La goutte d’eau irlandaise

En Irlande, le parti nationaliste Sinn Féin pourrait profiter d’un paysage politique en décomposition lors des prochaines élections législatives. Mais la principale menace pour les politiques d’austérité a pris une forme plus inattendue : le rejet massif d’une taxe sur l’eau courante.

Le 24 juillet 2014, le quotidien britannique The Guardian s’interrogeait sur l’un des mystères de la crise européenne : « Pourquoi les Irlandais réagissent-ils aussi calmement (1). » Longtemps érigé en parangon de réussite libérale (2), Dublin dévisse lors de la débâcle financière : le déficit budgétaire atteint 32 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010, du jamais vu.

Mais la petite île émeraude conserve son statut de modèle. Non seulement le pays s’impose une cure d’austérité d’une violence rare, mais la population ne descend que rarement dans la rue. En avril 2009, le ministre des finances irlandais Brian Lenihan se félicite : « Nos partenaires en Europe sont impressionnés par notre capacité à endurer la douleur. En France, vous auriez eu des émeutes (3). »

En 2015, l’État continue à promouvoir l’image d’un pays apathique, érigeant en second slogan national l’expression locale « Feck it, sure it’s grand » T’inquiète, ça va aller »), déclinée sur des tabliers, des tasses ou des pyjamas pour bébés en vente dans les magasins de souvenir. Et pourtant, suggère la journaliste Kathy Sheridan, « L’Irlande s’est réveillée (4».
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Fitch retire sa note maximale “AAA” à la Grande-Bretagne (màj)

Addendum du 24/04/2013 : La Banque d’Angleterre perd son “AAA” dans la foulée du Royaume-Uni

L’agence Fitch Ratings a retiré mercredi sa note maximale “AAA” à la Banque d’Angleterre, désormais notée “AA+”, dans la foulée de la rétrogradation du Royaume-Uni la semaine dernière, avec une perspective “stable”.

L’agence explique dans un communiqué que même si la capacité de la Banque centrale de créer de la monnaie est théoriquement illimitée, les avantages de cette pratique dépendent du gouvernement, ce qui renforce le lien étroit entre la Banque centrale et la note souveraine du royaume.

Boursorama


Cette annonce est un nouveau revers pour le gouvernement de David Cameron, alors que l’agence Moody’s avait déjà privé le pays de son triple A fin février.

Les Agences de notation sont-elles condamnées?

En Australie, la justice a donné droit aux demandes de collectivités locales acheteuses de produits financiers cotés AAA par Standard and Poor’s et qui se sont effondrées de plus de 97% de leur valeur. Ce serait une première! Peut-on dire pour autant qu’enfin les Agences de Notation vont devoir assumer des responsabilités accrues?

Est-il vrai que Standard and Poor’s a déclaré pour sa défense dans le cas australien “La notation est un art, pas une science” ? Il serait très agréable qu’il en soit ainsi, car, les juristes seraient enfin libérés de l’obligation de fournir des preuves, d’établir des liens de causalités, d’avancer des évaluations et d’inscrire les évènements dans des délais précis.

Il serait enfin possible de se prononcer de façon artistique, de déclarer que juger est du ressort de l’art, que les lois ne sont là que pour apporter un peu de décorum et que l’essentiel réside dans l’absolue indépendance de jugement du juge, son intime conviction, qu’elle soit perturbée par une mauvaise digestion ou affutée par les pertes subies dans la gestion de son portefeuille de placement.

On va dire que « non, ce n’est pas possible, aucun juriste serait suffisamment sot pour se risquer à pareille comparaison. Non, ce n’est pas possible de condamner Standard and Poor’s au simple motif qu’ils ne sont que des artistes ringards qui n’ont pas compris que le monde et ses représentations avaient changé ! ».

En tout cas, une de plus, voici ce qu’on peut dire de la condamnation qui vient de tomber sur la tête de Standard and Poor’s en Australie.

Dérive de la Notation.

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États-Unis : Selon Moody’s, le pays pourrait perdre son “Aaa” en 2013

Démocrates et républicains sont prévenus: quel que soit le résultat des élections de novembre, Moody’s privera les Etats-Unis de leur note “Aaa” si le Congrès ne trouve pas en 2013 un moyen de réduire à moyen terme le ratio de la dette publique au PIB du pays.

Les négociations budgétaires au cours de la session parlementaire 2013 détermineront probablement la trajectoire de la note” de solvabilité financière de l’Etat fédéral américain, a averti mardi l’agence de notation financière américaine.

Si ces négociations débouchent sur des mesures politiques spécifiques entraînant une stabilisation puis la mise sur une pente descendante, à moyen terme, du ratio de la dette fédérale au PIB, la note (du pays) sera probablement confirmée et sa perspective redeviendra stable“, écrit-elle dans un communiqué.

Cependant, si ces négociations ne parvenaient pas à l’adoption de telles mesures, Moody’s prévoirait alors d’abaisser la note, probablement à Aa1“, soit un cran au-dessous du “Aaa”, qui est la meilleure note possible, ajoute l’agence.

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Etats-Unis : Standard & Poor’s pourrait abaisser la note en 2014

L’agence de notation confirme le «AA+» actuel et la perspective négative des Etats-Unis. Mais redoute une augmentation du risque de crédit sur la dette publique du pays.

L’agence d’évaluation financière américaine Standard and Poor’s a confirmé vendredi la note de solvabilité AA+ qu’elle accorde aux Etats-Unis, mais elle a menacé de l’abaisser une nouvelle fois d’ici à 2014. L’agence confirme ainsi la note qu’elle attribue au pays depuis son coup de tonnerre d’août 2011, quand elle avait privé l’Etat fédéral américain de son « triple A », et maintient la perspective « négative » qu’elle lui associe.

« Cette perspective négative témoigne de notre opinion selon laquelle le risque de crédit sur la dette publique des Etats-Unis, de nature essentiellement politique et budgétaire, pourrait augmenter jusqu’au point de nous conduire à abaisser d’ici à 2014 la note AA+ que nous attribuons à la dette à long terme du pays », écrit l’agence dans un communiqué.

S&P ajoute que « l’exécution budgétaire », « le poids de l’endettement » des Etats-Unis, « et ce que nous percevons comme étant la baisse récente de l’efficacité, de la stabilité et du caractère prévisible de leur législation et de leurs institutions politiques, en particulier en ce qui concerne la direction de la politique budgétaire », sont des éléments susceptibles d’affaiblir la cote de crédit de l’Etat fédéral américain.

Lire l’intégralité de l’article sur Les Echos

Luttez contre ces dettes qui menacent l’économie mondiale

Il est toujours intéressant de suivre de près les investissements des gourous de la finance.

La "machine à rêves" - Times Square, New York City

Les dernières décisions du fonds Berkshire Hathaway sont particulièrement révélatrices de ce qu’anticipe Warren Buffett pour les mois à venir :

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et  [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre “La dernière bulle”, publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

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L’Islande ou le caractère démoniaque de l’argent

Par Bruno Bandulet (Allemagne)

Comment un des pays les plus riches du monde s’est effondré d’un jour à l’autre, et les leçons à en tirer.

A l’été 2006, lorsque je me suis rendu en Islande pour observer le miracle économique au cercle polaire et m’entretenir avec des représentants de la Banque centrale et de Kaupthing, la plus grande banque privée, il était inimaginable que cette économie très développée puisse s’effondrer en quelques jours en octobre 2008.

Le PNB par habitant était plus élevé que celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le système de retraites par capitalisation était exemplaire, la dette publique ne représentait que 27% du PIB, le budget était excédentaire, la solvabi­lité des emprunts d’Etat était jugée AAA (notation supérieure) et le système fiscal était, avec ses taux peu élevés, un modèle pour l’Europe toute entière.

Certes, dès 2006, l’endettement important du secteur privé et l’énorme déficit de la ba­lance des paiements courants (cf. Gold&Money Intelligence, août/septembre 2006) révélaient des risques, mais dans les deux années qui suivirent, ce sont des facteurs aggravants qui ont causé l’effondrement du système financier et économique.

En 2008, année fatidique, ce petit pays qu’est l’Islande est devenu un laboratoire et une menace pour tout le système financier occidental fondé sur de l’argent sans couverture. Et la question se pose de savoir si un phénomène semblable pourrait se produire à l’avenir dans d’autres pays.
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L’Europe est à la veille d’une crise économique historique

Selon une source ayant déjà annoncé plusieurs faits qui se sont avérés : la France va perdre son triple A, la zone euro va imploser, l’Europe est à la veille d’une crise économique historique

Qui est cette fameuse source qui alimente depuis plusieurs mois Rebelles.info pour nos informations économiques ? C’est une personne très bien placée, un fonctionnaire, proche des cercles du pouvoir. Il n’est pas possible de révéler son identité. Tout d’abord parce qu’elle ne le veut pas. Ensuite parce qu’elle subirait immédiatement des sanctions. Mais ce que nous savons c’est que cette source est crédible. Hélas !

Souvenez-vous. Le 05 novembre 2009 nous avions publié un article, URGENT : La semaine durant laquelle la France est passée tout près de la banqueroute,  dans lequel nous avions révélé que les trois agences de notation américaines avaient discrètement fait savoir aux autorités françaises qu’un emprunt trop important de la France les obligerait à abaisser sévèrement la note de la France.

Il devient dangereux de conserver son épargne dans les banques. La tempête qui s’annonce risque de faire fondre vos économies. Il est temps de penser à retirer votre argent et de le conserver sous votre matelas.

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Les États-Unis ne méritent pas leur notation AAA

Le massacre européen serait causé par les agences de notation, pleurnichent les politiques, désemparés. La solution à la crise : ne pas les croire. Après la Grèce et le Portugal, c’est maintenant l’Espagne qui a vu sa note souveraine dégradée par une agence de notation. C’est le Far West, cela flingue de tous les côtés. Les agences de notations dézinguent les notes des obligations souveraines des pays européens.

Graphique des prêts immobiliers résidentiels américains arrivant à échance

Le graphe ci-dessus représente le risque d’explosion d’une nouvelle bulle des crédits immobiliers aux États-Unis.

Les gouvernements et différentes autorités européennes s’en prennent aux agences de notation et leur tirent dans les pattes. Avant que tout cela ne tourne au carnage, faisons un petit point sur qui assassine qui.

Massacre à la notation souveraine

Les agences de notations sont prises d’une crise de conscience et dégradent à tour de bras tous les pays du “Club Med”. La Grèce est maintenant ravalée au rang de “junk”, ou obligation pourrie.

Standard & Poor’s ne s’en est pas arrêté là et, dans la foulée, a dégradé la note du Portugal – la passant de A+ à A- – puis celle de l’Espagne (de AA+ à AA).

Immédiatement, le ministre du Budget français, François Baroin, a tenu à nous rassurer : la note de la France ne sera pas dégradée. Foi de lonely cowboy… La France conservera son AAA. [Addendum de la Rédaction: Baroin déclare à présent que "Maintenir la note AAA est un objectif «tendu»"]

Pourtant, nous pouvons légitimement nous en inquiéter car la France n’est pas loin d’être considérée comme faisant partie du “Club Med.” Notre déficit n’est pas meilleur que celui des pays du sud.

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« La France n’a plus de raison d’être notée AAA »

L’économiste Christian Saint-Etienne, membre du Conseil d’analyse économique, tire le signal d’alarme. Selon lui, la notation de la France pourrait être abaissée à terme de deux à trois crans. Il évalue à 40% la probabilité qu’une agence de notation mette la dette publique française sous surveillance d’ici 3 mois .

La dette publique des Etats-Unis est pire que celle de la Grèce

En 2009, aux Etats-Unis, le déficit primaire structurel atteint 7,3% du PIB et, au Royaume-Uni, 6,8% du PIB. Cela paraît incroyable, mais il est pire que les 6% de la Grèce.

Quiconque aimerait savoir qui créera des emplois ces prochaines années peut exclure le secteur public. La dette des Etats est telle que les dépenses publiques devront baisser. Certains crieront au diktat des marchés, mais les Etats ne pourront se soustraire à l’arithmétique la plus élémentaire. Même la France, qui depuis 1974 n’a pas connu un seul budget en équilibre. Les décisions de ce week-end n’y changeront rien. Elles ne permettent que de gagner du temps.

D’une façon générale, la situation a tendance à empirer. Dans cinq ans, il n’y aura plus aucun pays muni d’un rating de AAA, selon une admirable étude de Willem Buiter, chef économiste de Citigroup. Cet ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre est une personnalité réputée et s’exprimait aussi mardi lors de la conférence de la BNS et du FMI, à Zurich.

Nous sommes presque au point où il n’existe plus d’obligation sans risque, selon Willem Buiter. Le kilo d’or n’est pas par hasard à 42 000 francs [suisses]. Même les Etats-Unis et l’Allemagne ne sont plus sûrs : le CDS spread (mesure du coût de la protection) de l’Etat américain s’élève à 40 points de base. En clair, cela signifie que la probabilité des Etats-Unis d’être en défaut sur leur dette atteint 3,5% à 5 ans. Pour l’Allemagne, la probabilité est de 2,8%.

Le pire se trouve-t-il d’ailleurs à Athènes ? Si l’attention se porte avec raison sur le sud de l’Europe, les finances publiques britanniques et américaines sont dans une position aussi catastrophique.

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LEAP : les cinq séquences de la phase de dislocation géopolitique globale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 mars 2010

En cette fin de premier trimestre 2010, au moment où sur les fronts monétaires, financiers, commerciaux et stratégiques, les signes de confrontations se multiplient au niveau international, tandis que la violence du choc social de la crise se confirme au sein des grands pays et ensembles régionaux, le LEAP/Europe2020 est en mesure de fournir un premier séquençage anticipatif du déroulement de cette phase de dislocation géopolitique mondiale.

Hercule capturant Cerbère, par Hans Sebald Beham, 1545 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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Moody’s : le risque de dégradation [de la note] de la France se rapproche

La France risque-t-elle de perdre la meilleure notation attachée à sa dette publique ? Ce risque s’est rapproché, prévient lundi l’agence Moody’s.

Des quatre grands pays – Royaume-Uni, France, États-Unis et Allemagne – titulaires de la meilleure note de crédit AAA et dans le collimateur de l’Agence de notation anglo-saxonne, c’est la France qui court actuellement le plus de risque, en raison du poids des charges de la dette, assure Moody’s.

Dans une note sur la capacité de ces pays à conserver leur note maximale, Moody’s répète “qu’il n’y a pas de risque immédiat de dégradation des grands pays AAA, mais que le petit risque qu’ils ne parviennent pas à maintenir leurs finances sous contrôle, et soient donc dégradés, a augmenté”. Autrement dit, “les notes des grands AAA restent en bonne position, bien que le chemin qui les sépare de la dégradation se soit substantiellement raccourci”.

L’agence observe que ces quatre pays “ont la capacité de faire face aux défis auxquels ils sont confrontés”, et qu’une dégradation, “tout en étant vue comme une humiliation nationale, pourrait faire augmenter de manière importante la facture des intérêts” de la dette publique.

Moody’s remarque que l’espoir mis par ces pays dans la reprise économique pour résoudre les problèmes de dette “a jusqu’à présent été brisé par le fait que le gros de la reprise mondiale se place ailleurs”.

L’agence estime qu’il n’est pas possible “d’esquiver la nécessité de baisser les dépenses” en laissant les plans de relance en place et en espérant la croissance : “Cela mettrait à l’épreuve la patience et la confiance des marchés financiers ou des banques centrales, qui pourraient se mettre à combattre les attentes d’inflation en élevant les taux d’intérêt”.

Une montée des taux d’intérêt “ne ferait qu’aggraver un problème de dette déjà compliqué, avec le risque de conséquences plus abruptes encore sur la notation”, a prévenu Moody’s.

AFP (via Le Point)

L’agence Fitch met en garde le Royaume-Uni, la France et l’Espagne

L’agence Fitch a mis en garde, mardi 9 mars, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelant à prendre des mesures de réduction des déficits “plus crédibles”, au risque de voir leurs notes (AAA) remises en cause.

“Les pays dotés de notes de crédit élevées doivent faire état de plans de consolidation budgétaire plus crédibles et plus robustes en 2010 pour soutenir la confiance dans la robustesse de leurs finances publiques à moyen terme”, a déclaré l’un des responsables de l’agence.

“Le Royaume-Uni, l’Espagne et la France, en particulier, doivent énoncer des programmes plus crédibles cette année, étant donné le rythme de la détérioration des finances publiques et les difficultés auxquelles ils font face dans la stabilisation de la dette publique”, a estimé Brian Coulton lors d’une conférence à Londres.

Les trois pays affichent pour l’instant chez Fitch un AAA, la meilleure note possible, assorti d’une perspective stable.

Concernant le Royaume-Uni, Brian Coulton a souligné que le profil de crédit s’était fortement détérioré au cours de la crise financière, mais qu’il restait à l’intérieur des limites “tolérables” pour lui maintenir sa note.

La question d’une dégradation de cette note agite cependant les commentateurs depuis qu’en mai dernier, l’agence concurrente Standard & Poor’s a assorti sa propre note AAA d’une perspective négative.

M. Coulton a noté, mardi, que le pays avait connu la progression la plus rapide de sa dette publique parmi les pays bénéficiant de cette notation. De moins de 40 % du produit intérieur brut avant la crise, elle est passée en effet à 56 % cette année et devrait culminer, selon le gouvernement, à 78 % début 2015.

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La France dit viser l’équilibre budgétaire en 2020

La France vise l’équilibre budgétaire en 2020, a déclaré le Premier ministre François Fillon.

Le chef du gouvernement s’exprimait sur Europe 1 après la transmission à la Commission européenne de la trajectoire actualisée des finances publiques, qui prévoit un retour à un déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013.

“On s’est fixé un objectif : repasser en dessous de 3% en 2013 et atteindre l’équilibre à l’horizon 2020″, a-t-il déclaré.

“On s’est calé d’ailleurs à peu près sur ce que fait l’Allemagne”, a-t-il ajouté.

Pour réduire le déficit public, “on va ralentir l’augmentation”, a poursuivi François Fillon. “Il ne s’agit pas d’une politique d’austérité. Une politique d’austérité c’est quand on augmente les impôts et qu’on réduit les prestations.”

Cette année, le déficit public est prévu à 8,2% du PIB. Pour arriver à 3% en 2013, il faudrait le réduire d’environ 100 milliards d’euros, soit plus de 5 points de PIB, ce qui constituerait une première depuis au moins un demi-siècle.

Pour cela, le gouvernement veut que les dépenses de l’Etat et des collectivités locales progressent de moins de 1% par an à partir de 2011 et que les dépenses de Sécurité sociale augmentent de moins de 3%, a ajouté François Fillon.

“Ça ne s’est jamais vu mais c’est quand même encore une augmentation des dépenses. C’est une politique sérieuse de gestion que nous pouvons encore conduire parce que nous avons les marges pour le faire”, a-t-il poursuivi.
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Fitch : les USA sont “exceptionnellement solvables”

"Tu écris ce qu'on te dit ! Merci, Infos Institutionnelles ! Sans vous, nous ne pourrions contrôler le peuple"

Doux délire ? ou intox planétaire serait-on tenté de dire…

Alors que début octobre, Ben Bernanke lui-même semblait s’inquiéter de l’impact du colossal déficit budgétaire des Etats-Unis sur le maintien du statut du dollar en tant que monnaie de réserve , l’agence de notation financière Fitch Ratings a indiqué lundi estimer que l’Etat fédéral américain “reste exceptionnellement” solvable. Mieux encore, selon elle, les choses ne devraient pas évoluer avant une dizaine d’années.

Et pourtant… rappelons qu’en octobre dernier, une étude d’un économiste de la banque centrale américaine révèlait que la part de marché des nouveaux prêts immobiliers US accordés à des ménages au profil financier risqué était revenue à son pic de 2006

Fin septembre, alors que la banque centrale américaine venait d’estimer que l’activité économique américaine s’était “redressée, concédant toutefois qu’elle devrait rester encore “faible” pendant un certain temps, le secrétaire adjoint par intérim pour les Marchés financiers avait révelé pour sa part que les Etats-Unis auront émis 7.000 milliards de dollars (4.700 milliards d’euros) d’emprunts obligataires sur l’exercice budgétaire clos à cette date.

Mais tout ceci ne semble que broutille pour Fitch… l’agence estimant que “malgré une dégradation sans précédent de ses finances publiques, l’Etat américain bénéficie du soutien que lui apportent son rôle clef dans le système financier mondial et la flexibilité de son économie affluente et diversifiée, qui lui fournissent la base de ses revenus“. Sous-entendu : je vous remercie de bien vouloir passer le message, voire de l’appuyer, les Etats-Unis ayant une telle place dans l’économie mondiale, qu’ils pourraient entraîner la planète entière dans leur chute… le cas échéant, bien sûr…
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Qui veut acheter les Etats-Unis ?

Ou plutôt : “qui le veut ENCORE” ? C’est la question que pose l’économiste suisse Michel Santi.

Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages américains – échaudés par la crise et donc, en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant, de manière décisive, à maintenir les rendements sous pression.

Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée, l’an dernier, championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres), puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période, alors que les investisseurs étrangers, eux, ont, pour solde, écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

L’hyperactivité de la banque centrale américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la trésorerie américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US, qui s’est montré extrêmement friand, vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus, aujourd’hui, à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA !

Certes, les Etats-Unis – et avec eux le reste du monde – doivent-ils à ces baisses de taux quantitatives – et donc, en partie, aux ménages américains – d’avoir pu maintenir leurs taux proches du zéro et d’être, ainsi, en mesure d’injecter force liquidités dans leur système financier au bord de la banqueroute. Pour autant, ces ménages – et ce consommateur – US, représentent pour Wall Street une proie facile à convaincre – et à plumer -, dans une conjoncture où la trésorerie américaine éprouve une peine dramatique et sans précédent à écouler ses bons en direction de son marché traditionnel, à savoir à l’étranger.

Il est effectivement de notoriété publique que c’est l’appétit de l’investisseur non américain – privé, institutionnel et gouvernemental – qui a autorisé la trésorerie US à procéder, ces vingt dernières années, à des levées massives de fonds, ayant financé tout à la fois le train de vie du Gouvernement (guerres comprises), la consommation caricaturale du citoyen moyen et, au passage, quelques bonnes bulles spéculatives… Les autorités américaines ont néanmoins trouvé, aujourd’hui, une parade bien pratique pour contourner cette volte-face des investisseurs étrangers.
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Le jeu toujours gagnant de Goldman Sachs

Quatre jours avant la date donnée par le journal Le Monde pour la pseudo-découverte, par le New York Times, des secrets de la réussite de la banque Goldman Sachs en pleine crise des subprimes, l’économiste suisse Michel Santi en donnait déjà la clé.

Voici leurs articles respectifs.

I – Le Monde :

Goldman Sachs est une des rares banques américaines à avoir très peu souffert de la crise des subprimes.

Le New York Times a peut-être découvert pourquoi, mercredi 23 décembre. Selon le quotidien, Goldman Sachs et quelques autres banques – Deutsche Bank et Morgan Stanley – auraient vendu à dessein des produits à risque à des clients tout en pariant sur leur chute.

Ces titres étaient des obligations adossées à des actifs (collateralized debt obligation, CDO), constituées en grande partie de crédits immobiliers à risque, créées par les banques.

Conscientes du risque élevé de ces CDO qu’elles avaient pourtant elles-même créées, les banques ont misé parallèlement sur leur chute.

Quand la crise des subprimes a explosé en septembre 2007, les investisseurs qui avaient souscrit à ces titres ont tout perdu. Mais pas les banques, qui ont pu récupérer des sommes considérables auprès des assureurs.

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