Caméras embarquées : Roulez, vous êtes filmés

Des caméras envahissent les voitures françaises. Les dashcams (contraction de l’anglais dashboard camera, caméra sur tableau de bord) sont embarquées et tournent en permanence quand le véhicule roule.

Leurs images peuvent servir de preuve en cas d’accident ou immortaliser les événements extraordinaires qui se produisent à portée de pare-brise. Des vidéos du crash d’un avion ou d’une météorite dans le ciel de l’Oural ont déjà fait le tour du monde.

Selon l’UFC-Que Choisir, les ventes de ces sortes de boîtes noires de l’automobile ont explosé ces trois dernières années, de 28.000 à 370.000 caméras vendues. On est encore loin des chiffres russes, avec plus de 4,6 millions ces trois dernières années. En Angleterre, des citoyens munis de dashcam traquent les conducteurs en infraction, avant de livrer leurs vidéos à la police.

Des automobilistes ont déjà perdu leur travail à cause de ces justiciers d’un nouveau genre. Un tel scénario est-il possible en France? Ces images peuvent-elles être prises en compte par un juge ? Ne risquent-elles pas, parfois, de se retourner contre leur propriétaire ?

Sécurité routière : Les nouvelles armes anti-chauffards

L’année dernière, 3.388 personnes ont péri dans des accidents de la circulation. La première hausse depuis plus de dix ans. Pour enrayer cette tendance, les policiers ont reçu une consigne du ministère de l’Intérieur: sévir de plus en plus, surtout avec les conducteurs qui ne respectent pas les limitations de vitesse et qui ont trop bu (causes de la moitié des décès).

Reportage avec les gendarmes de l’un des nœuds autoroutiers les plus dangereux d’Europe, situé au sud de Dijon.

Partie 1:

Partie 2:
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L’incroyable détournement du trésor des P-V

Censée retourner au bénéfice des conducteurs et de leur sécurité, la manne des amendes alimente bien d’autres circuits, parfois obscurs.

C’est un joli pavé dans la mare que vient de jeter la Ligue de défense des conducteurs (LDC) avec son enquête, plutôt décapante, sur l’utilisation de l’argent des P-V et autres amendes issu de la répression routière. L’association a mis sur la table des documents parfaitement officiels mais dont la physionomie peu avenante ne permet pas de tirer aisément des conclusions.

Au terme d’un patient travail de décryptage digne de Champollion, les enquêteurs de la LDC ont pourtant débusqué quelques énormités dont l’étrange affectation du produit des amendes n’est pas la moindre surprise.

Dire qu’il y a détournement de fonds au sens géographique du terme n’est pas usurpé. Dans le grand aiguillage des ressources de l’État provenant de la route, il est permis de dire que les usagers sont manifestement spoliés. On le soupçonnait déjà, en voici la confirmation : sur les 1,7 milliard d’euros tirés des 24 millions de contraventions dressées en 2012, bien peu sont revenus en 2013 à des investissements concernant la route et sa sécurité.
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Chine : Près de 5 millions de personnes meurent chaque année de “maladies de civilisation”

Le pays se trouve confronté à de nouveaux défis sanitaires liés à son développement économique et coûtant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
La pollution, l’obésité, le tabagisme et les accidents, en majorité liés à la circulation, tuent plus de 4,7 millions de Chinois chaque année et coûtent des dizaines de milliards de dollars chaque année, selon une étude publiée dans The Lancet.Espérance de vie Le Dr Jeffrey Koplan, de l’Université Emory à Atlanta, et ses collègues relèvent que la Chine a fait “des progrès remarquables dans le contrôle des maladies infectieuses et dans la santé maternelle et infantiles” et réussi à faire passer la durée de vie moyenne des Chinois d’environ 40 ans en 1950 à 76 ans en 2011.

Mais dans le même temps, le pays se trouve confronté à de nouveaux défis sanitaires, liés à son développement économique rapide et à l’adoption par sa population d’un mode vie se rapprochant de celui des pays développés.

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Russie: Les nouvelles arnaques à l’assurance

Le phénomène des tentatives de fraudes à l’assurance est en plein essor. Depuis quelques temps des piétons se jettent littéralement sur les voitures pour faire croire à un accident et ainsi pouvoir toucher des dommages. En regardant cette vidéo on comprend mieux pourquoi une majorité de conducteurs utilisent désormais une caméra embarquée.

(Merci à Philoï)

Nucléaire : La dangereuse imposture

L’information commence à émerger : dans la centrale nucléaire de Fukushima, la piscine du réacteur 4, remplie de centaines de tonnes de combustible très radioactif, perchée à 30 mètres, au-dessus d’un bâtiment en ruine, munie d’un circuit de refroidissement de fortune, menace l’humanité d’une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. Une catastrophe qui s’ajoute à celle de mars 2011 à Fukushima : 3 réacteurs percés qui déversent leur contenu mortel dans l’air, dans l’océan et dans la terre.

Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu’une catastrophe majeure a lieu, personne n’a de solution à proposer. Telle est l’effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l’incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.

Si l’on fait usage de sa raison, il ne reste qu’une seule conclusion : l’incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l’échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le curium).

La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n’ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d’accident grave, c’est-à-dire “hors limite”.
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Santé : Les industriels mettent délibérément en danger les ouvriers

Un chercheur qui refuse la Légion d’honneur, c’est rare. C’est le cas d’Annie Thébaud-Mony, spécialiste des cancers professionnels. Elle alerte depuis trente ans sur l’épidémie de cancers parmi les ouvriers. En vain.

Annie Thébaud-Mony, 68 ans, est directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Fin juillet, elle a refusé la Légion d’honneur que Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, souhaitait lui accorder.

Dans une lettre adressée à la ministre, la chercheuse en santé publique qui s’est spécialisée dans les maladies professionnelles explique que son refus a pour but de dénoncer « l’indifférence » qui touche, selon elle, la santé au travail et l’ « impunité » des « crimes industriels ». Elle nous en dit plus.

Terra eco : On vous a proposé la Légion d’honneur pour couronner votre carrière. Vous l’avez refusée. Pourquoi ?

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Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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La mort du Président polonais : le symbole d’un échec des USA

Par Michel Drac

Lech Kaczynski et George W. Bush en 2007, à l'époque des négociations sur l'implantation du système anti-missiles américain en Pologne (dirigé contre la Russie)

Le président polonais, Lech Kaczynski, vient de décéder dans un accident d’avion, près de Smolensk. Il se rendait à Katyn, où il devait assister, avec Vladimir Poutine et le Premier Ministre polonais Donald Tusk, à la commémoration du 70ème anniversaire du massacre commis par le NKVD en ce lieu.

Pour l’instant, on n’y voit qu’un accident. Demain, sans doute, on cherchera à pointer du doigt la responsabilité de tel ou tel service secret. Pour ma part, j’y vois surtout un symbole.

Lech Kaczynski était un agent américain.

Il est difficile de dire si c’était un agent rémunéré, encadré, cornaqué par la CIA, ou tout simplement un politicien polonais qui, comme n’importe quel politicien dans n’importe quel pays, avait besoin d’appuis extérieurs pour s’imposer en interne.

Mais en tout cas, c’était un agent américain. A ce titre, il avait reçu, c’est évident, un cahier des charges de son employeur et/ou protecteur. Ce cahier des charges n’est pas connu dans les détails, bien sûr, mais ses grandes lignes se laissaient facilement dessiner : il suffisait d’observer les prises de position de Kaczynski pour savoir ce que ses amis étatsuniens attendaient de lui.

Et ce qu’ils attendaient de lui, c’était tout simplement de faire, de la Pologne, un obstacle sur la route qui va de Moscou à Berlin.

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