier a souvent procédé au détriment de l’agriculture en construisant sur des terres cultivables. Et l’urbanisation progresse le plus vite dans l’est du pays, là où précisément se trouvent ces terres.

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Consommer en temps de crise

Low cost, achats d’occasion ou groupés, location, troc… 
Les consommateurs développent de nouvelles stratégies auxquelles 
les industriels cherchent à s’adapter. Ce faisant, une modification
 durable des modes de consommation s’opère.

Baisse du pouvoir d’achat, crainte du chômage, incertitudes quant à l’avenir… Les Français n’ont d’autre choix que de s’adapter. Différentes « solutions » s’offrent – ou s’imposent – à eux : consommer moins, moins cher, « mettre la main à la pâte » ou encore partager.

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La faillite de la Grèce désormais officielle

Nouriel Roubini persiste et signe. Après avoir mis en garde la France sur le dérapage de ses finances publiques le mois dernier, le célèbre économiste a récidivé dans une interview accordée au Monde : « Un jour, les marchés se réveillent et il est trop tard ». Un constat valable pour toute l’Europe ?

Il y a d’abord eu l’Islande, puis la Grèce et la Hongrie. Et enfin l’Irlande. Malheureusement, le rouleau compresseur n’est pas près de s’arrêter en Europe et l’Espagne est dans la ligne de mire des investisseurs. Ainsi, l’agence Moody’s vient de publier un rapport annonçant que les banques espagnoles sont confrontées à des besoins de recapitalisation de l’ordre de 17 milliards d’euros.

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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L’économie sud-africaine est-elle vraiment dopée par le foot ?

La Coupe du monde de football démarrera le 11 juin dans un pays qui a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2010, après une récession de -1,8% en 2009.

Un effet ballon rond ? Pas si sûr…

Pour le ministre des finances sud-africain, Pravin Gordhan, la chose est entendue : la Coupe du monde de football apportera 0,5 point de croissance à une hausse de PIB qui atteindrait 2,3% en 2010.

Problème, l’effet positif de la Coupe du Monde sur l’activité d’un pays n’est absolument pas avéré.

Une étude menée par Bank of America-Merrill Lynch sur la période 1954-2006, montre que les pays organisateurs ont, en moyenne, enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.

L’Afrique du sud est toutefois assurée de déroger à cette règle. Mais surtout en raison de la crise mondiale qui a plongé le pays dans la récession au dernier trimestre 2008, et ce pour la première fois en 17 ans.

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Les 35 heures : une excuse commode, mais inexacte

Les 35 heures sont un bouc émissaire facile pour expliquer la perte de compétitivité des entreprises et la perte d’emploi industriel en France. Mais en regardant de près les chiffres, on s’aperçoit que les causes de la désindustrialisation sont ailleurs.

Dix ans après être devenues la norme légale en matière de durée du travail (1), les 35 heures ne sont manifestement pas digérées par une partie de l’opinion, qui en fait le symbole, voire la cause, du déclin industriel de notre pays. Ainsi, à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’industrie, le 4 mars dernier à Marignane, le chef de l’Etat les a violemment attaquées, avançant qu’elles auraient « détruit l’appareil industriel français ».

Plus récemment, mi-avril, Edouard Carmignac, patron d’une société de gestion d’actifs particulièrement performante, a publié dans plusieurs journaux de la presse nationale une pleine page de publicité dans laquelle il écrivait notamment : « N’est-il pas pour le moins surréaliste que le chef de file de l’opposition en France, ayant largement remporté la dernière consultation, ait été à l’origine de l’instauration des 35 heures ? » Comprenons : les électeurs sont particulièrement débiles de mettre en tête de leurs votes un parti dirigé par celle qui a démoli l’économie française. Qu’en est-il au juste ?

Emploi industriel : la France dans la moyenne européenne

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Le pouvoir d’achat est contraint, la consommation baisse

L’embellie de mars n’a pas été confirmée. En avril, les dépenses des ménages français en produits manufacturés ont baissé de 1,2 % par rapport au mois précédent, selon les chiffres publiés par l’Insee, mercredi 26 mai.

C’est le fort recul des achats de voitures (- 9,5 %) qui pèse négativement sur l’évolution de ce “poste” dans lequel, outre l’automobile, on trouve le cuir-textile, ou les équipements du logements (meubles, électroménager, électronique de loisirs).

Le problème est que la consommation (au sens large) des ménages est l’un des moteurs de la croissance de l’économie en France : elle représente environ 60 % du Produit intérieur brut (PIB). Qu’elle s’essouffle et la croissance de l’économie s’en ressent. Du coup, cela rend plus qu’incertaines les prévisions du gouvernement pour l’ensemble de l’année 2010, et même au-delà : il table sur une hausse de 1,4 % du PIB cette année, puis de 2,5 % en 2011 et en 2012. Or, le gouvernement table, pour partie, sur la croissance et les recettes qu’elle procure, pour combler le déficit public.

En mars, les dépenses en produits manufacturés avaient connu une hausse de 1,6 %. Mais sur l’ensemble du premier trimestre, elles s’affichaient en baisse de 1,9 %.

Les produits manufacturés constituent un indicateur clé de l’évolution de la consommation globale des ménages français car ils en représentent environ un tiers.

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La BCE menacée, selon l’économiste en chef de la Deutsche Bank

La Banque centrale européenne (BCE) menace de se transformer en «mauvaise banque» («bad bank») en poursuivant ses achats d’obligations de pays de la zone euro à la situation budgétaire critique, estime Thomas Mayer, l’économiste en chef de la Deutsche Bank, dans un entretien publié mardi dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Sur fond de crise de la zone euro, la BCE s’est engagée la semaine dernière à acheter sur le marché des obligations des pays les plus endettés, et qui se refinancent difficilement sur les marchés. Pour neutraliser l’effet potentiellement inflationniste de cette mesure, la banque va éponger des liquidités sur le marché.

«Le marché craint que la BCE ne soit utilisée comme bassin de décantation et que son bilan ne se détériore, selon M. Mayer, car certains des États dont la BCE achète actuellement des obligations peuvent faire faillite, malgré le soutien qu’on leur apporte.»

L’expression “bad bank” désigne les structures de défaisance créées par les banques pour y transférer leurs actifs toxiques ou non stratégiques.

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La Chine surestime-t-elle dangereusement sa puissance ?

Par Ambrose Evans-Pritchard

La Chine a succombé à l’hybris. Elle a confondu la diplomatie soft de Barack Obama avec de la faiblesse, la crise du crédit américaine avec un déclin, et sa bulle mercantiliste avec une montée en puissance. Il y a là comme un écho des querelles anglo-allemandes avant la Première Guerre mondiale, lorsque Berlin avait terriblement mal évalué l’équilibre stratégique des puissances et surjoué ses atouts.

Dans moins d’un mois, le Trésor américain doit statuer sur le fait que la Chine « manipule » sa devise, ce qui, en vertu de la loi américaine, entrainerait des sanctions. Précédemment, Washington avait fait l’impasse, mais nous sommes désormais dans un monde différent, lorsque le taux de chômage U6 atteint 16,8%. [L’indicateur U6 prend en compte le chômage, le sous-emploi et les travailleurs découragés de rechercher un emploi - NDT]

« Il leur sera vraiment difficile d’éluder à nouveau le fait évident que la Chine manipule [sa devise]. Sans une menace crédible, nous n’arriverons à rien », juge l’économiste Paul Krugman, lauréat du prix Nobel.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao reste intraitable.

« Je ne pense pas que le yuan soit sous-évalué. Nous nous opposons à ce que les nations se pointent du doigt les unes les autres, ou même forcent un pays à apprécier sa monnaie », a-t-il déclaré hier [le 13 mars 2010]. Une fois encore, il a exigé que les Etats-Unis prennent des « mesures concrètes pour rassurer les investisseurs » sur la stabilité des actifs américains.

« Certains disent que la Chine est devenue plus arrogante et dure. Certains mettent en avant la théorie d’un soi-disant triomphalisme chinois. Ma conscience reste sereine, malgré les calomnies de l’extérieur », a-t-il affirmé.

Quelques jours auparavant, le Conseil d’Etat avait accusé l’Amérique de turpitudes en série : « aux Etats-Unis, les droits civiques et politiques des citoyens sont sévèrement restreints et violés par le gouvernement. Les droits des travailleurs sont gravement enfreints, ».

« Les Etats-Unis, par leur forte puissance militaire, ont exercé une hégémonie sur le monde, foulant aux pieds la souveraineté des autres pays et violant leurs droits de l’homme. »

« À une époque où dans le monde les droits de l’homme souffrent d’une grave catastrophe provoquée par la crise financière mondiale induite par la crise américaine des subprimes, le gouvernement américain se réjouit d’accuser d’autres pays. » Et ainsi de suite.

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Les indicateurs conjoncturels français virent au rouge

Baisse inattendue du moral des ménages, remontée du chômage et regain de tension sur les prix laissent augurer d’une rechute de la croissance française au premier trimestre, après une embellie, fin 2009, qui détonnait au sein de la zone euro.


Le redressement de l’opinion des ménages sur la situation économique, amorcé en octobre 2008, a connu un coup d’arrêt en février.

L’indicateur résumé de l’opinion des ménages a reculé de trois points en février, revenant à -33 et retrouvant ses niveaux de l’automne 2009, selon les données publiées jeudi par l’Insee.

Vingt économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une poursuite de l’amélioration du moral des ménages et prévoyaient en moyenne un indicateur résumé à -28.

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“L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi”

Trouvée sur le site du Monde, cette étude d’une alternative… à la crise de l’immobilier ?

Affiche du réseau Habitat Groupé (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Laure Teulières, 40 ans, n’a jamais eu de “rêve pavillonnaire”. L’habitat idéal pour cette historienne, maître de conférences à l’université de Toulouse II-Le Mirail, rime plutôt avec “écologie, solidarité, mixité sociale et générationnelle”.

Depuis 2007, avec une vingtaine de familles toulousaines, elle travaille à deux projets d’habitat groupé coopératif. Le petit groupe, qui s’est constitué en association, La Jeune Pousse, comprend des chômeurs, un ingénieur, un artisan chauffagiste, une assistante sociale, des retraités… tous unis par le même désir de vivre dans des habitations écologiques gérées collectivement. Chacun y aura son appartement mais les familles se partageront des parties communes (buanderies, atelier, salle polyvalente et chambres pour y recevoir les hôtes de passage…).

Depuis trois ans, des dizaines de collectifs comme La Jeune Pousse se sont créés autour de projets d’habitat groupé. Derrière ce terme se cachent des formules diverses qui vont de la bande de copains, prêts à partager quelques espaces communs, à des projets plus ambitieux autour de familles réunies dans une coopérative d’habitants. Une centaine de projets seraient en cours dans toute la France. Lire la suite