La ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens

La Fable des abeilles est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. La signification réelle reste controversée jusqu’à aujourd’hui. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.

La Fable des abeilles, développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme. Mandeville avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.

Les vices des particuliers sont les éléments nécessaires du bien-être et de la grandeur d’une société. L’Angleterre y est comparée à une ruche corrompue mais prospère et qui se plaint pourtant du manque de vertu. Jupiter leur ayant accordé ce qu’ils réclamaient, la conséquence est une perte rapide de prospérité, bien que la ruche nouvellement vertueuse ne s’en préoccupe pas, car le triomphe de la vertu coûte la vie à des milliers d’abeilles.

TEXTE INTÉGRAL:

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Ces zones où les abeilles n’ont plus le droit d’exister

La mortalité des ruches dans plusieurs vallées des Pyrénées a atteint un seuil catastrophique. C’est le cas de l’exploitation apicole de Jacques Loubet, en Ariège, dont l’avenir est largement compromis. En cause selon lui, l’accumulation des produits chimiques qui crée des « zones de non droit à l’existence des abeilles ». Avec d’autres apiculteurs, il demande à ses voisins éleveurs de réfléchir à la pertinence des traitements antiparasitaires de leurs troupeaux et à leurs alternatives. « J’en ai assez de me taire ! Quand arrêterons-nous le suicide collectif ? » Témoignage.

Apiculteur professionnel depuis plus de 25 ans, en Ariège, dans les Pyrénées, je gère avec une jeune collègue 350 ruches en production de miel. Cette année, alors que tout allait bien, après les deux semaines du froid de novembre, j’ai dénombré 330 ruches complètement mortes : abeilles mortes et ou disparues, provisions de miel énormes.

Bien sûr, cette situation avec pertes de ruches n’est pas nouvelle, et s’aggrave depuis quelques années, mais n’avait jamais atteint ce seuil catastrophique.

Les analyses ne donnent aucun résultat, les seuils de détection n’étant pas assez bas ou les molécules incriminées ayant disparu. D’autres collègues subissent le même problème avec plus ou moins de gravité, y compris dans les Pyrénées-Orientales, les Hautes-Pyrénées… et, bizarrement, surtout en zone de montagne dans les vallées proches de l’Espagne.

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Hécatombe des abeilles : L’UE “oublie” le rôle des pesticides

La Commission européenne vient de publier un rapport d’étude épidémiologique qui concerne les mortalités de colonies d’abeilles dans 17 États européens, dont la France. Dans ce rapport, un facteur de mortalité a été omis par Bruxelles: les pesticides. Un choix moins scientifique que politique pour Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS.

Des voix se sont empressées de juger les résultats de cette étude, moins mauvais qu’attendu, considérant que certains d’entre eux étaient même encourageants. Pourtant, une lecture attentive du rapport montre que la situation demeure catastrophique pour certains pays et, en particulier, pour la France et la Belgique.

Les taux annuels de mortalité des colonies constatés en France au cours de cette période étaient très importants: de 14,1 % au cours de l’hiver 2012 et 13,6 % au cours du printemps et de l’été suivants. Soit une mortalité de l’ordre de 28 % en moins d’un an (trois trimestres) !

De quoi sont donc mortes ces colonies d’abeilles? A ce stade, le rapport n’apporte pas de réponse et, d’ailleurs, le protocole de cette étude – qui va être poursuivie cette année – ne permettra pas d’obtenir une réponse scientifique définitive. Parce qu’il présente une étrange lacune.
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Var (83) : Des abeilles-sentinelles pour contrôler la qualité de l’air

Au Revest-les-Eaux (Var), depuis trois ans, on fait appel à des abeilles sentinelles pour contrôler la qualité de l’air et de l’environnement à proximité d’une carrière à ciel ouvert. Il s’agit, par exemple, de surveiller leurs ailes : il ne faut pas qu’elles soient déformées, car cela indiquerait qu’elles sont touchées par un virus.

Elles collectent ce qui va être analysé

Les abeilles-sentinelles sont celles qui sont en contact direct avec l’environnement. “Elles récupèrent de l’eau, du pollen, du nectar et donc elles vont servir de biocollecteurs (…) Elles collectent les éléments qu’il y a dans l’air et nous, ensuite, on va les analyser”, explique Benjamin Poirot, docteur en biochimie, spécialiste des abeilles.

La carrière du Revest-les-Eaux entend devenir un exemple pour montrer que ce type d’exploitations peut être écologique. “Nous avons des retenues d’eau qui attirent des espèces protégées de grenouilles (…) Quand on a fini d’exploiter un endroit, on lui redonne une ondulation, on remet de la terre végétale et on replante”, expliquait une ingénieure environnement de la société exploitante au quotidien régional Var-Matin, en 2011.

Népal : Chasseurs de miel

Deux fois par an, les Laprakis risquent leur vie pour récolter le miel des Apis laboriosa, les abeilles à miel les plus grosses du monde. Ces insectes peuvent mesurer jusqu’à 3 centimètres et ont eu la bonne idée de faire leurs ruches sur les hauts contreforts de l’Himalaya.

Les Laprakis travaillent en équilibre sur des échelles de cordes ou de longues perches de bambou pour accéder aux essaims et y puiser le précieux nectar. C’est un spectacle inoubliable que d’observer comment ces chasseurs pratiquent pour enfumer les essaims puis récolter le miel perchés sur leurs frêles passerelles, ignorant des piqures sous de rudimentaire voile de protection

Ces chasseurs de miel sont dépendants de cette récolte pour assurer leur subsistance. Les mois de mai et juin sont propices à cette activité pour peu que la floraison soit abondante. Elle annonce également la célébration de l’anniversaire de la naissance de Bouddha.

Les secrets de la ruche

Le miel a mille vertus et des pouvoirs sur notre santé. Ses bienfaits, mais aussi ceux de la gelée royale et du pollen, sont connus depuis la nuit des temps. Des scientifiques pensent qu’ils pourraient agir là où des antibiotiques n’opèrent plus. La recherche sur le cancer s’intéresse aussi aux vertus de cette substance.

Mais les ruches de nos campagnes tendent à disparaître à cause des pesticides et des maladies. Pour satisfaire aux besoins des Français en miel, le pays en importe de plus en plus dont les provenances ne sont pas toujours fiables. Interdit pendant quelques années, le miel de Chine est à nouveau importé en France mais il reste sous haute surveillance…

L’avenir des ruches serait dans les grandes villes. A Paris, les abeilles deviennent à la mode auprès de sociétés qui installent des ruches sur les toits pour obtenir un label environnemental. Du miel des villes au miel qui soigne, ce documentaire effectue une plongée butineuse dans cet univers “sucré”.

Pesticides : La récolte de miel au plus bas en 2013

15.000 tonnes de miel seulement ont été produites en 2013, soit “la récolte la plus faible jamais connue en France”. Principales causes de l’hécatombe citées par les apiculteurs: les grandes cultures -la radio nationale cite l’exemple d’”un champ de maïs immense sans aucune autre fleur-, les parasites et les pesticides.

2013, année noire pour les agriculteurs français, dont la production atteint des chiffres historiquement bas. L’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) s’inquiète notamment de l’effet nocif des pesticides sur les populations d’abeilles. Un apiculteur venu de la région Rhône-Alpes expliquera notamment ce mardi à Paris comment il a perdu la totalité de sa population d’abeilles en un an.

Face à cette baisse inquiétante de la production, les apiculteurs demandent de l’aide au gouvernement et en appellent également aux agriculteurs, qui ont eux aussi besoin d’abeilles pour polliniser leurs cultures.

L’Express

(Merci à Tilak)

Australie : Afin d’étudier les abeilles, des scientifiques les équipent de micro-capteurs

Les abeilles ont tendance à disparaitre et cela pourrait fortement impacter l’Homme. Des scientifiques cherchent à comprendre le phénomène qui touche les insectes en les équipant de micro “sacs à dos”.

Les abeilles jouent un rôle essentiel dans nos vies. En effet, leur pollinisation est extrêmement importante dans le cycle de vie de nombreuses plantes. Par extension, les abeilles sont les petites mains qui nous permettent de manger une partie de nos aliments, un tiers de notre nourriture nécessite la pollinisation.

Mais les abeilles ont une tendance à disparaitre depuis maintenant plus de dix ans. Ce phénomène a été nommé Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles et les scientifiques ont toujours du mal trouver et à prouver quelle/s est/sont la/les cause/s de cette baisse de population progressive.

De nombreux facteurs sont pointés du doigt comme les pesticides utilisés en masse, la maladie, les parasites ou encore la malnutrition et la combinaison de tout cela est fortement suspectée. Cependant, rien ne peut être pour l’instant affirmé de manière sûre.

C’est pour cela que des scientifiques australiens de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization (CSIRO) ont décidé de tracer les abeilles pour essayer de comprendre un peu mieux le phénomène.
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Cinéma : Pollen

Les fleurs : symbole de la beauté à l’état pur. Fragiles et mystérieuses, délicates et gracieuses, elles sont l’avenir de la terre. Mais sans leur histoire d’amour avec les “pollinisateurs”, rien ne serait possible.

Tourné aux quatre coins du monde, le film nous fera partager l’intimité des rapports entre le monde végétal et le monde animal, essentiel pour l’équilibre de la planète.


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Argentine : Les apiculteurs fuient l’avancée du soja OGM

Plusieurs familles de petits producteurs de miel ont dû se déplacer vers le centre de l’Argentine face à la “marée verte” du soja transgénique qui détruit les fleurs, les arbres et les plantes privant les abeilles de toute alimentation.

Dans l’estuaire de 
La Plata, la transhumance des abeilles est assurée par une barge qui 
va déposer 160 ruches d’île en île.

J’ai dû suivre la musique“, plaisante Angel Dovico, apiculteur passionné et robuste quinquagénaire d’origine italienne, qui a trouvé refuge dans le cadre bucolique d’une île isolée, près du village d’Ubicuy, à 140 km de Buenos Aires, avec sa femme est ses deux enfants.

La transhumance (des ruches, ndlr) a toujours existé. Mais aujourd’hui, elle est exacerbée par le soja. La fumigation des champs est si toxique que la flore ne pousse plus, ni le long des clôtures, ni sur les bas-côtés des routes“, alerte la biologiste argentine Laura Gurini.

Dans les Iles Lechiguanas, une zone protégée rappelant des paysages du delta du Mississippi, le silence n’est brisé que par le cri des oiseaux et le moteur des embarcations. La multiplication des cultures de soja “a dispersé les apiculteurs vers les côtes et les montagnes“, souffle Angel Dovico, en sortant les ruches de sa barque, pour les installer dans une clairière au milieu d’un sous-bois.
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États-Unis : 1/3 des abeilles décimé cet hiver

Près d’un tiers des colonies d’abeilles aux Etats-Unis ont été décimées au cours de l’hiver 2012/2013, une surmortalité aussi préoccupante pour la pollinisation des plantes à fleurs qu’inexpliquée pour les experts.

Publiée quelques jours après un rapport du ministère américain de l’Agriculture (USDA) et de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) qui pointaient déjà la disparition croissante de la population d’abeille aux États-Unis, une étude a confirmé mardi les inquiétudes des experts.

Selon cette enquête, menée par l’USDA et des associations professionnelles, les colonies d’abeilles ont décliné de 31,1% durant l’hiver. C’est 42% de plus que l’hiver précédent, lorsque 21,9% d’entre elles avaient disparu.

Chaque année depuis 2007, les autorités américaines et les associations AIA (Apiary Inspectors of America) et Bee Informed Partnership interrogent à deux reprises un large échantillon d’apiculteurs sur leurs élevages d’abeilles.
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L’arbre aux abeilles

En compagnie de Paul Chapelle, paysan apiculteur cévenol de 85 ans, nous partons à la découverte d’un savoir-faire traditionnel, celui des ruches troncs et d’un écotype particulièrement résistant d’abeilles noires. Film documentaire de 28 minutes – Grand Prix du Festival International du Film de l’Insecte.

France : La disparition des abeilles prend un tour dramatique

Les derniers chiffres de l’Institut de recherches publiques France Agrimer, dépendant directement du Ministère de l’Agriculture, sont effarants. Plus de 1.000 colonies d’abeilles sont décimées… chaque jour ! En seulement 6 ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait « directement corrélé à la disparition des abeilles ».

C’est une véritable révolution silencieuse et tragique que nous sommes en train de vivre. La majeure partie de ce que nous cultivons aujourd’hui et consommons au quotidien est en danger : tomates, courgettes, melon, pastèque, fraises, pommes, abricots, cassis, mûres, choux, oignons, poivrons, poireaux, persil, tournesol…

Les abeilles ne font pas uniquement du miel. Elles sont une humble et gigantesque force de travail, pollinisant 80 % des plantes à fleurs sur terre, et près de 90 % des plantes que nous cultivons. Il n’existe aucune alternative, ni technique, ni scientifique, pour les remplacer.

Sans elles, c’est l’alimentation de toute la population qui est menacée ! Sans parler de millions d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes pour se nourrir.
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France : Déjà une quinzaine de monnaies locales

Leurs noms peuvent amuser, mais elles représentent désormais, en temps de crise, un véritable pan de l’économie locale. Le sol-violette de Toulouse (Haute-Garonne), l’abeille de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), la sardine de Quimper (Finistère), l’eusko du Pays basque et, d’ici à juillet, la pêche de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont toutes été créées avec le même objectif, développer l’économie locale.

Une quinzaine de monnaies locales sont déjà actives et au moins autant sont en projet dans tout le pays. Avec des expériences plutôt encourageantes. A Toulouse, le sol-violette, créé en mai 2011, rencontre un beau succès : près de 100 entreprises l’acceptent, contre une quarantaine lors du lancement. La mairie tablait sur 150 « solistes » lors de la création, ils sont maintenant plus de 1500.

Promouvoir une autre façon de consommer, en ces temps économiques difficiles, convainc de plus en plus.

Alors que c’est une petite commune, Villeneuve-sur-Lot, qui a lancé ce nouveau dispositif en janvier 2010, en proposant à ses habitants de convertir leurs euros en abeilles. Aujourd’hui 14000 abeilles sont utilisées par une centaine d’entreprises locales et une centaine de familles sur un territoire de 35.000 habitants.

« C’est une goutte d’eau dans la mer, reconnaît Françoise Lenoble, coprésidente de l’association Agir pour le vivant. Mais cela prend nécessairement du temps pour que les gens s’y mettent. » En tout cas, les monnaies locales séduisent même les grandes villes, et Nantes (Loire-Atlantique) en aura bientôt une.

Le Parisien

Le berger des abeilles

Découvrir une colonie d’abeilles en plein travail, c’est entrer de plain-pied dans un monde extraordinaire : une sorte de super-cerveau dirigé par une reine qui organise la vie de cette société. Le « berger des abeilles » commence son activité par une transhumance : une visite de la ruche et le départ en pollinisation. Au fil des saisons, la ruche, ce laboratoire vivant, dévoile l’abeille, l’héroïne de cette histoire.

L’évolution de ses différents rôles programmés à l’avance – larve, sentinelle, ventileuse, nettoyeuse, bâtisseuse et butineuse – rythme l’histoire fascinante et mystérieuse de cet insecte méconnu et des tâches passionnantes du « berger des abeilles ».

L’observation d’un rayon où les abeilles réussissent à construire des alvéoles de cire, dont le dessin parfait reste encore un mystère pour l’homme, suscite une fascination pour cet insecte qui laisse rarement indifférents ceux qui l’approchent.

Le mystère de la disparition des abeilles

Aujourd’hui, un tiers de notre nourriture dépend directement de l’abeille, le pollinisateur agricole le plus important de notre planète. Or, depuis plusieurs années, des millions d’abeilles disparaissent. Pourquoi ?

Enquête de Mark Daniels sur un désastre écologique mondial qui pourrait mettre en péril l’humanité toute entière.

Image de prévisualisation YouTube

(Documentaire réalisé par Mark Daniels – Etats-Unis – 2010. Diffusé sur Arte le 28 août 2012)

Merci à NOP

Cruiser OSR : L’insecticide tueur d’abeilles

Une étude de l’INRA met en cause le Cruiser OSR qui est notamment utilisé sur le colza. Le ministère de l’agriculture pourrait retirer l’autorisation de mise sur le marché dès la fin du mois de mai, avant la nouvelle campagne de semence en juillet.

France 3 Régions – 31 mars 2012

(Merci à Arbre Sec)