Au paradis de l’agriculture dopée

Hors Mondial de football, Cuaibá, capitale du Mato Grosso, bat moins de records sportifs qu’agro-industriels, dans un secteur qui déverse des tonnes d’herbicides et de fertilisants sur ses champs.

«Un milliard de litres d’agrotoxiques sont répandus chaque année dans le pays. Ce qui veut dire que chaque Brésilien en ingurgite plus de 5,2 litres. Jusqu’à quand allons-nous l’accepter?» interroge Wanderlei Pignati, lors d’une conférence à l’Université fédérale du Mato Grosso. Médecin de formation, le professeur Pignati a entrepris de vastes recherches durant plusieurs années sur les agrotoxiques (engrais et fertilisants chimiques, pesticides, herbicides, fongicides et acaricides), afin d’en mesurer l’impact sur la santé. Son rapport est dévastateur pour le «grenier» du Brésil : chaque hectare agricole du Mato Grosso est contaminé en moyenne par 25 litres de ces produits chimiques! Une étude de l’Association brésilienne de santé (ABRASCO) révèle quant à elle qu’un tiers des denrées ingérées par les Brésiliens sont infectées, faisant d’eux les plus grands consommateurs mondiaux d’agrotoxiques.

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Hécatombe des abeilles : L’UE “oublie” le rôle des pesticides

La Commission européenne vient de publier un rapport d’étude épidémiologique qui concerne les mortalités de colonies d’abeilles dans 17 États européens, dont la France. Dans ce rapport, un facteur de mortalité a été omis par Bruxelles: les pesticides. Un choix moins scientifique que politique pour Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS.

Des voix se sont empressées de juger les résultats de cette étude, moins mauvais qu’attendu, considérant que certains d’entre eux étaient même encourageants. Pourtant, une lecture attentive du rapport montre que la situation demeure catastrophique pour certains pays et, en particulier, pour la France et la Belgique.

Les taux annuels de mortalité des colonies constatés en France au cours de cette période étaient très importants: de 14,1 % au cours de l’hiver 2012 et 13,6 % au cours du printemps et de l’été suivants. Soit une mortalité de l’ordre de 28 % en moins d’un an (trois trimestres) !

De quoi sont donc mortes ces colonies d’abeilles? A ce stade, le rapport n’apporte pas de réponse et, d’ailleurs, le protocole de cette étude – qui va être poursuivie cette année – ne permettra pas d’obtenir une réponse scientifique définitive. Parce qu’il présente une étrange lacune.
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